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##Sommaire 00:00 Intro 00:46 Pas d'action chinoise en portefeuille, vraiment ? 02:46 Des raisons de croire au redressement de la bourse chinoises ? 11:27 Des signaux positifs pour la bourse chinoise 22:35 Moins d'immobilier et plus de bourse pour booster la conso chinoise 27:00 Un danger pour les pays occidentaux ? 29:12 Quelles sont les annonces à surveiller du coté de la Chine 34:30 Le vieillissement de la population est-il un problème ? 38:20 S'exposer à la Chine dès maintenant ? 39:30 Des risques géopolitiques à ne pas négliger ? 42:11 Des risques de gouvernances trop importants ? 44:34 La synthèse de Vincent
#économie#crise#dette#investir#France#élection ##Vidéo enregistrée le 1er juillet 2024 Une stratégie d'allocation doit stratégiquement privilégier les États-Unis aujourd’hui et demain », telle est la recommandation que l’on entend et lit un peu partout. Accorder une place de choix aux valeurs américaines fait indéniablement sens. Les États-Unis demeurent la première puissance économique mondiale et écrase le monde de la haute technologie avec leurs poids lourds (Nvidia, Microsoft, Amazon, Meta, Apple). Mais si faire la place belle aux valeurs américaines ou aux grands indices américains que sont le Dow Jones, le S&P 500 ou le Nasdaq se justifie, est-il raisonnable pour les investisseurs particuliers et professionnels de sous-pondérer, comme elles le sont dans toutes les grandes gestions institutionnelles, les actions chinoises ? Car si les États-Unis occupent encore la première place mondiale, la Chine la lui dispute. Certes, la Chine est confrontée à de sévères problèmes structurels : une crise immobilière persistante et un vieillissement démographique accéléré qui devrait avoir un impact significatif et durable sur sa croissance économique, alors que les États-Unis conservent un avantage technologique certain et bénéficient d'une démographie potentiellement plus favorable. Cependant, « ces arguments sont-ils convaincants au point de reléguer la Chine à la portion congrue dans les allocations ? », s’interroge notre notre invité Jacques Lemoisson, fondateur de GATE Capital Management Est-il judicieux aujourd'hui de conclure que la Chine n’a pas sa place dans un portefeuille actions ? Le fondateur de Gate Capital Management juge que la bourse chinoise recèle un potentiel significatif d’autant que des mesures sont en train d’être prises par Pékin pour changer de modèle économique et financier. Des changements que les investisseurs auraient tort d’ignorer
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Bonjour à tous et bienvenue sur Synapses, Etats-Unis ou Chine. Aujourd'hui, on nous
dit qu'il n'y a pas de match et surtout pas de questions à se poser en matière
d'investissement. Pour les années qui viennent, il faudrait jouer quasiment les yeux fermés les
Etats-Unis. Et si certain, nous allons en discuter avec Jacques Lemoisson, fondateur de Gate Capital
Management et très fin connaisseur de la Chine. Avant d'engager la discussion. Avec Jacques,
je vous rappelle que Synapses est une chaîne indépendante et que par conséquent,
elle a besoin de votre soutien. Pour l'apporter, c'est très simple. Abonnez-vous, commentez les
émissions, partagez-les et mettez un pouce vers le haut si vous les appréciez. Jacques, bonjour.
Bonjour Vincent.
Alors on commence à entendre de plus en plus régulièrement, en fait ça fait même un moment
qu'on l'entend, dans une partie de la communauté financière, une petite musique, d'ailleurs pas
mal relayée, c'est quasiment un euphémisme du côté anglo-saxon, qu'entre États-Unis et Chine,
une allocation doit stratégiquement privilégier les États-Unis pour les années qui viennent.
Alors pourquoi ? D'abord parce que la Chine est embourbée dans des problèmes structurels,
sa crise immobilière est profonde, elle sévit toujours, et surtout, son vieillissement. Le
vieillissement de sa population s'accélère et va affecter profondément et durablement sa
croissance. De l'autre côté, on a des États-Unis qui possèdent toujours un avantage technologique
et qui ont une démographie a priori plus favorable. Alors, est-ce que cet argumentaire vous
convainc, cher Jacques ? Et est-ce qu'il suffit à aujourd'hui se dire, entre États-Unis et Chine,
En effet, ce sont les États-Unis qu'on doit mettre en avant dans un portefeuille.
Vincent, vous me connaissez un petit peu. Donc moi, les choses très simples et simplistes,
c'est un peu… On va toujours regarder le pourquoi et essayer de soulever le capot pour
regarder ce qu'il y a dans le moteur. Et très clairement, il est évident que les États-Unis,
pour l'instant, en présentent au moins 50% des allocations d'actifs dans le monde. La Chine est
vraiment entre 1, voire 0, et on va dire 5 à 7% des allocations d'actifs. Donc très clairement,
la messe est dite, on va dire, actuellement. Maintenant, c'est quelle évolution future ? Déjà,
les États-Unis restent une partie prépondérante, très clairement, pour plein de raisons que vous
avez évoquées, et que vous avez évoquées à travers les différentes vidéos que vous avez
pu faire. Maintenant, la question est, est-ce que la Chine doit être évitée ? Et là, nous,
on a un discours qui est complètement, pour l'instant, non consensuel, très clairement.
Alors, qu'est-ce qui ferait que la Chine mériterait aujourd'hui une exposition accrue.
Est-ce qu'on est sur un point de bascule ? Parce que pour le moment, très sincèrement, la photo
n'est pas très favorable. On voit que la crise immobilière sévit toujours. Or, l'immobilier,
et vous allez me corriger si je me trompe, c'est 30% du patrimoine des ménages chinois. Et c'est un
facteur clé dans la construction même du futur des Chinois. On sait que la Chine n'a pas de système
social très développé, que lorsqu'on devient inactif, lorsqu'on devient retraité, on n'aura pas
forcément de revenus de pension à la hauteur. Il faut organiser ces flux de revenus futurs,
et l'immobilier, c'était un peu la solution qui avait été mise en avant d'ailleurs par
les autorités. On a encouragé cet immobilier et les Chinois finalement ont placé leurs
économies dedans. Bon, là, malheureusement, avec le retournement du marché immobilier, parce que Ça
a été très vite très fort et peut-être trop vite trop fort. On a une dépréciation de la valeur,
on a des Chinois qui sont complètement tétanisés et qui se disent finalement là je suis en train de
perdre sur l'immobilier, du coup je ne vais pas consommer parce que cet argent je vais
en avoir besoin plus tard. Donc on est dans un cercle vicieux, comment on fait pour en sortir ?
Alors déjà, le cercle vicieux n'est pas aussi vicieux que ça. Il est vicieux dans le sens
psychologique du terme. Très clairement, tout nuage sur l'immobilier chinois fait que
le peuple chinois va émettre des doutes quant à la force de l'État. Et donc forcément, il ne va pas
être amené à consommer ni à voyager. Ça, c'est la première chose. Maintenant, dans la constitution
de l'épargne, il faut bien voir que la Chine est assise sur un trésor de guerre que ni l'Europe ni
les États-Unis ont. Parce que vous l’avez souligné parfaitement tout à l'heure, c'est que les Chinois
ont eu pendant des décennies aucune aide, on va dire, sociétale. Pas de fonds de pension,
pas de droits, de services de santé, en tout cas, ni d'assurance chômage. Donc, en gros,
ils devaient thésauriser. Or, si l'on cumule tous les dépôts des Chinois et la liquidité du peuple
chinois, on arrive à 110% du PIB. Vous regardez aux États-Unis, pour l'instant le consommateur a
brûlé complètement ses 2 trillions de dollars de réserve liées au Covid en termes de cash.
Vous avez un nombre absolument considérable d'Américains qui n'arrivent plus à boucler la
fin du mois, le 10 du mois. Et vous avez plus de 1,5 trillion de dettes sur les cartes de crédit
et 1,3 trillion de dettes sur les voitures. Donc, si vous arrivez de Mars et vous regardez les deux
pays, vous avez un pays de 350 à 400 millions d'habitants dont les consommateurs littéralement
croulent sous la dette. Et d'un autre côté, vous avez 1,4 milliard de personnes qui ont
110% du PIB en cash. La problématique, c'est que ce qui est arrivé justement avec le Covid et avec
la crise immobilière, c'est que ça n'a pas motivé les Chinois à consommer, très clairement. Et puis
aussi, ça a eu un effet assez étrange. C'est qu'en 2022, il y a eu 400 milliards de rachats de dettes
immobilières par les particuliers chinois. Donc au lieu que ça soit dépensé, ils ont profité de la
manne qu'ils avaient, d'économies qu'ils avaient pu faire pendant le Covid, pour racheter la dette.
Donc, ils ont réduit leur endettement, mais in fine, ils ont complètement fait s’effondrer le
système de financement des développeurs, ce qui n'a pas aidé le système bancaire, très clairement.
Vous pouvez expliquer ? Un peu plus dans le détail,
le lien entre le fait de rembourser plus vite sa dette, ce qu'ont fait les ménages chinois,
et pourquoi ça a eu un retentissement aussi négatif sur les promoteurs immobiliers chinois ?
En effet, les emprunts sont utilisés comme des leviers. Donc si vous avez des particuliers qui
commencent à racheter la dette, l'impact sur les banques est évident parce que les gains faits
sur les prêts immobiliers disparaissent très clairement. Or les promoteurs immobiliers vont
vers les banques pour se financer. Si les banques ont d'un seul coup beaucoup moins de rentabilité
sur les prêts immobiliers, ils vont être beaucoup moins enclins à prêter au niveau des promoteurs,
sachant qu'en plus les promoteurs étaient en grande difficulté financière, ça n’a pas aidé.
Donc en fait, il y a eu un effet domino sur les rachats massifs qui ont été faits par le peuple
chinois de leurs emprunts. Ça, c'est une première donnée. Maintenant, la Chine a annoncé beaucoup
de choses quant à la relaxation de pas mal de contraintes qu'ils avaient mis pour éviter que
l'immobilier s'emballe. Ça, ça a été obéré, mais dans les grandes villes, on commence à revoir un
dynamisme. D'ailleurs, ce matin, a été publié des chiffres de vente dans les plus grandes villes et
ça augmente de mois à mois de 33% au mois de juin. Et ça, ça a fait exploser en bourse locale les
promoteurs immobiliers. Donc, c'est une première chose. Deuxième chose, il y a eu le relâchement de
la règle de l' Hukou. qui est une règle où vous aviez des visas associés à des villes. Et il y
avait des limitations en termes d'acceptation de personnes qui pouvaient avoir l'Hukou à Shanghai,
par exemple. Or, si vous n'avez pas d'Hukou, vous ne pouvez pas avoir de logement à faible prix ni
bénéficier des tarifs étatiques pour l'eau, le gaz et d'autres services. Cette règle d'Hukou est en
train de disparaître, ce qui va permettre une plus grande plasticité et élasticité
de la mobilité des Chinois. Et ce qui peut redonner un peu de dynamisme, on va dire,
à un marché immobilier qui était contraint parce que vous ne pouviez pas avoir de fluctuation de
la population dans les villes, ou en tout cas moins. Et après derrière, vous avez aussi une
mise en place de fonds d'aide à la personne par exemple. Donc vous avez des aides fiscales si vous
avez des personnes qui s'occupent de vos enfants ou des personnes âgées qui sont à votre charge,
ce qui va libérer du temps pour le travail et pour éventuellement des loisirs. Vous
avez également des visas pour les étrangers et vous avez également pas mal d'aides qui ont été
apportées pour le financement des fonds de pension privés qui ont été lancés en fin 2022. Donc ça
c'était une nouvelle qui est passée inaperçue, mais vous avez de plus en plus de structures
qui vont apporter une aide et un support pour tranquilliser un peu le peuple chinois sur le
futur. Mais vous avez raison, on n'est pas encore dans ce glissement. Et le plénum [réunion plénière
du Comité central du Parti communiste chinois (PCC)] qui arrive mi-juillet est important
à ce niveau-là parce que tout est politique maintenant en Chine. Xi Jinping est devenu …,
depuis Mao Zedong, il n'y a pas eu de personne aussi puissante en Chine en termes politiques.
Et que l'axe politique chinois était basé sur l'offre, donc l'immobilier faisait partie de
l'offre, pour promouvoir la croissance économique. On commence à voir des choses qui changent et on
voit que la consommation commence à être adressée. On a vu par exemple, il y a des métriques,
notamment sur les cinémas, la consommation dans les restaurants est repartie de manière très,
très forte, ce qui tente à démontrer que le peuple chinois commence à consommer pour des loisirs.
Alors justement, sur la consommation, est-ce que finalement ce n'est pas un enjeu stratégique pour
la Chine ? On a longtemps parlé en effet du développement de la demande intérieure
comme le futur relais de croissance de la Chine, mais est-ce qu'il n'est pas aujourd'hui vital,
à voir si les autorités prennent ça en compte, vital dans la mesure où on voit bien que les
tensions croissantes avec les États-Unis, pour ne parler que d'eux, mais puisqu'ils sont à l'origine
de ces tensions, les tensions croissantes avec les États-Unis, les régulations, les lois qui sont
passées aux États-Unis pour finalement contenir ce qu'eux entrevoient comme la menace chinoise,
font que finalement la Chine est tout de même un peu limitée dans sa croissance. externe. Et donc,
quand je dis externe, c'est dirigé vers le reste du monde. Et il faudrait sans doute,
stratégiquement, et peut-être que c'est le moment en effet, c'est le point de bascule,
développer pour elle, en tout cas si elle veut assurer la permanence de sa croissance,
un basculement donc vers la consommation. C'est peut-être le moment ou jamais, non ?
Je pense qu'il y a deux composantes. Vous l'avez très bien dit précédemment, la croissance de la
Chine était basée sur l'offre et les exportations. On s'aperçoit que dans un contexte géopolitique
un peu plus compliqué, si la Chine avait plus de consommation interne et une croyance dans
l'effet géostratégique de la bourse, ce qu'ont très bien compris les Américains,
la Chine pourrait s'immuniser contre des pressions extérieures. on voit nous, on commence à voir, et
d'après les informations qu'on a de Beijing et ce qu'on voit nous à travers la recherche locale,
mais aussi les discussions qu'on a lors de nos voyages, c'est très clairement,
il commence à avoir une prise en compte de la structure de la bourse comme un axe
géostratégique et géopolitique important. Et là, je mettrais juste en exergue un point. qui
est le contrôle absolument colossal qui est fait des fonds quantitatifs
et des fonds qui ont des structures de trading qui sont uniquement vendeuses.
Alors, on va y venir, mais d'abord, quand vous dites que les États-Unis ont assis une partie de
leur puissance sur la bourse, j'aimerais que là, vous développiez un petit peu.
De toute façon, en ce moment, la vraie guerre, ce n'est pas la guerre États-Unis-Chine. La vraie
guerre, c'est entre est-ce qu'on veut avoir un État fort ou des États forts, ou est-ce qu'on veut
un monde dirigé par des grandes corporations. Voilà, c'est un peu ce qui se joue. Et aux
États-Unis, très clairement, le jeu est là aussi. Et si je prends simplement les 100 plus grandes
capitalisations boursières cotées au monde, 75% sont américaines, à peu près vous avez 5% qui
sont chinoises, et par exemple la France, 2,31%. Est-ce que ça représente la taille de l'économie,
la taille de la population ? Pas du tout. Mais la puissance américaine vient aussi de sa puissance,
je dirais, boursière. Vous avez des sociétés comme Google ou Meta, qui posent des problèmes
régulatoires à un continent comme l'Europe. Une société. Donc, avant, il y a quelques années,
on parlait des GAFA et on parlait des BAT. Donc, les GAFA, c'était Google, Amazon,
Facebook et autres. Et puis, les BAT, c'était Baidu, Alibaba et Tencent. Bon. Xi Jinping
a commis peut-être une erreur, le futur nous le dira, mais en taclant Alibaba et en contraignant
un peu l'expansion des BAT, ça a généré en fait une domination américaine du corporate américain
qui est juste gigantesque. Maintenant, est-ce que la Chine a compris ou pas ? A priori, on commence
à voir une organisation étatique qui est en train d'être faite autour de la protection de la bourse.
Donc arrêter des fonds qui sont short only, donc vendeurs seulement. Deux, ils ont réduit
la visibilité des carnets d'ordre à la bourse pour que les algorithmes se nourrissent de ça.
Pour pas que les algorithmes se nourrissent de ça. Parce que les algorithmes se nourrissent de ça.
Pardon, exactement. Et donc, on voit qu'il y a une organisation étatique qui commence à donner une
importance à un cadre juridique pour que le marché arrête d'avoir ces soubresauts. C'est-à-dire que
la Chine est connue pour avoir des périodes où il pouvait y avoir une croissance sur un an,
deux ans, trois ans, de 100 à 200 %, et après, derrière, elle repère une grosse partie de cette
hausse. On voit maintenant une vraie préoccupation étatique sur la structure même de l'intervention
dans les marchés. Aussi, une plus grande demande de qualité des sociétés qui vont en
bourse. pour assurer une certaine pérennité et une certaine lisibilité de l'environnement boursier.
Je rappellerai aussi que l'un des marchés obligataires avec la meilleure performance
au monde en termes d'obligations étatiques, ce sont les bonds chinois. Les obligations
chinoises. Donc, ce que vous êtes en train de dire, Jacques, j'essaie de traduire un petit peu
pour que ça soit bien clair pour tout le monde. Ce que vous dites, c'est que les autorités chinoises,
vous avez quelques indices qui vous laissent penser que les autorités chinoises comprennent
que la bourse est un vecteur important dans leur stratégie de puissance. et même de prospérité
d'une certaine manière. Et de prospérité.
Et de prospérité. Donc là, ce que vous dites, c'est qu'ils sont en train d'organiser le marché
pour qu'il soit moins sujet aux volatilités très fortes qu'on a pu observer ces dernières années,
ces dernières décennies. Ce qui veut dire qu'en fait, on organise le marché pour
qu'il monte davantage. On va le traduire comme ça, mais c'est un peu… C'est ça ?
Oui, c'est ça, bien sûr. Parce qu'aux États-Unis,
finalement, quand vous écoutez, et c'est vrai, quand vous écoutez les sites financiers américains
qui sont suivis beaucoup plus largement que chez nous par les particuliers. On voit bien qu'il y a
cette conviction que de toute façon, le S&P 500, le Nasdaq, dans la durée, ne feront que monter.
Oui, mais vous le voyez même dans la structure des fonds de pension. Le fonds de pension aux
États-Unis, quand vous avez 30 ans et que vous rentrez dans un fonds de pension, le fonds de
pension, en fait, il agit en allocation d'actifs en fonction de votre âge. Plus vous êtes jeune,
entre 25 et 30 ans, un fonds de pension américain est investi à 90%, voire 100%
en actions. Pourquoi ? Parce qu'ils estiment que même si vous l'achetez alors qu'il y a un krach
l'année suivante, vous mettrez 10 ans avant de revenir au cours auquel vous avez acheté. Et si
vous avez 30 ans, le reste ne va faire que monter et donc vous gagnerez de l'argent infini. Voilà,
point. Donc ça, c'est dans la structure même de l'économie américaine et de la réflexion
américaine. Donc, de facto, en Chine, ça n'a pas été le cas. La bourse était assez du gambling,
du jeu. Et maintenant, quand on voit que la Chine est en train d'organiser les choses,
en effet, les Américains ont très vite compris que c'était une puissance. Vous
avez maintenant de plus en plus de sociétés américaines qui dépassent les 2 000 milliards
de capitalisation boursière. Il y a très peu de pays qui arrivent à ce niveau de PIB.
Oui, et si vous organisez une montée régulière des actifs boursiers, vous avez,
parce que les Américains, pas tous, encore une fois, il faut nuancer, mais une bonne partie
qui sont exposés aux actifs boursiers et qui donc voient leur patrimoine s'accroître et vous
avez les effets richesse, puisque plus vous avez de patrimoine, plus vous pouvez vous endetter,
c'est tout de même une économie qui repose sur la dette, et plus vous pouvez consommer. Donc là, ce
qu'on voit en Chine, c'est ça l'information qui me semble très intéressante, ce que vous nous dites,
c'est qu'ils sont en train d'organiser des choses, donc vous dites qu'ils ont
interdit des hedge funds qui étaient vendeurs des actions qui étaient spécialisés dans le short,
ça, ils l’ont interdit. C'est bien ça. Et deuxièmement, et ça, c'est un point
très intéressant, c'est que vous dites qu'ils interdisent aussi apparemment la visibilité
des carnets d'ordre. Alors, on peut se dire que quand on fait l'éloge de la transparence,
c'est super, mais en fait, non. Ça veut dire qu'en fait, vous interdisez à des
fonds systématiques de jouer sur les carnets d'ordre, parce qu'en fait, c'est ça qui se passe.
Exactement, tout à fait. Et donc, pour moi, c'est plutôt un bon signe d'une prise
en compte de la structure. Vous ne pouvez pas faire monter un marché régulièrement si votre
structure n'est pas adéquate, surtout quand il est assez petit par rapport à l'économie. Vous
faites le ratio PIB versus capitalisation boursière en Chine et aux Etats-Unis,
ça n'a rien à voir. Donc vous voyez bien que la bourse chinoise n'est pas au-dessus du PIB
chinois, alors qu'aux Etats-Unis elle est largement au-dessus. Donc vous voyez bien
que ce caractère boursier de l'économie n'est pas acté en Chine. Ce qui veut dire,
si on prend encore le côté risque-opportunité, ce qui veut dire aussi que le jour où la Chine prend
ça en compte, vous avez une perspective relativement haussière des choses.
Oui, sur les actifs boursiers chinois. Donc là, on a quelques indices. Bon, mais ce n'est pas
suffisant tout de même pour avoir une conviction à 100% que les choses vont se réaliser comme
ça. Mais vous, ce que vous présentez, grosso modo, c'est que la Chine compense, finalement,
ou en tout cas rééquilibre pour les ménages chinois le rapport entre bourse et immobilier
pour créer un effet richesse via la bourse. Et donc activer et redévelopper la consommation par
ce biais-là. Est-ce que ce raisonnement est tiré par les cheveux ou c'est bien votre raisonnement ?
Non, non, non, c'est un des raisonnements possibles. Il y a un moment où les cartes
en main de la Chine sont limitées. L'offre a été maximisée par les infrastructures,
par l'immobilier, il faut rappeler quand même que la Chine a battu des records en termes
de lignes à haute vitesse, en lignes à très haute tension, que les Américains n'ont même
pas le centième, le centième des infrastructures chinoises en termes d'efficience et en termes de
modernité. Maintenant, c'est fini. On ne peut pas croître à l'infini dans un monde fini. Il n'y a
que les économistes et les fous qui pensent ça. Mais comme dirait Kenneth, et derrière, la Chine
doit s'extraire de cette dépendance à la demande, à l'offre et aux exportations. Les exportations,
sachant que tout le monde depuis des années était très, très content que la Chine soit le
manufacturier du monde. Ils ne l'ont pas pris avec un flingue sur la tempe. On a été très content
délocaliser en Chine. Donc là-dessus, il y a aussi un double discours. Ah, les méchants chinois,
ils produisent beaucoup. Ben oui, il ne fallait pas qu'on envoie toutes nos usines là-bas. Donc
après, derrière, on voit aussi avec l'Europe, par exemple, que ça pose un petit problème. C'est que
les constructeurs allemands d'automobiles ont investi des milliards en Chine et quand l'Europe
a décidé de mettre des tarifs sur les importations chinoises, les constructeurs allemands ont laissé
entendre des voix où on pouvait négocier un petit peu quand même. Donc, en fait, la Chine doit
comprendre, et je pense qu'elle est en train de le comprendre, qu'on doit passer d'une économie de
pleine offre et d'infrastructures et d'exportation à quelque chose de plus centré sur eux-mêmes,
c'est-à-dire de la consommation, et sur une autre génération de patrimoine qui est liée à la bourse.
Si la bourse va mieux, vous avez une confiance dans le futur qui va s'accroître, vous avez une
consommation qui va s'accroître, vous avez aussi du financement qui va s'accroître, par exemple
pour les promoteurs, mais pour d'autres choses. Si la consommation et si la confiance s'accroissent,
la natalité va s'accroître. Donc, in fine, ça nous paraît, nous, trop évident, sachant que c'est que
politique. Si vous n'aviez pas la capacité, s'il n'y avait pas de dépôts pléthoriques en Chine,
s'il n'y avait pas 1,4 milliard de potentiel de consommateurs, s'il n'y avait pas encore
une demande à créer. On parle de vieillissement de la population, d'accord ? Mais l'offre dédiée
à la population âgée en Chine n'est pas encore mature. D'après les études qui viennent de sortir
ce matin, on parle d'un potentiel de 2 000 milliards de dollars en termes d'économie,
en termes de génération de business pour les personnes âgées en Chine par an. Donc, vous voyez
bien que la robotisation, par exemple, est un des axes énormes. Alors oui, la Chine est contrainte
dans son développement pour l'instant, parce que les Américains ont appuyé sur un point faible,
qui est la fragmentation de la chaîne de valeur des semi-conducteurs. Or, les semi-conducteurs
sont partout. Donc, évidemment, sur le très haut niveau, ça peut poser un problème de
développement et d'accélération de la croissance technologique de la Chine. Maintenant, je
rappellerai ce qu'a dit le patron de la SIA, qui est l'Association des semi-conducteurs américains,
qui a dit il y a un an à peu près que de mettre sans cesse la Chine dans un corner, dans un coin,
va obliger les cerveaux chinois à potentiellement trouver une solution que les Américains n'auront
pas et qui pourrait être très dommageable à la technologie occidentale. Je ne sais pas nous qui
le disons, ce n'est pas moi qui le dis, c'est le patron de l'industrie des semi-conducteurs,
le patron de ASML en Europe l'a dit, le patron de Nvidia l'a dit aussi. Donc quand vous avez un pays
qui génère 10 millions d'ingénieurs par an, la loi du nombre fait que vous avez quand même plus de
potentialité d'avoir 2-3 génies à l'intérieur que dans des pays qui en font 1000. Donc à un moment,
ça va se voir et cette course toujours à on travaille chez soi et c'est mieux chez soi,
alors qu'au final, si on interpénètre une chaîne de valeur, ça fait que tout le monde est dépendant
des autres, et on peut au moins discuter à un moment, à force de pousser la Chine dans un coin,
elle peut sortir une technologie que nous n'aurons pas et qui peut être un changement massif en
termes économiques. Il nous apparaît qu'on a des signes très clairement où le problème immobilier
commence à être adressé. Et on a vu ce matin les chiffres de vente en hausse. En forte hausse, on
voit qu'une structuration commence à venir sur les financements des projets en cours qui pourraient
amener à un plancher, donc donner un peu plus de visibilité sur le futur. Et en même temps,
sur le côté boursier, on commence à avoir des règles très claires qui structurent le marché
pour commencer à faire une rampe de lancement de façon à ce qu'on ait des hausses régulières
et qui rassurent en même temps et le tissu économique et le tissu social.
Alors, qu'est-ce qui vous convaincrait définitivement ? Quelles sont les annonces que
vous espérez ? On sait que les autorités vont se réunir prochainement. Donc, est-ce qu'il y a des
annonces que vous surveillez, je vais dire, comme le lait sur le feu, et dès qu'elles sortiront,
vous direz, bon, là, c'est bon, on peut y aller ? Alors, la première, elle est liée à l'immobilier.
On a eu pas mal d'annonces, des plans assez importants. On parle de centaines de milliards de
dollars quand même. Mais on attend une structure. L'annonce par exemple d'un programme à la Fannie
Mae, Freddie Mac américain, donc une structure de défaisance énorme qui englobe tous les programmes
et qui soit lisible pour les investisseurs occidentaux, serait une très bonne chose.
Parce que la Chine pour l'instant est assez spécialiste de donner plein de petits brides,
mais à la fin les investisseurs occidentaux sont devenus assez binaires, et les algorithmes n'ont
rien arrangé. Donc, s'il n'y a pas quelques mots-clés et quelques masses en termes d'argent
mis en front page et en première page des journaux, on aura du mal à cristalliser
les intérêts. Donc, on attend, nous, on va dire, un plan concret, cohérent et massif pour mettre
une fois pour toutes l'immobilier dans une coque, qui permet de dire, ok, ce problème-là,
il est passé. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est d'avoir des annonces qui
vont mettre en avant la consommation. des annonces qui sont... Alors, on a parlé de vouchers,
donc des bons d'achat qui commencent à être donnés pour quelque chose, mais aussi, je pense que c'est
important, ça va être la capacité de l'État chinois à mettre en œuvre et à continuer et à
rendre les choses plus intelligibles pour nous tout ce qui est fait sur les fonds de santé,
les fonds de pension, les aides à la personne, qui sont faîtières pour rendre le moral aux Chinois
et qu'ils, on va dire, recentrent la génération de richesse à l'intérieur de la Chine. Ça, c'est
les deux gros trends que l'on voit. en termes d'annonce. On a vu aussi, c'est ça, je dirais,
la chose principale du dernier voyage qui a été fait par un des membres de nos équipes en Chine
il y a quelques semaines, c'est que maintenant, les sociétés chinoises n'ont plus le discours
de tout va bien. Il y a quelques années et encore quelques mois, vous alliez en Chine, les sociétés,
et vous parlaient, non mais tout va bien, pas de problème, tout va bien. Donc, ce qui veut
dire qu'à aucun moment, le consensus était guidé par les sociétés. Or, on sait aux États-Unis, ils
sont très forts, ils sont capables de vous faire passer un profit warning pour un super truc, parce
qu'ils ont guidé un mois ou deux mois avant que ça pourrait être décevant, il y a une baisse de
l'indice, de l'action, et à un moment, le chiffre est un petit peu au-dessus de ce qu'on avait dit.
C'est pas bon, mais la perception est bonne. En Chine, ce n'était pas du tout ça. En Chine, les
boîtes disaient non, mais tout va bien, tout va bien, tout va bien Et on a vu, nous, des sociétés
qu'on avait en portefeuille qui affichaient 55% de hausse du résultat net, baissé de 10% en séance,
parce que le consensus attendait 56% de hausse. Et je peux vous en montrer des milliers d'exemples
comme ça. Or, maintenant, lors du dernier voyage, les sociétés ont eu un discours qui n'est plus
dans le déni. oui, on a des problèmes là-dessus, oui, ça, ça ne va pas, oui, ça, il y a du retard
là-dessus. Ce qui veut dire qu'on commence à avoir, et là, ça rejoint la solution de la bourse,
un consensus qui commence à être guidé. Or, la bourse nourrit des bonnes surprises. Donc vous
voyez qu'il y a un changement de mentalité qui vient des management qui commence à dire la vérité
et donc on va commencer à avoir un consensus qui va être guidé correctement afin de pouvoir générer
les bonnes surprises. Vous avez une structure boursière qui commence à être organisée pour
qu'on ait un afflux d'argent extérieur, mais surtout intérieur, de façon à ce qu'on ait une
hausse séquentielle régulière de la bourse. Et en même temps, vous avez aussi des nouveaux fonds de
pension qui vont être investis en bourse, ce qui veut dire une institutionnalisation
des flux grandissante en Chine, et donc moins de volatilité liée aux flux des particuliers.
Très bien, je reviens tout de même, même s'il va falloir qu'on soit assez concis l'un et l'autre,
mais je reviens sur la question du vieillissement de la population,
parce qu'elle est tout de même centrale. À vous entendre, finalement, c'est qu'une
affaire d'immobilier, mais est-ce que ça peut se résumer aussi simplement ?
Non, non, non, mais tous les pays sont sujets à ça. Les États-Unis,
c'est même pire, c'est le seul pays développé où la durée de vie est en baisse. Donc c'est quand
même assez colossal quand même à la base et en Chine, non la chine a un problème des populations,
comme nous nous avons un, comme l’Allemagne en a un petit moment, comme les États-Unis en ont
aussi, d’ailleurs la hausse de l'immigration aux états unis a été aussi fait pour contrebalancer
un peu ce point-là, en Allemagne, c'était le cas aussi. Par exemple le japon, carrément
la population baisse. C'est un problème mondial. Le vieillissement de la population est un problème
mondial. Maintenant, la manière dont la Chine… Est-ce que c'est un problème ? C'est un problème
partout. C'est un problème inflationniste déjà, et c'est un problème de consommation,
c'est un problème de vote. Alors en Chine, ce n'est pas un problème, on va dire,
mais dans les pays occidentaux, c'est un problème pour la structure des votes aussi, également.
Pour moi, ce n'est pas le problème. Pour info, la Chine est le premier pays en termes d'adoption
de robots. C'est gigantesque. Le facteur d'intégration des robots dans la société
chinoise est absolument gigantesque par rapport à tous les pays dans le monde. Il y a des solutions,
ils ont les solutions en interne. La Chine est quand même l'un des leaders des robots ménagers,
je ne parle pas des robots ménagers pour cuisiner, mais les petits robots que vous avez chez vous,
les aspirateurs, sont quasiment tous chinois. Après, vous mettez l'IA là-dessus et c'est
parti. Bref, vous avez beaucoup de solutions. Pour moi, le vieillissement de la population chinois,
n'est pas un problème, n'est pas aussi un problème, sachant qu'il y a un taux de dépôt
qui est gigantesque. Aux États-Unis, il y a un problème, c'est qu'il n'y a pas de dépôt. Donc,
vous êtes obligés de financer. Et en plus, vous avez des fonds de pension qui ne sont pas assez
financés. Ça, on n'en a pas parlé, mais voilà. La structure des liquidités en Chine me pose
moins de problèmes quant au vieillissement de la population. L'intégration de la high-tech en Chine
permettrait même de créer de nouvelles branches et sociétés, ce qui est en train d'être fait
pour aider cette population vieillissante. Vous avez par exemple Aier Eye Hospital Group Co.,Ltd
qui est une société de chirurgie ophtalmique. C'est le seul pays au monde où vous avez une
société de chirurgie ophtalmique qui est cotée. Et vous avez des caissons avec des robots qui
opèrent les yeux des patients qui sont mis sur des trains ou des bateaux et qui vont opérer les
personnes ailleurs. Vous avez entendu parler de ça aux Etats-Unis en Occident ? Donc... voilà,
et c'est un exemple réel. Je ne dis pas que la Chine c'est bien, je dis simplement que
quand on en a 1%, on peut augmenter de 1, 2, 3 à 4% si on a des baisses de marché,
pour commencer à agréger une allocation d'actifs dans les 10 années à venir qui tiennent la route
et ne plus avoir pas seulement 55% d'actions américaines, par exemple, et 1% voire 0% de Chine.
Alors est-ce que c'est le moment de le faire maintenant,
de se réexposer maintenant ? Ou est-ce qu'il faut attendre la confirmation de vos intuitions ?
Non, je pense qu'il faut commencer maintenant avec une capacité à accélérer lorsque l'on
aura une cristallisation des choses. Il y a un, le plénum qui arrive. Deux,
on sait très bien que si Jinping, même s'il est puissant, on commence à avoir des voix un peu
dissonantes au sein du politburo qui commencent à trouver un peu le temps long quand même. Et puis,
Xi Jinping est humain, donc à un moment il y aura un poste Xi Jinping. Bon, voilà,
je lui souhaite longue vie, mais il y a avant et après. L'âge des présidents est
un problème pas seulement en Chine, un problème partout. Mais très clairement,
le plénum pour nous, on n'est pas en train de sacraliser ce qui va arriver au mi-juillet,
mais ça peut être l'ajout d'une brique qui confirme que la Chine a intégré que la fin
du couple exportation et offre doit laisser la place à consommation intérieure et puis bourse.
Alors Jacques, il y a une question qu'on ne peut pas passer sous silence,
tout de même quand on évoque la Chine, c'est celle de Taïwan. Beaucoup d'investisseurs
s'inquiètent en fait de ce qui pourrait se produire entre les États-Unis et la Chine,
c'est un risque de conflit ouvert entre les deux puissances. Est-ce que ce risque ne suffit pas à
justifier tout de même une exposition très minimale à l'égard de la Chine ?
Alors pour nous, loin de nous de minimiser les risques géopolitiques, très clairement,
maintenant Taïwan pour nous n'est pas le principal risque. Pour nous, le risque États-Unis-Chine se
cristalliserait plutôt autour des Philippines, qui constitutionnellement ont une particularité,
c'est le droit d'invoquer la France américaine en cas de conflit. Pour nous,
c'est ça le point chaud de la région dans les relations États-Unis-Chine. Pour Taïwan,
pour faire très court, déjà on a eu un basculement avec le parlement taïwanais qui est en majorité
pro-chinoise. Donc c'est déjà une première étape. Deuxièmement, on a TSMC qui a commencé à mettre en
place des usines à l'étranger. On estime qu'une fois que ces usines seront en pleine puissance,
est-ce que le cas de Taïwan sera aussi faitier pour quelques organisations internationales,
liées à des États, j'ai un doute. Et puis après, derrière, on a aussi un
point où la Chine a augmenté ses capacités en semi-conducteurs, Taiwan principalement,
c'est ça. SMIC est devenu le deuxième fondeur au monde. Donc très clairement, est-ce qu'il y a
besoin de prendre autant de risques pour envahir Taiwan en termes militaires ? On ne croit pas.
Donc, ce que vous dites, c'est qu'on va vers une situation qui s'apaise doucement, discrètement,
et le fait que TSMC ait en effet l'intention d'implanter de plus en plus d'usines, notamment
aux États-Unis, soulage un petit peu l'inquiétude américaine concernant cette activité critique.
Tout à fait. Et du coup, le Taïwan n'aurait plus aux yeux des États-Unis un intérêt stratégique
aussi aigu qu'aujourd'hui. Tout à fait.
Ok, cette question taïwanaise, on l'a évaluée. Juste une question sur la gouvernance. Parce que
pour beaucoup d'investisseurs, investir en Chine, c'est tout de même un peu risqué. compte tenu de
l'influence et du pouvoir du politique, on l'a vu avec les BAT, les groupes technologiques chinois,
qui ont été mis au pas. Est-ce que ça, ce n'est pas un frein à une exposition accrue à la Chine ?
Alors, évidemment, ce n'est pas un point positif. Maintenant, de là à ce que ce soit un frein
complet, Les différentes règles sont en train d'arriver en Chine pour que des investisseurs
étrangers puissent invoquer des problèmes juridiques face à des cours chinoises sans
craindre d'être spoliés. Ça, c'est des choses qui commencent à arriver. Petit 2, problème de
gouvernance. On va dire, pour moi, ce n'est pas un problème de gouvernance, c'est une spécificité
de gouvernance. On a des problèmes de gouvernance dans des groupes comme Boeing en ce moment, et je
n'ai pas entendu dire de grands fonds quitter Boeing, alors qu'il y a eu quand même plus de
400 morts, et il y a un problème clairement de gouvernance dans la société. Des groupes comme
Samsung, à un moment, le dirigeant était en prison et dirigeait la boîte de sa société, Samsung,
de prison. Ou alors le problème de gouvernance, il est partout et on regarde partout, et dans
ce cas-là, on a les mêmes discours vis-à-vis de Boeing, vis-à-vis de Samsung. En Europe,
on a eu Wirecard. Très joli, joli, joli, quand même, petit problème de gouvernance. Donc,
on a eu des groupes comme aussi Credit Suisse aussi, éventuellement. Problème de gouvernance.
Étant basé en Suisse, on sait comment ça a fini. Ou le problème de gouvernance est taclé de la même
façon et partout, ou alors ce qu'on trouve et sur lequel on s'accommode dans des zones,
en Chine je vois pourquoi on devrait mettre un bémol sur ce niveau-là. On doit le savoir,
on doit en prendre conscience. Tant qu'on n'a pas de preuve de spoliation d'actionnaires dans
des groupes cotés, oui c'est une spécificité, très clairement. mais le risque de gouvernance,
on l'a partout, et les groupes que j'ai cités ne sont pas des groupes qui sont des Small caps.
Bon Jacques, je vais essayer de synthétiser tout ce que vous nous avez dit, et vous nous avez dit
beaucoup de choses. Premièrement, vous nous dites, il faut garder une exposition aux États-Unis, bien
évidemment, puisque ça reste la première puissance mondiale, la puissance la plus influente,
quoi qu'on en pense. dans une allocation qu'elle soit bien représentée est tout à fait logique. En
revanche, sous-représenter la Chine est pour vous une erreur. Pourquoi ? Parce que la Chine c'est
tout de même la deuxième puissance économique mondiale et si elle est confrontée à des problèmes
importants, dont la crise immobilière sur laquelle nous nous sommes épanchés longuement, vous dites
que là on a des indices de stabilisation d'abord de cette crise immobilière et qu'ensuite la Chine
a compris qu'elle devait peut-être changer de modèle. Un des indices à cette inflexion, c'est
notamment le fait de structurer ou de commencer à structurer des marchés financiers différemment,
en prenant des mesures assez techniques, qui passent donc inaperçues, mais qui ont
une grande signification, interdire certains acteurs de vendre à découvert, par exemple,
ou rendre invisibles les carnets d'ordre pour rendre finalement les cours moins sensibles aux
influences des gestions systématiques, ce qui crée énormément de volatilité. Donc ce que vous dites,
c'est peut-être le signe que les autorités chinoises se disent il faut qu'on fasse comme
les Américains, utiliser la bourse pour en faire un vecteur de développement économique et aussi
de prospérité puisqu’aux États-Unis, on sait que la bourse sert à accroître les effets richesse et
donc à soutenir la consommation. Et ça serait un peu la même stratégie qui se dessinerait,
et on emploie le conditionnel, qui se dessinerait en Chine, et vous attendez
confirmation de ça dans les semaines et les mois qui viennent. Ce que vous dites aussi,
c'est que la Chine doit basculer d'un modèle mercantiliste et tourner vers l'offre et les
exportations, à un modèle plus consumériste, et que cette modification du marché financier,
qui serait appréhendée comme un vecteur de développement, pourrait aller dans ce sens.
Donc ça, c'est tout de même la grande idée. Ce que vous dites aussi, c'est qu'on s'inquiète
beaucoup de Taïwan, mais que la véritable préoccupation, ce sont plutôt les Philippines,
que Taïwan aujourd'hui a déjà un peu, moi c'est ce que j'entends, basculé du côté chinois. que Taïwan
est moins critique pour les Américains qu'il ne l'était, et va l'être de moins en moins, sachant
que TSMC, qui est l'acteur central, crucial, vital de l'industrie des semi-conducteurs,
est en train d'essaimer des usines un peu partout dans le monde. Ce qui fait que, voir la Chine
récupérer Taïwan, et moins un problème d'un point de vue géostratégique. Donc cette question-là. Et
quant à la question de la gouvernance, vous dites finalement, oui, il y a une spécificité chinoise,
il faut faire avec, mais des problèmes de gouvernance, on en rencontre partout et ça
n'empêche pas d'investir dans d'autres zones. Donc de ce point de vue-là, vous dites qu'il faut être
en gros un peu cohérent et regarder ça avec un peu plus de distance. C'est correctement résumé ?
Tout à fait. acques, merci beaucoup. Merci à vous
de nous avoir suivis. Abonnez-vous, commentez, partagez. Et n'hésitez pas à poser des questions,
évidemment, si vous en avez. Je suis sûr que Jacques s'efforcera d'y répondre. Et moi,
j'essaierai également de mon côté. À très bientôt. Merci, Vincent.