Les dessous du foot business en Chine. « Quand on est Européen, un match chinois n’a aucun intérêt. » Philippe Troussier, coach du club de Shenzhen. ✋ Les enjeux du Monde ? Ils sont ici 👉 https://bit.ly/3nbDE0S Abonnez-vous 🙏 « On joue au foot comme les Brésiliens jouent au ping pong. Et encore, ils sont meilleurs au ping pong que nous au foot. » Li Weifang, capitaine de l’équipe olympique de foot aux JO de 2008.
Le football chinois est dans un piteux état au grand dam des dirigeants et des supporters. Pourtant les moyens sont là et les clubs recrutent à prix d’or joueurs et entraîneurs étrangers.
Alors pourquoi le pays n’arrive-t-il pas à s’imposer dans ce sport comme il a réussi dans bien d’autres ? Pour répondre à cette énigme il faut s’immerger dans le monde étrange, voire surréaliste, du ballon rond en Chine. Ce film, au ton légèrement provocateur, a pour ambition d’aller plus loin que la stricte analyse sportive : il permet de comprendre que, bien plus qu’ailleurs, en Chine, le foot, le spectacle et la politique pratiquent les délices du ménage à trois.
Football, le grand rêve chinois Un documentaire de 52' réalisé par Anthony Dufour et Mathias Lavergne. Une production Hikari Films pour Orange sport. Droits réservés Ampersand
Le Bund, la promenade mythique de Shanghai. La capitale économique de la Chine a toujours
été pionnière dans ses relations avec le reste du monde. Alors c'est ici que le football
chinois tente de se réinventer. Avec l'arrivée de l'un des plus célèbres des avant-centres
Français. Je voulais dire que j'étais tres heureux
d'être arrivé finalement en Chine, et spécialement a Shanghai.
C'est une grande société de jeux video qui a payé le transfert et le salaire du joueur.
10 millions d'euros par an. Le milliardaire chinois à la tête de l'entreprise possède
aussi le club de Shanghai, et il a décidé d'éblouir les supporters.
Retour sur le bund. Malgré l'enthousiasme des médias chinois, Nicolas Anelka n'arrive
pas vraiment en terrain conquis. Vous connaissez Anelka?
...Euh ... non, je ne le connais pas. je ne sais pas
Vous aimez le football? Je ne suis pas fan, non
Vous avez déjà entendu ce nom: Anelka ? Il me semble que oui.
Alors, c'est qui? Ca doit être une star du football ...
Anelka Non, non
Vous connaissez quel joueur de foot? Vous pouvez nous donner des noms?
Je ne m'intéresse pas beaucoup au foot. Ca ne m'intéresse pas des masses.
Zidane, Henry? Zidane, je connais oui.
Mais c'est qui déjà, tu sais ... Ca me dit quelque chose ... C'est qui déjà ...
Anelka .... Je vais aller checker sur Internet ...
Dites-nous, que fait-il? Qui ça ?
Anelka, vous avez déjà entendu ce nom? Qui est-il?
qui ça, petit KA ? Le centre d'entraînement du club de Shanghai.
Des installations plutôt modestes, voire légérement vétustes. C'est ici que Nicolas
Anelka et ses coéquipiers ont débuté la saison sous les ordres d'un autre français,
Jean Tigana. Aucun supporter pendant les entraînements. Les médias chinois ne sont autorisés à
filmer que pendant quelques minutes. Des supporters tenus à distance, mais il
y a pourtant à Shanghai de nombreux fans de football qui ne demandent qu'à s'enflammer
pour une équipe. Xiao Fu est l'un de ces aficionados, un tiffozzo
made in Shanghai. Dans son petit appartement de la banlieue,
Fu a dédié un autel au Shanghai Shenhua. Photos, coupes, fanions: la panoplie du parfait
supporter. Dans quelques heures, son club joue en championnat.
Cette photo date de 2006. Celui-ci, c'est l'entraineur brésilien, un
champion du monde !. Cette photo, ce sont tous mes copains. On
va voir le foot ensemble. Ce sont mes meilleurs amis !
Une heure de métro pour arriver au stade. Bien avant le coup d'envoi...
Ce stade, il fait partie de ma vie depuis dix ans...
Rendez-vous au bistrot des supporters... Le point de ralliement des Diables Bleus,
les supporters les plus enflammés du Shenhua. On est chez nous dans ce ce restaurant, tu
vois, même les serveurs portent le maillot du club.
Au menu, une fondue chinoise, et beaucoup de bière
Cette année, j'aurai 39 ans. Je suis fan depuis le premier match professionnel de Shanghai.
Tu sais combien ça fait d'années ? Oui, depuis 1993, l'année de création du
championnat chinois ! Allez ! Cul sec pour le plus vieux des fans
! Les Diables Bleus paient 100 euros par an
pour tous les matchs à domicile. Il y a 16 équipes dans le championnat professionnel
chinois créé au début des années 90. Un championnat que Shanghai n'a pas gagné depuis
10 ans. Trois à Zéro !
Bien sûr que Shenhua gagnera ce soir Sinon, vous ne seriez pas venus ! Vous allez
voir, Anelka va nous faire le "coup du chapeau" !
Voilà ! Anelka marquera trois buts, le résultat sera: Trois à Zéro ! Hihihi !
Oui, 3-0 ! Ces fans de foot sont shanghaiens avant tout.
Pas question pour eux de supporter l'équipe nationale, dans les profondeurs du classement
FIFA depuis une décennie. En réalité, nous regardons tous les matches,
nous sommes extrêmement déçus après chaque match. Nous nous disons que nous ne regarderons
plus. Voilà ! C'est comme ça ! Dans le Kop de Shanghai, chaque soirée débute
par le même rituel. L'hymne national, exercice imposé au début de chaque rencontre.
En Chine, le stade est le seul lieu où on peut se retrouver ensemble et se lâcher sans
craindre des représailles des autorités. Une soupape dont les supporters profitent
largement. Mais malgré leurs cris et leurs encouragement, la greffe française a bien
du mal à prendre sur l'équipe shanghaienne. Le doute s'installe, d'autant que la soirée
a apporté une nouvelle perturbante: quatre anciens joueurs du club ont été arrêtés
pour corruption. Le mal qui gangrène le foot chinois n'a pas épargné Shanghai.
Maintenant, il n'y a plus de raisons d'avoir peur ! Le gouvernement a engagé une action,
ils ont arrêté les pourris ! Ca va aller ! Tu as remarqué qu'il y a plein de supporters
pour les matchs de cette saison ? Dans tous les stades, c'est complet ! Parce que les
joueurs corrompus ont été arrêtés. A la 83ème minute, c'est la délivrance:
un but donne la victoire à Shenhua. On est les champions, on est les champions,allez
allez... ) La célébration continue dans la rue. Ce
soir, à Shanghai, les supporters savourent leur victoire. Mais ils vont rapidement déchanter.
Après seulement quelques semaines, l'attraction du foot chinois a visiblement des ratés.
Le club de Shanghai pointe en bas de classement. Alors, un beau matin, c'est Nicolas Anelka
en personne qui vient annoncer les premiers changements
On m'a juste demandé hier ou avant hier de prendre place en tant qu'entraîneur... Comme
il n'y avait pas d'autre solution, j'ai accepté, tout simplement.
Je connais un peu le football donc ca va, j'arrive à gérer. Mais je vais dans l'inconnu,
on verra comment ça se passe, j'espère que ça se passera bien. Je connais les joueurs
chinois, ils me connaissent aussi, on verra, mais j'espère que ce sera bien.
Le lendemain, dans les parcs de Shanghai, la crise au club de Foot de la ville laisse
tout le monde indifférent. Les Chinois pratiquent en masse les activités physiques, et on trouve
à chaque coin de rue des appareils pour faire de la musculation. Ou des amateurs de badminton
en pleine activité. Les petits matchs de foot dans la rue sont
bien rares. Le ballon rond ne fait plusvraiment rêver.
Je préfère jouer au basket. Il faut au moins dix personnes pour jouer au foot ! Aujourd'hui
je suis venu avec ma copine, on peut jouer à deux, au basket, ou au badminton...
Y'a plus beaucoup de monde qui ait envie de s'intéresser au foot. C'est devenu trop pollué
par les scandales. Alors moi aussi, je préfère jouer au badminton ou au basket.
Et puis en ce moment, dans le foot chinois, il n'y a aucun grand joueur, personne qui
sort du lot... Vous vous intéressez à Anelka, vous ? Et alors, il a marqué un but hier
? Et ben non, voila... Au début des années 2000, le football était
pourtant le sport le plus populaire du pays. Et l'équipe nationale a même participé,
une fois à la coupe du monde, en 2002. Aujourd'hui le se traine derrière le basket ou le tennis
de table. Des avalanches de scandales ont fait perdre toute sa crédibilité au championnat
chinois. Bienvenue dans notre émission "la vérité,
30 minutes". Aujourd'hui, on parle du foot chinois !
Les scandales de corruption bouleversent régulièrement le classement du championnat.
Dans le foot chinois, il y a toujours eu des rumeurs concernant la corruption et les coulisses...
Alors, le foot chinois est il vraiment corrompu ? Ou en est le foot chinois aujourd'hui ? Y
a t il encore de l'espoir ? Des joueurs, des arbitres, des dirigeants
sont en prison. Un phénomène endémique qui mine le sport depuis des décennies. Et
pas seulement chez les professionnels. Rowan Simons, journaliste anglais, en poste
en Chine depuis vingt ans, est le grand spécialiste du football en Chine. Il donne régulièrement
des conférences, il est consultant pour la télévision chinoise, et il a publié plusieurs
ouvrages sur la question: son diagnostic est sans appel.
Par exemple, on a beaucoup de témoignages selon lesquels, même en juniors, le joueurs
doivent payer leur entraîneur pour être retenus dans l'équipe. Normal, l'entraineur
lui même a acheté son poste, puisqu'il lui permet de prendre de l'argent de ses joueurs...
Ca se produit en juniors, ca se produit au niveau des clubs, au niveau régional et aussi
en équipe nationale... Il y a quelques années, un joueur de sélection nationale a publiquement
déclaré qu'il aurait pu être sélectionné bien plus souvent s'il avait été plus riche...
Il y a en ce moment une carte des tarifs qui a été publiée, qui explique combien coûte
une place en équipe nationale, et combien ca vous coûterait si vous voulez être simplement
remplaçant. Alors évidemment, quand vous êtes dans une situation où les gens peuvent
acheter leurs titularisations, sans qu'il soit question de compétence sportive, et
bien on peut dire qu'on est vraiment dans une grosse crise....
Une fin de journée en banlieue de Pékin. Rowan Simons, passionné de football, a créé
ici le premier club de football amateur du pays. Dans la Chine communiste, le droit d'association
n'existe pas. Il n'y a donc pas d'équipe dans chaque village ou dans chaque quartier.
La fédération chinoise de football, qui est un simple département du ministère des
sports, ne compte que quelques milliers de licenciés.
Le jeune anglais a donc créée une entreprise, qui vend à ses membres la participation à
un championnat privé... Moyen détourné de créer un mouvement de football amateur
en Chine. Pour l'essentiel, ce sont les étrangers vivant
en Chine qui animent ce championnat, déçus de ne pas pouvoir pratiquer avec les Chinois
leur sport favori... Quand je suis arrivé en Chine, je croyais
que je pourrais peut être jouer dans un club. Mais c'est impossible. Il faut toujours que
tu connaisses quelqu'un qui te fasse entrer dans un club... Ca n'est pas comme si on pouvait
y aller, frapper à la porte, et demander, "hé, je peux jouer avec vous ?" Ca marche
pas comme ça... Quelques chinois joueurs amateurs participent
à ce championnat étranger. Seule ouverture sur la pratique de leur sport.
Le foot est un jeu, mais la plupart des Chinois le considèrent comme un métier. Pour eux
c'est une histoire d'argent. Footballeur, ce serait donc une carrière... Ce n'est pas
un loisir... Alors que c'est tout simplement un jeu ! Le foot permet aux jeunes de pratiquer
un sport très complet. On y développe la solidarité, le courage, l'esprit d'équipe.
Ca nous permet d'apprendre beaucoup de choses, et aussi de comprendre nos défauts... Et
c'est cela qu'il faut que les gens retiennent !
En fait, auparavant, il y avait plus de gens qui jouaient au foot. Mais, à l'heure actuelle,
à cause de toutes les affaires de corruption, il y a moins de monde. Nous devons changer
cet environnement, ce système, et je je pense que les Chinois reviendront sur les terrains
de foot bientôt. Mais pour le moment, les seuls chinois qui
pratiquent régulièrement le football sont des professionnels. Ou des apprentis dans
les écuries à champions du pays Un petit village, à deux heures de route
de Shanghai. C'est ici que M. Li fait construire l'un des plus ambitieux centres de formation
de footballeurs de toute la Chine. On a décidé de construire ce centre il y
a 10 ans. On a fait ça très sérieusement. Ce gazon artificiel, il vient d'Allemagne.
C'est le premier qu'on ait importé en Chine... Ca nous a coûté 100 000 euros.
M. Li est un ancien international. Il garde précieusement les reliques de son passé
de footballeur. Lui, c'est Zhou Enlai, le grand dirigeant
chinois, et ça, c'est moi. C'était en 1972. C'est quand je pratiquais
encore... Aujourd'hui sa mission, c'est le développement
du football chinois. Et il a décidé de prendre les choses en main. D'élever en batterie
les futurs champions. L'économie continue de se développer. Dans
toutes les grandes villes, on voit de plus en plus de grattes ciels. Mais des terrains
de football, il y en a de moins en moins. On n'a plus assez d'endroits pour s'entrainer.
C'est un vrai problème. Aujourd'hui l'éducation des enfants est devenue tellement importante:
les étudiants croulent sous les devoirs et les responsabilités. Ca ne les incite pas
à mettre le nez dehors pour faire du sport. Et puis les scandales de corruption n'ont
rien arrangé. C'est normal de penser à ce point à l'éducation. Mais la Chine doit
comprendre que le foot aussi a aussi un intérêt éducatif, pour développer les qualités
de la jeunesse. Et aussi pour devenir professionnel, mais pas seulement
Pour convaincre les parents de lui confier leur enfant unique, M. Li a un truc imparable.
Allez y, prenez chacun une balle. Et on va voir qui court le plus lentement!
Son académie est totalement gratuite pour les plus doués. Son équipe de recruteurs
sillonne la Chine pour trouver ses futurs prodiges. Ils sélectionnent de jeunes garçons
d'une dizaine d'années maximum. Il leur faut quitter leur village, les enfants deviennent
dès lors sportifs professionnels. Maintenant je vais vous montrer cet exercice.
Les passes, ca se travaille en deux étapes. Vous donnez, vous bougez, et vous réceptionnez
ailleurs. Allez hop, on y va ! J'étais tout petit, à l'école maternelle.
Un jour des entraîneurs sont venus dans notre classe choisir les élèves les plus doués
en sport. J'étais déjà assez bon, alors il m'ont choisi. Au début je suis venu ici
pour un essai. Et puis maintenant c'est ma vie ici.
Hé, les gars, faut accélérer avant de prendre votre appel, pour monter plus haut !
Le foot chinois... Comment dire ? Le foot chinois a beaucoup progressé, mais les footballeurs
ne courrent pas assez. Il faut courir toujours plus pour devenir encore meilleur. Il faut
toujours progresser physiquement. Les enfants vivent séparés toute l'année
de leurs parents, qu'ils ne voient en général qu'une fois par an. M. Li s'occupe de tout.
Il fait particulièrement attention à la nourriture, il faut que ses jeunes champions
développent rapidement leurs qualités physiques. C'est très bon... Ca va.
Avant le déjeuner ils nous donnent toujours une banane, j'aime bien. ll faut manger beaucoup
pour avoir la force pour s'entraîner. L'académie prend en charge le dortoir, les
repas, et le matin un semblant de vie scolaire. Seuls les moins doués doivent s'acquitter
d'environ 100 euros par mois pour être pensionnaires. Pour M. Li, le jackpot se fera lorsqu'ils
seront suffisamment grands pour devenir professionnels. L'ancien champion prend alors son téléphone
pour vendre ses protégés aux clubs du pays. Et il encaisse bien sûr toutes les recettes.
Allez les mecs, on court, on court, on court !!!!
C'est ce qui est arrivé à Wang Wei. Après une dizaine d'années dans un élevage de
champions, le jeune footballeur de 20 ans a signé un contrat dans un club de Pékin,
le Baxi. Une équipe pensionnaire de deuxième division, où on fait aussi très attention
à l'alimentation. Wang Wei, il est bon. A tous les niveaux.
Il se débrouille plutôt bien. Il serait pas mal qu'il améliore un peu sa stratégie
sur le terrain, mais c'est un bon composant de l'équipe.
Ce club pékinois a intégré ces dernières années des professionnels étrangers. Plusieurs
Brésiliens dans l'effectif. Ils viennent ici pour un salaire entre 3 et 5 000 euros
par mois. Bien loin des standards internationaux. Alex fait partie de l'équipe depuis 4 saisons.
Oui, ils manquent d'initiative, c'est ça. Il faut écouter le coach, ça c'est évident,
mais ensuite, il faut une attitude, sur le terrain vous n'avez que quelques secondes
pour prendre une décision: si vous passez la balle ou pas, donc il faut prendre position,
il faut prendre des initiatives. Pour ces professionnels, la vie quotidienne
est un peu militaire. Les joueurs n'ont ni voiture de luxe, ni appartements de milliardaires.
Voila, c'est notre chambre... Ici on se déplace avec le bus du club. Et
on vit tous ensemble dans les dortoirs de l'équipe.
C'est ça, une chambre de footballeur ! On est crevé après l'entraînement alors le
ménage, c'est pas notre priorité ! On fait jamais notre lit !
Wang Wei et son camarade de chambre vivent ensemble depuis l'école primaire.
Au dessus de leur lit, les posters enfantins des dieux du foot. Bien loin de leur quotidien.
Il va devenir aussi célèbre que Ronaldinho ! Et puis, il lui ressemble physiquement non
? Ces jeunes joueurs gagnent aujourd'hui environ
1000 euros par mois, cinq fois le salaire moyen en Chine.
Chacun a une ambition dans la vie; chacun a des rêves. Moi, le foot j'ai commencé,
j'avais 7/8 ans. Pour le football, j'ai abandonné l'école. Alors quellles que soient les conditions
de vie, si jamais je décidais d'abandonner le football, je n'aurais plus rien car je
n'ai pas fait d'études. Je suis un garçon: comme tous les garçons,
j'ai toujours aimé le foot. Je n'ai pas cherché à réfléchir plus loin. Et donc, aujourd'hui
je n'ai plus le choix. J'ai toujours du jouer, chaque jour, et je dois persévérer jusqu'au
jour où je ne pourrai plus jouer. Une vie solitaire. Pas de petite amie. Pas
de rêve de fortune. Juste l'espoir, ténu, d'intégrer un jour l'équipe nationale.
Chaque soir, partie de billard près de la cantine du club. Wang Wei et ses coéquipiers
sont consignés ici 6 jours sur 7. Officiellement aucun ne regrette sa carrière. Mais tous
espéraient une autre réussite pour le football en Chine.
On a la même vie tous les jours... Alors c'est vrai que parfois, ça nous pèse mais
bon, heureusement, avec mes potes, on a tous la même vie ici. Parfois, je me sens isolé,
oui, mais bon... Je tiens le coup. A quelques kilomètres de là, dans le centre
de la capitale chinoise, le temple du ciel. Le rendez-vous des vieux Pékinois. On vient
y jouer aux échecs, faire un boeuf entre amis, ou pratiquer le traditionnel Tai Chi.
Mais on rencontre aussi des jongleurs fous qu'on pourrait croire échappés d'une plage
brésilienne... C'est du Jianzi ! Nous jouons au Jianzi.
Quand le Jianzi arrive ici, tu lèves ton pied, mais tu fais attention à ne pas l'envoyer
trop haut. Allez ! on continue ! Ca fait beaucoup de bien, surtout pour les
bras et les jambes. Les Chinois sont timides: lorsqu'ils n'ont
pas assez de joueurs pour jouer au football amateur, ils n'osent pas appeler d'autres
gens dans le parc pour venir jouer avec eux. Alors que pour le jianzi, c'est facile de
trouver des petits terrains n'importe où pour jouer. Le nombre de joueurs n'est pas
important. C'est pour ça que c'est si populaire partout en Chine.
Le Jianzi est surtout l'un des derniers avatars des sports traditionnels chinois. Il y a plus
de 2000 ans, les Chinois avaient inventé un drôle de sport: le Cu Ju. On y jouait
avec les pieds, en faisant circuler un ballon ou un volant. Pas forcément pour marquer
des buts, souvent simplement pour jongler le plus longtemps possible sans faire de faute.
C'est la Chine qui a inventé le foot ! C'est sur, c'est les Chinois !
C'est sur, c'est la Chine ! Dans l'antiquité, il existait le Cu Ju. Le
Cu Ju c'est avec un ballon rond. Aujourd'hui ça s'appelle le football. Les étrangers
ont simplement imité notre vieux jeu chinois pour créer le football. Et aujourd'hui, ils
jouent mieux que nous ! Dans l'antiquité, on jouait aussi avec des
chevaux. C'est la Chine aussi qui a inventé le polo !
Pour les historiens, difficile d'établir un lien direct entre le football moderne,
codé en angleterre, et ce sport chinois. Mais les archives sont pourtant troublantes.
Le football chinois, le Cu Ju s'est développé selon deux axes. D'abord, c'était d'abord
un exercice militaire. C'est l'armée qui a inventé ce jeu dans l'époque Huandi. Ca
permettait d'entrainer la cohésion et le physique des militaires. Et puis, au fur et
à mesure, le sport s'est diffusé dans tous le pays quand les soldats rentraient chez
eux. Ils continuaient de jouer au Cu Ju. Le football chinois est alors devenu très
populaire dans toutes les couches de la société. Jusqu'à la cour des empereurs de Chine.
Pour faire le ballon, on utilisait la vésicule d'un animal, gonflée à l'air. Et l'extérieur
du ballon était en cuir. C'est donc très très proche du ballon de football actuel.
Sous la dynastie des Song, il y avait deux buts de chaque côté du terrain. Et puis
petit à petit le jeu à évolué. On a mis un filet au milieu, comme sur un terrain de
volley ball. Et puis plus de but du tout. Au début c'était donc un affrontement direct
entre deux équipes, et puis c'est devenu un jeu d'affrontement indirect.
Le football antique était le seul sport pratiqué tant par les hommes que par les femmes. Aujourd'hui
encore, le Jianzi, son lointain descendant, a autant de fans dans chaque sexe.
Canton, dans le sud de la Chine. Sous un soleil de plomb, une équipe de Super League chinoise.
Une équipe féminine. Si le football masculin ne parvient pas à décoller, le football
féminin, lui, a déjà connu son heure de gloire, avec un titre mondial en 1999.
Le championnat professionnel n'attire pas les foules. Mais les footballeuses espèrent
servir de modèles à leurs collègues masculins. Le football est un jeu collectif et les garçons
manquent d'esprit d'équipe. Par rapport aux salaires du foot masculin,
nos salaires sont très bas, ridicules. C'est parce que les filles sont passionnées par
le football qu'elles ne laissent pas tomber. Parce qu'elles ne gagneront jamais autant
que les garçons. Même par rapport aux gens qui travaillent
dans des bureaux, on gagne peu. Moi je gagne 120 euros par mois, mais je n'ai pas un rôle
très important dans l'équipe. Dans l'équipe, plusieurs joueuses internationales.
Elles ont participé aux Jeux Olympiques ou à la coupe du Monde. Leur motivation, la
fierté du drapeau, un nationalisme qui semble faire défaut à la sélection masculine.
Moi je gagne plus de 400 euros par mois. Mais on ne fait pas du foot pour l'argent: c'est
pour accomplir son rêve. J'espère vraiment que le niveau du football féminin chinois
retrouvera sa place de meilleur du monde. Nous sommes les travailleurs, nous sommes
les petites mains du football. Quand je serai à la retraite, je serai au chômage car je
n'ai fait aucune étude. J'ai tout donné pour le football pour accomplir mon rêve.
Je ne doute pas un instant que le foot chinois va progresser, tant masculin que féminin.
Il ya des compétences techniques, de l'agilité et de la vitesse naturelle. Les ingrédients
sont la, pour que le foot renoue avec le succès. Il faut juste que tout le monde progresse,
à tous les niveaux possibles, et la Chine reviendra la ou elle doit être, c'est adire
certainement le n°1 en Asie, et parmi le top cinq mondial pour les femmes, et le top
20 pour les hommes. Cet homme qui marche dans les rues de Pékin
est lui aussi très optimiste sur l'avenir du foot chinois. Il y a des capacités techniques,
de l'agilité et de la vitesse naturelle. Voilà CCTV où nous diffusons notre émission.
C'est là-bas qu'on travaille. LIU Jian Hong peut se promener presque anonymement
dans la capitale chinoise. Il est pourtant l'équivalent d'un Thierry Rolland dans l'empire
du milieu Le foot est célèbre en Chine, pas moi !
Son émission, "la nuit du foot" est le rendez-vous quotidien des amateurs de ballon rond.
Non, vous ne pouvez pas tourner ici, c'est l'entrée. Vous tournerez plus tard, a l'intérieur
! Une vingtaine de journalistes travaillent
ici depuis 1996. A l'époque, le football était en plein développement. L'émission
quotidienne durait souvent plusieurs heures en prime time sur CCTV5, la chaine nationale
dédiée au sport. Aujourd'hui la nuit du foot dure 50 mn. Un
signe du désintérêt du public, comme du régime chinois.
Car CCTV est l'organe d'information du gouvernement. Et chaque décision de programmation traduit
la politique des autorités. Le principal problème avec le football, c'est
qu'on perd tout le temps alors que les Chinois ont un rapport passionnel au sport. Donc beaucoup
de gens n'osent plus s'y intéresser de peur d'être déçu.
Ceux qui tentent de regarder un match de l'équipe nationale, une seule fois, ils sont immédiatement
déçus. Alors ils s'éloignent du foot pour toujours.
L'année où la Chine s'est qualifiée pour la coupe du monde, il y avait 100 millions
de chinois qui regardaient les matchs. Ca prouve bien que beaucoup de chinois aiment
le football. Alors dans ton sujet, tu as d'abord une itw,
puis des images du match de Hengda c'est ça, Oui c'est ca.
c'est ça? Oui. Le souci, c'est qu'on manque de gros
plans. Mais si, on en a. Regarde.
Pour faire un carton d'audience, l'équipe de la nuit du foot a un truc infaillible:
diffuser des matchs étrangers. Un choc du championnat italien ou anglais peut réunir
plusieurs millions de téléspectateurs à 3h du matin. La preuve pour M. Li qu'il y
a un véritable intérêt pour le football. Il suffit aux équipes chinoise de devenir
compétitives, par exemple en embauchant des stars étrangères.
Le foot est un produit. Quand la qualité du produit est mauvaise, quand ce produit
est discrédité, les amateurs de foot sont comme tous les consommateurs, ils n'achètent
plus. Résultat, l'intérêt pour le foot a baissé.
Le marché économique autour du foot a baissé. Notre audience a baissé. Et le niveau moyen
a baissé. C'est ça, la conséquence de tous ces scandales.
La bonne nouvelle, c'est
que les audiences remontent. Près de 30% de plus sur les deux dernières saisons. Et
la fréquentation des stades est elle aussi en hausse, avec plus de 20 000 spectateurs
en moyenne. Du coup CCTV va reprendre la diffusion des matchs de superleague. Monsieur Li en
est convaincu, dans quelques années le football sera le sport le plus populaire du pays. Et
il ne pourra plus marcher tranquillement dans la rue.
Avec le regain d'intérêt des médias officiels, les sponsors sortent à nouveau leur chéquier.
Nous sommes au groupe Wanda, l'un des plus importants promoteurs immobiliers du pays.
Dans cet immeuble flambant neuf, le siège de la société, on vient de signer un chèque
de 50 millions d'euros à la fédération nationale.
En Chine, les gens aiment le foot. Ces dernières années, nous avons connu des scandales et
donc les gens se sont détournés. Mais on a anettoyé tout ça. Je crois que le printemps
du football chinois va arriver. Nous allons nous redresser. Alors nous pensons que c'est
le bon moment pour investir, faire progresser le foot chinois, et profiter de ses futures
performances. Wanda est désormais le partenaire officiel
de la fédération, et partout dans le pays, de grands groupes soutiennent ou achètent
les équipes professionnelles. Un mécénat pas franchement désintéressé. Ces sponsors
viennent de l'immobilier ou des médias, des secteurs directement contrôlés par le régime.
Une preuve de plus que le renouveau du football chinois est programmé au plus haut niveau.
En attendant les résultats, ces nouveaux sponsors font émerger des héros positifs,
il faut laver le football chinois des scandales de corruption.
Nous sommes à Canton. Un bus de supporters s'arrête devant le siège d'un des deux clubs
de superleague de la ville. Oui, nous sommes tous des fans de Lu Lin,
le n°23 ! On vient le voir à l'entrainement !
On est là pour soutenir Lu Lin ! A quelques mètres de là, le fameux Lu Lin
qui prépare des cadeaux pour ses fans. La vedette du club de Canton habite dans cette
petite chambre, comme les autres joueurs, à l'étage du centre d'entrainement.
Vous les avez vu tous les fans en bas, ils sont la pour lui !
Oui j'ai pas mal de fans, au niveau local surtout ! A Canton, je possède 2 millions
de fans. Là je signe mon nom sur les T-shirts pour
leur offrir. Lu Lin est populaire auprès des fans car
il est natif de la ville où il a fait sa carrière. Bon père de famille, il respecte
les traditions chinoises. Dans sa chambre, un petit autel avec des médailles familiales
pour éloigner les mauvais esprits... Je vais me changer, à plus tard ...
Le terrain d'entrainement du club de Canton semble presque à la campagne. La pelouse
souffre un peu sous le climat tropical. Mais cette équipe est au centre du projet du football
chinois. Des joueurs locaux qui donnent l'exemple dans les médias, et quelques étrangers pour
apporter plus d'expérience. Cinq brésiliens sont arrivés au club, dont
l'entraineur. Aujourd'hui, il est important pour eux d'avoir
des joueurs étrangers mais une fois que le football chinois aura évolué, ils n'auront
plus besoin de ces joueurs. Les joueurs chinois s'entraînent non-stop,
ils sont stressés en permanence. Ils manquent de liberté et pour moi cela a la conséquence
inverse de l'effet voulu, cela empêche leur niveau de s'améliorer. Il faut qu'ils aient
davantage de liberté, qu'ils arrêtent de vivre en vase clos. Ils devraient avoir une
vie privée. Il faudrait qu'ils aient plus de contacts avec l'extérieur. Il faudrait
stimuler leur originalité. C'est le gros défaut du football chinois aujourd'hui.
Si il vit le plus souvent dans sa chambre au club, Lu Lin a pu tout de même s'offrir
une voiture digne d'un footballeur internationale. Le jeune homme de 28 ans peut ainsi rendre
visite à son épouse et à sa petite fille le plus souvent possible.
Je viens d'une famille moyenne. Mes parents n'avaient pas de travail. Nous n'avions pas
d'argent. Je devais me débrouiller tout seul quand j'étais petit. Je connais le prix de
ma nouvelle vie. Ce soir, il a rendez-vous avec ses fans. Une
invitation au restaurant. On a du mal à imaginer la même scène dans un championnat européen.
Mais en Chine les joueurs professionnels restent proches des supporters, avec humilité.
Chaque joueur a sa manière de vivre: nous, on apprend à être ouvert dès l'enfance.
Et je trouve qu'il est vraiment normal de participer à des soirées comme celles ci
! Ca ne m'empeche pas d'avoir mes habitudes, mais c'est normal de manger avec mes fans,
et ça me fait plaisir. Image d'un championnat qui a gardé une ambiance
un peu amateur. Mais à 10 000 kilomètres de là, on prépare les futurs Lu Lin dans
une ambiance beaucoup plus professionnelle. Nous sommes au centre de formation du Football
Club de Metz, l'une des plus anciennes équipes professionnelles française. Depuis plusieurs
années, le club a tissé une relation unique avec le football chinois. Au milieu des apprentis
footballeurs français, il accueille chaque année une promotion de jeunes espoirs de
l'empire du milieu. L'entraînement le soir 17h 30, peut être
17 Non, pas samedi dimanche
Dans le vestiaire, la communication n'est pas toujours évidente
C'est compliqué, quand on leur donne des consignes, des fois, ils comprennent pas,
ils font le contraire Apres ils s'adaptent quand même assez vite,
quand on leur montre. C'est quand même des bons joueurs de football, donc ils arrivent
a s'adapter. Vos affaires, vous allez les mettre dans le
vestiaire... Vous avez compris ? You understand, no ? On va vous donner des équipements. Chaussettes,
shorts, maillots... On change, voila il a compris, Tsong, on va
se changer. T'as pris des ballons chinois ? Magnifique.
Comme ça, ils ne seront pas dépaysés. Les jeunes chinois flottent un peu dans leur
maillot... Mais ils sont prêts à tout donner sur le terrain.
OK, super. On y va les gars ? Il y a dans cette génération, des joueurs
qui individuellement, intéresseraient n'importe quel club professionnel français. Par contre,
dès lors qu'on les met dans la compétition, dès lors qu'on observe leur progression sur
un ou deux ans, on s'apercoit que ce qui manque a ces jeunes, c'ets un, la compétition, et
deux la formation. C'est la raison pour laquelle nous on agit, pour améliorer le travail proposé
à ces jeunes joueurs qui ont un potentiel au départ et puis acceuillir ces jeunes footballeurs
et leur proposer une expérience de qualité supérieure, avec un niveau de compétition
d'un niveau supérieur. En Europe, seuls le FC Metz et le FC Barcelone
ont tissé de tels liens avec la fédération chinoise. Tous les 6 mois, Pékin envoie ici
ses meilleurs jeunes. En Chine, ils s'entraînent avec acharnement, mais l'absence de championnat
amateur les prive de l'expérience de la compétition. En France, ils vont participer aux matchs
des équipes du centre de formation. Et acquérir l'expérience du niveau international.
Ah c'est des bons joueurs Je ne sais pas ce que ca va donner en tournoi,
là... Pour ces jeunes Chinois, vivre en France est
une expérience un peu étrange. Ils ont l'habitude de vivre séparés de leur famille depuis
leur plus jeune âge, mais il faut composer avec la nourriture, très différente...
C'est bon, c'est quoi ? C'est bon
Ils découvrent aussi des plaisirs interdits chez eux. Comme celui de discuter librement
sur internet, censuré dans leur pays... Ils savent qu'ils sont ici en stage pour quelques
mois. Mais ils rêvent tous de s'imposer en europe, de rester à Metz, comme Wang Chu.
Ce jeune joueur, arrivé en Lorraine à 13 ans, a réussi à s'imposer au club, où il
est devenu le premier Chinois à signer en France un contrat professionnel. Aujourd'hui
il est un peu le grand frère de la promotion chinoise du centre de formation. Et un modèle.
Comment tu envisages ta carrière ? Tu veux plutôt rentrer en Chine, ou rester en Europe
? Je vais évidemment essayer de rester en Europe...
Tous les Chinois pensent comme ça... Surtout les joueurs qui ont du potentiel ?
Ben oui, il veut rester en Europe. Parce que c'est un joueur qui a du potentiel, et donc
il veut rester au plus haut niveau... Pour éviter l'exode, la fédération les
envoie désormais en France 6 mois, et 6 mois seulement.
Et puis, ensuite ? Onze heures, je reviens, je mange à midi,
à douze heures Que viens tu de dire ?
A douze heures, à midi. On dit midi... Tu peux dire douze heures,
on comprend si tu dis 12 heures, mais on dit midi.
Assez pour apprendre les rudiments de français. Mais pas assez pour perdre de vue l'objectif
de leur mission. Se hisser au niveau mondial, pas pour leur gloire personnelle, mais pour
redresser le football national. Parfois j'ai entrainement "à" matin...
Le matin... Le football est le sport le plus populaire
au monde. Alors la Chine a envie d'exister dans ce sport. IL y a une volonté marquée
d'arriver a ce que la Chine compte dans le paysage du football mondial. Ils ont bien
conscience que ca n'est pas en recrutant Anelka dans une équipe professionnelle parcequ'il
y a un financier qui a décidé de faire un gros effort pour l'arrivée d'un joueur que
ca va élever le niveau général. Le niveau général passe d'une façon inéluctable
par la formation. Ces jeunes joueurs sont censés être l'ossature
de l'équipe nationale de 2022. Pourquoi 2022 ? Parce que si le plan chinois réussit, c'est
en cette année là que l'équipe nationale sera en mesure de se frotter à l'élite mondiale.
Et du côté de la FIFA, on n'attend évidemment que cela.
Retour en Chine, dans la banlieue de Pékin. Nous sommes au centre national d'entrainement
de la fédération chinoise. Un entrainement pas tout à fait comme les autres.
Les joueurs sont en fait des entraineurs venus de toutes les provinces du pays.
Et ils sont sous les ordres d'un envoyé spécial de la FIFA, le gouvernement mondial du football,
qui a décidé d'aider la chine à faire progresser l'encadrement.
La Chine est un grand pays, et en plus, les leaders de la République Populaire de chine
ont exprimé beaucoup d'intérêt, et ils ont demandé l'aide de la FIFA. Il y a un
gros potentiel, ici. Le but de la séance, faire comprendre à
ces entraineurs chinois que le football est d'abord un jeu...
Il faut abandonner les méthodes militaires pour permettre aux jeunes joueurs de prendre
d'abord du plaisir. Pour la FIFA comme pour la Chine, c'est une
affaire très sérieuse. Le plus grand pays du monde possède mathématiquement le plus
grand potentiel du monde. Il faut simplement cultiver ses talents
Un message pour vous tous: en Chine, tout est possible, alors ne demandez pas l'impossible
! Si on réussit à faire du football un sport
de masse, dans dix ans, la Chine va créer à la chaîne des vedettes chinoises qui iront
jouer dans les clubs du monde entier. Je ne dis pas que toutes seront des énormes stars.
Mais je suis certain que si les masses chinoises se mettent au football, il y aura des vedettes.
On en reparle dans 10 ans ! Pour ces entraineurs, la Chine sera un jour
champion du monde. La FIFA et ses sponsors n'attendent que cela pour conquérir son immense
marché. Le sport le plus populaire du monde veut s'imposer
en Chine. Quitte à révolutionner la hiérarchie du monde du football.