Comprendre la révolution menée par nos élites... - Ludovic Greiling

Tocsin
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2 Vues de vidéo·7 oct. 2024
Lire nos élites pour mieux les comprendre
🔷 Avec Ludovic Greiling
Journaliste, spécialiste de l’économie
Auteur de “Le monde qu’ils veulent” (Artilleur)
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Je suis très heureuse à la volée de recevoir Ludovic Grelin, journaliste spécialiste de l'économie et auteur de ce livre que nous vous présentons aujourd'hui
« Le monde qu'ils veulent lire et écouter nos élites pour comprendre la révolution ».
En cours, c'est un livre aux éditions L'Artier. Bonjour Ludovic Grelin.
Bonjour.
Merci beaucoup d'être avec nous pour ce livre très intéressant.
Je le disais en introduction, c'est un livre qui a pris...
d'écouter, de lire, de comprendre chaque mot de nos élites.
D'Emmanuel Macron à Klaus Schwab, en passant par le club de Rome, ou encore Jacques Cattali, pourquoi pas,
et d'autres encore que vous citez et sur lesquels on va revenir évidemment.
Et ce qui est intéressant, c'est que vous le dites, évidemment on va commencer par Emmanuel Macron,
mais vous dites qu'il n'est qu'une figure, la figure la plus récente d'une élite qui est arrivée d'un monde nouveau
et qui existe déjà depuis le début du XXe siècle.
Et vous dites à chaque fois toujours les mêmes termes reviennent, la révolution,
avec parfois des discours qui peuvent étonner par leur brutalité ou leur bizarrerie même.
Et vous dites on y trouve à chaque fois de manière quasi systématique une obsession du contrôle,
une obsession de la planification, avec une volonté au final de faire table rase des sociétés actuelles et même de l'humanité.
Une vision apocalyptique, c'est une vision sur laquelle vous revenez aussi.
Tout est à chaque fois écrit et sourcé, ou encore l'appel à un monde nouveau.
C'est tout ça évidemment que vous avez analysé.
C'est vraiment passionnant parce que vous avez fait ce travail mot à mot.
On ne peut rien vous reprocher, tout est écrit finalement.
Et si vous le voulez bien, on va commencer peut-être par l'analyse d'Emmanuel Macron et de son livre La Révolution.
Oui, c'est une chose qui est j'ai l'impression qui est peut-être passée un peu inaperçue.
C'est que quand on rencontre ces élites-là, qu'on les écoute, qu'on les lit,
on tombe sur des propos en fait extrêmement violents.
Et souvent, on se base, on se fixe sur des gens un petit peu éloignés,
qui n'ont pas forcément un pouvoir exécutif, comme Plochoib, le fondateur de Davos, ou Georges Soros.
Mais il suffit d'aller tout près de chez nous, des gens comme Emmanuel Macron, des gens comme Christine Lagarde,
des gens comme Pascal Damy, des gens qui ont eu des postes extrêmement importants, ou Antonio Gutiérrez à l'ONU.
Et effectivement, Macron a déjà à peu près tout dit.
Enfin, il dit beaucoup de choses dans son livre La Révolution, qui ne porte qu'un son titre,
et qui est paru avant l'élection de 2017.
Oui, alors justement, ce qui est très intéressant dans le livre,
vous mettez beaucoup, beaucoup de citations, mais nous sommes entrés dans une nouvelle ère.
Et surtout, dit-il, il a une vision de l'avenir très binaire.
Il a une notion des ennemis, mais qui sont ces ennemis ?
Il dit, le clivage se situe aujourd'hui entre partisans de l'ouverture et tenants de la fermeture,
réformistes et progressistes, nous devons assumer la société d'ouverture,
égards, écrit-il, à ceux qui ne voudraient pas embrasser la modernité.
Ce sont des ennemis.
C'est quand même incroyable.
Cette France républicaine par nature a des ennemis.
Voilà ce qu'il dit.
Il parle de conservateurs passéistes.
Ce sont les ennemis qui sont autrement les mouvements, notamment souverainistes,
puisqu'ils veulent justement cette fermeture, entre guillemets, cette protection des frontières.
On est vraiment là.
C'est quand même incroyable quand on y pense un texte d'un candidat aux élections présidentielles
qui met déjà de côté toutes les personnes qui souhaiteraient une meilleure protection des frontières, par exemple.
Ça veut dire que, dès le début, il a un discours très binaire, très violent,
et qui met de côté une partie des citoyens.
Tout à fait.
Et ça va même plus loin, puisqu'il affirme qu'il faut réinventer notre pays,
qu'il faut engager une conversion.
Tout ça, c'est dans son bouquin.
Et en fait, quand on regarde les écrits, les discours d'autres personnages importants
ou d'autres structures importantes comme le club de Rome,
on retrouve déjà cet état d'esprit il y a 50 ans, peut-être, voire plus.
Simplement, il n'y avait pas le pouvoir exécutif dans autant de pays,
parce qu'on retrouve ces élites, encore une fois, profondément...
Elles sont fines, elles sont intelligentes, mais elles sont profondément révolutionnaires.
Comme vous le disiez, elles appellent à une révolution, à une réforme radicale, à un reset.
Vous savez que le reset, on en parle beaucoup.
Avec le livre de Clashbab, oui.
Voilà, c'est le fondateur du Forum de Davos qui a popularisé ça,
mais il y a dix ans déjà, Christine Lagarde, qui a dirigé le Fonds International
et qui est aujourd'hui à la tête de l'ABCE,
c'est elle qui a parlé pour la première fois, qui a utilisé ce terme reset à plusieurs reprises,
sans forcément désigner les mêmes choses auxquelles elle pense aujourd'hui.
Mais ça montre un état d'esprit profondément révolutionnaire, de table rase,
et qui agite une bonne partie de nos élites,
avec aussi des organismes qui sont complètement passés sous le radar,
comme l'International Socialiste.
On vous entend beaucoup mieux, donc on va pouvoir faire une émission plus intéressante.
On fait un petit récapitulatif de ce qu'on disait déjà.
On a Emmanuel Macron qui a écrit ce livre « Révolution »,
mais finalement, comme vous le dites, c'est un livre qui est inspiré de groupes de pensée,
on va dire de think tanks, de clubs qui existent depuis le début du XXe siècle,
notamment le Club de Rome, mais il n'y a pas que, évidemment.
Et tout ça est écrit, tout ça est dit, et le programme finalement est annoncé.
Alors on va aller sur ce programme qui est annoncé,
qui se lit dans le livre d'Emmanuel Macron, mais aussi dans le Club de Rome.
Vous dites que le Club de Rome a développé un modèle mathématique du monde.
Ça veut dire quoi, un modèle mathématique du monde ?
Le Club de Rome est lancé en 1968 et publie son premier rapport en 1972.
C'est le fameux Club de Rome d'ailleurs qui a lancé toute l'idée d'une grande crise climatique,
qui au début, dans le rapport de 1972, ne concerne que deux pages sur 200,
deux, trois pages, enfin ça s'est rapidement abordé,
et de manière un petit peu vague.
Et effectivement, ils avaient cette ambition, cette vision,
assez réductrice du monde d'ailleurs,
de produire un modèle mathématique du monde,
non seulement sur les ressources naturelles, mais pas seulement.
Et leur idée, c'était que le monde entier faisait face à des problématiques,
tout est mondial chez eux, il n'y a rien de domestique, il n'y a rien de local,
tout est mondial, tout peut être analysé de la même manière.
Absolument, absolument.
Et il y a un réductionnisme assez profond.
D'ailleurs, des termes comme économie mondiale, climat mondial,
ce sont des termes finalement très contestables, en tout cas qu'on peut discuter.
Et donc, ils disaient, il faut absolument planifier le monde pour éviter des catastrophes.
Ils avaient une vision très apocalyptique.
Et ils ont continué en fait.
Et dans leur rapport de 91, qui s'intitule « La première révolution mondiale »,
ils ont encore bien davantage développé ces propos-là.
Et ce ne sont pas que des propos environnementaux dans le rapport de 91 et les suivants,
ceux qu'on connaît encore aujourd'hui.
Ce sont aussi des propos moraux, et ils ont une obsession de la planification du monde.
Sinon, en gros, les choses vont aller très très mal.
Mais on retrouve dans leur rapport, ce qu'on disait avec le livre d'Emmanuel Macron tout à l'heure,
beaucoup de termes, encore une fois, violents, bizarres.
Comme quoi ?
Alors par exemple, ils disent que le monde devient schizophrénique.
Ils parlent du vide, ils parlent du malaise humain, ils parlent de grandes transformations.
Ces termes sont répétés plusieurs fois.
C'est pareil dans le livre de Macron, c'est pareil dans les discours de nos dirigeants,
une partie de nos dirigeants actuels.
Après, je ne vais pas rentrer dans le détail absolu,
mais je pense qu'on est passé un petit peu à côté de cette violence-là.
Vous savez, l'ère des idéologies n'a pas chuté avec la disparition du RSS,
elle s'est tout simplement poursuivie.
Je pense qu'on était passé un peu à côté.
Il y a beaucoup de gens qui se sont réveillés avec les mesures extrêmes
avec la période Covid qu'on a vécue qui était très particulière et très violente.
Mais avec des décisions invraisemblables.
On parlait de l'obsession de l'ouverture et de l'anti-frontière.
Tout à l'heure, vous en parliez quand Emmanuel Macron ferme les écoles
et qu'il va bientôt confiner la population et qu'il dit que le virus n'a pas de passeport.
Donc je ne ferme pas les frontières.
On est typiquement sur des invraisemblances qui ont suscité des interrogations chez pas mal de gens.
Tout ça a commencé bien avant.
Pendant que, par exemple, l'URSS chutait,
avec notamment sa troisième internationale, l'internationale communiste,
la deuxième internationale, l'internationale socialiste,
poursuivait les mêmes fantasmes.
En fait, elle existe aujourd'hui.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez,
est président d'une structure qui s'appelle l'internationale socialiste.
Et Antonio Gutiérrez, l'actuel secrétaire général de l'ONU,
l'a présidé entre 1999 et 2005.
Vous voyez, on est sur quelque chose de très profond.
C'est très intéressant parce que vous partez du livre de Bukowski
et vous révélez que l'Union européenne a des structures qui sont très similaires.
L'Union européenne est derrière même une super structure mondiale
qui aurait des structures très similaires à l'URSS,
avec des pseudo parlements qui ne sont pas des parlements
et finalement des conseils qui ont les pleins pouvoirs
et qui s'arrochent de plus en plus de pouvoirs.
Tout ça, vous allez nous l'expliquer,
mais pour rappeler seulement les textes que vous citiez,
il y a ce club de Rome qui va jusqu'à dire
qu'il faut mener une réforme radicale des institutions
et des processus politiques à tous les niveaux,
y compris les plus élevés, c'est-à-dire le système politique mondial.
À chaque fois, il y a ce système mondial,
gouvernement mondial, on l'a dit pour Emmanuel Macron,
qu'il le cite dans son livre Révolution.
On le voit dans le club de Rome.
On le voit aussi, vous citez Jacques Attali.
D'ailleurs, à Jacques Attali, on a repris,
puisque vous donnez la référence,
on a repris l'extrait de Jacques Attali qui parle
de viser un gouvernement mondial comme stratégie.
Vous citez également Klaus Schwab, je le disais.
Donc, on a quand même une série d'institutions
ou de personnes qui sont haut placées dans ces institutions
qui vont toutes dans la même direction,
c'est-à-dire d'un gouvernement mondial.
C'est le cas de le dire.
Alors, je propose, avant de vous donner la parole,
d'écouter Jacques Attali.
C'est en 2021, si je ne m'abuse.
Attendez, je vais retrouver exactement l'extrait
et les références.
Jacques Attali en 2010, sur France 5, le 11 juin.
Jacques Attali qui parle de gouvernement mondial.
Je pense qu'il faut viser le gouvernement mondial
comme stratégie.
D'ailleurs, quand les gouvernements parlent du G20,
c'est une illusion, une sorte de retard
avant le gouvernement mondial.
On va vers ça.
Est-ce qu'on ira à la place de la guerre
ou après la guerre, je ne sais pas.
Mais c'est ça qu'il faut viser.
Voilà, c'était un extrait court, mais ça montre bien.
C'est toujours les mêmes termes qui reviennent à chaque fois.
Et c'est ce travail que vous avez fait,
qui est vraiment très, très intéressant,
parce qu'il y a comme un écho entre toutes ces élites,
finalement, qui ont un objectif commun
et qui, parfois, tirent leurs idées,
ce que vous dites pour Emmanuel Macron,
d'un même club de pensée.
Ludovic Grelin.
Oui, oui.
Et il y a aussi, finalement, derrière tout ça,
une forme, j'ai l'impression,
c'est ce qui ressort de leurs discours,
de leurs écrits, d'irrationalité aussi.
C'est-à-dire que, derrière ce fantasme,
cet idéal d'une grande administration mondiale
qui planifie le monde,
il y a aussi, on parlait de réductionnisme,
une vision très erudite du monde.
Il est beaucoup plus vaste, beaucoup plus pluriel
qu'il n'apparaît dans leurs esprits.
Et une forme d'irrationalité, je vous cite,
peut-être, un ancien directeur de cabinet
de Jean Monnet,
donc l'un des pères de l'Union européenne,
qui expliquait en 2010 à des journalistes
que les rêves des comptes arabes
sont déjà réalisés,
les avions ou Skype, c'est la possibilité
de l'ubiquiter comme les tapis volants
des milliers de nuits.
Je suis allé voir trois papes
et leur expliquer comment réaliser
le catholicos universel.
Là, on sort de la rationalité.
Et c'est souvent ce qui apparaît,
y compris dans Emmanuel Macron,
dans les rapports du club de Rome,
dans beaucoup d'écrits de ce type-là.
Alors, il y a certainement des gens
comme dans les écrits de Schwab,
mais il y a certainement des gens très froids
comme Jacques Attali, effectivement,
qui ont une vision très précise,
très matérielle de ce qu'ils veulent.
Emmanuel Macron disait lui-même,
il y a deux ans,
nous avons besoin d'un ordre mondial unique.
Ils sont obsédés par l'unique.
Mais il y a derrière, j'ai l'impression,
beaucoup d'irrationalité
et beaucoup d'envolées mystiques.
Des envolées, oui,
on peut dire mystiques, bizarres.
Voilà, c'est un petit peu aussi
ce que je voulais montrer.
Vous parliez de l'Union européenne.
Ursula von der Leyen, en personne, a dit
c'est le moment pour l'Europe
de répondre à l'appel de l'histoire.
Elle nous dit des choses du type
nous devons définir une vision
pour mener à bien notre élargissement.
Ah oui, parce que l'élargissement,
c'est déjà dans toutes les têtes à Bruxelles.
L'élargissement est acté.
Un nouvel élargissement jusqu'à la Géorgie.
Une Union complète,
peuplée de plus de 500 millions d'habitants,
vivant dans une Union libre,
démocratique et prospère.
N'importe qui,
ce qui suivait l'URSS,
vous dirait,
mais ils avaient les mêmes discours.
Et nous avons, par exemple,
Joseph Borrell, l'ancien,
le représentant de l'UE aux Affaires étrangères,
qui explique que l'Union européenne
est la meilleure combinaison
de liberté politique,
de prospérité économique
et de cohésion sociale
jamais produite par l'humanité.
Ces gens-là sont au pouvoir
et ils tiennent ce type de propos.
C'est vrai que c'est votre dernier chapitre.
Vous dites un sentiment d'apocalypse
qu'on peut retrouver dans toutes ces élites
et un esprit illuminé.
Vous allez jusqu'à dire un esprit illuminé.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer
pourquoi vous parlez d'esprit illuminé ?
C'est parce que, tout simplement,
il suffit de les lire.
J'ai suivi un peu leurs propos,
cette violence,
les différents chapitres du Club de Rome,
qui ont une importance tout à fait considérable.
Je ne sais plus si c'était dans la première partie
qu'on en parlait.
Ils ont développé tout le message climatique.
Vraiment, ça vient d'eux.
Ils y croyaient sincèrement.
Je pense qu'ils croient
que sur le plan environnemental,
on vit des catastrophes.
Peut-être qu'ils ont même mis
certains points intéressants en avant.
Il n'empêche qu'aujourd'hui,
ils participent directement
aux objectifs de développement durable
de l'ONU.
Leurs rapports sont d'une violence.
Ils sont extrêmement bizarres.
Parfois, il y a énormément de...
Vous dites dans les bizarres, quand même.
Je vais vous citer.
Le véritable ennemi est l'humanité elle-même.
Ça, c'est dans le rapport du Club de Rome,
le 91.
Ça, évidemment, on va y revenir
parce que c'est fondamental.
Je pense que c'est vraiment le cœur du sujet.
Je voulais y revenir sur ce véritable ennemi
qui est l'humanité
ou qui est la démocratie qui pose problème,
le peuple qui vote mal.
On va revenir là-dessus.
Mais dans le bizarre, on va dire,
le mystique, l'illuminé,
vous citez Emmanuel Macron.
La bête, la bête de l'événement est là.
Elle arrive.
Oui.
Ça, c'est quand même effrayant.
Il y a beaucoup de gens qui ont...
Effectivement, ça a été mis en avant,
parfois très rapidement,
à gauche, à droite,
pendant la crise du Covid.
C'est une interview officielle
qu'il accorde au Financial Times
en avril 2020.
Donc, on est en plein pendant le premier confinement.
Et il ne donne pas l'impression de...
Comment dire ?
Enfin, voilà, il n'est pas sur TF1.
Donc, il se lâche un petit peu.
Et il faut voir, pas seulement cette citation,
mais aussi les trois dernières minutes.
Oui, tout à fait.
C'est vraiment...
C'est comme notre président de la République.
Donc, ça pose question.
Ça pose question, effectivement.
Voilà, je vais citer quelques extraits.
Parce que, justement, vous dites...
J'ai des convictions profondes
sur ce qu'est mon pays.
Pardon, vous dites...
Vous citez Emmanuel Macron.
Sur ce qu'est mon pays,
ce qu'est notre Europe,
ce qu'est le cours du monde idéal,
à mes yeux,
qui est fait de liberté,
de coopération, d'entraide,
d'amitié entre les peuples,
au sens profond du terme,
et après.
Je crois que notre génération doit savoir
que la bête de l'événement est là.
Et elle arrive.
Qu'il s'agisse de terrorisme,
de cette grande pandémie
ou d'autres chocs,
il faut la combattre quand elle arrive
avec ce qu'elle a de profondément inattendu,
implacable.
Il faut le faire en restant conforme
à ses principes et ne rien céder,
mais en étant disponible à l'événement,
disponible à l'événement,
pour qu'elle devienne quelque chose de nouveau.
Oui, c'est vrai que c'est étrange.
Oui, voilà.
Et ça aussi, ça met en avant
aussi une propension
qu'ont nos dirigeants actuels
à aimer les crises.
Un dirigeant classique,
il essaye d'éviter les crises
ou il fait au mieux malgré les crises.
Nos dirigeants actuels aiment les crises.
Ils expliquent que c'est un moyen
d'avancer dans la construction européenne,
c'est-à-dire la constitution d'un État européen.
Ça, il faut bien avoir ça en tête.
C'est un projet profondément jacobin,
centralisateur, planificateur.
Et ils le disent encore une fois,
en fait, quand on va dans leurs réunions,
qu'on les écoute un petit peu
au-delà des médias
qu'en public, quand ils sont entre eux,
par exemple, mais dans des réunions
qui sont publiques malgré tout.
Et donc,
ils aiment les crises
parce que ça permet d'avancer
dans leur nouveau monde.
Ils le disent, je peux citer Pascal Lamy,
ancien directeur général de l'OMC
et ancien commissaire européen.
Très important personnage
qui a façonné la mondialisation économique.
J'en parle beaucoup dans le livre,
c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup ici.
La mondialisation économique a été un moyen
pour eux d'égaliser le monde, c'est Pascal Lamy
qui le dit. L'Occident a produit
la matrice de son déclin relatif,
qui est celle des progrès du reste du monde
et l'émergence des pays en développement.
C'est une résolution pour lui,
qui aimait l'amener.
Il dit lui-même, par exemple, que la guerre en Ukraine
est une épreuve qui sera décisive
pour la construction européenne dans l'avenir.
C'est le premier moment depuis 70 ans
que se joue quelque chose qui pourrait peut-être
basculer du côté d'une appartenance,
comme on l'a avec des rêves ou des cauchemars.
Plutôt avec des cauchemars,
mais ils sont quand même un ingrédient
d'appartenance très important.
Donc le cauchemar, c'est quoi ?
C'est nous mettre en guerre nucléaire avec la Russie ?
Donc ces gens-là, effectivement,
oui, en plus on est dirigés par
des personnes actuellement
qui aiment les crises, qui en profitent pour avancer.
Il y a aussi, je cite un
conseiller de l'Institut Jacques Delors
qui en parle noir sur blanc,
José Manuel Barroso,
l'ancien président
de la Commission européenne qui était très fin,
il en parlait aussi,
Jean Monnet en parlait aussi.
Donc c'est normal que
les populations soient un peu déprimées
quand on est dirigé par des personnes qui finalement
profitent des crises
à ce point-là.
Et vous avez relevé aussi dans le vocabulaire,
le rapport de 1991,
ce vocabulaire de la crise,
vous dites incommensurable.
Tous les extraits que vous avez repris de ce vocabulaire
de la crise, incommensurable, énorme,
gigantesque, tragique, catastrophique, irréversible,
péril inconnu, cyclone
planétaire. Autant
d'éléments, toujours
qui vont dans ce sens de la crise,
d'une crise, du cauchemar, comme vous le
dites, de l'apocalypse
même parfois.
Et on voit bien ici, en tout cas,
le goût, la pétance pour cette
notion de fin du monde
ou fin d'un monde. Et alors, je voudrais
revenir évidemment sur l'ennemi et l'humanité
puisque vous l'avez évoqué.
Alors ça, attendez, je retrouve ma
page. Ça c'est dans le rapport
notamment du Club de Rome de 1991
qui s'intitule encore une fois la première
révolution mondiale. Donc souvent,
dans leur discours, ils
affirment détecter une évolution
mais il s'agit
aussi d'un point de vue
et ils parlent beaucoup au futur simple
ou à l'impératif. Donc on est bien dans une
volonté de transformation, pas seulement
dans une constatation.
Et le Club de Rome,
le rapport de 1991 en particulier
qui est co-rédigé par l'un
de ses cofondateurs,
il est vraiment
on pense
un état dépressif, même profondément dépressif
quand on le lit. Parce qu'il y a
d'ailleurs d'autres techniciens mondialistes
comme on pourrait les appeler, comme Maurice Trong
j'ai eu des vents d'une personne qu'il a connue à l'ONU
qu'il a croisée, Maurice Trong
était une personne aussi profondément
assez dépressive
mais elle aussi était happée
par cette idée de planification mondiale.
Je vais citer
l'extrait parce que vraiment vous avez fait un
très gros travail de recension finalement
de ces textes, de ces
paroles et
je pense que c'est important qu'on ait les
termes exacts pour comprendre de quoi
on parle et de quoi il s'agit puisque
c'est tout votre travail qui est vraiment très
très riche et minutieux. Alors
on reprend ce texte du Club de Rome
qui devise
sur les limites de la démocratie qui conclut
par ce chapitre, dans la recherche
d'un nouvel ennemi pour nous unir
ça commence bien, nous en sommes arrivés
à l'idée que la pollution, la menace du réchauffement
climatique, des pénuries d'eau, la famine
et ainsi de suite feraient l'affaire. Dans
leur totalité et dans leurs interactions
ces phénomènes constituent une menace commune
qui appelle à la solidarité de leur population
en gros, zut, ces
menaces-là appellent à la solidarité
mais en les désignant comme l'ennemi, nous tombons
dans le piège contre lequel nous avons déjà alerté
c'est-à-dire prendre les symptômes pour les causes
tous ces dangers sont causés par l'intervention
humaine et ce n'est que par des changements
d'attitude et de comportement qu'ils peuvent
être surmontés. Le véritable
ennemi est alors l'humanité elle-même
voilà ce que vous dites. Et alors je voudrais
relier ça à votre chapitre
plutôt dans le livre, où vous
expliquez que la
démocratie, le vote des
peuples posent clairement problème
à cette élite et
vous citez notamment
Mario Monti en 2007
ma passion pour l'Europe éloignée
des contraintes électorales tient à son rôle
d'allier des générations futures donc si on pouvait
se débarrasser des élections ce serait mieux
et puis évidemment le problème du vote du Brexit
et celui du
traité de Lisbonne
et là je vous cite
une table ronde présidée par l'ancienne ministre aux affaires
étrangères Elisabeth Guigou sur la
tyrannie des référendums, déjà ça veut tout dire
et je cite aussi, mais évidemment
repris par vous, c'est très très intéressant
les désastres du traité constitutionnel
de Lisbonne provoqués par des
référendums doivent être
surmontés si notre conviction
n'est pas emportée par de tels désastres
que nous faudrait-il pour être convaincus
que les référendums ne sont définitivement pas
le bon moyen de procéder
Voilà, et encore pour finir
le premier directeur général
de l'OMC, d'une manière ou d'une autre
ce résultat doit être annulé
on parle là du résultat du Brexit
donc on voit bien en lisant
le texte de ces élites
que vous avez pris le soin ici de réunir
que clairement
l'ennemi c'est l'humanité et l'ennemi
c'est le peuple qui vote mal, on est d'accord ?
Oui, ça c'est certain qu'il y a
une volonté de passer
par dessus
la volonté
du suffrage populaire
mais aussi par dessus le peuple tout court
parce qu'ils ont
pour certains une véritable volonté de transformer
les états
les nations
les populations
c'est aussi une autre
partie du chapitre
mais on peut comprendre que quand on a
des visions
des fantasmes de ce type là
des dimensions planétaires
et une volonté profonde
de centralisation et de planification
et qu'on pense réellement
ou pas, parce qu'il y a aussi pas mal de manipulations
que l'humanité a le choix
coopérer ou périr
il s'agit soit d'un pacte de solidarité
climatique soit d'un pacte de suicide collectif
on en revient sur le climat mais ça c'est
des propos d'Antonio Gutiérrez l'actuel
secrétaire général de l'ONU
donc effectivement quand on est dans cet état d'esprit là
ce qui se passe au niveau domestique, au niveau local
les volontés locales, etc
on est censé passer outre
c'est vraiment
confondant et merci encore
d'avoir fait tout ce travail pour conclure
finalement, vous qui avez
tout repris
et rassemblés
ensemble, organisés
vous comprenez quoi de cette élite aujourd'hui
elle est dans
quelle perspective ?
Il y a quand même de profondes
réactions
on le voit maintenant, on le voit aux Etats-Unis depuis une dizaine
d'années, on commence à le voir
en Europe, il y a de profondes
réactions dans les populations
qui sont concernées par ces mesures là
parce que finalement, c'est surtout l'Occident
surtout nos pays qui ont
subi, en tout cas qui subissent
ces pensées là
et ces fantasmes
et donc
ces dirigeants
sont tout à fait capables de faire un pas en arrière
pour poursuivre sur leur voie
c'est l'ancien dissident soviétique
Vladimir Bukovsky qui disait ça
à propos du RSS et qui disait ça
à propos de l'Union Européenne déjà en 2005
il expliquait qu'ils peuvent tout à fait faire un petit pas en arrière
pour avancer de nouveau
parce que
c'est tellement puissant
comme vision
comme
tension d'esprit
c'est vraiment quelque chose qui a façonné
la politique européenne et occidentale
depuis des décennies
et surtout
actuellement, cette vision là est au pouvoir
dans beaucoup de pays, ce qui n'était pas forcément
le cas il y a 20 ou 30 ans
en tout cas ce qui était moins le cas
donc l'impression que ça donne
c'est une idéologie qui gagne du terrain
contrairement à ce qu'on pourrait penser, on se dit Brexit
on se dit révolte des peuples
certains réseaux sociaux
en fait non, pour vous
elle gagne, elle grignote progressivement du terrain
alors elle l'a grignoté
disons sur 30 ans
30, 40, 50 ans
on va dire 30 ans
elle a effectivement
grignoté beaucoup de terrain, moi l'avenir je sais pas
eux ils savent ce que sera l'avenir
ils parlent souvent au futur simple, moi j'en sais rien
mais en tout cas
ça a pris
cette tension d'âme a pris
le pouvoir dans énormément d'endroits
vous savez entre par exemple le secrétaire général
de l'ONU qui était en place
au début des années 90 et celui
actuel qui est l'ancien président de l'international
socialiste António Guterres
il y a quand même vraiment un écart
majeur, ils sont pas du tout dans le même état d'esprit
donc voilà
mais il y a aussi quand même des réactions très profondes
ce qui se passe aux Etats-Unis est très important
et on le voit aussi en Europe dans des élections régionales
donc l'avenir
on sait pas de quoi il sera fait, contrairement à ce qu'ils pensent
mais
je voulais vous poser une question Ludovic Godring qui ne fait pas partie
de votre livre mais malgré tout
moi ça me fait écho, vous parlez de tension
d'âme, vous parlez d'apocalypse
qu'on peut avoir, le discours apocalyptique
et on a vu lors de la cérémonie des
JO
une mise en scène qui était très apocalyptique
avec un chevalier de l'apocalypse
avec des personnes errantes
en mal
d'identité
on avait l'impression en tout cas
un passeur
d'une rive à l'autre
il y avait beaucoup de symboles
est-ce que vous pensez que c'était toujours cette symbolique-là
dont vous parlez dans votre livre
qui était à l'oeuvre ici dans cette cérémonie
alors c'était très dilué sur trois heures
c'est pour ça aussi qu'effectivement quand on mettait côte à côte
certaines de ces scènes
j'ai vu ce que faisaient les gens
c'était assez
remarquable et oui ça montre une tension
d'esprit qui n'était pas
qui n'existait pas il y a 15 ans
donc
oui vous avez raison c'est marquant
faire ça dans une cérémonie d'ouverture des JO
c'est pas rien
il y a un lien
c'est évident et d'ailleurs
ce qui est étonnant aussi c'est que
cette tension d'âme
elle n'est pas seulement active dans
quelques petits cercles au sommet du pouvoir
elle est assez développée quand même
dans le milieu artistique, chez les professeurs
donc
il y a beaucoup de gens
qui partagent ces fantasmes-là
ces visions
et qui ne sont pas forcément à des niveaux
très élevés du pouvoir
donc oui je pense que
vous avez raison il y a des liens
et donc une tension d'âme
ça fait écho aussi à ce que disait Emmanuel Macron
la bête immonde ou la bête de l'événement
je ne sais plus comment il disait
arrive. Merci beaucoup Ludovic Grelin
je ne peux qu'inviter
tous nos auditeurs mais beaucoup ici
d'ailleurs nous remercie pour cette interview
et pour votre travail Ludovic Grelin
je redonne les références bien, je vais montrer ici tout de suite
ce livre, le monde qu'ils veulent
lire et écouter nos élites pour comprendre la révolution
en cours, c'est aux éditions
L'artilleur, c'est un livre très riche
très recensé qui vous permet
de répondre de manière
très rationnelle justement, argumentée
fondée
parce qu'on a besoin aussi nous aussi de notre côté
d'être le plus minutieux, le plus précis possible
sur ce qui est en tout cas
dans la tête de nos élites et c'est un travail qui a été
remarquablement fait par Ludovic Grelin. Merci encore
Ludovic Grelin, journaliste spécialiste
de l'économie. Merci à vous tous
chers auditeurs, on était
je crois qu'on est encore extrêmement
nombreux, 6000 à tenter
ici auditeurs
sur Youtube mais vous nous écoutez sur
beaucoup d'autres plateformes désormais, sur Twitter
on est également très nombreux sur Twitch
sur podcast évidemment, merci
infiniment à vous
j'avais presque une bonne
nouvelle, une grande chose à vous annoncer, une
grande surprise mais je crois que c'est plutôt pour demain
parce qu'il est un petit peu tard désormais
donc demain soyez au rendez-vous, grande
nouvelle, grande annonce, c'est quelque chose
que j'ai toujours rêvé de faire et qu'on peut faire
à partir, peut-être si vous êtes là
si vous êtes présents avec nous, si vous répondez
à l'attente et au pari fou qu'on veut mener
eh bien je vous parlerai
de tout ça demain, de ce
grand pari qu'on veut lancer
et d'ici là je vous dis merci infiniment, merci
de continuer à nous soutenir, vous savez comment
toxin-media.fr
pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, nous avons
besoin de vos dons réguliers surtout
pour pouvoir nous projeter
sur toute l'année et les années suivantes, pour
exister, pour continuer d'être toujours plus fort
puisque vous savez que nous sommes le premier
média indépendant désormais, alternatif
avec nos 5 millions de vues
sur Youtube, notamment
au mois de septembre, donc merci à vous
pour votre fidélité et merci de nous soutenir
si vous le pouvez, merci à tous ceux qui l'ont
déjà fait et je vous dis à demain, 7h30
sur Toxxin.
