Seconde Guerre Mondiale : ces héros racontent 10 JOURS avant la Victoire - Documentaire - CF
57 Vues de vidĂ©o·8 oct. 2024 Â
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Dix personnages, dix histoires dramatiques, dix jours extraordinaires, tous menant à un événement historique : la fin de la plus grande guerre que le monde ait jamais connue. Combinant des reconstitutions à grande échelle et des récits documentaires traditionnels, Ten Days to Victory évoque les derniers instants de la Seconde Guerre mondiale.
Le programme entremĂȘle les histoires de dix personnes trĂšs diffĂ©rentes qui ont participĂ© Ă la libĂ©ration de l'Europe de l'emprise de la terreur n*zIe. Leurs journaux intimes, leurs lettres et leurs interviews donnent un aperçu unique des Ă©vĂ©nements dramatiques qui se sont dĂ©roulĂ©s au cours des journĂ©es les plus captivantes et les plus terrifiantes de l'histoire. Pour ces personnes, comme pour des millions d'autres, la capitulation allemande du 8 mai 1945 marque la fin de tout ce qui a consumĂ© leur vie pendant six longues annĂ©es.
Ce documentaire a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă des fins pĂ©dagogiques et peut contenir des images qui peuvent heurter la sensibilitĂ© de certaines personnes. Si vous ĂȘtes une personne sensible, le visionnage de ce documentaire vous est dĂ©conseillĂ©.
"Ten Days to Victory - EP01"
Réalisé par TIM CONRAD
Droits Réservés
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Avril 1945.
La plus grande guerre de l'histoire tire Ă sa fin.
En l'espace de dix extraordinaires journées,
l'empire nazi s'effondrera.
AprÚs six années sanglantes,
on déplore prÚs de 50 millions de victimes.
Des millions d'autres personnes sont sans abri et affamées.
Pour ces dix individus prisonniers de l'horreur et du chaos,
ces dix jours les marqueront Ă jamais.
Un parachutiste, lĂ des batailles,
est stupéfait quand le plus terrible secret des nazis lui est dévoilé.
Un soldat russe, faisant partie de la plus grande armée soviétique de l'histoire,
que rien ne pourra arrĂȘter, se bat pour prendre Berlin.
Sous la ville dévastée,
un téléphoniste est coincé dans un bunker en compagnie d'Adolf Hitler.
Il se demande s'il s'en sortira vivant.
Au-dessus d'eux, une jeune femme de 19 ans
subit l'invasion sauvage et prie pour son salut.
Les dix prochains jours vont changer leur vie et le monde Ă tout jamais.
Quinze mĂštres sous les rues de Berlin,
Hitler mÚne une guerre qui est déjà perdue.
Le FĂŒhrer n'arrive pas Ă croire que ses armĂ©es puissantes
aient été anéanties par les forces alliées.
Il fait la sourde oreille quand ses généraux lui disent
que les alliés lui offrent la derniÚre bataille au pas de sa porte.
Durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale,
le général Eisenhower dirige la plus forte puissance militaire
jamais réunie sous les ordres d'un seul homme.
Avec des troupes provenant de 16 pays différents,
les forces alliées balaient l'Allemagne vers l'ouest.
Au sud, elles remontent en traversant l'Italie de Mussolini,
et à l'est, la plus grande armée russe de l'histoire
a traversé la Pologne et encercle maintenant Berlin.
Enfermé dans son bunker,
Hitler ne voit pas que ses jours sont comptés.
Il est d'humeur changeante.
Il croit toujours que ses puissantes légions vont le sauver.
Berlin est une forteresse, déclare-t-il,
qui doit ĂȘtre dĂ©fendue jusqu'Ă la fin.
Il résistera jusqu'au bout.
Avec lui se trouve son téléphoniste, Rokus Mir.
C'était trÚs déprimant là -dessous,
et je n'étais pas du tout content que le chef m'ait affecté au bunker.
J'aurais préféré ne pas avoir à remplir mes fonctions à cet endroit.
En pensant à ces portes d'acier et à leurs lourdes poignées,
on se dit Ă soi-mĂȘme
qui sait si un jour je sortirai d'ici.
On essayait de s'empĂȘcher d'avoir de telles pensĂ©es.
En fait, on préférait ne pas trop penser.
Tandis que l'armée rouge resserre les taux autour de la capitale allemande,
aucune information ne circule dans la ville.
Les gens ignorent ce qui se passe.
Gerda Peterson, alors ùgée de 19 ans, et sa mÚre,
reçoivent leurs nouvelles par le biais des ciné-actualités hebdomadaires.
Toutefois, toutes les images sont minutieusement orchestrées
par Joseph Goebbels, le ministre nazi de l'information et de la propagande.
Le film dépeint les Russes comme une horde de sauvages,
prĂȘts Ă tuer, Ă violer et Ă voler.
Ma mĂšre disait toujours,
cela ne se produira jamais Ă Berlin, dans la campagne.
Oui, mais pas ici.
Elle avait tort.
Les Russes prennent les dispositions pour se venger cruellement
des atrocités que les Allemands ont perpétrées à Stalingrad.
Pour Gerda, c'est un inquiétant jeu du chat et de la souris.
Elle sait qu'ils seront conquis, mais il ignore encore par qui.
Nous espérions que les Américains ou les Britanniques viendraient.
C'était notre souhait.
Ils auraient pu venir.
Ils se tenaient prĂšs de l'Elbe jusqu'Ă ce que les Russes encerclent Berlin.
C'était ce qui avait été entendu.
S'ils avaient voulu, ils auraient pu entrer en premier.
25 avril.
Berlin est complÚtement encerclée.
Comme prévu, l'armée rouge rejoint les Américains sur l'Elbe,
Ă prĂšs de 100 km au sud-ouest de la ville.
L'Europe est maintenant scindée en deux.
C'est le début d'une division qui durera pendant plus de 40 ans.
Les Berlinois entendent l'égrondement de la guerre qui s'approche,
mais ils ne se doutent pas de l'ampleur de la puissance de feu
qui s'abattra sur eux.
Les Soviétiques ont rassemblé 2,5 millions d'hommes,
plus de 40 000 canons et mortiers,
plus de 6 000 chars d'assaut et 8 500 avions.
Ils sont prĂȘts Ă balayer la ville.
Les Russes ont réuni la plus grande force militaire de leur histoire
pour écraser la capitale du TroisiÚme Reich.
Dans les rues de Berlin se déroule un vicieux combat mortel.
Toutes les troupes allemandes expérimentées
ont été envoyées sur les lignes de front.
Des enfants, certains ùgés d'à peine 12 ans,
sont enroulés pour défendre la ville.
Les déserteurs seront exécutés.
Les Russes se feraient un chemin Ă travers les banlieues nord et est de Berlin.
Vassily Ustugov, canonnier au sein de la 150e Division des Carabiniers,
est aux premiĂšres lignes de l'assaut.
Son but est le Reichstag, le siĂšge du gouvernement d'Hitler.
Staline veut que le drapeau soviétique flotte sur le toit du Reichstag
avant la parade du 1er mai Ă Moscou.
L'homme qui le plantera s'assurera une gloire éternelle.
On avait demandé à notre division, la 150e, de prendre le Reichstag.
Nous devions ĂȘtre les premiers Ă la table.
Nous sommes arrivés aux abords de Berlin par l'Est.
J'ai perdu beaucoup d'hommes dans cette féroce bataille.
Les Allemands ont envoyĂ© tous ceux qu'ils pouvaient trouver pour nous arrĂȘter.
On nous tirait dessus depuis les maisons, les fenĂȘtres,
et mon travail était de les éliminer.
Que la bataille fait rage dans les banlieues,
les résidents tentent de survivre dans ce qui reste de Berlin.
Un million et demi de personnes ont perdu leur maison,
aprÚs que plus de 13 000 tonnes d'explosifs ont frappé la ville.
70% des immeubles ont été détruits.
Il n'y a ni carburant, ni électricité, ni eau courante.
Plus tard, cette journée-là , Gerda Peterson sort chercher de l'eau à la pompe du quartier.
Le peu de renseignements qui échappent à l'embargo sur l'information,
elle les apprend par des voisins,
ainsi que par des dépliants lancés par les avions russes et américains.
Ceux-ci pressent les Berlinois de se rendre.
Mais les Américains ne viendront pas.
Gerda l'ignore, mais leur sort est déjà jeté.
L'ours soviétique est à leur porte.
Les Soviétiques continuent à bombarder Berlin,
mais les Berlinois ignorent Ă quelle vitesse les taux se resserrent autour d'eux.
La nourriture est si rare qu'il faut risquer sa vie pour manger.
Des gens nous ont dit qu'il y avait un train sur la voie ferrée
qui transportait de la nourriture.
Je ne suis pas une héroïne, mais je voulais que ma famille ait à manger,
alors je me suis dĂ©pĂȘchĂ©e.
J'ai traversé la rue, il y avait un énorme trou dans cette clÎture.
J'ai sauté et il y avait un train.
Tout le monde tentait de trouver de la nourriture.
Tout Ă coup, des avions russes se sont mis Ă tirer dans notre direction.
J'ai vu des gens tomber.
Je me suis dit, non, je ne mourrai pas si jeune et de cette façon.
J'ai attrapé un petit paquet et je me suis roulée hors du train.
J'ai vu une jeune femme étendue.
Elle était blessée et couverte de sang.
Tout ce qu'elle avait dans les mains, c'était du papier hygiénique.
Je me suis dĂ©pĂȘchĂ©e de rentrer Ă la maison.
Plus tard, j'ai regardé ce qu'il y avait dans le paquet.
C'était de la nourriture pour les forces aériennes,
du chocolat et des noix de cajou recouvertes de malt.
Bien que Gerda rĂȘve d'ĂȘtre sauvĂ©e par les soldats amĂ©ricains,
c'est plutĂŽt cette petite ration qui lui sauvera la vie.
Les habitants de la capitale allemande ont l'espoir d'ĂȘtre libĂ©rĂ©s par l'Ouest.
Mais prĂšs de 800 kilomĂštres plus loin,
dans une école française qui tient lieu de quartier général aux forces alliées,
le commandant suprĂȘme des forces alliĂ©es, le gĂ©nĂ©ral Eisenhower, a d'autres plans.
Il a déjà décidé de tenir ses troupes loin de Berlin.
Eisenhower est un fin stratĂšge.
Il a déjà compris qu'une course vers Berlin
plongerait l'Alliance des Américains et des Britanniques dans l'amertume,
provoquant la colĂšre de Churchill et Montgomery.
Il sait également qu'une attaque à Berlin exposerait les Alliés de l'Ouest
à des pertes importantes en raison des défenseurs allemands d'une part
et des tiers-amis des Soviétiques campés à l'est d'autre part.
De toute façon, il devra plus tard se retirer de Berlin-Est
et des terres environnantes pour respecter la division d'aprĂšs-guerre de l'Allemagne,
telle que négociée avec Staline.
Eisenhower reçoit d'inquiétants rapports selon lesquels
les nazis envisageraient la poursuite de la guerre Ă partir de la retraite d'Hitler
prĂšs de Berchtesgaden, dans les Hautes-Alpes bavaroises.
Une autre raison de ne pas se tourner vers Berlin.
Eisenhower a besoin de toutes ses forces pour mener une bataille dans les montagnes.
Une bataille qui pourrait ĂȘtre longue et sanglante.
Alors il prend l'une des plus importantes décisions de cette fin de guerre.
Berlin sera laissé aux Soviétiques.
C'est une décision qui lui rentrera jusqu'à la fin de ses jours,
mais avant tout, elle aura de terribles conséquences
sur la population de Berlin pendant les 50 prochaines années.
Il n'y a pas que les Berlinois qui soient bouleversés d'avoir été abandonnés aux Russes.
L'allié d'Eisenhower, le maréchal Montgomery,
commandant britannique des forces alliées dans le nord de l'Allemagne,
est tout aussi déçu et consterné.
Contrairement Ă Eisenhower, Montgomery croit qu'il est primordial
de prendre les principales villes d'Europe avant les Soviétiques.
Il ne leur fait pas confiance.
Les Russes ont déjà mis en place des régimes politiques fantoches
dans les pays qu'ils ont libérés.
Par conséquent, Berlin était devenu un objectif primordial pour Montgomery.
Quand Eisenhower écarte le maréchal,
une nouvelle source de discorde s'ajoute à leur relation déjà trouble.
Le nouvel objectif de Montgomery est de traverser l'Elbe
et de pousser au nord jusqu'Ă la mer Baltique.
Sa mission est d'isoler les forces allemandes en Scandinavie,
mais avant tout, d'empĂȘcher les SoviĂ©tiques d'atteindre le Danemark.
Il sait qu'en arrivant au Danemark,
les communistes prendraient le contrĂŽle de tout le bassin de la Baltique.
Un soldat britannique, Cliff Morris,
fait partie des forces de Montgomery qui font une avancée vers la Baltique.
L'année a été longue et difficile pour lui.
Il faisait partie des premiers soldats à débarquer en France au jour J.
Il tient quotidiennement un journal intime.
Nous sommes restés ici pendant dix jours,
au cours desquels nous avons pris du bon temps.
Nous avons pu nous nourrir adéquatement, nous reposer un peu et nous divertir.
L'officier du renseignement a traversé l'Elbe en brandissant un drapeau blanc
et est entré dans la ville de Luandberg.
Il s'est approché de l'ennemi et lui a demandé de se rendre.
L'ennemi a refusé et la ville était entre les mains des SS.
Ils ont dit qu'ils allaient se battre pour la ville.
Nous leur avons accordé 48 heures de réflexion avant de donner l'assaut.
Les alliés écrasent l'armée allemande à travers l'Europe.
Ils ont coupé leur alimentation en nourriture et en carburant.
Sans ces produits essentiels, la machine de guerre nazie est impuissante.
La guerre tira sa fin.
Toutefois, aux Pays-Bas, la guerre est dans une impasse.
La premiÚre armée canadienne a libéré la plus grande partie du pays,
mais les Allemands occupent toujours l'Ouest.
Afin de punir les NĂ©erlandais d'ĂȘtre venus en aide aux alliĂ©s,
les nazis ont coupé leur chaßne de ravitaillement.
PrĂšs de 1000 personnes meurent de faim chaque jour.
Si les alliés lancent une offensive,
les Allemands menacent de faire exploser les digues de la mer du Nord,
inondant le pays et tuant des milliers d'autres personnes.
Eisenhower tente de nĂ©gocier une trĂȘve avec le commandement allemand Ă Holland
afin que les alliés puissent envoyer par avion de la nourriture aux Néerlandais affamés.
Sans entente préalable, les Allemands peuvent abattre tout aéronef.
Le capitaine Farley Mowat est un officier du renseignement
de la premiÚre brigade canadienne de libération à Holland.
Mon travail consistait Ă trouver des armes allemandes,
des armes de destruction massive, comme on dirait aujourd'hui.
Je n'en ai pas trouvé beaucoup, comme on dirait aujourd'hui.
Ken Cotton, un collÚgue officier du renseignement, a une idée audacieuse.
En travaillant indĂ©pendamment, ils peuvent accĂ©lĂ©rer les nĂ©gociations de trĂȘve avec les Allemands.
Mais ce qu'ils proposent est non seulement illĂ©gal, mais aussi extrĂȘmement dangereux.
Ken Cotton a décidé qu'il nous fallait faire quelque chose de trÚs extravagant.
Nous étions à la fin de la guerre et nous savions que tout cela serait terminé sous peu.
Il avait obtenu, grĂące Ă un de ses amis des renseignements allemands,
un sauveconduit permettant de traverser la région de la Hollande occupée par les Allemands
jusqu'au quartier généraux du commandant régional de district allemand,
le général Blazkowicz à Ilversum.
Il voulait que je l'accompagne.
Les structures de commandement s'effondrent
et les moyens de communication sont de plus en plus désorganisés.
Plusieurs unités régionales allemandes tentent de négocier leur propre marché.
Ken a persuadé l'état-major qu'il était impératif
d'établir un contact direct entre nous et le général Blazkowicz.
Il vient de recevoir un message du général.
Il souhaite discuter d'une trĂȘve indĂ©pendante avec les AlliĂ©s.
Nous traversons les lignes allemandes demain. Je suis plus que nerveux.
Leur aventure secrĂšte au cĆur du territoire nazi
aura des consĂ©quences qui dĂ©passeront largement leurs rĂȘves les plus fous.
En Italie, la guerre a laissé le pays dans le chaos.
Le régime du dictateur fasciste et allié d'Hitler, Benito Mussolini, s'est effondré.
Les Alliés se taillent un chemin vers le nord.
Ils défont les forces allemandes à l'aide de groupes de résistants locaux.
Des convois remplis de nazis déchus et de leurs sympathisants tentent de fuir le pays.
Urbano Lazzaro est membre d'un groupe de résistance
qui opĂšre prĂšs d'une petite ville sur les rives du lac de CĂŽme.
Il s'apprĂȘte Ă vivre un Ă©vĂ©nement qui gravera son nom dans l'histoire.
On informe le chef du groupe de l'approche d'un convoi allemand
qui se dirige vers la Suisse, pays neutre.
De toute évidence, le convoi transporte un passager important.
La résistance s'est entendue avec les Allemands.
Elle peut faire arrĂȘter et fouiller tous les vĂ©hicules.
Les Allemands peuvent partir, mais tout Italien qui tenterait de s'enfuir sera arrĂȘtĂ©.
Les fascistes doivent répondre de leurs crimes.
Urbano Lazzaro est sur le point de faire une trĂšs belle prise.
C'était un choc de voir cet homme puissant qui avait dirigé 54 millions d'Italiens.
Il était maintenant complÚtement anéanti.
Dans une voiture suivant le convoi, on retrouve une Italienne.
Il s'agit de la maĂźtresse de Mussolini, Clara Petacci.
La résistance garde les nouveaux prisonniers à la mairie
en compagnie d'autres membres du gouvernement de Mussolini
qui ont aussi Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s alors qu'ils tentaient de fuir.
Plus tard, Benito Mussolini et sa maßtresse sont transférés dans un endroit plus sécuritaire dans les collines.
On veut les amener Ă Milan pour leur faire subir un procĂšs.
à l'école, on nous avait appris à adorer Mussolini.
On nous le prĂ©sentait comme un ĂȘtre divin.
Il était le destin de notre nation.
Il allait sauver l'Italie et le peuple italien
et lui redonner la gloire du temps de l'Empire romain.
Puis, j'ai commencé à voir que la vérité était tout autre.
J'ai commencé à voir les injustices.
Par exemple, mon pĂšre souffrait de diabĂšte
et devait s'injecter de l'insuline.
Les fascistes ont pris son insuline.
Il était tout seul parce que ma mÚre était en prison.
Quand je suis rentré à la maison, la gangrÚne s'était attaquée à ses jambes.
Il est mort en août 1945.
Toute la satisfaction que le général Eisenhower aurait pu tirer de la campagne en Italie
était assombrie par deux grandes inquiétudes.
Pouvait-il empĂȘcher les SS allemands d'opposer une sanglante rĂ©sistance dans les Alpes bavaroises
et de façon plus pressante,
pouvait-il arriver Ă une trĂȘve avec le commandement allemand en Hollande
afin de commencer Ă transporter de la nourriture par avion
et soulager la famine croissante ?
Ce qu'Eisenhower ignore, c'est qu'en Hollande,
deux Canadiens, Farley Mowat et Ken Cotton,
se sont embarqués dans une mission secrÚte et dangereuse derriÚre les lignes ennemies.
Les deux officiers tentent d'accĂ©lĂ©rer le processus de trĂȘve
qui garantirait de la nourriture pour les néerlandais affamés.
Aussi surprenant que cela puisse paraĂźtre, je suis actuellement assis dans une immense serre.
Croyez-le ou non, ce sont les quartiers généraux de la résistance.
Qui aurait eu l'idée d'installer ces quartiers généraux dans une serre ?
C'est astucieux et c'est certainement le dernier endroit oĂč les Allemands chercheront.
Quoiqu'avec tout le verre secoué par les grenades qui explosent tout prÚs,
je commence à espérer un retour au camp allemand.
Le jour précédent, les deux Canadiens avaient roulé à travers la zone inoccupée
à la rencontre du commandant en chef allemand, le général Blazkowicz.
C'était réellement effrayant d'entrer dans le territoire occupé par les Allemands
avant que la trĂȘve ne soit conclue.
On ne savait vraiment pas ce qui allait se passer.
C'était également trÚs exaltant si vous aviez bu à ces drÎmes.
Je m'en suis toujours assuré.
J'aurais détesté faire cela alors que j'étais sobre.
Mowat et Cottum survivent au dangereux voyage vers le quartier général allemand.
Ils sont livrés sous la menace du fusil au glacial commandant allemand,
le général Blazkowicz.
Les deux officiers ignorent ce qui peut se produire ensuite.
Un faux pas et ils peuvent ĂȘtre exĂ©cutĂ©s.
Mais il semble que les Allemands respectent leur courage.
Les Allemands nous ont servi de grandes portions du ragoût de l'armée.
Ils se sont ensuite excusés parce que c'était du ragoût de cheval.
Les temps étaient difficiles partout.
Pour compenser peut-ĂȘtre, ils nous ont servi des grandes rasades d'eau de vie.
Puisque Ken parlait couramment allemand, nous avons décidé qu'il s'adresserait au général.
Ils ont été trÚs courtois.
Il y a eu beaucoup de civilité, chacun se présentant.
Je me souviens d'un homme qui devait ĂȘtre lieutenant.
Il a été trÚs amical.
Il a sorti la photo de sa soeur de son portefeuille et me l'a montré.
Il a dit «Elle est belle, n'est-ce pas?».
J'ai répondu «Oui, elle est magnifique».
Il a ajouté «Quand vous serez à Dresde, vous pourrez la visiter».
Je ne l'ai pas fait, bien sûr, mais c'était une belle attention.
Une bouteille de brandy plus tard, Ken Cotton et le général Blazkowicz sont de retour.
Il a acceptĂ© une trĂȘve.
Mais ils ne peuvent encore se féliciter.
La trĂȘve doit remonter jusqu'au haut commandement allemand.
Le général Blazkowicz vient de prendre un grand risque.
Il a dĂ» persuader le gĂ©nĂ©ral Blazkowicz que la trĂȘve Ă©tait inĂ©vitable
et que s'il agissait maintenant, il serait bien vu.
Alors, le fait est que notre petite expĂ©dition a peut-ĂȘtre Ă©courtĂ© la guerre Ă Hollande d'un jour ou deux.
J'ai vraiment pensé, quand nous étions là -bas, que Ken avait eu les yeux plus grands que la pince,
que nous allions nous faire éliminer, nous faire écorcher.
Quand nous avons quitté les quartiers du général Blazkowicz,
je croyais que nous retournerions de notre cÎté, mais pas Ken.
Nous sommes partis dans l'autre direction, vers Amsterdam, au cĆur du territoire occupĂ© par les nazis.
Nous sommes entrés en contact avec le groupe local de la résistance.
Ken et le colonel Michaels tentent de communiquer par radio l'annonce de la trĂȘve
Le temps file pour les milliers de néerlandais affamés.
La trĂȘve nĂ©gociĂ©e avec le gĂ©nĂ©ral Blazkowicz doit ĂȘtre approuvĂ©e des deux cĂŽtĂ©s.
Farley Mowat et Ken Cotton ne peuvent que s'asseoir et attendre.
Des millions de soldats soviétiques, appuyés de milliers de chars d'assaut,
de roquettes et d'aéronefs, réduisent la capitale allemande en cendres.
Ils ont conquis les trois quarts de la ville.
Vassily Ustugov et ses camarades luttent de maison en maison,
tandis qu'ils s'approchent de leur but, le Reichstag.
Mais c'est une mission qui leur coûtera cher.
En moyenne, au cours de ces dix jours, les Russes perdront douze hommes chaque minute.
Plusieurs soldats soviétiques, renforcés par l'alcool, la haine des Allemands et un désir de vengeance,
se déchaßnent frénétiquement dans le meurtre, le pillage et le viol.
Notre attitude à l'égard d'Hitler pour ce qu'il avait fait en Russie était facile à deviner.
Son armée a perpétré de terribles atrocités sur les civils.
Ils en ont brûlé, bombardé et exécuté de grands nombres.
Ils ont tué environ 18 millions et demi de civils.
On me parle souvent de la façon dont nous traitions la population locale, particuliÚrement les femmes.
Je ne peux pas affirmer sans l'ombre d'un doute que personne n'a rien fait de mal, surtout dans l'arriĂšre-garde.
Mais je dois dire que notre commandant, le général Zhukov, n'était pas du genre à laisser ses troupes se déchaßner.
Nos ordres étaient trÚs stricts et nous étions surveillés de prÚs par des officiers de contre-espionnage.
Si quelqu'un se faisait prendre, il était sévÚrement puni.
Il y avait peut-ĂȘtre des cas isolĂ©s dans le bataillon, mais dans mon peloton, je n'ai jamais Ă©tĂ© tĂ©moin de tels agissements.
Bien sûr, je suis réaliste. Je ne peux pas affirmer qu'il ne s'est jamais rien passé, mais je n'en ai pas été témoin.
Gerda Pettersson se cache des Russes dans une cave avec sa famille et des voisins.
Pendant la journée, c'était trÚs calme à l'extérieur.
On n'entendait rien. Il n'y avait pas de soldats et il n'y avait rien autour de nous. C'était si calme.
Tout Ă coup, en aprĂšs-midi, nous avons entendu le premier char d'assaut rouler dans la rue.
Nous étions tous silencieux dans la cave, assis, ignorant ce qui allait arriver.
Puis, le calme est revenu.
Je n'oublierai jamais le premier soldat soviétique que j'ai vu à la petite porte de notre cave.
C'était un Mongole. Je le revois encore aujourd'hui.
Les Russes prennent tous les objets de valeur qui leur tombent sous la main et amĂšnent les deux seuls hommes du groupe.
Mais ils ne sont pas seulement Ă la recherche de prisonniers et de bijoux.
Ils sont aussi Ă la recherche de soldats.
Qu'est-ce que vous voulez, madame?
Un corps soldat?
Quoi? Vous voulez un corps soldat?
Vous voulez?
Venez avec moi, madame.
Vous voulez faire une fille?
Allez, venez avec moi!
Qu'est-ce que c'est?
Tu n'as pas la tĂȘte?
Que se passe t-il?
Vous voulez aller chercher les soldats?
Qu'est-ce que vous voulez chercher?
Allez!
Quand allez-vous venir ici?
Petrukha!
Je reviendrai.
Je reviendrai et nous en parlerons.
Nous en parlerons, mes filles.
ArrĂȘtez!
Mes belles, mes jolies!
Nous allons rester ici.
Petrukha!
Allons-y!
Elle a de la chance.
Les pleurs de son enfant l'ont protégée.
Mais quand les soldats reviendront,
la situation sera différente.
Tandis que les Russes saccagent Berlin,
quinze mĂštres sous la ville,
Hitler se tourne vers son héros,
Friedrich le Grand, de Prusse.
Il attend en vain que son armée
sauve le Reich des barbares.
Hier, il a levé le nez
sur un plan d'évasion du général Weidling,
le commandant de la garnison de Berlin.
Hitler s'est coupé de la réalité
et il refuse de fuir.
Il veut tomber en héros,
Ă la tĂȘte de ses troupes.
Ses armées sont en débandade.
Il ne maĂźtrise plus la situation.
Rokus Mir, son téléphoniste,
est parmi les quelques personnes
qui sont toujours dans le bunker.
Il commence Ă craindre pour sa propre vie.
J'ai cru que je n'en sortirais jamais vivant.
C'était comme un cercueil de béton pour moi,
une chambre mortuaire que je ne pouvais plus quitter.
J'ignorais ce qui allait arriver au bunker.
Le 28 avril,
Ă dix jours de la victoire.
La résistance sort Mussolini
et sa maĂźtresse de la maison de ferme
oĂč ils avaient Ă©tĂ© gardĂ©s pendant la nuit.
On veut les amener Ă Milan
afin qu'ils soient jugés pour leur crime.
Urbano Lazaro, le jeune antifasciste
qui avait procédé à l'arrestation de Mussolini
est consterné par la tournure des événements.
Ce n'est que plus tard que j'ai appris
ce qui s'était passé.
Si j'avais été là , je me serais opposé
à ce qu'on exécute.
Je voulais bien sûr
une condamnation Ă mort,
mais je voulais un procĂšs public.
Puis, je souhaitais que tout soit fait
légalement, proprement et de façon juste.
Je voulais un retour du principe juridique.
La résistance amÚne les corps de Mussolini,
Clara Petacci et d'autres fascistes
jusqu'Ă Milan.
Les gens déchargent la haine
qu'ils ne pouvaient exprimer
quand le dictateur était au pouvoir.
Pour les historiens, la mort de Mussolini
est l'une des grandes controverses de la guerre.
Il y a eu beaucoup de débats
autour des détails exacts entourant la mort de Mussolini.
Récemment, on a déclaré
qu'il aurait été tué par deux Italiens
au service des renseignements britanniques.
Le meurtre aurait été revendiqué par la résistance
dans le but de gagner du pouvoir politique.
Apparemment, Mussolini détenait
une lettre compromettante de Churchill
lui offrant une paix indépendante avec des Alliés.
Si c'était vrai, cela aurait été
une grande brÚche dans l'entente des Alliés
qui devaient exiger une reddition
sans condition de toutes les puissances de l'axe.
Quand le gouvernement de Mussolini s'est effondré,
Churchill devait récupérer ses lettres
au cas oĂč le dictateur dĂ©sespĂ©rĂ©
tente de le faire chanter.
Pendant ce temps, au milieu d'une serre
à Amsterdam, dans la Hollande occupée,
Farley Mowat attend l'annonce du décollage
du premier avion rempli de nourriture.
Il espĂšre que la trĂȘve,
difficilement conclue avec les Allemands,
aura ouvert la voie pour un secours humanitaire
plus que nécessaire.
Hier soir, nous avons appris que le cessez-le-feu
que nous avons négocié avec les Allemands était officiel.
Nous avons célébré toute la nuit.
Toute la population célÚbre la fin
d'une diĂšte de pommes de terre et de bulbes de tulipes.
Maintenant, ils n'ont qu'Ă s'entendre
sur le moment et l'endroit
oĂč la nourriture sera livrĂ©e.
Mais leurs efforts sont maintenant
entravés par des forces qui les dépassent.
En Hollande, la guerre prend fin
dans une amĂšre vague de chĂątiments.
La résistance néerlandaise n'a aucune pitié
envers ceux qui ont collaboré avec les Allemands.
Ceux qui se font prendre
sont sévÚrement punis par la résistance
pour avoir trahi leur pays et leurs concitoyens.
Un nombre incalculable de gens
se sont retrouvés dans des camps de concentration
aprÚs avoir été trahis par des collaborateurs.
Certains collaborateurs ont été exécutés arbitrairement.
La plupart ont été traités
de façon beaucoup moins violente.
Mais ils ont été identifiés
et leurs biens ont été saisis.
Plusieurs possédaient de l'équipement
qu'ils avaient obtenu grĂące Ă leur contact
avec l'armée allemande.
C'était une sorte d'opération de vengeance.
Pendant que la capitale allemande
se prépare à livrer son dernier combat,
chaque jour de guerre apporte
plus de douleur et de souffrance.
La plupart des hommes étant au combat
ou étant morts,
les femmes de Berlin vivent sous la menace perpétuelle
des envahisseurs soviétiques.
Des soldats pillards enfoncent leurs portes.
Quand elles doivent sortir,
elles s'enlédissent autant que possible
en salissant leurs visages.
Gerda et sa famille apprennent
à leurs dépens que cela ne fonctionne pas toujours.
Ma belle-sĆur habitait avec ses parents
Ă plusieurs rues de chez nous.
Elle nous a été amenée.
Elle était blessée à la gorge.
La nuit précédente,
elle avait été violée à répétition
par des soldats russes.
Ses parents et elle avaient décidé
de mettre fin Ă leur jour.
Ils se sont pendus.
Ses deux parents sont morts rapidement.
Mais elle a été sauvée par un voisin
qui nous l'avait amenée.
Le 29 avril, au beau milieu de la nuit,
neuf jours avant la fin de la guerre,
un mystérieux visiteur
arrive au bunker du FĂŒhrer.
Il m'était tout à fait étranger.
Il n'assistait pas aux réunions.
Mon ami m'a dit que c'était un représentant
du bureau d'enregistrement.
Le FĂŒhrer allait se marier.
On m'a pris à part. J'ai dit « Quoi ? »
Mon ami m'a dit « Oui, le FĂŒhrer va se marier ».
Au petit matin, alors que l'armée russe
n'est plus qu'Ă quelques mĂštres
et que le bunker tremble sous les explosions,
Hitler et Eva Braun se marient.
Au sommet de sa gloire,
Hitler rejetait le mariage.
L'Allemagne était son épouse.
Mais Eva Braun,
une assistante photographe
native de la BaviĂšre,
est restée à ses cÎtés.
Bien que consciente du danger,
elle a choisi de se rendre au bunker
et a refusé de partir.
AprÚs avoir vécu pendant des années dans l'ombre,
sa maĂźtresse obtenait enfin
ce qu'elle avait toujours désiré,
la reconnaissance.
Peu de temps aprĂšs,
Hitler dicte ses derniÚres volontés
et son testament.
Dans celui-ci, il tient les Juifs
responsables de la défaite de l'Allemagne
lors de la guerre.
Il exhorte le peuple allemand Ă maintenir
les principes du national-socialisme,
surtout en ce qui a trait aux lois raciales.
Il assure son peuple que son combat
de six ans sera un jour reconnu
comme la plus glorieuse et héroïque
manifestation de la volonté de vivre
d'un peuple.
Il choisit le grand admiral Dönitz
pour lui succéder comme grand dirigeant
de l'Allemagne et pour poursuivre la lutte.
MĂȘme la mort d'Adolf Hitler
ne mettra pas fin Ă la guerre.
Au petit matin du 29 avril
dans le nord-ouest de l'Allemagne,
les fusils de Montgomery commencent à résonner
sur la ville de Lauenburg,
sur l'autre rive de l'Elbe.
Les tirs couvrent des commandos britanniques
qui traversent pour prendre la ville.
Ă partir de lĂ , ils abattront tout sur leur chemin
jusqu'Ă la mer Baltique, Ă coup d'explosion.
En traversant le fleuve,
Cliff Morris et la 6e unité de commandos
se retrouvent sous les feux nourris
des mitrailleuses allemandes.
Il s'agit d'un des points de résistance
les plus féroces.
La guerre est presque terminée
et personne ne veut faire partie
des derniers morts.
AprÚs la traversée de l'Elbe,
le gouvernement britannique
veut que ses troupes avancent vers l'est
afin de solidifier son influence
dans l'Europe d'aprĂšs-guerre.
Les Britanniques considĂšrent maintenant
l'armée soviétique comme une plus grande menace
que les Allemands qui sont, eux,
défaits sur tous les fronts.
Quand les commandos britanniques
entrent dans la ville de Lauenburg,
ils découvrent les traces d'un combat récent.
Il semble que l'armée allemande
ait abandonné Lauenburg aux alliés.
Peut-ĂȘtre ne voulait-elle pas
se retrouver coincée entre les forces britanniques
et soviétiques dans une course
vers la mer Baltique.
AprĂšs le tonnerre
et le chaos de la guerre,
le calme de la ville est déconcertant.
Mais l'expérience de Cliff Morris
lui dit de rester vigilant
malgré le silence.
Les enfants allaient patrouiller la nuit.
Ils Ă©taient prĂȘts Ă ĂȘtre dĂ©tachĂ©s vers le front.
Deux jours plus tard,
ils devaient aller au front.
Ils n'étaient pas particuliÚrement armés.
Ils n'étaient que de la chair à canon.
Nous les avons sauvés d'une certaine façon.
DĂšs que Cliff Morris et ses camarades
se feraient un chemin vers le nord et la mer Baltique,
le parachutiste américain
Clancy Lyle de la 101Úme division aéroportée
se dirige vers le sud.
Il est en route vers les Alpes
pour une bataille décisive
contre un nombre indéterminé de troupes SS,
les troupes d'élite d'Hitler.
En chemin, ils tomberont sur le plus horrible secret
du régime nazi.