Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Les secrets des commandos ! - C'est pas sorcier [Intégrale]
Libération d’otages, lutte contre la piraterie, soutien des troupes aux sols. Leurs actions sont déterminantes. Mais qui sont ces hommes de l’ombre qui agissent dans la plus grande discrétion ? Fred et Jamy nous plongent dans les coulisses des commandos marines et de leurs « opérations spéciales ». Exceptionnellement, Fred a été autorisé à participer à l’entraînement de ce corps d’élite, basée à Lorient et à Toulon. Pour commencer, Fred devra faire le redoutable parcours commando destiné à tester les aptitudes physiques des candidats qui doivent être capables de se déplacer aussi bien dans les airs qu’en pleine mer. Pendant ce temps, au repos dans son camion-laboratoire, Jamy nous rappelle que ces hommes sont avant tout des militaires et que leurs actions ont lieu en dehors de la France à la différence du RAID ou du GIGN.
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Tu me reconnais ? Je suis là.
Mais t'es où ?
Bah ici.
C'est lequel ?
Là, tu me vois pas ? Je suis là, avec les commandos marines.
Tu devrais nous suivre, il va y avoir de l'action.
Mais qui sont ces hommes de l'ombre qui luttent contre la piraterie, libèrent des
otages et sont de plus en plus présents dans les conflits internationaux ? Faut-il être
un surhomme pour faire partie de ce corps d'élite qui se déplace aussi bien dans
les airs que sous la mer ?
Ces hommes de l'ombre disposent des toutes dernières technologies pour rester le plus
efficaces possible.
Leur maître mot, la discrétion.
Et pour commencer, Jamy, on va aller attaquer le ferry qui fait la navette entre l'Orient
et l'Île-de-Groix, ouais.
Pourquoi, ils ont rien fait ?
Non, non, mais je te rassure, c'est juste un exercice.
Mais les commandos marines le font régulièrement, ça leur permet par exemple de s'entraîner
à aller libérer des personnes prises en otage par des pirates, comme ils sont d'ailleurs
amenés à le faire au large des côtes somaliennes et de façon plus générale dans le golfe
d'Aden, où tout le monde le sait, les actes de piraterie sont nombreux.
Allez, je crois qu'on va passer à l'abordage.
En général, l'attaque d'un bateau se fait par l'arrière.
Il faut arriver le plus rapidement et le plus discrètement possible.
En moins de 10 secondes, l'assaut est donné.
Ensuite, il s'agit de repérer en une fraction de seconde qui sont les otages et qui sont
les pirates.
Alors à première vue comme ça, Jamy, les commandos marines ressemblent beaucoup à
d'autres groupes d'intervention, par exemple au GIGN ou au RAID.
Mais attention, ils n'ont pas du tout les mêmes missions.
Ça mérite quelques précisions.
Tous ces groupes sont qualifiés d'unités spéciales.
Seulement, ils n'appartiennent pas au même corps et n'interviennent pas sur le même terrain.
Le RAID, dans un premier temps, dont les initiales signifient recherche, assistance, intervention,
dissuasion.
Il dépend de la police nationale.
Il intervient en priorité dans les grandes villes.
Le GIGN, le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, est quant à lui composé de militaires.
Eh oui, les gendarmes sont des militaires.
Leurs missions se déroulent en général dans les zones périurbaines ou en zone rurale.
Les commandos marines, c'est également l'armée.
La marine précisément, car toutes les armes ont leurs unités spéciales.
L'armée de terre et l'armée de l'air également.
Les commandos marines sont entraînés pour intervenir en dehors du territoire national.
Leurs missions sont multiples.
Ça peut être la protection des ressortissants français à l'étranger.
Ce sont eux, par exemple, qui sont intervenus en Somalie pour libérer les otages du voilier Le Ponant.
Mais ils interviennent également sur des zones de conflit.
Ils l'ont fait à maintes reprises en Afghanistan pour mener des opérations d'information,
de reconnaissance ou des opérations de sabotage.
L'avantage par rapport aux forces classiques, c'est qu'ils interviennent en petits groupes.
Ils sont beaucoup plus discrets, cela dit.
Attention, ils interviennent toujours en tant que soldats français, jamais dans la clandestinité.
Rien à voir avec les services secrets.
Tiens d'ailleurs, à ce propos, il faut que je vous dise...
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne vais rien vous dire du tout.
Ni les 400 jeunes qui souhaitent chaque année intégrer les commandos marines,
seulement une vingtaine de jeunes sont retenus.
Ils vont drôlement vite à côté de moi.
La sélection se fait au terme d'un stage dans lequel on teste à fond leur résistance physique,
mais aussi mentale.
Et parmi les épreuves, il y a évidemment ce fameux parcours d'obstacles.
Moi, j'en peux plus.
Ne fais pas ta chochotte.
Sur trois doigts.
Bon, commandant.
Moi, je crois que Jéma était là, parce que celui-là, je crois que je ne vais pas le passer.
C'est le mur breton.
Alors, il paraît qu'il est assez redouté par les gars, pourquoi ?
Très redouté, très redouté, parce qu'il y a un aspect psychologique, c'est la partie flotte en dessous.
Les gens ont peur de tomber dans l'eau.
Et souvent, ça arrive qu'en bout de parcours, ils sont déjà bien fatigués.
Ça arrive en bout de parcours, les gens sont très fatigués.
Donc, il faut continuer à tenir.
Donc, c'est le psychisme qui...
C'est le mental.
Avec le mental, on arrive à dominer le physique ?
On arrive à tout faire. Quand on veut, on peut.
Donc, c'est le mental.
Expliquez-moi, pour être recruté dans les commandos marines,
qu'est-ce qu'il faut comme capacité ?
Alors, il n'y a pas de profil type.
En fait, les commandos sont des gens qui sont ordinaires,
mais qui font des choses extraordinaires.
Ah, ordinaire, ordinaire. Il faut être physique, quand même.
Alors, évidemment, il y a un bon niveau physique.
Il faut des bonnes qualités physiques, mais surtout de mental.
Après, il faut une bonne dose d'humilité.
L'humilité, ça permet de jamais sous-estimer l'ennemi.
Alors, vous les définissez comment, les personnages, quand ils arrivent ?
Ils ont ces capacités en arrivant ? Ils les acquièrent ? Comment ça se passe ?
En fait, tout le monde les a.
Mais on ne le sait pas.
Et on le découvre pendant le stage.
Et les plus forts, c'est ceux qui, justement, arrivent à bien découvrir ces capacités mentales,
et puis à les développer.
Et à faire, justement, abstraction de toutes les difficultés physiques.
D'accord. Il n'y a pas de femmes ?
Il n'y a pas de femmes, mais il peut y en avoir.
Il y a des normes qui sont fixées.
Ces normes sont fixées pour un travail.
Elles ne sont pas fixées pour une femme ou pour un homme.
Donc, c'est le travail qui commande la norme.
Parce que l'obstacle, de toute façon, il sera le même pour un homme ou pour une femme ?
L'obstacle sera le même.
Si un jour, une femme passe les tests, il n'y a pas de problème.
Elle viendra chez nous.
Aujourd'hui, il n'y en a pas qui ont reçu les tests.
Et souvent, aussi, ils interviennent avec des cagoules.
Alors, ça, c'est l'anonymat.
Dans toutes nos missions, il faut qu'on reste discret.
Donc, il y a la loi qui stipule qu'on ne doit pas dévoiler l'identité des commandos.
C'est légal ?
C'est légal. C'est la loi.
D'accord.
C'est pour les protéger.
Vous vous en faites des missions ?
Bien sûr.
Mais vous n'êtes pas masqué.
Hein ? Peut-être qu'on va me masquer, là.
Notre mission va commencer.
L'objectif, c'est de mettre la main sur une bande de narcotrafiquants
qui se dissimulent sur une île.
Mais, pour préparer l'assaut,
évidemment, il faut d'abord faire un repérage,
ce que l'on appelle une mission de renseignement.
Et là, il faut être extrêmement discret.
Parmi ces hommes se trouve une unité spéciale,
les nageurs de combat du commando Hubert.
Ils mènent des armes,
s'approchent sous-marines
pour s'infiltrer en zone ennemie sans être repérés.
Leurs missions sont multiples,
sabotage de coques de navire,
assaut d'un bateau en pleine mer
ou sécurisation des plages avant l'attaque.
Alors, pendant ces phases d'approche,
les nageurs de combat doivent souvent parcourir de longues distances.
Pour se déplacer vite en se fatiguant le moins possible,
ils utilisent des véhicules sous-marins
comme celui-ci qui peut embarquer des nageurs de combat
et leurs matériels.
Il est propulsé par un moteur électrique,
ce qui le rend très discret.
Et puis, pour aller loin,
il est alimenté par des batteries au lithium
qui lui permettent de naviguer plusieurs heures.
Cette information est classée secret défense.
Dis donc Fred,
pour quelqu'un qui voulait passer inaperçu,
c'est pas gagné.
Vous avez vu les bulles ?
Tu as raison Jamy,
mais les nageurs de combat,
regarde,
ils utilisent un appareil spécial,
un recycleur.
Alors, eux ne font pas de bulles,
mais moi si.
Pourquoi ne font-ils pas de bulles ?
Chaque fois que nous respirons,
pourtant,
nous rejetons un demi-litre d'air,
de l'air qui théoriquement dans l'eau devrait faire des bulles.
Pour comprendre,
on va commencer par jeter un oeil
sur la composition de l'air que Fred puise dans sa bouteille,
le même que nous respirons.
Cet air est composé d'azote, 80%,
et d'oxygène, 20%.
L'air que nous expirons maintenant,
il y a de l'azote, toujours, 80%.
Autant à l'arrivée qu'au départ.
Ce qui est tout à fait normal,
puisque les cellules de l'organisme n'utilisent pas ce gaz.
De l'oxygène, un peu moins, 15%,
une petite partie a été consommée par les cellules,
qui en échange ont produit du dioxyde de carbone
qui représente 5% des gaz que nous rejetons.
Voilà.
Les bulles qui se forment autour de Fred
sont composées d'un mélange d'azote essentiellement,
d'oxygène et de dioxyde de carbone.
Pour éviter de se faire repérer,
les nageurs de combat commencent par ne plus utiliser d'azote,
ce qui est tout à fait possible,
puisque l'organisme n'en a pas besoin.
Avec le recycleur,
la bouteille ne contient en fait que de l'oxygène pur,
ce qui explique sa petite taille.
L'oxygène est libéré dans un sac,
le sac respiratoire,
où il va se détendre,
ce qui permet au plongeur de respirer,
sinon la pression serait trop importante.
Le plongeur inspire de l'oxygène,
mais il ne rejette rien dans l'eau.
L'oxygène va être recyclé.
Au moment de l'expiration,
le dioxyde de carbone est piégé par une cartouche
qui contient des billes de chaud,
tandis que l'oxygène non consommé
retourne dans le sac respiratoire.
Alors évidemment, au fil des inspirations,
le volume d'oxygène diminue dans le sac respiratoire.
Pour éviter les pannes,
un palpeur capte en permanence la pression
à l'intérieur de ce sac
et dès qu'elle passe sous un certain niveau,
la bouteille libère de l'oxygène.
De cette manière,
les plongeurs peuvent passer inaperçus
et rester sous l'eau pendant des heures.
Ça, c'est le moment délicat de sortir de l'eau.
Oui, c'est le moment où on passe
de la phase où on est caché
à la phase où on peut être vu.
Alors ce filet, il sert à quoi exactement ?
Le filet, il nous sert à casser la forme humaine
de la tête d'un plongeur qui sort de l'eau
et puis en même temps,
ça empêche les éclats du masque.
Ah, les reflets sur le masque ?
Voilà.
Ton arme, elle marche encore
après avoir été dans l'eau aussi longtemps ?
On utilise des armes qui rouillent très peu
et puis qui peuvent tirer
avec de l'eau dans le canon.
Alors la plupart de ces missions,
vous les accomplissez de nuit évidemment.
Et quand la nuit tombe,
c'est le moment de sortir.
Comment vous appelez ça ?
Ça, ce sont les jumelles de vision nocturne.
Et vous travaillez avec ça sur les yeux ?
Sur les yeux.
Uniquement, c'est ça qui vous permet
de voir tout ce qui se passe.
Tu vois quelque chose, toi ?
Bah oui, tu vois.
Je viens de voir une sentinelle
qui est passée derrière le mur de la maison
en face de moi.
Si tu veux, je vais te la désigner.
J'ai un laser sur mon arme.
Toi, avec le laser qui est sur ton arme,
tu peux pointer l'endroit où est passée la...
Exactement.
Tu peux me montrer ?
Regarde, je te montre.
Il y a un petit point blanc
qui est invisible à l'œil nu.
Oui.
Mais c'est un laser qui est aussi...
Ah, d'accord.
...dans l'infrarouge
et qu'on ne peut voir que grâce à nos jumelles.
Ah oui, ça marche très très bien.
Ces lunettes sont en fait équipées d'un système
qui permet d'amplifier la lumière.
En effet, même la nuit,
il y a toujours un peu de lumière.
La lumière qui est émise par les étoiles
ou celle qui est réfléchie par la Lune.
Les photons qui la composent,
autrement dit, les grains de lumière,
viennent heurter une plaque sensible à la lumière.
Cette plaque, comme tout ce qui nous entoure,
est constituée d'atomes.
Un atome, pour mémoire,
c'est un noyau autour duquel gravitent des électrons.
Au moment où les photons entrent en collision avec la plaque,
des électrons sont éjectés
et se retrouvent à l'intérieur d'une cavité
où règne un champ électrique très puissant.
Sous l'effet de ce champ,
les électrons sont accélérés et propulsés
à l'intérieur de microtubes
où ils vont heurter les parois.
Sous le choc,
ces électrons vont décrocher d'autres.
Des électrons qui proviennent des matériaux
qui composent les parois des microtubes,
qui, à leur tour, vont déloger d'autres, etc.
Au final, chaque microtube va générer une armée d'électrons
qu'il suffit ensuite de projeter sur une plaque phosphorescente,
le flux d'électrons de chaque microtube
correspondant à un point de l'image.
Pour voir la nuit,
on peut utiliser des jumelles de vision nocturne.
On peut utiliser aussi cette petite caméra que j'ai dans la main.
En fait, c'est une caméra thermique.
Vous l'utilisez pour quoi exactement, cette caméra ?
On l'utilise pour faire de la surveillance et du renseignement.
Et c'est quoi l'avantage par rapport aux jumelles qu'on avait tout à l'heure ?
Ça capte aussi des rayons infrarouges,
mais seulement la partie thermique, les sources de chaleur.
Donc tout ce qui est chaud ressort en blanc, là, en l'occurrence.
Je vais essayer de vous le montrer.
Voilà, si je me filme, vous devez voir mon visage blanc et lumineux.
C'est normal parce qu'il dégage de la chaleur,
alors que mon gant, lui, est humide et froid,
donc il doit être assez sombre.
Donc voilà.
Tu peux voir si la personne a utilisé une arme, par exemple.
C'est pareil, l'arme sera chaude.
D'accord.
Alors là, près de la maison, j'aperçois une silhouette.
Je prends des photos, là ?
Là, on fait du renseignement.
On prend des photos et on enverra les images.
On ramène des informations.
Appuie sur le bouton, tu vas prendre des photos.
Ah oui.
OK, les gars, Fred nous ramène du renseignement
qu'il a pris cette nuit qui situe les deux narcotrafiquants
au sud de l'île-aux-Saint-Michel, au niveau de cette maison.
On sera tous largués en parachute à la mer.
Donc phase 0, infiltration loin de l'aide par Zodiac jusqu'à l'île-aux-Saint-Michel.
Phase 1, prise de contact avec un binôme tireur d'élite
qui est dirigé en position.
Phase 2, on fera l'assaut de la maison.
On investit et on capture les deux narcotrafiquants.
L'hélico pose, on embarque à l'intérieur et on rentre à la maison.
Des questions ?
Moi, j'en ai une.
Vous travaillez toujours avec une maquette comme ça pour préparer l'émission ?
Si c'est pas des maquettes de cette qualité-là,
en tout cas, il y aura toujours un schéma.
L'idée, c'est de visualiser le terrain et qui fait quoi et où.
Là, vous décrivez le scénario idéal, mais ça se passe toujours comme vous voulez ?
Non, pas toujours.
Là, on a présenté le scénario numéro 1
qu'on va prévoir une multitude de cas non conformes.
Donc, il faut s'adapter en permanence.
Et vous avez aussi un drone.
Je peux le prendre ?
Oui, bien sûr.
Il est équipé de quoi ?
Alors là, vous avez deux caméras.
Une caméra frontale et une caméra latérale sur le côté.
Alors, le principe, on a une caméra frontale.
Pourquoi ? On va arriver sur l'objectif.
On va arriver de front sur l'objectif.
Une fois qu'on a l'objectif,
on tourne autour de l'objectif avec la caméra latérale.
On va tout le temps faire en sorte que le drone soit orienté sur l'objectif.
D'accord. À quelle distance de la cible tu peux être ?
On sera environ à 100 mètres, 150 mètres de la cible.
Tu passes par exemple à 100 mètres d'une cible ?
Oui.
Ça fait du bruit quand même, non ?
C'est très discret.
Très discret ?
C'est vraiment un petit aéronef miniature.
C'est étonnant.
Et bien sûr, Jamy, pour notre sécurité, nous sommes tous équipés de gilets pare-balles.
Et pas n'importe lesquels.
Ceux-là sont capables d'arrêter des balles de fusil d'assaut genre calibre 7.62.
Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, oui, très bien.
Pour ceux qui ont du mal à visualiser, voici une balle de 7.62,
comme on dit dans le jargon, avec la douille et là, sans la douille.
Souvenez-vous-en bien, c'est important pour la suite.
Alors, de quoi sont faits ces gilets pare-balles ?
D'une plaque de céramique d'à peine un centimètre d'épaisseur
et d'une plaque de fibres de polyéthylène, des fibres haute densité.
Et bien, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer,
cet assemblage est plus efficace qu'une plaque d'acier de 13 mm.
On va comparer les deux.
La plaque d'acier, d'abord.
Évidemment, elle arrête la balle.
Mais il n'y a pas que la balle qui fait des dégâts.
L'impact de la balle sur la plaque va générer une onde de choc
qui va se déplacer dans l'acier à 5000 mètres par seconde.
En pénétrant dans l'organisme, cette onde va faire des dégâts considérables.
On a filmé le déplacement de cette onde dans un gel
ayant à peu près la même densité que les tissus humains.
Vous imaginez les dégâts ?
Avec le gilet pare-balles, c'est différent.
La balle est arrêtée et l'onde de choc considérablement atténuée.
La plaque de céramique est plus dense que la plaque d'acier.
L'onde de choc va se déplacer plus rapidement.
8000 mètres par seconde.
Je sais ce que vous pensez.
Ça va être pire.
Eh bien, non.
Cette onde de choc n'arrive pas sur la cage thoracique.
Elle arrive sur l'autre plaque,
celle qui est constituée de fibres de polyéthylène.
Ce changement de matériaux va provoquer un changement de direction.
L'onde va faire demi-tour.
Elle repart en sens inverse.
Comme elle se déplace plus rapidement que la balle,
elle va s'opposer à la progression de celle-ci.
Et comme elle est très puissante,
elle va écraser la balle, la détruire.
Tenez, voici une balle de 7,62
que je viens de retirer du gilet pare-balles.
Pour mémoire, voilà à quoi elle ressemblait avant l'impact.
L'opération tarpon, c'est une grande spécialité des commandos marines.
Ça consiste à sauter à la mer,
avec un parachute bien sûr,
après avoir largué tout le matériel nécessaire pour poursuivre la mission.
Et là, en l'occurrence, le matériel, il est derrière, là-bas.
Là, on a trois Zodiacs qui sont arrivés sur une palette.
Elle va être éjectée de l'avion.
Et derrière, 12 commandos vont pouvoir sauter au plus vite.
Ils vont sauter à quelle altitude ?
Ils sautent à 250 mètres.
250 mètres seulement.
Et moi, quand tu es en mission,
tu emmènes parfois des gens en tandem.
Comme ça, c'est qui ?
Tout à fait.
En mission, on va emmener un spécialiste, un expert,
qui n'est pas parachutiste.
Ça va être un traducteur, un chirurgien, que sais-je.
Et là, en l'occurrence, tu vas m'emmener ?
Tout à fait.
Alors, c'est une opération assez particulière et assez spectaculaire
qui réunit les trois armées, en fait.
L'avion de l'armée de l'air, les commandos marines, évidemment.
Et puis là, on est aidés aussi par le 1er RTP de Toulouse.
C'est vraiment le régiment qui est spécialisé dans l'aérolargage.
Vous allez voir, c'est spectaculaire.
Bon, allez, on respire.
Allez, vas-y, Fred, t'es mon héros.
Maintenant, les parachutistes doivent rejoindre les embarcations
qui ont été larguées.
Mais les derniers hommes qui ont sauté se trouvent déjà à un kilomètre.
Ils devront palmer pour rejoindre les bateaux.
Une fois tous rassemblés et équipés, la mission peut enfin commencer.
Direction l'île des narcotrafiquants.
Eh, Fred, t'es où ?
Oh, je suis là.
En tenue de camouflage, je suis avec les tireurs d'élite.
On est en première ligne, donc il faut être discret.
Regarde, la maison des narcotrafiquants est juste devant nous, là-bas.
Bon, explique-moi, Georges, c'est quoi le rôle d'un tireur d'élite
dans une mission comme celle-ci ?
C'est d'apporter, par des tirs précis,
l'appui au groupe assaut qui amène une action
sur une maison ou sur notre objectif.
Donc tu dois les protéger, en fait.
Tout à fait.
T'es pas là pour neutraliser forcément un narcotrafiquant
s'il sort, en fait.
Non, non, seulement s'il est dangereux pour les otages
ou pour le groupe action qui va vers lui.
Tu dois être extrêmement précis au moment du tir.
Tout à fait, c'est pour ça qu'on choisit une position
la plus confortable possible pour nous,
pour pouvoir rester le plus longtemps possible.
Et là, dans cette position-là, tu peux rester combien de temps, toi ?
Une journée.
Tu peux rester une journée comme ça ?
Tout à fait, oui.
Ça, c'est une arme qui permet de tirer à quelle distance ?
On peut tirer à 1300 mètres avec cette arme-là,
mais on a le calibre 12-7,
qui nous permet de tirer au-delà de 1600 mètres.
Au-delà de 1600 mètres, avec une précision,
une grande, grande précision ?
Une grande précision.
Alors, t'es pas tout seul, en général.
En mission, vous êtes toujours deux, c'est ça ?
Tout à fait. J'ai mon spotter à côté de moi.
Explique-moi, c'est quoi le rôle du spotter, de l'observateur ?
Avant tout, c'est d'assurer la sécurité immédiate du binôme.
Le tireur, lui, il est concentré dans sa lunette,
dans son arme, sur son objectif.
S'il y a à intervenir dans un périmètre 360 autour de nous,
ça sera moi qui interviendrai.
Et après, moi, en fait, je prends en compte les paramètres météo,
c'est-à-dire les paramètres de vent,
les paramètres de soleil et de pression atmosphérique,
que je retransmets au tireur.
Donc, pour ce faire, j'ai cette petite station météo.
Parce qu'en fait, toutes ces données,
elles influent sur la balistique de l'arme.
C'est-à-dire, si on prend pas en compte ces données,
le tir pourra ne pas faire mouche au premier coup.
Plus les distances sont grandes,
et plus ces paramètres vont influer sur la précision du tir, en fait.
Ça veut dire que, normalement, si vous avez bien fait le travail
avec les bonnes conditions météo, les bons réglages et tout,
quand tu vois ta cible dans ta lunette, tu dois la toucher.
C'est pas normalement, c'est comme ça que ça se passe ?
C'est comme ça que ça se passe.
Tout à fait, Fred.
Pour atteindre une cible, on se dit, a priori,
qu'il faut orienter le canon dans l'axe de cette dernière.
Si elle se trouve à plus de 1000 mètres,
c'est sûr, on va passer à côté.
En effet, comme tous les corps,
une balle subit la gravité,
cette force qui attire vers le sol.
Par conséquent, sa trajectoire ne dessine pas une ligne droite,
mais une courbe, une parabole.
En fonction de la distance à laquelle se trouve la cible,
le tireur va donc devoir incliner le canon
suivant un angle bien précis, ce qu'on appelle l'angle de hausse.
On va prendre un exemple.
Imaginons que la cible se trouve à 1500 mètres au pied de l'immeuble
et que le tireur utilise un calibre de 12,7 mm.
Eh bien, l'angle de hausse sera de 1,16 degré.
Ça veut dire que si on prolongeait le canon par une ligne droite,
eh bien, elle passerait 30 mètres au-dessus de la cible.
C'est comme si le tireur visait au dixième étage
pour atteindre l'orée de chaussée.
Alors, comme l'a précisé le spotter,
d'autres paramètres sont à prendre en compte.
La pluie et l'humidité vont, par exemple, ralentir la balle.
Dans ce cas, il faut augmenter l'angle de hausse.
A l'inverse, quand il fait chaud, il faut le diminuer.
Et puis, la position du tireur par rapport au soleil
est également très importante.
Je vais vous montrer.
Euh, non. Je ne vais rien vous montrer du tout.
Je vais plutôt me mettre à l'ombre.
Dernière étape.
Préparation, ça s'appelle l'extraction.
Voilà, Jamy, c'est fini. On rentre à la base.
Ah ben mince, on m'a oublié.