Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Comment réussir à vivre dans l'espace ? - C'est pas sorcier
Jamy et Sabine se sont lancés dans la grande Odyssée, une course de 1000 km qui entraîne quelque 250 chiens à travers la vallée de la Haute Maurienne et réunit les meilleurs conducteurs de traîneau du monde. Entre la grande histoire des expéditions polaires et une jolie leçon de pilotage de traîneau, ils nous font découvrir l'extraordinaire morphologie de ces chiens nordiques qui sont de véritables marathoniens des neiges.
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Euh, par où on commence ?
Doucement, Yuki, doucement !
Hé, Jamy, qu'est-ce que tu fais ?
Bah, ça se voit pas, non ?
Je prépare Kiki pour une course de traîneau.
Oh, génial !
Hé, Yuki, ça te ferait plaisir d'aller faire du traîneau ?
Allez, va chercher !
Allez, Kiki, un petit effort.
Et puis, en plus, on va peut-être voir Yuki, Yuki et Fred.
Allez !
Désolée, Jamy, de te le dire, mais avec Kiki,
tu n'as aucune chance de gagner une course de traîneau à chiens.
Alors que moi, avec mes vrais chiens de traîneau,
je vais faire des étincelles !
En bas mince, alors !
Allez, Kiki, à la neige !
Quelle vie de chien !
De traîneau !
Il y a ici, pas loin de 250 chiens
rassemblés pour participer à l'une des courses de traîneau
les plus difficiles du monde.
Nous ne sommes ni au Canada, ni en Alaska,
mais dans les Alpes de Savoie,
et plus précisément en Vanoise Haute-Maurienne.
Alors la Grande Odyssée est une course dite de longue distance,
1000 kilomètres à parcourir en 10 jours.
Et si je parle tout doucement,
c'est pour permettre aux chiens de se reposer
avant le départ de la prochaine étape.
Et avant qu'ils se mettent en route,
nous, on va aller prendre une petite leçon de pilotage.
Les meilleurs atelages du monde
se sont donnés rendez-vous ici,
sur les pistes de la Grande Odyssée,
12 hommes et 5 femmes.
Ils viennent de Finlande, de Norvège,
d'Alaska, du Canada, de Suisse,
mais aussi de France.
L'épreuve se déroule entre 800 et 2000 mètres d'altitude,
et ça grimpe !
Les étapes se courent de jour comme de nuit,
un véritable marathon pour tous ses équipages.
Allez, allez les chiens !
Le plus célèbre des chiens de traîneau,
du moins le plus connu du grand public,
c'est le Husky de Sibérie.
Husky en anglais signifie enroué,
car ses chiens hurlent plus qu'ils n'aboient.
Alors contrairement à une idée reçue,
tous les Huskies n'ont pas les yeux bleus
comme notre copain Pink.
Certains ont les yeux marrons,
ce qui ne les empêche pas d'être de véritables Huskies.
Alors ces chiens sont vraiment très beaux,
très affectueux, seulement attention,
ce ne sont pas des animaux de compagnie,
ce sont de grands sportifs.
Alors si vous ne pouvez pas les faire courir
30, 40, voire 50 kilomètres par jour,
s'il vous plaît, ne les adoptez pas,
ils seraient beaucoup trop malheureux.
Autre chien de traîneau,
le Malamute d'Alaska.
Regardez ce gros chien,
c'est la femelle Malou.
Le Malamute d'Alaska est moins rapide
que le Husky, mais il est surtout
le plus lourd et le plus puissant des chiens de traîneau.
On le surnomme la locomotive des neiges.
Enfin, nous avons ici le plus brillant,
un Samoyed, qu'on reconnaît
à son beau pelage blanc,
très touffu, lui c'est Nuck.
Le Samoyed est un petit peu moins costaud
que le Malamute, mais vraiment très très sympa.
Voilà, dis donc Nuck,
qu'est-ce que t'es beau !
Tous ces chiens, Jamy, sont dits de race nordique
et le moins que l'on puisse dire,
c'est qu'ils ne craignent pas le froid.
Race nordique, oui,
mais c'est grand le nord.
Alors commençons par la star des neiges,
le Husky.
Ce chien est originaire de Sibérie,
mais il a beaucoup voyagé.
Vous reconnaissez ici l'hémisphère nord,
mais si, la France se trouve là
et le Canada ici.
Au 19e siècle, le Husky
a suivi ses maîtres, ou plutôt l'inverse,
ils ont franchi le détroit de Béring,
pris par les glaces et se sont aventurés
jusqu'en Alaska.
D'autres chiens occupaient déjà le terrain,
les malamoutres, présents également
sur les attelages.
Très à l'aise aussi, devant un traîneau,
les Groenlandais.
Comme leur nom l'indique, ces chiens sont originaires
du Groenlandais.
Et puis, toujours parmi les classiques,
les Samoyeds.
Ces chiens sont originaires d'Europe,
de Laponie précisément,
où ils se sont également illustrés
comme gardiens de troupeaux de rênes.
Ah, petite précision, la race,
ça n'existe pas dans la nature,
c'est une pure invention de l'homme.
Il choisit des critères,
la taille, la couleur des poils,
la hauteur des oreilles, la longueur du museau,
etc., etc.
Et il veille à ne croiser entre eux
que des mâles et des femelles,
qui possèdent ces caractères,
afin que leurs descendants, eux aussi,
possèdent les mêmes caractères.
Il y a plus de 4000 ans, en Sibérie,
les hommes avaient déjà domestiqué les chiens
pour tirer leurs traîneaux en os de baleine.
Dans le Grand Nord, les Inuits
utilisaient même leurs chiens
pour chauffer leurs igloos pendant la nuit.
Pendant des siècles,
le traîneau a été le seul moyen de transport
de ces peuples nomades.
Grâce à leurs attelages,
ils pouvaient parcourir de longues distances
à la recherche de nouvelles zones de chasse
et de pêche.
A partir des années 70,
les traîneaux ont été progressivement remplacés
par les motoneiges.
Mais certaines tribus, notamment au Groenland,
continuent à les utiliser au quotidien.
Aujourd'hui, la grande majorité
des attelages de course comme la Grande Odyssée
est composée d'Alaskan Husky.
Contrairement aux chiens de race nordique,
l'Alaskan Husky a été obtenu
au tout début du XXe siècle
par croisement.
Au départ, il s'agissait d'un croisement
entre Husky et chien indien,
l'objectif étant d'obtenir des animaux
très performants pour la course,
à la fois rapides, puissants et endurants.
Mais alors, regardez !
Ce beau chien tout de blanc vêtu,
U2, est aussi un Alaskan Husky.
S'il ne ressemble pas à Pepsi,
c'est parce qu'à force de croisements
tout au long du siècle, les éleveurs
ont fini par obtenir des lignées
d'Alaskan Husky très différentes les unes des autres,
des lignées hyper spécialisées,
les unes pour les grandes courses de fond,
les autres pour le demi-fond, etc.
Bref, ces chiens sont
de véritables athlètes !
La plus longue course du monde
a lieu en Alaska.
Les attelages parcourent 1800 km
en une vingtaine de jours
et peuvent être composés de 16 chiens.
Pour les courses de sprint,
en revanche, on n'utilise que 2 ou 4 chiens.
Ils courent à 30 km par heure en moyenne,
mais au bout d'une heure,
ils sont épuisés.
Et pour le ski-jogging,
où le skieur est tiré par un chien,
on utilise des Grester,
un mélange de bras calmants et de lévriers
et ce sont les meilleurs sprinteurs des neiges.
Je vous présente Stéphane.
Stéphane est mûcheur.
Mûcheur, c'est un mot anglais dérivé du mot français
marche. En fait, le mûcheur, c'est celui
qui dit aux chiens, en avant, marche.
Bon Stéphane, maintenant, je vais équiper quel chien ?
Tu vas l'équiper Squeak, qui va être ta petite chienne de tête.
D'accord, je vais équiper Squeak.
Allez Squeak, viens ma fille, viens là.
Alors regardez, chaque chien possède
son propre harnais,
un harnais adapté à son anatomie,
de façon à ce qu'il puisse à la fois tirer correctement
le traîneau sans se blesser.
Alors, d'abord la tête
et puis les pattes.
Dis donc, tu ne serais pas un petit peu flemmarde là ?
Petite mère. Voilà.
Bon Stéphane, comment tu attelles les chiens maintenant ?
Donc les chiens sont attelés en tandem
de part et d'autre de la ligne de trait
et il faudra bien veiller pendant la progression
à ce que cette ligne de trait soit
toujours tendue. Donc Sabine,
on est prêt à partir, les chiens sont attelés.
On récapitule vite fait ce qu'on a vu tout à l'heure.
Donc tu as bien,
tu gardes bien les pieds sur le frein, hein,
parce que sinon les chiens vont partir.
Les patins avec les antidérapants
pour ne pas glisser. Tu restes bien les mains
accrochées sur le guidon.
L'ancre qui nous permettra
d'immobiliser les chiens lorsque l'on sera
arrêté et le tapis
que tu actionnes, voilà.
Tu peux mettre un pied dessus, ça te permet
de contrôler la puissance des chiens de manière
à ce que le traîneau ne vienne pas les heurter.
D'accord. On est prêt à partir ?
On est prêt à partir alors, on va y aller.
Doucement les chiens, doucement, doucement.
Jamy, tu sais que
les chiens ne prennent pas n'importe quelle place
dans l'attelage. En tête, on trouve
non pas le dominant de l'ameute,
le seul dominant de l'attelage, c'est le mûcheur.
Non, on trouve en fait le chien
le plus intelligent, le plus obéissant,
celui qui comprendra le mieux
les ordres du mûcheur, c'est le leader.
Allez, Squeak ! Devant, Squeak !
Doucement, Squeak !
Doucement !
Eh oui, les chiens n'ayant pas tous le même caractère,
ils vont occuper des places différentes
le long de l'attelage. Voilà pourquoi
les chiens de tête, les leaders,
sont des chiens très obéissants. En général,
des femelles. Juste derrière,
les Swing Dogs.
Ces chiens donnent du rythme à l'attelage.
Ils sont également là pour seconder
les leaders en cas de défaillance.
À partir du troisième rang,
le Team Dog, un groupe
de 4 à 14 chiens.
C'est le véritable moteur du traîneau.
Le mûcheur place ici
deux jeunes chiens, peu expérimentés.
Et puis, juste devant le traîneau,
les Wheel Dogs, les plus costauds.
Normal, ils sont là pour encaisser
tous les chocs. En général,
ce sont des mâles.
Quand on s'aventure sur la banquise,
les chiens sont attelés en éventail.
De cette manière, si l'un d'entre eux tombe
dans une crevasse, il n'entraîne pas tous les autres
dans sa chute.
C'est grâce aux chiens que l'homme a pu
explorer les pôles. En 1911,
avec 52 chiens, le Norvégien
Roald Amundsen et ses compagnons
atteignent pour la première fois
le pôle sud.
En 1994,
Jean-Louis Etienne et 5 autres
explorateurs réalisent la plus longue
traversée du continent antarctique,
aidée par 40 chiens.
Ils parcourent 6300 kilomètres
durant 7 mois.
Dans le Grand Nord canadien,
une poignée de trappeurs continuent à vivre
avec leurs chiens. Et ces animaux
se comportent parfois en héros.
Moi, j'ai un chien
qui s'appelait Outchoum et j'ai eu une fois
un problème avec un grizzly qui m'a chargé
et Outchoum
s'est interposé
juste au moment
où l'ours allait
arriver sur moi et qui m'a permis
de pouvoir sauver ma peau.
Ouais, bravo Outchoum !
Devant Squeak, devant !
Alors un traîneau à chiens
se pilote essentiellement
à la voie. D'une manière générale,
un chien est capable d'assimiler et d'exécuter
parfaitement une dizaine d'ordres.
En alaskan, on dit hike pour
parter, on dit ji pour droite
et yap pour gauche.
Heureusement, mes chiens à moi comprennent
parfaitement le français, ce qui me
facilite un tout petit peu l'existence.
Allez devant Squeak, devant !
Il faut non seulement
communiquer avec ses chiens, mais il faut aussi
être actif sur le traîneau.
Pas question de ne rien faire.
On a parfois un mal au cœur en se disant que
ces pauvres chiens tirent des charges
considérables. En fait, ils sont
non seulement entraînés pour cela,
mais en plus, même attelés
à un traîneau de 100 kilos,
les chiens ne tirent en fait que
quelques kilos. Jamy, tu nous expliques
ça pendant que j'essaye d'arrêter mes chiens ?
Stop Squeak, stop !
Et bien contrairement à une idée
reçue, les chiens ne doivent pas
tirer la totalité du poids du traîneau.
Le poids, c'est une force qui
s'exprime en newton. Officiellement donc,
ce traîneau pèse
1000 newtons. Mais nous, on va parler comme les
mûcheurs et les épiciers, on va parler
en kilogrammes. C'est plus simple.
Cette force s'exerce
à la verticale.
Mais le sol, lui, réagit
en produisant une force équivalente
dirigée en sens opposé.
Résultat, les deux forces
s'annulent. Dans ces conditions,
quelles forces doivent exercer
les chiens pour tirer le traîneau ?
Et bien, ils doivent simplement vaincre
les forces de frottement
qui s'exercent entre le
traîneau et la neige. Ces forces
de frottement dépendent de la nature des matériaux
qui frottent l'un contre l'autre.
Et en fonction des matériaux,
il existe
un coefficient qui s'exprime en pourcentage.
Exemple, entre
cette brique qui pèse 10 newtons,
1 kilogramme, et cette planche,
le coefficient de frottement est de 60%.
Autrement dit, il faut une force
de 6 newtons,
de 600 grammes, pour déplacer
la brique. 60% du poids de la
brique. Le coefficient de frottement
entre le traîneau et la neige
n'est que de 5%. Autrement dit,
les chiens, l'ensemble des
chiens ne doit tirer que
5 kilogrammes. Ce qui est relativement
peu quand on sait qu'un chien peut
tirer l'équivalent de son propre poids.
Le plus difficile
pour les chiens, évidemment,
c'est dans les montées.
Allez Squeak, devant Squeak ! Allez Squeak !
Devant Squeak !
Doucement, allez !
Alors là, le moucheur
est invité à descendre du traîneau
et à pousser pour soulager les chiens,
notamment les Wealdogs,
ceux qui sont attelés le plus près du traîneau.
Allez Squeak ! Allez Squeak ! Allez !
Quand le traîneau
remonte la pente, son poids
s'exerce toujours à la verticale.
Et la réaction, elle, est toujours perpendiculaire
au sol. Seulement,
vous le voyez, ces deux forces
ne s'opposent plus totalement.
Elles ne s'annulent plus totalement.
Désormais, une partie du poids du traîneau
s'oppose au déplacement. On peut matérialiser
cette force qui s'oppose au déplacement
en traçant un petit quadrilatère à partir
de la flèche qui matérialise
le poids du traîneau.
Voilà ! La force qui s'oppose
au déplacement
est ici, la petite flèche noire.
Et plus la pente
va augmenter,
plus cette force va augmenter.
On le constate également
en traçant un autre quadrilatère.
Vous le voyez désormais, cette force
est beaucoup plus importante.
En fait, avec une pente de 10%
et un traîneau de 100 kg,
les chiens vont devoir
exercer une force de 15 kg
pour tirer le traîneau.
10 kg à cause de la pente et 5 kg,
on l'a vu, à cause des frottements.
Mais comment tu sais ça, Jamy, toi ?
Comment il sait ça, Jamy ?
En deux mots, pour les amateurs
de géométrie,
Px, la résultante du poids du traîneau
qui s'oppose au déplacement,
cette force est égale au poids du traîneau
multiplié par sin α,
α étant l'angle de la pente.
Sur la Grande Odyssée,
les chiens peuvent grimper
sans trop forcer des pentes extrêmement raides.
Mais il n'y a pas que les chiens
qui font des efforts.
Les mûcheurs aussi mouillent leur dos.
Les mûcheurs doivent beaucoup aider.
S'ils veulent conserver leur placement,
ils doivent énormément patiner.
Ici, si vous avez un excellent attelage,
très rapide, très endurant,
mais que le bonhomme derrière est un petit peu faible physiquement,
il n'a pas de chance.
Et c'est en cela que cette course est aussi assez intéressante.
Et beaucoup de mûcheurs
vont souffrir dans les montées, comme Benoît.
Je suis arrivé ici, dans les côtes,
je ramais comme un malade.
Et puis là, à force d'en manger,
ça va beaucoup mieux.
Il faudrait qu'on se prépare physiquement très sérieusement
parce que 25 km de dénivelé sur 1000 km,
c'est quelque chose d'un peu fou.
Allez Benoît, courage !
Plus que trois étapes avant l'arrivée.
Nous sommes ici sur ce que l'on appelle le stake-out,
l'endroit où les chiens se reposent
plusieurs heures d'affilée entre deux étapes.
Alors il faut savoir que
sur ce type de course, le règlement est conçu
pour que les chiens souffrent le moins possible.
Chaque coureur dispose d'une équipe
de 14 chiens.
Au départ d'une étape, il peut choisir
d'en atteler entre 8 et 10,
mais quoi qu'il arrive, il ne peut pas revenir
au stake-out avec moins de 6 chiens.
Trop de fatigue, trop de blessures,
et c'est la disqualification.
Je vais vous présenter Dominique Grandjean,
qui est le chef de l'équipe vétérinaire
sur cette course.
Dominique, quels sont les principaux bobos
dont souffrent les chiens sur cette course ?
Les problèmes qu'on rencontre, c'est ceux qui sont
propres à la pratique d'un sport de haut niveau.
Concrètement, si on les reprend dans l'ordre,
une piste alpine
n'est pas une piste
toute plate de Finlande, par exemple.
Donc on a forcément des montées,
pas trop grave, mais beaucoup de descentes
et parfois des descentes raides.
On va avoir des petites entorses, des tendinites,
des bursites, des inflammations
de toutes les articulations, parce que les chiens
portent leur poids sur les antérieures.
Ensuite, on a ce qui est lié au climat.
Quand on a un climat comme ça,
on est heureux parce qu'il y a de la neige
et ce n'est pas abrasif, ce n'est pas méchant
pour les coussinets des chiens. Par contre,
quand on a du soleil avec la neige qui se transforme
en glace, les coussinets des chiens
n'aiment pas trop. On les préserve
avec des petites bottines.
Et quand on a des chiens comme celui-là
qui a les coussinets un petit peu roses,
donc fragiles, on a des coupures
sur lesquelles on va mettre de la super glue
avec des petites rustines.
Et puis ça marche très bien. En deux jours de temps,
le chien a des pieds qui sont devenus normaux.
Et voilà les fameuses
petites bottines. Elles servent à protéger
les pattes des chiens et leur évitent
d'autres coupures. Quand les chiens
vont vite, le principal danger, ce sont
les trous dans la neige. Le chien n'arrive
plus à poser sa patte correctement
et risque de se faire une entorse.
Dans ce cas, le mûcheur
met son animal blessé dans un sac
à chiens situé à l'avant du traîneau
pour le ramener à bon port.
Ça va pépère, c'est pas très dur la vie comme ça.
Après chaque étape,
à peine arrivés, les mûcheurs auscultent
chaque chien. Ils l'émassent,
vérifient leurs muscles et leurs articulations
et graissent leurs pattes pour les soulager.
Oh oui, ça fait
du bien ça, mon coucou.
Oh oui, allez dors bien.
A tout à l'heure.
Je vous présente l'aimant athlète
de haut niveau. Comme tous ses congénères,
l'aimant est parfaitement adapté pour résister au froid.
Il est équipé d'un pelage
très épais composé de trois couches.
Au contact de la peau, une couche de duvet,
puis une couche de sous-poil,
les nœuds très épais qui fonctionnent
comme un isolant thermique.
Et puis enfin, ce qu'on appelle les poils de jarre
qu'on trouve en surface du pelage
qui sont très lisses et très soyeux.
Parmi les parties sensibles, les oreilles
sont relativement petites. Elles offrent
une faible surface de contact avec l'air.
Et puis alors, elles sont pleines de poils.
Quant aux pattes, elles sont équipées
de coussinets très durs.
C'est étonnant que ces pattes ne gèlent pas
parce que moi, j'ai les bouts des doigts
complètement gelés.
Complètement gelés, moi.
C'est parce que les pattes du chien se refroidissent moins vite.
Comparons avec une main d'homme.
Chez l'homme, les doigts sont très vascularisés.
Ils sont parcourus par une multitude
de petits vaisseaux sanguins, des capillaires.
Ces vaisseaux sanguins agissent
sur les tissus comme un radiateur.
Seulement, ils sont extrêmement fins.
Et puis, quand il fait froid,
ils se contractent aux extrémités
des doigts. Par conséquent,
quand il fait froid, le sang ne chauffe plus
suffisamment le bout des doigts.
C'est ce qui provoque les enjoues.
Chez le chien, ces vaisseaux
sont beaucoup plus gros. La quantité
de sang qui circule à l'intérieur est plus importante.
Par conséquent, à température
extérieure égale,
les tissus sont suffisamment réchauffés
pour ne pas geler.
Les chiens disposent d'une protection
naturelle.
Les coussinets sont en effet tapissés
à l'intérieur d'une couche de graisse
qui isole les tissus irrigués.
Dans les courses
du Grand Nord ou dans les expéditions polaires,
les chiens doivent parfois affronter
des températures extrêmes à cause
du blizzard.
Autant les chiens de traîneau arrivent
à gérer ça jusqu'à des températures
de moins 45,
moins 47. Autant en dessous
de ça, là, il faut les aider.
C'est-à-dire qu'il faut les protéger du vent,
il faut essayer de les couvrir de neige
parce que quand il y a du blizzard, ils n'arrivent pas à le faire eux-mêmes.
C'est de la situation d'urgence.
Sous nos latitudes,
quand la température descend en dessous
de zéro, les mocheurs mettent
des manteaux aux chiens, comme pour les sportifs.
Cela maintient leurs muscles bien
au chaud et facilite leur récupération.
Allez, maintenant, on va faire
un gros dodo !
Couchez ! Couchez, les chiens !
3, 2,
1, go !
Ça y est, Jamy !
Les coureurs prennent le départ
de la dernière étape. Ils partent
les uns derrière les autres toutes les deux minutes.
Cette étape se court de jour
pour permettre au public d'assister
à la grande arrivée, mais la plupart des autres
se sont courus de nuit. Pourquoi ?
D'une part, pour éviter les skieurs et les promeneurs
sur les pistes, mais aussi pour éviter
les problèmes de surchauffe. Ces chiens,
on l'a dit, sont parfaitement adaptés au froid
et ils ne transpirent que par les pattes. Alors courir
au soleil, c'est prendre le risque d'un coup
de chaleur ! Ça y est, les prochains
vont partir !
Pour comprendre, encore une fois, on va
comparer avec l'être humain. Notre thermostat
est réglé sur 37 degrés.
Quand nous faisons de l'exercice,
nous produisons de la chaleur.
Notre organisme réagit instantanément
pour maintenir la température à 37 degrés.
Nous transpirons. En fait,
les glandes sudoripares réparties
à la surface de l'organisme produisent
de la sueur, ce qui a pour effet
de ramener la température à
37 degrés. Chez le chien,
l'effort produit aussi
de la chaleur. L'ennui,
c'est que cet animal est dépourvu de
glandes sudoripares. J'exagère
un peu, comme Sabine l'a dit. Il transpire
mais uniquement au niveau
des coussinets, ce qui évidemment
n'est pas suffisant pour maintenir
la température à 38 degrés,
la température du chien.
Alors comment il fait le chien ?
Il utilise son museau.
En effet, l'air que respire le chien
circule dans des conduits, les cornets
nasaux, qui sont tapissés d'un tissu
extrêmement vascularisé. Au contact
de l'air frais, le sang qui circule
dans ces tissus se refroidit, puis
circule dans tout le corps. C'est d'ailleurs
l'une des raisons pour lesquelles
le ski, par exemple, est plus
endurant que le boxer. En effet,
la surface des tissus qui recouvrent
les cornets nasaux s'étend
sur 250 centimètres carrés
chez le ski, alors que chez le
boxer, elle ne s'étend pas sur plus de
60 centimètres carrés. Du coup,
le boxer se refroidit moins bien.
Il bave et il tire la langue.
D'ailleurs, tous les chiens tirent la langue,
toujours pour la même raison. La langue
est extrêmement vascularisée.
Au contact de l'air frais, le sang
se refroidit.
Sur la Grande Odyssée,
on estime que les chiens courent à
20-25 km heure en moyenne, et à
plein élan, ils peuvent atteindre 30 km heure.
Waouh ! Des vraies machines
à courir !
Impressionnant, hein ? Alors,
comment font-ils ? Eh bien, pour comprendre,
comparons un chien de traîneau avec un
marathonien. En plein effort,
le cœur du marathonien peut atteindre
120 pulsations
par minute. Celui du chien de traîneau,
220 pulsations
par minute. Or, je vous rappelle que le cœur est une pompe
qui distribue dans l'organisme le sang
chargé d'oxygène. Premier
avantage pour le chien de traîneau. Mais le cœur
ne fait pas tout. Pour atteindre
les muscles, l'oxygène est
transporté par les globules rouges contenues
dans le sang. Eh bien, le taux de globules
rouges est plus important chez le
chien que chez l'homme.
52% chez le chien de traîneau,
40%
chez l'homme. Deuxième avantage
pour le chien de traîneau. Eh bien,
par conséquent, toutes proportions gardées,
le chien est en mesure de fournir
2,5 fois plus d'oxygène
à ses muscles que l'homme.
Oh là là là là !
Ça va vite, ça va vite, ça va vite !
Eh Jamy ! Il consomme quoi
ses chiens comme carburant pour filer à cette allure ?
Allez les chiens !
Allez ! Pour fonctionner,
les muscles ont besoin d'énergie. Eh oui.
L'oxygène ne fait pas tout. C'est simplement
l'un des ingrédients nécessaires
pour la production d'énergie.
Le comburant précisément. Mais pour que
la machine tourne, il faut également
du carburant.
Chez les êtres humains, ce sont les glucides,
les fameux sucres lents et rapides
que l'on trouve dans la nourriture.
Chez les carnivores, et en particulier
chez les chiens, ce sont les lipides,
les graisses. Or,
les lipides ont un meilleur rendement
que les glucides. Quand l'homme
brûle 100 g de glucides,
il produit environ
1,7
kJ. Et quand le chien
brûle 100 g de lipides,
il produit presque
3,8 kJ. Voilà pourquoi
les chiens courent aussi vite
pendant aussi longtemps.
Pour tenir le rythme, les chiens ont en moyenne
entre 4 et 5 repas par jour.
Là, c'est l'heure du snack. Au menu,
viande congelée avec un peu de miel.
C'est bon, là.
Déjeuner au lit.
À table, les enfants.
Pour les chiens, le plus important, c'est qu'ils boivent
régulièrement. S'ils sont mal hydratés,
ils ont des coups de chaleur qui peuvent être mortels.
Pour les faire boire, les mûcheurs
leur préparent une bonne soupe
à base de croquettes. Chez ces athlètes,
la compétition engendre du stress,
ce qui peut provoquer des diarrhées.
Pour éviter ça, on leur donne
des extraits de melon.
Bon appétit !
10 jours de course, 1000 km parcourus
essentiellement de nuit en haute montagne.
Moi, je dis, bravo les chiens !
Bravo !
La gagnante, c'est l'américaine
Jessie Royer. Elle a terminé la course
en un jour et douze heures, avec une
demi-heure d'avance sur le deuxième.
Bravo les chiens !
Qu'est-ce qu'ils sont beaux !
Jamy, j'aimerais bien en avoir un comme ça !
Mais dans le camion, c'est pas possible ! Ils seraient bien trop
malheureux ! En tout cas, bravo !
C'était une belle course !
C'est pas grave ! Nous,
on a Goliath ! Mais tiens, en fait,
il est passé où, Fred ?
Ayuki ! Non, Ayuki ! Pas par là !