Parti de Kidal en direction de Tinzaouatène, à la frontière de l'Algérie, le convoi des Forces armées maliennes et de mercenaires de Wagner est finalement revenu à Kidal sans livrer de combats. Pourtant de nombreux observateurs s'attendaient à de nouveaux affrontements avec les rebelles du CSP. Pourquoi cette colonne a-t-elle fait marche arrière après avoir mobilisé autant de moyens militaires ? Avec David Baché, journaliste au service Afrique de RFI. #mali#wagner#kidal 🔔 Abonnez-vous à notre chaîne : https://rfi.my/YTfr 🔴 Suivez RFI en DIRECT vidéo ici : https://rfi.my/YTliveFR 🌍 L’actualité du monde et de l’Afrique en direct : https://www.rfi.fr/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://rfi.my/FBfr Suivez-nous sur X (Twitter) : https://rfi.my/Xfr Découvrez l’actu en images sur Instagram : https://rfi.my/IGfr Recevez les dernières infos sur Telegram : https://rfi.my/TGfr
Au Mali, alors que l'on s'attendait à une nouvelle bataille à Tindzawaten, le convoi Fama-Wagner a fait marche arrière.
Et pourquoi le convoi rebrousse-t-il chemin après avoir mobilisé autant de moyens militaires ?
C'est vrai qu'il y avait environ 70 véhicules chargés de soldats maliens et de supplétifs du groupe Wagner.
Ils étaient partis il y a deux semaines de Kidal, direction, vous le disiez Hubert, Tindzawaten, à la frontière avec l'Algérie.
Et c'est vrai que de nombreux observateurs s'attendaient à de nouveaux affrontements avec les rebelles du CSP.
Bonjour David Bachet.
Bonjour Juan, bonjour Hubert.
Journaliste au service Afrique de RFI, sait-on pourquoi ce convoi a finalement fait marche arrière et repris donc la direction de Kidal, où il est arrivé d'ailleurs mardi soir ?
Alors de deux choses l'une, ou bien parce qu'il a rempli sa mission et qu'il peut donc rentrer, ou bien parce qu'il a reculé devant l'ennemi.
Pour l'armée malienne, c'est évidemment la première réponse qui est la bonne.
Elle a publié un communiqué le jour où la colonne a fait son retour à Kidal, mardi, et elle s'est félicitée de ce que les soldats maliens,
leurs supplétifs de Wagner ne sont jamais mentionnés, mais ils étaient nombreux dans la colonne.
L'armée s'est félicitée donc de ce que les soldats avaient pu récupérer les dépouilles de leurs frères d'armes tombées près de Tindzawaten fin juillet.
Vous vous en souvenez peut-être, les rebelles du CSP avaient alors tué plusieurs dizaines de soldats maliens et de mercenaires de Wagner.
Et effectivement, c'était le week-end dernier, le convoi a pu atteindre les lieux de cette bataille.
Le CSP assure de son côté que seuls les corps des soldats maliens étaient toujours sur place et que ceux des mercenaires de Wagner avaient été évacués.
En tout état de cause, l'état-major n'a pas mentionné d'autres objectifs et le convoi est ensuite rentré à Kidal.
C'est quand même un objectif assez inhabituel, David Bachet. Est-ce qu'on est certain que c'était le seul objectif finalement ?
Plusieurs sources sécuritaires et civiles maliennes l'assurent. Progresser jusqu'au lieu de la bataille et récupérer les corps, rien d'autre.
A leurs yeux d'ailleurs, le convoi a bel et bien rempli sa mission et prouvé qu'il pouvait parcourir la zone pendant une dizaine de jours sans subir d'attaque.
Il y a bien eu l'explosion d'une mine artisanale revendiquée par le JNIM sans bilan.
C'était d'ailleurs juste avant d'atteindre Kidal au dernier jour de l'opération.
Mais ni les djihadistes du JNIM ni les rebelles du CSP n'ont entendu soit d'embuscade à proprement parler.
Et il n'y a eu aucun combat. Ce qui est cocasse, c'est qu'en face, on utilise à peu près le même argument pour revendiquer la victoire.
Alors maigre victoire puisqu'il n'y a pas eu d'affrontement.
Mais selon les cadres du CSP que j'ai interrogé, c'est le couple Fama-Wagner qui, malgré ses 70 véhicules chargés d'hommes et d'armes, n'a pas osé attaquer.
Les rebelles pensent que l'objectif inavoué de l'armée, c'était de planter le drapeau à Tinsawaten, de laver l'affront subi il y a deux mois.
Et ils affirment que les Fama et Wagner ont reculé, qu'ils n'ont finalement pas osé parce que, toujours selon les rebelles,
ils se savaient surveiller de près, suivis, menacés et qu'ils ont redouté une nouvelle défaite.
Donc on n'a pas vraiment le fin mot de l'histoire.
Disons que les deux camps avancent leurs arguments et qu'à moins d'avoir accès aux ordres confidentiels de l'état-major Malien,
ce qui n'est pas mon cas, c'est difficile d'avoir de certitudes sur les objectifs initialement assignés à l'opération,
sur les intentions réelles au départ de l'armée.
Mais aujourd'hui, la conclusion, c'est que les deux camps estiment avoir fait la démonstration de leur force et que les deux camps promettent de nouveaux épisodes.