Messe du 14 octobre 2024 à Saint-Germain-l'Auxerrois

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KTO propose en direct la messe à 18h30 le samedi et le dimanche et à 18h15 du lundi au vendredi, grâce au recteur archiprêtre et aux chapelains de Notre-Dame de Paris. Cette messe est célébrée en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.
Le Christ est 100% humain, il est bien sûr totalement Dieu,
mais il est aussi tantellement humain.
Et par le fait que Jésus ait été homme,
ça inclut le fait que Jésus sait ce qu'on traverse
et sait ce que je traverse et ce que je vais traverser.
Il va vraiment nous donner les conseils
et nous aider à battre tous ces obstacles, toutes ces épreuves.
Catholiques pratiquants, Jean-Pascal et Lambert et Hemba
font partie de l'une des premières familles converties au catholicisme
dans une région restée difficile d'accès jusqu'au début du XXe siècle,
le delta de Casamance au Sénégal.
Le témoignage de ces deux frères
permet de mesurer la part de christianisation
sur le continent africain à l'aube du XXe siècle.
Du père Geoffroy au frère Rosaire,
mercredi à 20h35 sur KTO.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
la grâce de Jésus de Christ notre Seigneur,
l'amour de Dieu le Père et la communion de l'Esprit Saint soient toujours avec vous.
Du psaume 129, si tu retiens les fautes Seigneur,
Seigneur qui subsistera,
et près de toi se trouve le pardon, Dieu d'Israël.
Au soir du jour,
avec celles et ceux qui nous rejoignent par la télévision KTO,
nous présentons devant toi Seigneur
et nous invoquons ton pardon.
Accorde-nous la grâce d'écouter ta parole,
de nous laisser transformer par elle,
de te recevoir, toi le pain vivant qui descend du ciel.
Je confesse à Dieu Tout-Puissant.
Je reconnais devant vous, frères et sœurs,
que j'ai péché, en pensée, en parole,
par action et par commission.
Oui, j'ai vraiment péché.
C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie,
les anges et tous les saints,
et vous aussi, frères et sœurs,
de prier pour moi, le Seigneur de notre vie.
Que Dieu Tout-Puissant nous fasse miséricorde,
qu'il nous pardonne nos péchés
et nous conduise à la vie éternelle.
Prions, le Seigneur.
Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance
et qu'elle nous accompagne toujours,
pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche,
par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit,
Dieu pour les siècles des siècles.
Lecture de la lettre de Saint-Paul, apôtre aux Galates.
Frères, il est écrit qu'Abraham a eu deux fils,
l'un né de la servante et l'autre de la femme libre.
Le fils de la servante a été engendré selon la chair.
Celui de la femme libre l'a été en raison d'une promesse de Dieu.
Ces événements ont un sens symbolique.
Les deux femmes sont les deux alliances.
La première alliance, celle du Mont-Sinai,
qui met au monde des enfants esclaves,
c'est Agar, la servante,
tandis que la Jérusalem d'en haut est libre,
et c'est elle, notre mère.
L'Écriture dit, en effet,
Réjouis-toi, femme stérile,
toi qui n'enfantes pas,
éclate en cri de joie,
toi qui ne connais pas les douleurs de l'enfantement,
car les enfants de la femme délaissée
sont plus nombreux que ceux de la femme qui a un mari.
Dès lors, frères,
nous ne sommes pas les enfants d'une servante,
nous sommes ceux de la femme libre.
C'est pour nous,
c'est pour que nous soyons libres
que le Christ nous a libérés.
Alors, tenez bon,
ne vous mettez pas de nouveau
sous le joug de l'esclavage.
Parole du Seigneur.
Béni soit le nom du Seigneur,
béni soit l'heure du Seigneur,
loué est le nom du Seigneur,
béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles,
béni soit le nom du Soleil,
loué soit le nom du Seigneur,
le Seigneur domine tous les peuples,
sa gloire domine les cieux,
béni soit le nom du Seigneur,
qui est semblable au Seigneur notre Dieu,
il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre,
de la poussière il relève les faibles,
il retire le pauvre de la sombre,
béni soit le nom du Seigneur,
loué aujourd'hui ne fermez pas vos yeux,
mais écoutez la voix du Seigneur,
Alléluia.
Le Seigneur soit avec vous.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc.
En ce temps-là, comme les foules s'amassaient,
Jésus se mit à dire que cette génération est une génération mauvaise.
Elle cherche un signe, mais en fait de signe,
il ne lui sera donné que le signe de Jonas,
car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive.
Il en sera de même pour le fils de l'homme pour cette génération.
Lors du jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront.
En effet, ils se sont convertis en réponse
à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.
Acclamons la parole de Dieu.
Alors nous lisons cet évangile de Saint Luc
qui nous invite à reconnaître le temps de la visite.
Le Seigneur est là,
et il vient à notre rencontre dans chacune des eucharisties
que nous célébrons.
C'est lui qui se donne à travers sa parole
et à travers le pain consacré.
Et dans les paroles que nous entendons,
il y a ce soir comme la semaine dernière
cette lecture continue de la lettre au Galate
qui mérite toute notre attention.
La loi de Moïse,
cette loi tant aimée que l'apôtre Paul
a pratiquée ardemment,
cette loi, il la rejette par attachement au Christ.
Entendons bien, il ne rejette pas les dix commandements,
ce n'est pas cela.
Mais ce sont tous les préceptes,
toutes ces petites règles qui se sont rajoutées
aux dix commandements
et que le juif pieux essaie de pratiquer
de tout son cœur, de toute son âme
afin de pouvoir être justifié par la loi.
L'apôtre Paul nous transmet
à travers cette lettre au Galate son témoignage.
C'est impossible.
Il est impossible pour l'homme d'être justifié
par la pratique de la loi.
Et alors pour nous aider, non pas à en rester là,
mais à comprendre que dans le projet de Dieu
il y avait une promesse qui précédait la loi,
il remonte à Abraham.
Il s'agit d'être comme Abraham,
de mettre notre confiance dans la foi.
Non pas être de ceux
qui se réclament de la loi,
mais de ceux qui se réclament de la foi.
Pour nous aider à comprendre, il fait cette comparaison
avec ces deux figures qu'il emprunte
au livre de la Genèse.
Vous savez, dans le chapitre 16 et le chapitre 21,
il y a la naissance d'Ismaël qu'Abraham a eue
avec sa servante Hagar,
et puis la naissance d'Isaac
qu'il a eue avec son épouse Sarah.
Isaac, c'est lui le fils de la promesse,
le fils de la femme libre.
Nous ne percevons peut-être pas
la force des affirmations de saint Paul,
à quel point ça pouvait être dur à entendre
pour les autres juifs.
En rattachant les deux femmes à l'ancienne
et à la nouvelle alliance,
et en affirmant que la première alliance,
celle du Mont-Sinai, celle de Moïse,
met au monde des enfants esclaves,
il vient les inviter
à quitter la confiance qu'il mettait dans la loi.
Il y a bien eu une libération,
la libération de l'esclavage d'Égypte,
mais cette libération était une libération
selon la chair et non pas selon la promesse.
Pour ceux qui sont esclaves du péché,
il est vrai, la loi de Moïse constitue
une libération.
Il passe de l'esclavage du péché
à la liberté du peuple de Dieu.
Mais pour ceux qui ont été libérés par le Christ,
la loi de Moïse est une régression.
Ils reviennent en arrière.
Alors il est sûr qu'il peut nous arriver,
il nous arrive parfois d'avoir besoin de repères,
d'avoir besoin d'éléments
qui structurent notre vie.
Mais la liberté du Christ,
cette liberté dont saint Augustin nous disait
qu'elle nous invite à aimer,
et c'est tellement exigeant déjà, aimer,
et ensuite faire ce que l'on veut,
cette liberté dépasse largement
ce que la loi pouvait apporter.
Seigneur, donne-nous d'être ces fils
de la femme libre,
cette femme libre sur laquelle médite l'apôtre Paul,
cette femme libre dans laquelle nous pouvons
aussi reconnaître la Vierge Marie,
celle qui ne cesse d'enfanter l'Église.
Priez, frères et sœurs, que mon sacrifice,
qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu,
le Père, le Puissant.
Avec l'offrande de ce sacrifice, accueille, Seigneur,
les prières de tes fidèles,
que cette liturgie, célébrée avec ferveur,
nous fasse parvenir à la gloire du Ciel
par le Christ, notre Seigneur.
Le Seigneur soit avec vous.
Grâce au Seigneur, notre Dieu.
Il est juste et bon pour ta gloire et notre salut
de t'offrir notre action de grâce
toujours et en tous lieux. Seigneur,
Père très-saint, Dieu est affable et tout-puissant.
Dans ta bonté, tu as créé l'homme et comme il l'avait
mérité la condamnation, tu l'as racheté
dans ta miséricorde par le Christ,
notre Seigneur. Par lui,
les anges célèbrent ta grandeur et les esprits
bienheureux adorent ta gloire.
Par lui s'inclinent devant toi les puissances
d'en haut et tressaillent d'une même
allégresse les innombrables créatures des cieux.
À leur hymne de louange,
laisse-nous joindre nos doigts
pour chanter et proclamer...
Saint...
Toi qui es vraiment Saint,
toi qui es la source de toute sainteté,
Seigneur, nous te prions,
sanctifie ces offrandes en répondant
sur elles ton esprit,
qu'elles deviennent pour nous le corps et le sang
de Jésus le Christ, notre Seigneur.
Au moment d'être livré et d'entrer librement
dans sa passion, il prit le pain,
il rendit grâce, il le rompit
et le donna à ses disciples en disant
Prenez et mangez en tous,
ceci est mon corps livré pour vous.
De même, après le repas,
De nouveau, il rendit grâce et le donna à ses disciples en disant
Prenez et buvez en tous,
car ceci est la coupe de mon sang,
le sang de l'alliance nouvelle et éternelle
qui sera versé pour vous et pour la multitude
en rémission des péchés.
Vous ferez cela en mémoire de moi.
Il est grand le mystère de la foi,
En faisant ainsi mémoire de la mort et de la résurrection
de ton fils, nous t'offrons, Seigneur,
le pain de la vie et la coupe du salut
et nous te rendons grâce, car qu'il nous a estimés dignes
de nous tenir devant toi pour te servir.
Humblement, nous te demandons,
qu'en ayant peur au corps et au sang du Christ,
nous soyons rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps.
Souviens-toi, Seigneur, de ton église répandue
à travers le monde. Fais-la grandir
dans ta charité en union avec notre pape François,
notre évêque Laurent et tous les évêques,
les prêtres et les diables.
Souviens-toi aussi de nos frères et sœurs qui se sont endormis
dans l'espérance de la résurrection.
Souviens-toi de Georgette et de Suzy.
Souviens-toi de Georgette spécialement recommandée
à notre prière ce soir. Et souviens-toi
dans ta miséricorde de tous les défunts.
Accueille-les dans la lumière de ton visage.
Sur nous tous, enfin, nous implorons ta bonté.
Nous te confions, Suzy.
Permets qu'avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu,
avec Saint Joseph, son époux,
avec les apôtres,
Saint Germain et tous les saints qui ont fait ta joie
au long des âges, nous ayons part à la vie éternelle
et que nous chantions ta louange et ta gloire
par ton Fils Jésus le Christ.
Par lui, avec lui, héros, fils,
à toi, Dieu le Père tout-puissant,
dans l'unité du Saint-Esprit,
toute honneur et toute gloire
pour les siècles des siècles.
Comme tu nous l'as appris, Seigneur Jésus,
et selon ton commandement, nous osons venir.
Notre Père, Jésus,
que ton nom soit sanctifié,
que ton âme vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
que nous pardonnions aussi à ceux qui nous ont offensés
et ne nous laissent pas entrer en tentation.
Mais délivre-nous.
Délivre-nous de tout mal, Seigneur,
et donne la paix à notre temps.
Soutenu par ta miséricorde,
nous serons libérés de tout péché, à l'abri de toute épreuve.
Nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance,
l'avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.
Car c'est à toi qu'appartient
le règne, la puissance et la gloire
pour les siècles des siècles.
Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres,
je vous laisse la paix, je vous donne ma paix.
Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église.
Pour que ta volonté s'accomplisse,
donne-lui toujours cette paix
et conduis-la vers l'unité parfaite,
toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
Dans la charité de Christ, donnez-vous la paix.
Voici l'agneau de Dieu,
voici celui qui enlève les péchés du monde,
heureux les inviter au repas des noces de la nuit.
Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir,
mais dis seulement une parole
et je serai heureux.
Prions, Seigneur.
Seigneur, Dieu de majesté, nous t'en supplions humblement.
Puisque tu nous as nourris du corps et du sang très saint,
rends-nous participants de la nature divine
par le Christ notre Seigneur.
Le Seigneur soit avec vous.
Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse,
le Père et le Fils et le Saint-Esprit.
Allez dans la paix du Christ.
Des frères dominicains sont installés depuis plus de 40 ans
dans le quartier très populaire de Moulins.
Autour des frères Benoît, Jean-Laurent et Jean-Pierre,
une communauté plus large s'est construite.
Ce sont des voisins, des amis,
qui, malgré les blessures de la vie,
osent chaque jour avec eux l'aventure de la fraternité.
Nous savons que ce n'est pas en sautant sur notre chaise,
en criant Christ est ressuscité,
qu'on va supprimer le malheur du monde.
À partir du moment où on n'exclut plus les exclus,
quand on les accueille,
quand on leur donne leur place,
toute leur place dans la communauté,
il n'y a plus d'exclus.
Je crois que la pire des pauvretés,
c'est celle de l'isolement, du manque de relation.
Il y a une façon de relever les gens,
de les valoriser, de faire qu'ils s'en sortent.
C'est comme si j'étais tombé à terre
et que le 60 m'a aidé à me relever.
La maison du 60, ce soir, à 20h35, sur KTO.
Saint Paul nous exhorte à la vie fraternelle.
Il nous dit, frère,
n'ayez de dettes envers personne,
sauf la dette de l'amour mutuel,
car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la loi.
Mais comment réussir l'amour mutuel ?
Oh, il y a bien la solution de Victoire.
Victoire est une délicieuse petite fille de 5 ans,
quatrième d'une fratrie de 6.
Un jour, elle trouve ses parents
en train non pas de se disputer,
mais d'avoir une conversation assez vive,
les deux ayant un fort tempérament.
Alors elle leur dit candidement,
arrêtez de vous disputer,
vous n'avez qu'à faire un plouf-plouf.
Voilà, tirons au sort et concluons par l'autodérision.
Mais ce n'est pas toujours aussi simple.
Jésus nous a donné toute une procédure.
Il nous dit que si nous avons été heurtés par un frère,
il faut d'abord aller trouver ce frère seul à seul.
Si ce frère ne nous écoute pas,
il faut prendre avec nous un autre frère de la communauté
pour à trois essayer de résoudre le différent.
Et si cette démarche n'aboutit pas,
il faut en parler alors à toute la communauté.
Et si cette troisième étape n'aboutit pas non plus,
il nous dit de considérer ce frère comme un païen ou un publicain.
Alors, dans cette quatrième exhortation,
nous entendons qu'il serait donc possible
d'éliminer ce frère, de l'exclure.
Ça n'est peut-être pas ce que veut dire Jésus.
J'en appelle à cette petite anecdote dans le monde politique.
Ce politique français qui est aujourd'hui décédé
ne s'est jamais marié parce qu'il concevait la politique
comme une vocation à part entière.
Et puis voilà qu'un jour,
un journaliste lui pose la question de son célibat.
A-t-il senti un peu de soupçon ou d'ironie ?
En tout cas, il a répondu par une boutade
qui est assez riche d'enseignements.
Il dit « Je vais vous dire pourquoi je ne me suis jamais marié.
Je me trouvais un jour dans le métro parisien,
il y avait beaucoup de monde, et sans faire exprès,
j'ai marché sur le pied de ma voisine.
Et avant que j'aie eu le temps de lui présenter mes excuses,
elle s'est mise à brailler « Espèce d'idiot !
Tu ne peux pas regarder où tu mets tes gros pieds ? »
Et en finissant sa phrase, ses yeux se sont portés sur moi
et elle m'a dit en rougissant
« Oh excusez-moi monsieur, je croyais que c'était mon mari. »
Ça nous ressemble.
Nous faisons supporter à nos proches
ce que nous nous gardons bien de faire supporter aux étrangers
parce que tout de même nous avons notre fierté et notre dignité.
Et bien Jésus nous dit « Tu es capable de prendre sur toi,
de patienter, de pardonner vis-à-vis d'étrangers. »
Et bien fais pareil avec tes proches.
Peut-être, nous dirait-il aussi, considère-le comme un bébé spirituel.
Un bébé, c'est inutile de lui crier dessus, il ne changera pas.
Ça n'est qu'à force de patience, d'attention,
que petit à petit il va s'apaiser.
Avouons que nous faisons bien souvent l'inverse
de la démarche indiquée par Jésus.
Au lieu d'aller parler à notre frère,
nous parlons de notre frère aux autres.
Nous commençons par là.
J'ai un ami gendarme qui reçoit beaucoup de plaintes
à son guichet de gendarmerie.
Et très souvent il dit aux plaignants
« Vous venez me parler de votre voisin qui vous crée des nuisances.
Est-ce que vous avez parlé à votre voisin ? »
Souvent non.
J'ai bien aimé la réflexion d'un ami prêtre,
aujourd'hui décédé, dont j'ai beaucoup appris de la sagesse.
Il raconte que ce jour-là il était installé dans sa nouvelle paroisse.
Il savait que le maire avait été élu sous l'étiquette communiste
et qu'il était plutôt anticlérical.
Mais le père Rémy est du genre bonhomme, bienveillant,
toujours le mot d'humour.
Et au fur et à mesure qu'ils font connaissance,
M. le maire se sent engagé dans une amitié.
Alors il se croit obligé de lui dire
« Père, je dois vous dire que nous ne sommes pas du même bord. »
Répartie immédiate du père Rémy,
« Pourquoi ? Vous avez des bords, vous ? »
Oui, reconnaissons que nous pouvons avoir des bords,
nous nous mettons des limites.
Dans ma vie professionnelle, j'ai eu affaire à un N plus 1,
comme on dit maintenant,
qui se targuait d'être très intuitif et très perspicace.
Il aurait aimé être policier, enquêteur.
Et un jour, un ami lui a dit
« Tu es un gros naïf. »
C'était l'insulte suprême.
Pourquoi ?
Eh bien parce que tu penses
que tout ce que tu déblatères sur les uns ou sur les autres,
ça ne leur arrivera jamais aux oreilles.
Or, ça leur arrive toujours aux oreilles.
Quand Jésus a donné la démarche,
il en boite avec une exhortation à la prière,
en nous disant « Si deux ou trois se mettent d'accord
pour demander quelque chose au Père des cieux,
sachez qu'ils l'obtiendront. »
Eh oui, prier, c'est inviter le Seigneur
dans cette situation de tension, de malentendu.
Alors, n'hésitons pas à parler à ceux qui nous heurtent
et à parler à Dieu de ceux qui nous heurtent.
Ça vaut mieux qu'un plou-plou.
Ce programme vous est présenté en partenariat
avec Le Monde de la Bible.
Le Christ quittant le prétoire.
Ce que l'on retient souvent de la peinture d'histoire du XIXe siècle,
c'est son réalisme tout à fait kitsch
qui lui faisait prendre l'orientalisme de Pacoutille
et le vestiaire bédouin
pour l'incarnation de la grande histoire.
En fait, dans ce tableau,
on est bien loin d'une perspective naturaliste.
En effet, le décor ne doit rien à Jérusalem.
Il a été suggéré à Gustave Doré par une visite dans Londres.
Il reprend l'architecture de Hanover Square
avec la colonnade de l'église Saint-Georges
et au fond, la masse sombre de la statue du premier ministre,
William Pitt.
C'est bien plutôt un effet dramatique
que cherche l'artiste par une composition soignée.
Au centre, la longue bande blanche de l'escalier
qui singularise la haute figure de Jésus,
également vêtue de blanc,
permet à l'œil de l'identifier parmi les visages
qui constituent la foule.
En même temps, elle l'isole
et donne l'impression qu'il est seul
au milieu de tous ces gens.
De part et d'autre,
les mille et une attitudes d'une multitude,
tour à tour hostiles, désespérées,
incrédules,
dressent le tableau de l'humanité
dans lequel le spectateur joue à reconnaître
certains personnages comme Pilate,
tout au fond, dans un ample manteau rouge,
pour renforcer l'aspect dramatique de sa composition.
Doré multiplie les procédés,
rappelant la fin poignante qui se prépare.
La descente des escaliers
est vite entravée par la croix posée en diagonale
sur le bas des marches.
Cet obstacle montre que les pas du sauveur sont comptés.
Le peintre mise aussi sur la culture iconographique du spectateur.
Il présente les protagonistes de la crucifixion
dans la posture même qu'ils s'apprêtent à épouser
au moment de la mort de Jésus.
Marie est proche de la pamoison.
Autour d'elle, les saintes femmes
prennent l'attitude du plus extrême chagrin.
Vêtues de rouge,
un jeune homme adopte le comportement de colère
mêlé à la douleur propre à l'apôtre Jean.
Le message est clair.
En sortant du prétoire,
c'est bien sûr sur une via dolorosa
que s'engage le Christ.
Cette mise en scène frappante,
proposée dans un très grand format,
poursuit une seule finalité.
Produire un spectacle
tout en se fixant un but
d'édification spirituelle.
Une sorte de méditation
un peu manichéenne sur la solitude du sauveur
face à la méchanceté humaine.
La partie gauche du tableau
exhibe avec une particulière acuité
la brutalité des soldats romains
à l'attitude méprisante et hostile.
Leur comportement agressif
a pour conséquence que la foule est pressée,
écrasée,
ce qui fournit une représentation visuelle
du poids du jour romain.
Un jeune homme renversé sur le dos,
au pied de la croix,
semble agonisé.
Il est la première victime
de ce déchaînement de violence
qui va toucher Jésus.
La partie médiane du tableau
est bâtie sur un très fort contraste.
À gauche, le Christ,
les traits réguliers,
la physionomie ouverte
mais vulnérable,
est habillé d'un vêtement à l'antique
qui ne choque pas la culture
du spectateur européen
puisqu'il s'agit d'une aube
qu'il a l'habitude de voir
dans les cérémonies chrétiennes.
À droite, un homme au visage fermé,
méprisant,
accoutré d'une ample robe bleue
à large ceinture d'or
et de luxueux bijoux,
le grand prêtre Caïphe.
À sa gauche,
des personnages enturbannés en costume
chargés de brocards et de velours,
probablement les membres
du Sanhedrin.
Se détachant des autres assistants
parce qu'il est le seul à fixer le spectateur,
Judas se tient en retrait,
avec toutes les caractéristiques
flétrissant le traître
depuis le Moyen-Âge
qui annonce la manière dont les caricatures antisémites
représentent les Juifs
à l'époque de Doré.
Avec sa barbe à double pointe
et son fou.
