Culture : l'art contemporain béninois à la Conciergerie
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1 Vues de vidéo·16 oct. 2024
La Conciergerie de Paris accueille jusqu'au 5 janvier l’exposition “Révélation - Art contemporain du Bénin”. Elle nous permet de découvrir l'effervescente scène artistique contemporaine. Moderne dans ses réflexions et ancrée dans la tradition des rois et des Dieux du pays.
De l'art contemporain du Bénin, dans la plus grande salle civique gothique d'Europe.
Une famille royale du Daumé et sa suite de passage dans le premier palais des rois de France.
La scène artistique du Bénin et de sa diaspora est ici, sous ses voûtes surcroisées d'ogive.
Pour comprendre pourquoi ces œuvres se retrouvent ici, un voyage dans le temps s'impose.
Nous sommes en 2021, à Cotonou, dans ces camions blancs, 26 trésors royaux restitués par la France au Bénin.
Une page d'histoire. Le retour au pays d'un patrimoine inestimable.
Je ne pense pas être en mesure de dire grand chose. Je suis dévasté par l'émotion.
Trois mois plus tard, toujours à Cotonou, s'ouvre l'exposition de ces trésors retrouvés.
Comme les superbes trônes des rois Guézo et Glélé.
Des pièces historiques, accompagnées d'œuvres d'artistes béninois contemporains.
Parmi lesquelles, la version actuelle est très éclairée, de Legba, le messager entre les hommes et Dieu, dans le culte vaudou.
Ce même Legba, que l'on retrouve aujourd'hui dans l'expo parisienne, avec sa créatrice, l'ex-avocate au barreau de Paris et de Cotonou,
activiste et maîtresse de cérémonie, Edwige Aplogan, qui constate qu'un détail sur son œuvre n'a échappé à personne.
Au début, ça fait rire, ça fait rire parce qu'il y a un phallus en érection et tout.
Mais c'est un Legba. C'est lui qui est l'intercesseur entre le prêtre initié, les humains et la divinité suprême à qui on présente des demandes.
Mais vous savez que le Legba a beaucoup perdu de sa connotation sexuelle.
Mais lui, le Legba, sa puissance est dans la tête. C'est sa tête qui représente le soleil.
Les trésors du passé sont restés à Cotonou, mais les œuvres d'une quarantaine d'artistes contemporains ont fait le déplacement,
comme celle d'un autre activiste de l'art, Tchif. Il est le créateur d'un centre artistique au Bénin et d'un art exposé dans le monde entier.
Mais ce tableau-ci a beau avoir été créé il y a 16 ans au Venezuela, le travail et le discours de Tchif reviennent immanquablement au même endroit.
Le Bénin a été le quartier latin de l'Afrique. Le Bénin a beaucoup de richesses, mais cette richesse est une richesse intellectuelle.
Une richesse qui ne cesse d'influencer l'art occidental. Ce fil qui relie les deux pôles est régulièrement tissé par Dimitri Fadboun.
Il emprunte, lui aussi, les formes et l'esthétique de l'art africain qu'il réinvente, comme sur cette aile.
— Vous partez de vous, de l'endroit où on vous a posé dans l'univers, et vous tissez les fils. Et plus j'avance dans ma pratique,
plus je comprends que ma proposition est précisément de resserrer le lien entre le Nord et le Sud, de trouver ce point, ce point d'accroche – je suis pas le seul –
qui met en convergence précisément les valeurs qu'on a en commun.
Une centaine d'œuvres, 40 artistes représentés, des divinités, des reines et des rois, des femmes et des hommes.
Après les restitutions des trésors du passé, c'est désormais l'art contemporain qui fait parler du Bénin.
