7 822 kilomètres séparent Washington de Moscou ; mais si l’on se place dans l’océan Arctique, États-Unis et Russie sont très proches. Les deux îles Diomède (la petite est américaine, la grande russe) ne sont distantes que de 3 kilomètres ! L’occasion pour nous d’aller plus loin dans l’exploration de cette zone arctique où Vladimir Poutine entend toujours avoir un coup d’avance.
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Bienvenue dans l'Essentiel du Dessous des Cartes.
Aujourd'hui, on commence par mesurer la distance
qui sépare Washington de Moscou, 7822 kilomètres.
Mais regardez à présent si l'on se place dans l'océan Arctique.
Voici la Chukotka, un district autonome de la Russie.
Et voici l'Alaska, 49e état des Etats-Unis.
85 kilomètres seulement séparent les deux pays
au niveau le plus resserré du détroit de Bering.
Encore plus proche, voici les deux îles Diomède,
distantes de seulement 3 kilomètres.
La Petite Diomède est américaine, habitée par une centaine de pêcheurs.
La Grande Diomède est russe, elle n'a plus de population permanente
depuis que l'URSS y a implanté une base militaire en 1948.
Une proximité spatiale qui s'accompagne en revanche d'une distance temporelle.
Quand il est dimanche midi sur la Petite Diomède américaine,
il est déjà lundi 9h du matin sur la Grande Diomède russe.
L'occasion pour nous d'aller plus loin dans l'exploration de cette zone arctique
où, vous allez voir, Vladimir Poutine entend précisément avoir toujours
un coup d'avance. Sortons nos cartes.
Frontière russo-américaine, le détroit de Bering est aussi un lieu
de passage stratégique entre deux océans, Arctique et Pacifique.
Pendant la guerre froide,
Américains et Soviétiques établissent des bases militaires le long des côtes.
Le détroit de Bering est alors surnommé le rideau de glace.
Mais aujourd'hui, c'est la fonte de ces glaces dans l'océan Arctique
qui vient bousculer les enjeux géopolitiques de la région.
Alors que le détroit a été pris par les glaces six mois par an,
rendant impossible toute navigation,
il est désormais régulièrement navigable en plein hiver.
Une nouvelle route commerciale, la route dite du Nord-Est,
est ainsi en train de s'ouvrir entre les ports du Pacifique
et les ports européens.
Pour relier par exemple Shanghai à Rotterdam,
les portes containers n'auraient plus que 15 790 kilomètres à parcourir.
Alors que la route traditionnelle actuelle,
qui passe par le détroit de Malacca et le canal de Suez,
est longue de 19 550 kilomètres.
Alors, pour comprendre les ambitions de Vladimir Poutine en Arctique,
direction le port de Murmansk.
Il peut fonctionner toute l'année car ses eaux ne gèlent pas.
C'est d'abord un port de pêche, l'un des plus importants en Europe.
C'est également là qu'est stationnée la flotte des brises glaces
à propulsion nucléaire dont la Russie se sert pour exploiter
les gisements de gaz et de pétrole dans les eaux glacées du Grand Nord.
Surtout, le Kremlin a l'ambition de faire du port de Murmansk
un gigantesque hub entre les gisements de la péninsule de Yamal
et les ports importateurs européens et chinois.
Voici enfin la base de Severomorsk, la principale base de la flotte du Nord.
Elle abrite les deux tiers des sous-marins russes.
L'Arctique, qui donne des idées à la Russie de Vladimir Poutine,
mais aussi à la Chine de Xi Jinping.
Ainsi, la Chine s'est déclarée en 2018 Nation proche de l'Arctique.
Alors même qu'elle se situe à 1500 kilomètres du cercle polaire,
Pékin s'équipe en navire brise-glace,
stationnant volontiers dans le port russe de Murmansk.
Voilà l'essentiel du Dessous des Cartes, c'est fini pour aujourd'hui, à bientôt.