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À bientôt pour de nouvelles aventures historiques !
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👀 Pour en savoir plus : Mousquetaires ! Gallimard, Jean-Pierre Bois et Olivier Renaudeau, musée de l'Armée.
Faut-il voir la série The Musketeers ?
Comme toujours, on va en parler un peu, sans spoiler l'intrigue.
Les adaptations des trois mousquetaires, vous le savez à présent,
il y en a énormément, de qualités plus ou moins variables,
allant de l'excellence aux plus douteux,
mais en série, j'ai une affection particulière pour celle de la BBC,
sobrement intitulée The Musketeers.
Alors là, normalement, si vous ne connaissez pas la série, vous vous dites
« Mais attends, c'est une série sur quelque chose de français et emblématique,
faite par des Anglais, mais il faut s'attendre au pire ! »
Et c'est exactement ce que j'ai pensé moi-même avant de la regarder.
Pourtant, elle fait probablement mieux que certaines productions françaises récentes.
Oui, mais moi aussi ça me surprend, parce que généralement,
les Américains comme les Anglais ne sont pas particulièrement tendres
avec les choses liées à l'histoire de France.
Mais cette série parle-t-elle vraiment d'histoire ? En fait, c'est plus compliqué que ça.
De base, l'histoire est la même que celle écrite par Alexandre Zoduma.
Le jeune d'Artagnan arrive à Paris au début du XVIIe siècle,
rencontre un peu par hasard Athos, Portos et Aramis,
avec qui il manque de se battre avant de devenir amis,
et ensemble, ils vont voler d'aventure en aventure au service du roi et de la reine de France,
déjouant les machinations du cardinal de Richelieu et de son âme damnée,
Miletzi de Winter.
On y retrouve tous les personnages désormais classiques,
Constance Bonacieux et son mari, M. de Tréville, le capitaine des mousquetaires du roi,
le comte de Rochefort, etc.
Pour autant, la ressemblance avec le roman s'arrête probablement là.
Les événements se passent quelques années après, et d'ailleurs, ne sont pas du tout conformes au roman.
On y voit quelques scènes qui en sont issues,
mais elles restent particulièrement à la marge sur l'intégralité de la série,
qui court sur 3 saisons et 30 épisodes de 55 minutes.
La série a été suspendue après sa 3ème saison malgré des fans et un succès correct.
La production a estimé qu'elle devrait rapporter plus.
Voilà, c'est le durlo des nombreuses séries contemporaines annulées sans autre forme de procès.
Elle est sortie en 2014 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis,
et à partir de 2015 en France et au Québec.
Voilà pour le tableau d'ensemble. Jusque-là, normalement, vous n'êtes pas tellement dépaysés.
Mais alors, pourquoi est-ce que j'aime autant cette série,
et que j'ai dû voir une dizaine de fois jusqu'à présent ?
Ah, vous me connaissez un peu maintenant, vous allez vous douter que cela vient évidemment des costumes.
Et pour cette fois, vous auriez tort.
Le film de Paul W.S. Anderson est bien plus juste dans ses costumes
que cette série de nos mousquetaires préférés.
Oui, le film avec les dirigeables, Milady qui fait du Kung-Fu,
et tous les trucs de... le film de 2011, quoi.
Alors vous allez me dire que ce sont les événements historiques,
merveilleusement bien dépeints dans la série,
les rapports entre les personnages, entre les pays, entre les puissants.
Et bien là encore, pas du tout.
La série s'arrange avec beaucoup de choses,
même si elle se sert allègrement dans l'histoire d'éléments tout à fait réels pour asseoir son récit.
Ainsi, on y parle des colonies, des Amériques,
des rapports entre le roi et les autres seigneurs de France,
des rapports entre le roi et la reine,
et de la diplomatie entre la France et l'Espagne.
Parce que oui, dans le roman, normalement, la France, elle est plutôt opposée à l'Angleterre,
mais dans la mesure où c'est une série anglaise,
les anglais ont sans doute préféré mettre un autre antagoniste diplomatique.
Je vois que l'Espagne est plutôt correcte, mais tout ça, ce ne sont que des détails,
la série n'est pas spécifiquement historique non plus.
Alors résumons, ce n'est pas fidèle à l'œuvre de Dumas,
ce n'est pas fidèle à l'histoire en termes de thématiques,
ce n'est pas fidèle à l'histoire en termes de visuel.
Du coup, pourquoi est-ce que j'aime cette série ?
Et bien parce que, dans une certaine mesure,
elle est fidèle au plus important, l'esprit.
Je vous le répète régulièrement, je ne suis pas favorable à une adaptation de l'histoire brute
sans une manière de la présenter.
Enfin, oui, une adaptation, quoi.
Adapter les choses, c'est indispensable pour pouvoir comprendre ce que l'on veut montrer
et réussir à transmettre correctement son sujet.
Et ça, c'est le travail du médiateur culturel que je suis, d'ailleurs.
Si je vous transmettais le discours scientifique à la virgule près,
y compris dans le vocabulaire très spécifique que cela induit,
ce serait un peu compliqué pour vous, voire un peu aride.
C'est pour ça que j'adapte ce que je raconte,
sans mentir pour autant, sans tomber dans le faux,
sans vous prendre pour des imbéciles en simplifiant à l'excès non plus.
Il faut juste rendre les choses plus accessibles.
Et bien The Musketeers, c'est un peu ça.
Presque rien n'est parfait, mais tout est dans l'esprit.
L'esprit de l'époque, tout d'abord,
mais aussi et surtout l'esprit du roman d'Alexandre Dumas et Auguste Maquet,
Trois Musketeers.
Ainsi donc, les costumes des personnages principaux sont souvent approximatifs.
On retrouve beaucoup trop de cuir, là où il faudrait une majorité de lénage.
La couleur est bien présente, mais il faudrait qu'elle le soit peut-être un peu plus.
Côté propreté et salissure, c'est peut-être un poil trop,
mais bon, je pense que je chipote un peu quand même là-dessus.
Les tenues en cuir des Musketeers sont complètement fantasques
et n'ont rien d'historique, pas plus que leur spalière à l'épaule.
La spalière, c'est la pièce d'armure qui va sur l'épaule,
comme celle-ci en métal, par exemple.
En revanche, les Kazakhs sont plutôt bonnes,
ce qui est très, très, très rare dans les séries et les films.
C'est ce long manteau à quatre pans qui donne ce style si particulier aux Musketeers de l'époque
et les modèles de la série sont sympas.
Un peu long et avec trop peu de boutons, mais sympa.
Parce que la mode de cette époque, c'est de coller des petits boutons partout,
tout le temps, dans des quantités absolument délirantes.
Les Kazakhs, des Musketeers à cette époque, étaient bleus doublés de rouges,
mais bon, ça n'est pas très grave.
Un excellent point pour toute la production, c'est sur l'armement.
On a uniquement des muskets à mèche,
ce qui est très cohérent pour la période et extrêmement rare dans les productions.
Et nos héros s'en servent bien en fonction des circonstances.
Après, on a un peu trop de pistolets, tout le monde en a tout le temps,
parfois trois ou quatre.
Et s'il faut avouer que c'est super classe,
à l'époque, c'est surtout réservé aux cavaliers ou aux officiers.
Ce n'est pas utilisé par tout le monde comme ça.
En revanche, et ça c'est bien cool,
tous les modèles sont parfaits.
Ce sont des modèles à rouet très cohérents.
Je vous en parle souvent, mais par chance pour cette fois,
j'ai trouvé sur Internet de très bonnes visualisations 3D du système
et de comment cela fonctionne.
Donc, je peux enfin vous montrer dans le détail.
Les modèles à mèche existent depuis le XVIe siècle.
Il s'agit d'une mèche incandescente attachée à un serpentin.
Lorsque l'on presse sur la queue de détente,
le serpentin abaisse la mèche,
enflamme la poudre contenue dans le bassinet
qui enflamme à son tour la poudre dans le canon et le coupa.
Facile à comprendre, non ?
En fait, c'est la logique des technologies suivantes comme le système à rouet.
D'abord, on va installer un mécanisme d'horlogerie sur le pistolet
de manière à ce qu'un silex vienne frotter contre de la pyrite,
provoquer une étincelle,
enflammer la poudre du bassinet,
enflammer la poudre dans le canon et le coupa.
C'est un mécanisme qui fonctionne bien mais reste un peu fragile
et surtout cela coûte très cher,
c'est pour ça que tout le monde n'en utilise pas tout le temps.
Ensuite, on a une évolution vers la platine à silex
que normalement vous connaissez mieux à travers les films de pirates par exemple.
Le silex vient frapper sur une plaque de métal qu'on appelle une batterie,
cela produit des étincelles qui enflamment la poudre du bassinet,
qui enflamment la poudre du canon et le coupa, vous avez compris l'idée.
C'est plus simple, moins onéreux, plus facile d'entretien
et c'est pour ça qu'après le XVIIe siècle,
c'est le système qui va devenir le plus répandu.
Tout ça pour dire qu'à l'époque de nos trois mousquetaires,
on a les tout premiers pistolets à silex, très rares comme celui-ci,
mais également quelques mousquets et pistolets à rouet,
pas chez tout le monde,
et enfin surtout des mousquets à mèche, les plus courants.
Et ça, la série arrive très bien à montrer les bons modèles.
Même si de temps en temps, on a des petits écarts
et qu'il y a trop de pistolets à rouet, c'est quand même vraiment intéressant.
Les épées aussi sont très bonnes et c'est agréable de voir
que même si la série s'est affranchie de beaucoup de choses,
elle a conservé l'historicité sur certains éléments qui sont des éléments clés
et c'est probablement ça qui lui donne son assise d'ailleurs, sa crédibilité.
Beaucoup de personnages secondaires ont par exemple des costumes parfaitement historiques,
avec un vrai travail des tissus, des matières, des bijoux,
de la dentelle.
Les costumes de Louis XIII sont d'intéressantes adaptations,
lorsque ceux de Richelieu sont du pur fantasme.
Et tout est un peu comme ça dans la série,
un joyeux mélange pour donner de l'ambition et de la crédibilité,
mais qui s'affranchit régulièrement des impératifs de reconstitution.
C'est une mayonnaise assez difficile à faire,
mais dans ce cas, je trouve qu'elle prend très bien.
Et on peut y opposer beaucoup de choses comme ça.
Tenez, prenez Monsieur Bonacieux,
son costume est plutôt correct,
alors que par opposition, D'Artagnan semble sortir de Pirates des Caraïbes.
Les Gardes du Cardinal ont des costumes qui évoquent presque un siècle de moins,
mais avec des armes et des casques très corrects.
Tous les mousquetaires principaux ne sont pas bons du tout,
en revanche, dans le fond, on en voit parfois d'assez chouettes,
avec des buffletins en cuir pour se protéger,
c'est-à-dire des genres de surtuniques en cuir.
Et les costumes des mousquetaires sont fantasques,
mais pour autant, c'est la seule série qui montre qu'ils s'habillent comme ils veulent
et que seul leur casque tient lieu d'uniforme,
exactement comme dans la réalité.
On a l'impression que la série joue son numéro d'équilibriste en permanence,
entre références historiques d'un côté et adaptations très contemporaines de l'autre,
comme si elle avait compris l'impératif de production,
s'adapter à ce dont le public a l'habitude,
mais aussi à ne pas trahir la période dont elle parle.
Et tout ça, ça donne du corps au récit et au visuel,
et je dois dire que moi j'ai été assez séduit.
La colorimétrie va un peu dans ce sens-là aussi,
c'est un peu sombre mais pas trop,
légèrement plus en ville, mais éclatant à la campagne,
comme s'il fallait ne pas perdre le spectateur,
mais ne pas être complaisant vers lui non plus.
Et vraiment, c'est admirable !
Peu de séries ou de films font ce pari de l'entre-deux bien maîtrisé.
En fait, cet équilibre, c'est exactement le même
qui fait tout l'intérêt de la série Marco Polo de Netflix.
Alors, faut-il voir The Musketeers ?
Comme toujours, ce n'est pas à moi de vous dire quoi faire ou non,
mais je vous la recommande chaudement.
C'est une belle série d'aventures, avec des personnages attachants,
certains qui évoluent merveilleusement en cours de route,
et qui laissent l'impression de passer un beau moment en toute simplicité.
Chaque fois que je regarde cette série,
je me demande aussi si elle est fidèle à l'esprit du roman d'Alexandre Dumas.
Et à chaque fois, je me perds dans mes propres réponses.
Non mais d'abord, c'est quoi l'esprit d'Alexandre Dumas ?
Peut-être que chacun pourrait avoir sa réponse là-dessus.
Le côté romanesque, l'esprit d'aventure, le panache,
et un peu de désinvolture.
Les Musketeers de la série britannique correspondent parfaitement à cette image.
Alors certes, ils se comportent un peu mieux avec les femmes et les gens de basse extraction que ceux d'origine.
Ce faisant, la série The Musketeers n'est pas juste une adaptation des 3 Musketeers,
mais également une adaptation des adaptations des 3 Musketeers.
Et là où dans le film de Martin Bourboulon, c'était plutôt une reprise des mauvaises choses,
eh bien la série The Musketeers, loin de vouloir copier ses prédécesseurs,
elle prend plutôt les personnages dans ce qu'ils sont devenus
pour leur offrir de nouvelles aventures,
des héros certes très humains et pas exants de failles et d'erreurs,
mais qui restent très attachants.
D'une certaine manière, au début du XVIIe siècle,
les Musketeers du roi représentent les idéaux de noblesse, de bravoure et de prestige.
Lorsque Dumas écrit son roman au XIXe siècle,
il rend ses personnages plus romanesques, plus adaptés à son époque,
en faisant ainsi des idéaux de noblesse, de bravoure et de prestige, certes un peu désuets.
Et la série The Musketeers, elle fait exactement la même chose.
En adaptant les personnages à ce que l'on pense savoir,
à ce qu'ils sont devenus, à notre époque aussi,
elle réussit à faire de ses Musketeers des idéaux contemporains
de noblesse, de bravoure et de prestige,
dans une certaine simplicité parfois,
dans une grande humanité souvent,
dans une forme de sensibilité
et dans des questionnements de société plus larges également.
C'est ainsi que des Musketeers historiques,
Dumas a créé une légende.
Et en respectant l'esprit de la légende de Dumas,
la série The Musketeers parvient à poursuivre son écriture.
Alors que les histoires de Musketeers historiques sont passionnantes,
celles de Dumas se lisent encore merveilleusement aujourd'hui.
Mais la série apporte encore autre chose,
une autre approche, une autre idée.
Et vous savez quels personnages à succès font exactement la même chose ?
Les super-héros de comics.
Parfois un même personnage a un caractère légèrement différent.
Il change de costume, il a des aventures différentes,
mais tâche de rester dans son idée d'origine
qui existe depuis plusieurs décennies.
Alors, je vous pose une question.
Est-ce que les 3 Musketeers, ce serait pas un peu nos super-héros à nous ?
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire.
Merci d'avoir suivi ce petit sujet.
Et je vous recommande d'aller voir la série bien entendu.
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parce que c'est toujours très important.
On se retrouve rapidement pour un nouveau sujet.
Et d'ici là, n'oubliez pas que l'histoire est vivante.