Le Vasa était prévu pour être le navire le plus puissant de son temps, mais a navigué à peine quelques minutes avant de couler... et d'être sorti de l'eau intact plus de 300 ans après !
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À bientôt pour de nouvelles aventures historiques !
PS : je suis désolé pour la pub, Youtube ne nous laisse plus du tout le choix d'avoir des pubs qu'on peut passer ou non 😞 -------------------------------------------------------------------------------------- Cadre et montage : moi-même ^^ Auteur : Jean-Yves Bergier, Hycarius Ma photo en miniature et les quelques images de bataille : Barry's Photography ----------------------------------------------------------------------------------------
00: 00 : Intro Rosetta Stone : 00: 45 La catastrophe du Vasa : 02:24 Redécouverte et trésor archéologique : 07:37
Bonjour, bonjour ! Saviez-vous qu'une des plus grandes catastrophes maritimes de tous les temps
est également devenue un des plus grands trésors archéologiques de tous les temps ?
Alors on connaît tous le Titanic, bateau célèbre dès sa construction pour sa taille impressionnante
et surtout pour avoir coulé lors de son voyage inaugural en 1912.
Mais des siècles avant le Titanic, il y a eu un autre bateau connu pour des raisons assez similaires.
Ce navire, c'est le Vasa.
Conçu pour être le vaisseau amiral de la flotte de guerre de la Suède
et dominer la mer Baltique au XVIIe siècle,
après un chantier colossal, des dépenses absolument folles et une inauguration en grande pompe,
eh bien il a coulé le jour même de son lancement, le 10 août 1628.
Avant de vous faire ce récit passionnant un mot sur le partenaire du jour, avec une question.
Est-ce que vous avez déjà voulu apprendre une nouvelle langue et galérer pour progresser ?
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Et ça c'est exactement ce qui se passe quand vous apprenez quelque chose dans la réalité.
Bon ça tombe bien pour moi parce qu'au moment où je tourne cette vidéo,
je prépare un des événements de reconstitution historique les plus réputés du monde.
C'est au fin fond des Pays-Bas et sur place il y a 16 nationalités différentes.
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Ça me permettra peut-être d'apprendre d'autres trucs à dire en polonais que le mot castor par exemple.
Et même si l'accent français a la cote, c'est plutôt bien d'apprendre à prononcer correctement
pour se faire comprendre et Rosetta Stone propose une reconnaissance vocale pour perfectionner votre accent.
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En fait il propose énormément de choses, c'est assez complet et bien sûr cela s'adapte à votre
emploi du temps. Vous pouvez même faire des leçons dans les transports ou quand vous attendez
la prochaine bataille par exemple. Après je peux en parler mais le mieux c'est que vous alliez
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sûr que ça fera plaisir autour de vous. Le lien se trouve en description et en commentaire épinglé.
Merci à Rosetta Stone de soutenir la chaîne et nous on retourne à notre catastrophe maritime
avec un petit changement d'ambiance.
Imaginez donc, nous sommes en 1628. Ce qu'on a appelé plus tard la guerre de 30 ans fait rage
sur le continent européen depuis déjà dix ans. Celle-ci oppose la puissante dynastie des Habsbourg
d'Espagne et d'Autriche, catholiques, aux états allemands protestants alliés aux Pays-Bas.
La Suède c'est une puissance protestante mais elle ne participe alors pas encore directement
au conflit même si elle est déjà en guerre avec la Pologne catholique et elle soutient les
opposants aux Habsbourg. Vous l'aurez compris dans ces guerres il y a une dimension religieuse
entre catholiques et protestants mais également politique et territoriale. Dans cette atmosphère
guerrière le roi de Suède Gustave II Adolphe a commandé trois ans plus tôt la construction
d'un gigantesque navire pour l'époque. Un grand 3 mâts de 69 mètres de long et 1200 tonnes
avec trois étages de voile et 64 canons répartis sur deux ponts pour un équipage de plus de 430
hommes dont 300 soldats. On conçoit un modèle de navire un peu hybride entre la Carac de la fin du
Moyen-Âge et le Galion qui va connaître son âge d'or au XVIIe siècle. Son nom sera le Vasa. Avec
un tel bateau à la tête d'une flotte puissante Gustave Adolphe a l'intention d'impressionner
ses ennemis de démontrer sa force et de s'imposer en Europe du Nord. Un tel navire est alors autant
un outil de prestige que de guerre un peu comme pouvaient l'être les forteresses médiévales.
Aucune dépense n'est épargnée pour la construction du Vasa. En plus de son lourd armement il est doté
d'une décoration extrêmement riche avec des centaines de sculptures toutes peintes de couleurs
vives absolument sublimes, des sirènes, des lions, des figures mythologiques, les inspirations viennent
aussi bien de l'antiquité gréco-romaine que de la Bible. Il s'agit de mettre en valeur le savoir-faire
des artisans au service du roi pour bien souligner sa puissance et sa richesse. Mais le jour de
l'inauguration, le 10 août 1628, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. Le navire
s'élance dans l'archipel de Stockholm, la capitale suédoise, sous les acclamations de la foule et sous
les ordres de son capitaine Söfring Hansson. Il fait hisser quatre voiles et tirer une salve de
canon pour saluer l'assistance. Puis le bateau se met à pencher, se renverse et sombre en seulement
quelques minutes sous les yeux effarés des spectateurs et des ambassadeurs étrangers.
Ce jour-là on dénombre une trentaine de morts, surtout des membres d'équipage bloqués dans le
pont inférieur et des personnes de leur famille qui avaient été autorisées à monter sur le bateau
pour fêter le lancement. Ce qui devait être le fleuron de la marine suédoise est définitivement
perdu. Bien entendu c'est aussi un désastre financier absolument terrible et tout le monde
se demande alors ce qui a bien pu se passer. En premier lieu évidemment le roi. Pourtant on avait
engagé un constructeur réputé, le néerlandais Henrik Ibertson puis son frère Arendt Ibertson.
Ils étaient appuyés par plus de 400 des meilleurs artisans utilisant du bois de chêne de grande
qualité. Le roi Gustav Adolf demande donc à ce qu'un comité comprenant des membres de son conseil
privé soit créé afin d'établir les responsabilités et savoir qui est responsable de cette catastrophe.
Très vite les constructeurs et les membres d'équipage survivants se rejettent mutuellement
la faute. L'enquête et le procès sont minutieusement menés mais ne permettent de prouver
aucune négligence chez les uns ou les autres. On finit alors par conclure que le désastre est un
acte de Dieu. Mais alors en réalité pourquoi le vasa a-t-il coulé ? On sait aujourd'hui grâce
aux informations dont on dispose sur les caractéristiques du bateau que celui ci ne
pouvait pas être assez stable pour naviguer tout simplement. Le vasa avait un centre de
gravité trop haut, les vents le faisaient donc trop pencher. Les canons du pont supérieur rajoutant
du poids étaient sans doute également trop lourds ce qui n'a rien arrangé à l'histoire. Il aurait
fallu pouvoir alourdir le navire avec plus de lest au fond de la coque pour le rendre plus stable
mais celle-ci n'était pas assez large donc si on avait fait ça, ça aurait abaissé la ligne de
flottaison, le bateau serait rentré beaucoup plus dans l'eau et l'eau serait sans doute quand même
entrée par les sabords. Les sabords c'est les ouvertures qui permettent de passer les canons
pour pouvoir les faire tirer. Bref la répartition du poids n'était absolument pas bonne et il n'y
avait pas vraiment de solution. Le projet du vasa était beaucoup trop ambitieux à une époque où on
ne maîtrisait pas encore parfaitement tous les calculs pour bien concevoir des navires d'une
taille aussi importante. Voilà bon il aurait aussi probablement fallu un chef de chantier apte à
calmer les ambitions du roi qui imposait les dimensions de ses navires, le nombre et le
calibre des canons au constructeur donc il a vu probablement beaucoup trop gros. D'ailleurs
certains comme le capitaine Hanson avaient émis des doutes sur la stabilité du bateau avant même
son lancement et un test de stabilité avait même été effectué et le résultat avait été plus
qu'inquiétant. Voilà mais le roi tenait à ce que le projet aboutisse et personne ne souhaitait
lui annoncer un échec. A la suite du naufrage le roi Gustave Adolphe tente de faire renflouer
le navire, c'est-à-dire de le sortir de l'eau mais sans succès. Quelques décennies plus tard
entre 1663 et 1665 on parvient à repêcher une cinquantaine de canons puis on oublie peu à peu
l'épave y compris son emplacement. Et c'est donc plusieurs siècles plus tard que l'histoire du
Vasa devient non seulement celle d'une catastrophe mais aussi celle d'une véritable prouesse
archéologique incroyable. Tout part de la passion d'un certain Anders Fransen. Ce suédois spécialiste
des hydrocarbures pour l'administration des affaires maritimes de son pays est aussi un
passionné d'histoire et d'épaves anciennes. Dans les années 50, 1950, il fait des recherches sur
les bateaux de la marine suédoise ayant coulé dans les eaux de la Baltique avec la ferme intention
si possible de faire de l'exploration sous-marine. Le truc c'est que les eaux froides de cette région
sont bien particulières. Les principaux organismes marins qui décomposent le bois n'y sont absolument
pas présents. Fransen comprend que les épaves en bois reposant dans la vase au fond de l'archipel
pourraient donc être dans un état véritablement exceptionnel. A partir de 1954, il entreprend de
localiser le fameux Vasa. Il enquête longuement dans les archives et sillonne la zone avec un
petit bateau en faisant simplement descendre un grappin au fond de l'eau. Lorsque le grappin
s'accroche à quelque chose, il utilise un petit appareil qu'il a conçu lui-même pour faire un
prélèvement à cet endroit. En août 1956, Fransen remonte enfin plusieurs morceaux de chaînes noires.
Père Edwin Fettling, un plongeur professionnel, descend alors dans les eaux obscures et uniquement
grâce au toucher découvre un grand mur de bois percé de sa bord. Le Vasa vient enfin d'être
retrouvé. Fransen avait vu juste, son état de conservation est excellent. A côté de l'épave,
le mât principal du bateau ainsi que sa chaloupe reposent dans la vase. A l'automne 1957, un projet
colossal commence sous l'impulsion de Fransen. On va renflouer le Vasa, c'est-à-dire le sortir
de l'eau. Le défi est bien sûr d'arriver à le faire sans l'abîmer. Le bateau est complet et pour
ce faire, on va creuser pas moins de six tunnels sous l'épave dans le sol du fond marin pour y
faire passer des câbles en acier. Ces câbles, reliés à deux pontons artificiels flottants nommés
Audin et Frigg, vont permettre de soulever le navire aussi délicatement que possible. Imaginez
la prouesse de sortir quelque chose d'aussi énorme et aussi fragile. Le 24 avril 1961, on y parvient
enfin. Le navire est sorti des eaux où il a passé 333 ans. L'événement est tellement exceptionnel qu'il
est même retransmis en direct à la télévision. On repêche également plus de 14 000 pièces de
bois séparées. Petit à petit, on va réussir à remonter ces pièces à leur place sur la structure
du navire. C'est un gigantesque puzzle pour conservateurs et sur les morceaux de sculpture,
on trouve même des traces de polychromie, c'est-à-dire deux couleurs qui sont encore
présentes. Le chantier permet aussi de remonter les restes de ceux qui ont péri lors du naufrage.
Les os d'au moins 17 personnes sont retrouvés, y compris des femmes et un enfant, mais aussi des
vêtements, des outils, des armes et un cerveau, oui un cerveau. Les conditions de conservation étaient
si bonnes qu'un des corps avait encore des cheveux, des ongles et son cerveau. Mais bien sûr, une fois
le bateau remonté, un autre défi immense se pose pour les archéologues. Comment est-ce qu'on conserve
un truc pareil ? Le bateau risquait de se détériorer rapidement au contact de l'air. On commence donc
par garder l'épave dans une brume d'eau et on la traite ensuite pendant des années avec un produit
chimique, le polyéthylène glycol, pour fixer l'état du bois. Puis on la fait lentement sécher à nouveau
pendant des années. Ce processus long et complexe dure jusqu'en 1989. L'année suivante, le navire est
exposé dans un nouveau musée qui lui est entièrement consacré. Et aujourd'hui, le Vasa est une
attraction absolument unique que vous pouvez toujours voir en Suède. C'est le seul navire du 17e siècle
qui existe encore. Sa conservation est d'ailleurs un travail constant qui pose encore et toujours de
nouveaux défis. Les madriers de chênes qu'ils composent sont de plus en plus fragilisés et les
sulfures contenues dans le bois s'oxydent en produisant de l'acide sulfurique qui menace toute la
structure. Bref, il y a un beau défi à relever et l'avenir nous dira si on arrive à garder intacte
une telle merveille historique pour les générations futures. Le Vasa représente donc aussi une
excellente incitation pour développer de nouvelles techniques de préservation et les chercheurs sont
à pied d'oeuvre à travers le monde pour tâcher de conserver ce qui est probablement un des plus
grands trésors de l'histoire de l'humanité. Voilà pour cette histoire passionnante. C'est le premier
d'une petite série sur les trésors archéologiques. Donc n'hésitez pas à me dire en commentaire si vous
aimeriez avoir plus de récits de ce genre. Likez et partagez la vidéo comme vous le savez maintenant.
C'est surtout grâce à ça que je peux continuer à produire plus de sujets, des sujets un peu différents
comme celui d'aujourd'hui, et faire connaître la chaîne. Et puis comme toujours, n'oubliez pas que
l'histoire est vive.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org