Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
C'est le moment de régaler celles et ceux qui nous regardent.
Je lance le chronomètre.
Julien, vous venez de nous parler de votre nouvel album, Imposteur.
On va revenir dans quelques minutes sur le titre.
L'album est disponible et sera disponible le 8 novembre prochain.
C'est un album de reprises, 17 chansons.
Et dans ces reprises-là, vous avez repris la chanson que j'ai le plus chantée ces dernières années,
Les Crococos.
Vous avez décidé de reprendre Les Crocodiles.
Vous sortez un clip qui est dispo depuis ce matin, 7h, sur toutes les plateformes.
Vous allez sur Youtube, vous allez sur Internet.
Vous tapez Julien Doré, Les Crocodiles, et vous voyez le clip.
On le voit en ce moment même à l'image.
Alors, comment il a été imaginé, ce clip-là ?
Il a été imaginé en studio, au moment où on a commencé à travailler sur cette reprise.
J'avais très envie de créer un décalage, à la fois aussi celui du souvenir.
Je pense à une chanson comme Cococaline, où j'étais dans un costume de panda.
Je me suis dit, c'est peut-être l'occasion de ré-envelopper un petit costume
et de désacraliser un petit peu la position de l'artiste.
On a tendance, dans ce métier-là, parfois, à se prendre un peu trop au sérieux.
Et moi, j'aime bien.
Là, ça va.
Et je précise qu'il y a un petit moment dans le clip où j'ai aussi un costume d'éléphant qui surgit.
Très réaliste.
Là, on descend encore dans l'estime de soi.
On a vraiment l'impression que c'est un vrai éléphant.
Et ça, c'est quand même...
C'est troublant.
C'est vrai qu'on se dit, est-ce que c'est un vrai éléphant ou pas ?
Moi, ce que je trouve très fort avec Julien Doré,
c'est que moi, je trouve qu'il y a toujours eu du second degré.
Même dans les choses plus sérieuses, il y avait toujours un fond de second degré.
Et moi, les crocos, ça m'a mis les poils.
Donc ça, c'est quand même...
C'est-à-dire que là, on dit, ouais, ouais, c'est une reprise, etc.
On est un peu légers.
Mais en fait, c'est magnifique la façon dont vous le faites.
Merci beaucoup.
On va essayer de mettre les poils à celles et ceux qui nous regardent.
Il y a un micro juste derrière vous, Julien.
Vous avez un ukulélé qui vous suit depuis qu'on vous connaît.
C'est étonnant, ça.
Est-ce qu'on serait pas un petit peu les crocos ?
Vous chantez avec moi.
Bon, écoute, on veut les poils.
La pression.
Les crocodiles.
À ces petits enfants
Traînant ses pieds
Ses pieds dans la poussière
Ils sont allés
Combattre les éléphants
Danse
À les cro-cro-cro
Les cro-cro-cro
Les crocodiles
Sur le bord d'une île
Ils sont partis, n'en parlons plus
À les cro-cro-cro
Les cro-cro-cro
Les crocodiles
Sur le bord d'une île
Ils sont partis, n'en parlons plus
Merci.
Oh, c'est trop joli !
Les crocodiles.
J'ai un frisson.
Un petit coup de nostalgie.
Moi, c'était il y a deux jours, la dernière fois, donc ça va.
Attendez, ça arrive vite.
Extrait de l'album, donc un poster, 17 reprises.
Cette chanson-là, « Les crocodiles », vous avez un fils de 3 ans.
C'est lui qui vous a dit « Papa, je veux que tu reprennes « Les crocodiles ».
Alors non, moi, je voulais lui faire la surprise en studio de reprendre,
de commencer à travailler sur plusieurs reprises d'enfance.
Donc on a bossé sur « Les crocodiles », on a bossé sur « Choupi à l'école »
et sur le générique de « Pas de patrouille ».
Quand on a suffisamment avancé sur les maquettes des chansons,
il est venu en studio, il s'est assis sur la chaise devant la console
et je lui ai dit « Voilà, papa, il a fait trois chansons
qui, je pense, peuvent t'amuser, te rappeler quelque chose.
Tu dois en choisir une. »
Et il a choisi « Les crocodiles ».
C'est le directeur artistique.
Exactement.
J'ai bossé avec un d'ailleurs il y a fort longtemps,
mais ça fait des années que je ne bosse plus avec de directeur artistique
et c'était mon directeur artistique de l'instant.
C'était trop chouette de le voir décider de la chanson.
Ce n'est pas la première fois qu'il prend une décision concernant votre carrière.
C'est sûr.
C'est très étrange de dire ça d'un enfant de 3 ans et demi.
Mais c'est vrai que quand on regarde sur vos réseaux sociaux,
il y a plusieurs extraits, notamment pour votre tournée que vous faites en 2025.
Vous faites la tournée des « Zénith » en 2025.
Vous lui demandez à un moment donné quel est le titre de la tournée
et lui, il vous dit ?
Lui, il me dit « Le Proutour ».
Je pense qu'il avait…
Oui.
D'un point de vue marketing, il n'est pas encore méga calé.
C'est peut-être trop quand même.
Mais oui, on a réfléchi ensemble à des idées de non-tournée.
Il part sur le Pestac.
Il est d'ailleurs en ce moment…
Oui, il est très investi.
Il est persuadé d'avoir une vraie place dans le futur show.
Vous avez dit qu'il écrivait.
Il écrit en ce moment.
Oui, et il me montre ce qu'il prépare.
Mais voilà, je lui explique que ça se réfléchit.
On a parlé du rôle de directeur artistique de votre fils.
Qu'est-ce que ça a changé chez vous, la paternité, dans votre carrière,
dans votre manière de voir la vie ?
Tout simplement, ça m'a beaucoup aidé à arrêter ce qu'on fait parfois
dans ce métier-là, qui est celui d'avoir des lumières au-dessus de soi
et des caméras autour de nous.
Ça m'a permis d'arrêter de trop me regarder.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment de regarder devant moi
quand je propose des choses musicales, artistiques,
et beaucoup moins sur moi-même.
Ce petit truc un peu égotique qui est parfois cultivé
quand on est artiste et qui, de toute façon, est dangereux en soi
parce que ce n'est pas très simple.
Mais voilà, arrêter de me regarder et de me dire
qu'en fait, c'est le monde qui est devant moi
dont je devrais me préoccuper pour lui,
et d'arrêter de regarder mon nombril.
Quel type de papa vous êtes ?
Je pense que je le fais pas mal marrer.
Qui est le plus gros vanneur entre tous les deux ?
Ah, lui !
Ah, il nous bat souvent, quand même.
Oui, mais la dernière vanne, elle est ultime.
Bon, par petite coquetterie, je m'étais acheté une paire de lunettes.
Alors, pas vraiment de vue, mais en tout cas pour un peu m'aider à...
Ben si, mais non, mais c'est là.
N'essayez pas de cacher.
Pas sur l'écran.
J'aurais dû synthétiser. OK, des lunettes de vue.
Et j'arrive avec cette paire de lunettes et il me dit
« Oh, mais on dirait mémé ! »
On voit l'extrait, ça va.
Je me suis dit « Oh, bon, derrière ça, tu... »
On assume les lunettes, quoi.
Je les ai plus jamais portées.
C'est horrible. Ils sont tellement durs.
C'est vrai qu'ils sont incroyables et ils sont aussi instinctifs.
Vous avez fait le choix de vous isoler,
mais de vivre un peu à l'écart du bruit.
Est-ce que votre vie de papa vous éloigne aussi
et vous permet de prendre beaucoup de recul sur votre...
Vous l'avez appelé imposteur, sur cette imposture
qu'il peut y avoir dans le monde de la musique,
dans le monde des médias, etc.
Ben oui, en tout cas, c'est sûr que le mode de vie
qu'on a aujourd'hui, pour ma famille,
est un mode de vie installé au cœur de la nature,
dans les Cévennes,
dans un fonctionnement quotidien extrêmement simple
qui me correspond.
Moi, je suis né là-bas.
C'est ce que je rêvais aussi pour mon enfant,
sans savoir qu'un jour, il y aurait un enfant.
Mais en tout cas, je me disais que c'était
un contexte idéal pour lui.
Effectivement, ça me permet de me rendre compte
des choses importantes qui m'entourent.
Tout ce qui nous entoure là-bas,
au travers évidemment de la nature, des animaux, etc.
Ce sont des choses qui resteront après moi,
après ce que je tente de faire tous les jours
dans ma musique.
Si éventuellement reste un sourire
dans le souvenir de ce que j'aurais fait, tant mieux.
Mais je pense qu'il ne restera pas grand-chose
de notre passage.
Mais d'être tout le temps au contact de ça,
c'est assez fort.
En tout cas, c'est une garantie.
La chanson Les Crocodiles, elle est restée.
Moi, je l'ai depuis tout à l'heure.
Je chante celle-ci, elle s'abrite.
Au jour le jour, c'est quoi votre quotidien ?
Vous vous baladez, vous vous composez ?
La vie est douce ?
Non, c'est vraiment une vie de famille.
Très normale, c'est l'école le matin,
le repas du midi.
Et la rando comme Marie-Pierre Arnaud ?
Vous avez à votre droite une rando.
La forêt est partout, dans les Cévennes,
autour de l'endroit où je suis.
C'est vrai que c'est des balades,
et puis les champignons par exemple.
J'ai les girolles qui sont autour de la maison.
C'est très intéressant de parler des Cévennes.
J'ai lu une interview de vous dans Psychologie Magazine,
et vous parlez de vos origines, des Cévennes,
de ce milieu très patriarcal dans lequel vous avez évolué.
Et vous dites que vous, au contraire,
ça n'a pas eu d'impact que sur vous.
Non, disons que moi, au contraire.
J'ai évolué dans un milieu où justement
ma maman et ma grand-mère étaient des figures
pour une éducation assez belle, je crois,
sur des valeurs que j'essaie de porter aujourd'hui.
Mais effectivement, je dis qu'il y a dans mes souvenirs
d'enfance et d'adolescence, oui, quand même,
un contexte dans lequel l'homme avait une empreinte
un petit peu forte.
Et puis c'était aussi il y a plusieurs décennies.
Je suis un petit peu âgé maintenant.
C'est vrai que j'ai le souvenir, maître dit à l'époque,
qu'il y avait une anormalité là-dedans.
Une dernière question sur votre maman.
Vous l'avez perdue pendant l'arrivée de votre fils.
Ça se joue dans les mêmes moments.
Quelle valeur elle vous a transmise,
que vous aimeriez transmettre en priorité à votre enfant ?
La politesse, le respect du parcours de l'autre.
C'est-à-dire qu'on est aussi dans un monde
où on rencontre les gens de manière superficielle
et on n'écoute même plus non seulement leurs pensées.
À partir du moment où elle ne nous convient pas,
on estime qu'elle est fausse.
Le respect de l'autre dans ce sens-là,
c'est-à-dire écouter son histoire
et le respecter pour ce qu'il est,
même si parfois ce qu'il peut penser
n'est pas la même chose que l'on pense soi.
Je pense que ça m'a beaucoup aidé,
surtout dans ce monde-là,
sans savoir que ce monde allait devenir comme ça.
Mais dans cette époque, ces valeurs-là m'ont aidé.
On souhaite à votre fils, directeur artistique,
une longue vie aux côtés de son papa.
L'album, je le rappelle, s'appelle Imposter.
C'est disponible le 8 novembre prochain.
Le clip Les Crocodiles, en ligne depuis ce matin.
Si vous voulez avoir une chanson toute la journée dans la tête,
allez-y, regardez-le.
Et puis je le rappelle, tournée des zéniths
de mars à décembre 2025.
Vous avez déjà vendu plus de 250 000 billets.
C'est un carton, déjà.
L'accord Arena, c'est complet.
Je suis désolé pour celles et ceux qui nous regardent.
Vous n'irez pas à l'accord Arena
si vous n'avez pas pris de billets.
Il y a une date le lendemain.
Il y a trois dates à l'accord Arena.
6 avril, 14 novembre prochain.
Le 6, il reste des places encore.
Et le 14 novembre, qu'on a réouvert très récemment.
Merci, Julien Doré, d'être venu dans la maison.
Vous restez, surtout.
J'y serai.
Les spectacles de Julien Doré, c'est...
Il y aura Les Crocodiles du clip ?
Merci.
Je ne sais pas encore.
Je suis en train de construire la mise en scène du show.
Toutes les surprises, les choses un peu folles,
ce que tu as vu aussi,
qui se passent dans le show.
C'est un peu fou.
Je suis en train de construire ça.
Et après, on va commencer à travailler sur quelles chansons on joue.
Il y aura surtout mes chansons à moi,
celles qu'on connaît,
et puis quelques reprises.
En tout cas, on a hâte.