Quelques heures avant le coup d'envoi de son examen à l'Assemblée, le budget était le sujet n°1 de cette séance de questions au gouvernement, mercredi 16 octobre.
La séance s'est ouverte avec une question sur le budget de l'éducation nationale, à qui l'on demande "toujours plus avec toujours moins" (SOC), suivie d'une question sur la sécurité sociale et la dette sociale "devenue insupportable" (DEM). Les députés ont également interrogé le gouvernement sur l'annonce de la hausse des taxes sur les billets d'avion qui risque de peser lourd sur les Outre-mer (LIOT). En matière de transition écologique, la députée Julie Laernoes (EcoS) a accusé le gouvernement de "sacrifier l'écologie sur l'autel de l'austérité". Deux autres questions relevaient du budget : la diminution du budget de l'AGEFIPH pour l'emploi des personnes en situation de handicap (GDR) et la hausse des impôts pour les collectivités territoriales (UDR). Si le gouvernement a souhaité défendre son budget, les ministres se sont pour autant de nouveau dits ouverts au dialogue avec les parlementaires dans les semaines à venir.
La deuxième moitié des questions adressées au gouvernement revêtaient un aspect plus local. Interrogée largement sur la ruralité française (DR), la ministre Catherine Vautrin a également été sollicitée sur le projet de ligne à grande vitesse dans le Sud-Ouest (LFI) qui fait l'objet de contestations de la part d'associations écologistes, soutenues par des parlementaires. Parmi les autres sujets abordés : le loup et ses ravages dans les élevages (HOR) ; la situation de la papeterie Ahlstrom de Stenay, dans la Meuse (RN), jugée "extraordinairement complexe et difficile" par le ministre ; ou encore la situation des filières du Cognac et de l'Armagnac, dont l'importation est désormais surtaxée par la Chine, premier client en la matière (EPR).
Les députés interrogent les ministres sur l'actualité en exclusivité sur LCP-Assemblée nationale.
00:33 Fatiha KELOUA HACHI - Budget de l’éducation nationale 05:39 Fabrice BRUN - La ruralité française 09:53 Julie LAERNOES - L’écologie 13:54 Philippe VIGIER - Budget de la sécurité sociale 2025 17:46 Max MATHIASIN - Hausse des taxes sur les billets d’avion et Outre-mer 22:02 Xavier ROSEREN - Prédation et protection du loup 26:29 Emmanuel MAUREL - Diminution du budget de l’AGEFIPH 31:18 Marc CHAVENT - Hausse des impôts pour les collectivités territoriales 35:10 Florence GOULET - Fermeture de la papeterie Ahlstrom de Stenay 39:01 Sandra MARSAUD - Situation de la filière Cognac face aux taxations chinoises 43:31 Loïc PRUD’HOMME - Ligne à grande vitesse dans le Sud-Ouest
Bonjour à tous, la séance est ouverte.
L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
Mais avant cela, je vous indique que j'ai reçu de M. Hugo Prévost, député de la première circonscription de l'ISER,
une lettre m'informant qu'il se démettait de son mandat de député à Comté d'aujourd'hui.
Acte a été pris de cette démission au journal officiel.
La première question va être posée par Mme Fatiha Kheiloa Achi pour le groupe Socialiste.
Merci Madame la Présidente.
Madame la Ministre de l'Éducation Nationale,
Tout d'abord, ces derniers jours sont bien sombres pour notre école.
Nos pensées vont vers Samuel Paty et Dominique Bernard,
tués par des terroristes islamistes parce qu'ils étaient enseignants.
Nous leur rendons hommage.
Madame la Ministre, si je prends la parole aujourd'hui, c'est pour vous parler de notre école,
celle pour laquelle la communauté éducative se bat au quotidien,
celle qui émancipe, celle qui façonne l'esprit critique,
celle qui apprend le vivre-ensemble et la tolérance,
bref, celle qui accompagne tous les élèves pour faire société.
Je ne voudrais pas vous donner l'impression de vous apprendre mon métier,
mais permettez-moi de vous dire que c'est pour cela qu'on devient enseignant
et que je suis moi-même devenue enseignante il y a 30 ans.
Et c'est avec ce vécu que je vous le dis, l'école est fatiguée.
L'école est fatiguée.
Des réformes pédagogiques successives, des changements de programme sans cohérence
et des chocs dans tous les sens.
L'école est fatiguée de devoir toujours faire plus avec toujours moins.
Fatiguée des coupes budgétaires, fatiguée des baisses, des suppressions,
dont la dernière en date, plus de 4000 postes d'enseignants supprimés
dans votre projet de loi de finances 2025.
Une véritable saignée pour des classes toujours plus surchargées.
Ce budget est une bombe à retardement.
Pour ce gouvernement, le budget de l'école est un coup à rationaliser,
une variable d'ajustement dans une matrice comptable.
Mais pour nous, le budget de l'école sera toujours un investissement pour l'avenir,
un investissement pour une école accueillante, exigeante et inclusive.
L'école a besoin de moyens.
Madame la Ministre, êtes-vous prête à revenir avec le Parlement
sur ce budget prévu pour l'enseignement scolaire
et surtout sur la suppression de ces 4000 postes ?
Où laisserez-vous l'école être sacrifiée sur l'autel de l'austérité ?
Merci beaucoup.
La parole est à Madame Anne Jonthe, ministre de l'Education nationale.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés.
Je suis d'accord avec vous, l'école c'est un investissement, il n'y a aucun doute.
J'ai l'honneur d'être à la tête d'un ministère qui compte plus de 1 200 000 personnels
qui sont tous dévoués, je veux saluer leur engagement et vous en faites partie.
Mais je crois qu'aujourd'hui, le moment n'est pas trop à la polémique,
il est plutôt aux faits et il y a des faits qui sont très clairs.
Depuis 2017, l'école a bénéficié de 14 milliards d'euros supplémentaires
dans son budget, des moyens jamais alloués jusqu'à présent.
Quand je suis arrivée dans ce ministère, j'ai trouvé un budget de 62,1 milliards d'euros.
Il est aujourd'hui à 63 milliards d'euros, c'est un peu plus de 800 millions d'euros
que l'école a pu obtenir. Je veux d'abord qu'on salue cette victoire
et nous pourrons faire beaucoup avec cela malgré les inquiétudes que vous exprimez.
Je voudrais dire que notre école reste donc une priorité du gouvernement.
Mais il y a aussi d'autres chiffres qui sont implacables et qu'il faut avoir en tête.
C'est que là, à cette rentrée scolaire, nous avons 80 000 élèves de moins.
En septembre 2025, nous en aurons 100 000 de moins.
C'est 200 000 en moins. Il faut aussi tenir compte de ces chiffres qui sont implacables
mais qui nous ont permis malgré tout d'avoir un nombre moyen d'élèves par classe
qui n'a jamais été aussi bas avec un peu moins de 22 élèves par classe dans notre école publique.
C'est aussi, je veux le dire, ce budget que j'ai évoqué,
ce budget d'éducation nationale, c'est aussi celui qui a permis d'allouer
depuis 2017 près de 3000 postes d'enseignants dans l'Académie de Créteil,
notamment pour dédoubler les petites classes dans les territoires que vous connaissez bien,
en Seine-Saint-Denis. C'est aussi ce budget qui a permis de verser une prime
de fidélisation à 26 000 agents de l'éducation nationale, dont 22 000 professeurs
qui enseignent en Seine-Saint-Denis, que vous connaissez bien,
pour un gain d'un peu plus de 6 000 euros par an.
Et puis c'est ce budget qui a permis aussi d'augmenter les infirmières scolaires
de 200 euros net par mois, les AESH de 200 euros net par mois.
Donc je veux ici dire que j'attends beaucoup, comme vous, du débat parlementaire
qui s'ouvre. Je sais que vous-même, à la tête de la Commission,
vous aurez le souci d'apporter une contribution qui sera, j'en doute pas,
très utile et sans dogmatisme à ce budget. Je l'ai dit, je vous le redis,
je veux vraiment insister, comme ministre de l'Education nationale,
j'aurai toujours un objectif, une boussole et même une obsession.
Élevez le niveau ! Élevez le niveau ! Élevez le niveau !
Merci beaucoup, madame la ministre. La parole est à présent à monsieur Fabrice Brun
pour la droite républicaine.
Merci, madame la présidente. Monsieur le Premier ministre,
entendez-vous le cri des oubliés de la ruralité ?
Il s'est une nouvelle fois manifesté dans un vote de colère en juin et juillet dernier.
Colère d'abord sur le pouvoir d'achat. Vous savez, chez nous, c'est vite compliqué
quand on touche aux taxes sur l'énergie et la mobilité.
Voilà pourquoi nous sommes déterminés à faire obstacle au relèvement
de la taxe sur l'électricité, à nous opposer à toute hausse d'impôts
pour ceux qui travaillent et ont travaillé toute leur vie.
Car c'est toujours les mêmes qui trinquent.
Et c'est particulièrement vrai dans nos zones de pente et de montagne
où tout est plus cher pour se chauffer ou se déplacer.
Colère ensuite quand la sécurité première des libertés n'est plus assurée
en tous points du territoire. Colère aussi d'attendre six mois
un rendez-vous chez le médecin. En Ardèche comme ailleurs,
nous payons nos impôts comme tout le monde.
Nous sommes en droit d'être soignés comme les autres.
Colère enfin des élus de nos communes, des agriculteurs, des commerçants,
des artisans qui croulent sous les charges, les normes et la paperasse
et des dispositifs technocratiques comme le ZAN.
Monsieur le Premier ministre, il faut calmer le jeu et poser des moratoires.
Arrêtez le massacre de la fermeture des classes en zone rurale.
L'école, c'est là que tout commence. C'est la vie de nos enfants,
c'est l'avenir de nos enfants, c'est la vie dans nos villages
et c'est le symbole d'ailleurs du combat que nous menons
pour une ruralité vivante, celle des valeurs et de l'emploi.
Car la ruralité, c'est l'agriculture, c'est le tourisme, l'artisanat,
le commerce aux proximités, c'est la chasse, c'est la pêche, c'est l'eau.
C'est 80% de nos énergies renouvelables, 70% des emplois industriels
dans nos communes de moins de 10 000 habitants.
Monsieur le Premier ministre, vous le savez, nos territoires sont une chance,
ils sont une force pour la France. Allez-vous renouer avec une grande politique
d'aménagement de territoires pour les millions de Français
qui font vivre notre belle ruralité ?
Merci beaucoup mon cher collègue. La parole est à madame Catherine Vautrin,
ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation.
Merci madame la Présidente. Monsieur le député Fabrice Brun,
vous venez monsieur le député avec cette question de décrire ce qu'est
effectivement la ruralité dans notre pays. Et si je devais ajouter à cette description,
j'ajouterais sur la diversité de notre ruralité. Parce que cette ruralité,
elle peut être montagnarde, elle peut être maritime, elle peut être insulaire,
elle peut être domienne, je ne vais pas continuer. Mais ce qui veut dire que
face à chacune de ces ruralités, nous avons des besoins spécifiques,
vous venez de le dire. Et c'est tout le sens d'ailleurs de la circulaire
que monsieur le Premier ministre a adressée au préfet il y a quelques jours
de façon à recenser avec chacun de ces représentants de l'Etat,
les bras armés de la République au plus près des territoires,
l'ensemble non seulement des attentes mais également des réponses.
Vous faisiez allusion à l'instant à cette notion qui me tient particulièrement
à coeur, qui est celle du bassin de vie vécu. Parce que c'est ça,
le concret de nos concitoyens. Et effectivement, avec ma collègue
Geneviève Dariussec, nous allons travailler bien sûr sur la présence
en matière de santé, l'école est un autre sujet, le transport
et notamment les transports longs du quotidien, les 80 kilomètres
que font un certain nombre de nos concitoyens pour aller chaque jour travailler
méritent une attention toute particulière. C'est le sens de ce sur quoi
nous sommes en train de travailler avec François Durauvray pour apporter
des réponses concrètes. Vous avez parlé du ZAN, le Premier ministre nous a demandé
de regarder les assouplissements. Vous avez parlé des normes,
j'ai demandé à Boris Raffignon d'aller plus loin sur son rapport
pour qu'il devienne concret. Vous voyez, la réponse à la ruralité,
c'est du concret, c'est ce que nous allons faire ensemble.
Je vous remercie, madame la ministre. La parole est à présent
à madame Julie Lernousse pour le groupe écologiste.
Merci, madame la présidente. Ma question s'adresse à monsieur le ministre
de l'Economie. Monsieur le ministre, la semaine dernière, l'Assemblée
nationale était inondée. Conséquence directe du changement
climatique et de la tempête Kirk. Ironie du sort,
c'est ce même budget, avec des coupes
sans précédent dans tout ce qui ressemble de près ou de loin
à la transition écologique. Vous sacrifiez
l'écologie sur l'autel de l'austérité, en rognant sur
toutes les aides pour la rénovation énergétique, la chaleur
renouvelable ou l'achat de véhicules électriques. Des petites économies
faciles avec des répercussions coûteuses, immédiates
et durables sur le climat, sur le pouvoir d'achat,
sur la santé, sur l'industrie et sur l'emploi.
Savez-vous combien cela coûte à l'Etat d'avoir des logements qui ne sont plus chauffés
faute de moyens, sur les comptes de la sécurité sociale
ou en chèque énergie ? Savez-vous combien cela va coûter à l'Etat en termes
d'emplois, de savoir-faire français, de pertes de compétences ?
Rien que dans mon département, en quelques mois, c'est tout un écosystème
industriel qui est en train d'être décimé. Sistovi, Général
Électrique, Saunier Duval, Cordomé et en dépit de tout
bon sens, vous vous permettez même de faire les poches des Françaises
et des Français en augmentant les taxes sur l'électricité.
Cela vous semble-t-il cohérent pour nous aider à se
recevrer des énergies fossiles ? Monsieur le ministre, quand allez-vous
vous débarrasser de la tutelle de l'extrême droite profondément
climato-sceptique ? Quand allez-vous vous battre pour la transition énergétique
en vous tournant vers la gauche de l'hémicycle et engager
enfin la planification écologique dont nous avons toutes et tous
besoin ? Je vous remercie, ma chère collègue.
La parole est à M. Antoine Armand, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.
Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés,
madame la députée Julie Laernos. Il se trouve qu'il y a quelques mois encore
j'étais sur ces bancs et nous avons travaillé ensemble sur les énergies renouvelables,
sur l'énergie nucléaire et votre groupe a fait des pas
importants en la matière. Au fond, pourquoi je vous dis cela ? Je vous dis cela
parce que je sais que face à la transition écologique, nous sommes capables de dépasser
les clivages et donc nous sommes capables de regarder la réalité telle qu'elle est.
Vous avez parlé, vous auriez pu parler de dette écologique. Vous auriez dû, je crois,
aussi parler de dette financière. Car si nous ne sommes plus capables
de financer notre train de vie, comment financerons-nous nos investissements ?
Comment financerons-nous les investissements que je partage avec vous sur les nouvelles
infrastructures énergétiques, sur l'atténuation au changement climatique, mais aussi
l'adaptation, un plan qui a été lancé par le prédécesseur d'Agnès Pannier-Runacher,
Christophe Béchut, il y a quelques mois et qui est un plan important.
Comment, si nous ne sommes pas capables de financer notre Etat, financerons-nous les dépenses
dont nous avons besoin demain ? C'est pour cela que le Premier ministre, dans sa déclaration
de politique générale, a mis sur le même plan la dette financière
et la dette écologique. Parce que nous ne serons pas responsables écologiquement
si nous ne sommes pas responsables financièrement, si nous ne nous dégageons pas
des marges de manœuvre financière et d'investissement pour l'avenir
de nos compatriotes, pour l'avenir de l'écologie en France
et sur toute la planète. Et puis, un dernier point, madame la députée,
à l'Assemblée, il s'agissait d'une fuite de canalisation.
Je vous remercie. Madame Lerneuf ?
Vous creusez aussi bien la dette financière que la dette écologique
et en creusant la dette écologique, vous aggravez gravement la dette
financière. Merci beaucoup, madame la députée.
La parole est à monsieur Philippe Biget pour le groupe Démocrate.
Ma question s'adresse à la ministre de la Santé.
La sécurité sociale, fondée en 1945, c'est un modèle unique au monde.
Elle est à la croisée des chemins. Dans un moment où on aura
des défis à relever, comme celui de l'accès aux soins pour tous
ou la prise en charge de la dépendance. Pour autant, chacun connaît
les déficits publics et en particulier la dette sociale qui est devenue insupportable.
L'esprit de responsabilité qui nous anime au groupe Démocrate exige d'être courageux
mais juste dans les décisions qui seront prises. Et je vais essayer
d'attirer votre attention sur deux sujets. La première, c'est l'idée de transférer
une partie des remboursements des actes médicaux
de la sécurité sociale vers les mutuelles qui coûtera plus cher
aux insurés sociaux. C'est un mauvais coup que l'on porte à l'universalité
du système de soins. Le second, c'est ne pas indexer les petites retraites.
Ce sera malheureusement moins de pouvoir d'achat pour nos aînés.
Au groupe Démocrate, nous portons des propositions financières exigeantes
qui nous permettront de répondre à ces attentes tout en diminuant
les dépenses de sécurité sociale. Madame la ministre, le système de santé n'a plus besoin
d'un nouveau replatrage mais d'une refonte en profondeur permettant
d'éclosement, de décentralisation, permettant justement de faire en sorte
qu'on mette les soignants et que l'on mette bien sûr le patient au cœur
de ce nouveau système, s'appuyant sur une loi de programmation pluriannuelle
donnant un cap des moyens, la durée, pour que l'ensemble y adhère
et je suis persuadé que sur tous ces bancs, on est capable de bâtir
cette loi de programmation pluriannuelle. Alors madame la ministre, êtes-vous prêt
sur ces deux points particuliers que j'ai soulevés, à la fois de l'assurance maladie
et des mutuelles mais également des retraites et en donnant une perspective
sur une nouvelle loi de programmation du système de santé, de nous écouter largement.
Merci. Merci beaucoup monsieur le député. La parole est à madame Geneviève
Dariussecq, ministre de la santé et de l'accès aux soins.
Merci madame la présidente. Mesdames, messieurs les députés,
monsieur le député Vigier, vous posez un sujet qui est très important.
Jusqu'où pourrons-nous aller avec le mode de financement
que nous avons aujourd'hui et le système que nous portons aujourd'hui
et avec surtout l'enjeu démographique que nous avons devant nous
c'est-à-dire un vieillissement de la population, c'est-à-dire bien sûr
beaucoup plus de maladies chroniques, c'est-à-dire un renchérissement
en définitive des coûts du soin pour l'assurance maladie.
Je dois vous dire qu'aujourd'hui, l'assurance maladie
couvre 80% de la facture
alors qu'elle n'en couvrait que 76% il y a encore quelques années.
Donc elle prend en charge beaucoup plus de soins. Mais c'est vrai
que nous sommes devant une question, faut-il rester dans cette dynamique
ou faut-il transformer le système et transformer aussi peut-être
le financement du système. Moi je voudrais faire de la prospective
il faut du temps pour faire de la prospective et les choses ne pourraient s'installer
que sur une dizaine ou une quinzaine d'années. Néanmoins
travailler à réfléchir à la transformation
de notre système de santé avec un gros pan sur la prévention
vivre en meilleure santé plutôt que vieillir
en mauvaise santé, c'est un enjeu important pour nos dépenses
de santé et adosser à cela un système de financement
adapté. Moi je veux travailler avec vous tous à cela, je pense que
Monsieur le Premier ministre va dans cette orientation
car l'enjeu pour le XXIe siècle pour nous c'est de garder
un système solidaire et de pouvoir protéger les plus fragiles.
Merci beaucoup Madame la Ministre. La parole
est à Monsieur Max Mathiazin pour le groupe Yot.
Merci Madame la Présidente. Ma question s'adresse
à Monsieur le Premier ministre. Monsieur le Premier ministre
les prix des billets d'avion sont exorbitants voire prohibitifs pour nos
concitoyens ultramarins et corses. Ceux qui viennent
rendre visite à leurs enfants qui étudient en France hexagonale ou
à l'inverse pour ceux qui travaillent dans l'hexagone et qui rentrent
dans leurs familles comme cela est normal. Quand on
interroge les compagnies d'aviation, elles dénoncent le prix exorbitant
du kérosène. On a un billet d'avion par exemple Printemps-Pitre
Paris qui est trois fois plus élevé qu'un billet
Paris-New York. Un Printemps-Pitre Fort de France qui coûte
le double d'un Printemps-Pitre Miami. Et aujourd'hui le gouvernement
veut multiplier par trois la taxe dite taxe Chirac.
Rappelons qu'à l'origine cette taxe était destinée à financer l'achat
de médicaments pour les pays en développement. Mais
elle a été détournée de sa destination depuis 2020 pour financer
aussi et surtout l'agence de financement des infrastructures
de transport dans l'hexagone. En bout de chaîne ce sont les
vidéos insupportables du prix des billets d'avion pour nos concitoyens ultramarins
et corse. Comment de son contexte ne pas pouvons-nous parler de continuité
territoriale pour lequel nous battons depuis si longtemps? Tous les
députés ultramarins et corse s'opposent à cette surtaxe. Nous
l'avons déjà dit Monsieur le député. Alors Monsieur le Premier
ministre, nous vous demandons instantanément de vous opposer à la
présentation de l'amendement du gouvernement visant à multiplier par
3 la taxe de solidarité sur les billets d'avion pour les vols
entre la France hexagonale et les territoires d'outre-mer ou la
Corse. Produit de première nécessité en moyenne 40% plus élevé
que dans l'hexagone. Billets d'avion inabordables et
en outre-mer, le pacte républicain pour nous est rompu.
Alors allez-vous Monsieur le Premier ministre vous opposer à cet amendement?
Je vous remercie mon cher collègue. La parole est à Monsieur Antoine
Armand, ministre de l'Economie et des Finances.
C'est lui qui va répondre. Merci Madame la Présidente.
Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Emma Thiazin
je vous remercie Monsieur le député pour
cette question importante. Je veux d'abord vous redire, comme je l'ai fait
à votre collègue tout à l'heure, que la priorité du ministre des Finances
de la France lorsque la dette approche 113% du produit intérieur brut
et que le déficit dépasse 6%, c'est de réduire les déficits
et de le faire en conscience. Et que cela passe d'abord et avant tout
nous l'avons rappelé avec mon collègue Laurent Saint-Martin, par la baisse de la dépense publique
au moins aux deux tiers et je ne doute pas que cette assemblée contribuera
à faire que cette proportion soit encore plus importante.
Et puis ensuite, et seulement ensuite, que l'effort
repose sur des prélèvements qui puissent
concerner d'abord et essentiellement les plus fortunés. Et dans ce cadre-là
le fait que ceux et celles qui se déplacent
beaucoup en avion contribuent
au redressement des finances publiques, contribuent
je finis de vous répondre Monsieur le député, contribuent aux finances publiques
et à l'investissement dans la transition énergétique est important. Et dans ce cadre-là
se pose évidemment la question des voyages européens ou assimilés
et évidemment la question de nos compatriotes qui vont de leur pays à leur propre pays
parfois pour des questions professionnelles, parfois pour des questions personnelles
peu importe, c'est de la continuité territoriale, c'est le pacte républicain
et nous aurons un attachement extrêmement fort à ce que dans le barème
dans le calibrage du prélèvement qui sera prévu et que nous ferons
je n'en doute pas avec l'ensemble des parlementaires de cette assemblée, ultramarins
ou non, puisque nous représentons tous l'ensemble de nos concitoyens
nous puissions trouver un chemin pour que cela ne repose pas essentiellement
sur les compatriotes d'outre-mer. Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre. La parole est à Monsieur Xavier Roseraine pour le groupe Horizon.
Merci Madame la Présidente, ma question s'adresse
à Madame la Ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt
Madame la Ministre, je souhaite attirer votre attention sur la question cruciale
de la cohabitation avec le loup. Les éleveurs, gardiens
de nos paysages et de notre patrimoine rural sont aujourd'hui
en détresse face à la multiplication des attaques de leurs troupeaux.
Le pastoralisme au coeur de l'économie locale
et de la préservation de nos montagnes est gravement menacé.
Le plan national d'action 2024-2029 sur le loup, bien qu'apportant
des avancées, reste très insuffisant.
Le récent accord avec l'Union Européenne visant à abaisser le statut
de protection du loup est un pas dans la bonne direction.
Cependant, ce processus doit encore être confirmé au sein de la
Convention de Berne. Nous devons donc rester extrêmement
vigilants et continuer à plaider pour un déclassement
effectif. Dans ce contexte, les chiffres
sont alarmants. La population lupine en France a plus que doublé en 5 ans.
Cette espèce n'est plus menacée alors que nos éleveurs
sont en danger. Les attaques sur les troupeaux ont augmenté
de 21% en 2022 en Haute-Savoie et sur ma circonscription,
ces attaques sont même passées sur les bovins et sur les chevaux.
Madame la Ministre, il existe une France
qui se lève à l'aube, la boule au ventre, avec le sentiment
d'être abandonnée. Cette même France enfile machinalement
ses bottes chaque matin avec l'angoisse de retrouver son
troupeau massacré par le loup. Comment pouvons-nous tolérer
un tel sort pour ceux qui nous nourrissent ? Quelle solution,
Madame la Ministre, envisagez-vous pour que ce dégât cesse, pour que
nos éleveurs puissent continuer leur activité dans les conditions
dignes, sans craindre pour la sécurité de leurs troupeaux ? Je vous remercie.
Merci beaucoup, mon cher collègue. La parole est à Madame Genevard,
Ministre en charge de l'Agriculture.
Merci, Madame la Présidente. Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député Xavier Roseraine, vice-président nouvellement
élu à l'ANEM, je vous félicite. La question de la prédation
du loup est un problème absolument majeur. Aujourd'hui, en France,
69 départements sont concernés, 11 000 victimes par an, pour une population
estimée à 1 000 loups, estimation souvent contestée.
C'est une cause de désespoir absolu pour nos éleveurs,
qui s'ajoute à la crise sanitaire, donc la situation est très difficile.
Le nouveau plan loup a pour axe principal, et je pense qu'il est bon de le rappeler,
d'un meilleur rééquilibrage entre la protection des troupeaux
et la protection de l'espèce, qui aujourd'hui est assurée, ce qui peut
amener d'ailleurs à un rééquilibrage dans le décompte des prélèvements
de loups. Dans ce nouveau plan loup, il y a
trois éléments importants, l'accélération de l'autorisation
des tirs, la formation des loupetiers, et puis également
la présomption, et c'est très important, de la non-protégabilité
des cheptels. Sur le bovin, c'est évident, on ne peut pas
enclore les bovins comme on peut le faire éventuellement pour les ovins.
Il y a un autre élément que je voudrais porter à votre connaissance, c'est qu'il y a eu
un vote très important des Etats membres qui se sont prononcés en
faveur de la révision de la Convention de Berne, et donc
normalement, ça devrait amener à modifier la Convention de Berne
et par contre-coup, nous amener à modifier la directive Habitat
qui est l'application en droit communautaire de la Convention de Berne, où là,
il faudra l'unanimité. En tout cas, soyez certains qu'en tant que
ministre de l'Agriculture et confronté depuis des années à ce sujet
sur lequel j'ai énormément travaillé avant vous, à l'ANEM
notamment, mais il n'y a pas seulement la montagne qui est concernée
aujourd'hui, il y a 69 départements, c'est presque la France entière.
Il faut impérativement pouvoir assurer la sécurité des troupeaux
et celles des éleveurs également.
Merci beaucoup, madame la ministre.
La parole est à présent à monsieur Emmanuel Morel pour le groupe GDR.
Merci, madame la présidente. Ma question s'adresse à monsieur
le Premier ministre. Monsieur le Premier ministre, à l'occasion de
votre déclaration de politique générale, vous vous êtes félicité
du succès des Jeux paralympiques et vous aviez indiqué que cela avait
contribué à changer le regard des Français sur le handicap.
Vous avez également eu des mots très forts sur la santé mentale
qui touche un Français sur cinq et vous avez proposé qu'elle soit
grande cause nationale cette année. Quelle n'a donc pas été
notre déception, voire même notre consternation à la lecture
de votre projet de loi pour cette année où vous proposez,
dans l'article 33 de ce texte, de diminuer les ressources drastiquement
de l'AGFIP qui est l'organisme paritaire qui accompagne les handicapés
dans leur formation professionnelle et leur inclusion sociale.
Ce qui finance l'AGFIP, c'est une taxe qui est acquittée par les entreprises
qui ne respectent pas l'obligation légale des 6% et l'Etat est censé
reverser la taxe. Or, qu'est-ce qui se passe ? Et là, on voit bien
le musée des horreurs de Bercy, cette espèce de tiroir à mauvaises idées,
mauvaises solutions qui consistent à piocher à chaque fois des idées
franchement détestables. Là, ce que vous proposez, c'est de plafonner
le reversement de la dite taxe et ça veut dire quoi concrètement ?
Les entreprises paieront toujours autant, l'AGFIP touchera moins
et l'Etat se fait les poches sur l'action en faveur des handicapés.
Et là, franchement, monsieur le Premier ministre, je vous demande
solennellement, et je sais que ce n'est pas seulement sur nos bancs,
revenez sur cette décision déplorable, je vous en prie, et faites en sorte
que notre action unanime en faveur des handicapés soit couronnée
de succès cette année. Merci.
Merci beaucoup, mon cher collègue. La parole est à madame Astrid Panossian-Bouvet,
ministre du Travail et de l'Emploi.
Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés,
cher Emmanuel Morel. Le taux d'activité des personnes en situation
de handicap en France s'élève à 45% contre 51% la moyenne de l'Union européenne.
Autant vous dire que nous avons des marges de progrès.
Et je veux être très claire ici devant vous et devant l'hémicycle,
nous n'avons pas pour objectif de priver d'une partie de ces ressources
la politique d'emploi des travailleurs en situation du handicap.
Et ce n'est pas ce que nous ferons. Ces ressources s'élèvent aujourd'hui
à plus d'un milliard d'euros. Elles se composent pour moitié
de crédits budgétaires destinés aux entreprises adaptées,
dont je vous confirme que nous allons maintenir le même niveau pour 2025.
Et l'autre moitié provient de cette contribution que vous avez mentionnée
dans votre question et qui est effectivement affectée à l'AGFIP.
Et ce montant était de 520 millions en 2024.
Il devrait légèrement augmenter pour 2025.
Les échanges continus depuis 2019 entre le gouvernement et l'AGFIP
avaient permis de poser les principes d'une contribution de l'AGFIP
au financement des entreprises adaptées.
Parce que nous considérons que ce financement entre dans sa mission
d'accompagnement des entreprises sur le handicap.
La question qui se pose maintenant est le montant de cette contribution.
Il y a déjà un an, le ministre du Travail et la ministre en charge du handicap
avaient indiqué à l'AGFIP que le montant de ce financement attendu
était précisément de 50 millions d'euros.
Ce montant n'a pu être atteint en 2024 puisqu'il n'a été proposé qu'à 15 millions d'euros.
Nous ne souhaitons pas remettre en cause le niveau de financement attendu
pour être à la hauteur de nos ambitions.
Parce que comme je l'ai rappelé ici, il y a des marges de progrès collectives.
Monsieur le député, si vous vous donnez la peine de m'écouter.
Eh bien, nous échangeons en ce moment même avec l'AGFIP
sur nos objectifs et nos contraintes.
Et si la rédaction actuelle du projet de loi de finances
qui prend la forme d'un plafonnement de la contribution a pu susciter des inquiétudes,
je le comprends.
Avec ma collègue, ministre chargée du handicap,
nous restons ouverts pour étudier dans le cadre du débat parlementaire.
Merci beaucoup madame la ministre. Je vous remercie.
La parole est à présent à monsieur Marc Chavant pour le groupe UDR.
Merci madame la présidente.
Ma question s'adresse à madame Catherine Vautrin, madame la ministre.
Après 7 ans de macronisme, la France est en faillite.
Face au chaos budgétaire, vous augmentez les impôts de 30 milliards d'euros.
Par paresse, vous faites des économies sur le dos des travailleurs,
des entreprises, des retraités et des collectivités,
mais jamais sur le dos de l'Etat.
Vous imposez la rigueur aux Français et en même temps, vous augmentez vos dépenses.
Vous faites de nous les prisonniers du Titanic.
Vous êtes à la barre, fonçant tout droit sur l'iceberg.
Entendez nos cris.
En 2012, nous étions vous et moi à l'UMP
et nous critiquions François Hollande pour bien moins que cela.
Alors que nos collectivités, nos écoles, nos routes,
nos infrastructures publiques souffrent,
vous imposez 5 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires
sur les grandes collectivités, souvent vertueuses.
Nos collectivités, mairies, départements,
ne représentent pourtant que 8% de la dette,
mais assurent 70% des investissements publics.
Les collectivités locales, contrairement à l'Etat,
sont bien gérées par des élus de terrain
et ne méritent pas d'être ponctionnées davantage.
Alors, Madame la Ministre,
quand choisirez-vous de réduire les dépenses de l'Etat
au lieu d'alourdir la charge des Français et des collectivités locales ?
Quand allez-vous simplifier notre millefeuille territoriale
pour supprimer les doublons et les structures publiques inefficaces ?
Quand réformerez-vous l'Etat
au lieu de toujours faire les poches de ceux qui se serrent déjà la ceinture ?
Je vous remercie, M. le député.
La parole est à Mme Catherine Beautrin,
Ministre en charge du Partenariat avec les Territoires.
Merci, Mme la Présidente.
Mesdames et Messieurs les députés, M. le député Marc Chavant.
M. le député, je crois que nous pouvons reconnaître les uns et les autres
qu'entre 2012 et 2024, il s'est passé beaucoup de choses dans notre pays
et il s'est notamment passé une crise que personne n'avait anticipée
qui est cette fameuse pandémie,
avec les conséquences de cette pandémie
qui ont eu pour conséquence, évidemment,
d'accompagner les entreprises, d'accompagner nos concitoyens.
Après, on peut légitimement s'interroger, bien évidemment,
et M. le Premier ministre l'a déjà dit,
sur la sortie de crise.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, la situation de notre pays,
vous la connaissez, 3228 milliards de dettes,
55 milliards par an d'intérêt de la dette,
et donc une menace sur notre souveraineté.
A partir de là, l'effort, et le premier effort qui est demandé,
ce sont 40 milliards d'économies.
Ces 40 milliards d'économies commencent par 20 milliards
au sein des services de l'Etat.
Et oui, effectivement, nous avons tous, dans notre feuille de route,
une mission. Cette mission, elle est de regarder
dans chacune des administrations dans lesquelles nous avons la responsabilité,
dans chacune des agences pour lesquelles nous avons une tutelle,
d'aller regarder quels sont les doublons, quels sont les coûts.
Pour avoir assisté, encore ce matin, avec M. le Premier ministre,
à une audition avec les représentants des régions,
évidemment que, un, nous les écoutons, que, deux,
nous tirons les bilans avec eux, parce qu'ils sont au quotidien
en contact avec ces administrations.
Donc, le premier sujet, c'est économie à tous les étages.
Pour autant, notre crédibilité, notamment vis-à-vis de l'Union européenne,
passera par notre capacité à avoir des réponses
dès le budget 25. Et cela nécessite moins de dépenses,
ça nécessite donc un effort de tous.
Et c'est pour cela que nous travaillons avec les collectivités,
dont je dis qu'elles ne sont pas à l'origine des déficits,
mais que, pour autant, elles investissent,
et que c'est avec elles en responsabilité que nous allons travailler.
Merci beaucoup, madame la ministre.
La parole est à présent à madame Florence Goulet
pour le Rassemblement national.
Merci, madame la présidente. Ma question s'adresse
à monsieur le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.
A Stenay, dans ma circonscription du Nord-Mesien,
le groupe finlandais Hallström,
premier employeur de ce territoire,
avait annoncé en mars 2023 la fermeture de sa papeterie
s'il ne trouvait pas de repreneur.
130 salariés et leurs familles,
sans compter les emplois indirects, étaient concernés.
En octobre 2023, Accursia,
un fonds d'investissement étranger,
a repris l'usine et s'est engagé à investir.
En juin 2024, retour à la case départ,
l'usine Stampa est placée en redressement judiciaire
et, faute de repreneur, va fermer.
Depuis toutes ces années,
la confiance et l'espoir des salariés ont été trahis
car les investissements promis n'ont jamais été honorés
dans un contexte de concurrence et de crise énergétique sans précédent.
La Meuse est un département très fragilisé
par le manque d'attractivité, le manque de transport
et le manque de services publics.
La situation de Stampa n'est malheureusement pas isolée.
Bonduelle, Bergère de France
et d'autres petites entreprises et commerces sont fermées
ou connaissent des difficultés majeures,
sans parler des exploitations meusiennes
très éprouvées par les crises successives
et la décision brutale et scandaleuse comme celle de Lactalis.
J'avais alerté votre prédécesseur le 28 mars 2023.
Sa réponse arrogante n'avait pour but que de masquer son incompétence.
Depuis 2017, on ne peut que contester
les incohérences des gouvernements successifs
pour protéger et maintenir les emplois sur notre territoire national.
Le Premier ministre a affiché son objectif
de réindustrialiser notre pays.
Mais que vont devenir les salariés de Stampa ?
Que va devenir ce site industriel ?
Que va devenir ce bassin du Normesien ?
Nous attendons des réponses concrètes,
des actes forts et non pas de grandes déclarations sans blanc de main.
Je vous remercie.
La parole est à monsieur Antoine Armand,
ministre de l'Economie et des Finances.
Merci Madame la Présidente.
Mesdames et Messieurs les députés,
Madame la députée Florence Goulet,
vous me permettrez d'abord de m'associer à la préoccupation
qui est la vôtre, celle des élus locaux
de manière transpartisane sur le territoire
et qui est due, vous l'avez rappelé,
à la situation extraordinairement spécifique
que rencontre cette entreprise dans un contexte plus global
avec, vous nous corrigerez si ce n'est pas le cas,
un historique depuis 2023,
des évaluations qui se sont avérées optimistes,
des engagements qui avaient été pris
et qui n'ont visiblement pas été tenus
par un certain nombre d'industriels
qui placent aujourd'hui l'entreprise
dans une situation extrêmement difficile.
L'Etat, vous l'avez rappelé,
a été alerté de la situation à l'été 2024
d'un point de vue administrativo-financier.
Il a été alerté avant, vous l'avez rappelé,
et depuis les services déconcentrés,
les services d'administration de nos ministères
sont en recherche de solutions alternatives,
en particulier de recherche de repreneurs
qui, vous le savez aussi bien que moi,
n'ont pas à ce stade donné de suite
et qui placent l'entreprise,
je vous le dis avec beaucoup de simplicité
et l'humilité qui convient,
dans une situation extraordinairement complexe
et difficile.
La garantie et l'engagement que je prends
face à vous aujourd'hui, c'est que,
quelle que soit la suite du travail que nous menons
et que nous mènerons avec Marc Ferracci,
qui, dès sa prise de fonction,
alerté par les services sur ce dossier,
a pris un certain nombre de contacts,
c'est que nous accompagnerons les salariés
autant qu'il le faut, autant qu'il le peut,
dans un département qui est, par ailleurs,
vous l'avez rappelé, extraordinairement éprouvé
et auprès duquel nous devons témoigner
notre solidarité. Je vous remercie.
Merci beaucoup, M. le ministre.
La parole est à Mme Sandra Marceau
pour le groupe EPR.
Merci, Mme la Présidente.
M. le Premier ministre,
je vous parle d'un territoire où,
chaque jour, les tonnelleries chauffent les barriques.
Les chaudronniers révisent les alambics
et certains sont d'ores et déjà allumés.
Les emballages se préparent
pour l'expédition et vous l'avez
sans doute compris, je l'espère,
les vendanges se terminent dans les paysages
aux couleurs de l'automne du Cognacé.
Le cognac, reconnu mondialement
et fruit d'un savoir-faire séculaire,
emploie 77 000 personnes
en France, dont 44 000
en Charente et en Charente-Maritime.
Vieillit exclusivement en fût-de-chaîne,
ce produit parcourt le globe
depuis des siècles. Mais les tensions
économiques mondiales menacent
les exportations, notamment depuis l'annonce
de l'enquête anti-dumping visant les
spiritueux en provenance de l'Union européenne.
Elle vise le cognac
mais aussi l'armagnac et je salue
à ce titre mon collègue
Jean-René Cazeneuve.
C'est les brandis qui sont concernés.
Les filières redoutent l'imposition
de droits de douane supplémentaires allant de
30 à 39% alors que le marché
chinois représente un quart des exportations
de cognac et près de 40%
en valeur. Vendredi
dernier, en réponse à l'annonce de l'Union européenne
de la mise en place de taxes sur les véhicules
électriques chinois, la Chine a décidé
d'imposer des taxes provisoires de
35% sur les brandis européens.
35% !
Les conséquences se font déjà sentir.
Certaines PME
et des sous-traitants aussi, on me l'a dit encore
hier, ont été contraints de
suspendre leurs exportations.
Même si je comprends la volonté
de préserver le marché des véhicules
européens, je m'interroge
sur l'accompagnement des filières
spiritueuses, pour ce qui est
aujourd'hui le sujet, qui représentent
des atouts essentiels dans notre balance
commerciale extérieure.
Pour le cognac, c'est 3,6
milliards à l'export.
3,6 milliards !
Alors, si nous ne prenons pas
conscience des enjeux, monsieur le Premier
ministre, comment pouvons-nous
protéger nos productions face
à de nouvelles taxes ?
Merci. Merci beaucoup,
ma chère collègue. La parole est à madame
Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture
et de la Souveraineté Alimentaire.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs
les députés, madame la députée
Sandra Marceau. Vous évoquez
la situation de la
filière des brandis, c'est-à-dire le
cognac et l'armagnac.
Et l'annonce de droits de douane
alourdie jusqu'à 39%
par la Chine, en réponse
aux droits de douane qui leur seraient
infligés sur les véhicules électriques,
plonge cette filière dans
une inquiétude maximum.
Je les ai d'ailleurs reçus
très récemment. Je rappelle
que la filière brandy exporte
à plus de 90% et que
son premier client, c'est la Chine.
C'est la Chine. Donc le danger
est maximal. Et j'ajoute
aussi que ce sont 14.500
emplois directs
et près de 58.000
emplois indirects.
C'est tout un écosystème. Il n'y a pas
que les producteurs de brandy, mais il y a aussi
tout l'écosystème. Et vous l'avez dit
dans votre question.
Alors, je pense que
face à une telle situation,
il faut que l'UE
montre sa capacité à résister.
Une plainte a été déposée à l'OMC,
mais vous le savez, elle prendra beaucoup de temps
et en attendant, les dégâts,
et vous l'avez dit, se font
déjà sentir. Je pense
qu'il faut aussi bien avoir conscience
que d'autres filières
peuvent être concernées par ces rétorsions,
notamment le lait et le porc.
Donc, il faut élargir
le spectre des menaces possibles.
Je pense,
madame la députée, que
seule la voie diplomatique
à ce stade doit être
mobilisée à plein
pour faire renoncer la Chine
à appliquer ces taux qui vont
effectivement porter un coût
qui peut être fatal à une filière
qui réussit,
et en matière agricole en ce moment,
voilà,
elle n'a pas de problème
et elles sont peu nombreuses,
les filières agricoles, qui n'ont pas de problème.
Donc, il faut absolument y répondre.
Et je dirais
qu'il faut profiter de toutes les
occasions internationales qui sont données,
notamment le 60e anniversaire
de l'amitié franco-chinoise.
Merci, madame la ministre.
La parole est
enfin à monsieur Loïc Prud'homme
pour le groupe La France Insoumise.
Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre des Transports,
une fois n'est pas coutume, je vous apporte une bonne nouvelle.
Alors que votre gouvernement
cherche désespérément de l'argent,
je vous offre plus de 14 milliards
sur un plateau. 14 milliards
sans faire les poches des retraités,
sans détruire nos services publics,
sans supprimer 4000 postes d'enseignants.
Pour cela, rien de plus simple.
Il vous suffit de mettre fin
à un projet préhistorique
sorti tout droit de l'air du tout-TGV.
Un projet inutile
qui propose de construire en pleine nature
deux lignes ferroviaires nouvelles
là où il en existe déjà,
entre Bordeaux et Toulouse,
et entre Bordeaux et Dax.
Un projet de destruction massive
de 5000 hectares d'espace naturel
et agricole,
dont la vallée du Siron,
un trésor de biodiversité unique.
Un projet qui rencontre
depuis plus de 10 ans
l'opposition majoritaire
des habitants, des associations,
des élus locaux
et même d'un groupe de 10 parlementaires
de la région, de LRALFI.
C'est tout dire.
Tout ça pour gagner au mieux
40 minutes entre Paris et Toulouse
et 5 minutes entre Paris et Dax
par rapport au scénario de rénovation
qui permettrait de relier
le capitol à la capitale
en moins de 4 heures.
Tout ça alors que notre réseau ferroviaire
est en souffrance,
que la régénération des lignes du quotidien
est une urgence pour des millions de Français.
Monsieur le ministre,
ferez-vous preuve de clairvoyance
en abandonnant définitivement
ces projets de LGV ?
Ferez-vous le choix du train utile ?
Ou appuierez-vous ces projets
insensés des deux dernières personnes
convaincues, M. Rousset et Mme Delga,
convaincues que ces lignes
ont d'autres vertus que de faire
parler d'eux ? Monsieur le ministre,
je vous en conjure,
stoppez cette folie écologique et budgétaire,
recevez rapidement les parlementaires
qui portent des alternatives efficaces
et économes à tout point de vue
pour nos finances, pour l'environnement,
pour le climat. Je vous remercie.
Je vous remercie.
La parole est à Mme Catherine Vautrin,
ministre en charge de territoire
et de la décentralisation.
Merci Mme la Présidente.
Mesdames et Messieurs les députés, M. le député
Loïc Prunhomme. M. le député, autant vous dire
que 14 milliards d'économies,
c'est un sujet que tout le monde regarde.
Pour autant, nous avons un deuxième sujet
que tout le monde regarde, et vous aussi,
c'est notre dette écologique.
Et notre dette écologique, elle nous conduit
évidemment à travailler sur un sujet
qui est celui des transports.
Et travailler sur le sujet des transports,
c'est être en capacité d'offrir
à nos concitoyens des outils
est-ce que je peux finir
calmement ? Merci Madame.
Et donc c'est permettre en fait, tout simplement
à nos concitoyens de se déplacer
en utilisant des moyens de transport
qui permettent des alternatives,
des alternatives à la voiture, des alternatives
à l'avion par exemple. Autant
d'éléments sur lesquels nous pouvons
continuer à travailler ensemble.
Et quand je regarde le budget qui est celui
des transports pour l'exercice
2025, sur quoi est-ce que nous sommes
en train de travailler ? Nous sommes en train de travailler
sur précisément l'amélioration
de nos réseaux, parce que c'est un sujet
vous l'avez vous-même évoqué dans
votre question. Nous avons à travailler
sur la fin de l'autosolisme
avec des transports alternatifs.
Nous avons à travailler sur l'avion
du futur. Donc vous le voyez,
les enjeux ne manquent pas. Le rendez-vous c'est
2030 et la baisse des émissions
de CO2. Le transport c'est
un tiers des émissions de CO2 de notre
pays. Merci beaucoup
Madame la Ministre. La séance de questions
au gouvernement est terminée.
Prochaine séance lundi 21 octobre
à 16h. La séance est levée.