Justice en France : Cour d'Assises d'appel de Saint-Omer
L
LCP - Assemblée nationale
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[Musique]
monsieur pouvez vous asseoir si vous
souhaitezjouter quel chose'estce que
vous attendez de ce procè mare monsieur
l'avocat général Mame de la
cour bienvenue dans justice en France le
procès que vous allez suivre dans un
instant et d'une intensité émotionnelle
exceptionnellement forte d'abord parce
que la victime est un bébé de moins de
13 mois ensuite parce que l'accusé qui
est dans le box n'est autre que sa mère
conteste les faits qui lui sont
reprochés enfin parce que derrière la
qualification criminelle retenue par la
justice se cache le syndrome du bébé
secoué selon la Haute Autorité de la
santé on dénombre chaque année une
centaine de nourrçons victimes de ce
traumatisme crâen
nonaccidentel et il revient à la justice
de rechercher le ou les responsables de
ce crime et de les juger dans le cas
présent les neuf jurés et les trois
magistrats professionnels de la Cour
d'Assise du pas decalais ont à se
prononcer sur la culpabilité d'une mère
déjà condamnée en première instance à 8
ans
d'emprisonnement va-t-elle parvenir à
les convaincre de son innocence réponse
à la fin de l'émission où je vous
retrouve avec nos deux invités pour
décrypter ce procès de justice en France
[Musique]
l'audience est ouverte veuillez vous
[Musique]
asseoir le 18 mai 2022 le premier
président de la cour d'appel de Doué
désigné notre cours d'assise du P
decalis afin de procéder au réexamen
complet de la
reconnu coupable en première instance
pour avoir secoué violemment son bébé de
13 mois ayant entraîné une infirmité
permanente l'accusé a été condamné à 8
ans de détention elle a fait
appel ceci est son second procès pendant
3 jours cette mère est rejugé sur
l'ensemble des faits qui lui sont
reprochés et en cours 20 ans de
réclusion
criminelle alors ma première question
reconnaissez-vous les faits madame non
non et alors si c'est pas vous c'est
qui comme je l'ai dit ben c'est Monsieur
moi je suis innocente j'ai jamais j'ai
jamais fait de mal à mes enfants moi
j'aime mes
enfants vous avez la certitude qu'il
s'agit de Monsieur mais il y a que lui
qui l'a gardé ce jour-l pendant que
j'étais absente à la fouterie c'est le
seul qui était qui était présent au
domicile vous êtes parti combien de
temps à la friterie 40 minutes 40 minut
en 40
minutes une personne a pu sonner rentrer
dans
l'habitation on est d'accord oui c'était
la première fois que vous laissiez seule
votre fille avec Monsieur oui d'accord
et quand vous revenez bah pour moi elle
dort puisque je venais de la mettre au
et quand vous quittez pour aller
chercher des
frites dor aussi oui c'est ça d'accord
bien l'homme que la accusé désigne comme
l'auteur des faits est son compagnon de
l'époque il n'est pas le père de la
petite fille ce dernier qui n'a pas
reconnu l'enfant ne sera pas entendu à
l'audience en tant que
témoin madame vous êtes la sœur aînée de
l'accusé oui à ce titre vous ne prêtez
pas serment mais c'est pas parce qu'on
ne prête pas serment qu'on ne dit pas la
vérité celle-ci est dans le box et
risque 20 années de réclusion criminel
donc on vous écoute Mame parlez-nous de
votre sœur et on vous posera des
questions ça n'a jamais été le grand
amour mais je lui veux aucun mal
euh je on a très très peu vécu ensemble
à part notre enfance donc au niveau de
l'affaire j'ai pas pu apporter des
éléments que ce soit positif ou
négatif je suis pas là non plus pour la
juger d'abord c'est pas mon mon job
et je déplore
simplement ce qui s'est passé c'est
vis-à-vis de ma nièce
et la situation
actuelle vous avez terminé
oui c'est court et moi j'aime bien
savoir spontanément ce que les gens ont
envie de dire sur les autres voyez d'c
pu c'est le code de procédure pénale h
parce que dès que je vais poser des
questions nécessairement ça passe par
mon prisme à moi donc voilà ça peut être
un peu dirigé donc spontanément
parlez-nous de votre sœur quoi on n
jamais vraiment rien partagé ensemble
même depuis qu'on a nos enfants chacune
de notre côté on se côtoie pas on se
parle pas on fait chacune notre vie de
notre
côté bon si vous deviez décrire le
caractère de votre sœur vous diriez
quoi impulsif ce qui lui fait défaut par
je pense que ça aurait pu être une belle
personne mais je pense que le caractère
très fort qu'elle a ça lui porte
préjudice
elle peut être super sympa puis en 30
secondes être franchement désagréable
oui c'est ce que vous aviez dit pour
être sympa etchanger du tout au tout sur
une simple phrase qui ne lui plaît pas
elle peut tout vous donner comme elle
peut tout vous
reprendre bon quoi d'autre à nous dire
Madame
pas grand-chose
malheureusement votre mère va voir votre
sœur en détention je ne sais
pas non c'est un sujet
àout vous allez donc rester au procès je
vous demander de rester aujourd'hui et
demain d'cord jusquau bout d'accord
allez vous asseoir dans la salle on va
entendre monsieur
donc vous êtes exc cuubain donc à ce
titre vous ne prêtez pas serment mais
c'est pas parce qu'on ne prête pas
serment qu'on ne dit pas la vérité on
vous écoute
parlez-nous parlez-nous de votre vie
parlez-nous de son caractère et puis on
vous posera des
questions
bah on a vécu ensemble pendant des
années et on a eu deux enfants
et bon après on n jamais eu pris de
logement ensemble parce que ça se
passait jamais comme il fallait il y a
toujours des
tensions après je je voulez savoir
ouais tu marqué l' mais après je suis
plus dans dans quel sens que j'ai
toujours raconté alors je Seris pas vous
dire exactement ce qui est marqué sur
papier à part si je le
relis voyez monsieur il existe un
principe en cours d'assise c'est
l'oralité des
débats moi j'ai lu votre
déposition madame l'avocat général la
partie civile la défense mais les gens
qui vont la juger ils ont pas lu donc
ils ont besoin d'entendre oralement ce
que vous avez à nous dire comment elle
était la vie avec elle euh comment vous
l'avez rencontré ses défauts ses
qualités de mère d'épouses ou de de de
concubine en fait on vous êtes là pour
ça monsieur J'ai j'ai tiré un trait
là-dessus je suis passé à autre chose
quoi je pensais pas revenir ici un jour
pour expliquer ce qui s'est passé avec
Madame quoi après il y a des choses qui
m'ont marqué donc oui il y a des choses
que je me rappelle
allez-y bah au niveau des enfants euh
c'était pas c'était pas la choix c'était
pas le top quoi
était pas à 100 % à s'occuper deux
quoi j'ai vu des choses qu'elle plaisit
à mes enfants que j'aurais pas accepté
j'ai pas
accepté exemple bah je devais partir
comme ça ça m'a marqué j'étais rentré
entre MIDH et 2 et bon bah je rentre
chez moi chez mes parents je mange et
après je m'en vais voir Madame pu les
enfants et et là pour pas que je pars au
boulot parce que je devais partir au
boulot sinon j'étais en retard et là
elle arrive avec la poussette l'enfant
et elle a commencé bah le tou il dormait
en fait et elle a commencé à le secouer
à lui mettre des baffes pour le
réveiller pour dire regarde ton père il
s'en va il veut pas s'occuper de toi il
veut pas te voir quoi que la réalité
c'est que il dormait bon on laisse
dormir et moi je partais au boulot
j'étais en retard je pouvais pas me
permettre de partir plus tard donc s'est
mangé comme ça euh parce qu'elle voulait
que je
reste un autre jour c'était pareil
c'était un soir à pro euh et en partant
de chez mes parents elle arrivéit avec
mon fils en poussette et quand
elle m'a demandé des choses et j'ai pas
ouu pareil là de là elle a pris s énervé
quoi moi je suis parti en voiture elle
est partie à pied avec la poussette et
là au coin de la rue moi je tournais à
gauche à la en face elle acheté la
poussette contre un mur et là la
poussette elle s'est rversée le son
retourné c'est détache même de la
poussette bon quand j'ai vu ça dans mon
rétro bah je me suis arrêté je me suis
garé et j'étais voir s'il y avait pas de
quoi que ce soit sur l'enfant quoi et de
là vu qu'elle étaé énervé était prête à
tout je suis parti pour la laisser euh
s'énervé ou se calmé et de là moi je
suis parti de mon côté j'ai fait ma
soirée
quoi bon
monsieur je pose la question à tout le
monde hein même si personne n'est
présent ce fameux 6 mars
il est reproché d'avoir
secoué qu'est-ce que vous en pensez vous
la pensez capable de cela ou pas ah
franchement oui vu ce qu'elle faisait
avec mes enfants jusqu'à moi quoi
c'était
oui j'en mettrai pas le doute
quoi madame quand il parle
éventuellement que vous auriez projeté
la poussa dans contraire madame la juge
c'est c'est comment c'est le contraire
j'ai vou récupérer la tutute qui était
juste au-dessus du toit de sa voiture il
a refusé et là de là il a couru vers moi
mais comme il y avait la la la la la
poussette devant moi il a poussé la
poussette et le petit a basculé sur côté
et il a eu un hématome de 3 cm à la tête
et Monsieur éta en garde à vue à
l'ancien commissaire de de Lille
d'accord et
euh l'autre épisode par exemple euh vous
auriez réveillé en lui mettant une
claque pour pouvoir partir non non exa
au bout d'un moment il faut arrêter de
mentir quoi il faut dire la vérité et
puis c'est tout moi là je suis là c'est
pour dire la vérité c'est pas pour
mentir je vois pas l'intérêt de mentir
en
fait pas d'autres question au témoins on
peut libérer le témoin et bien la cour
vous remercie monsieur vous pouvez
disposer au reste dans la salle c'est
comme vous le désirez on va chercher le
dernier témoin de la matinée on fera
notre pause sans doute vers 13h30
vous êtes le fils aîné de de l'accusé à
ce titre vous ne prêtez pas qu'est-ce
que vous souhaitez nous dire
[Musique]
monsieur moi je pense pas que c'est ma
mère qui a fait
ça moi j'ai jamais eu aucune
violence jamais vu ma mère faire la
violence contre un enfant
re moi et mes petits frères
donc je vois pas pourquoi elle aura fait
ma
sur vous allez voir votre maman en
détention c'est important pour vous
d'aller voir votre mère
oui pourquoi parce que c'est ma mère
j'ai besoin de la voir
et pourtant c'est pas elle qui a eu
votre
garde vous savez un peu
pourquoi pas bienoccuper de
nous un petit peu
compliqué et est-ce que vous voyez votre
petite sœ compliqué aussi je l'ai vu
deux fois depuis que j'aiautorisation
d'aller la
voir études ça c'est un peu compliqué en
ce moment c'est vous qui avez souhaité
l'avoir oui pour quelle raison monsieur
bah parce que c'est ma sœur et j'ai
besoin de prendre contact avec et et de
la
revoir mais qui d'autre que vous va la
voir de la famille personne
personne pas d'autrre questions au
témoins l'audience est suspendu et
reprend à 14h30 précise l'audience est
suspendue reprend à 14h30
l'audience est reprise veuillez vous
[Musique]
asseoir madame la Présidente monie
d après les proches de l'accusé le
policier en charge de l'enquête rend
compte de ses investigations devant la
Cour il a été saisi le lendemain des
fait par l'hôpital qui a pris en charge
la petite fille de 13 mois les médecins
soupçonnent un syndrome de bébé secoué
donc les parents ont été convoqués donc
quand les parents c'est donc ainsi que
monsieur qui était le compagnon convoqué
donc pour y être placé en garde à vue
donc monsieur a été entendu par mon chef
mon chef de brigade à l'époque lui
refute évidemment toute violence ou
maltraitance ni de sa part ni la
première audition de ma a été faite par
moi-même donc là durant cette audition
me dit que monsieur n'a jamais gardé sa
fille seule elle me dira que qu'elle ne
comprend pas comment sa fille comment sa
fille s'est fait s'est fait cela elle
dit que la grand-mère se serait présenté
ce jour-là vers 11h30 12h15 et que c'est
vers 16h30 que s'est rendu compte que sa
fille avait un regard vers le mur un
regard assez vide et que c'est là où
effectivement comme l'était amorp en
l'pportant elles ont décidé d'appeler le
18 et euh euh durant cette audition pour
la terminer elle nous dira que euh elle
n'a jamais vu qui que ce soit secouer sa
fille euh voilà ce qui est plutôt
surprenant comme question puisque
nous-même n n'avions pas avoqué les les
secousses de là on demande madame de de
rejoindre les les cellules et c'est
durant donc ce ce parcours jusqu'au Jol
où elle m'interroge un petit peu sur Ben
le devenir de la procédure de qu'est-ce
qui va se passer et là en milieu de
chemin elle me elle me dit qu'elle
souhaite être réentendue immédiatement
donc quand je lui demande pourquoi elle
me dit qu'elle a des choses à me dire
voilà donc je décide de ne pas laisser
de temps et je fais retour donc dans mon
bu dans mon bureau pardon et j'engage
donc une seconde audition de Madame donc
là madame me reconnaît des secousses sur
l'enfant elle me dit avoir pété un câble
pour utiliser ces termes parce que la
petite l'avait réveillé
elle metur de cause monsieur et sa mère
elle dit également être enceinte de 2
mois et nous fait part qu'elle ne
souhaite pas garder cet enfant
elle dit qu'elle s'est énervée parce
qu'elle voulait juste
dormir c'est une garde à vue qui se
passe comment
euh al comment vous interrogez selon
vous
euh vous hurlez sur le garder à vue non
mais je sais pas je POS une question
hein vous avez un beau teint enfin vous
voyez ce ce genre de truc auquel quelque
fois on pense ou alors c'est une
audition qui dans votre souvenir se
déroule
al je travaille toujours de la même
manière c'estàdire que crier n'est pas
forcément la solution le but c'est
d'obtenir un maximum de
détail voilà le but c'est de recuillir
des
éléments donc non il y a pas de il y a
pas de CR d'ailleurs on peut passer la
vidéo je n'ai aucune difficulté avec ça
c'est ce qu'on va faire
monsieur parce que effectivement il y
auun TR auditions il y a aucune pression
qui est mise et que ça soit dans mon
ination dans ou dans les propos que je
peux avoir la
défense il est courant que on ait des
auditions en matière de bébé secoué de
20 minutes mais là il y a pas eu que 20
minutes on est à plusieurs auditions il
y a trois auditions on a des détails il
y a une description qui est relativement
cl qui concerne vraiment le parce que la
première elle conteste donc voilà on a
une audition de 20 minutes et puis après
une audition qui ne concerne plus les
faits ou deun trentaine de 2 minutes non
mais je demande juste au niveau temps
est-ce que c'est classique bah écoutez
il y a pas de il y a pas de raison
d'aller plus loin que les faits qui sont
qui sont soupçonnés voilà là en
l'occurrence on est sur des suspicionss
de bébé secoué il y a des gestes établir
elle nous les elle nous les relate elle
nous les décrit de manière voilà tout à
fait
naturelle il y a pas eu de pression qui
a été mise d'ailleurs encore une fois je
vous invite à à passer la vidéo vous
verrez que à aucun moment je lève le ton
ce n'est pas du tout mon gen bien alors
madame vous savez que vous avez reconnu
lesffet en garde à vue oui alors en
application des dispositions de
l'article 310 dans le cadre de mon
pouvoir discrétionnaire et parce que
c'est utile à la manifestation de la
vérité nous allons visionner l'ensemble
de ces de vos auditions de de garde à
vue alors
votre accompagnement demander de
reprendre votre aition de
suite parce que c'est c'est fa ça ma
petite mard matin au réveille j'ai par
que j'étais fatigué du coup
comm
je dans son lit
comme ça
comment
réag surprise en fait elle m'a regardé
je pas l'air de dire tu fais quoi
et m'a après là où j'ai été la
rechercher j'ai dans sa
poussette bon ben avec la fatigue le
stress la P qui est tout le temps en
train de râer tout le temps en train de
pleurer j'ai péé un P C mardi qui
la petite elle ple assez
souvent est-ce que sou ajouter quelque
chose là tout
suite
mon alors madame vous venez de vous
revoir
on vous
écoute je vous ai vu ému
ouis parce que bah tout ce que j'ai dit
lors de l'audition c'est faux c'est faux
et ça mm dans le sens où ben j'ai dit de
la merde et et à cause de ça ben voilà
il y a vous avez dit quoi j'ai j'ai dit
n'importe quoi en fait vous avez dit
n'importe
quoi vous avez pleuré n'importe comment
il y a aucune pression de la police là B
parce que c'est parce que c'est la vidéo
on voit même pas comment je la ce cou
comment aller positionner vous voyez
rien du tout en fait donc et en fait ce
que je dis ben vous personne me croit
donc si personne ne CEN VI est-ce qu' on
peut croire au moins vos pleurs comment
est-ce que vos pleurs on peut les
croire ils sont simulés vos pleurs non
pas du tout alors
pourquoi je vous ai dit par par crainte
par peur par crainte de quoi bah la
crainte qui s'en prenne à mes enfants il
savaient très bien où où mes enfants il
résidaient mais c'est parce que ben en
fait pendant le trajet du commissariat
il m'a fait des menaces en s'en en
disant que si je dis pas si je dis pas
que c'est moi ou si je dis que c'est lui
il s'en prendrait à ma famille voilà
tout simplement c'est-à-dire ma famille
c'est mes deux enfants ben depuis le
temps que vous le dites c'est-à-dire
depuis 2013 oui est-ce qu'il s'en a pris
à vous à à votre famille bah non parce
que benah j'ai déménagé des
gens l'audience est suspendue et reprend
demain à 9h15 précise mais 9h pour
l'administration pénitentiaire
[Musique]
l'audience est reprise veuillez vous
asseoir bien madame levez-vous s'il vous
plaît je suppose en tant que maire vous
devez vous interroger qui a fait ça oui
et alors votre intime conviction c'est
qui ben mon intime conviction sachant
qu'on était qu' deux dans l'appartement
que monsieur m'a jamais dit qu'il y
avait quelqu'un qui était rentré dans
l'appartement pendant mon absence ben
pour moi c'est
lui et alors qu'est-ce qu'il aurait fait
selon
vous après les médecins c'est un bébé
secoué donc après moi j'étais pas là
pour le voir d'accord euh il l'aurait
secoué sur le cumulus ben moi j'ai vu
une trace qui a pas été exiter madame un
bébé secoué est-ce que c'est un bébé
qu'on projette sur un
cumulus un bébé secoué c'est comme vous
l'avez montré en garde à vue on met les
mains sous les
aisselles j'ai rien montré puisquon ah
si madame vous avez montré vous voulez
que je vous le remontre on peut le
remontrer on VO rien du remrer vous
remontrer madame sur vous il y a eu ces
gestes là vous le contestez madame parce
que le policier montre les gestes qu'il
faut faire donc ben forcément je repr
vous demand de répondre à ma question
madame est-ce que vous AZ V demandz de
reproduire les geste que vous faites je
vais le faire madame avez-vous vu sur la
vidéo avoir fait ce geste là bah oui
parce que le policier'a il m'a il m'a
montré c'est ça un bébé secoué
madame mais alors prenons votre version
et pourquoi il aurait fait ça je sais
pas je moi je pense que quand on est une
mère de famille on essaie de savoir ce
qui a pu se passer
ça fait 11 ans que je me pose la
question ce qui s'est passé vous croyez
que je souffre pas j'en souffre je
souffre de tout du fait qu'on m'a privé
de mon enfant pendant 10 ans j'avais le
droit par rapport à un juge des enfants
de voir ma fille mais à cause du
contrôle judiciaire j'ai jamais pu
l'avoir j'ai jamais pu lui écrire jamais
pu l'appeler j'ai jamais rien pu faire
de correspondance il y avait pas de
difficulté madame si j'avais pas le
droit
alors et ben on va l'interroger
on va lui demander s'il a
secoué parce que c'est ça c'est soit lui
soit
vous c'est vous monsieur qui avez secoué
sa petite fille en aucun cas comment
encun casame pas du tout mais si c'est
vous
je mais c'est évident comment je
comprends en quoi c'est évident c'estàd
elle le dit ah oui elle le dit mais ça
pour le dire oui elle dit beaucoup de
choses mais en aucun cas je suis pas
quelqu'un de violent j'ai secoué
personne j'ai entendu dire aussi que
j'avais menacé moi j'ai menacé personne
je non pas du tout madame parce que vous
êtes en possession de l'information
selon laquelle il y a des soupçons
c'està-dire contre moi non des soupçons
de maltraitance sur
oui les médecins disent il y a de la
maltraitance oui mais enfin vous passez
la journée tous les
deux B moi pour moi et vous lui mettez
la pression pour qu'elle à vous non
c'est non mais mais si Monsieur mais non
madame non mais c'est ce qu'elle nous
dit oui c'est ce ce qu'elle vous dit
c'est les histoires qu'elle essayer
d'inventer pour ne pas assumeres ces
actes mais mais en aucun cas j'ai mis la
pression à qui que ça soit jamais madame
l'avocat général oui madame le
Président bonjour monsieur bonjour
madame c'est pas pas très agréable
d'être ici non pas du tout
eu vous avez l'air très calme depuis le
début de cette audience c'est peut-être
l'impression que vous avez mais enfin je
suis forcément stressé par la situation
et intimidé parce que c'est pas un Odin
de se retrouver ici quoi non et bon en
tout cas moi je
remarque que vous vous énervez pas à
toutes les question que vous pose madame
le Président de manière très
agréable c'est c'est pas une critique
non non alors est-ce que vous vous
contrôlez pour pas vous énerver non je
suis pas de nature
à je suis pas de nature à m'énerver
après moi je je sais que j'ai ma
conscience pour moi je je sais pas quoi
dire à part que moi j'ai j'ai rien fait
de mal quoi bon madame
levez-vous qu'est-ce que vous avez comme
question à lui
poser moi je veux savoir ce qui s'est
passé avec ma fille tout simplement
pendant que je tu es pas
là on vous écoute B je vais lu retourner
la question moi avec sa fille moi me
concernant il s'est rien passé du tout
donc maintenant ça
serait ça serait bien
de en gros d'assumer ses actes et
d'arrêter de d'essayer de ruiner ma vie
concrètement quoi parce
que j'ai l'impression que pas vraiment
de scrupulle pour pour ruiner la vie de
quelqu'un alors que B je suis désolé moi
je je vais encore me répéter mais je
suis pour rien dans cette histoire
quoi moi j'ai plus rien à
dire moi je je je je pensais qu'en qu'en
vous donnant la parole ce que je fais
rarement dans un échange comme ça que
vous alliez lui poser des questions sur
votre fille parce que c'est votre fille
là n'importe quelle question que je lui
pose il sait pas dont on parle hein
bon alle j' bien savoir ce qui s'est
passé oui avec ma fille pourquoi elle
seouve dans un état CR
mé de la salle monsieur je souhaiterais
que vous restiez au moins toute la
matinée vous pourrez reprendre la route
je pense en début
d'après-midi docteur vous voulez bien
approcher alors chez le nourrisson et le
jeune enfant jusqu'à l'âge de 2 ans et
bien le principal mécanisme à l'origine
de ces lésions tr atique constittu en de
violentes secouses qui s'inscrit dans un
syndrome qu'on appelle communément le
syndrome du bébé secoué aujourd'hui on
parle de traumatisme crânien
nonaccidentel au sens plus large et
qu'est-ce qu'un syndrome du bébé scoué
bien le syndrome du bébé scoué survient
lorsqu'un
adulte maintenant fermement un bébé ou
un jeune enfant jusqu'à l'âge de 2 ans
alors soit au niveau du Tron sous les
aisselles ou par les épaules le secou de
manière très violente et cette ce
secouement VI violent entraîne une
bascule brutale de la tête sur le cou et
cette bascule brutale de la tête sur le
cou elle elle impose au méninges au
vaisseaux qu'il traverse au cerveau au
globe oculaire jusqu'à la moelle
épinière cervicale des mouvements
rotatoires d'accélération décélération
qui explique l'ensemble des lésions
diffuses on sait aujourd'hui que chez
l'enfant de jusqu'à 2 ans l'association
de ces hématomes sousdureau et de ces
hémorragies rétinenes et bien ne se rend
compte que dans deux types de situation
le syndrome du bébé secoué et les
accidents de la voie publique à grande
vitesse donc on sait que n'a pas été
victime d'un accident de la voie
publique à grande vitesse donc on peut
déjà déterminer à ce momentlà qu'elle a
été victime de manière
certaine d'un épisode de secouement
intense alors je vais vous montrer sur
un poupon pour imager un
peu voilà je le jette en l'air comme ça
vous allez voir que la tête reste dans
là il se passe rien en fait
de même s'il
tombe par contre si je le prends que je
le maintiens fermement par le thorax par
exemple et que je lui impose un mouement
de secouement intense comme un
prunier on voit on voit cette bascule
brutale de la tête sur le cou et ça ça
va arracher les veines lors des
mouvements de bascule elles sont étirées
et elles
s'arrachent je me pose la question
est-ce
que ce que vous avez pu examiner au au
au niveau des pièces
médico-légales est-ce que aurait pu
avoir la tête claqué contre un un
cumulus non bah c'est c'est totalement
incompatible en tout cas puisque je je
pas refire toute ma d'autres questions à
l'expert madame l'avocat général pas de
question la partie civile la défense non
pas de question Madamet on peut libérer
l'expert bon
elle est arrivée oui elle est là dans la
ils sont là dans la salle des pas
perdus tu viens pas voilà bonjour
bonjour alors tu vas te mettre là
voilà puis alors en fait moi je voudrais
savoir ça c'est qui là c'est moi c'est
TOI d'accord et là c'est qui là c'est
moi c'est toi aussi c'était il y a
longtemps est-ce que tu sais le dire oui
c'était il y a très longtemps il y a
très longtemps est-ce que tu sais me
dire quel âge tu as 12 ans 12 ans et
est-ce que tu sais me donner ta date de
naissance non euh et et est-ce que tu
est-ce que tu sais me dire avec qui tu
habites
euh non c'est compliqué et est-ce que tu
sais mettre les mains sur sur la barre
ici comme moi ouais et l'autre tu as du
mal un petit peu alors comment comment
tu fais par exemple pour manger alors de
temp en temps tu manges avec quelle main
droite la main droite est-ce que tu
droitière ou
gauchière est-ce que tu sais pas ça tu
sais pas moi non plus je sais plus en
fait moi je moi je me s que de celle-là
tu vois ah ouais d'accord et qu'est-ce
que tu fais dans la journée bah parfois
je joue avec mes copains ouais et
[Musique]
euh Mons ouis est-ce que tu fais un
petit peu de sport tu fais du vélo tu ou
c'est compliqué ça j'en ai déjà fait du
vélo oui du vélo avec deux roues ou
plusieurs roues encore trois roues oui
c'est plus facile hein mais oui on tient
mieux sur le vélo hein et est-ce que tu
as un papa une maman alors j'ai une
maman qui s'appelle oui tu l'as déjà vu
euh non je l'ai vu quand qu'une photo
qu'une photo et et en fait tu aimerais
bien à voir ta maman oui oui levez-vous
madame Maman elle est
là maman elle est
là est-ce que de temps en temps tu
voudrais voir un peu maman plus
souvent et oui regarde-moi regarde-moi
asseyez-vous
madame est-ce que ce serait bien de
l'avir plus souvent ou pas bah non pour
pourquoi tu veux pas la voir plus
souvent parce qu'elle m'a fait du mal
comment tu sais que c'est elle qui t'a
fait du mal parce qu'elle m'a secoué
quand j'étais bébé comment tu le sais ça
pourquoi tu dis ça peut-être que c'est
pas la
vérité tu penses que c'est ça toi
oui tu as des choses à nous dire encore
non non bon alors je je vais pouvoir
aller te raccompagner oui tu veux bien
ah non tu me reprends le bras alors
l'ARE bien sûr c'est vra voilà allez on
repart oui allez on y va
tranquille
avez-vous
alors
ce que vous souhaitez n dire
Madame
man voil je mes positions j'ai rien fait
à ma
fille j'es enfants plus que
tout dire une dernière chose Mo je pas
allerou
plus jamais vous
l'avezoué ce moment de non j'ai jamais
rien
fait vous faites un amalgame entre
éventuellement les fait qu'on vous
reproche
voyez et le fait que vous êtes une
mauvaise mère ça n'a rien à
voir la parole et donc à la partie
civile pour la défense oui on peut dire
la défense des
intérêts mesdames Messieurs les Juret
vous l'avez compris je suis le
porte-parole
j'espérais comme beaucoup madame le
Président a essayé de recueillir les aux
de Madame pour reprendre l'expression à
vois à moitié
pardonné mais même ça on l'a pas eu
madame et moi jeais t a cette petite que
je représente depuis 2012 j'aurais
tempant aimé
bas maman
elle a fait ce geste cert c'est un geste
court une extrême violence mais elle a
fait ce geste parce que les tout à
l'heure que j' accompagné jusqu'à son
taxi qui l'attendait mais elle me dit
moi j'aimerais bien savoir pourquoi
maman elle m'a fait
ça et moi j'aurais aimé dire à votre
fille lui apporter une réponse j'aurais
tanté pouvoir dire ça y
est maman a dit ce qui s'était passé
maman regrette ce qui s'est
passé nous allons suspendre nos travaux
qui reprend endont demain à 9h précise
avec les réquisitions de Madame l'avocat
général suivie de la pldoirie de défense
l'audience est
[Musique]
[Musique]
suspendue l'audience est reprise
veuillez vous
asseoir la parole est donnée à Madame
l'avocat général pour ses réquisitions
madame la
Présidente Mesdames de la
cour Mesdames et Messieurs les
jurés vous êtes saisi du crime de
violence ayant entraîné une infirmité
permanente l'existence de ces violences
volontaires commises au préjudice est
démontré par les éléments
médicaux le diagnostic du syndrome du
bébé secoué il est certain
s'agissant il n'y a pas de place pour
d'autres
hypothèses première audition
elle va
nier et puis elle va formuler ses aveux
de manière rapide et spontanée contte
tenu manifestement du sentiment de
culpabilité qu'il habite
elle exprime des
regrets vous l'avez
vu cette femme qui est en pleur qui est
dans une situation de détresse à ce
moment-là et il faudrait maintenant
croire qu'elle jouit la
comédie c'est digne des Oscars si c'est
le
cas avec un texte parfaitement maîtrisé
parfaitement coordonné avec sur l'emploi
du temps
et en tout point conforme à ce qui'est
la réalit
des passages à l'acte quand il est
question d'un bébé secoué c'est
improbable c'est improbable que puisse
avouer faussement ses faits avec autant
de détails et les versions alternatives
qui sont suggéré par l'accusé ne peuvent
aucunement créer un doute raisonnable
qui pourrait vous conduire à la quité
j'estime qu'il est démontré que est
coupable de ces faits de violence ayant
entraîné une infirmité
permanente et que vous devez entrer en
voie de condamnation à son égard alors
que fait-on que fait-on face à ces faits
face à cette femme quelle peine
prononcer je vous demande de
prononcer une peine de 8 années
d'emprisonnement de décerner mandat de
dépôt à effet
immédiat de constater son inscription au
fichier des aut d'infraction sexuelle et
violente et d'ordonner le retrait total
de l'autorité parentale sur compte tenu
du fait qu'elle s'est très peu investi
dans le suivi de celle-ci que elle a été
averti he du fait que si elle faisait
seulement si elle faisait des démarches
elle pourrait revoir et qu'elle n'a rien
fait et compte tenu du fait qu'il y a
défo une rupture de lien depuis très
longtemps et qu'il est donc dans
l'intérêt que ce Ret d'autorité
parentale soit
prononcé bien la parole est à la défense
maître Lenin nous vous
écoutons
alors comment expliquer ces faux
aveux ça c'est une question qu'on se
pose
évidemment pourquoi on fait des faux
aveux ça paraît tellement
invraisemblable vous avez un un tas de
thèses d'étudiants dans les duu de
criminologie tout le monde se penche sur
la question des faux aveux il y a plein
d'hypothèses pourquoi on ferait des faux
aveux bah parce qu'on a sont des souvent
des pressions psychologiques
caché des fausses
promesses si vous passez au vos aveux on
est dans un dossier correctionnel hein
vous n'en courrez pas grand-chose he
vous savez les faet c'est pas bien grave
ceouer un enfant c'est pas comme le
violenter
volontairement pendant des années ça la
même chose là c'est 2 secondes vous vous
vouliez pas les conséquences et ça n'a
rien à voir c'est un dossier
correctionnel les aveux c'est la
clémence les aveux c'est la liberté là à
la clé c'est le contrôle
judiciaire deuxè facteur bah c'est la
personnalité la personnalité de celui
qui passe les
aveux la fragilité de celui qui va faire
ses faux aveux et Madame elle est
fragile lorsqu'elle fait ses faux
aveux est-ce qu'on peut considérer
qu'elle est fragile avec ce qu'on a
entendu
enceinte
fatiguée venant d'enterrer son
père dans un état de fragilité et
d'isolement
extrême voilà l'état de Madame lorsque
qu'elle fait ses faux
aveux les larmes de Madame renvoi à
l'image de sa fille entre la vie et la
mort vous avez une maman qui ne sait pas
si sa fille va survivre vous avez une
maman qui a vu son enfant partir vous
avez des images qui ont marqué son
esprit vous avez des questions sans
réponse ça tourne en boucle quand on est
maman évidemment qu'on comprend les
larmes de lors de son audition alors
qu'elle ne sait pas comment va sa fille
ces larmes sont
celles-là les larmes d'une mère en
souffrance absolue face à ce qui est en
train de se produire et et à ce qui est
à ce que son enfant est en train de
vivre cette enquête de police elle était
axé sur les aveux c'est tellement plus
confortable sauf que comme le but de
l'enquête c'était les aveux et
l'obtentiux de ces aveux mais
effectivement quand laaveu
tombe c'est le château de carte qui
s'écroule bah il y a rien d'autre il y a
plus rien
d'autre dans ce Doss
le
doute il est
certain et à ce
titre il ne peut y avoir à contrario de
certitude de
culpabilité je vous mets au défi d'avoir
la certitude de dire que celle-là le
jour des faits a secoué son enfant
d'avoir la certitude que Monsieur le
jour des faits il est innocent
ou d'avoir la
certitude que l'un est innocent et que
l'autre est
coupable cette certitude elle existe
pas le doute
oui le doute va vous obliger à
acquitter à acquitter
madame au nom de la
loi par application de la
loi parce que le doute c'est la règle de
droit et le doute profite à l'accuser
c'est la règle de droit c'est avec
confiance que je vous demande
aujourd'hui à chacun d'entre vous
d'acquiter
cour vous remercie maître Lenin madame
s'il vous plaît
levez-vous avez-vous quelque chose à
ajouter pour votre défense non
asseyez-vous je déclare les débats
terminés j'ordonne que le dossier de la
procédure soit déposé entre les mains de
Madame le greffier Mesdames et Messieurs
les jurés nous allons nous rendre dans
la salle des délibérations donc
l'audience est suspendu si vous voulez
bien quitter la salle d'audience avec
l'ensemble de vos affaires
[Musique]
l'audience est reprise veuillez vous
[Musique]
asseoir bien madame voici les réponse
faite aux questions posées et l'arrêt
délibéré en commun aux questions
concernant votre
culpabilité il a été répondu oui à la
majorité de vois au moins la cour et le
jury après en avoir délibéré
conformément aux dispositions de
l'article 362 du code de procédure
pénale vous condamne à la majorité
absolue à la peine de 8 années
d'emprisonnement en clair 8 ans de
prison ce que vous avez déjà accompli va
venir se déduire à la suite de cela
madame vous aurez ce que l'on appelle un
suivi sociau-judiciaire il y a d'ors et
déjà ce que l'on appelle une injonction
de soin la cour et les jurés vous invite
à respecter cette injonction de soin
pourquoi parce que si vous la respectez
outre les crédits de peine si vous vous
comportez
correctement seront accordés par le juge
d'application des peines mais il pourra
y avoir ce que l'on appelle des crédits
de peinees supplémentaires d'accord
enfin en application des dispositions
des articles 378 à 80 du Code civil
toujours la cour seule sans l'assistance
du jury prononce le retrait total de
l'autorité parentale de votre part donc
sur l'audience pénale estlevée
l'audience civile va débuter dans
quelques
instant le visionnage de l'audition en
garde à vue de l'accusé le témoignage à
la barre du bébé devenu adolescente la
première rencontre entre l'enfant et sa
mère dans le boxe sont des instants
d'audience marquant alors pour les
commentaires avec moi deux invités
Jean-Louis perè vous avez récemment
quitté la magistrature après avoir
présidé pendant 10 mois le procès 10 V13
lié aux attentats de Paris en 2015 vous
avez été juge d'Instruction précédemment
Hubert de la rue avocat ancien bâtonnier
au barreau Damien vous êtes intervenu
dans de nombreux dossiers parlons entre
autres de celui d'outra l'un des plus
emblématiques première question
j'évoquais à l'instant cette extrême
trension la la dramaturgie qui règne à
l'audience et est-ce que c'est aussi du
fait de la position de l'accusé que tout
accable et qui est sur une position un
peu difficile on va dire bah disons que
d'emblé la cour d'assise est est
consacré à des à des
affaires aux affaires les plus grave et
là on a vraiment un cadre très
particulier puisque la victime est un
bébé est un enfant qui va grandir avec
malheureusement des séquelles très
dramatiques et ce qui rajoute déjà à
cette dramaturgie c'est que l'accusé et
la propre mère de de de cet enfant donc
déjà on a tous les ingrédients pour
rehausser cette dramaturgie alors c'est
vrai que aussi quand on voit le déroulé
du procès on s'aperçoit que bon la la
position de l'accusé est difficilement
tenable et que du coup ça peut procurer
un certain agacement entre guillemets et
peut-être que tous ces élémentsl vont
jouer pour que il y ait cette tension
c'est ce que vous appelez Hubert de la
rue souvent la cour d'assise c'est la
justice de l'émotion c'est c'est la
justice de la de la tension alors c'est
compliqué cette affaire parce que au
fond c'est ce que nous appelons nous la
religion de la veœux en réalité cette
femme va contester dans un premier temps
et puis pendant 13 ans elle va expliquer
que ça n'est pas elle qu'elle n'a rien
fait que c'est peut-être son concubin
que c'est peut-être une tierce personne
qu'elle était partie faire des courses
bon en même temps on a des aveux et on a
des aveux qui sont extrêmement
troublants qui sont précis et qui
évidemment interpelle interroge voilà
donc c'est c'est une affaire difficile
vous l'avez rappelé parce qu'on est
vraiment sur l'humain on est sur
l'émotion on est sur l'enfance maltraité
et et tout cela fait un procès
évidemment compliqué difficile vous
avezvous eu à gérer alors je sais pas si
c'était comme juge d'instruction ou
président des Assises des dossiers de
bébé sokoué alors en tant que président
de des assises oui effectivement j'ai eu
quelques quelques cas avec
malheureusement euh la à chaque fois une
issue fatale c'est-à-dire le décès du du
bébé qui avait été violemment secoué à
l'âge de de 6 mois 8 mois moi je trouve
qu'and l'espèce quand on voit ces aveux
quand on on voit le visionnage cette
garde à vue euh et et la présidente le
fait remarquer d'ailleurs il y a il y a
quand même beaucoup d'émotion aussi de
la part de de de la personne qui est en
garde à vue qui va reconnaître
effectivement spontanément je dirais
décrit la scène et elle décrit la scène
elle est pas du
tout poussée dans ses retranchements par
par l'enquêteur qui la laisse
effectivement parler il va s'en
expliquer mais on voit bien à travers
c'est rare de voir quand même une telle
spontanéité dans dans dans ces aveux
tels qu'ils sont retranscrits dans cette
vidéo donc oui c position assez
intenableile moi je suis un peu plus
prudent que le Président je suis un peu
plus prudent parce que on a obtenu que
les les les gardes soit filmé oui oui
bah c'était important on s'est battu
pour l'obtenir on s'est battu pour
l'obtenir on a fini par l'obtenir mais
on sait pas toujours ce qui se passe
entre le moment où la garde à vue ou
l'interrogatoire se termine et vous êtes
jamais content
vousompagneou raccompagne on raccompagne
à à la cellule et puis sur le chemin
alors que on raccompagne la personne
soudain elle décide bah finalement non
je veux être
réentendu je change la vie j'ai des
choses à rajouter ça c'est peut-être
vrai et c'est sûr que j'ai comme avocat
moi j'ai été interpellé bien sûr par le
visionnage aux aux de aux cette femme
c'est ça mais qu'est-ce qui a pu lui
être dit en ce sens pour que elle prenne
conscience alors peut-être de ce qu'elle
avait commis des faits qu'elle avait
commis de la gravité de ces faitsl
qu'est-ce qui s'est noué entre elle et
l'enquêteur mais c'est vrai qu'on est
tou poli en parle quand il est à la bar
il est évident que ce policier n'a pas
maltraité c'est évident ça ressort de du
du dossier c'est absolument indiscutable
pour autant la veu la religion de la veu
c'est toujours un petit peu pour nous un
petit peu compliqué alors un mot sur la
présidente euh elle est debout à un
moment elle va chercher l'enfant elle
discute avec elle à à la barre elle
reste au milieu du prêtoire et j'alla
dire elle fait la leçon au minimum à à à
l'accuser pourquoi elle fait cette
démarche moi je me suis interrogé parce
que encore une fois j'étais surpr mais
face à ses contradictions non mais il y
a pas que ça elle va d'abord chercher la
victime et ça ça me semble une démarche
très intéressante c'est une démarche
pleine d'humanité parce que Ben comparit
devant une cour d'assise ça on le sait
tous c'est quand même très
impressionnant vous avez tous ces
magistrats en robe rouge noir il y a les
jurés il y a beaucoup de monde il y a le
box le fameux box avec des des policiers
ou des gendarmes à l'intérieur une dame
qui est qui est gardée dans ce box c'est
très impressionnant pour tout un chacun
même pour les policiers et les experts
qui viennent de témoigner à la BAR ça on
peut et et là je crois qu'elle a voulu
effectivement prendre soin de cette de
cet enfant qui vient en plus qui qui qui
a un déficit
malheureusement physique et
physiologique donc et psychologique je
voulais dire donc je crois qu'elle elle
prend soin de de cet enfant pour
l'amener justement à à ne pas être trop
traumatisé par par cette Comparis mais
par contre il y a peut-être un risque
aussi de de se retrouver euh ainsi au
milieu du du du prêtoire à côté de de la
partie civile on peut on peut il risque
d'y avoir c'est le travail de la partie
civile on peut remettre en certainement
mais elle prend le risque qu'on remette
en cause son apparence de neutralité
peut-être simplement son apparence
apparence de l'impartialité
l'imparal de la neutralité
deimpartialité mais je pense que ça part
de d'une bonne intention et puis après
de aussi but de la présidente pardon
est-ce que le but de la présidente à un
moment c'est pas cont tenu des
contradictions dont on vient de parler
et de la faire avouer et et donc par
conséquent d'en tenir compte au moment
du délibérer avec les jur certainement
certainement puisqueelle elle reste
toute seule après que la victime soit
partie elle reste toute seule au milieu
du prêtoir la présidente et elle
interpelle une dernière fois l'accusé
pour lui dire bon c'est le moment ou et
et je crois qu'effectivement le le but
c'est d'avoir un peu d'humanité de cette
de de cet accusé qui qui en fait pas
beaucoup preuve pendant le procès et qui
peut l'amener effectivement à
reconnaître les fait ce qui dans notre
système invocation judéo-chrétienne
fondement
judéochrétien c'est la à partir du
moment où on reconnaît une faute on va
être à moitié pardonné mais surtout
c'est pas que ça c'est pas que des
conceptions que strictement religieux ou
de civilisation c'est c'est que ça veut
dire aussi qu'on a pris conscience de sa
faute et que le risque de récidive le
risque de récidive est écarté h plus que
dans le cas où on conteste l'évidence
mais est-ce que c'est pas le rôle non
plus aussi de l'avocat
d'amener quand même son client ou sa
cliente sur le chemin de la vérité pour
qu'elle en bénéf la vérité vous parlez
d'une vérité judiciaire bien le client
d'abord l'avocat n'a pas à trahir son
client cette femme depuis 13 ans 12 13
ans après avoir nié reconnais en garde à
vue une déposition et ensuite sur
laquelle elle revient elle va rester
constante pendant 13 ans bon voilà après
il y a les il y a évidemment le film
évidemment il y a l'audition et je l'ai
dit tout à l'heure je n'y reviens pas
fondamentalement ça m'interpelle ça
interpelle l'avocat ça interpelle
l'homme évidemment de de de de dire que
c'est vraisemblable c'est possible qu'à
ce moment-là cette femme dise la vérité
un mot sur la parole de l'expert légiste
il est il est déterminantà et et la
scène avec le poupon oui évidemment lié
à aux images de la garde à vue oui ouais
une forme de théâtralité aussi de la
dans la présentation qui peut être faite
de manière un peu diff différ bon il v
de la manière don c'est fait il est
évident que ça dénote une forme de
brutalité absolument terrible d'un
adulte sur un enfant et que la justice
pénale la justice criminelle é en celle
de l'émotion par rapport au juré
populaire s'adresse aussi à des juré
populaires voilà et donc il faut qu'il
comprenne aussi on est en train de
parler de ce syndrome du bébé secé vol
violon à quoi ça correspond mais on
assiste à une évolution
dans le la déposition de l'expert
euh depuis quelques années qui va pas
simplement se contenter d'un rapport
oral même l'oralité des débats c'est le
grand principe mais qui va effectivement
soit montrer des vidéos soit montrer des
des powerp soit soit
effectivement ajouter des gestes à à sa
déposition et je trouve que c'est très
intéressant sachant que euh bon ce geste
de de secousse hein bon et clairement
entre guillemets interdit il y a des des
avertissements dans toutes les
maternités dans tous les les hôpitaux où
il y a des accouchements où on montre
effectivement aux parents que bon ça il
faut pas le faire et il y a
systématiquement je pense que maintenant
dans tous les établissements
hospitaliers ou qui accueille des des
des naissances des accouchements on a
cet avertissement attention ne jamais
secouer un bébé merci à tous les deux de
nous avoir aidé à mieux comprendre cette
audience évidemment très tendue mais
très forte aussi merci au magistr avocat
greffier et personnel de justice de la
cour d'assise de SaintOmer de nous
savoir permis de réaliser cette
immersion merci aussi à vous de nous
avoir suivi et à très bientôt pour un
nouveau numéro de justice en France
[Musique]
[Musique]
