La plus haute dignité : être un serviteur

silouane1054
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15 Vues de vidéo·18 oct. 2024
Homélie du Père Elie
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Le Seigneur soit toujours avec vous, et avec ton esprit.
Lecture du Saint-Évangile selon Saint-Marc.
Gloire à toi Seigneur !
En ce temps, Jésus prit avec lui ses douze disciples
et se mit à leur dire ce qui devait lui arriver.
Voici que nous montons à Jérusalem,
et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes.
Jésus les appela et leur dit
Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations
les dominent et que les grands les asservissent.
Il n'en sera pas ainsi parmi vous,
mais celui qui voudra devenir grand parmi vous,
qu'il soit votre serviteur,
et celui qui voudra être le premier parmi vous,
qu'il soit le serviteur de tous.
C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu,
non pour être servi, mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Louange à toi, ô Fils !
Donne-moi tes bénédictions,
et je serai et je t'arrêterai.
Celui qui voudra devenir grand sera votre serviteur,
devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Ce sera celui qui s'occupera de vous,
celui qui se renoncera pour vous.
C'est une loi divine qu'énonce le Christ,
parce qu'être grand, grand aux yeux de qui ?
Pas grand aux yeux des hommes, un serviteur n'est pas grand aux yeux des hommes.
Mais aux yeux de Dieu, un serviteur est grand.
C'est une loi divine extraordinaire, c'est une loi d'amour.
Si on se donne à l'autre, il n'y a plus de conflit.
Si chacun se donne à l'autre, il n'y a plus de conflit, il n'y a plus de guerre.
Il n'y a plus de paradis sur terre.
Cette loi, c'est la loi de chrétien.
On ne peut pas être chrétien si on n'est pas serviteur,
et serviteur du Christ.
Là où je suis sera aussi mon serviteur, dit le Christ.
Si on n'est pas serviteur, nous ne sommes pas avec le Christ.
Celui qui me sert sera honoré par mon Père.
Cela veut dire quoi, honoré ?
Cela veut dire être accepté, accepté dans sa maison,
à la sortie de sa maison.
Le serviteur, ce n'est pas un employé qui est payé et qui a un patron.
Le serviteur, c'est quelqu'un qui est attaché à une famille, à une maison,
qui se donne 24 heures sur 24 pour son maître,
et dans d'autres cas, le maître qui s'est choisi, le Seigneur.
C'est une loi magnifique qui doit être gravée dans nos cœurs.
Et le serviteur, qui est si déprécié dans le monde,
mais il a une immense dignité.
Les anges sont des serviteurs.
Ce sont les messagers de la volonté de Dieu.
Qui entend un ange, entend Dieu.
Qui reçoit un serviteur du Seigneur, reçoit le serviteur lui-même,
le Seigneur lui-même.
Je vais en parler.
Moïse est qualifié de serviteur.
David est qualifié de serviteur.
Josué est qualifié de serviteur.
Et j'aime beaucoup cette parole de Samuel qui dit
« Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».
Est-ce que ce n'est pas une parole que nous devrions avoir aussi dans notre cœur ?
« Parle Seigneur, je t'écoute ».
Le chrétien, c'est celui qui écoute la parole et qui la met en œuvre.
Et qui a la plus grande dignité dans ce domaine ?
Bien sûr, c'est Marie.
« Je suis la servante du Seigneur qu'il me soit fait selon ta parole ».
Elle a tellement ouvert ses oreilles spirituelles, son cœur spirituel à Dieu,
qu'il a pu l'ensemencer et faire naître Dieu en elle.
Et nous, si nous écoutons la parole de Dieu,
vraiment avec le cœur de Samuel,
c'est le Christ que nous allons faire naître en nous.
Et qui est le serviteur le plus digne ?
Si ce n'est le Christ qui dit qu'il est venu pour servir.
Il dit « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert ».
C'est le Christ qui nous sert,
qui lave les pieds de ses apôtres, qui lave nos pieds,
qui enlève la poussière de nos pieds,
qui enlève la poussière de tout ce que la vie nous accroche sur nous,
qui nous purifie,
qui va nous laver et nous donner la robe de nuptial
qui nous permettra d'entrer dans le royaume.
Et il dit aussi « Je viens pour servir et pour donner ma vie ».
Parce qu'un serviteur, c'est pas un employé.
C'est celui qui peut aller jusqu'à donner sa vie pour son maître.
Un samouraï donne sa vie pour le daimô.
Un chevalier donne sa vie pour le seigneur, son seigneur ou son roi.
Un militaire donne sa vie pour la patrie.
Une maman donne sa vie pour ses enfants.
C'est un don de la vie par amour.
Et le seigneur va donner sa vie pour la multitude, comme il dit, en rançon.
Et Isaïe l'a bien vu, il l'a décrit.
Le seigneur est le serviteur souffrant.
Celui qui va souffrir pour nous, qui va se sacrifier pour nous.
Et nous, nous sommes les serviteurs inutiles.
Parce que notre engagement, ce que nous faisons,
c'est notre devoir.
C'est écrit dans l'Evangile.
Nous n'avons rien à attendre.
Nous n'avons aucun mérite.
Nous faisons notre devoir.
Comme les anges font leur devoir de louer Dieu nuit et jour.
Pendant toute l'éternité.
Et c'est quoi donc ce service que demande Dieu à l'homme ?
Et bien c'est le service de Dieu par le service des hommes.
Le Christ est venu avec un cœur immense de compassion pour l'humanité.
Il est devenu serviteur de l'homme, c'est-à-dire serviteur des malades,
serviteur des pauvres, serviteur des blessés de la vie.
De toute l'humanité, parce que toute l'humanité est blessée depuis le début des temps,
depuis la chute.
Et donc, ce que demande le Christ, c'est de servir l'autre.
Servir les malades, servir les malheureux.
Et ce n'est pas facile de servir un malade qui pue, un SDF qui est agressif.
Non, ce n'est pas facile.
Mais aussi bien Paul que le Christ disent, Paul le dit, il faut voir le Christ à travers l'autre.
Et Paul dit, servez avec empressement, non pas les hommes mais le Christ dans l'homme.
Quand je vois l'autre, je ne peux vraiment me renoncer que si je vois le Christ à sa place.
Et puis si je n'en ai pas la sensation, essayons de voir que le Christ dans l'autre,
c'est quand même le roi du monde, celui qui m'a créé.
Ce ne peut être que révérence devant le pauvre.
Les pauvres, les malades, sont notre voie de sainteté.
On devrait les remercier.
Jésus le dit, des pauvres vous en aurez toujours.
Et pourquoi on en aura toujours ?
C'est terrible dans la voie d'un homme et d'un dieu qui est plein d'amour pour l'humanité.
Des pauvres vous en auront toujours.
Mais parce que les pauvres sont nos maîtres.
C'est eux qui, si nous nous intéressons à eux, nous emmènent vers la sainteté.
Tous les saints, s'ils vont regarder leur vie,
une de leurs qualités essentielles, c'est qu'ils s'intéressent à l'homme et à sa misère.
Saint Vincent de Paul, Yvonne Aimée de Malaise III, tous les saints.
Et ils le font avec humilité.
Parce qu'on ne fait pas ça avec arrogance.
On ne s'occupe pas des pauvres.
Non, on est humble devant le pauvre.
On est à genoux devant le pauvre.
Et vous connaissez cette anecdote de saint Nectaire d'Égypte.
Ce grand saint contemporain, qui avait quand même rang de patriarche.
Par des raisons politiques, il a été, pour les raisons divines,
il a été écarté du patriarcat d'Alexandrie.
Il était le responsable d'un institut chrétien à Athènes.
Et puis il y avait un homme, qui était l'homme à tout faire,
qui s'occupait de tout, et en particulier de toilettes.
Et il tombe malade.
Et on est à une époque où il n'y a pas de sécurité sociale,
il n'y a pas de garantie des droits des salariés.
Et donc Nectaire sait que cet homme va être licencié,
parce qu'il est malade, parce qu'il ne peut pas assurer son travail.
Et pendant qu'il est malade, étonnamment,
les toilettes de l'institut sont toujours propres.
Alors ils sont allés surveiller, mais ce n'est pas possible,
ça ne veut pas être propre.
Saint Nectaire d'Égypte se levait très tôt pour nettoyer les toilettes de l'institut.
Quel service ! Quelle humilité !
C'est ce qu'il est attendu de nous.
En tout cas, prenons-le comme modèle.
Et Cathy, que nous avons visitée avec Père Thomas cette semaine,
qui est très malade, vous le savez,
nous rappelait que Père Michaël et Mgr Maël
étaient très attentifs à ce service aux pauvres et aux malades.
Il est important pour nous, en tant que communauté,
d'être attentifs à chacun d'entre nous,
puisque certains cachent leur misère,
de façon à pouvoir apporter la joie de Dieu,
la joie du Christ, la paix du Christ dans leur cœur.
Et en même temps, à nous, d'aller sur le chemin du Christ et de la sainteté.
Et il y a une récompense, même si nous ne méritons rien,
même si nous n'avons pas d'attente,
Jésus dit qu'il y aura une récompense.
Il dit, toi qui as été fidèle en si peu de choses,
entre dans la joie de ton maître,
entre dans la joie de ton maître et la joie du maître,
mais c'est la joie du roi Lion.
Donc c'est le royaume qui nous est donné,
dans la mesure où nous aimons nos frères et sœurs.
Et il dit encore quelque chose de plus extraordinaire,
je ne vous appelle plus mes serviteurs, je vous appelle mes amis.
Et il ajoute, pourquoi il les appelle les amis ?
Parce que vous avez la connaissance de ce que m'a appris mon père,
la connaissance.
Donc en se fréquentant dans l'intimité,
notre maître, nous apprenons de lui,
et nous naissons avec lui,
et nous naissons à la vie divine.
Donc quel merveilleux objectif nous avons,
à suivre cette loi d'amour qui est la loi du serviteur, la loi du service.
Et pour terminer, je crois que, pour avoir cette force,
d'être serviteur, ce qui n'est quand même pas facile, il faut le reconnaître,
eh bien on peut demander à Marie,
voici tes fils et tes filles,
qui tous très humblement,
te demandent, force pour l'amour servir.
Nous nous réfugions,
Sainte Mère de Dieu,
Ne refuse pas,
La prière de tes enfants,
En détresse,
Mais délivre-nous de tout danger,
Pour tous vos pièges,
Glorieux et béni.
