Le concours Lépine de la fiscalité
21 oct. 2024
Ce lundi, sur Europe 1, Olivier Babeau s'intéresse aux nombreuses idées pour augmenter toujours plus la fiscalité française.
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7h19 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko place à l'édito éco.
Bonjour Olivier Babaud.
Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
On l'a dit Olivier, le examen du budget pour l'an prochain commence dans l'hémicycle ce soir.
La bataille a déjà commencé la semaine dernière en commission des finances de l'Assemblée.
Les débats ont fait grand bruit sur les réseaux sociaux d'ailleurs, tiens.
Oui Dimitri, les citoyens qui ont pris le temps de suivre les travaux de la commission des finances de l'Assemblée nationale sur le budget
en ont eu, si je puis dire, pour leur argent.
On y a vu des députés frétillants d'excitation comme des insoumis dans une boutique de keffiers et de drapeaux palestiniens.
C'était un incroyable feu d'artifice, de créativité et d'audace en matière d'alourdissement de taxes.
C'était à qui allait avoir l'idée la plus neuve et la main la plus lourde en matière de hausse d'impôt.
C'était une orgie de prélèvement.
Fin de l'avantage fiscal de l'assurance-vie, fin de l'avantage fiscal sur les plus valuables cas de vente de sa résidence principale,
création d'une taxe kilométrique sur les produits importés,
alourdissement des taxes sur les successions, pérennisation dès maintenant de toutes les hausses,
en refusant leur caractère exceptionnel.
Impossible de tout citer.
C'était comme si une barrière psychologique avait cédé,
libérant l'expression des plus sombres pulsions sado-fiscales qui hantent nos élus.
Rassurez-nous Olivier, ça ne veut pas dire heureusement que toutes ces hausses d'impôt sont enterrinées.
Non, heureusement, grâce au vote de rejet de la commission,
le texte étudié ensuite sera le texte original à partir de ce soir
et le budget finira probablement par une adoption en 49.3.
Mais ce genre de spectacle laisse un goût amer dans la bouche du contribuable citoyen que nous sommes tous.
On dit souvent qu'il ne faut pas trop regarder les cuisines d'un restaurant
et c'est vrai aussi pour la cuisine parlementaire.
Il y a de quoi cauchemarder quand on voit ces élus aux compétences souvent aussi minces qu'un steak de fast-food
décider avec une nonchalante morgue et aux doigts mouillés du degré de confiscation du fruit du travail des autres.
La scène faisait plutôt penser à une conjuration de kleptocrates
qu'à des responsables politiques travaillant à l'intérêt du pays.
Non, tous les députés ne se joignent quand même pas au cœur des hausses d'impôts.
Non, alors, heureusement, pour l'instant, on évite le pire.
D'abord, notre premier ministre Michel Barnier, dans le JDD hier, a remis l'église au milieu du village
en fustigeant le concours lépine des impôts et a rappelé la nécessité de défendre l'activité économique.
D'autres voix se font entendre qui font barrage à l'hubrise fiscale d'une partie de nos représentants.
Elle souligne avec raison que le travail parlementaire serait mieux employé,
à couper dans les dépenses inutiles, que les bonnes questions à se poser sont celles du périmètre de l'organisation de l'État.
Philippe Juvin, député LR, appelle à la suppression des organismes parasites.
Dans la tribune Dimanche, une tribune signée par des députés Renaissance, dont Gérald Darmanin et Olivia Grégoire,
propose de vendre des participations détenues par l'État dans des sociétés dont plus personne ne comprend l'intérêt réel.
Nous avons 180 milliards de participations, en vendre 10%, rapporterait autant que l'augmentation de l'impôt sur les sociétés prévues.
Ce serait un beau symbole de recentrage de l'État et d'efforts.
J'ajouterais volontiers, les collectivités locales devraient faire une révision générale des subventions aux allocations aux associations locales,
qui sont souvent des cadeaux à des amis et des subventions à des activistes politiques déguisés.
En fait, les gisements d'économie ne manquent pas.
Nos parlementaires pourraient se souvenir que leur rôle n'est pas que d'orchestrer la prédation fiscale,
il est aussi constitutionnellement de contribuer à l'évaluation et au contrôle des politiques publiques.
S'ils consacraient à ce contrôle l'enthousiasme créatif qu'ils mettent à alourdir les prélèvements,
nous aurions le pays le mieux géré du monde.
On peut toujours rêver.
Signature en Europe 1, Olivier Babaud.
Merci beaucoup Olivier, bonne semaine.
