Depuis les réserves du Mobilier national à Paris, le Garde-Meuble de la République où l'émission a installé ses quartiers, Stéphane Bern, entouré d'une équipe de reporters-chroniqueurs, dévoile les trésors et les coulisses du patrimoine et de ses institutions. VISITES PRIVÉES propose d'explorer une grande thématique, toujours foisonnante, pour découvrir autrement nos monuments, de revisiter le fonctionnement de nos institutions les plus prestigieuses, ou de révéler la face cachée de personnages illustres. Ces visites privées se feront grâce à des reportages spécialement tournés pour l'émission mais aussi en compagnie d’un invité, choisi par Stéphane pour partager avec nous son expertise sur le thème du jour.
Bonjour à tous et bienvenue pour votre rendez-vous quotidien, visite privée, qui vous démontre chaque jour que notre patrimoine n'a rien de figé.
Il peut même être très vivant, voire remuant, à l'image de notre thème du jour, l'amour du sport, et de ma chaise aussi, qui bouge, comme vous le voyez.
C'est une chaise contemporaine du mobilier national, signée Olivier Mourgues.
Alors, on parle du sport, et oui, le sport appartient bel et bien à notre patrimoine.
La preuve, avec notre expert du jour, qui lui aussi appartient au patrimoine de la télévision, l'homme qui murmure depuis 30 ans à l'oreille des sportifs.
Et alors, je peux vous dire dans toutes les langues, même celles qu'il ne pratique pas, c'est Nelson Monfort, et avec...
Vous êtes bien renseigné, c'est ça ?
Ah, je suis très, très bien renseigné. Je vous pose d'abord une petite mise en jambe. Regardez.
Des athlètes fêtés en héros à leur retour de Rio, des footballeurs acclamés pendant l'Euro, des fédérations assaillies d'inscriptions.
Dès qu'il s'agit de sport, le cœur des Français s'emballe.
Ils font du sport d'abord parce qu'ils ont besoin de s'aérer à la tête. C'est un vrai moyen de couper avec la réalité du travail, de la maison, du quotidien.
Après, je pense qu'il y a une véritable volonté de se sentir bien dans son corps.
On fait de plus en plus attention à ce qu'on mange et on a envie de vivre dans un corps sain pour avoir un esprit sain.
Mais passer les faits grandes compétitions reste-t-il vraiment fidèle à la tradition athlétique tricolore ?
120 ans après les premières Olympiades de l'ère moderne, le sport s'est en tout cas hissé au premier rang de leurs loisirs, devant la lecture, la télévision et la musique.
Faire du sport, c'est un mode de vie aujourd'hui, plus que comme avant, la volonté d'être dans la compétition et de pratiquer une passion.
Nos compatriotes n'ont en effet pas peur de mouiller le maillot. 15 à 16 millions d'entre eux, hommes et femmes confondus, sont licenciés en club et 89% des 15-75 ans pratiquent une activité physique.
A tel point qu'aujourd'hui, l'exercice apparaît comme un élément indispensable au bien-être des Français à travers des disciplines toujours plus nombreuses.
Ce qui est tendance, c'est de faire du crossfit, c'est de faire des parcours un petit peu en ville, des sports très urbains.
Mais les sports classiques comme l'escrime, comme l'équitation, comme la gymnastique vont rester bien sûr des valeurs sûres parce que la tradition ne se perd pas.
La tradition se perpétue même depuis plus de 4 décennies à l'INSEP qui forme les meilleurs athlètes tricolores.
Nicolas Tesic nous ouvrira les portes du berceau des champions.
Ouais, je suis arrivé mineur, super jeune et je suis toujours ici. Il y a tout ce qu'il faut pour grandir.
T'as toute une équipe qui est mise en place à l'INSEP pour que ta performance soit là.
Pour acclamer les champions, nous avons érigé des temples comme le sublime Stade de France.
Mathilde Hamet pénètrera dans les coulisses de cette jeune arène déjà inscrite dans la mémoire nationale et dans notre patrimoine.
Je me retrouve sur les toits du stade. 360 degrés sur le département du 93.
Le 93, la défense là-bas.
Si le sport compte tant de supporters et tant d'arènes, c'est enfin grâce au baron Pierre de Coubertin.
Myri Paturel retracera la vie de ce Français qui a redonné aux Jeux Olympiques leur lettre d'or.
Ce qu'il aimait, c'était de faire découvrir aux gens d'environ des sports qu'il avait lui-même découverts à l'étranger, qui n'existaient pas.
Donc le tennis par exemple, qui n'était pas connu à l'époque, a été pratiqué ici pour la première fois.
Et puis les premières bicyclettes, il pratiquait aussi pas mal la boxe.
Il était vraiment plus horrible ici. Voilà, exactement.
L'amour du sport, c'est tout de suite dans Visite privée.
Alors, Nelson March ou vélo grand air, course à pied en duo, sport collectif.
Bon, c'est vrai qu'on n'est pas toujours obligé de s'isoler dans une salle ou surchauffée ou superclimatisée.
Quels sont les sports qui ont vos faveurs ?
Alors déjà, j'ai un vrai coup de cœur pour les sports de plein air.
Je préfère dans l'ensemble les sports de plein air au sport on va dire indoor.
Donc un sport comme le tennis, le ski, le golf, la course à pied que vous venez de citer.
L'athlétisme, ce sont des sports qui vraiment ont mes faveurs.
Alors pour vous, tous, je ne sais pas, mais je vais vous faire une petite confidence.
Je pense qu'il y a une forme de crédibilité lorsqu'on est commentateur de sport à la télévision,
qui est de pratiquer le sport que l'on commande.
Je trouve que vis-à-vis du public, j'ai l'impression que vous êtes d'accord.
Oui, mais pendant longtemps, on avait des présentateurs, par exemple de foot,
qui étaient assez ventripotants.
Et on se disait que ça faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas mis les pieds sur une pelouse.
Je ne prétends pas être un champion, mais en tout cas, c'est vrai que j'aurais pu citer le patinage.
Mon sport de prédilection étant le hockey sur glace.
Je sais qu'il vous arrive aussi de patiner pendant les commentaires.
Et même de déraper.
Surtout mon fidèle complice que vous connaissez bien.
Philippe Candeloro qu'on embrasse et qui est cité dans les perles des journalistes sportifs que vous publiez.
Oui, ça c'est un livre qui retrace une centaine de perles.
Elles sont toutes authentiques.
Ce sont des perles et on en doit beaucoup à Philippe Candeloro qui est l'auteur de pas mal de perles.
Et à notre serviteur.
Et je sais que vous êtes un adepte de l'autodérision.
Oui.
Et moi aussi.
Et c'est une forme de sport. Il y a auto dans l'autodérision.
Oui.
Les femmes sont de plus en plus présentes.
On va en parler avec vous tout à l'heure.
Mais elles sont presque aussi nombreuses maintenant que les hommes à pratiquer une activité sportive.
Et c'est très bien ainsi.
Je crois que c'est à peu près la proportion 60-40.
Alors que peut-être qu'à l'époque de Coubertin c'était 99-1.
Au premier JO il n'y avait aucune femme d'ailleurs.
Voilà donc 100-0.
Et moi je suis un grand grand adepte, avocat du sport féminin.
Car elles ont encore besoin de défenseurs.
C'est vrai que lorsqu'on analyse un peu les audiences du sport masculin et du sport féminin.
Ce n'est pas la même chose que ça plaise ou non.
C'est comme ça.
Et je trouve que la gestuelle en matière de sport féminin peut être absolument magnifique.
Alors c'est vrai que la retransmission sur France Télévisions.
Par exemple des jeux olympiques de Rio cet été.
Et les compétitions sportives à la télévision qui connaissent un succès.
On le voit avec Roland Garros par exemple sur France 2 et France 3.
Ça montre qu'il y a vraiment une appétence des français pour le sport.
Et d'ailleurs ça les incite ensuite à s'y mettre.
Et puis beaucoup de ces sportifs sont devenus des idoles.
Ces idoles qui font vibrer les français sont formés à l'Institut National du Sport de l'Expertise et de la Performance.
Autrement dit l'INSEP.
Cette pouponnière à champions est installée dans le bois de Vincennes dans l'est de la capitale.
Nicolas Vaud vous nous avez ouvert les portes de ce qui est en fond une véritable institution qui est garante de l'excellence des athlètes français.
Exactement.
On va pousser un petit peu ces portes et on va voir comment on fabrique des champions.
Comment ils vivent.
Et comment ils aboutissent à avoir carrément une médaille.
Et qui plus est une médaille d'or.
Et vous avez passé un examen pour y entrer ?
J'ai passé un examen.
Ça s'est très bien passé.
C'est vrai.
Mais j'irai pas plus loin.
Vous verrez de toute façon.
Très bien.
On vous suit.
Direction Vincennes.
Aujourd'hui il est 8h du matin.
On est à Joinville à quelques kilomètres de Paris.
On est à l'INSEP, l'Institut National des Sports de l'Expertise et de la Performance.
L'INSEP c'est l'institution du sport de haut niveau.
L'école des champions.
J'ai rendez-vous avec Marine Boyer, une jeune gymnaste d'à peine 16 ans qui a terminé 4ème aux derniers Jeux Olympiques.
Aujourd'hui elle n'est plus qu'à une marge du podium.
Ça a pas l'air facile du tout.
Bravo championne.
Ça c'est pas assez sympa.
C'est assez compliqué.
Il faut beaucoup répéter.
Tu passes combien d'heures par jour à faire ça ?
Deux heures je pense.
Deux heures ?
Ouais.
Ça veut dire que moi je fais deux heures par jour comme ça, je suis cul.
Je peux pas.
Les gymnastes travaillent dans des conditions optimales dans un seul but.
Grimper les podiums.
Ils doivent maîtriser avec aisance chaque mouvement.
Et c'est bien plus compliqué que ça n'en a l'air.
Il faut pousser.
Un, deux, trois.
Il faut avoir l'équilibre.
Alors Marine, pour toi l'INSEP ça signifie quoi ?
C'est l'excellence sportive, la terre des champions.
On a des équipements bien ici, c'est bien.
Ça fait combien de temps que t'es à l'INSEP ?
J'entame ma troisième année.
Troisième année de championne ?
Ouais.
Est-ce que la fédération te met une pression ?
Pas spécialement quand je réussis.
Après quand je rate, j'en ai un peu plus.
Si je rate un truc, c'est vrai que j'ai un peu plus peur de la réaction des autres.
Dernière question.
Ce rêve, est-ce que t'as envie de le prolonger ?
Oui, je compte refaire un cycle olympique.
Tout en me faisant plaisir.
Donc on te revoit dans quatre ans ?
Oui.
Top.
Bon allez, je t'invite à descendre.
Deux heures, ça creuse.
Allez.
Ici à l'INSEP, tout est mis à disposition pour les athlètes sur près de 28 hectares.
À quelques mètres seulement, ils ont leur propre cantine.
Un choix de plat, tout spécialement sélectionné par des nutritionnistes,
leur permet de bénéficier d'un suivi diététique adapté.
Ça joue sur tes performances ?
Oui, c'est vrai que d'avoir un kilo en plus sur la poutre...
Tu tombes plus facilement.
Tu te sens un peu plus lourde.
Quand tu vois toute cette bulle qu'il y a autour de toi,
les entraînements, le logement, c'est très sport.
Mais est-ce que t'as pensé par exemple l'après-sport ?
Oui, il y a la scolarité qui est à proximité.
Donc tu poursuis tes études en parallèle de ça.
Même si tu t'entraînes tous les jours, t'as le temps.
D'ailleurs, je t'invite à aller avec moi à la scolarité.
Là, t'as cours ?
Oui.
Allez, on y va.
Et là encore, il suffit à Marine de faire quelques mètres pour se rendre à son cours.
C'est aussi ça à l'INSEP.
Marine vient de rentrer en classe de première
et elle pourra suivre son cursus jusqu'à Bac plus 5, si elle le souhaite.
Bâtiment scolaire.
Ici, les études font partie de la formation.
Pas question de laisser les athlètes sans diplôme.
Tu vas commencer ton cours ?
Oui.
Ok, ça marche.
Je te laisse ouvrir ta porte.
Moi, je vais continuer ma recherche chez l'INSEP.
Et à bientôt.
À bientôt.
L'INSEP, c'est assez complexe, mais avec des infrastructures idéales.
En gros, c'est le rêve pour tous les athlètes.
Mais moi, j'ai envie de comprendre comment cette institution a la vue du jour et pourquoi.
Donc j'ai rendez-vous avec Monsieur Devincenzi, le directeur.
On y va.
Monsieur Devincenzi, bonjour.
Directeur à l'INSEP depuis quelques années.
Oui.
Il me semble que l'histoire de l'INSEP, ça remonte à bien avant.
Ça part du général de Gaulle en 1960 qui est ulcéré de voir les mauvais résultats
de la France aux Jeux Olympiques de Rome et qui décide de faire quelque chose.
Et cette décision a deux conséquences.
La première, c'est la création d'établissements qui vont pouvoir répondre aux besoins structurels
des sportifs quant à leur nécessité d'entraînement.
Et puis la deuxième, c'est la création d'un corps des cadres techniques qui, aujourd'hui,
fait que nous avons à peu près 1500 cadres techniques répartis dans les fédérations
pour s'occuper des sportifs.
Si j'ai envie de me lancer dans une carrière, on va dire, OK, sur gazon, je peux y accéder.
Oui, il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Mais il faut des résultats.
Vous pourriez y accéder, mais il faut des résultats.
Quelqu'un qui n'est pas identifié comme un médaillable au jeu passera après
ceux qui sont identifiés.
Il y a quand même des priorités pour l'accès à l'INSEP.
On est dans la haute performance.
On n'est pas dans le haut niveau pour tout le monde.
Merci beaucoup, monsieur Devincenzi.
Je vous en prie.
Merci pour cet éclairage.
Moi, je vais continuer un petit peu mon tour sur l'INSEP,
parce que c'est un endroit où tout le monde s'entraîne tout au long de sa carrière.
Il y en a même qui font des préparations.
Et moi, je suis allé voir l'adjidou couré, double champion du monde.
Sa spécialité, c'est 110 mètres haies.
Je vais voir son entraînement.
Regarde, je t'en montre.
Non, mais ce n'est pas du jeu.
On dirait que c'est facile.
À ton tour.
T'impulse.
Voilà.
1, 2, 3, 4, saute.
1, 2, 3, 4.
Yes.
Un hurleur, ça y est.
Facile, là.
Très facile.
Sauf que ce n'est pas la bonne distance.
Comment ça, ce n'est pas la bonne distance ?
La vraie hauteur, c'est ça.
Là, c'est les 6.
Ouais.
Et là.
Non, c'est les garçons.
Genoux à la hanche, voilà.
Ça, c'est une vraie barrière.
Bon, allez, viens, on va s'étirer plutôt.
Sympa, l'infrastructure.
Franchement, voilà.
T'as la chance d'être dans une grande salle qui fait à peu près 360, 380 mètres.
T'as des belles installations.
T'as une piste avec un virage.
Du coup, là, G, t'as passé un peu toute ton enfance ici.
Ouais, je suis arrivé mineur, super jeune et je suis toujours ici.
T'as tout ce qu'il faut pour grandir.
Ouais.
T'as toute une équipe qui est mise en place à l'INSEP,
pour que ta performance soit là.
Toute une équipe et des machines de musculation dernier cri.
Mais ce n'est pas tout.
L'INSEP a un pôle de recherche exceptionnel et unique en France.
Des scientifiques y étudient la musculation et les mouvements précis des athlètes.
Ils obtiennent des données qui permettent aux sportifs de toujours s'améliorer
et de pousser leur performance vers l'excellence.
Bonjour Gaël.
Enchanté.
Salut Genji.
Ça va ?
Ça va bien.
C'est ici la fameuse machine ?
L'objectif, ça va être de renforcer les muscles qui sont fragiles en course à pied.
Les muscles qui sont derrière la cuisse et qui permettent de fléchir le genou.
D'accord.
Une fois qu'il aura testé cette machine, il pourra être plus performant par la suite ?
C'est l'objectif.
L'idée, c'est de pouvoir l'évaluer et de pouvoir mettre en place des sciences adaptées
à ses besoins au regard de cette évaluation.
Là, il y a toutes sortes de données un petit peu.
Oui.
Là, on va être capable de mesurer la force, la vitesse et l'angle du mouvement,
l'angle de l'articulation auquel il produit cette force.
On essaye d'apporter un petit plus à l'œil de l'entraîneur.
Parce qu'on objective les choses, on mesure au quotidien.
Donc ça aussi, c'est hyper intéressant pour les athlètes.
Jour après jour, séance après séance, ils peuvent savoir où ils en sont.
Est-ce qu'ils progressent ? Est-ce qu'ils sont fatigués ?
Est-ce qu'il faut lever le pied à l'entraînement ?
Voilà, c'est des indicateurs supplémentaires.
Et avec les données, je peux savoir si je peux aller en compétition ou pas,
si je suis prêt, si j'ai des risques de blessure ou pas.
Justement, en cas de blessure, le centre possède le dernier cri de l'imagerie médicale
et même un IRM.
Ici, plus de 40 médecins, kinés et ostéopathes sont à la disposition des sportifs
dont le corps est sollicité en permanence.
Les athlètes de haut niveau sont même dans l'obligation légale
depuis 2006 de suivre un bilan psychologique.
Pour en savoir plus, je vais à la rencontre d'un des psychologues de l'INSEP.
Bonjour, Lise.
Bonjour.
Vous allez bien ?
Très bien, merci.
Je voulais savoir comment on prépare un athlète.
Nous, on l'interroge, on est là un peu pour titiller,
pour aller justement le pousser dans ses retranchements.
Et lui va parfois nous amener une problématique.
Par exemple, je suis stressée en compétition,
ça me bouffe au point que quand je suis dans des compétitions importantes,
en finale, en demi-finale, ça me porte préjudice.
Ok, qu'est-ce qu'on peut mettre en place ?
Donc, on conditionne l'athlète.
Je ne sais pas si c'est le terme conditionner,
mais en tout cas, on met en place des stratégies,
on met en place des choses de façon à ce que lorsqu'il est en compétition,
il puisse être au mieux dans sa performance le jour de sa compétition.
Peut-être faire abstraction de la foule, du stress,
de la pression, de se dire est-ce que je vais rater ?
Là, il saura gérer par lui-même grâce au travail qu'on aura fait en amont.
Ça tombe bien.
Je suis en train de finir ma petite visite médicale,
j'ai fait une petite consultation psy, tranquille.
Ah psy, ça y est, t'as fait le tour alors ?
Ah ça y est, j'ai fait le tour.
Petite surprise.
On va où ?
La récup, ça fait partie de l'entraînement.
Viens, viens.
Voilà, viens.
Ça va Adil ?
Nico ?
Bonjour Nicolas.
C'est quoi cette machine ?
Explique-lui.
C'est un système de cryothérapie corps entier.
Donc le principe, c'est d'exposer la plus grande surface du corps possible
à un froid intense, sec, durant un temps très court.
Trois minutes.
Le sportif rentre ?
Le sportif va rentrer à moins dix, puis à moins soixante,
et va être ici à moins cent dix.
Pourquoi on le fait ?
Alors, on va principalement générer un choc thermique.
Ce froid corps entier en fait permet une meilleure récup,
permet un côté anti-inflammatoire et un côté antalgique.
Tu le pratiques souvent ?
Deux à trois fois par semaine ?
On va s'équiper.
Allez, vous venez.
Donc Nicolas, pour ton information,
quand on va faire de la cryothérapie corps entier,
on va protéger les extrémités.
Alors on s'équipe.
Les mains, la tête et les voies respiratoires.
Sans oublier...
Les tétons.
Pour pas que vous soyez sensibles.
Allez, c'est parti.
C'est parti.
Nicolas, est-ce que tout va bien ?
Est-ce que tu te sens dans la peau d'un champion ?
Ça fait trois minutes là, non ?
Là, nous arrivons à trente secondes les garçons.
Vous avez passé la deuxième minute.
Venez, Ledji, fais voir un peu.
Treize degrés.
Donc on a chuté de près de quinze degrés.
Merci beaucoup pour cette expérience.
Ledji, je te remercie pour cette journée.
Ça va ?
On se revoit très bientôt.
Du coup là, tu vas avoir un moment de bonheur.
Après le sport, le réconfort.
L'INSEP a même pensé au repos du guerrier.
Une étape incontournable dans la fabrication d'un champion.
Nicolas, tu n'as pas l'air rassuré.
Vous n'avez pas pris froid au moins ?
Nicolas, je redescends un petit peu.
Mais cela dit, c'est impressionnant.
Trente secondes.
On perd vingt degrés en fait.
Ce qui est impressionnant.
Mais on ne meurt pas.
On ne meurt pas parce que tout de suite après,
il y a un effet de vasodilatation
qui permet que le corps se régénère
et du coup, on reprend des degrés mais très rapidement.
Cela dit, vous aviez fait moins d'efforts que Ledji.
Vous aviez moins besoin de récupérer que de tuer.
Pour lui, c'est plus facile.
Pour moi, c'est un peu plus complexe.
Je suis impressionné.
Je ne connaissais pas toutes ces installations ultra modernes
faites pour le confort à la fois des champions
mais aussi leur intellect.
C'est un peu la tête et les jambes.
On a en fait un domaine sur 28 hectares qui est impressionnant.
On a tout.
On peut s'entraîner.
On peut y habiter.
On peut se loger.
On peut se restaurer.
On a un pôle médical si on se blesse.
On a un pôle recherche qui nous permet d'aller encore plus loin.
Il y a juste un problème.
C'est la seule raison pour laquelle je ne pourrais pas m'y inscrire.
C'est qu'il n'y a pas de frites à la cantine.
On voit des pâtes, on ne voit pas de frites.
Ah non, c'est des pâtes avec un sel.
Vous êtes très observateur, c'est juste.
J'ai fait l'expérience où j'ai pris des oeufs mayo.
Le mercredi, c'est frites et le sunday, c'est pizza.
On ne peut y aller que le mercredi alors.
Ce qui est intéressant, c'est qu'on développe évidemment le corps.
Tout est fait pour fabriquer des champions.
Mais aussi pour préparer l'après.
C'est deux tiers de la vie qui reste après.
Si on est 30 ans, il y a deux tiers de la vie qui reste.
Ce que vous dites, Stéphane, est tout à fait exact.
Souvent, on voit des athlètes qui ont beaucoup de mal avec la phase de reconversion.
Je ne dirais plus que le sport est amateur.
L'INSEP a pris beaucoup de sports dits amateurs.
Malgré que ce soit olympique.
On voit une évolution.
Et vous, Nelson, c'est qu'il y a quelques années,
quand vous interviewez des sportifs,
une fois qu'ils ont fait la compétition,
ils n'avaient rien à dire.
Ce qu'ils avaient à dire, ils n'arrivaient pas à le formuler.
Maintenant, le fait qu'ils aient sport-études,
on voit qu'ils sont beaucoup plus à l'aise.
Devant une caméra, devant un micro, pour s'exprimer.
En fait, ils prennent des cours de communication.
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est vivement conseillé.
C'est vrai, vous avez tout à fait raison.
Il y a une vraie évolution depuis une dizaine d'années.
On observe vraiment des taux de réussite impressionnants.
L'année dernière, 100% des élèves inscrits à l'INSEP
ont obtenu leur bac et 75 avec des mentions.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut dire à tout le monde,
faites du sport, ça n'empêchera jamais de faire les études
et au contraire de réussir.
Là, on est admis uniquement si on fait du sport de haut niveau.
Vous l'avez très bien dit dans le sujet.
C'est vrai qu'à l'INSEP, on est vraiment dans un pôle
qui est vraiment pour de la haute performance.
C'est l'excellence.
C'est les champions à venir en France de demain.
Mais ça se détecte quand qu'on va être très jeunes ?
En fait, ça part de chaque fédération.
Chaque sport a une fédération qui détecte les jeunes
et les médaillables, les potentiels médaillables
pour les Jeux olympiques.
Et à partir de là, ils peuvent accéder à l'INSEP.
Mais ce n'est pas tout de former des champions, Nelson.
Encore faut-il construire des stades
pour accueillir leurs exploits.
Heureusement, en matière d'arène sportive,
la France n'est pas au reste.
La plus prestigieuse d'entre elles,
c'est le Stade de France, que vous connaissez,
qui trône à Saint-Denis, inauguré il y a moins de 20 ans.
Eh bien, il fait déjà partie de notre patrimoine.
N'est-ce pas, Mathilde ?
Exactement.
Et ce qui est passionnant avec le Stade de France,
c'est qu'en fait, il est rentré dans notre patrimoine
six mois après son inauguration.
Parce qu'on est en juillet 98.
Comme on le sait tous, évidemment,
l'équipe de France de football remporte la Coupe du Monde.
Et le Stade de France rentre dans l'histoire à ce moment-là.
Et il ne l'a plus jamais quitté.
Je crois que vous nous réservez pour visite privée,
mais vraiment une découverte incroyable.
Direction vers ce temple du sport, le Stade de France.
On est le 12 juillet 1998, il est 20h57.
Dans 90 minutes, Zidane et toute son équipe
gagneront le match de leur vie, la Coupe du Monde 98.
Pour l'instant, ils font leur entrée dans un stade flambant neuf.
Lui aussi va rentrer dans l'histoire, le Stade de France.
Avant d'être un symbole sportif,
le Stade de France est un rêve architectural
qui a germé dans la tête d'Emerick Zublina.
J'ai rendez-vous avec le papa de ce grand stade.
Bonjour.
Comment toute cette aventure a commencé ?
C'est un concours pour répondre à une décision
au plus haut niveau de l'État,
accueillir la Coupe du Monde.
C'était ça, l'enjeu ?
C'était ça, l'enjeu.
Alors, qu'est-ce que vous avez imaginé ?
On va d'ailleurs marcher un petit peu
pour découvrir ce grand stade.
Juste là où on est, nous actuellement,
on a vraiment cette impression d'ouverture.
C'est ça que vous vouliez ?
C'est ça, le stade ouvert sur la ville,
ouvert sur le quartier
et symboliquement aussi ouvert sur la ville de Saint-Denis.
Vous n'avez pas seulement imaginé ce stade,
vous avez imaginé les hectares qui étaient autour.
Ce qui est extraordinaire,
c'est que ce quartier s'est développé pratiquement
à l'ouverture du stade.
Et c'est réalisé en moins de dix ans.
C'est un quartier qui est sorti de terre.
Emerick Zublena avait tout prévu,
sauf la victoire de l'équipe de France
quelques mois après l'inauguration.
Vous avez construit une arène
qui est historique aujourd'hui.
C'était six mois après.
Ce gros, gros, immense bébé sort de terre,
commence à accueillir 80 000 spectateurs
et boum, on gagne.
C'est merveilleux.
Pour mesurer l'ampleur de ce délire architectural,
il faut prendre de la hauteur.
Je vous emmène pour une visite exceptionnelle
près des nuages.
Mais on va y arriver.
Et donc voilà, je me retrouve sur les toits du stade.
Et j'ai Laurent qui arrive derrière.
C'est Laurent, le responsable des travaux,
qui me fait découvrir cet endroit suspendu.
Donc là, on marche sur le toit du stade.
Ça y est, on y est.
À 45 mètres de hauteur.
À peu près, voilà.
Donc là, on a une vue à 360 degrés
sur le département du 93.
Le 93, la Défense, là-bas.
La tour Eiffel, Montmartre, voilà.
C'est la plus belle vue du 93, là.
L'une des plus belles.
Alors effectivement, on est un petit peu en dessous
du toit de la basilique aussi,
qui se trouve juste à côté.
C'est le toit vert.
Tout à fait.
À la construction, ils ont eu l'obligation
d'être à un niveau inférieur au toit de la basilique.
Dans la basilique de Saint-Denis
sont enterrés les rois de France.
Le patrimoine sportif doit respecter
le patrimoine historique.
Je redescends dans les entrailles du stade
avec Amérique Zubléna.
Donc là, on arrive...
Dans le boulevard intérieur.
Qui desserre l'ensemble du stade
et qui est sous le stade.
D'accord.
Bon, et en plus, on a notre chauffeur
qui nous attend.
Parfait.
Il tient à me montrer la ville
qui s'est développée à 11 mètres sous terre.
C'est là qu'accèdent tous les camions
qui desservent le stade,
tous les équipements qui sont en sous-sol.
Mais également accèdent les autocars
dans lesquels il y a les équipes,
accèdent les VIP, accèdent les pompiers,
accèdent la police.
Elle fait 900 mètres de long.
Et en plus, vous voyez au plafond
et le long des murs,
il y a des câbles,
500 kilomètres de câbles électriques,
informatiques, de télévision.
C'est un petit peu comme
dans un immense navire.
En fait, il y a des locaux cachés
qui permettent à ce bâtiment
exceptionnel de vivre.
Et parmi ces locaux,
on trouve un hôpital géré par des médecins
et des bénévoles de la Croix-Rouge
lors des événements.
Et une mini caserne de pompiers
qui fonctionne 24 heures sur 24
tout au long de l'année.
Ce périphérique enterré
dessert aussi un endroit très prisé
des fans de football,
le vestiaire des joueurs.
Laurie est guide au stade depuis un an.
Elle connaît toutes les petites histoires
de ses coulisses.
Donc c'est ici.
C'est ici que tout commence.
Bienvenue dans nos vestiaires,
les vestiaires des Bleus.
Magnifique.
Là où les Bleus ont vécu
leur victoire de 1998.
C'est ici.
C'est ici également
qu'il y a eu les Bleus
pendant la finale de l'Euro 2016.
Donc c'est vraiment
le vestiaire des champions.
En tout cas, on s'y sent bien ici.
Oui, c'est un vestiaire chaleureux.
C'est un cocon pour les joueurs.
Ici, c'est vraiment un endroit
où ils veulent se sentir chez eux
pour pouvoir bien se concentrer.
C'est important
qu'ils se sentent à l'aise.
Les cases en bois en être
sont là pour donner
un côté chaleureux au vestiaire.
Le sol en résine
pour les crampons,
c'est plus adhésif.
Également, la lumière
est plus tamisée dans cette pièce.
Toujours dans une idée
de concentration
que ça soit un petit peu zen.
Une ambiance zen.
Ça donne presque envie
d'être footballeur.
Oui, presque.
Juste à côté,
il y a une pièce moins connue
mais tout aussi essentielle
pour la préparation des joueurs.
Allez-y.
Merci.
La salle d'échauffement.
Il fait chaud ici.
Oui, il fait chaud.
On adapte la température
de cette salle
pour les joueurs
pour chauffer les muscles
et minimiser le risque
de blessures.
Donc, on a 5 degrés
de différence
entre l'extérieur
de cette salle
et l'intérieur.
On peut monter ici
jusqu'à 35 degrés
pour les joueurs de foot
et 40 degrés
pour les joueurs de rugby
comme c'est un sport de contact.
On augmente plus
la température ici.
Et la lumière aussi,
elle est réglée ?
Tout à fait, oui.
Là, vous avez sûrement remarqué,
elle est plus aveuglante.
Il y a une différence
avec celle de l'extérieur
puisque quand les joueurs
arrivent sur le terrain,
ils ont plus de 477 potes
de lumière braquées
sur leurs yeux.
Donc, c'est très agressif
pour eux.
On les habitue directement
dans cette salle.
Les joueurs s'entraînent ici
une vingtaine de minutes
avant de faire leur entrée
sur la pelouse.
Ces 11 000 m2 de gazon
sont soigneusement entretenus
par l'un des meilleurs
spécialistes au monde,
Tony Stone.
Et surprise,
le roi de la pelouse
est anglais.
Avec Tony,
il y a une règle
à respecter.
Bonjour Tony !
Comment allez-vous ?
Bien et vous ?
Pas trop mal.
Est-ce que je peux vous rejoindre ?
Non.
Vous êtes certain ?
Oui, oui.
Même si je porte ça ?
Ah oui, désolé.
Bon, alors,
c'est vous qui venez à moi.
Vous ne pouvez pas marcher
sur le gazon
seulement si vous travaillez.
Mais je travaille, là.
Non, vous devez rester en dehors.
C'est pareil pour mes hommes.
Si nous ne travaillons pas
sur le gazon,
on fait le tour.
Bon, cette pelouse,
elle est spéciale, non ?
C'est une toute nouvelle
technologie en France.
Elle existe depuis longtemps
en Angleterre.
Si vous avez du gazon
naturel,
c'est facile à arracher.
Vous y ajoutez
des tiges d'acier,
c'est beaucoup plus solide.
Et ce concentré
technologique
s'adapte à tous les sports.
Comment cette pelouse
s'adapte aussi bien
au football
qu'au rugby ?
C'est une surface
que l'on peut adapter
selon les sports.
On peut la rendre
plus dure pour le rugby
et plus souple
pour le football.
Pourquoi la pelouse
doit être différente
pour le rugby
et pour le football ?
Parce que les rugbymen
sont plus costauds.
Maintenant, j'ai envie
de la toucher,
cette pelouse.
Je peux ?
Oui, pas de problème.
Vous venez avec moi ?
Oui, allez-y.
Elle semble très naturelle.
Là, vous voyez le plastique,
juste en dessous.
En réalité,
les joueurs
sont uniquement
en contact avec l'herbe.
Mais vous voyez
les tiges d'acier ?
Grâce à ça,
on ne peut pas
arracher le gazon.
Allez-y, tirez dessus.
Je ne peux pas l'arracher.
Impossible.
Et cette pelouse
n'a que 5 semaines.
Merci beaucoup,
bonne journée.
Merci à vous.
Tony retourne à sa tâche.
Une pelouse parfaite,
c'est un travail
de tous les instants.
Je retrouve Laurie
au cœur
de la tribune présidentielle.
400 mètres carrés
d'espace privé
dédié aux personnalités officielles.
Alors,
la place du président,
elle est où ?
Elle est là,
3123.
C'est celle-ci.
Celle-ci.
Plein milieu du stade,
pleine lucarne,
la meilleure vue
de tout le stade.
La meilleure.
Pour le président.
Pas mal.
Oui, oui.
Effectivement,
on est bien là.
Je peux m'asseoir ?
En tout cas,
il y a une vue magnifique.
On voit bien tout
à ni trop près,
ni trop loin.
C'est juste parfait.
C'est génial.
C'est sur ce podium
que les Bleus ont fait
leur victoire
en 1998
et leur défaite en 2016.
C'est ça, exactement.
C'est là
qu'ont été prises
toutes les photos
diffusées lors de ces finales.
Cette place,
finalement,
tout le monde la connaît,
mais j'ai entendu parler
d'une place
beaucoup plus privée.
Oui,
la place secrète du président,
c'est son bureau.
Derrière une porte discrète,
on découvre
un lieu tenu secret.
Une petite pièce
ouverte pour la première fois
aux caméras
pour visite privée.
Pour cette occasion solennelle,
j'ai enfilé une veste.
C'est un petit peu
l'ancienne du pouvoir,
l'annexe de l'Elysée
dans le stade
pour le président.
Vous savez,
la dernière fois
que ce bureau
a été utilisé
par le président de la République ?
C'était pendant
l'Euro de football 2016,
la dernière fois
qu'il est venu
dans ce bureau.
Et on sait
ce qui s'est dit ?
Ah non,
ça, on ne sait pas.
On ne sait jamais
ce qui se dit ici.
Ce bureau est régulièrement
utilisé par le chef de l'État
pour les affaires urgentes
et les réunions de crise.
Dans les sous-sols
du Stade de France,
il y a un autre lieu
que vous ne devriez
jamais voir.
C'est le poste de police
et ses 8 cellules.
Là, il y a
les cellules collectives.
Les cellules individuelles
aussi ?
Oui.
Donc là,
c'est la mini-prison
du Stade de France.
Voilà,
exactement, c'est ça.
Pour quel type de raison
les personnes sont emmenées ici ?
On peut avoir
des personnes
un petit peu exhibitionnistes
qui veulent courir
sur la pelouse
dans leur plus simple appareil
ou là,
on a une cellule
d'égrisement également
dans ce poste de police.
Les personnes interpellées
ne restent ici
que le temps
de l'événement sportif.
Ils sont ensuite emmenés
dans un commissariat
tout proche.
D'ailleurs,
j'ai un petit cadeau
pour vous.
Quant à moi,
je ne suis pas prête
de sortir d'ici.
On dirait que Zizou
n'a pas trop apprécié
que je lui pique son maillot.
Voilà, vous voilà.
Finalement,
je suis sortie.
Vous avez fini
par sortir.
J'ai fini par sortir.
Je ne savais pas
qu'il y avait un hôpital,
une prison.
C'est une ville dans la ville
que je ne savais même pas
que le président de la République
avait en cas de crise
un bureau dans lequel
il pouvait passer
ses coups de fil.
Ce n'est pas seulement
en cas de crise.
La dernière fois qu'il l'a utilisé,
c'était pendant l'Euro.
A part la défaite,
il n'y avait pas
de crise particulière.
Dans l'entracte,
il ne reste pas à sa place.
Il va dans son bureau.
Mathilde,
j'ai l'impression
qu'ils t'ont tout montré.
Ils t'ont ouvert
toutes les portes.
Est-ce qu'il y a un endroit
qui est resté secret
et qu'ils ne voulaient pas
te montrer ?
Il y a un endroit
qui reste encore secret
dans le Stade de France.
C'est un couloir
entre les sous-sols
du Stade de France
et le terrain annexe.
C'est un couloir
qui fait 150 mètres de long
et 4 mètres de large seulement.
Il est très étroit.
C'est un couloir
qui est ouvert une seule fois par an
pendant le meeting de Paris
et qui permet aux athlètes
que vous devez connaître,
j'imagine,
et interviewer après
de s'entraîner.
Comme ça,
ils passent discrètement
pour rejoindre la pelouse.
Ce qu'il faut,
c'est penser
que ce monstre,
ce monument
de notre patrimoine sportif
est sorti de terre
en 31 mois seulement.
31 mois pour sortir
500 000 tonnes
de béton et d'acier,
ce qui est un record,
ce qui est une prouesse,
mais en fait,
on n'avait pas vraiment le choix
parce qu'il fallait vraiment
accueillir 80 000 spectateurs.
C'est l'un des atouts majeurs
de la candidature de Paris
pour les JO de 2024,
ce stade qui existe déjà.
Quel est le souvenir
le plus incroyable
que vous ayez vécu
au Stade de France,
Nelson ?
Je crois que ce qu'on vient de dire,
c'est effectivement
la victoire de 1998
et puis cette défaite
qui reste encore très amère
d'il y a deux mois.
À la première, oui.
J'aurais peut-être dû venir à la seconde.
Pour porter chance, peut-être.
C'est vrai que ce Stade de France
a vu passer quand même
30 millions de personnes
depuis l'inauguration.
Mathilde,
les gens ne sont pas venus
uniquement pour la beauté du sport,
parce qu'il faut dire
qu'il y a plein de choses
qui se passent dans ce stade.
Oui, en fait,
il y a des événements
en permanence dans ce stade,
que ce soit du football,
évidemment, du rugby,
de l'athlétisme.
Et il y a aussi des concerts.
Moi, je suis allé voir Johnny Hallyday.
Madonna, Beyoncé, Johnny Hallyday.
La scène se transforme, en fait.
On n'a plus de terrain.
Elle se transforme.
Il y a des opéras.
Aïda, bien sûr.
Absolument.
Mais on a le droit de marcher
sur la pelouse ou pas ?
Non, jamais.
Personne ?
Personne.
Qu'est-ce qui se passe
quand il y a un concert, par exemple ?
En fait, dans ce cas-là,
ils recouvrent la pelouse
d'un matériau très, très solide
et après, de toute façon,
ils vont renouveler cette pelouse.
Là, la pelouse qu'on a vue,
qui était très, très belle,
très verte,
bichonnée par Tony Stone,
qui est anglais
et qui vient du stade de Wembley,
d'ailleurs,
en fait,
elle n'a que 5 semaines.
Ils viennent de la poser
il y a 5 semaines.
D'accord.
Mais on la change tous les combien,
cette pelouse ?
Je ne sais pas.
Oui.
Mais je crois savoir
que l'audience maximale
du Stade de France
était, en fait,
pour un concert
où il y avait
près de 90 000 personnes,
alors que pour le football,
l'athlétisme, etc.,
c'est plutôt 75 000.
Et la pelouse
dont parlait Stéphane
qui est donc recouverte,
là, le public peut se mettre
au sang,
debout dans la fosse.
Il y a 10 ou 15 000 personnes
qui peuvent être
à ce moment-là.
Mais ce qui est assez incroyable,
et vous avez dû les voir,
c'est les gradins
qui sont rétractables,
en fait,
dans le Stade de France
et qui, en fait,
permettent d'avoir
une capacité
encore plus importante
de 20 000,
25 000 spectateurs de plus.
C'est une machine de guerre,
ce stade.
Il est incroyable.
C'est une ville dans la ville.
Merci, Mathilde,
vous avez dévoilé comme ça
un...
C'est vraiment
une visite privée.
En tout cas, merci beaucoup.
On ne regardera plus
le Stade de France
de la même manière.
Alors, qui sait,
ce temple du sport
accueillera peut-être
les Jeux Olympiques de Paris
en 2024.
En tout cas,
on est tous avec
Tony Estanguet
et tous ceux
qui se mobilisent
pour ça.
Et si l'on est en mesure
de se poser cette question,
eh bien, c'est grâce
à un homme.
C'est grâce
à Pierre de Coubertin
qui a fait
de cette compétition
antique
tombée dans l'oubli
le point d'orgue
de la vie sportive mondiale.
Myrie,
vous pouvez nous en dire plus
sur celui,
eh bien,
à qui nous devons tout,
en tout cas,
à qui la France
et l'olympisme
doivent beaucoup.
Effectivement,
alors,
Pierre de Coubertin,
c'est un personnage
assez ambivalent
parce qu'autant
il était très visionnaire,
très créatif
et en même temps,
pas du tout en avance
sur son temps
dans certains domaines
comme la place des femmes
aux Jeux,
vous allez le voir.
Donc, en tout cas,
son rêve s'est réalisé
et je pense
qu'il était loin
d'imaginer l'ampleur
que prendrait
cette compétition.
Eh bien,
je vous propose
de retrouver l'homme
qui a fait renaître
l'olympisme,
Pierre de Coubertin.
C'est un personnage
incontournable
dans l'histoire
du sport.
Un passionné
qui s'est battu
pour un rêve,
recréer
les Jeux olympiques.
Alors,
qui était
Pierre de Coubertin
et comment son nom
est-il entré
dans la légende ?
Pour le savoir,
je me suis d'abord rendu
sur les terres
de son enfance
en Normandie.
Près du Havre,
le château
de Mirville
date du 16e siècle.
C'est la demeure
familiale
de Pierre de Coubertin
et aujourd'hui
le propriétaire
des lieux
et son arrière-petit-neveu.
Je découvre avec lui
le terrain de jeu
du jeune sportif.
Et alors,
quel sport
Pierre de Coubertin
a pratiqué ici
sur le domaine ?
Écoutez,
il a pratiqué
pas mal de sports.
Ce qu'il aimait,
c'était
faire découvrir
aux gens environ
des sports
qu'il avait lui-même
découverts à l'étranger
et qui n'existaient pas.
Donc le tennis,
par exemple,
qui n'était pas connu
à l'époque,
a été pratiqué
semble-t-il ici
pour la première fois.
Et puis,
les premières bicyclettes
qu'on connaît aujourd'hui
qui avaient succédé
à celles
qui avaient
des grandes roues
à l'avant
et une petite roue
à l'arrière,
il était un des premiers
aussi à les présenter ici.
Puis il faisait
de l'aviron aussi
sur les temps.
Il avait un bateau
qu'il avait nommé
Tam Tam
et il ramait.
Et il pratiquait
aussi pas mal la boxe.
Il était vraiment
pluridisciplinaire.
Voilà, exactement.
Il se démarque
dès l'enfance
avec son goût
pour le sport.
Issu d'une grande
famille aristocratique,
Pierre de Coubertin
est né en 1863
avec le titre
de baron.
Et c'est
dans cette maison
qu'il passe
la première partie
de sa vie.
Donc on arrive
dans l'antre familial.
Voilà,
c'est le coeur
de la maison.
Ici,
les tableaux de famille
sont les seuls
vestiges d'époque.
Jacques a confié
tous les biens
de son arrière-grand-oncle
à des musées
ou des fonds d'archives.
Quel genre d'enfance
il a eu,
Pierre de Coubertin ?
Une enfance
quand même assez classique
avec une éducation
traditionnelle
dans des collèges
religieux
jésuites.
Son père
était artiste peintre
et sa mère
était une femme
qui,
contrairement
à beaucoup de femmes
dans son époque,
faisait des études,
se passionnait
pour la philosophie,
la littérature.
Donc il a quand même vécu
dans une famille
curieuse intellectuellement.
Avec une ouverture d'esprit.
Voilà,
c'est ça.
Là,
je vous emmène
dans une pièce
qui est en fait
le bureau
que Pierre de Coubertin
s'était construit
en 1900.
À l'adolescence,
Pierre de Coubertin
se démarque encore.
Il écarte
la carrière militaire
à laquelle sa famille
le destinait
pour se pencher
sur l'histoire
et l'éducation.
Puis,
un pays va attirer
son attention
Il avait entendu
parler
des collèges anglais
où il avait l'impression
que contrairement
à la France,
l'éducation
était beaucoup
plus globale.
Alors qu'en France,
il avait l'impression
qu'on bourrait
le crâne des jeunes
et puis c'est tout.
Et en Angleterre,
il a découvert
avec grand étonnement
que le sport
avait un rôle
important
dans l'éducation
dans les collèges anglais.
Pour comprendre
comment ce passage
en Angleterre
va marquer un tournant
dans le parcours
de Pierre de Coubertin,
je suis allée
à la rencontre
d'un spécialiste
de l'histoire du sport.
Ce qui va le bouleverser,
c'est la liberté
donnée aux élèves
issus des élites anglaises.
Et dans les universités,
Oxford et Cambridge,
une visite,
il va découvrir
l'autonomie
des élèves.
Ils auto-organisent
leurs pratiques sportives
dans le cadre
de clubs scolaires.
Et c'est cette découverte
qui va le bouleverser.
Et dit-il,
j'ai trouvé
la pierre philosophale.
Il pense que
c'est parce que
les Anglais
se confrontent
musculairement,
qu'ils fabriquent
de la vigueur
et aussi de la vigueur morale
et qu'ils sont dignes
de conquérir le monde
et la France
doit rattraper ce retard.
De retour en France,
Pierre de Coubertin
se lance dans une croisade
pour réformer
le système éducatif
par le sport.
Problème,
ce modèle
ne correspond pas
aux valeurs morales
de la Troisième République.
Il se heurte
au refus des écoles.
Le modèle
d'éducation physique
à l'époque,
c'est la gymnastique républicaine.
C'est pas le sport.
Parce que la gymnastique,
elle est populaire
et elle est patriotique.
Le sport est anglophile
et cosmopolite
et puis ce personnage
qui est-il vraiment aristocrate,
lié à des milieux religieux,
à l'étranger,
qu'est-ce que c'est ?
Les Etats-Unis,
l'Angleterre,
ce sont quand même
nos ennemis.
Pas question
pour le baron
de rester sur un échec.
Il décide
de populariser le sport
mais cette fois-ci
à l'échelle internationale.
Restaurer
les Jeux olympiques
antiques
deviendra son obsession.
En 1896,
la première compétition
aura lieu à Athènes,
la ville symbolique
des Jeux antiques.
Quatre ans plus tard,
à Paris,
et depuis,
les Jeux n'ont cessé
de s'imposer
à travers le monde.
C'est en Suisse
que se poursuit
l'histoire
de Pierre de Coubertin.
Il décidera
d'installer
le comité international
olympique
à Lausanne.
Et c'est ici
qu'aujourd'hui,
un musée
est dédié
à l'histoire
de l'olympisme.
C'est une visite
privée exceptionnelle
que l'archiviste
du musée nous propose.
Ici,
elle est la seule
à avoir accès
aux documents historiques.
Et c'est la première fois
qu'elle laisse entrer
une caméra de télévision.
Alors voilà,
c'est là
que sont conservés
les archives.
Ah oui,
effectivement.
C'est une pièce
qui est habituellement
pas du tout
accessible au public,
donc c'est un peu
les trésors
de l'olympisme ici.
Exactement.
On n'y accède
d'ailleurs qu'avec des badges.
C'est une porte sécurisée,
sous alarme.
Ici sont conservés
plus d'un kilomètre
linéaire d'archives
sur Pierre de Coubertin
et l'histoire
de l'olympisme.
On y trouve
le premier bulletin
du comité olympique,
mais aussi
toute la correspondance
du baron.
Et grâce à une lettre,
on sait désormais
que Pierre de Coubertin
est à l'origine
des fameux anneaux olympiques.
C'est vraiment
la première fois
que les anneaux
apparaissent
sur une lettre
comme ça.
On voit qu'il en a fait
un premier brouillon.
Il se base
pour ce dessin
sur le logo
de la Fédération française
d'athlétisme
qui est simplement
trois anneaux
rouge, blanc, bleu.
Et puis,
il va y rajouter
deux anneaux
pour les cinq continents.
Jusqu'à sa mort,
en 1937,
Pierre de Coubertin
s'est dévoué
corps et âme
aux Jeux olympiques.
C'est d'ailleurs à lui
que l'on doit l'idée
de ce musée,
construit au bord
du lac Léman
en 1993.
Aujourd'hui,
la popularité des Jeux
a fait de Pierre de Coubertin
un personnage mythique.
D'ailleurs,
on est accueillis ici
au musée
par sa statue.
Anne-Cécile,
il est là,
Pierre de Coubertin,
pour veiller
sur la flamme olympique ?
Tout à fait.
Il est là pour veiller
sur la flamme,
sur l'esprit olympique
et sur son musée.
Alors,
il y a combien de personnes
qui passent ici
chaque année
au pied de la statue
de Pierre de Coubertin ?
Grosso modo,
300 000 personnes
passent le voir
pendant toute l'année.
Son nom est désormais
célèbre
dans le monde entier.
Mais le personnage
qu'il a été
l'est beaucoup moins.
Alors,
grâce à des dons
de la famille,
un espace
lui est désormais dédié.
donc ici,
on entre dans l'espace
Pierre de Coubertin
avec les objets
qu'il avait autour de lui
au quotidien.
Et alors là,
j'aperçois une tenue d'escrime.
C'était à Pierre de Coubertin
cette tenue ?
Oui, absolument.
Donc en dehors du fait
qu'il était historien
et pédagogue,
il était aussi lui-même
un sportif accompli.
Donc ça,
c'est aussi
ses gants de boxe ?
Absolument.
Pierre de Coubertin
était un visionnaire
et il ne se contentait pas
des sports existants.
Il va essayer
de créer un nouveau sport,
un mélange entre
l'escrime
et l'équitation
qu'on retrouve
dans ce tableau,
l'escrime équestre.
Un sport qui,
malheureusement,
ne connaîtra pas
un grand succès
et qui n'arrivera pas
à faire rentrer
au programme olympique.
C'était original pourtant ?
Absolument,
c'était très original.
C'est un homme
aux idées froisonnantes.
Malheureusement,
elles n'ont pas
tout amorti.
Tout n'a pas marché ?
Non.
Donc l'idée du musée,
c'est vraiment
de faire revivre
Pierre de Coubertin ?
Absolument.
De le rendre vivant
et surtout,
beaucoup plus familier
auprès du public
et de comprendre
sa grande oeuvre,
c'est-à-dire
la rénovation des Jeux.
Alors,
on voit que son rêve
a pris forme
sur plusieurs décennies ?
Bien sûr,
puisqu'en fait,
du rêve d'un homme,
plusieurs ensuite
ont participé
à la réalisation
de ce rêve
et jusqu'à nos jours,
puisqu'on vient
de clore
les Jeux olympiques d'été
à Rio.
Pierre de Coubertin
est devenu
un personnage mythique
comme on a pu le voir
ici à Lausanne,
mais ses prises de position
et ses engagements
font de lui
un personnage controversé.
Les trois critiques majeures
qui sont adressées
à Pierre de Coubertin,
c'est son aristocratisme
en quelque sorte,
son élitisme
et puis,
dans les années 1930,
dès lors que Hitler
décide
d'organiser
les Jeux de Berlin,
son penchant
pour ces Jeux de Berlin
qu'il veut défendre
à tout prix.
Hitler a versé
un chèque en son nom,
les nazis
l'ont couvert d'honneur.
Après,
on lui reproche aussi
sa misogynie.
Mais par puritanisme,
il ne veut pas
que les femmes soient
dans le stade d'une part
et puis,
son projet,
c'est de fabriquer
l'athlète mâle individuel,
le struggle for life.
Et puis,
la troisième critique
qui lui est adressée,
c'est d'être un colonialiste.
Effectivement,
il appartient
au lobby colonial.
Il ne pense pas
que les indigènes
puissent participer
aux Jeux olympiques,
c'est-à-dire
les peuples d'Afrique
et d'Asie.
C'est un personnage
qui a deux versants,
une légende noire
et puis,
une légende dorée.
La légende dorée,
c'est Jacques
qui l'entretient.
Il porte la mémoire
de son arrière-grand-oncle
et se rend à chaque édition
des Jeux,
comme ici,
à Rio.
On nous dit
que Pierre de Coubertin
aurait dit
cette fameuse phrase
« l'important,
c'est de participer ».
Alors effectivement,
ce n'est pas vrai.
C'est une phrase
qui ressemble à ça
qui n'a pas été dite
par lui,
mais par un évêque
anglican en Angleterre.
Et en fait,
sa phrase,
c'était
l'important,
c'est de s'être bien
battu.
Ça n'a pas été prononcé
par Pierre de Coubertin ?
Alors,
quelle était la devise
de Pierre de Coubertin ?
La devise,
c'était
« voir loin,
parler franc,
agir ferme ».
Et je pense
que ça résume
très bien
sa personne.
Donc,
voir loin,
parler franc,
agir ferme.
Je vous laisse méditer.
Merci Myri,
j'y pense tous les matins.
C'est vrai.
Voir loin,
parler franc,
agir ferme.
On ne peut pas être contre ça.
On ne peut pas être contre.
Et c'est une devise intéressante
parce qu'elle peut s'appliquer
finalement à plein de domaines.
Notamment,
par exemple,
ça pourrait inspirer
les politiques.
Mais c'est vrai que
grâce à Pierre de Coubertin,
les Jeux,
les Français ont une place de choix
dans les Jeux olympiques.
D'ailleurs,
la langue française
est toujours...
Hélas,
singulièrement malmenée,
notamment à Rio.
Oui.
Vous savez que,
malheureusement,
les annonces ne se faisaient plus
en français.
Non.
Elles se faisaient en...
Absolument.
Elle a été réduite
parce qu'il y a une peau de chagrin.
Et là aussi,
c'est aussi une belle raison
pour laquelle
ce serait bien
que Paris obtienne
les Jeux de 2024.
Battre sur ça,
grâce à vous,
c'est vraiment...
Comme dit Stéphane,
c'est vraiment la langue.
C'est la langue de l'Olympisme.
En fait,
il y a un héritage,
quand même,
de Pierre de Coubertin.
C'est qu'on doit citer
le nom de Pierre de Coubertin
dans chaque discours d'ouverture.
Ça, c'est le cas.
Et le français,
ça, c'est encore le cas.
Et le français,
donc jusqu'à présent,
était langue officielle des JO.
Jusqu'à la cérémonie,
en fait,
c'est une institution
de parler en français.
C'est des JO.
Mais c'est vrai
que c'est en train de se perdre.
Alors comment vous voyez ça, vous ?
Je vois ça...
Enfin, je ne veux pas ici
entrer dans des polémiques,
mais il est évident
qu'aujourd'hui,
notamment la chaîne
de télévision américaine NBC
a pris un contrôle
très très fort des Jeux
et donc du CIO.
Et NBC a tendance
à faire la loi.
Et c'est aussi
l'une des raisons
pour lesquelles
la candidature de Paris 2024
est intéressante.
Mais c'est loin
d'être gagnée d'avance
parce que vous savez
que Los Angeles
est également candidate.
Vous voulez dire
que les Jeux sont un peu pipés
parce que les Américains
mettent beaucoup d'argent
sur la table ?
Pour être clair,
NBC a elle seule
mais plus que 50 %
du budget
de droits de télévision
et le monde entier
les autres 50 %.
Et je crois même
que c'est 60 ou 70 %.
Donc à partir de là,
on peut penser
qu'une candidature américaine,
surtout Los Angeles,
est forte.
Je veux dire
parce que Paris n'a pas
parti gagner d'avance.
Donc on va devoir,
encore une fois,
se lever à 2h du matin
pour une finale de judo.
Ce fut le cas,
ce fut le cas.
Non mais attendez,
ne soyez pas défaitistes.
On va se battre pour 2024.
Il faut y aller.
Charles Ducas,
l'arrière petit neveu
de Pierre de Coubertin
qu'on a vu dans le sujet
compte beaucoup
sur la candidature de Paris
pour qu'on parle à nouveau
de Pierre de Coubertin
parce que pour lui,
on pourrait le faire revivre
Pierre de Coubertin.
Et qu'on en parle en français.
Voilà, c'est ça.
Cela dit,
c'est vrai qu'il a un problème
Pierre de Coubertin,
c'est qu'il était
horriblement sexiste
et misogyne.
C'est la critique majeure
qu'on a formulée à son égard.
Non seulement les femmes
ne pouvaient pas participer,
mais elles n'avaient même
pas le droit
d'être dans le stade.
Oui, alors à la rigueur,
elles pouvaient servir
à venir couronner les athlètes.
Mais il faut dire
qu'il faut le remettre,
il ne faut pas faire
d'anachronisme non plus.
Il faut le remettre
dans le contexte de son histoire.
1896, en même temps.
Ce qui est intéressant,
c'est qu'il avait été
en Angleterre
et il avait ce regard,
ce côté sport complet.
C'est-à-dire,
on fait des études le matin,
on fait du sport l'après-midi.
Ça, c'est intéressant
parce qu'en France,
on en est encore loin.
Même encore aujourd'hui.
Sauf à l'INSEP.
Sérieusement, Nelson,
on a un problème de retard
par rapport à donner
le goût du sport aux jeunes.
Même par rapport à l'Allemagne
qui a su...
Tous les après-midi.
On a les cours le matin,
le sport l'après-midi,
et je trouve que c'est
un peu dommage parce que...
Pays-Bas également,
Benelux que vous connaissez,
Stéphane, pareil,
ils sont beaucoup plus axés
sur la culture du sport
que nous.
Mais qu'est-ce qu'on peut faire alors ?
Je crois qu'en France,
et votre sujet sur l'INSEP
le prouve très bien,
on est très axés
sur le sport d'élite,
mais un peu moins
sur le sport, disons,
pour tous.
D'ailleurs,
il faudrait un peu profiter
de cette vague moderne,
justement,
d'aimer le sport,
le bien-être,
et justement,
peut-être de réadapter
parce que c'est vrai
qu'on rentre très tôt le matin
et on ressort très tard
des études
et on n'a plus le temps
ni pour les devoirs,
ni pour les loisirs
et encore moins pour le sport.
Les Anglais et les Allemands
coupent la journée en deux.
Le matin,
les études,
parce que la concentration
est la plus forte,
les études théoriques
et l'après-midi,
sport,
sport collectif,
sport individuel,
pratique sportive.
Finalement,
ils ont compris
que le sport faisait du bien
à l'esprit.
Mais bien sûr.
C'est ça qu'on n'a toujours
pas compris en France.
Il n'y a pas une devise
d'ailleurs en latin
qui existe ?
Un esprit sain dans un corps.
Vous allez nous le dire
en latin,
évidemment.
Le latin et le grec
en sien,
j'ai un petit peu peur.
Cela dit,
c'est vrai que la grande victoire
de Pierre de Coubertin,
ça a été
les Jeux Olympiques d'Athènes
en 2004.
C'était en quelque sorte
lui qui avait fait
renaître les Jeux Olympiques
en 1896 à Athènes,
dans le vieux stade.
C'était symbolique à l'époque.
C'était très symbolique
et là,
il a été bien célébré.
Et 2024
marquerait également
un anniversaire
puisque Chamonix 1924
était les premiers Jeux d'hiver
organisés en France
dans la circonstance.
Ça serait vraiment bien
pour Paris.
Vous êtes dans le comité
de soutien
aux Jeux Olympiques
Paris 2024.
Oui.
Mais en me rendant compte
que la partie n'est pas gagnée.
Le challenge est très fort.
C'est un défi à relever.
Un défi sportif à relever.
C'est un joli défi.
C'est un beau défi
que tous ensemble,
on va peut-être relever.
En tout cas,
il faut être motivé
et il faut y croire.
Gagnons ensemble
Paris 2024.
Merci infiniment
Nelson,
d'avoir pris part
à cette course de fond
à travers
l'histoire patrimoniale
et le patrimoine du sport.
Je rappelle
que les perles
des journalistes sportifs,
c'est chez
Fortuna Éditions.
On peut retrouver
vos œuvres
et celles de
Philippe Candeloro.
Mais il y en a d'autres.
Il y a tous les entraîneurs.
Je vous institue
juste pour vous faire sourire.
C'est un coureur cycliste
qui gagne...
Vous savez,
c'est pas vrai.
Et pourtant,
si c'est vrai.
Un coureur cycliste
qui gagne une étape seule
détachée à l'Alpe d'Huez.
Formidable.
Les gens,
ils se viennent vers lui
et le lendemain,
il est au départ
et il fait la tête.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Appelons-le Nicolas.
Tiens, au hasard.
Appelons-le Nicolas.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Pourquoi tu fais la tête ?
Je n'avais pas vu
ce qu'il y a marqué.
Il dit non,
Nicolas l'emporte avec
Brio à l'Alpe d'Huez.
Et alors ?
C'est formidable.
Je ne l'ai pas remporté
avec Brio.
J'étais seul détaché.
Et ça,
c'est l'innocence.
Ce n'est plus possible
grâce à l'INSEP
où on forme les cerveaux
des sportifs
qui sauront
qui est Brio maintenant.
Très bien.
En tout cas,
merci beaucoup
Nelson Monfort.
Rendez-vous de même heure,
même chaîne,
pour une nouvelle exploration
de notre cher patrimoine
dans Visite privée.