Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q La peur des araignées : Un danger justifié ? - C'est pas sorcier [Intégrale]
Fred, Jamy et Sabine nous entraînent cette semaine à la découverte des araignées. Il y a 300 millions d'années, les araignées étaient déjà présentes sur Terre, avant les dinosaures. Elles ont survécu aux catastrophes naturelles et se sont adaptées à presque tous les environnements. On les trouve n'importe où, à l'Equateur comme aux pôles, sous les pierres, dans les angles des murs, les volets, dans les arbres, dans la terre, et même dans l'eau. On en compte plus de 36 000 espèces dans le monde, dont 1500 vivent en France. Pourquoi l'araignée est-elle plus proche du scorpion que de la fourmi ? Comment l'araignée fabrique-t-elle son fil de soie ? Comment fait-elle pour tisser une toile aussi régulière et solide ? Comment liquéfie-t-elle ses proies avant de les manger ? Sur le dos de leur mère ou par la voie des airs, comment les petites araignées quittent-elles leur nid ?
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Les araignées. Certains en ont la phobie, d'autres au contraire les collectionnent.
Savez-vous qu'en France, on peut trouver des migales ?
Mais connaissons-nous vraiment ces animaux étonnants ?
Pour les découvrir, Sabine va rencontrer un éleveur de migales.
Puis en Corse, elle ira rejoindre une équipe d'arachnologues qui traquent l'araignée dans tous les milieux.
Quant à Jamy, il a installé son mini-labo dans une vieille cave, à l'abri des regards et dans l'obscurité.
Ces endroits deviennent pour certaines araignées un véritable royaume.
Ces animaux fascinent à tel point que certains ont décidé d'en faire l'élevage.
De toutes les formes, de toutes les tailles, il existe près de 42 000 espèces d'araignées dans le monde.
Prédateurs féroces, leurs venins et leurs toiles sont sources d'inspiration pour les recherches scientifiques les plus pointues.
Depuis 40 ans, Robert a une passion, les araignées.
Ses préférées, les migales.
C'est chez lui qu'il les élève en banlieue parisienne.
60 animaux adultes issus de tous les continents et plusieurs centaines de petits remplissent ses terrariums.
Sous l'œil vigilant de Robert, Sabine apprend à les manipuler.
Tiens, allez à toi de jouer.
Voilà, et moi je suis là avec toi, je suis vigilant.
N'aie crainte, il ne se passera rien.
Vas-y, approche-toi, touche là, tu vas la faire réagir.
Elle va gripper ton bâton, surtout que ce n'est pas de mouvement brusque, tu la laisses faire.
Oh le croc !
Tu le sens ?
Ah oui, je le sens carrément, oui.
Comment c'est que tu les procures ces araignées ? Tu les achètes ?
Non. Soit c'est des bêtes qui viennent du pays dont elles sont origines, qui ont été capturées.
Soit ce sont des gens qui en ont en élevage déjà et qui vont te donner des jeunes.
D'accord.
Et ces jeunes-là, tu les fais grandir, grandir jusqu'à ce que ça te donne ces larmes.
Il n'y a pas de vente, il n'y a pas de commerce ?
Non. Nous on fait ça comme ça, on a une association qui s'appelle le groupe d'études des araignées,
où c'est une des bases.
D'accord. C'est du prélèvement et de l'échange, pas de commerce.
D'accord.
Pour détenir les animaux non domestiques et venimeux, il faut un certificat de capacité.
Pour passer le certificat de capacité, il y a deux parties. Il y a une partie théorique et une partie pratique.
Ensuite, tu passes devant ce qu'on appelle la commission des sites,
c'est-à-dire que ce sont les gens qui viennent voir si les terrariums sont sécurisés.
Sécurisés donc pour l'animal, sécurisés pour toi, sécurisés pour ton environnement.
Il y a deux livres que tu dois tenir à jour tout le temps.
Tout doit être inscrit et les services vétérinaires peuvent venir du jour au lendemain.
Donc tu peux être soumis à inspection.
Dans l'incroyable collection de Robert, il y a une migale qui l'affectionne particulièrement.
Elle est connue, c'est une Maitika, c'est une de celles qui ont tourné dans l'Indien dans la ville,
les grosses, grosses, grosses araignées, les Théraphosa blondi qui viennent de Guyane,
qui sont protégées maintenant parce que tout ce qui est faune guyanaise est strictement protégée.
Alors voilà, ça c'est une Théraphosa blondi, tu vois c'est une grosse, grosse migale.
C'est la plus grosse de ton élevage ?
Voilà, c'est la plus grosse.
Tu l'as depuis combien de temps celle-ci ?
Celle-là, elle doit friser les 17 ans.
Il y a des migales terricoles qui peuvent vivre jusqu'à 20, 25 ans.
Cette bête-là, quand on l'embête un peu trop, elle se met en garde.
Là, elle me dissuade, elle me dit il ne faut pas m'embêter.
Elle frappe, elle frappe plusieurs fois.
Si tu insistes, elle ne va pas se contenter de frapper.
Elle va agripper et essayer de mordre.
Elle est capable de monter sur le bâton, il faut être extrêmement vigilant.
Mécaniquement, elle peut très bien te blesser à un endroit
et puis elle peut quand même t'inoculer une bonne petite dose de venin.
Pas mal, mais c'est encore un peu faible pour savoir de quoi sont faites les araignées.
J'ai mieux à vous proposer.
Pas celle-là, celle-ci.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
D'abord, il faut savoir que les araignées appartiennent à la classe des arachnides.
Au même titre que les scorpions et les acariens.
Attention, ce ne sont pas des insectes.
Comme vous pouvez le constater, le corps des insectes est divisé en trois parties.
La tête, le thorax et l'abdomen.
Les insectes possèdent six pattes qui sont fixées au thorax.
Les araignées, quant à elles, ont un corps divisé en deux parties.
Le céphalo-thorax réunissant la tête et le thorax auquel est lié l'abdomen.
Le nombre de pattes varie également.
On va les compter.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8.
8 pattes et non pas 6.
Attention, il ne faut pas se tromper.
Les deux organes qui se trouvent au niveau de la tête, juste à côté des crochets,
ne servent pas à la locomotion.
Ce sont ce que l'on appelle des pédipalpes.
Ces organes permettent, entre autres, à l'araignée de manipuler ses proies.
Alors, qu'est-ce qui distingue les migales des autres araignées ?
Eh bien, leurs crochets.
Ceux des autres araignées pivotent latéralement,
alors que ceux des migales, comme ici, pivotent verticalement.
Et cela, quelle que soit leur taille.
Quand on fait un élevage d'araignées,
il faut également faire un élevage de petites bêtes pour les nourrir.
Ça grouille, comme on dit, ça grouille.
Elles ne mangent que des choses vivantes.
Voilà, ce sont des prédateurs, il faut de la nourriture vivante.
Donc ça, ce sont des blattes.
Alors, tu vas t'approcher et tu vas présenter la blatte.
Doucement, doucement, tu l'approches et elle va réagir, la migale.
Maintenant, tu la laisses faire.
Lâche, desserre la pince, enlève ta pince.
Et tu es tranquille. On referme le terrarium.
Tu as très bien maîtrisé la chose.
Tu vois, ça, c'est une des choses qu'on apprend à faire aux postulants au certificat de capacité.
Voilà.
Je suis en progrès, quand même ?
Tu es en progrès, c'est bien.
Je vais pouvoir commencer à monter ton certificat de capacité.
C'est bien.
Bien nourri et bien soigné, les araignées peuvent se reproduire en captivité.
Robert va présenter un mâle à cette belle femelle migale.
Séquence grand frisson.
Je vais ouvrir le terrarium de la femelle.
Ça, c'est un grand moment dans la vie d'un éleveur, non ?
Quand tu mets un mâle en présence d'une femelle.
Si tu veux, pour peu que tu aies eu les jeunes et que tu les aies fait grandir.
Tu vois, lui, il a au minimum trois ans de vie.
Ça peut être annihilé en 20 secondes.
Si elle l'attrape et qu'elle le croque, ça peut être foutu.
Alors lui, je vais le faire aller là-bas.
Je fais très attention, parce que c'est quand même très chaud, ces bêtes-là.
Donc, j'y vais doucement.
Voilà.
Je ne fais pas de gestes.
Voilà, il tremble.
Et il va tapoter avec ses pieds, il palpe.
Pour dire à la femelle, je suis un beau garçon.
Je ne suis pas une proie.
Voilà, elle répond au tapotement.
Elle a identifié un beau garçon pour elle.
Donc, je pense qu'elle va l'accepter.
Elle est d'accord.
Ça y est, il s'aventure.
Il la cherche, là, tu crois ?
Il cherche.
Il tente une approche.
Il va arriver à un contact.
Donc, si tout va bien, dans 2-3 heures, on aurait quelque chose.
Bon, monsieur, madame ?
On sera patients, une fois de plus.
On va attendre.
Je reviendrai plus tard.
Observez.
Et puis, je vous enverrai un faire-part, si jamais il y a des naissances.
Avec plaisir.
Pour le baptême.
Et dire que la plupart des mâles sont tués et dévorés par la femelle après l'accouplement.
Tu parles d'une vie.
Heureusement, la relève est assurée.
On a dénombré près de 42 000 espèces d'araignées dans le monde et plus de 1 600 en France.
Elles se cachent absolument partout.
C'est en Corse que Sabine part sur leurs traces pour rejoindre une équipe d'arachnologues français.
Ensemble, ils vont observer les araignées dans leur milieu naturel.
Au programme, capturer un maximum de spécimens dans la région qu'ils étudient.
Je viens d'attraper ma première araignée.
Le chef de mission, c'est lui, Alain Canard.
Il est accompagné de Christine Rollard du Muséum National d'Histoire Naturelle.
Alors Alain, pourquoi ce travail ?
Pourquoi inventorier, répertorier les araignées ?
Pour justement avoir une idée des espèces qui existent, de la colonisation de la Corse par rapport aux autres régions.
Et puis pour avoir une idée aussi de l'état du milieu.
Les araignées sont donc des bonnes indicatrices de la qualité du milieu.
Oui, parce que dans un milieu, on trouve une centaine d'espèces, par exemple,
qui vont faire plein de choses, qui vont avoir des toiles géométriques,
qui vont courir au sol, qui vont vivre le jour, vivre la nuit.
Donc c'est un reflet de tout l'ensemble et tout le fonctionnement du milieu.
Plus la diversité est grande, surtout en espèces peu communes, meilleur est le milieu.
Ah ben voilà, ça c'est une petite araignée.
Ça c'est des petites.
Et en plus, vertes, elles ont de superbes couleurs.
Et la moyenne pour les araignées sur les 42 000 espèces, c'est à peine 4-5 millimètres.
Sur les 42 000 espèces, c'est la moyenne 4-5 millimètres ?
Tout à fait.
Par rapport à des araignées, c'est tout petit, petit en général.
Elles ont des petites pattes, des petites soies, des petites couleurs.
Les araignées peuvent aussi vivre sous la terre.
Christine et Sabine viennent de découvrir le terrier du migal, une migale maçonne.
On va essayer de la sortir.
Visiblement, elle est juste derrière, parce que j'ai du mal.
Elle tient l'aupercule ?
Tu vois, elle a tiré l'aupercule.
Ah ben oui.
Mais attends, c'est elle qui a creusé ce terrier ?
Oui, bien sûr.
Et qui l'a tapissé ? Parce qu'on dirait qu'il y a quelque chose sur la paroi.
Regarde, la paroi, elle est complètement tapissée de soie.
Et donc, migale maçonne, parce qu'elle construit les parois de son terrier.
Elle creuse, tu vois, comme une taupe.
Elle vit à l'intérieur de ce terrier.
Quand tu dis qu'elle vit à l'intérieur, ça veut dire qu'elle y dort, elle y mange ?
Elle se reproduit dedans.
Elle sort jamais ?
Elle y pond.
Alors non, parce qu'en fait, quand on a essayé d'ouvrir, elle était juste derrière.
Et quand elle est en phase de recherche de nourriture,
elle se met juste avec le clapet légèrement ouvert.
Et tu vois, elle n'est pas de sortir.
Et là, elle est en chasse.
Est-ce que tu as une idée de la taille de la plus petite migale qui existe dans le monde ?
Non.
Un millimètre ?
Ah oui, et c'est une migale quand même.
C'est une migale.
Alors pour l'instant, tu vois, elle s'est vraiment mise au fond.
Elle s'accroche à la bandille.
Elle l'accroche, mon sang, elle l'accroche.
Je l'ai aperçue tout bref.
Elle l'accroche à la bandille.
Elle s'est bien accrochée.
Regarde.
J'ai l'impression que t'avais pas vu sur le coup qu'elle était accrochée.
Si, si, si, si.
Je sentais qu'elle était accrochée, tu vois, donc...
Oh là là !
Regarde la taille, tu vois ?
Voilà.
Non mais c'est quand même un bel animal.
Ah bah c'est un bel animal.
Elle est grosse, quoi.
Ah oui, oui, tout à fait.
Attends, je vais la remettre...
En voilà une autre qui a trouvé une technique originale
pour se tenir à l'abri derrière.
L'argironète.
Elle vit sous l'eau, dans une bulle d'air.
Alors régulièrement, comme elle le fait ici,
elle remonte à la surface,
elle sort à peine de l'eau,
puis elle replonge,
l'air reste accroché à ses poils,
elle redescend jusqu'à sa bulle,
y injecte l'air qu'elle a récupéré en surface,
et lorsque la bulle est suffisamment volumineuse,
eh bien, elle se glisse à l'intérieur
et attend tranquillement que ça se passe.
En fait, les araignées sont apparues
il y a en gros 400 millions d'années,
avant les dinosaures,
et elles ont colonisé tous les milieux,
depuis les cavernes jusqu'aux hautes montagnes.
Il semblerait qu'il n'y ait que la calotte glaciaire
sur laquelle elle n'ait pas mis les pieds.
Et elles peuvent parfois prendre des formes très étonnantes.
Tiens, voici une araignée crabe.
C'est une araignée caméléon.
Elle change de couleur en fonction du support
sur lequel elle se trouve.
Là, par exemple,
elle est en train de devenir jaune
pour se confondre avec le cœur de la marguerite
et surprendre plus facilement
les insectes qui viennent y butiner.
Une autre.
Une philodromus.
Cette araignée se confond avec le tronc des arbres
et peut ainsi chasser sans être vue.
C'est magnifique.
Allez, on va finir avec des têtes un peu plus connues.
L'araignée folk,
qui se blottit au plafond de toutes nos maisons.
Ou encore la tégénaire,
une araignée que l'on retrouve très souvent
au fond de nos baignoires
et qui, contrairement à une idée reçue,
ne vit pas dans les tuyauteries.
Vous voyez,
les araignées, il y en a vraiment partout.
Bon, Sabine, t'ouvres l'oeil.
Promis, Jamy.
Allez, à la chasse aux araignées.
Je viens d'attraper deux.
C'est un début.
Deux, pour un inventaire, ça fait pas beaucoup.
Ah, voilà.
Tiens.
Tous les spécimens trouvés
sont capturés dans des petits tubes
pour pouvoir être ensuite identifiés en laboratoire.
Les araignées sont partout.
Dans cette zone humide, regardez bien.
Christine et Sabine ont fait une belle prise.
On va la pousser dans la boîte.
C'est vrai que c'est impressionnant au niveau taille,
mais a priori, voilà, c'est pas...
Alors là, tu vois, il y a énormément de petits bébés.
Donc elle promène son cocon avec elle,
avec ses oeufs.
Et au moment de l'éclosion,
les bébés montent sur son dos.
Et là, elle se retrouve avec une grappe de bébés
sur le dos, comme ça.
Et c'est la maman taxi pendant quelques jours.
Ça, c'est une araignée qui est un peu célèbre,
on va dire,
parce que je pense que t'as déjà entendu parler
de la tarantule.
Tarantule.
Oui, j'ai déjà entendu parler de la tarantule.
Et donc voilà, c'est une énorme araignée,
une des plus grosses qu'on peut avoir.
Qu'on peut avoir en France et en Corse.
En France, en fait, et en Corse.
Et elle est présente aussi en Italie
parce qu'elle doit son nom à la ville de Taranto
où elle a été trouvée pour la première fois.
Elle est vraiment impressionnante.
Alors sur le dos, mais c'est terrible ce qui se passe.
La tarantule peut porter jusqu'à 200 bébés.
Quant aux autres araignées,
leur ponte peut varier de 1 à des milliers d'individus.
Le grand génie des araignées,
c'est évidemment leur capacité à fabriquer du fil,
qu'on appelle de la soie.
Seulement attention,
toutes les araignées fabriquent du fil,
mais toutes les araignées ne fabriquent pas des toiles
avec ce fil.
Elles font plein d'autres choses.
J'aimerais bien voir ça,
mais il faudrait pouvoir l'attraper.
Quand elles se laissent tomber,
en général, elles ont un fil derrière.
Toujours.
Elle remonte en l'occurrence.
Donc elles font ça.
On peut faire le yo-yo un petit peu.
Du coup, elles ont toujours ce fil derrière.
Elles se laissent tomber.
C'est un fil de rappel, un fil de sécurité.
Après, si elles ne tombent pas jusqu'en bas,
elles peuvent remonter le long de ce fil.
Tiens, tu veux essayer de jouer au yo-yo ?
Et voilà !
Tu vois ?
Et voilà, je l'ai récupéré.
Ce fil, elles l'ont toujours.
Et là, regarde.
Regarde comment elles remontent.
Elles pelotonnent en fait sa petite soie.
D'accord.
Donc en résumé,
elles peuvent faire des fils de sécurité.
Quoi d'autre encore ?
Elles peuvent, pour les femelles,
emmailloter aussi leurs oeufs.
Donc en fait, il y a aussi un cocon.
Et certaines filent pour des pièges.
Bien sûr.
Des toiles.
Mais pas exactement.
Mais pas toutes.
Bon.
On va essayer de trouver des pièges
pour comprendre tout ça.
Hop, hop, hop, où tu vas toi ?
C'est ça !
File !
La soie est produite par des petites glandes
qui se trouvent à l'intérieur de l'abdomen.
Il y a plusieurs foyers de production.
Alors au départ,
la soie se présente sous forme liquide
et elle s'écoule par des petits conduits
jusqu'aux filières.
Là aussi,
il y en a plusieurs de 2 à 6.
Tout dépend de l'espèce d'araignée.
Et ce n'est qu'une fois à l'air libre
que la soie va se durcir.
Les filaments,
qui sont évacués par des micro-cubes
au niveau de chaque filière,
sont alors assemblés par l'araignée
pour constituer un fil de soie
dont la composition varie
en fonction de l'usage que l'araignée en fait.
En effet,
l'araignée n'associe pas les mêmes filaments
suivant qu'elle pisse sa toile,
un cocon ou un fil de sécurité.
Et ce qui est génial, Jamy,
c'est que tous ces fils de soie,
qu'ils soient collants ou non,
présentent en plus des propriétés
plutôt extraordinaires,
des propriétés qu'on leur envie à ces petites araignées.
On aimerait bien les imiter.
Effectivement.
La soie d'araignée est extrêmement résistante,
plus résistante que l'acier ou le kevlar.
D'ailleurs,
les ingénieurs ont calculé
qu'un câble de 12 mm de diamètre
tissé à partir de soie d'araignée
serait capable de soutenir une charge de 15 tonnes,
autrement dit l'équivalent d'un bus.
Alors qu'à taille égale,
un câble d'acier ne peut soutenir
qu'une charge de 3 à 4 tonnes.
Et ce n'est pas tout.
Non seulement la soie est très résistante,
mais en plus,
elle est élastique.
Du coup,
d'autres ingénieurs ont imaginé
qu'on pourrait l'utiliser
pour fabriquer des ceintures de sécurité.
Des voiles de bateau,
des gilets pare-balles.
D'autres pensent même
qu'on pourrait l'utiliser en médecine
pour réaliser des sutures
ou pour reconstituer des tendons.
Sympa l'araignée !
L'ennui, c'est qu'aujourd'hui,
on ne sait pas produire de la soie d'araignée.
Quelques tentatives d'élevage
ont bien été faites par le passé,
mais sans succès.
Problème technique,
les araignées sont des animaux solitaires.
Dès qu'on les rassemble,
elles s'entretuent.
Et puis, ça coûte cher.
Il faut élever les araignées une par une
en sachant qu'au final,
une araignée produit assez peu de soie.
La voie génétique a aussi été suivie
et quelques laboratoires y travaillent d'ailleurs encore.
L'idée consiste à transférer sur un autre organisme
le gène qui permet à l'araignée
de produire la protéine
que l'on retrouve dans la soie.
Ce transfert a d'ailleurs été réalisé
sur des bactéries,
des plantes tabac
et aussi des chèvres
qui se sont mises à produire du lait
contenant cette protéine.
Un succès ?
Un demi-succès.
En effet,
quand bien même on a réussi à isoler cette protéine,
personne, jusqu'à présent,
n'est parvenu à tisser un fil
qui présente les mêmes caractéristiques
que celui de l'araignée.
Regarde là.
Tu la vois ?
Il y a une araignée à toile géométrique.
Donc là, il y a un pont.
Ah oui, d'accord.
Et donc l'araignée est juste au centre de la toile.
Tu peux éventuellement utiliser le bondisateur
pour voir un petit peu les gouttelettes
qui seront prises sur les fils,
comme avec la rosée.
D'accord.
Alors tu fais à doucement.
Voilà, c'est joli.
On peut toujours regarder un petit peu partout
si on voit quelque chose.
Tiens,
là,
il y a une toile en nappe.
Là, on voit la...
Ça fait en fait une nappe
comme un petit hamac,
enfin un dôme plutôt.
Et il y a tout un tas de fils enchevêtrés tout au-dessus
qui permettent de maintenir la structure.
L'avantage de ce type de toile en nappe
par rapport à une toile géométrique,
elle attrape le même type d'insectes
ou des insectes vraiment différents ?
Alors en fait,
une toile géométrique,
c'est plutôt la capture des insectes volants.
Et là, elle peut avoir des insectes volants
et des insectes qui sautent dedans.
D'accord.
Donc ils vont s'empêtrer effectivement
dans les fines suspenseurs en fait.
Donc elles vont construire en fait
des petites toiles quand elles sont petites.
Et au fur et à mesure,
elles vont grandir.
Quelquefois, c'est un peu plus bas dans la végétation.
Puis elles vont monter au fur et à mesure
dans la végétation en fait
pour faire ce piège.
Parce que c'est vraiment un piège
pour capturer des proies.
D'accord.
Une fois prises au piège,
les proies sont condamnées.
Et le supplice peut parfois durer très longtemps.
Regardez cette Argiope frelot,
une araignée qu'on rencontre sous nos latitudes.
Une sauterelle s'est prise dans sa toile.
Aussitôt, l'Argiope se précipite sur l'insecte
et commence par l'emmailloter
histoire de l'immobiliser.
Puis, elle la mord.
Pas pour la tuer, pour la paralyser.
De cette manière,
elle va pouvoir conserver sa nourriture plus longtemps
sans qu'elle ne se négrade.
Ici, on voit bien les crochets que l'araignée utilise
pour mordre ses proies et injecter son venin.
En revanche,
elle ne les utilise pas au moment de passer à table.
Elle n'a pas besoin de découper sa nourriture.
Elle enduit ses proies avec de la salive.
Une salive qui contient des enzymes très puissants
qui vont dégrader les tissus.
Ensuite, l'araignée n'a plus qu'à aspirer ses bouillies,
cette nourriture prédigérée.
Bon appétit !
Tout le monde a bien compris, Jamy,
les araignées sont des prédatrices.
Mais sont-elles dangereuses pour l'homme ?
Je vais t'en présenter une,
qui n'est quand même pas très sympathique, il faut avouer.
Elle s'appelle la Malminate, pour les Corses.
Une veuve noire pour les autres.
Méditerranéenne, puisqu'il y a plusieurs espèces.
Elle n'est pas sympa et elle a un nom pas sympa,
il y a des bonnes raisons.
Effectivement, ça fait partie des espèces
qui sont dangereuses pour nous.
Qu'est-ce qui se passe si son venin,
qu'est-ce qu'il a, comme il fait ?
Effectivement, quand on se fait mordre par une veuve noire,
ce qui est très rare,
on peut avoir de la tachycardie,
des contractions musculaires, des sueurs.
Il y a toute une symptomatologie médicale qui est connue,
mais il n'y a pas forcément de mort
à la suite d'une morsure de veuve noire.
En tout cas, pour les Malminates de Corse,
il n'y a jamais eu de cas mortels de signalés.
Est-ce qu'il a été signalé,
en Corse, en France, en Europe ou dans le monde,
des cas mortels, des cas de morsure mortels pour l'homme ?
On a un à cinq cas de mort par an dans le monde
pour les araignées qui sont répertoriés
et en particulier dues au groupe des veuves noires.
Donc, un à cinq cas de morsure mortel par an,
c'est beaucoup ou pas ?
Si on compare avec d'autres bestioles ?
Ce n'est pas énorme.
Si on compare par exemple avec les scorpions,
on a à peu près 1 500 à 3 000 morts par an dans le monde.
D'accord, donc il faut relativiser.
En conclusion, les araignées sont-elles dangereuses ou pas pour l'homme ?
Il y a un petit côté danger qu'il ne faut pas négliger pour certaines espèces,
mais l'animal venimeux n'est pas également dangereux pour l'homme.
Et effectivement, il y a très peu d'espèces
auxquelles on est sensible par rapport au venin.
Quatre groupes d'araignées présentent un danger potentiel pour l'homme.
Les veuves noires, les loxoxels,
deux types d'araignées qu'on peut rencontrer sous nos latitudes,
les araignées bananes qui, comme leur nom l'indique,
ont élu domicile sous les tropiques,
et enfin l'atrax robustus, une mygale qui vit en Australie.
Cela dit, ces araignées sécrètent un venin neurotoxique
qui représente une piste intéressante
pour la mise au point de nouveaux médicaments
destinés à lutter contre la douleur.
En effet, certaines molécules contenues dans ces venins,
des molécules qui ont été isolées,
permettent de bloquer le fonctionnement des neurones de la douleur.
J'explique.
Quand un organe souffre,
un signal remonte le long des neurones
pour apporter l'information au cerveau.
Et c'est ce signal qui déclenche la sensation de douleur.
Eh bien, les fameuses molécules en question
qui sont contenues dans les venins
sont capables de venir se fixer sur les neurones
pour bloquer la remontée de l'information.
Le cerveau n'étant plus informé,
le patient ne peut plus ressentir la douleur.
Les chercheurs pensent que ces venins sont également très utiles
pour la mise au point de nouveaux médicaments
destinés à lutter contre le diabète et les cancers.
Alors Sabine, au final, laquelle tu préfères ?
Mon araignée préférée, Jamy, ce serait l'araignée du soir.
C'est sans espoir.