Après avoir expliqué le contexte, c'est-à-dire : - les Carolingiens : https://youtu.be/UAt1_i_ohgM - les Vikings et Paris : https://youtu.be/89wewUAtb70 , on parle enfin du siège de 885 ! Et ça défouraille ! (un épisode avec de vrais bouts de Youtubeurs dedans)
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Un TRES GRAND MERCI à Ben de la chaîne "Histoire à la carte", Jen de la chaîne "Boneless archéologie", Mao de la chaîne "l'Histoire trouve toujours un chemin", Niels de la chaîne "D-Mystif", Quentin de la chaîne "Sur le Champ" et Simon de la chaîne "Le Phare à On" pour leur participation ! (vous retrouverez l'adresse de leurs chaînes un peu plus bas dans la description, allez les découvrir, ils le méritent !!!)
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Bibliographie utilisée : M. KAPLAN, C. PICARD, M. ZIMMERMANN, Le Moyen-Âge IVe-Xe siècle, Bréal, 2001 ; M. BALARD, J.-PH. GENET, M.ROUCHE, Des Barbares à la Renaissance, Hachette, 1973 ; B. DUMEZIL, Des Gaulois aux Carolingiens (du Ier au IXe siècle), PUF, 2013 ; J. HEUCLIN, Les Carolingiens, Ellipses ; 2018 ; R. BOYER, Les Vikings, Perrin, 2002, édition de 2004 ; R. BOYER, Les Vikings, Histoire, mythes, dictionnaire, édition Robert Laffont, 2008 ; J. RENAUD (trad.), Saga de Ragnarr aux Braies velus, suivie du Dits des Fils de Ragnarr et du Chant de Kráka, éditions Anacharsis, 2005 ; S. SOCHON, Alerte, Drakkars sur la Seine !, Charles Corlet éditions, 1994, édition numérique de 2016 ; J. DELACROIX, Le siège de Paris par les Vikings, Histoire et images médiévales n°53, décembre 2014 ; ABBON, Siège de Paris par les Normands, trad. par F. Guizot, in Collection des Mémoires relatifs à l’Histoire de France Vol. V, Paris, 1835 ; D. Nicole & W. Reynolds, Carolingian cavalryman ad 768-987, Osprey publishing, 2005 ; J. BROSSARD, Les destinées de la Neustrie du IXe au XIe siècle, in Cahiers de civilisation Médiévale, pp.15-28, 1968.
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Sites Internet utilisés : remacle.org paris-atlas-historique.fr
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Le siège de Paris nous est rapporté en latin par Abon, un moine qui vécut le siège justement
et qui plus tard se retrouvera au service du comte Eudes. Si vous voulez lire ce texte fort
instructif et bien je vous ai mis un petit lien dans la description de la vidéo qui vous ravira
certainement. Le 24 novembre 885 apparaît sous les yeux médusés des parisiens une flotte danoise
de 700 navires menés par un certain Siegfried. Ces danois vont investir l'église Saint-Germain-l'Auxerrois
et en faire leur quartier général. Puis à l'aube le lendemain Siegfried est reçu par l'évêque
Goselin et le comte Eudes dans le palais épiscopal. Le normand demande libre passage des ponts sur la
Seine pour remonter jusqu'en Bourgogne où ses troupes souhaitent passer l'hiver. Si on le lui
refuse il menace carrément de réduire la ville en cendres et ce dès le lever du jour. Et que font
Eudes et Goselin ? Eh ben ils refusent. Ah ben ils ont pas peur les mecs. Comme promis au première
lueur du jour les vikings attaquent la ville plus précisément la tour qui sur la rive droite garde
l'entrée du grand pont fortifié. Le combat dure toute la journée éprouvant fortement les hommes
et les fortifications. Au crépuscule les combats cessent enfin. L'évêque Goselin profite de la nuit
pour faire retaper la tour et la rehausser par l'ajout d'ouvrages en bois. L'assaut reprend à
l'aube. Les vikings attaquent toujours cette même tour la criblant de projectiles. Ils tentent même
de combler les fossés qui l'entourent. Deux catapultes sont disposés sur le pont et projettent
des pierres sur les vikings. Mais bientôt une brèche s'ouvre dans la défense et le combat au
corps à corps s'engage. Le comte Eudes et l'abbé Ebles se battent comme des lions pour repousser
les danois. L'abbé transperce même sept ennemis d'un coup avec un seul jablot. Enfin d'après les
dires du moins nabons, moi personnellement je trouve que ça fait un peu beaucoup quand même.
Surtout pour un abbé. Donc oui dans ce cas là je pense qu'on peut parler d'une abbération.
C'est non. Ah non ça va pas le faire là, tu sors. Excusez-moi. Nota bene, pardonne-lui,
il ne sait pas ce qu'il dit. Les danois ramassent alors de l'herbe sèche et du bois pour y mettre
le feu. La tour disparaît derrière une épaisse fumée et pendant une heure elle demeure totalement
invisible. Mais soudain le vent change de direction et repousse le brasier vers les assaillants. De la
ville surgissent deux portes en seigne qui brandissent au sommet de la tour deux étendards
safrans signifiant que celle-ci est toujours debout. L'ennemi, épouvanté selon Abon, décide de se
retirer. Même si j'ai du mal à comprendre comment deux bouts de tissus peuvent effrayer quelqu'un.
Ces deux jours de combat se soldent par de nombreux morts et blessés dans chaque camp.
Siegfried comprend qu'il ne prendra pas facilement la ville. Il s'apprête donc à mener un siège.
L'hiver est là. Pour commencer Siegfried décide de fortifier son QG, c'est-à-dire l'église
Saint-Germain-l'Oxervoir qui s'appelait alors Saint-Germain-le-Rond. Il décide de l'entourer
d'une palissade de bois et d'un fossé défensif. Les vikings construisent des engins de siège comme
des béliers par exemple. Fidèles à leurs habitudes touristiques, ils pillent la région,
font prisonniers femmes et enfants, s'emparent des richesses et des troupeaux et transforment
l'église en étable. Bah quoi ? Vous mettez bien des crèches devant vos églises avec des fausses
bestioles dedans ? Bah nous on en met des vraies, on fait sa grandeur nature, une belle étable c'est
notre église. Il ne manque plus que les parents et les petits gamins là. De leur côté les francs
en profitent pour retaper leur fortification et installent sur le pont fortifié d'autres
catapultes et des mangonneaux. Le 31 janvier 886, Siegfrieder lance l'assaut. Il divise son armée
en trois corps. Le premier corps va attaquer directement la tour fortifiée. Les deux autres,
sur des bateaux, vont attaquer le pont. Selon Abon, les assaillants étaient si nombreux que la terre
était cachée par leur bouclier. Une partie des vikings lance des boules de plomb et des flèches
sur les francs. L'autre partie, protégée par des tortues, arrive tranquillement vers la tour.
Et là il décide de combler les fossés en utilisant de la terre, de l'herbe, du bétail qui avait été
abattu ainsi que des corps humains. De quoi ? Ouais les corps humains en fait c'était les
prisonniers qu'ils avaient égorgés au préalable. Ah cool ! Une fois que les fossés sont comblés,
et bien là les béliers vikings peuvent s'activer contre la tour. Dans la cité, les froids règnent,
les trompettes résonnent, les cloches sonnent le glas. Les cloches sonnent quoi ? Le glas.
T'as compris quoi là ? Une intense agitation saisit les combattants. Les armes s'entrechoquent
entre les cris et les râles des blessés, tandis que les normands frappent leurs boucliers de leurs
épées. De leur côté, le comte et l'évêque appellent les hommes à résister. Les combats
durent trois jours. Les francs et les fortifications tiennent bon, et Siegfried commence un peu à
s'énerver. Il décide alors de faire aller trois bateaux ensemble sur la Seine, de découvrir d'herbes
sèches et d'y mettre le feu. Horrifiés, les francs voient les bateaux enflammés dériver
vers le pont. De leur côté, les danois exultent. Ils frappent de plus en plus fort leurs armes sur
leurs boucliers et leurs cris s'intensifient. Impuissants, les parisiens se mettent à genoux et
prient Germain et Geneviève. Qui ça ? Les saints patrons de la cité. Y'a pas deux mecs qui s'appelaient
Germain et Geneviève. Ah oui, parce que là je comprenais plus. Y'a un mec qui s'appelle Geneviève.
Et là, le miracle selon le moins nabon se produit. En fait, avec le courant, les trois bateaux se
sont bloqués contre l'éperon d'une culée du pont. Sans pour autant endommager le pont. C'est à dire
que les bateaux continuent de brûler et le pont ne brûle pas. Il est tranquille, il n'y a pas de
soucis. Du coup, les parisiens en profitent pour tout simplement éteindre le feu sur les bateaux.
Ce qui réduit le projet de Siegfried à néant. Ouais, on peut dire qu'ils ont eu une sacrée
événement sur ce coup là quand même. Mais pas du tout jeune païen. Ce sont les forces combinées de
Saint-Germain et de Sainte-Geneviève qui... Non, pas encore ! Seigneur, Dieu...
Le soleil se couche. Les normands restent dans la plaine, empêchant les francs de reconstruire
leur fortification. Mais le lendemain, les vikings se retirent. Ils laissent la ville tranquille,
puis la région, notamment l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et vont même aller faire
quelques expéditions jusqu'à Troyes et à Reims, en Champagne, pour y faire quelques rapides.
Et certainement pour picoler au passage. Mais voilà, Saint-Germain et Sainte-Geneviève sont
des saints patrons à mi-temps. Ils ne sont pas toujours là pour protéger la ville. Car pendant
la nuit du 6 février 886, le petit pont qui reliait l'île de la cité à la rive gauche est
emporté par la Seine qui est encrue. Du coup, la tour sur la rive gauche se retrouve isolée,
avec en son sein douze gardes, douze personnes dont on a encore les noms. Hermanfroi, Hervé,
Erlan, Wacre, Hervy, Arnoux, Jobert, Guy, Ardre, Émar, Gossouin et Seuil. Oui, il y en a un qui
s'appelle Seuil. Seuil, ah c'est pas de pot. Je dirais même c'est pas de porte. Le pas de porte,
le seuil. C'est ça. Les francs tentent en vain de rétablir le passage jusqu'à la tour. Mais
Siegfried et ses hommes en profitent. Ils traversent le fleuve direction la tour et
l'encerclent. Ils lacablent de flèches, flèches auxquelles les gardes francs de la tour répondent
par des jets de pierre. Puis les vikings apportent un chariot devant la porte de cette tour qu'ils
remplissent d'herbes sèches et de broussailles et y mettent le feu. Et là vous commencez à
comprendre que les vikings aiment bien faire brûler de l'herbe. Impuissants, les parisiens
voient le feu atteindre la tour qui disparaît derrière une épaisse fumée. Le feu investit
même totalement l'édifice. Et juste avant que celui-ci ne s'effondre, les douze guerriers
francs parviennent à s'en extraire et se replient sur l'extrémité restante du pont. Exactement
comme dans un film hollywoodien. Paré. Acculé. Quoi ? J'ai dit acculé. Ah ok. Acculé donc, les douze
guerriers combattent à l'épée. Ils frappent de taille et d'estoc. Ils résistent vaillamment et
tuent même plusieurs de leurs ennemis. Devant leur ténacité, les normands leur proposent de
se rendre. Épuisés, les douze guerriers acceptent, pensant pouvoir sauver leur vie et être rachetés
pour une forte rançon. Et les danois les tuent. Mais comme le dira l'un de vos politiciens, les
promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Les vikings dépouillent leur corps, ils prennent
leurs armes et leurs bijoux et jettent les cadavres dans la Seine avant de détruire la tour. Les
danois exultent, les parisiens pleurent leurs douze bras. La ville est totalement isolée car
nul dans l'empire carolingien ne semble s'émouvoir de sa triste destinée.