Un déjeuner partagé avec Sandra Marsaud, députée Ensemble pour la République de Charente pour parler du Cognac. Depuis le 11 octobre, en guise de rétorsion aux taxes de l'Union européennes sur les voitures électriques chinoises, Pékin a décidé de taxer les eaux de vie charentaises de 35 % en moyennes - pour l'instant, il s'agit juste d'une caution à verser - mais les conséquences se font déjà sentir pour les producteurs charentais. Au menu également: l'épidémie de tuberculose bovine qui menace nos élevages.
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Générique
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue
dans "Politiques : à table !".
On enfile une toque, un tablier et comme chaque semaine
on va faire rissoler ensemble l'actualité politique
et gastronomique
pour vous servir
une information claire sur la production,
la transformation et l'alimentation, aujourd'hui, en France.
A notre table nous accueillons Sandra Marsaud.
Bonjour.
-Bonjour.
-Bonjour, Jean-Pierre.
-Bonjour.
vous êtes députée de la deuxième circonscription
de Charente.
Vous êtes tombée dans la marmite de la politique
dès 2014 où vous êtes élue
conseillère municipale de la ville de Saint-Même-les-Carrières.
En 2016, vous vous mettez en marche,
comme vous dites, et dans le sillage de la première élection
d'Emmanuel Macron en 2017, vous gagnez votre place
dans l'hémicycle. Aujourd'hui, réélue
sous la bannière Ensemble pour la République,
vous êtes secrétaire de la Commission
des affaires économiques, ici, à l'Assemblée nationale,
Rapporteuse pour avis du projet de loi portant mesure d'urgence
pour la protection du pouvoir d'achat,
vous êtes une observatrice attentive de l'évolution
de la consommation des ménages.
Vous défendez les producteurs de cognac, fleuron
gastronomique et poumon économique de votre circonscription
qui fait de votre territoire une marque mondiale, aujourd'hui,
victime d'un chantage de la Chine.
Et il en sera bien évidemment question
dans cette émission. Mais juste avant, je vous laisse
présenter le menu.
-Eh bien, Valérie, un hachis parmentier
au confit de canard et en dessert,
un gâteau à la citrouille
et aux pommes.
-Dans "Le dessous des plats", voiture électrique chinoise
contre cognac. Qui va gagner la guerre des taxes entre l'Europe
et la Chine ? Explication à suivre.
Dans "Les pieds dans le plat", gros plan sur l'épidémie
de tuberculose bovine qui menace nos élevages.
L'abattage systématique est-il la solution ?
Réponse dans un instant.
-Voilà pour le menu. Maintenant,
on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit
avec "Cuisine et confidences".
Jingle
-Sandra Marsaud, comme vous êtes
engagée dans ce bras de fer dont Valérie vient de parler
avec les Chinois pour sauver les exportations
de votre monument,
le cognac, je me suis dit que vous alliez sûrement profiter
de cette occasion pour faire honneur à l'incommensurable
cuisine chinoise,
l'une des plus réputées au monde, histoire de vanter
ce savoir-faire, de montrer
votre passion pour ce répertoire culinaire infini. Et oui,
l'art de la diplomatie passe souvent par la table.
J'ai ensuite entendu dire qu'il serait question de canard.
Mais oui, bien sûr, les Chinois
le vénèrent, le canard en cuisine.
Cela n'a fait que conforter mes premières intuitions,
persuadé que nous étions donc partis
pour déguster avec Valérie le must
de la gastronomie pékinoise,
un canard laqué, divin. Je vous entendais
déjà vous extasier en dégustant
ces petits morceaux de peau
croustillante roulés dans de fines crêpes
de farine de riz. Une façon gourmande, intelligente
d'amadouer vos partenaires chinois. Bien vu.
Mais pas du tout, en fait. Car vous avez
choisi un parmentier de canard. Aïe !
Alors là, tout se complique. Voilà notre canard
adulé en Chine, préparé d'une toute autre façon,
confit, effiloché, haché, puis mélangé
avec de la vulgaire purée. Vu de Pékin, c'est
un massacre. Parfait pour vous mettre un périgourdin dans la poche,
mais un Chinois, moins sûr,
c'est même un coup plutôt à les vexer.
Que s'est-il passé ? Vos racines du Périgord
seraient-elles alors si fortes au point de tout sacrifier
pour vous régaler
d'un confit ?
-Oui.
-Merci pour le cognac.
-Expliquez-nous,
pourquoi ce choix ?
Merci, d'abord, je suis très heureuse d'être
avec vous et merci de me permettre de parler
de mes passions, mes racines, la cuisine.
Oui, là c'est le clin d'oeil au Périgord qui est
mon lieu de naissance et j'ai encore bien sûr
une grande partie de ma famille, ma mère aussi du coup,
qui relève aussi les traditions
culinaires de la famille.
-Alors on va le goûter peut-être ce hachis parmentier ?
-Les spécialités
du Périgord, évidemment, c'est
beaucoup autour du canard, il y a le foie gras, alors même
si au départ le foie gras ultime,
suprême, c'est le foie gras d'oie, et qui est très difficile
en termes d'élevage à pratiquer, c'est
très difficile à élever les oies, beaucoup plus que les canards.
-Et plus clivant, quand on sait
que tout est politique, demandez du foie gras,
vous risquez... -Oui, en tous les cas,
autour du canard, il y a le foie gras,
mais il y a aussi le confit
qui est très traditionnel
dans le sud-ouest.
mais vraiment, on a envie de savoir ce que vous en pensez.
Il est bien préparé ? Il vous rappelle
celui que vous préparez peut-être vous-même ?
Dites-nous ce que vous en pensez.
parce qu'elle adore ça.
-C'est très bon.
-Il est bon ? Il est comme chez vous ?
-C'est de la vraie purée, c'est top.
Donc ça, c'est tout à fait ce qu'il faut,
effectivement. Et donc,
c'est vrai que c'était le clin d'oeil,
effectivement, à mon territoire d'origine,
mais qui jouxte la Charente.
On va dire que j'ai partagé ma vie perso et pro.
Je dis souvent que je suis un pur produit
du sud-ouest et c'est une fierté.
Je suis née en Dordogne et j'ai vécu,
j'ai fait mes études et j'ai commencé à bosser en Gironde.
Et j'ai atterri il y a quelques années,
un petit peu moins de 15 ans, en Charente.
Et c'est vrai que le Périgord,
c'est symbolisé beaucoup par le canard.
Mais il y a la noix, il y a la fraise, il y a plein de choses.
Et donc, c'est vrai que dans la famille,
on a tous eu des traditions,
comme dans beaucoup de zones rurales,
en réalité, mais moi, j'ai été élevée
de manière assez populaire où on cuisine chez soi,
parce que c'est moins cher.
-Bien sûr. -On faisait
des confits de canards chez vous ?
-Le confit... Alors, certains le faisaient.
On fait le cochon, on fait le canard.
Ca dépend des périodes de l'année.
Mais c'était mes oncles et tantes depuis...
Voilà, ça se perd peut-être, effectivement, un petit peu,
mais au fin fond de la Dordogne, y compris de la Charente,
il y a encore des pratiques de faire ses conserves
pour l'année. Moi, j'ai été élevée là-dedans.
-Vous le cuisinez vous-même,
ce hachis parmentier ?
ce que je cuisine le plus.
C'est vrai que depuis sept ans que je suis élue,
ce n'est pas évident.
Mais ce que j'aime bien en priorité, c'est quand j'arrive le soir,
en fin de semaine, chez moi...
Ce que j'aime bien, c'est me mettre à la cuisine
et cuisiner. Même si c'est simple, j'aime bien le faire.
C'est un moment de détente. Et puis, c'est un peu
les plats de bonne femme, les plats de grand-mère.
-Ca, c'est pratique à faire parce que vous pouvez le faire
le dimanche, quand vous avez du temps.
Et c'est meilleur un peu réchauffé.
Vous le mettez au four, vous pouvez le manger jusqu'au jeudi.
C'est pas mal. C'est comme les lasagnes.
C'est très bon. Il est très bon, celui-ci.
-Oui, comment vous le trouvez ?
-Très bon. Bravo au chef.
-Et la purée, vous êtes experte.
-C'est de la vraie purée, c'est légèrement croustillant,
c'est bon.
C'est très bien.
-Est-ce que ça vous arrive d'aller
chercher vous-même votre canard directement chez le producteur ?
-Alors là,
en Charente, c'est pas forcément le canard
que je vais aller chercher, c'est la poule de Barbezieux,
qui est une spécialité locale aussi.
-Bien sûr.
Mais on a la chance d'avoir
des petits marchés locaux encore assez...
qui maillent le territoire.
Et juste à côté de chez moi, le vendredi après-midi,
le samedi matin, notamment le vendredi après-midi,
il y a un marché des producteurs dans une ferme
qui produit des légumes, du melon.
Et ils reçoivent les producteurs un peu de tout le secteur.
Donc, on peut acheter du poulet, plein de choses, du canard.
-Et quels sont
vos plats signatures ? Si on vient chez vous
avec Valérie, on aura droit
à quoi ? Qu'est-ce qu'on va manger ?
-D'abord
avec ce que j'ai dans le frigo
ça j'ai appris à cuisiner comme ça.
-La cuisine des restes mais ça c'est pas très flatteur.
-Ca peut l'être et c'est une habitude.
Moi, ce que j'aime bien c'est la période, là on en sort,
malheureusement, mais c'est la période estivale.
C'est avec les petits farcis avec les légumes farcis.
-Ca c'est un peu niçois pourtant on le fait aussi dans le sud-ouest ?
-Oui, bien sûr.
De toute façon tout ce qui est bon en France on aime bien le cuisiner
et puis c'est des plats encore une fois assez faciles
à faire.
un peu sur le canard, parce que c'est quand même
le principe de ce plat aussi,
comment vous regardez-vous ces élevages de canards, notamment,
qui sont visés par, je pense, à l'association L214,
mais d'autres aussi, sur le gavage,
sur l'exploitation des canards ? Quelle est
votre position là-dessus ? Vous dites que c'est...
la préhistoire,
on ne peut plus aujourd'hui faire souffrir
les animaux comme ça ?
Est-ce que pour avoir un bon foie gras,
c'est malheureusement la seule solution ?
Comment vous regardez les choses ?
-C'est assez compliqué. Moi, j'ai été élevée dans une ferme.
Ma nounou
gavait des oies et des canards.
Donc, c'est un peu difficile pour moi.
Parce que moi, je l'ai vécu de l'intérieur.
Donc, j'ai vu des gens qui étaient amoureux
de leur production. J'allais aux champignons avec eux.
J'étais au gavage.
Il y avait les lapins. J'en avais toujours un
dans mon sac.
Moi, j'ai été élevée vraiment à la campagne,
donc je ne peux pas avoir un regard uniquement critique
ou en tous les cas avec un seul prisme.
-Mais vous pouvez l'entendre ?
et d'ailleurs, quand on est élu,
on doit avoir un regard à 360 degrés, comme on dit, sur les choses.
Donc oui, je peux comprendre,
mais je me dis souvent qu'il y a des batailles....
Certains qui se révèlent peut-être
avec des batailles d'une vie,
je peux l'entendre, mais peut-être
qu'ils ne connaissent pas vraiment la vie de ces producteurs,
ce qu'ils font.
Voilà, j'ai beaucoup de mal à critiquer en réalité.
-Mais vous avez conscience, et je rebondis,
qu'il y a un mal-être pour ces bêtes et qu'aujourd'hui,
on le supporte de moins en moins ? On peut aussi
faire un gavage naturel, il y a des foie gras naturels.
-Oui, en Espagne.
-Oui, tout à fait.
-C'est peut-être un peu moins bon...
-Bien sûr.
on n'a pas ces images un peu dures.
-Pas sûr que ça soit moins bon.
Non, non, mais je comprends.
Ma lettre, oui, on parle de bientraitance.
-Oui, oui.
-Parce que ça reste des animaux, même si j'adore les animaux,
évidemment. J'ai été élevée aussi avec eux.
Mais non, non, moi, j'ai du mal vraiment à critiquer.
Je soutiens les producteurs
parce que la plupart, ils font bien leur job. Et évidemment,
quand on va mettre un focus, à un moment donné,
dans un abattoir aussi, c'est terrible.
J'ai du mal à voir les images. oevidemment que ça me touche,
ça sert à ça. Mais c'est vrai qu'on va faire un focus
parce qu'il y a une erreur à un moment donné, peut-être,
ou une incompréhension aussi.
Je pense à tous ceux qui bossent dans les abattoirs.
-Oui.
-Oui, bien sûr.
Et je respecte, en fait, ça aussi. Je respecte
l'humain aussi, derrière.
Et justement, dans le Sud Charente, à Palio, je les salue,
ils ont eu plein de soucis. Il y a un abattoir
d'abattage de volailles et qui traite les canards
de réforme. Et donc c'est ceux qui sont les parents
des canards pour après faire les foie gras.
C'est ceux qui servent à faire les confits, en fait.
Donc je connais ces gens, je connais leur métier,
la difficulté, et je respecte ça aussi.
Et tout le monde, évidemment, même la majorité,
ne font pas mal leur job.
C'est d'abord ça que je dirais,
en tant qu'élue.
l'interdiction du foie gras
en France, comme c'est le cas dans des villes, New York,
dans des pays, on ne consomme plus, on ne peut plus vendre
du foie gras. Est-ce que vous seriez pour ou contre
l'interdiction ?
Je suis contre.
goûté...
On est en pleine période budgétaire,
il y a plein de choses
à dire, mais les contraintes, c'est ce qui nous bouffe.
Et pour faire comprendre comment
fonctionne un écosystème, on peut en parler pour le cognac,
la contrainte, ça n'est pas bon
pour faire entendre d'une personne extérieure à un sujet,
un écosystème,
à une géographie très spécifique, une production,
ça n'est pas bon.
-Est-ce que vous avez déjà goûté le faux gras ?
C'est-à-dire le foie gras végan. Non ?
Ah...
-Et vous ?
-Oui.
-J'en ai même fabriqué. C'est pas mal.
-On ne peut pas dire foie gras végan,
puisque ça n'en est pas.
Ca s'appelle du faux gras. L'appellation,
c'est faux gras végan,
du pois chiche, des noix...
C'est pas mal du tout. C'est assez ressemblant,
c'est surtout ça qui est...
-On avait pas mal de collègues qui étaient aussi...
-Vous n'en avez jamais goûté du faux gras ?
-Non, mais en fait, vu que moi, j'aime...
-Que le vrai gras.
Non, pas du tout, c'est ce que j'allais dire.
Je suis une femme aussi de légumes, je cuisine beaucoup les légumes.
Mais je suis plutôt pour dire, moi j'aime tout.
Dans la cuisine d'ailleurs végétarienne,
il y a une façon d'assaisonner, des épices
qui sont extraordinaires
et qu'il faut s'approprier. C'est pour ça
que moi j'aime tout. Je voulais citer, par exemple,
Frédéric Descrozaille, un de mes ex-collègues,
et puis d'autres aussi, Pascal Lavergne,
qui avaient lutté avec des amendements
sur l'idée de dire "steak végétal".
Ce n'est pas du steak. Donc non, il faut le dire autrement.
Parce que ça oppose en fait les manières de manger.
-Ca a été à nouveau
autorisé.
-Oui, bien sûr. Parce que
c'est difficile à interdire.
c'était que c'était intéressant... Quand on fait
un produit végétal, on ne sait pas bien...
C'est plus pour la forme, en fait,
plutôt que pour l'aspect. Si vous avez une saucisse végétale,
vous dites : Si c'est une saucisse,
je peux la faire en barbecue, je peux la couper en morceaux..."
-Oui, mais le goût...
Mais c'est plutôt pour l'usage qu'on garde
ce vocabulaire.
-C'est très militant.
C'est plutôt très militant. Et bon...
-Vous nous avez apporté...
Vous nous avez apporté...
du ou des grillons, comme on dit ?
-Alors, le pot, c'est des grillons.
Ca, c'est des grillons charentais.
-Des grillons charentais.
Qu'est-ce que c'est ? De la rillette ?
-C'est un peu plus épais
que la rillette. C'est avec des morceaux de porc dedans.
En plus, là, c'est des grillons qui ont été primés.
Donc, c'est un petit village à côté de mon village à moi,
à Lignières-Sonneville. On les salue.
-On les salue, bien sûr.
-Voilà, ils ont été champions
en grillons charentais. Et à côté, c'est du gros grillon.
-D'accord.
Et en fait, tout ça cuit ensemble.
-Comment ça, il y a plusieurs abats ? Expliquez-nous.
-Il peut y avoir de la rate,
du rognon.
avant de...
J'ai plus envie. Je vais goûter quand même.
-Ca, c'est le morceau du travers de porc, ça.
-Ok.
c'est excellent. On le mange en morceaux pas mal
à l'apéro, à l'apéritif,
ou en entrée, mais...
-C'est coupé un peu gros. Et maintenant
qu'on mange les grillons, les insectes,
ça ne fait pas confusion ?
"J'ai des grillons à l'apéro",
parce que c'est très tendance.
ou les grattons de canard en Dordogne.
Et moi, j'adore le parallèle. Ca fait très Charente-Périgord.
Et ça, c'est
mes deux territoires d'amour, on va dire,
et d'affection en tous les cas.
Et le grillon charentais, c'est cuit pendant des heures
dans des marmites ou dans des bassines
en cuivre à la base, au feu.
Et en fait, tout ça est confit
avec toute une recette, des épices, aussi,
très particulières. Chacun a sa recette.
-Oui, parce que là, on sent quoi ? C'est poivré,
il y a de l'ail, peut-être, aussi, un peu ?
-Il y a plein de choses. De l'échalote,
de l'oignon aussi, mais ça confit pendant énormément de temps.
Et en même temps qu'on fait ce grillon avec ces petits...
Comme c'est
émietté était dans le parmentier,
on fait cuire des abats, les abats du porc,
qui sont confits pendant des heures,
Et après, on les sort, on les égoutte
et ils sont vendus séparément.
-Et c'est pour ça que le gros grillon
a cuit avec le grillon.
Et effectivement, je vous avoue, il y a de la rate, des rognons...
-Ca ne se sent pas trop fort.
Donc on aime ou on n'aime pas,
mais coupé en petites lamelles à l'apéro,
donc avec un vin de pays charentais
ou un cognac tonique...
-Oui, on va goûter après le vin.
-Une seconde, Valérie, pour sortir
un peu de ce terroir. J'ai une question sans malice aucune.
Vous aimez la cuisine chinoise ?
-Mais j'adore !
Et j'aime bien cuisiner asiatique.
-Oui ?
-Qu'est-ce que vous faites comme recette chinoise ?
-Alors, chinoise, précisément...
-Asiatique au sens large.
en fait, ils ont une façon de faire les soupes qui est extraordinaire.
Voilà, puis les épices
qu'on achète. Moi, j'ai vécu à Bordeaux, pas loin
d'un supermarché asiatique où il y a des épices...
Il y a des étals d'épices.
-Maintenant, même en province, on trouve des produits,
des herbes.
-Non, mais avant,
ce n'est pas du tout péjoratif.
-En région, alors pardon.
Il rit
On trouvait les produits exotiques qu'à Paris, hélas.
Heureusement, aujourd'hui,
on en trouve partout en région.
-Ma vie bordelaise m'a ouvert les champs aussi beaucoup
de cette culture culinaire.
Parce que c'est quand même une grande ville.
-Pour revenir
sur le hachis parmentier, où est-ce qu'on en mange
à Paris ? Vous en dégustez de bons hachis parmentiers à Paris ?
Vous auriez un restaurant
à nous recommander ?
mais il doit y en avoir plein,
Non, franchement, là, je n'ai pas...
du sud-ouest, du Périgord.
peut-être, oui.
Je ne sais pas si ça revient vraiment à la mode,
mais ce sont des plats de bistrot,
effectivement.
une pomme de terre spéciale pour faire la purée qui va avec ?
-Ma grand-mère vous aurait dit
que la pomme de terre à purée, c'est toujours la Bintje
-Oui.
on fait des purées avec...
-A chair blanche.
-Voilà.
sur le canard, sur le hachis parmentier,
mais il nous reste encore plein de choses à savoir
sur la façon de le cuisiner,
ce hachis, n'est-ce pas Jean-Pierre ?
-Oui, et je rebondis sur votre question.
Il faut effectivement
une pomme de terre à chair
un peu farineuse, qui va
s'émietter.
La Bintje est là, mais il y en a d'autres,
plus connues.
Plus la pomme de terre est vieille aussi, plus ça donne un petit peu
de goût à votre purée. Vous pouvez l'écraser
à la fourchette. Vous pouvez mêler un peu d'épices,
noix de muscade par exemple.
-Un peu de beurre, un peu de lait et vous la mettez de côté. Ensuite,
vous avez votre confit. Alors,
il est enrobé dans la graisse qui lui permet
d'être conservé. Ne gardez pas toute cette graisse.
Vous chauffez délicatement dans une poêle
et vous allez voir que la graisse va partir
de votre confit. Vous la gardez, ça peut toujours servir
pour alimenter votre purée.
Même on voit qu'ils ont mis un petit fond de graisse. Ensuite...
-La graisse du confit, on la met dans la purée ?
-Une partie, pas tout, il y en a beaucoup. Vous la gardez
dans votre frigo.
-Mais pour faire quoi ?
Une matière grasse pour autre chose ?
-Oui,
pour faire une autre spécialité du Périgord
qui s'appelle le tourin blanchi à l'ail.
-Il y a plein de choses à faire. Il faut toujours avoir un peu
de gras de canard. Et ensuite, cette viande,
elle va un peu s'effilocher à la fourchette.
Puis après, vous l'écrasez un petit peu.
Puis au couteau,
vous la hachez un petit peu.
Et vous faites ensuite comme un hachis parmentier.
Vous mettez une couche de hachis, puis cette purée.
Après, il y en a façon lasagne.
On multiplie les couches. On peut mettre
une couche de canard, pomme de terre, canard.
On finit toujours par la pomme de terre
pour mettre un peu de panure et la faire gratiner.
-C'est de la panure
qu'on a sur le dessus ?
-C'est de la panure qui n'a pas eu le temps
encore de bien cuire. Et vous passez ça, 30 minutes à 180,
plus un petit coup de grill au dernier moment.
Et une variante,
on peut aussi utiliser, c'est très bon,
à la place des pommes de terre, eh bien, par exemple,
des patates douces. Et ça se marie aussi très bien.
-C'est vrai.
-Bonne idée.
-Pour accompagner
ce hachis parmentier,
vous nous avez apporté du vin
de Charente. Alors, expliquez-nous.
-C'est du vin de Charente-Maritime, en réalité.
-Grains de Cocotte.
Qu'est-ce que c'est ? Comment vous l'avez découvert ?
Pourquoi ce vin ?
-C'est un clin d'oeil
aussi à mon territoire d'adoption,
à ces vignes qui majoritairement produisent
du cognac, il faut bien le dire.
Et il y a une petite production d'environ 1 500 hectares,
mais pas d'un seul tenant. C'est-à-dire
que les producteurs, les viticulteurs,
la plupart font du cognac,
du vin pour le cognac,
qui est un cépage très particulier qui s'appelle l'ugni blanc
Mais certains sont des amoureux
et à l'occasion
d'une diversification du vignoble
suite à une précédente crise,
même s'il y a toujours eu du vin en Charente,
certains ont développé du vin pour faire du vin de table.
Donc il y a une indication géographique
protéger une IGP, vins de pays charentais.
Et donc ces 1 500 hectares
sont assez morcelés sur tout le vignoble,
puisque majoritairement
ces viticulteurs font du vin pour le cognac,
pour distiller, et ils ont quelques parcelles, là il y a
Merlot et Syrah.
-On le voit tout de suite sur l'étiquette.
-Il y a un cahier des charges spécifique
pour les vins de pays charentais, donc, moi,
moi je travaille aussi pas mal avec le syndicat
des vins de pays charentais.
-Le cahier des charges,
c'est surtout les cépages qu'on peut utiliser. Mais c'est
un cahier des charges assez large,
avec beaucoup de cépages qui ont été retrouvés
de l'ancien temps ou remis au goût du jour.
-C'est la mode, des vieux cépages
qui sont souvent plus résistants aussi.
-Exactement.
-De toute manière, tous les bassins viticoles,
je suis sur une mission sur la viticulture en ce moment,
tous les bassins viticoles
font de la recherche depuis des années pour s'adapter
au dérèglement climatique et aux évolutions,
ce qu'on appelle aussi le dépérissement du vignoble
et les maladies de la vigne. Donc il y a de la recherche
et souvent on va faire
des hybridations, des croisements
avec des anciens cépages. Et là, ils sont souvent remis
au goût du jour, assez régulièrement.
C'est un vignoble de 1 500 hectares,
mais assez dynamique, avec des amoureux. Et là, c'est
Grains d'Estuaire qui a créé notamment
Grains de Cocotte. Alors,
je suis allée au syndicat des vins de pays charentais
qui a ouvert
un magnifique bar à cognac pour faire connaître
les vins et leur diversité,
parce que même les Charentais ne connaissent pas bien.
-A boire avec modération.
Bien sûr, vous avez raison. Et donc, j'y suis allée,
j'ai dit : "On va manger un parmentier
de canard, qu'est-ce qu'on peut boire avec ?"
Et donc, ce n'est pas du tout
le plus cher. Les vins de pays charentais,
on va dire, c'est de 6 euros à 40, 50 euros.
-Oui, bien sûr.
Et là, c'est à peu près, je crois, neuf euros la bouteille.
-Ca reste abordable.
-Très abordable.
Il est délicieux,
c'est assez charpenté.
-Il est un peu sucré,
enfin, je dirais légèrement sucré.
Non, c'est pas vraiment...
-Je ne sais pas si... Mais c'est le Merlot aussi.
-C'est ça qui donne ce côté rond.
des cépages phares du Bordelais. Et là,
en fait, on est sur l'Estuaire.
On est donc en Charente-Maritime.
Donc, je salue aussi les Charentais-Maritime.
Et on est avec
des personnes qui aussi font du vin de Bordeaux.
Et donc, en fait, ils ont une tradition de vinification,
Ils savent vraiment bien faire.
Mais aujourd'hui, tous les vins de pays charentais
se sont vraiment améliorés.
Alors, la plus grosse production, c'est le vin rosé.
Et le rosé est bu l'été sur la côte
parce que c'est une très petite production.
Donc, la production, elle part
tout le temps. Et donc, c'est de plus en plus connu
avec une variété extraordinaire.
-Quand on voit
tous ces papiers alarmistes ou ces rapports alarmistes
sur "le vin va-t-il survivre,
va-t-il encore être..." Vous êtes inquiète sur l'avenir
du vignoble à cause du réchauffement climatique ?
-Il y a même un fonds d'urgence qui a été débloqué.
-Oui, oui. Justement là,
pardonnez-moi. Je suis sur une mission
sur les stratégies
de marché des bassins viticoles français
et, en fait, les filières ou la filière vitivinicole
se prend en main. Ca, il faut le savoir.
Ils sont déjà tous très structurés dans leur région.
Il y a ce qu'on appelle des interprofessions
où les négociants et les viticulteurs
travaillent ensemble.
Et là, je sors d'une audition avec le Conseil
national de l'interprofession des vins
et des spiritueux aussi à base de vin.
Et en réalité, oui, il y a un plan de filière, là.
Donc, ils sont très conscients sur le diagnostic, c'est-à-dire
d'abord une surproduction des vins sur tous les bassins
en matière
de production de vin, mais aussi
une déconsommation, c'est-à-dire
on consomme différemment et on consomme moins.
-Oui.
-Ils en sont tout à fait conscients
et il y a un plan de filière
qui est travaillé quand même depuis deux, trois ans,
qui est quand même très sérieux.
Alors, on parle beaucoup de l'arrachage,
mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi
comment mieux communiquer.
Il y a aussi, vous voyez,
l'histoire de la structuration
sur la promotion des vins à la fois
en France et à l'étranger. Donc là, le plan, il est
extrêmement sérieux.
si inquiète que ça.
Par contre, il faut les soutenir, il faut comprendre ce qu'il en est,
parce qu'ils ont fait énormément d'évolutions
ces dernières années aussi sur la culture
et notamment sur la question du moindre usage
des produits phyto. Ils ont fait
beaucoup d'efforts et il faut les saluer là-dessus,
parce que ça correspond
et à la consommation, au goût des gens, mais c'est
un phénomène de société, et puis pour eux-mêmes,
pour leur famille, ils vivent au milieu de leur vigne, et bien sûr,
ils font attention à eux-mêmes.
sur le vin charentais, on en sait un peu plus
sur le canard, maintenant.
Mais saurez-vous répondre à notre petit questionnaire ?
C'est tout de suite dans "Le quiz".
Jingle
-Alors, vous avez fait vos études à Bordeaux,
vous vivez maintenant à Bordeaux ?
-Ah non, je vis en Charente.
-Mais vous disiez
que vous y étiez souvent.
-Vous allez nous dire si ces affirmations
sur le cannelé, vous connaissez cette gourmandise
de Bordeaux, sont vraies ou fausses.
A. Il aurait été inventé par des moines dominicains.
-Ah, il faut que je...
-Oui, vrai ou faux ?
-Je n'en sais rien du tout.
J'aime bien le manger et très cuit.
Il se mange presque caramélisé, c'est tout ce que je sais.
-Vous avez une chance
sur deux. -Non.
-Eh bien oui, vous avez raison, il a été inventé par des religieuses
autour du XVIe siècle dans le couvent bordelais
des Annonciades. Elles faisaient des petits cannelés, pour nourrir
les pauvres. Sympa ces petites religieuses.
Il doit son nom au mot "cannelle" car la première recette
du cannelé contenait de la cannelle.
Vrai ou faux ?
-Alors, je dirais faux, parce qu'en plus,
je n'aime pas la cannelle.
Je dirais faux.
-Oui, faux. En fait, il viendrait plutôt du mot "cannelé",
qui était aussi un autre gâteau.
Donc, ce n'est pas du tout la cannelle qui a donné
le nom au "cannelé". Des jaunes d'oeufs
laissés par les vignerons étaient utilisés pour faire la pâte.
-Des jaunes d'oeufs laissés par les vignerons étaient utilisés
pour faire la pâte.
-Oui, peut-être.
-Oui, parce que les vignerons utilisaient des blancs d'oeufs.
-Pour coller les étiquettes.
-Et fixer aussi le vin, etc.
Et ce n'est pas coller les étiquettes,
c'est un terme pour fixer,
stabiliser.
les étiquettes.
utilisé dans la recette provenant de l'île de Cuba. Vrai ou faux ?
-Je dirais vrai.
-Faux, parce qu'elle venait justement
du commerce triangulaire, avec le sucre et le rhum
qui venaient des Antilles françaises.
-Oui, très bien.
-Allez,
je vous propose un deuxième quiz.
Vous savez que le cognac, évidemment,
a droit à son musée des arts,
Le musée des arts du cognac. Alors, sauriez-vous
nous dire si ces musées gourmands existent réellement ?
Est-ce qu'il existe un musée de l'absinthe ?
-Il n'y a pas de raison que ça n'existe pas.
-Vous avez raison, c'est vrai, à Auvers-sur-Oise.
Est-ce qu'il existe un musée du cassoulet ?
-Je pense que je vais dire oui à tout, il n'y a pas de raison...
-Eh ben non, c'est dommage.
-C'est dommage ! A Castelnaudary.
-Pas de musée du cassoulet, mais on lance l'idée.
On fera quelque chose.
Le musée du sucre d'orge ?
-Je vais dire oui.
A Moret-sur-Loing, en Seine-et-Marne.
Et c'est un bonbon qui a été créé
sous Louis Xiv par des soeurs bénédictines. Encore.
Et puis, est-ce qu'il existe un musée du safran ?
-Oui, je pense.
A Boynes, dans le Loiret, depuis 1988.
Alors bravo, pour toutes
ces réponses. Tout ça dit beaucoup
finalement de notre histoire, de nos terroirs,
de notre gastronomie française.
Et comme le disait Brillat-Savarin : "Dis-moi ce que tu manges,
je te dirai ce que tu es."
On va donc essayer d'en savoir un petit peu plus sur vous
à travers "La brève de comptoir", c'est tout de suite.
Jingle
Alors, Sandra Marsaud, on vous a demandé,
pour préparer cette émission, de plonger
dans vos souvenirs culinaires, gastronomiques,
vos souvenirs de table, et de nous raconter peut-être
un lien entre un dîner, un déjeuner et la politique.
Vous avez deux anecdotes, je crois.
si c'est vraiment des anecdotes, mais...
On arrive donc en majorité
en 2017
et on commence... Moi, je découvre aussi les déjeuners
ou les dîners de travail dans les ministères
pendant les pauses.
Et là je crois que c'était un dîner, un soir,
avec Jacques Mézard et Julien Denormandie.
Jacques Mézard qui était plutôt sur les questions
de territoire.
Et Julien Denormandie délégué auprès de lui
sur les questions de logement. Puisque je m'intéresse
beaucoup aux questions de logement aussi par mon métier.
-Parce que vous êtes urbaniste
de métier.
donc des dîners, on était
beaucoup autour de la table dans la majorité
à s'intéresser à ces sujets, donc on est
un peu moins aujourd'hui, les dîners de groupe sont un peu moins...
Plus réduits, mais on s'entend bien aussi, c'est pas mal.
Et là, donc, il y avait Jacques Mézard
qui parle très, très doucement.
Donc déjà autour de la table,
on était énormément, une grande table
dans son ministère, avec parquet au sol, boiserie,
et il avait toujours son chien avec lui.
-OK.
de son nom, ça va me revenir.
Et son chien qui faisait toujours le tour de la table,
donc on entendait
les griffes au sol et tout ça. Et Jacques Mézard qui parle
très doucement. Donc, pour se pencher
avec le bruit des fourchettes, ce n'était pas
évident. Et pourtant, parler des enjeux
de la première stratégie logement, que je défends toujours aujourd'hui.
Et c'est vrai que c'était assez...
-Ca m'a marqué. A la fois, c'était rigolo, bien sûr.
Moi, j'aime toujours rire. Mais c'est vrai
que pour tendre l'oreille et manger et déguster des plats qui étaient,
il faut le dire, les ministères...
C'est-à-dire, c'est aussi la représentation
de la gastronomie
française. Donc, il faut le prendre aussi comme ça.
Je sais bien qu'on aime bien critiquer les ordres
de la République, mais bon. Et donc, c'est vrai que voilà,
les bruits des couteaux et des fourchettes,
le chien avec ses griffes
comme un griffon...
Et c'était vraiment très drôle, mais surtout, on n'entendait pas bien
et on voulait intervenir parce qu'on trouvait
que sur le texte de loi qui allait arriver,
il n'y avait pas assez de sujets. Donc, déjà,
on se regardait pour savoir qui allait parler. Le chien,
Jacques Mézard, qu'on n'entendait pas. C'était...
-C'est assez cocasse.
"plus fort" ou "sortez le chien", non ?
"Sortez le chien", surtout pas.
Elle rit
Surtout pas.
-Vous avez une autre anecdote plus locale,
je crois.
-C'est intéressant
de leur faire un petit clin d'oeil.
-Moi, j'aime bien dire que je suis capable
de faire la carte de ma circonscription
par les restaurants.
-Et voilà,
c'est toujours mon éducation, la gourmandise.
Et on a un petit resto dans le Sud Charente,
qu'un Charentais m'avait fait découvrir,
qui s'appelle Chez Poirier,
dans la commune de Bardenac, donc je les salue.
C'est l'alliance entre un resto où des dames cuisinent,
elles sont toutes affairées dans la cuisine
à nous servir avec leur tablier,
et le resto routier, on va dire.
Donc le midi, même le week-end, les artisans,
ceux qui bossent sur place, en campagne, on prend toujours
la voiture avec les distances, tout ça,
donc les gens se retrouvent, il y a des voitures garées partout
dans le petit village, il n'y a pas de parking.
Mais tout le monde
s'entend bien. On se gare sur le bas-côté.
Il n'y a pas de trottoir. C'est vraiment un village typique
du Sud Charente. Et on vient manger. Et là, il y a un seul menu.
Donc, il y a sept ou huit plats.
Et on commence, on arrive.
On nous sert la soupe.
Et puis après, il y a une, deux entrées.
Il y a le plat. Après, il y a salade, fromage, les desserts.
-Il n'y a pas de choix. Le menu,
c'est sept plats.
-De mémoire, c'est 15 euros.
Et c'est plein.
-C'est super !
Ca me rappelle aussi la tradition en Dordogne.
Mon père m'amenait
dans des restos comme ça. C'est les restos de village. Et là,
j'y ai fait des réunions de travail avec des élus.
On aime bien s'y retrouver pour parler du contexte local.
Vu que la circo est grande, j'ai des lieux
de rendez-vous dans des restos, dans des endroits différents
de la circo. Et là, c'est vrai que c'est un clin d'oeil
à ces dames qui font
de la cuisine un peu de cantine aussi. Mais de cantine,
évidemment, fait maison.
Donc, la cuisine de cantine, moi, je l'apprécie.
J'ai une cantinière dans ma famille. Chez moi, tout le monde cuisinait.
Donc, c'est vraiment positivement que je parle de ça.
-En tout cas, on les salue. On reste dans votre belle région,
même dans votre circonscription,
très exactement, à la rencontre
de différents producteurs qui s'inquiètent
pour leur avenir. Et avec eux, on regarde
"Le dessous des plats".
Jingle
-La guerre du cognac
est donc bel et bien déclarée. Depuis le 11 octobre,
en guise de rétorsion aux taxes de l'Union européenne
sur leurs voitures électriques chinoises, Pékin a décidé
de taxer les eaux de vie charentaises
de 35 % en moyenne.
Alors pour l'instant, il s'agit juste d'une caution
à verser, mais les conséquences se font déjà sentir
pour les producteurs charentais alors que les préparatifs
du nouvel an chinois arrivent.
C'est un reportage de France Télévisions
avec Maïté Frémont.
-C'est un produit qui fait la fierté des deux Charentes
et se consomme quasi exclusivement à l'étranger.
Chez ce négociant de cognac, 97 % de la marchandise
part à l'export.
Et parmi ses principaux clients, il y a la Chine.
-Notre entreprise réalise
entre 5 et 10 % de son chiffre d'affaires en Chine,
ce qui en fait un des dix principaux clients
de la maison. -Mais les relations franco-chinoises
sont tendues depuis plusieurs mois.
Chaque négociant a reçu des questionnaires
fastidieux. Il faut prouver
aux autorités chinoises que le secteur du cognac
n'a pas reçu d'aide du gouvernement français.
-On devait donner des infos sur les actionnaires,
différentes informations sensibles,
comme par exemple notre capacité de production.
-Et comme les autres, ce dirigeant
de PME n'a d'autre choix que de les remplir.
-On ne peut pas se permettre, aujourd'hui, de perdre la Chine.
C'est crucial pour notre activité, pour notre région
qui fait 70 000 emplois directs et indirects.
La Charente, c'est le cognac.
-Il y a trois ans, Elise Thorin s'installe du côté
de Segonzac avec sa soeur Mathilde.
A la tête d'un vignoble de 19 hectares, elle regorge d'idées
pour renouveler leur activité.
-On est passionnées par ce métier, on a envie de le diffuser,
de le communiquer. Ce domaine, on veut le faire vivre,
le faire connaître à l'export.
On avait même pour ambition d'aller sur le marché chinois.
Mais avec la situation qui arrive, qui nous pend sous le nez,
c'est en train de tuer notre avenir, clairement.
-Ce sont bien plusieurs années
de stocks de cognac qui pourraient ne pas s'écouler.
La Chine représente un quart des exportations.
Les producteurs se sentent impuissants.
-C'est un problème politique,
de politiques internationales,
et nous sommes pris en otage.
-La guerre du cognac est donc lancée.
Bruxelles annonce saisir
l'Organisation mondiale du commerce.
-Alors, Sandra Marsaud, on va essayer d'être
assez pédagogiques et clairs, parce que c'est un compliqué.
Même les producteurs de cognac ne comprennent pas.
Donc, effectivement, les Chinois ont dégainé
une taxe de 35 % pour riposter
aux taxes contre leurs voitures électriques. Pour l'instant,
ce n'est pas vraiment une taxe, ils l'appellent plutôt caution.
Elle est à l'importateur de payer, qui n'est pas forcément
d'ailleurs quelqu'un de cognac, mais ça peut être aussi
un Chinois, en Chine, sauf pour les grandes maisons
qui ont leur réseau de distribution.
Alors, qu'est-ce que ça produit pour l'instant ?
Et est-ce que vous pensez
qu'en fait c'est la taxe avant l'heure, cette caution ?
-C'est tout à fait possible, en réalité.
Il faut revenir quasiment un an en arrière, et avec
cette enquête anti-dumping de la Chine contre l'Europe,
mais il faut savoir que l'Europe en mène régulièrement,
et puis tous les pays du monde
et les continents, c'est les règles de l'OMC,
alors on peut aussi les regretter,
qui peuvent s'attaquer et se reprocher
d'avoir des subventions du pays pour pouvoir
baisser les prix, par exemple, et être
des plus grands exportateurs
sur les marchés.
c'est pour gérer la concurrence.
C'est une grande règle.
-De l'OMC.
-L'OMC, l'organisation mondiale du commerce.
Et donc, il faut savoir que ce n'est pas les seuls.
L'Europe, visiblement, en a lancé des centaines,
comme d'autres pays.
On peut le regretter que ça se passe comme ça.
C'est pour ça que... Je fais juste une petite parenthèse
pour l'instant, mais pour dire qu'en connaissant de mieux en mieux
cette filière, depuis sept ans que je représente mon territoire,
je comprends mieux l'enjeu d'avoir des traités de commerce négociés,
parce que c'est la garantie de protéger ce qu'on va vendre
et ce qu'on va recevoir sur le territoire,
c'est-à-dire en volume, en qualité.
C'est vraiment de la négociation.
Moi, j'ai voté la finalisation du CETA, par exemple,
parce que j'ai compris...
-Car, on sait ce qu'il y a dedans et c'est contractuel.
-C'est contractualisé,
c'est négocié. Et donc, le cognac,
de toute manière, même sans contrat,
il est exporté sur toutes les mers du globe
depuis des siècles.
Donc, j'ai envie de dire, il y en a eu avant de commercer,
et avant nous, il y en aura après nous.
Et là, cette enquête anti-dumping, effectivement,
elle est tombée en janvier dernier.
Il y avait déjà eu, effectivement, cette problématique,
vraiment, de la montée en puissance, de la défossilisation des énergies,
notamment pour les véhicules. Et les Chinois, c'est vrai,
sont aussi en avance sur nous depuis des années.
Donc, ils veulent vendre partout sur le monde,
sur la Terre.
Pour répondre à ma question, ces 35 % de cautions,
ils vont se transformer très vite, vous en êtes persuadée,
en taxes ?
mais c'est possible, et c'est pour ça qu'il ne faut pas qu'on lâche
le morceau jusqu'à la fin, parce qu'il s'agit aussi
de négociations au plus haut niveau, au niveau européen notamment.
-Mais on l'entend, il ne faut pas qu'on lâche.
Annie Gennevard, aussi la ministre de l'Agriculture,
dit qu'il ne faut pas qu'on lâche. Mais qu'on lâche quoi ?
-C'est compliqué aussi pour moi parce que je ne suis pas
dans ces négociations de haut niveau.
Heureusement, malheureusement, chacun a son rôle à jouer.
Mais c'est au niveau européen,
entre les représentants de la Commission
et les représentants
du commerce chinois.
Il y a des réunions où ils se voient presque toutes les semaines
en ce moment. Il ne faut pas lâcher
parce que c'est jusqu'au bout.
-Tous les pays européens ne sont pas d'accord.
Les Français ont voté pour les taxes
sur les voitures électriques
et les Allemands contre.
-Parce que chacun défend aussi
son bout de gras, même s'il y a des intérêts communs.
-Car il y a
des impacts sur les véhicules allemands,
puisqu'il y a beaucoup... Une grande marque allemande qui...
Voilà...
-Qui produit et qui vend beaucoup en Chine.
L'Espagne avec le porc. Nous, les produits laitiers.
Je ne vous cache pas,
depuis que j'ai posé la question
d'actualité il y a dix jours, à peu près,
ou une grosse semaine,
j'ai des collègues qui ont des produits phares laitiers
sur leur territoire qui disent : "Sandra, c'est quoi une enquête
anti-dumping ?" Parce qu'il faut qu'on s'y attelle.
Donc, il faut aller jusqu'au bout du bout
car on sait aussi que les Chinois, a priori, ça je l'ai appris,
dans la filière, c'est les plus grands négociateurs.
Ils ne lâchent jamais eux-mêmes, jusqu'au dernier moment.
Et là, l'enquête anti-dumping, c'était du 5 janvier pour un an maxi.
-Oui ?
-Donc là, c'est une forme aussi de pression
on peut considérer qu'ils mettent, en mettant cette caution,
cette prétaxe, mais c'est aussi un signal.
Donc, je pense que c'est dans les dernières
semaines que ça peut se jouer.
-Le couperet c'est en janvier ?
Donc même avant fin décembre, ça peut être définitif.
Alors, définitif pour quelques années.
Mais alors on nous dit : "Oui, mais alors l'Europe,
on va aider la filière cognac". Mais déjà, la filière cognac
n'a jamais vraiment demandé de subvention.
Ce n'est pas une filière qui a eu besoin de ça.
Et ce qu'ils disent, nous, c'est juste :
"On veut pouvoir vendre." Donc aider, ce n'est pas parler de l'OMC
et de dire : "Ecoutez, il y aura la taxe peut-être début janvier."
Alors d'ailleurs, à quelle hauteur ?
Parce que si jamais il y avait taxe,
il faudrait que ce soit la plus petite possible.
Mais derrière, ça impacte les coûts de production,
les revenus, tout ça. Et c'est ça qui est problématique,
n'attendons pas des aides pour avoir un règlement,
au niveau de l'OMC, avec des avocats de chaque pays,
chaque filière. On ne peut pas risquer ça,
parce que les vins australiens
ont été taxés à plus de 200 %, je crois, il y a quelques années,
le règlement devant l'Organisation
Mondiale du Commerce a pris cinq ans,
à peu près, quatre, cinq ans, et au final, ça a été levé,
on ne vend plus du tout.
divisé par 90 les exportations de vins australiens en Chine,
à cause de ça. Effectivement, une fois que
l'OMC est passé, c'est compliqué.
-Une fois qu'on a dit tout ça,
qu'est-ce qu'on répond ? Qu'est-ce que vous leur dites, vous,
là, concrètement,
à vos producteurs de cognac que vous rencontrez
dans votre région, et circonscription ?
-Alors, moi, déjà, je suis aussi...
Ce que je leur dis, c'est d'abord ce que je fais pour eux,
parce que c'est plutôt un échange.
C'est-à-dire qu'ils ont des rendez-vous,
j'ai des rendez-vous en échange
sur qui avait, cette dernière semaine,
tel conseiller au ministère de l'Agriculture.
Bon, auprès du Premier ministre,
je dois dire que ça a été un peu tendu.
Bon, ils prenaient leur fonction,
mais ils sont censés connaître le sujet.
Quand on me répond à l'agriculture, qu'il y a une question de règlement,
et de commerce, je me suis mise un peu en pétard
quand on est chez moi. On se tient au courant de nos...
En fait, c'est tout un écosystème qui se met un peu en branle,
où chacun joue son rôle.
Moi, élue nationale,
les représentants des filières,
les représentants des filières au niveau national,
c'est-à-dire la Fédération Française des Spiritueux,
tout le monde a un rôle à jouer.
Et, en ce moment, ce qu'on fait, c'est qu'on a une forme de collectif
où chacun a les rendez-vous et on indique...
-Et vous espérez quoi ?
-Alors, eux, ce qu'ils espèrent, c'est que la taxe ne soit pas mise.
-OK.
-Voilà. Voire que la taxe soit la plus petite possible.
Parce qu'on sait très bien que... Moi, je suis contre l'idée
d'opposer aussi ceux qui produisent des voitures électriques
et parce que c'est énormément de centaines de milliers d'emplois
en France aussi.
-Bien sûr.
en Union européenne, à côté, le cognac, c'est peanuts.
-Ca pourrait mettre en danger aussi notre transition écologique.
-C'est ça qui est problématique.
Moi, ce que je leur dis, c'est que : "OK, bon, le cognac, il se trouve
que c'est une appellation d'origine contrôlée".
Donc, c'est géographique. C'est sur une carte.
C'est tout petit.
Sauf que c'est 3,6 milliards
à l'export.
Et dans la balance du commerce extérieur,
ça peut en proportion, peut-être faire même mieux
que les bagnoles.
-Mais on ne peut en produire qu'à Cognac, ça n'intéresse pas
les pays européens.
de rejoindre la ferme de Bérénice
en Gironde. L'une de ces vaches a malheureusement été touchée
par la tuberculose bovine et avec elle,
on met Les pieds dans le plat.
Jingle
Lors d'un contrôle sanitaire
organisé tous les ans, dans chaque exploitation,
Bérénice découvre que l'une de ses 200 vaches,
l'une de ses filles, comme elle les appelle, est testée
positive à la bactérie de la tuberculose bovine
et là, le protocole est sans appel. Il impose d'envoyer à l'abattoir
toutes les vaches
qui ont eu contact avec celle qui est contaminée.
On parle ici de 200 animaux.
L'éleveuse de 33 ans
doit se séparer de ses bêtes. Un véritable crève-coeur
raconté par les journalistes de France Télévisions.
-L'heure est au dernier coup de fourche.
A la ferme de Bérénice, l'étable est comme coupée en deux.
Vide d'un côté, bientôt dépourvue des autres vaches.
-C'est des jeunes qu'on a fait naître l'année dernière.
On va les charger dans quelques jours
pour qu'elles puissent rejoindre les abattoirs.
-En novembre dernier, l'une d'elles est testée positive
à la tuberculose bovine.
La maladie s'est transmise au contact de la faune sauvage,
contaminée par un blaireau.
-On est dans un secteur où il y aurait une présence
de tuberculose bovine.
Donc, on va dire qu'on ne s'y habitue jamais,
mais on est rodé à ce genre de contrôle.
Et cette année,
une vache sur 120 qui a réagi positive.
-L'abattage des troupeaux comme conséquence radicale,
difficile pour cette agricultrice de 33 ans,
dont l'élevage de bazadaises se voulait en prise
avec le bien-être animal.
Des heures de travail pour adapter ses ventes en circuit court.
-C'était ma vitrine dans laquelle je proposais les produits
pour mes clients,
on est dans la boutique que j'ouvrais deux jours par semaine.
-Et l'impression d'un retour à la case départ.
-Ca représente énormément. C'était ma vie.
Tout ça, ça ne se crée pas comme ça.
J'ai mis 13 ans pour le construire.
J'étais presque arrivée au rêve
que je me faisais depuis longtemps
d'avoir une ferme un peu exemplaire.
-Lassée, Bérénice vient de publier une vidéo pour expliquer
sa situation.
-Rejoint sur les réseaux sociaux par une vague de soutien
pour la plupart agriculteurs déjà confrontés à la maladie.
Elle, plaide pour une meilleure indemnisation
de la part des autorités.
-J'ai un peu de mal à me projeter pour le moment.
Il faut continuer à assumer les charges de l'exploitation
qui vont continuer à courir avec ou sans vaches.
J'ai un salarié à temps plein qui était là pour les vaches.
Il est à deux ans de la retraite et je ne me vois pas le licencier
parce qu'on est tous victimes de la situation.
-Une cagnotte vient d'être mise en ligne pour la soutenir.
-On vient de le voir, c'est une maladie
qui est très difficile à juguler
parce qu'elle est présente
dans la faune sauvage. C'est-à-dire qu'il faudrait
en gros vacciner tous les renards et les blaireaux.
C'est complètement impossible.
Alors, est-ce que ce protocole est beaucoup trop lourd
pour les agriculteurs ?
-C'est vrai qu'il est considéré comme lourd forcément
quand on abat votre troupeau et puis parfois,
deux ou trois fois d'affilée.
Dans le sud de Charente, c'est ce qui s'est passé aussi.
Mais c'est une maladie
qui est difficile à comprendre pour plein de raisons.
Et alors moi,
quand je me suis mis dans le sujet, ça a été aussi compliqué pour moi
parce qu'il y a à la fois beaucoup de technicité et beaucoup d'acteurs
autour de cette maladie.
D'abord,
c'est la détection
de la maladie. On ne peut savoir vraiment
qu'une bête est touchée que quand elle est abattue
et qu'on ouvre ses poumons pour voir qu'il y a la tuberculose.
-Donc en fait, les tests ne sont que des tests de suspicion ?
-Oui, c'est ça. Et donc, c'est très compliqué.
Donc déjà, moi, j'avais poussé avec certains de mes collègues,
qui notamment, en Nouvelle-Aquitaine,
je pense à mon collègue Jean-Pierre Cubertafon,
qui était élu en Dordogne. C'est la Dordogne, le département
le plus touché de Nouvelle-Aquitaine.
Donc d'abord, c'est vrai qu'on est surtout saisi
par les familles des agriculteurs
parce que c'est l'abattage la première, deuxième,
troisième fois.
Et puis, on nous dit qu'on ne comprend pas
car le protocole il est comme ça
en Charente, il est différent en Gironde
et encore différemment interprété en Dordogne.
Parce qu'il y a des abattages de troupeaux partiels
et puis on attend de voir
s'il y a des suspicions qui arrivent et après on peut finir
par l'abattage total. Et parfois,
c'est l'abattage total d'un coup. Et ça, c'est très incompris.
-Il n'y a pas d'explication ?
-Ca dépend des protocoles,
avec les services vétérinaires, quand même, qu'il faut saluer...
-Oui, qui font un super boulot, évidemment.
-Dans les directions
départementales de l'Etat, en lien avec les laboratoires
départementaux qui dépendent des départements,
les services sanitaires.
-Bien sûr.
-Il y a une difficulté d'abord de détection
de la maladie.
Ensuite, il y a des protocoles d'abattage
qui peuvent différer suivant si autour de la...
même les rayons de dix kilomètres,
il y a déjà eu
la maladie.
Et puis derrière, les agriculteurs,
souvent, ce sont des professions où ils sont isolés seuls
sur leur exploitation.
Donc on a eu des suicides aussi.
-Parce qu'ils sont seuls, ils ont le sentiment d'être incompris.
Je ne pense pas que ce soit la réalité,
mais on est loin de l'exploitation.
Le service vétérinaire, il arrive pour prendre les vaches
ou pour faire le test
et puis après, il repart.
Donc, il y a un sujet d'accompagnement.
Mais il y a aussi ce qu'on appelle les groupements
de défense sanitaire qui sont pilotés par les syndicats
agricoles, donc par des agriculteurs et qui, eux, sont sur le terrain
en présence avec eux qui les accompagnent.
Et c'est pareil, ils ne sont pas là tout le temps.
Donc il y a vraiment d'abord le départ des bêtes.
Et quand ça arrive régulièrement, c'est terrible.
-Et alors vous dites quoi ? Il faut trouver
d'autres solutions ? Je lisais en travaillant sur ce sujet
qu'on pouvait isoler
les bêtes suspectées en attendant de voir
si justement la maladie se déclare ou pas.
Est-ce que ce serait une solution ?
-Alors le confinement
dans une étable, c'est hyper compliqué.
-C'est un confinement. Interdiction de pâturage.
-Oui, bien sûr. Mais vous avez dit aussi
quelque chose qui pour moi est, qu'il faut dire en amont,
il y a effectivement la question du renard, du blaireau,
mais il y a eu des études. Donc moi, en tant que parlementaire,
avec mes collègues, on est en lien vraiment avec l'ANSES,
l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire.
Et en réalité, parce qu'il y a beaucoup d'agriculteurs,
on leur a mis dans l'idée,
c'est pas faux pour le fait de véhiculer la maladie.
Mais certaines fois, ils sont porteurs
et ils véhiculent pas. L'étude sur le renard,
elle a conclu que c'était pas forcément le renard.
L'étude blaireau,
c'est pas forcément ça. Ca peut véhiculer.
Il y a quand même sur aussi l'état sanitaire
immunodéprimé des bêtes.
Et ça, c'est le laboratoire
des services vétérinaires Charente,
que je salue, qui ont émis un protocole.
Et on a eu toutes les peines du monde,
mais maintenant, avec l'ANSES ils sont en relation.
Il y a des études en cours pour étudier
si ça ne peut pas venir aussi sur l'état sanitaire des bêtes,
qui pourraient peut-être avoir
plus facilement certaines, la maladie que d'autres.
-Donc si on améliore
leurs conditions de vie tout court,
peut-être qu'elles développeraient moins
cette maladie ?
le directeur départemental des services de l'Etat,
qui est parti
malheureusement à la DRAAF Nouvelle-Aquitaine
à Bordeaux, qui a fait Dordogne chez nous,
Charente, qu'il connaît très très bien,
qui nous a dit : "Moi, j'arrive dans un élevage,
quand je fais mes visites, et quand je vois un élevage
qui est composé de bêtes de races différentes,
de différentes couleurs, c'est une souche
à tuberculose bovine.
Mais oui, parce qu'en fait, le statut des bêtes
suivant leur race, elles peuvent se le refiler,
on va dire, plus facilement.
Mais ça, on n'a pas encore...
La science n'a pas encore totalement avancé,
mais l'ANSES travaille vraiment dessus.
Je peux vous dire qu'à chaque Salon de l'agriculture,
je prends rendez-vous. avec le directeur
ou sa directrice, je crois, adjointe.
Je les salue d'ailleurs.
Et on fait un point d'étape tous les ans
au Salon de l'agriculture là-dessus car, c'est
vraiment très complexe.
Puis, il y a le sujet d'indemnisation derrière, des bêtes.
-J'allais vous en parler. Quoi ? Il faut aussi...
-Alors ça, ça a été revu. L'indemnisation, non seulement
n'était pas satisfaisante niveau délai,
mais aussi en termes de monnaie.
Trébuchante.
Donc ça, normalement, on l'a fait avancer
avec Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture
et après Marc Fesneau.
-Oui, Annie Gennevard va-t-elle reprendre
le dossier en main, là ?
De toute manière, je n'ai pas eu le temps de la saisir de tout.
Parce qu'on a beaucoup...
-Voilà. Et puis tous les collègues qui ont les problématiques
avec toutes les autres maladies qu'on a
sur les bovins, les ovins,
les volailles. Mais bien sûr... Mais de toute façon, ça,
c'est dans les clous. C'est du réglementaire,
on va dire maintenant. Et les services indemnisent
selon des grilles actées.
-Très bien.
qui a éveillé ma curiosité. J'ai vu un projet d'arrêté
ordonnant la capture de blaireaux dans votre département
pour surveiller et prévenir.
-C'est ça.
-C'est lié à ces comités
de pilotage départementaux dans les départements où il y a
de la tuberculose.
Pyrénées-Atlantiques, Gironde, Dordogne,
Charente, Charente-Maritime. Ces comités de pilotage,
moi j'y ai assisté à certains,
en préfecture. Et on fait le tour de la maladie
et on fait des tests. En testant les blaireaux,
on peut se dire, comme ça, on ne teste pas forcément les bêtes.
Ca permet d'avoir une idée de la progression de la maladie.
C'est les blaireaux tués par les voitures dans les fossés,
principalement.
je ne comprenais pas bien. Très bien, on a compris.
-On les récupère, on les teste.
C'est un signe.
pour ces informations. Et on ne termine jamais un repas
sans une note sucrée.
Vous le savez,
c'est l'heure du Péché mignon.
Jingle
-C'est un gâteau aux citrouilles
et aux pommes.
Je crois que c'est d'abord le gâteau de votre grand-mère
et c'est plus en pensant à votre grand-mère qu'à Halloween
que vous avez proposé
cette recette sucrée.
Je pense vraiment à elle et j'ai redemandé quand même
la recette à ma mère même si moi je le fais.
-Donc, vous avez donné la vraie recette
de votre grand-mère, pour fabriquer ce gâteau.
-Oui. Alors, on peut appeler ça aussi un millas.
Et voilà, localement. Et en fait, ma grand-mère
et son jardin, c'était quelque chose dans la famille.
Et on a beaucoup vécu autour du jardin.
Donc, un jardin de plus de 600 mètres carrés.
Elle faisait des petits pois, elle faisait tout.
Et au fond, le fameux tas dit de fumier,
ou plutôt des déchets verts. Et elle mettait tous les ans
des courgettes, des citrouilles.
Et donc, c'est la période de récolte des citrouilles.
Donc, avec la citrouille,
chez nous, on fait de la soupe.
On peut faire une poêlée...
c'est potiron ?
Moi, j'adore le potiron. Oui, le potiron, pardon.
Et le potimarron aussi.
J'ai un petit truc avec le potimarron.
-Vous dites millas... J'ai l'impression qu'un invité
nous en a parlé, un gâteau au maïs.
-Oui, M. Biteau.
avec de la farine de maïs et blé.
-Oui, mais il ne mettait ni pommes ni citrouilles.
-Non, pas trop. -On sent plutôt
les pommes que les citrouilles.
-C'est normal, ça a moins de goût, je pense, la citrouille.
Et la citrouille, chez nous,
dans ma famille, et comme dans beaucoup, évidemment,
de familles, je ne dis pas...
Pour nous, en plus, la citrouille, ça se garde tout l'hiver.
Donc on peut faire des soupes.
C'est ce que j'allais vous dire, la citrouille,
tout se mange, même les feuilles.
-Les feuilles ou plutôt les fleurs
comme les courgettes.
-On peut faire de la soupe.
On peut faire une poêlée persillade pommes de terre, citrouille,
pour accompagner une viande,...
-Délicieuse.
et on fait ce que ma mère réussit beaucoup mieux
que ma grand-mère : la confiture de citrouille.
Merci beaucoup d'avoir partagé notre table,
ce repas et la cuisine de votre terroir.
Merci beaucoup Sandra Marsaud, merci infiniment.
-Merci à vous.
Et puis on remercie évidemment le restaurant Le Bourbon
qui a cuisiné tout ça pour nous aujourd'hui.
Et on se retrouve très très vite pour un prochain numéro