📏 Nous mentons tous. Mais nous nous abritons derrière le fait que certains mensonges sont moins graves que d'autres. Une telle position est-elle tenable ? En d'autres termes, peut-il exister, dans certaines circonstances, un droit au mensonge ? Kant avait son avis sur la question, et c'est ce dont on va parler aujourd'hui.
Titulaire d'un master en philosophie, Charles Robin a été professeur particulier pendant plus de dix ans. En 2018, il a créé la chaîne "Le Précepteur" pour partager sa passion pour la philosophie.
----------------------------------
🎨 CRÉDITS :
🎼 Musique de fin - Charles Robin / Le Rapporteur - "Experience"
rejoignez-moi sur patreon pour accéder à
l'ensemble de mon contenu inédit des
épisodes spéciaux des courants visaux
des apérophyos un moyen simple de
soutenir mon travail tout en vous
donnant matière à penser je vous attends
sur patreon le lien est dans la
description bonjour à
tous aujourd'hui on va parler d'Emmanuel
Kant et du
mensonge c'est la troisème fois qu'on
parle d'Emmanuel Kant sur cette chaîne
la première fois c'était sur sa
philosophie morale la deuxième fois
c'était sur sa philosophie de la
connaissance et aujourd'hui j'aimerais
revenir sur sa philosophie morale en
parlant d'un cas spécifique à savoir le
mensonge alors je ne vais pas vous
refaire la présentation de Kant si ça
vous intéresse je vous renvoie aux deux
premiers épisodes que je lui ai consacré
là j'aimerais rentrer directement dans
le vif du sujet en posant cette question
que pense Emmanuel Kant du
mensonge alors évidemment la question
n'est pas innocente puisque si vous
connaissez un peu Kant vous savez qu'il
est totalement contre le mensonge bon en
même temps la plupart d'entre nous
sommes contre le mensonge c'est rare de
trouver des gens qui disent c'est bien
de mentir ou on devrait avoir le droit
de mentir non nous sommes contre le
mensonge nous n'aimons pas que les gens
nous mentent et nous comprenons
évidemment que les gens non plus
n'aiment pas qu'on leur mente
pourtant nous mentons tous quand je dis
nous mentons tous je veux dire il nous
est tous arrivé au moins une fois dans
notre vie de mentir et je ne pense pas
prendre un énorme risque en disant qu'il
nous arrive tous de mentir au moins une
fois de temps en temps on va mentir sur
ce qu'on pense vraiment du plat qu'on
vient de nous servir on dira qu'on le
trouve très bon alors que pas du tout on
va mentir sur ce qu'on pense de la
nouvelle coupe de cheveux de notre
conjoint ça te va très bien alors que
pas du tout on va mentir sur les raisons
pour lesquels on a décliné une
invitation je suis malade ou j'ai autre
chose de prévu alors que pas du tout ces
mensonges là ces petits mensonges du
quotidien on pourrait les appeler des
mensonges de confort des mensonges qui
permettent de ne pas vexer de ne pas
choquer de ne pas décevoir
on peut aussi mentir pour gagner du
temps pour éviter de rentrer dans de
longues
explications ou parce qu'on pense à tort
ou a raison que la personne en face de
nous n'est pas prête à entendre la
vérité l'ennui vous le percevez je pense
c'est de savoir où est-ce qu'on place la
frontière où est-ce qu'on place la
frontière entre un petit mensonge un
mensonge
anodin et un mensonge grave
parce qu'on est bien d'accord que tous
les mensonges ne sont pas aussi graves
dire à son conjoint qu'on aime sa
nouvelle coupe de cheveux alors que ce
n'est pas le cas ben c'est pas la même
chose que dire qu'on part une semaine en
séminaire alors qu'on va passer la
semaine chez sa maîtresse on n'est pas
vraiment sur le même niveau de mensonge
il y en a un plus grave que l'autre
alors soyons quand même précis ce qui
fait la gravité du deuxème mensonge ce
n'est pas tant le mensonge en lui-même
que la réalité qu'il cherche à recouvrir
si vous préférez le plus grave ce n'est
pas le mensonge c'est l'acte qui est
derrière le mensonge on est bien
d'accord mais en même temps quand on
ment la plupart du temps c'est justement
parce qu'on ne veut pas avouer ce qu'on
a fait ou ce qu'on a dit c'est parce
qu'on ne veut pas assumer nos actes
qu'on les dissimule derrière des
mensonges donc les deux sont liés alors
il est vrai qu'on peut aussi mentir non
pas sur des actions mais sur des
informations par exemple imaginons que
vous soyez invité à une soirée que
quelqu'un que vous n'aimez pas est aussi
invité à cette soirée et que Ben vous
vouliez lui faire une mauvaise blague
pour qu'il se ridiculise devant tout le
monde et donc vous allez lui faire
croire que bah c'est une soirée costumée
et vous le laissez arriver à la soirée
déguisée en super Superman dans ce
cas-là vous n'avez pas menti sur ce que
vous avez fait vous avez menti sur ce
que vous saviez donc de
l'information mais fondamentalement le
mensonge ça reste la même chose ça reste
une altération volontaire de la
vérité un recouvrement volontaire de la
vérité et donc la question qu'on va se
poser aujourd'hui c'est existe-t-il
selon qu des cas où cette altération de
la vérité est
permise existe-t-il des cas où le
mensonge peut être considéré comme
légitime
justifié nécessaire en un mot
existe-t-il un droit au
mensonge alors revenons un peu sur ce
qu'on disait tout le monde ment tout le
monde ment plus ou moins pourquoi est-ce
qu'on ment on l'a dit tout à l'heure on
ment le plus souvent pour ne pas vexer
pour ne pas choquer pour ne pas blesser
on appelle ça le mensonge blanc donc ça
part d'une bonne intention on m aussi
parce que parfois on pense que si on dit
la vérité la personne va nous en vouloir
et que donc si on veut éviter une
dispute B il vaut mieux lui mentir le
raisonnement n'est pas absurde on sait
qu'on peut parfois avoir tendance à mal
prendre les choses à faire preuve de
susceptibilité et à en vouloir à celui
qui aura osé nous dire la vérité réagir
à une vérité par la colère ou par le
reproche on peut pas dire que ça incite
l'autre à nous dire la vérité l'ennui
c'est que si la personne à qui on a
menti découvre qu'on lui a menti alors
là il est certain qu'elle va nous en
vouloir vous connaissez dicton
il vaut mieux une vérité qui dérange
qu'un mensonge qui
rassure parce que le mensonge qui
rassure quand il est révélé il blesse
davantage que si on avait dit la vérité
dès le départ donc là qu'est-ce qu'on
est en train de dire on est en train de
dire que quand il est découvert le
mensonge amplifie le problème qu'il
cherchait à
occulter parce qu'il ajoute à la réalité
qu'on voulait dissimuler un mal
supplément
et ce mal quel
est-il c'est le sentiment d'avoir été
trahi ce qui fait mal dans le mensonge
ce n'est pas ce qu'il cache c'est ce
qu'il révèle et ce qu'il révèle c'est
qu'on ne peut plus avoir
confiance quand on m sur des choses
anodines sur des choses sans importance
ou qu'on estime sans importance on a
l'impression que notre mensonge n'est
pas grave mais sauf que si on inverse
les rôles si on inverse les rôles
c'est-à-dire si on découvre que
quelqu'un nous a menti on va se sentir
trahi même s'il ne s'agissait pas d'un
mensonge entre guillemets
grave parce que ce n'est pas la gravité
du mensonge qui déclenche un sentiment
de trahison c'est le principe du
mensonge c'est le fait qu'il y ait eu
mensonge et c'est même presque plus
offensant de se rendre compte qu'on nous
a menti sur quelque chose d'anodin sur
quelque chose d'insignifiant que sur
quelque chose de
grave parce que quelque chose de grave
on peut au moins comprendre pourquoi il
y a eu mensonge on peut au moins se
mettre à la place de celui qui nous a
menti et se dire ben je comprends qu'il
m'est menti à sa place sans doute que
moi aussi j'aurais menti ça n'enlève
rien au fait qu'il nous a quand même
menti ça n'enlève rien à la faute morale
qu'il a commise mais ça enlève
l'impression d'avoir été trahi
gratuitement c'est le gratuitement qui
fait la différence un mensonge gratuit
c'est-à-dire un mensonge qui porte sur
une futilité sur quelque chose qui n'est
pas censé devoir être caché par un
mensonge ça renforce l'idée que la
personne ne nous considère pas comme
quelqu'un à qui on doit la
vérité ça brise la confiance à la
racine la confiance c'est ce qui fait
qu'on croit quelqu'un confiance fidesse
en latin c'est la foi et la foi c'est ce
qui fait qu'on peut se fier et se
confier confier
confiance croire quelqu'un c'est
considérer que même si on n'a pas la
preuve que ce qu'il nous dit est vrai
on va l'admettre comme vrai on va le
présupposer comme vrai en clair on va
partir du principe qui ne nous ment
pas la confiance dans les relations
humaines c'est ce qui permet de gagner
du temps ça permet de ne pas avoir
besoin de vérifier systématiquement que
ce qu'on nous dit est vrai alors la
confiance n'exclut pas la vérification
mais la confiance rend la vérification
facultative
elle la rend superféatoire pour employer
un mot pompeux sans la confiance les
sociétés humaines ne se seraiit pas
développé comme elles se sont développé
vous imaginez à l'époque de la
préhistoire si vous aviez fait croire à
vos compagnons tribu qu'il y avait un
point d'eau à tel endroit alors qu'en
fait non bah c'est potentiellement toute
la tribu qui serait morte de soif ou
alors c'est vous qui seriez mort parce
qu'on aurait découvert votre mensonge
on vous aurait identifié comme quelqu'un
de non fiable c'est-à-dire littéralement
à qui on ne peut pas faire confiance et
on vous aurait
éliminé sans confiance pas de société
possible donc la confiance est au
fondement de la société et le mensonge
est ce qui détruit la
confiance conclusion le mensonge détruit
les fondement même de la vie en société
et c'est pour ça que nous avons tous une
répulsion naturelle à l'égard du
mensonge naturel au sens
d'instinctive nous n'aimons pas les
menteurs comme nous n'aimons pas les
tricheurs pas seulement parce qu'il nous
ment à nous mais parce qu'en tant que
menteur il s la branche de la confiance
sur laquelle la société est assise donc
à chaque fois que nous mentons quand
bien même nous estimerions avoir de
bonnes raisons combien même nous
estimerions être en droit de mentir
gardons à pris que lorsque notre
mensonge sera
découvert celui à qui on a menti ne nous
verra pas comme quelqu'un qui avait de
bonnes raisons de mentir mais comme
quelqu'un à qui on ne peut pas faire
confiance et c'est là qu'on en arrive à
Kant parce que Kant considère justement
qu'il n'existe pas de droit au mensonge
et qu'il n'existe même aucune exception
en matière de mensonge il a une phrase
célèbre pour ça il dit
tout mensonge nuit à
l'humanité tout
mensonge donc dire la vérité est un
devoir absolu pour qu et dans cette
phrase le mot important ce n'est pas
devoir c'est
absolu absolu ça veut dire quoi ça veut
dire
inconditionné ça veut dire qui ne
souffre aucune
exception aucune et cette position
radicale
elle va opposer Kant à un philosophe
français de son époque quoique beaucoup
plus jeune que lui et qui s'appelle
Benjamin Constant Benjamin Constant est
un philosophe politique c'est un
républicain comme
Kant et sur le plan moral Benjamin
Constant croit en l'existence de
certains principes comme
Kant si vous préférez Benjamin Constant
il n'est pas aux antipodes de Kant en
terme de philosophie morale
ce n'est pas par exemple un
conséquentialiste un conséquentialiste
c'est quelqu'un qui pense que la morale
n'est pas une affaire de principe mais
qu'elle est une affaire de
conséquence autrement dit une action est
moralement bonne si elle produit des
conséquences positives dans la pratique
positive par exemple en terme de
bien-être global c'est la position
utilitariste celle d'un jerémy benam
pour benam il n'y a pas de bien en soi
il n'y a pas de bonne action en soi il y
a des actions plus ou moins bonne en
terme de bonheur global
engendré donc Benjamin Constant n'est
pas du tout là-dedans il n'est pas du
tout de ceux qui pensent que la morale
pourrait s'affranchir de certains
principes il partage avec Kant un
attachement au principe mais là où il
n'est pas d'accord avec K c'est qu'il
pense que les principe de la morale ne
sont pas
absolus autrement dit qu'il peut y avoir
des exceptions alors des exceptions
encadrées des exceptions bien définies
pas des exceptions à la carte ou selon
la météo des exceptions précises qui si
ellees n'était pas autorisé ces
exceptions rendraient la vérité
dangereuse dangereuse et donc
mauvaise alors ça c'est intéressant
qu'est-ce que veut dire Benjamin
Constant quand il dit que dans certains
cas la vérité peut être
mauvaise et bien il prend un exemple
tout simple un exemple qui a souvent été
utilisé depuis justement pour montrer
les limites de la morale de Kant et qui
consiste à dire imaginons qu'un
meurtrier frappe à votre porte et qu'il
vous demande si sa victime est chez vous
imaginons que oui la victime est
effectivement chez vous
si vous répondez au meurtrier oui
Z chez moi bah vous dites la vérité le
problème c'est que B vous lui livrez sa
victime sur un plateau donc ce que nous
dit constant c'est qu'en disant la
vérité dans cette situation vous faites
quelque chose qui n'est pas moral
puisque vous désignez une victime à son
meurtrier autrement dit le propos de
Benjamin Constant c'est de dire que la
morale de Kant contient une
contradiction interne
contradiction interne parce qu'en
imposant de toujours dire la vérité elle
conduit à des situations
d'humanité or le principe de la morale
c'est précisément de faire preuve
d'humanité le principe de la moral c'est
de bien traiter autrui c'est de
respecter sa dignité pas d'être complice
de sa mort elle est là la contradiction
et donc c'est ça qui amène Benjamin
Constant à dire que la morale de Kant
n'est pas tenable elle n'est pas tenable
au sens où elle n'est pas
absolutisable aucune morale n'est
absolutisable justement parce qu'il se
trouvera toujours des cas qui échappent
au principe général je précise que pour
quant bien traiter l'humanité ça fait
partie des devoirs de l'homme ça
correspond à son deuxième impératif
catégorique je cite agis de telle sorte
que tu traites l'humanité aussi bien
dans à personne que dans celle d'autrui
toujours en même temps comme fin jamais
simplement comme moyen fin de
citation traiter l'humanité comme fin et
non comme moyen ça veut dire placer la
valeur de la personne humaine au-dessus
de tout or comment peut-on placer la
valeur de la personne humaine au-dessus
de tout et en même temps se rendre
complice de la mort d'une personne en la
livrant à un meurtrier ça tient pas de
bout c'est ça l'incohérence structurelle
que Benjamin Constant
relève donc pour ceux que ça intéresse
le texte auquel je fais référence c'est
un passage de son livre intitulé des
réactions politiques chapitre 8 des
principes dans lequel constant écrit je
cite le principe moral que dire la
vérité est un devoir s'il était posé de
manière absolue et isolé rendrait toute
société impossible nous en avons la
preuve dans les conséquences directes
qu'a tiré de ce principe un philosophe
allemand qui va jusqu'à prétendre
qu'envers des assassins qui vous
demanderaient si votre ami qu'il
poursuive n'est pas réfugié dans votre
maison le mensonge serait un crime fin
de
citation alors il faut préciser que
constant ne se limite pas à faire la
critique de la morale
qu'ancienne certes il en fait la
critique parce que selon lui elle pose
problème mais il propose une résolution
du problème et la résolution qu'il
propose c'est de dire qu'il n'existe de
devoir de vérité que pour autant qu'il
existe un droit à la vérité c'est de
dire si vous préférez que la notion de
devoir devoir de vérité va de Perre avec
la notion de droit droit à la vérité pas
de devoir sans droit pas de droit sans
devoir
pourquoi parce que la notion de droit
n'existe pas en dehors de la société
dans la nature il y a pas de droit le
droit est une invention humaine et même
plus qu'une invention une
convention une invention
conjointe donc le droit existe pour
réguler les interactions pour réguler
les comportements
interindividuels c'est-à-dire pour que
la société soit vivable et si possible
harmonieuse une société dans laquelle
les individus n'ont pas de droit c'est
une société qui court à
autodestruction mais pour que ces droits
existent il faut des devoirs le devoir
c'est le revers du droit par exemple le
droit de mon voisin à jouir de sa
propriété est conditionné à mon devoir
de respecter sa
propriété mon droit à rouler en sécurité
sur la route et conditionné au devoir
des automobilistes de respecter le code
de la route donc il y a effectivement
une interdépendance entre la notion de
droit et la notion de
devoir et donc ça ça conduit Benjamin
Constant à dire que tout le monde n'a
pas droit à la
vérité et que donc si tout le monde n'a
pas droit à la vérité il n'y a pas un
devoir absolu de vérité alors qu'est-ce
que ça veut dire que tout le monde n'a
pas droit à la vérité ça veut dire que
quand quelqu'un cherche à nous nuire ou
quand il cherche à nuire aux autres à la
sociéé il perd son droit à la vérité
pour constant le droit à la vérité est
subordonné à ce qu'on pourrait appeler
l'intention sociale l'intention sociale
c'estàd que si votre intention n'est pas
de faoriser la cohabitation pacifique
mais au contraire de lapromettre de
causer du T ou de la souffr aux autres
vousêtes excl du cors social vous êtes
exclus de son fonctionnement et donc de
ses
avantages parce que vous vous en êtes
exclus vous-même une société ne peut
fonctionner que si chacun joue le jeu si
vous ne jouez pas le jeu ben c'est
marqué dans la phrase vous ne jouez pas
vous êtes exclus du jeu droit et devoir
si vous estimez que vous n'avez pas le
devoir de bien vous comporter en société
on vous enlève le droit qui correspond à
ce devoir tant pis pour vous et donc
c'est pour ça que Benjamin Constant
introduit la notion de principe
intermédiaire un principe intermédiaire
c'est ce qui vient s'intercaler c'est ce
qui vient faire la médiation entre un
principe inconditionnel et son
application l'application d'un principe
est toujours
conditionnelle parce qu'appliquer une
règle c'est l'appliquer à une situation
or une situation a toujours un contexte
et ce contexte oriente
l'application dire la vérité dans un
contexte où la vérité peut entraîner la
mort ce n'est pas la même chose que dire
la vérité dans un contexte où elle ne
l'entraîne pas au fond on retrouve ici
ce que disait déjà saint Thomas d'quin à
propos de la différence entre la lettre
de la loi et l'esprit de la loi
appliquer une loi à la lettre sans
considération des cas particuliers
c'est parfois aller à l'encontre de ce
pourquoi la loi existe il est interdit
de passer au feu rouge parce que c'est
dangereux parce que vous risquez de
provoquer un accident mais si les
pompiers devaient respecter l'obligation
de s'arrêter au feu rouge alors qu'ils
interviennent justement pour sauver des
vies bah ce serait un peu incohérent
donc ce genre de situation prouve qu'il
y a des cas où respecter la lettre de la
loi c'est aller contre les esprit de la
loi qui en est à l'origine et bien c'est
la même chose avec l'exemple du
meurtrier on considère qu'il y a en
général un devoir de vérité mais si un
individu cherche à nuire à la société il
perd son droit à la vérité et s'il perd
son droit à la vérité notre devoir de
lui dire la vérité
s'annule donc voilà sommairement résumé
la position de Benjamin Constant à
propos de la morale de Kant et de son
devoir absolu de
vérité alors vous imaginez bien que Kant
n'allait pas laisser passer qu'il allait
bien entendu répondre à Benjamin
Constant et donc c'est ce qu'il va faire
il va lui répondre dans un court texte
qui s'intitule d'un prétendu droit de
mentir par humanité et qui va donner à
Kant l'occasion de préciser les
principes de sa morale alors pour
commencer il faut préciser quelque chose
d'important qui est que Kant ne conteste
pas l'interprétation faite par Benjamin
Constant de sa théorie morale quand je
dis qu'il ne conteste pas son
interprétation je veux dire par là
l'exemple du meurtrier qui poursuit sa
victime et à qui il faudrait dire la
vérité ce n'est pas un exemple qu'on
trouve chez Kant au départ c'est un
exemple inventé par constant pour
illustrer les conséquences de la morale
quancienne or Kant ne va pas contester
cet exemple il ne va pas dire vous me
faites dire ce que je n'ai pas dit vous
inventez un exemple qui n'a rien à voir
avec mon propos donc ce que vous dites
est nul et non avenu non quand admet la
validité de cet exemple autrement dit
oui si un meurtrier frappe à votre porte
et qu'il vous demande où est sa victime
Kant pense effectivement qu'il faut lui
dire la
vérité ce que conteste K c'est quelque
chose de beaucoup plus
fondamental c'est le principe de
l'exception
morale
l'exception pour contre il n'y a pas
d'exception possible en matière de
morale et ce pour une raison très simple
qui est que l'exception détruit la règle
vous savez on dit parfois c'est
l'exception qui confirme la règle bon
ben ça c'est une phrase humoristique
c'est ce qu'on appelle une
défausse on se défausse d'avoir enfreint
une règle en prétendant que le fait de
l'avoir enfreinte est admis par la règle
mais ça marche pas comme ça la réalité
c'est que si on tolère une exception on
tolère des exceptions donc une exception
n'est jamais vraiment exceptionnelle si
je puis dire
elle ouvre la voix elle entrouvre la
porte à d'autres exceptions qui pourront
elle aussi se prévaloir du statut de
l'exceptionnalité et donc le problème je
pense que vous le voyez clairement c'est
de savoir où s'arrête l'exception où est
la
limite il vous est sans doute déjà
arrivé au cours de votre vie qu'on vous
demande de faire une
exception vous êtes restaurateur vous
servez votre cabillot avec un gratin de
brocoli on vous demande
exceptionnellement un gratin de pomme de
terre
vous le faites parce que vous êtes bon
commerçant et que vous tenez à ce que
vos clients repartent de votre
restaurant
content mais ça vous
énerve vous êtes coiffeuse l'une de vos
clientes vous prend rendez-vous pour un
brosing vous l'installez vous lui faites
son brushing et quand vous êtes sur le
point de terminer elle vous demande si
vous pouvez en profiter pour lui
retailler la frange parce que ça prend
de minut minut et que bon c'est
exceptionnel vous le faites mais ça vous
énerve pourquoi ça vous énerve ça ne
vous énerve pas pour le temps ou pour
l'effort que ça vous demande ça vous
énerve pour le
principe parce que si elle voulait se
faire retailler la frange elle n'avait
qu'à prendre rendez-vous pour se faire
retailler la frange et que si tout le
monde faisait pareil si tout le monde
prenait rendez-vous pour une prestation
et au final vous demander une prestation
particulière ce serait juste pas tenable
entendez bien ce que j'ai dit parce que
c'est ça qui permet de comprendre la
logique philosophique de
Kant si tout le monde faisait pareil si
tout le monde faisait pareil autrement
dit si tout le monde se considérait
comme une
exception parce que c'est ce qu'il se
passe dans les faits chacun voit sa
propre situation comme une exception
puisque chacun est conscient que sa
demande est
particulière donc on part du principe
que parce que notre demande est
particulière il n'y a que nous qui la
faisons et que donc nous sommes la seule
exception me retailler la frange ça va
elle peut le faire ça prend 2 minutes
elle est pas à 2 minutes
près c'est ça qui énerve la non prise en
compte de
l'impossibilité d'une universalisation
de notre cas personnel pour contant une
action est problématique moralement
problématique quand elle n'est pas
universalisable sans contradiction or
par définition l'exception n'est pas
universalisable puisqu'alors il n'y
aurait que des exceptions et s'il n'y
avait que des
exceptions la règle n'aurait plus lieu
d'être pour contte c'est ce critère qui
qui doit commander l'évaluation morale
d'une action le critère désolé pour le
mot de
l'universalisabilité pas de
l'universalité parce qu'il est évident
que tous les comportements ne sont pas
universels mais de l'universalisabilité
c'est-à-dire le fait qu'un comportement
soit oui ou non
universalisable le mensonge n'est pas
universalisable car si on instaurait un
droit exceptionnel au mensonge
l'exception deviendrait la règle
pourquoi parce qu'il est dans l'ADN de
l'exception de porter en elle les
conditions de l'outrepassement de
l'exception théorème de la porte
entrreouverte une porte entrreouverte
c'est une porte qui n'est pas grande
ouverte mais c'est une porte qui laisse
autant passer que si elle était grande
ouverte et qui de ce fait ne tardera pas
à être grande ouverte
une porte entrouverte ne reste pas
entrouverte seul une porte fermée reste
fermée pour contte il faut fermer la
porte au mensonge et la fermer à
clé donc parler d'un droit de mentir par
humanité c'est très bien ça fait joli
mentir par humanité ça permet de
s'abriter derrière le paravant de la
compassion mais ça marche pas comme ça
la morale n'est pas une affaire
d'appréciation subjective de ce qui est
bien ou de ce qui est mal c'est une
affaire de loi et la loi morale nous dit
on ne ment pas quelle que soit la
personne à qui on a affaire quel que
soit le contexte auquel on a affaire
parce qu'une loi morale qu'on pourrait
interpréter librement cesse d'être une
loi
morale alors il est toujours difficile
de justif
une conception morale c'est presque
aussi difficile que de justifier une
conception
esthétique pourquoi trouves-tu ça beau
parce que je trouve ça beau je
caricature mais on n'est pas loin de ça
des goûts et des couleurs on ne discute
pas des droits et des devoirs on discute
mais on s'entend pas parce qu'on sait
depuis nietzs qu'il existe des
perspective morale davantage qu'une
objectivité morale que les différ entre
nos conceptions morales ne sont pas tant
lié à des différences de compréhension
qu'à des différences de perception
interne donc on se retrouve avec un
Benjamin Constant et un Emmanuel Kant
qui se dispute à propos de la morale
sans se rendre compte qu'on ne peut pas
convaincre l'autre de sa conception
morale tout au plus arrivriton à lui
faire comprendre pourquoi on a telle
conception morale plutôt que telle autre
mais ça va rarement plus loin il y a ce
qu'on appelle des différents
épistémologiques pas des différences des
différents ind différent c'est un
désaccord fondamental c'est un désaccord
qui ne peut pas être résolu autrement
qu'en adoptant la même perspective que
celui avec lequel on a
indiérent ce qui est très compliqué pour
cont ce qui est compliqué c'est
d'expliquer pourquoi selon lui mentir à
une personne c'est mentir à
l'humanité c'est d'expliquer en quoi
derrière chaque être humain il y a un
être humain
formel qui est un représentant formel de
l'humanité et donc c'est d'expliquer
pourquoi selon lui le devoir de vérité
est un devoir absolu
quant nous dit on ne peut pas
universaliser le droit au
mensonge donc si on ne peut pas
l'universaliser il est mal de mentir ok
mais sauf qu'il n'a jamais été question
d'universaliser le droit au
mensonge ce critère de
l'universalisation c'est un critère
abstrait dans les fait il n'existe pas
donc qu'est-ce que c'est que cette
histoire qu'est-ce que c'est que cette
vision idéaliste qui parle de morale
sans tenir compte des situations morale
concrète alors on va aider qu on va
aider qu tente à justifier son critère
de
l'universalisation c'est-à-dire qu'on va
tenter d'expliquer en quoi un
comportement qui n'est pas
universalisable est effectivement
problématique et pour ça on va s'appuyer
sur
Descartes dans son Discours de la
méthode descart nous dit nos sens
peuvent nous tromper et comment je sais
que mes sens peuvent me tromper je le
sais parce qu'ils m'ont déjà
trompé je plonge un bâton dans l'eau je
le perçois coupé à la surface pourtant
le bâton n'est pas coupé à la surface
c'est une illusion d'optique qu'est-ce
qu'il faut en conclure que je ne dois
jamais faire confiance à mes sens pas
que je dois leur faire un peu confiance
ou moyennement confiance non je ne dois
jamais leur faire confiance c'est
radical mais c'est logique pourquoi
c'est logique
c'est logique parce que si je me suis
rendu compte que mes sens pouvaient
parfois me tromper ça veut dire qu'il y
a des fois où ils m'ont trompé sans que
je m'en sois rendu compte si on se
rendait compte que nos sens nous
trompent à chaque fois qu'il nous trompe
B il y aurait pas de problème le
problème c'est justement le fait que je
ne le sache pas donc se rendre compte
que nos sens nous ont trompé ne
serait-ce qu'une seule fois c'est
suffisant pour jeter le doute sur toutes
les autres fois une erreur
une fois c'est un risque d'erreur toutes
les autres fois une erreur une fois
c'est un doute toutes les
fois et c'est pour ça que le
raisonnement de descart aboutit au doute
radical le doute radical c'est pas juste
une fantaisie c'est pas juste une
extrapolation
abstraite c'est une nécessité concrète
parce que l'existence d'une erreur
indique la possibilité permanente de
l'erreur maintenant appliquons ça au
mensonge imaginons que quelqu'un vous a
menti une fois ou plutôt que vous avez
découvert une fois que quelqu'un vous
avait
menti à partir du moment où vous savez
que quelqu'un vous a menti au moins une
fois c'est tout ce qu'il a dit et tout
ce qu'il va dire qui devient
douteux le doute jeté sur sa f ilité il
est total 100 % tu m'as déjà menti une
fois pourquoi tu ne serais pas encore en
train de me
mentir c'est ça dire que le mensonge
attaque la confiance à la
racine parce que tout devient douteux
tout devient suspectable de
mensonge alors qu'on sait pertinemment
que non la personne ne va pas nous
mentir à chaque fois ou alors on a
vraiment pas de chance mais qu'est-ce
qui nous garantit que la personne nous
dise la vérité puisque quand elle nous a
menti on pensait aussi qu'elle nous
disait la vérité vous voyez et ça c'est
ce qui permet de comprendre la position
de Kant ça permet de comprendre pourquoi
il considère le mensonge non pas comme
un interdit dans la plupart des cas mais
comme un interdit
absolu comme un interdit qui n'admet
aucune
exception parce que
l'exception jette le doute sur tout ce
qui n'est pas
l'exception donc ce que fait Kant
vis-à-vis de la morale c'est ce que fait
Descartes vis-à-vis de la
connaissance une
prémunition pas une
prémonition une
prémunition une
immunisation je me prémunis du risque de
mensonge en ne croyant plus rien de ce
que dit la personne qui m'a déjà
menti je lui retire ma confiance et
retirer sa confiance on l'a vu c'est
rendre toute vie en société
impossible vivre avec des gens que l'on
peut suspecter en permanence de nous
mentir c'est vivre dans une société non
pas abstraitement invivable mais
concrètement
invivable et c'est pour ça qu'il faut
bien faire attention de ne pas confondre
un principe abstrait
le mensonge est un interdit absolu avec
la conséquence concrète du non respect
de ce principe abstrait une société où
le mensonge n'est pas un interdit absolu
est une société où la confiance est
détruite alors Kant n'est pas quelqu'un
qui va utiliser des arguments
conséquentialistes pour justifier ses
position morale justement parce que Kant
n'est pas
conséquentialiste autrement dit ce n'est
pas seulement parce que le mensonge
détruit la confiance qu'il est
condamnable c'est parce qu'il
contrevient à la loi morale présente en
tout homme mais dans sa réponse à
Benjamin Constant
Kant joue le jeu des
conséquences et sur le plan des
conséquences sa position tient en une
phrase le droit au mensonge nuit à la
société et puisqu'il faut savoir jouer
le jeu des conséquences quand va aller
encore plus loin il va aller encore plus
loin en reprenant l'exemple de Constant
l'exemple du meurtrier qui poursuit sa
victime et à propos duquel constant nous
dit que si on dit la vérité au meurtrier
on devient en partie coupable de son
meurtre coupable sinon juridiquement du
moins moralement et Kant n'est
absolument pas d'accord avec ça il n'est
pas d'accord avec ça parce que pour lui
on n'est pas responsable des
conséquences de nos
paroles alors là j'imagine que certains
d'entre vous vont
bondir comment ça on n'est pas
responsable des conséquences de ces
paroles alors on va essayer de
comprendre pour contand on est
responsable de ses paroles et on est
responsable de ses
actes on est responsable de ce qu'on dit
et de ce qu'on fait mais on n'est pas
responsable de ce qui arrive suite à ce
qu'on dit ou ce qu'on fait
exemple quelqu'un que vous connaissez a
fait quelque chose de grave il a
provoqué un accident de la route un
accident mortel parce qu'il est passé au
feu rouge et donc il a provoqué une
collision avec une autre voiture et donc
cette personne vient vous voir elle est
encore sous le choc et elle vous demande
si selon vous ce qu'elle a fait est
grave oui c'est très grave
elle vous demande si vous pensez qu'elle
va aller en prison
oui tu risques de finir ta vie en prison
elle vous demande si vous pensez qu'avec
le temps elle arrivera à surmonter ce
traumatisme non tu vas être traumatisé à
vie le lendemain cette personne est
retrouvée chez elle pendue
elle s'est suicidé parce qu'elle ne
pouvait pas supporter de vivre avec ce
traumatisme ce traumatisme dont vous lui
avez dit la veille qu'elle porterait
toute sa vie est-ce qu'on peut dire oui
ou non que vos paroles ont eu pour
conséquence qu'elles se
suicide en un sens oui parce qu'elle
cherchait visiblement du soutien quelque
chose qui aurait pu l'aider à tenir le
coup et qu'au lieu de ça elle a trouvé
quelqu'un qui l'a
enfoncé qui lui a fait perdre tout
espoir de
rémission la question est la suivante
êtes-vous responsable de son suicide
pour cont la réponse est non non parce
que vous n'êtes pas responsable de ce
que font les
autres vous n'êtes responsable que de ce
que vous faites vous et qu'est-ce que
vous vous avez fait vous vous avez dit
la vérité en tout cas ce que vous pensez
être la
vérité en tout cas vous avez été honnête
avec elle or on n'est jamais coupable
pour contte d'avoir été honnête ce que
nous dit compte c'est que vous ne
pouviez pas savoir que cette personne
allait mettre fin à ses jour non
seulement vous ne pouviez pas le savoir
mais vous ne pouviez pas savoir non plus
ce qu'elle aurait fait dans le cas où
vous lui auriez menti imaginez que vous
lui ayez menti imaginez que vous lui
ayez dit ça va aller les juges vont
faire preuve de clémence il n'y aura
peut-être pas de
détention tu seras suivi par un
psy imaginez que vous lu ayez dit tout
ça qu'à l'arrivée pas du tout la
personne se retrouve en prison sans
suivi psychologique
toute seule avec sa culpabilité et son
désespoir est-ce que ce n'est pas
davantage dans cette situation qu'il y
aurait eu un risque qu'elle mette fin à
ses jour est-ce qu'il valait la peine de
lui mentir pour qu'au final le
contrecoup de la réalité la somme encore
plus est-ce qu'elle n'aurait pas été là
la faute
morale dans le fait de mentir à
quelqu'un en sachant qu'il finira par
découvrir la vérité
puisque c'est lui qui va la vivre et
qu'à ce moment-là sa douleur risque
d'être
inconsolable appliquons le même
raisonnement au meurtrier qui vous
demande où est sa victime imaginons que
vous lui disiez je ne sais pas où est la
personne que vous cherchez
ou que vous lui disiez je l'ai vu elle
est partie par là autrement dit imaginez
que vous mentiez au meurtrier pour
protéger la victime et sauf que ce que
que vous ne savez pas c'est que pendant
que le meurtrier frappa à votre porte la
victime s'est échappé
elle a profiter du fait que le meurtrier
ne la voyait pas pour prendre la fuite
pendant ce tempsl vous vous avez menti
au meurtrier en lui disant que sa
victime n'était pas chez vous pour la
protéger le meurtrier repart il lève la
tête et là il voit sa victime qui est en
train de s'échapper
il lui court après il la rattrape et il
la tue il la tue à cause de vous parce
que ce que vous lui avez dit a créé la
situation dans laquelle il a pu la
tuer votre mensonge n'aura servi à rien
ou plutôt il aura servi à engendrer les
conséquences exactement inverse à celle
que vous vouliez
engendrer la morale de histoire c'est
que selon Kant il est impossible de
prévoir les conséquences de nos
paroles le scénario que je viens
d'évoquer dans lequel le meurtrier
retrouve par hasard sa victime ben comme
son nom l'indique c'est un scénario un
scénario parmi d'autres scénarios
possibles celui qui pense qu'il fallait
mentir au meurtrier il le pense parce
qu'il a envisagé un autre
scénario un scénario dans lequel la
victime est resté cachée chez vous et
donc dans lequel le meurtrier ne la
retrouve pas donc c'est scénario contre
scénario ce que nous dit compte c'est
qu'on ne fonde pas une décision morale
sur des
scénarios parce que par définition on ne
maîtrise pas l'imprévu on ne maîtrise
pas les
conséquences et donc quitte à ne pas
maîtriser les conséquences autant dire
la
vérité celui qui a menti au meurtrier et
qui malgré ça n'aura pas empêché le
meurtre de la victime est finalement
beaucoup plus coupable que celui qui a
dit la
vérité car non seulement il n'aura pas
empêché la victime de se faire tuer mais
en plus il aura menti il aura enfin
l'impératif moral de vérité
absolue tout ça pour ça quoi qu'il
arrive nous dit compte dites toujours la
vérité parce que dire la vérité et la
seule chose qui dépend de vous c'est
donc la seule chose à laquelle vous
pourrez vous
raccrocher si la situation vous
échappe je
cite la véracité dans les déclarations
que l'on ne peut éviter est le devoir
formel de l'homme envers chacun quelque
grave inconvénient qu'il en puisse
résulter pour lui ou pour un autre et
quoi que en Y en altérant la vérité je
ne commette pas d'injustice envers celui
qui me force injustement à les faire
j'en commets cependant une en général
dans la plus importante partie du devoir
par une semblable altération et dès lors
celle-ci mérite bien le nom de mensonge
en effet je fais en sorte autant qu'il
est en moi que les déclarations ne
trouvent en général aucune créance et
que par conséquent aussi tous les droits
qui sont fondés sur des contrats
s'évanouissent et perdent leur force ce
qui est une injustice faite à l'humanité
en général il est possible qu'après que
vous ayez loyalement répondu oui au
meurtrier qui vous demandait si son
ennemi était dans la maison celui-ci en
sorte inaperçu et échappe ainsi aux
mains de l'assassin de telle sorte que
le crime n'ait pas lieu mais si vous
avez menti en disant qu'il n'était pas à
la maison et qu'étant réellement sorti à
votre insu il soit rencontré par le
meurtrier qui commette son crime sur lui
alors vous pouvez être justement accusé
d'avoir causé sa mort en effet si vous
aviez dit la vérité comme vous la saviez
peut-être le meurtrier en cherchant son
ennemi dans la maison eû-il été saisi
par des voisins accourus à temps et le
crime n'aurait-il pas eu lieu celui donc
qui ment quelqu généreuse que puisse
être son intention doit même devant le
tribunal civil encourir la
responsabilité de son mensonge et porter
la peine des conséquences si imprévu
qu'ell puissent être c'est que la vérité
est un devoir qui doit être regardé
comme la base de tous les devoirs fondés
sur un contrat et que si l'on admet la
moindre exception dans la loi de ses
devoirs on la rend chancelante et
inutile c'est donc un ordre sacré de la
raison un ordre qui n'admet pas de
conditions et qu'aucun inconvénient ne
saurait restreindre que celui qui nous
prescrit d'être véridique Loyau dans
toutes nos déclarations tous les
principes juridiquement pratiques
doivent renfermer des vérités
rigoureuses et ceux qu'on appelle ici
des principes intermédiaires ne peuvent
que déterminer d'une manière plus
précise leur application au cas qui se
présente suivant les règles de la
politique mais ils ne peuvent jamais y
apporter d'exception car elle détruirait
l'universalité à laquelle seul ils
doivent leur nom de
principe la vérité toute la vérité rien
que la vérité vous avez tous déjà
entendu cette expression elle fait
partie du serment que prête le témoin
lorsqu'il est appelé à la barre la
vérité on en a parlé tout au long de cet
épisode et de son
le
mensonge rien que la vérité parce que
pour qu il n'y a pas d'exception au
devoir de vérité mais qu'en est-il de la
troisième partie de
l'expression toute la
vérité si on prend l'expression au pied
de la lettre dire toute la vérité c'est
dire la vérité y compris lorsquelle n'a
pas de rapport avec la discussion vous
êtes en train de parler du dernier match
de équipe de France et puis tout à coup
ça fait 3 jours que je suis pas allé à
la selle merci pour
l'info si je ne l'avais pas dit si
j'avais occulté cette vérité est-ce que
ça aurait été un
mensonge est-ce que c'est ça qu'on
appelle le mensonge par
omission non le mensonge par omission
c'est quand on élude une information
dont on sait que l'autre devrait la
connaître
c'est quand on élu d'une information
dont on sait que si l'autre la
connaissait ça modifierait la donne ça
modifierait ce qu'il pense de nous ce
qu'il va faire ou ce qui va nous arriver
et que donc on préfère taire cette
information mentir par omission c'est
mentir en ne disant pas une vérité qui
devrait être dite mais ce n'est pas
mentir par omission que d'avoir son
jardin secret ce n'est pas mentir par
omission que de garder pour soi ce qui
ne regarde que
soi exiger la transparence la
transparence en matière de politique en
matière de dépenses publi en matière de
gestion de la cité c'est le fondement de
la
démocratie exiger la transparence en
matière de vie privée
en matière d'opinion en matière
d'intériorité c'est le fondement de la
tyranie il y a dire toute la vérité et
il y a parler vrai par les vrai c'est
considérer que tout ce qu'on pense n'a
pas forcément à être dit mais que tout
ce qu'on dit a forcément à être pensé
c'est considéré
que nos paroles nous engagent et qu'il
faut pouvoir les assumer à défaut de les
justifier par les vrai c'est considérer
qu'il n'y a pas de honte à dire ce qu'il
n'y a pas de honte à
penser je vous remercie
[Musique]