Questions éco : Éthique et finance avec le chercheur Christian Walter

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9 nov. 2024
Pour approfondir une question économique ou aborder la vie en entreprise, Guillaume de Prémare reçoit un ou deux invités chaque mois. L’occasion de nourrir notre réflexion avec la pensée sociale chrétienne. En partenariat avec la revue Capital Social dont Guillaume de Prémare est le rédacteur en chef.
[Musique]
les conversations du
weekend aujourd'hui conversation animée
par Guillaume de prémard avec la revue
capital
social chers auditeurs de cateo Radio
bonjour je suis heureux de vous
retrouver pour la 3e édition de
l'émission question echo consacré aux
grands enjeux économiques et sociaux
aujourd'hui nous allons parler d'un
couple conflictuel un couple passionnel
c'est je t'aime moi non plus en quelque
sorte éthique et finances c'est un sujet
à la fois brûlant et décisif
souvenez-vous la crise de 2008 vous avez
tous tremblé tout le monde a tremblé
spécialiste ou non spécialiste nous
avons tous eu la crainte d'un
écroulement du système financier mondial
et aujourd'hui encore la menace ne
semble pas é écarté on pourrait
connaître un bis repétita c'est ce que
disent certains spécialistes attention
attention on n pas tiré toutes les
leçons le casino financier mondial est
en danger et ça pourrait être plus grave
encore donc cette question est
inquiétante et euh elle a un lien
important cette question de la la
stabilité des marchés financiers de
l'économie mondiale avec la question
bien sûr de l'éthique et pour aborder
cette question j'ai le plaisir de
recevoir aujourdd'hui un
spécialiste le chercheur Christian
Walter spécialiste du lien entre éthique
et finances bonjour Christian Valter
bonjour alors vous êtes chercheur je
l'ai dit chercheur associé à l'étude des
hautes études en sciences sociales le H
s la fameuse eh SS vous êtes membre de
l'Institut d'éthique appliqué de
l'Université Laval à Québec donc vous
traversez l'Atlantique de temps à autres
et vous avez dirigé la chair éthique et
finances de l'Institut catholique de
Paris euh vous avez été aussi longtemps
titulaire de la chair éthique et
finances de la Fondation Maison des
sciences de l'homme la FMSH alors vous
avez fait de nombreux travaux sur les
risques financier l'approche du hasard
en finance la les modélisations
mathématiques et nous allons en parler
le risque et les enjeux éthiques et et
politique associé à toutes ces notions
alors je précise que vous n'êtes pas
simplement un chercheur hein euh il y en
a qui disent c'est difficile d'être
chercheur tout a déjà été trouvé cé dans
une chanson mais vous êtes aussi un
opérationnel puisque vous êtes
actuaire de formation et vous avez une
carrière déjà opérationnel de 20 ans
dans la gestion des portefeuilles et
contrôle des risques dans des
établissements financiers donc sur le
terrain là au cœur de la machine et de
vous êtes toujours consultant en modèle
mathématique de risque pour la finance
donc vous êtes côté université et côté
machinerie financière les institutions
financières pour les conseillers et
c'est plutôt une bonne chose qu'il fasse
appel à des à des conseillers comme vous
alors je disais actuaire qu'est-ce donc
qu'un actuaire c'est quoi ça un espèce
de grosse tête un format qui un
calculateur de risque en quelque sorte
oui l'actuaria c'est simplement la la
manière de d'appréhender euh les futurs
contingents autrement dit on ne sait pas
très bien ce qui va se passer et on
essaie de poser des chiffres sur
l'inconnu futur et avec des des
probabilités et ensuite on transforme le
futur contingent en argent présent donc
c'est la manière de trit en quelque
sorte à la fois le hasard le temps et
l'argent et voir comment les trois
s'articulent l'un et l'autre donc
statistique et probabilité et et donc
finance et argent et argent donc c'est
les assureurs qui vous font qui font
travailler les actueurs les banques pour
leur calcul de de notes de risque
d'opération ou autres ou pour monter le
leur système en fait typiquement une
assurance très automobile c'est une
estimation
des des des accidents possibles dans le
futur que l'on trans forme en calcul
d'espérance au sens mathématique pour
pour calculer une prime voilà prime
d'assurance c'est exact c'est un exemple
euh élémentaire au fond de ce qu'est
l'actuaria voilà on a des une
sinestralité on a un futur contingent
accident ou pas accident pareil pour l'
incendie pareil pour n'importe quoi un
cambriolage et on essaie par rapport à
ça de d'en estimer les risques et une
fois que c'est estimé d'en estimer le
coût et de ramener le coût futur à un
coup présent et de voir ce que ça fait
en argent présent donc faut calculer le
bon montant de prime voilà pour que pour
que l'assureur soit pas
ruiné tous les accidents qu'il n'avait
pasours aussi voilà alors le risque il
est très présent dans la finance parfois
on parle du Grand Casino mondial on dit
que le système les marchés financiers
sont devenus un vaste casino mondial et
je parlais en introduction de cette
fameuse crise de de 2008 alors vous qui
êtes calculateur de risque est-ce que
vous l'aviez prévu ce coupl oui disons
que le dans quand on applique les les
formules mathématiques sur les marchés
financiers il y a une chose qui qui est
pas connue mais on a retiré de ces
formules mathématiques toute capacité à
prévoir ah c'estàd que si quelqu'un
disait un jour avec la science je vais
prévoir le futur des marchés on sait
d'avance que ça que ça marcherait pas
que ce serait un énoncé qui serait on va
dire un peu du charlatanisme pour des
raisons très précises qui viennent de ce
qu'on veut prévoir on cherche à prévoir
les fourchettes de variabilité donc les
risques variations des marchés des
bourses et C VO mais pas les mais pas la
tendance future boursière ouais c'est
plus compliqué que pour l'assurance en
fait disons que ce sont des calculs
d'espérance mathématiqu dans les deux
cas mais dans le cas de la finance il y
a beaucoup de phénomènes qui qui font
qu'il est en fait en dehors du champ du
calcul de chercher à prévoir le futur du
marché mais est-ce que vous vous doutiez
quand même déjà avant cette crise que ça
pouvait survenir en fait est-ce que vous
aviez déjà identifié un problème on va
dire structurel systémique alors disons
que dans la finance ce qu'on peut
arriver à à prévoir sont plutôt les
conséquences des choix de modèle de
risque donc là on peut dire si on a tel
type de modèle de risque alors on aura
tel type ou non d'accident ou pas
d'accident c'est ça qu'on regarde c'est
plutôt au fond l'impact pratique de
décision de choix de modélisation
autrement dit si vous avez un jeu de
Pilou face 550 pile 50 50 face et que
vous mettez les probabilités d'un d 1/6e
vous mettez pas les bonnes probabilités
sur le jeu que vous avez en main
c'est-à-dire que vous choisissez pas le
bon modèle de risque d'accord c'est ça
qu'on regarde donc il y a pas de
prévision de crise mais on peut avoir
des indications de dangers potentiel qui
sont le résult
de choix techniques qui sont faits sur
les manières de prévoir le risque al ça
ce sont les fameux produits toxiques par
exemple les fameux subpre qui sont des
prê immobiliers qu'on qu'on qu'on revend
et achète comme des titres en fait c'est
qui qui ont craqué donc le marché
immobilier a craqué aux États-Unis donc
en 2008 ça a été à l'origine c'était le
déclencheur on va dire est-ce que ceux
qu' ont conçu ce produit précisément les
subprime ils ont pas fait un bon travail
d'actuire alors disons que là si on
rentre dans les produits
euh les crédits
hypothécaires reposent sur des calculs
la manière de les couvrir repose
également sur des calculs et si on
choisit des mauvaises formules
mathématique alors là c'est clair qu'il
y aura des problèmes ensuite donc ce qui
est toxique dans cette affaire c'est pas
tellement qu' le le l'idée du crédit
hypothécaire ou l'idée de la couverture
ou comme on dit de la protection contre
les risques de non remboursement des
crédits hypothécaires mais la manière
que l'on a de choisir des modèles
mathématiques pour atteindre l'objectif
de N de remboursement ou de protection
contre le non remboursement donc le
produit en lui-même l'idée du produit
n'est pas toxique ce qui est toxique
c'est ce qu'on met dedans comme
composant mathématique pour parvenir à
l'objectif de protection et le fait même
de de pouvoir acheter et revendre des
créances sur un marché fluctuant parce
que c'est ça en fait on je schématise
j'imagine on fait un titre avec une
créance qu'on a sur sur l'immobilier un
crédit hypothécaire et on achète on le
revend alors il il y a un cours il y a
des et et ça en soit ça a été comm remis
en cause comme intrinsèquement toxique
mais est-ce qu'on a on a peut-être pour
pr un exemple c'est un peu comme une
voiture et un compteur de vitesse vous
mettez un compteur de vitesse vous
freinez vous accélérez donc le compteur
vous donne la vitesse donc là la
question qui se pose c'est est-ce queon
peut sans arrêt ralentir et accélérer
mais l'autre question qui se pose c'est
est-ce que le compteur donne la bonne
vitesse donc il y a deux questions
différentes voyez ce qu'on décide de
faire on va on rachète on accélère on
ralentit et après quelle vitesse
apparaît sur le compteur et on peut
imaginer que si le compteur est mal
conçu et se trompe de vitesse on peut
être induit en erreur par le compteur et
à ce moment-là ce qui t' en cause c'est
plus la décision de racheter ou de
vendre mais ce sur quoi elle se fonde
qui construit cette décision parce que
les chiffres sont pas bons à cause du
fait que le compteur n'est pas bon et là
on touche du doigt un des problèmes des
crédits hypothécaires et surtout des
l'assurance des crédits hypothécaires ce
qu'on appelle les CDS alors il y a eu
euh la faillite de la banque Leman
Brothers qui était une importante banque
d'affaires américaine une des
principales euh qui a coulé et ça
entraîné une réaction en chaîne de de
faillite de de société financière et
d'entreprisees et cetera et cette
fameuse crise et il a fallu mettre on a
sauvé l'économie mondiale disent les
dirigeants de l'époque sarkoosi dit même
j'ai sauvé l'économie mondiale j'ai
entendu récemment il dit moi j'ai sauvé
l'économie mondiale et on a mis beaucoup
d'argent pour pas pour renflouer l'M
brosz parce qu'elle a coulé mais pour
d'autres pour soutenir d'autres
institutions financières et après on a
dit vous allez voir maintenant on va
réglementer il y avait pas assez de
réglementation et tout ça sera de
l'histoire ancienne et ça n'arrivera
plus comment vous vous appréciez cette
politique qui a été euh qui a été menée
à l'époque et et est-ce que euh on est
vraiment protégé comme comme il est
prétendu on disons que le but d'une d'un
système de réglementaire ou d'une
réglementation ou d'une régulation c'est
de protéger l'économie des accidents euh
financiers on parle de réglementation
prudentielle ça c'est l'objectif ensuite
la question c'est qu'est-ce qu'on met
dans la réglementation pour qu'elle soit
effectivement prudentielle donc là la
question se déplace et on se demande
est-ce que par hasard au risque par
rapport au risque que l'on a observé
dans les phases d'accident précédents
est-ce que la réglementation est bien
conçue pour protéger l'économie et la
société de ses risques manifestement
elle était mal conçue là alors la
question qui se pose c'est que contient
la réglementation par exemple dans la
réglementation bancaire qu'on appelle
balle 2 ou balle 3 donc quand on regarde
de près la manière dont on demande de
faire des calculs de besoins fonds
propres des banques on trouve qu'il y a
un modèle particulier utilisé qui porte
un nom qui est le modèle de basitcheck
peu importe le nom mais ce modèle est
lui-même questionnable c'estàdire que la
question se pose dans la
réglementation de l'usage des modèles
mathématiques et peut-être des mêmes
modèles que ceux qui ont été à l'origine
des accidents donc si la
réglementation est construite est conçu
sur la base des mêmes représentations de
risque que les modèles qui ont conduit
aux accidents qu'elle veut protéger et
éviter là il y aura un problème d'effet
de résonance ça va au contraire
amplifier le problème et on trouve
beaucoup
d'exemples de la manière dont les
réglementations prudentielles
contiennent des
éléments sur le risque le hasard qui
étaent ceuxl même qui ont été à
l'origine des accidents qu'elle cherche
à éviter on pour dire que le régulateur
en cherchant à éviter des accidents
financiers
utilise des ingrédients réglementaires
dans lesquels se trouvent un peu comme
des cookies dans un biscuit loger des
éléments toxiques qui viennent des
modèles qui ont été à cause des
accidents que la régulation veut éviter
et ça c'est lié à une approche du risque
à une à une approche peut-être erronée
du risque est-ce que est-ce que cette
approche du risque c'est c'est c'est
presque une croyance ou pas voilà disons
que au-delà des des mathématiques disons
que on va dire les gens en général donc
les régulateurs les prof in les
chercheurs les uns les autres tout le
monde ont à l'esprit une sorte
d'imaginaire du risque ou d'imaginaire
du hasard on s'imagine que le risque ou
le danger est là donc il y a un
imaginaire du risque qu' on pour appeler
une narration du hasard un récit au sens
littéraire du hasard et là c'est clair
que ce récit du hasard construit une
croyance partagé donc si on a une
croyance partagée sur un récit un roman
du hasard et bien les banques vont agir
d'une manière particulière par rapport à
ce roman du hasard on appelle ça la
culture de risque et les individus vont
agir aussi par rapport à ce roman du
hasard et vont acheter des crédits
hypothécaires déclassés ou par que la
croyance compte dans la finance puis que
d'ailleurs la créance c'est la croyance
dans la capacité de remboursement du
débuteur VO voilà et donc la question
c'est quelle est la croyance et quand on
veut ce qu'on s'intéresse à la maîtrise
des risques la croyance sur le risque
est fondamentale il y a une croyance
risque qui s'exprime ensuite
mathématiquement dans les hypothèses des
modèles de contrôle de risque c'est de
la de la du mode de croyance qu'on peut
avoir ou d'approche ou de représentation
d'imaginaire du risque dépend le modèle
mathématique al scientifique là qui va
être toujours juste à la la virgule près
à la décimale près mais c'est il y a un
lien direct voilà le modèle repose sur
une croyance dans la forme du hasard
dans la morphologie de l'incertitude si
on pense qu'elle est d'une forme
particulière on aur un modèle
particulier autrement l'hypothèse
mathématique résulte de ce que l'on
croit être la forme du hasard évidemment
après on La Teste statistiquement et on
regarde si on s'est ou non trompé parce
que si on a une croyance dans une forme
de risque et qu'on va apparaîtreun autre
forme c'est que quelque chose n'était
pas validé dans la croyance et on doit
la changer ça pas été le cas entre
1970 et et à peu près 2000 on avait une
croyance sur le risque qui était
invalidée statistiquement par tous les
tests entrepris sur les marchés pendant
40 ans qui a été maintenu pour des
raisons ensuite à déterminer et c'est
une des causes importantes des accidents
financiers depuis le crack de 1987 oui
il y avait déjà eu 1987 87 c'est c'est
un exemple typique de ce que on a une
croyance sur le risque on fait un modèle
mathématique de protection on dit
d'assurance de portefeuille le modèle de
coxross et ce modèle mis en place dans
juste avant le crack produit le crack
c'est très documenté donc là on voit
qu'une mauvaise croyance sur la sur réel
du danger peut accentuer le danger là où
on croit protéger les épargnants de la
baisse des marchés en assurant leur
portefeuille et là ça arrive très
souvent avec la crise la crise russe les
la bulle Télécom et tout ce qu'il y a eu
ensuite jusqu'en 2008 alors est-ce que
j'imagine que dans nos auditeurs il y en
a il y en a peut-être même sûrement
qu'on qu' quelques économie 10 ou 20000
€ ici ou 30000 € là
euh est-ce qu'ils peuvent avoir peur
pour leurs économies aujourd'hui avec le
système tel qu'il fonctionne est-ce que
ça peut se reproduire c'estd que hop que
les économies fondent que que que tout
ça te un nouveau craque quoi ça c'est la
question de l'investissement où est-ce
qu'on investit comment on alloue en fait
son épargne et la question des
portefeuilles voilà là il faut que
chacun
regarde aussi bien professionnel que
particulier de quoi est fait le
portefeuille dans lequel on investit ça
peut être côté ça peut être non côté
action obligation après c'est d'autres
critères que la la modélisation il faut
voir de quoi fait le portefeuille ouais
c'est sinon sinon on joue à la Bourse
quand on joue au casino et sinon on pour
imaginer qu'on tire au hasard voilà ou
on tire au hasard c'est le hasard alors
l'image du casino bon on pourrait disons
que c'est une image à double à double
tranchant mais disons qu'on pourrait
imaginer ce qui a été imaginé dans Ann
60 que on pourrait faire un portefeuille
au hasard et que au hasard on choisirait
les titres et que au hasard névoluerait
selon le marché mais ça c'est notre oui
on pourrait avoir bonne ou mauvaise
fortune voilà c'est ça exactement et et
alors on va faire une première pause
musicale et en parlant de bonne ou de
mauvaise fortune et de
casino nous allons écouter Patrick Fiori
il a une voix magnifique he Patrick
Fiori dans une chanson dont le titre est
et peut-être que peut-être et je vous
cite un un passage et peut-être que
peut-être ou peut-être pas Madame
fortune enfin me prendra dans ses bras
et Patrick Fiori nous raconte
nous raconte la détresse mais surtout
les espérances folles d'un joueur
impénitent au casino qui qui espère un
jour enfin embrasser cette charmante
dame fortune nous écoutons Patrick
[Musique]
Fiori j'ai changé de ville 1000 fois
changé de nom 100 fois j'ai failli finir
dans les plumes et le goudron
je guête les signes à mon transit plus
que baron ma vie c'est le jeu les vis
les cartes et les faux jetons si je
croise un prêtre je mise à fond sur les
rouges une mouche à la fenêtre et c'est
pas mon
jour et peut-être que peut-être ou
peut-être pas Madame fortune enfin me
prendra dans ses bras et peut-être oui
peut-être que cette fois je ferai la une
en tirant au sort ou les rois et qui
verra vivre 10
fois m' VI c'est la chance mes châteaux
des casinos c'est le diable que je tente
au poket
un peu les
chevaux chaque jour est neuf je ne vis
que des débuts des Martin galant coup de
bluff un peu d'embrouille au menu si
cette fille avance je mise tout chiffre
impaire si sa chaise se balance
j'attends la
rivière et peut-être que peut-être on
peut-être pas
madame fortune enfin me prendra dans ses
bras et peut-être oui peut-être que
cette fois je ferai la une en tirant au
sort pour les rois et qui verra vivra
alléluia oh et peut-être que peut-être
au voilà chers auditeurs j'espère que
vous avez apprécié la voix magnifique de
patri fi et cette chanson je dois dire
assez rigolote sur le joueur impénitent
nous retrouvons Christian Walter euh
chercheur associé à l'École des hautes
études en sciences sociales spécialiste
des questions de de finances et
d'éthique de risque et de mathématique
un fort en math est parmi nous et nous
parlons ensemble de d'éthique et de
finances on parlait de de cette fameuse
crise de 2008 et c'est vrai qu'après
cette crise euh
on a cherché un peu des boucs émissaires
et on a on a dit B le problème c'est
l'avidité la rapacité la cupidité d'un
certain nombre de de personnes qui par à
pas du gain ont fait à peu près
n'importe quoi ils sont partis dans des
dans des dans des choses folles et donc
on pourrait dire bah c'est ces gens
n'avaient pas de morale donc on va
mettre de la morale dans dans le dans
les pratiques financières on va faire
des on va on va favor l'émergence
d'acteurs de personne morale conscience
morale conscience éthique et tout ira
bien mais vous Christian Valter vous
n'êtes pas tout à fait d'accord avec
cette option bon disons que là il faut
moins être concret si on prend l'exemple
justement d'un fléchage de la finance
par la morale visant le bien ça peut
être le bien prendre différentes formes
il y a des cultures religieuses la
finance chrétienne la finance islamique
ça pourêtre la finance verte la finance
humaniste on flèche la finance en disant
aux acteurs qu'il faut viser le bien ou
le bien commun donc on va investir dans
des entreprises qui poursuivent un bien
quelque chose qui est bon pour pour
l'humanité pour l'homme et surtout on
dit si l'action de l'individu s'il agit
bien alors du point de vue qu'ancien
mais pas que qu'ancien alors l'attention
est en bonne forcément en visant le bien
tout ira bien donc quand on dit ça on
dit que la finance est un outil et on
prend souvent l'exemple du marteau bah
le marteau c'est un outil si on utilise
bien on tape sur un clou bah c'est bien
si on utilise mal on tape sur l'autre
c'est mal voilà et donc on dit au fond
la finance est un outil et cet outil bah
il faut utiliser bien donc formater ou
coder moralement les agents pour qu'ils
agissent bien donc on va agir sur les
comportements voilà et donc là on dit
ben finalement tout est bien la finance
va être moralisée parce que comme
l'outil on l'oriente vers le bien et
donc on va s'arranger pour qu'on le
marteau ça va planter des clous et pas
taper sur l'autre et de fait mieux vaut
agir bien et être honnête que être
mafieux oui donc tout irait bien mais là
concrètement on voit qu'il y a un
problème qui apparaît on prend l'exemple
de
1987 des professionnels de la finance
ont voulu protéger l'épargne de leurs
clients donc ils vont lui agir bien dans
le sens d'un bien leur attention était
bonne et pour ça ils ont voulu assurer
le portefeuille de leur client par une
technique d'assurance de portefeuille
donc l'intention est toujours très bonne
on cherche le bien onut éviter que son
client perde son épargne ou perde son
investissement mais faisant ça on
provoque la catastrophe
donc là il y a un phénomène qui est très
curieux et qui n'entre pas dans
l'approche morale on va dire classique
du marteau et de l'outil c'est qu'au
fond en voulant agir bien quelque chose
se passe qui finit par produire le
contraire de ce qu'on veut faire c'est
comme si l'outil en l'occurrence
l'assurance de portefeuille le modèle de
coxross avait
trahi celui qui agissait bien avec
l'outil l'intention bonne se heurte à
quelque chose qu'on appelle la chance
moral moral Lux c'est c'est de l'anglais
qui fait que la forme du hasard vient
contredire ce qui se passe dans
l'attention de celui qui a agit comme il
a agi et là on voit apparaître quelque
chose de tout à fait
euh curieux mais très important pour
l'éthique en finan c'est que en finance
justement la finance n'est pas comme un
outil c'est pas comme le marteau le
marteau évidemment on le prend c'est
bien et on prend mal c'est mal or là on
prend un modèle mathématique de risque
l'assurance de portefeuille et ce modèle
c'est plutôt comme un gant de jeu vidéo
quand on met le gant on est embarqué par
l'outil dans une direction qui est
contenue dans l'outil même si
l'intention est bonne avec un outil qui
n'est pas éthiquement éthiquement neutre
qui est pas un marteau il se passe
quelque chose qui va produire une
catastrophe donc ça c'est ce que vous ce
que vous contestez vous c'est la
neutralité éthique des outils voilà
alors quand on dit nous je dis en fait
pour être re juste une sorte de
cartographie mondiale ça c'est le
courant de l'école écossaise qui depuis
les années 2000 sous l'impulsion de d'un
sociologue des sciences McKenzie a
beaucoup travaillé sur cette notion
d'outillage techniqu qui ne sont pas
éthiquement neutre il a été très
documenté que dans la finance et je
pense qu'il faut vraiment insister
là-dessus pour vos auditeurs c'est qu'on
ne peut pas dire que la finance est un
outil comme un marteau parce que
précisément c'est comme si le marteau
avait une vie propre oui et donc on
prend en main un outil et l'outil vous
embarque c'estd que le modèle
mathématique lui-même vous embarque
voilà c'est ça la manière de vous poser
toutes vos vos équations là très
complexes que que vous maîtrisez mais
embarque prenez 87 prenez le craque de
87 à l'époque beaucoup d'ENT de change
en France beaucoup certains étaient
faisaient partie de ce qu'on appelle à
l'époque le patronat chrétien on dire
aujourd'hui lesc dirigeants chrétiens
beaucoup ont dit qu'ils ont agi bien
dans par rapport à leurs clients selon
les critères même ique au sens on
cherche le bien et on est honnête et on
fait ce qu'il faut et ils ont été trahis
c'est c'est leur terme par ce qu'on
appelle à l'époque la gestion en delta
neutre on va dire c'est quoi ce truc
mais en fait la gestion en delta neutre
c'était une technique qui étant utilisée
produisait une catastrophe et de fait
bien qu' ayant agi comme il faut du
point de vue de principe d'action bonne
au sens qu'ancien ou chrétien le
résultat a été catastrophique et c'est
pas parce que ces personnes étaient
incompétentes elles ont été honnêtes
elles ont été
alors la question se pose de c'est pas
tellement une incompétence c'est plutôt
une incapacité à voir que l'outil a sa
vie propre oui que l'outil embarque et
il se laisse embarquer par des modèles
mathématiques qu'il croit neutre et
ceter voilà je pense que là c'est
vraiment important je je répète encore
de quitter l'idée que dans la morale en
finance la finance c'est un outil comme
le marteau ça c'est très important donc
là on a deux typologies là de problème
là celui que vous décrivez l'intention
est bonne on on on se trompe sur l'outil
puisque l'outil a sa vie propre et il y
a une en quelque sorte il y a une
détermination par le modèle mathématique
lui-même et il y a alors il y a le
deuxième cas alors là c'est on parlait
de la cupidité de la la de la la varis
c'est
madof le financier américain madof qui
lui montre une une immense pyramide de
de Ponzi et crée un système fruduleux là
alors là
c'est pour madf on va identifier tout de
suite où est le problème et là c'est la
ver c'est la cubité et pour et pour le
cas des modèles c'est beaucoup plus
subtile en fait c'est beaucoup plus
difficile à ID ce que maduf après tout
il suffit de de l'arrêter de le mettre
en prison c'est ce qui s'est passé
disons que s'il y a pas de modèle
mathématique impliqué la question
revient sur une question morale simple
est-ce que l'intention était honnête ou
non mais s'il y a un modèle mathématique
qui apparaît dans le paysage là se pose
la question de l'extension de la morale
classique à la prise en compte des
modèles mathématiques en 2008 je de la
crise il faut vraiment il faut être
concret c'est que il y avait un outil
extrêmement puissant qu'on appelle la
copule de David Lee c'est de couplage
l'outil avait pour fonction mathématique
d'assurer qu'il y aura pas simultanément
des pertes sur les nonrboursements en
crédit hipothécaire dans les villes très
éloignées donc on a un outil là mais si
on met cet outil si on prend l'outilage
technique et la copule de lit qui en
fait ne marche pas pour des raisons
précises fondamentales on est embarqué
dans l'idée qu'il y a pas de danger et
on va avoir le système des placements
des crédits hypothécaires déclassés que
tout le monde a tout le monde a connu
donc là il apparaît à ce moment-là deux
cas de figure soit on a des acteurs qui
sont honnêtes qui cherchent le bien et
qui sont trahis par l'outil parce qu'ils
n'ont pas vu que l'outil les embarqué il
don a une vigilance éthique à avoir sur
l'outil soit des acteurs se diront cet
outil là il est verolé mais ça m'arrange
parce qu'avec je peux gagner beaucoup
d'argent donc là il y a une autre
dimension qui réapparaît c'est l'avidité
qui est intermédia par l'outil alors
est-ce que vous est-ce que ce discours
est bien accueilli par les
professionnels de la finance vous-même
vous êtes vous faites du con conseil sur
des modèles mathématiques de risque pour
des professionnels de la finance est-ce
qu'ils se disent Christian Valter on
l'aime bien il est très compétent il
connaît beaucoup de choses mais il nous
embête parce
que il met le doigt sur des des
problèmes qu'on préférait ne pas voir ou
comment comment ça se passe est-ce que
est-ce qu'il préférait qu'on le laisse
tranquille avec leur leurs croyan disons
que l'hypothèse de ce que l'outil
nempatiquement neutre je suis très très
loin d'être le seul à la dire il y a
beaucoup de livres publiés depuis 2008
moi je connais person les chercheurs qui
travaillent dessus on a fait un congrès
scientifique à Rome il y a 2 ans sur
cette cette notion de d'outils
mathématique non éthiquement neutre donc
c'est vraiment aujourd'hui très très
établi en en finance alors que vous
étiez assez
minoritaire en fait on s'est tous
demandé qu'est-ce qui s'est passé avec
avec des accidents financiers alors il y
a eu des hypothèses les plus folles on a
parlé d'acci de vous parlez de fortune
Fortuna qui tombe du ciel c'est la
théorie de Taleb le signe noir bon alors
coup le SIG noir est là on peut rien
faire bon et en fait comme une fatalité
voilà la fatalité voilà punition divine
c'est Falé donc on peut rien faire c'est
des greenPan greenPan disant au
Financial Times on ne peut rien faire
voilà greensp c'était un Américain qui
était Président de la Fédérale réserve
banque et la banque centrale américaine
c'est bien ça voà voilà et donc il dit
on ne peut rien faire donc par rapport à
ça il a quand même été très documenté
cette idée qu'au fond on peouvit faire
confiance dans un outil qui était on
peut être abusé par un outil trompeur ce
qui veut dire que là
progressivement émerge l'idée donc un
peu partout en Europe aux
États-Unis dans les congrès
scientifiques mondiaux qu'il fallait
précisément considérer les outils comme
étant partie prenante du problème de
l'éthique autrement dit inclure dans
l'éthique l'outillage technique
c'est-à-dire qu'on dit dans le jargon
que l'outil est performatif l'outil met
en forme performer mettre en forme le
vrai monde l'outillage technique ne
décrit pas le risque financier mais le
produit je prends encore un ex exemple
le thermomètre si vous voulez savoir si
l'eau est chaude ou froide ou bouillante
vous mettez un thermomètre et vous VZ la
température on dit c'est normal tout va
bien c'est un outil sauf que pour les
questions financières et l'outillage
technique imaginez que le théramètre
chauffe l'eau quand vous mettez le
thamètre dans l'eau l'eau qui était à
20°gr passe à 40 ou à 50 c'est ce qui
s'est passé on a un outil qui a fait
monter la température du marché en
donnant l'illusion à ceux qui utiliser
qui avit pas de danger quelqu'un qui qui
est à l'Académie des sciences qui
s'appelle Jean-Philippe bouchot a fait
époque un article dans Le Monde en
disant le prix Nobel de l'économie sans
risque on faisait croire en fait aux
gens qu'il y avait pas de risque parce
que l'outil leur montrait un monde un
imaginaire dans lequel le risque
disparaissait comme par magie don il y a
deux questions très différent il y a
avidité ou cupidité ou non honnêteté et
le rôle de l'outil et ce qu'on a fait
depuis 10 ans la cherthique et finan et
dans des institutions mondiales dans des
coloques dans des congrès c'est qu'on a
creusé la question du rôle de l'outil
dans les accidents financiers et les
professionnels écoutent alors il y a
deux types de professionnels il y a ceux
qui s'intéressent à l'thque ceux qui
s'intéressent pas ouais ceux qui s'y
intéressent pas malgré tout sont
conscients du rôle de l'outil donc par
exemple quand on a choisir une gamme
produits pour une gestion de
portefeuille est-ce qu'on gère en topd
en bottom up par action par grande
classe d'actifs là l'outil va avoir une
une importance on choisira pas les même
type de portefeuille selon qu'on a un
outil ou un autre donc ça on va dire
c'est common knowledge tout le monde
sait que le choix du modèle a un impact
sur le résultat du contrôle des risques
pour ce qui concerne l'éthique je dirais
que c'est moins simple parce que là il y
a une grande part
de on va dire d'habitude de penser
qu'ancienne selon quoi l'éthique se
résume à une intentionnalité bonne de
l'acteur donc ça c'est la c'est la
théorie de Kant effectivement trouve
dans la doctrine sociale de l'Église
dans monsouram bonâ et c'est vrai que
c'est important parce que vaut encore
une fois être honnête que être mafieux
mais c'est pas suffisant et bien souvent
on s'aperçoit que si on se limite à
cette dimension d'intentionnalité vers
le bien mais qu'on oublie l'aspect de
l'éthique de la technique on peut
aggraver le problème au lieu de le
résoudre parce que en toute bonne
conscience et bonne foi en toute bonne
foi on va utiliser des outils qui vont
être eux toxique et qui pourront
précipiter la catastrophe VO c'est ça le
le point important alors éthique et
technique c'est presque un anagramme on
va dire imparfait ou
incomplet en fait je je parlais du
couple éthique et finances et vous j'ai
j'ai lu quelquesunes de vos productions
vous dites ce n'est pas un couple en
fait il faut il y a un triangle on
dirait quoi un trouple aujourd'hui non
pardon donc il y a finance éthique et
science c'est un modèle c'est ça c'est
voilà c'estd qu'en fait dans l'approche
éthique en finance bien souvent on
imagine un binôme on va dire pratique
financière et éthique et on va chercher
à appliquer à la finance l'éthique des
affaires et c'est c'est encore une fois
c'est important il sagit pas de dire que
c'est pas important mais on oublie la
dimension scientifique de la finance en
l'occurrence le cœur mathématique des
modèles quand il y a des modèles il y en
a pas toujours et là à partir moment on
a un triangle on voit qu'il faut viser
non pas le binô finances et éthique ou
le binôme Science et éthique ou le
binôme
sciences et finances mais le baricentre
c'est-à-dire appréhender directement ce
qui se joue dans l'articulation entre
finance Science et éthique c'est pour ça
que le l'instrument en fait pour
pour comprendre la manière dont les
modèles ont un effet c'est
l'épistémologie le démontage des modèles
l'épistémologie étant la science la
philosophie des Scien voà c'est en fait
comment on sait ce qu'on sait et
pourquoi on dit ce qu'on dit et et donc
c'est une façon de de de comprendre
pourquoi si dans un modèle de
portefeuille de contrôle des risques il
y a un ingrédient particulier on aura
tell conséquences catastrophique en
l'occurrence dans les les craqus de 87
ou 2008 il y avait un ingrédient précis
qui était lié à l'imaginaire sur le
hasard et qui était une mauvaise forme
de hasard le hasard c'est comme l'eau la
même molécule d'eau H2O vous pouvez la
voir sous forme liquide c'est un verre
d'eau sous forme de glace ou sous forme
de vapeur et dans les 3 cas c'est la
même molécule c'est toujours de l'eau
mais la vapeur c'est pas de la glace et
là c'est pareil pour le hasard le hasard
c'est le même hasard mais a différentes
formes il peut être régulier ou il peut
être très irrégulier et si on se trompe
de forme et qu'on veut prendre un verre
d'eau et qu'on a la vapeur d'eau on se
brûle et pareil pour le hasard donc la
forme du hasard é importante et là c'est
une erreur sur la forme du hasard qui a
conduit
précisément aux catastrophes qu'on a
qu'on a observé au catastrophe donc
éthique alors éthique épistémique c'est
le mot que vous utilisez je sais pas si
vous en avez en fait en anglais on dit
épistémique éthique fa trouver une
traduction et vous dites éthique du
choix des modèles de risque en fait
c'est ça disons il y a un enjeux éthique
sur le choix des modèles choix technique
scientifique c'est là que la troisème
partie science compte donc éthique finan
et vous vous dites mesdames et messieurs
ajouter science c'estàd modèle et la
question
systémique structurelle en quelque sorte
alors donc si on fait pas ça on
narrivera pas à mettre d'éthique dans la
finance en fait si on ne tient pas
compte de ces les aspects mathématiques
et scientifiqu la question des modèles
et des représentation du risque si je
résume on est à peu près c'est c'est
c'est c'est pas le tout de l'éthique en
finance mais si on n'inclut pas la
dimension technique dans l'éthique bah
comme aujourd'hui on verra que les fonds
éthiques n'arrive pas à collecter les en
cours et on il y a beaucoup de problème
de collecte aujourd'hui de fond sur les
critèresg RSE on n'arrive pas à
collecter parce que précisément il
manque quelque chose et on est qui
échappe à à l'éthique oui oui voilà donc
il faut je dis il s'agit pas de dire on
va dire fromage au dessert il faut les
deux vous voyez c'est pas une jambe
c'est les deux jambes il y a l'éthique
déontologique autrement dit agir bien et
l'éthique épistémique c'est faire
attention à l'outil technique mais c'est
c'est déjà bien d'essayer de placer son
argent à bon éciant pour des choses qui
sont positif ça vous si on le perd pas
parce que c'est des CG avec un outil
technique pas bon per oui exactement
pierre dezin qui est le président de
l'association des écist économistque
catholique vient de sortir un un livre
sur les les sur l'investissement éthique
justement pour proposer des pistes
d'investissement éthique alors nous
allons marquer une deuxième pause
musicale Christian wter et après la
pause on se retrouvera pour la 3ème
partie de l'émission et on va peut-être
un petit peu parler du bon Dieu parce
qu'on est quand même sur cateo Radio
s'il vous voulez bien on va dire quel
regard chrétien sur toute cette affaire
à tout de
[Musique]
suite
[Musique]
ison K
[Musique]
[Musique]
[Musique]
chryis ona
[Musique]
[Musique]
auditeurs je suis heureux de vous
retrouver pour la 3è partie de notre
émission question echo avec Christian
wter chercheur en on va dire en éthique
et finan et praticien de la de la
question financière on a beaucoup parlé
depuis le début de cette émission de la
problème des la problématique des
modèles mathématiques de la morale en
finances des crashes boursiers des
risques et cetera et
euh Christian Valter je il me semble
bien que vous êtes chrétien vous vous
intéressez aussi à la pensée chrétienne
à la pensée sociale chrétienne et je me
disais que ça ser pour être intéressant
d'avoir un regard chrétien sur ces ces
question de de la finance euh et Dieu
dans tout ça alors
euh le visible l'invisible comment vous
voyez Dieu dans toute cette grande
affaire du du du de ce grand monde du
hasard bon disons que du point de vue de
de ce qu'on a vu jusqu'à présent sur le
rôle de la technique et des modèles dans
les catastrophes financières ou même
dans les enjeux écologiques de la
transition de la finance tout tout ce
dont on parle je pense que là ce qu'on
touche du doigt c'est quelque chose qui
renvoie non pas à l'individu même si on
en parlera après mais au collectif un
système et puisque encore une fois on
est sur cateo il y a une conférence qui
me paraît intéressante à mentionner qui
est celle qu'a fait Jean-Paul i à
médelline dans laquelle il a cette
expression les structures du péché c'est
lui qui emploie la C cette expression
donc melline c'est en Colombie voilà voà
voilà j'ai plus année exacte mais dans
les années 80 probablement fin 80 disons
l'idée l'idée qui me paraî intéressante
c'est qui paraî intéressante c'est quel
dimension structurelle dans ces
catastrophes financière dont on parle
alors qu'est-ce qu'une structure de
péché dans la dans la dans la pensée
sociale chrétienne moi je ne suis pas
théologien et je je ne ce qui m'a plu
dans cette formule c'est c'est cette
idée queeectivement si on considère les
modèles mathématiques de risque dans
leur action quotidienne dans sur la vie
des professionnels et puis même des de
tout le monde on peut imaginer une
structure globale liée à cet imaginaire
cette croyance dans laquelle la croyance
partagée produit des instruments donc on
retrouve partout des instruments qui ont
été rendus dangereux à cause de la
structure globale des mathématique de
risque projeté sur la vie la vie de tous
les jours aujourd'hui une mutuelle de
santé en province vend des vend des des
contrats ou assure des des individus par
exemple pour des frais dentaires au
Marchet de dentiste on a on envoie son
au remboursement de sa mutuel le coût de
de ce qui a été fait la mutuelle calcule
des provisions techniques prudentielles
le calcul des provisions techniques
prudentielles utilise les mêmes
hypothèses que la couverture des actifs
risqués des crédits hypothécaires
dégacés que les hedge fund sur les
changes donc là c'est pas parce que que
les gens se copi il y a pas d'imitation
on peut dire qu'il y a un effet de
structure d'hypothèse mathématique ou de
modèles mathématiques dangereux qui se
retrouve aussi bien en province pour les
calculs de frais dentaires que sur les
marchés internationaux pour les hedgef
sur les change et là il y a une notion
de structure qui joue qui ouais donc la
structure de péché quand si on rentre
dans la structure de péché on peut être
quelqu'un de vertueux on va être pris
dans la machine en fait et et et on va
soi-même coopérer au malun certain manre
devient la machine devient une
machinerie et l'enjeu à ce moment-là
c'est d'arriver à ne pas agir dans le
sens que la machine indique qui doit
être le sens de l'action autrement dit
arriver à sortir de l'outil c'est ça
qu'il est vraiment encore une fois je je
me répète mais fondamental de quitter
l'image du marteau quand on parle de la
morale en finance la finance parce que
là tant qu'on a cette image en tête on
ne se voit pas comme étant
potentiellement captif d'une machinerie
technico mathématique qui embarque sur
une direction qui est en fait pas la
bonne et quand Jean-Paul i parlait
parlait des structures de péché et
benoisez a repris d'ailleurs c
expression à sa suite il désignait assez
largement quand même un système
économique un système financier une
machinerie économique et financière
mondiale il visait quand même le modèle
en lui-même économique dans lequel on
est la structure du modèle économique
c'est là que audelà même des risques et
des moi je ne suis pas théologien et je
suis pas un spécialiste de la
doctrineale de l'église mais ce qui m'a
que je retiens dans cette idée c'est que
quelque chose comme une toile se
développe au niveau mondial euh et ce
quelque chose contient des modèles très
schématiquement et que ces modèles
devraient être examinés en tant que
modèle comme des nœuds du réseau en
quelque sorte oui voilà voilà et donc ça
veut dire Queen terme de communauté les
modèles sont fait par des des chercheurs
là il y a un enjeu sur l'intégrité
scientifique pour que ceux qui font euh
des modèles euh vérifie que leurs
modèles sont bien euh alignés par
rapport à ce que les données dont ils
disposent leur montre donc là il y a un
autre enjeu c'est la question de
l'éthique de la science justement
l'éthique euh euh dans le choix des
modèles scientifiques alors la science
est-ce qu'elle peut se prendre un peu
pour Dieu vous aviez fait un article
dans Libération vous parliez du pouvoir
démurgique des mathématiques financières
le démurge c'est celui qui se prend pour
Dieu en fait c'est voà qui croit tout VO
bah la notion de de de modèle
performative performatif c'est ça c'est
que la théorie les modèles mathématiques
parlent je cite de mémoire le psaume 32
euh Dieu parle et ce qu'il dit advient
la théorie mathématique parle et ce
qu'elle dit advient donc là
effectivement il y a un danger que on
change de Dieu autrement dit si mettons
un dirigeant chrétien s'embarque dans
des modèles performatif est-ce qu'il est
pas en train de changer de Dieu et là
c'est une vraie question qui se pose il
peut voà il se fait créateur il se fait
Dieu le modèle mathématique devient un
démurge et au sens le modèle
mathématique va créer un monde qui est
le monde qui nous entoure d'où le fait
que comme vous le disiez à un niveau
très très général on retrouve les mêmes
problèmes partout donc là il y a un
enjeu du point de vue de celui qui
utilise le modèle un enjeu chrétien
c'est quel est donc la question c'est
quel est ton Dieu oui c'est ça la
question en fait est-ce que on va euh et
bien souvent ce qui me frappe encore une
fois chez les dirigeants chrétiens c'est
que il ne se pose pas la question du
Dieu parce qu'ils se disent qu' comme
ils sont chrétiens ils pensent qu'ils
sont avec le le Dieu qui est bon en
utilisant un outilage technique qui lui
renvoie au dieu qui destructeur donc il
a l'idole et là finalement je pense
qu'il faut poser la question en terme de
choix
entre Dieu et l'idole l'idole étant logé
dans cette
l'arrière-plan conceptuel de
l'imaginaire du hasard au fond qui crée
quoi finalement autant ce que je suis en
train de dire c'est que du point deue
chrétien et un enjeu chrétien sur les
choix des modèles
mathématiques de risque qui façonne le
futur du monde c'est ça qui me paraît
important en fait la vertu personnelle
ne sera jamais suffisante face à la
puissance aujourd'hui de la technique à
tout point de vue en fait c'est dis que
la vertu d'une part n'a pas empêché les
accidents financiers d'autre part les a
accentué en en mettant en place des
modèles toxiques en avec des bonnes
intentions
mais pourrait s'étendre on va dire la
vertu au sens classique peut s'étendre
aux vertus qu'on appelle épistémique
c'est-à-dire les vertus dans l'ordre de
la pensée les vertus intellectuelles
avoir un courage intellectuel avoir une
prudence intellectuelle courage ça veut
dire si l'on pense que ce modèle est
dangereux il faut dire non on prend pas
par exemple à
Londres lorsqu'on a vendu les les les
CDS avant la crise CDs pardon les les
contatassur
pour crédit hypothécaires non remboursé
ou le modè dangereux il a fallu dire non
on ne prend pas ce modèle mais les gens
disent oui voilà là il y a un enjeu de
vertu épistémique autrement dit courage
intellectuel prudence intellectuelle
lorsque les données statistiques montrai
que c pas du tout ce que les modèles
disaiit qui se passait il dire on change
de modèle et dire mais sauf que le modè
était conservé là il y a un enjeu sur la
vie intellectuelle
l'épistémologie en fait c'est la morale
de la vie intellectuelle c'est ça qui
est important autrement dit on va voir
si ce qu'on fait est orienté comme il
faut par rapport à ce qu'on veut et donc
on prend pas n'importe quelle hypothèse
si on sait qu'elle est dangereuse là il
y a un enjeu je pense qui devrait être
abordé du point de vue de l'éthique bon
mettons chrétienne ou autre en finan et
vous vous personnellement vous pouvez
être confronté à ce type de situation il
faut du du courage pour dire une chose
ou parler dans dans le cadre par exemple
de de votre activité opérationnelle
auprès des des acteurs financiers mais
moi justement dans dans moi dans mes
travaux scientifique j'ai toujours
attiré attention sur cet enjeu lié au
choix des modèles et après
euh j'étais confronté personnellement à
on va dire à la puissance des paradigmes
euh dans la tere financière dans les
années 80 90 c'était impossible de
contester les modèles dominants toxiques
impossible et j'ai assisté à des
controverses ultra violentes entre les
mathématiciens de la finance et les
physiciens de la finances qui avait des
justement les physiciens étaient plus
proches de la réalité et les
mathématiciens construisaient des mondes
fictifs dangereux euh aujourd'hui ça a
changé je parle des années 80 90 voilà
donc je pense qu'il y a un enjeu de
courage intellectuel et de prudence et
d'humilité je pense c'est capital on
fait un modèle de d'assurance de
portefeuille ou de contrôle des risques
si on voit que les données ne valident
pas le modèle il a une forme d'humilité
qui est fondamentale pour dire dans ces
cas-là on change de modèle alors
l'humilité du le vrai scientifique en
fait il est modeste voilà c'est ça il un
V scientifique il parle avec prudence il
dit mon hypothèse que juge la plus
probable c'est que et cetera mais
aujourd'hui on a parfois l'impression
enfin c'est je je fais je sors un peu du
sujet mais on n pas si loin que les
scientifiques
assenent on a eu un peu ça pendant la la
crise sanitaire on a ça avec les
questions écologiques ça on l'impression
que un coup le scientifique à scène et
quiconque dit le
contraire est un antiscientifique en
fait disons dans c'est très difficile de
faire de généraliser mais c'est vrai que
bien souvent des chercheurs dans les
années 80 en mathématique de la finance
n' n'ont pas voulu accepter l'idée que
les modalisations été toxiques et ils
ont maintenu voir en tronquant les les
distribution les données ça c'est vrai
qu'on a observé ce phénomène j'ai fait
un article làdessus avec un de mes
collègues qui est au Pays-Bas qui tu
d'une chair étiique et finance la même
que la celle que j'avais mais en ok
alors il merci Christian valti il nous
reste 2 minutes euh d'émission peut-être
parler de d'une chose souriante vous
écrivez des chroniques cinéma pour la
revue Esprit c'est bien ça alors d
parlez-nous de cette actualité là donc
on a commencé on a commencé à travail
sur l'image de l'argent au cinéma il y a
quelques années avec le Théâtre de la
Reine Blanche don la directrice
ellisabeth bouchot qui est une
scientifique euh la Reine Blanche la
scène des arts et des sciences on a fait
des projections débat sur l'image de
l'argent au cinéma avec des films et
commentés des articles entre autres
margin Cole big short et autres et j'ai
prolongé ce travail sur l'argent au
départ à des choses plus générales sur
anthropologie de manière plus générale
sur avec un regard d'anthropologie
chrétienne en fait sur avec un regard
anthropologieque tout court tout court
mais ce qui m'intéresse c'est la
résonance culturelle pourquoi est-ce que
des films ont des succès par rapport à
ou non et essayer de voir s'il y a pas
une résonance entre une culture qui
reste plus ou moins chrétienne ou
post-chrétienne et puis les productions
qui ne se disent pas chrétiennes mais
qui malgré tout sont en accord avec
cette cette culture alors pour ça on
vous retrouve dans la revue Esprit alors
et et peut-être que les chroniques sont
en ligne aussi sur un sur internet on
peut alors moi j'ai j'ai oui j'ai le
grand plaisir de de de de publier dans
cette cette cette très bonne revue qui
la revue Esprit alors je je je crois que
la revue Esprit mais en ligne le début
il demande quelque chose mais je crois
que si on donne son mail on peut avoir
accès à l'article VO on peut avoir accès
alors pour les pour pour les cinéphils
euh vous pouvez euh découvrir les les
chroniques de Christian Walter sur euh
sur le cinéma dans la revue Esprit alors
chers auditeurs euh de cateo radio merci
de nous avoir suivi merci beaucoup
Christian wter de nous avoir consacré
quasiment 1 heure de votre temps
précieux merci à vous et nous nous
retrouverons bah au mois de décembre
puisque là on est en novembre c'est bien
ça je ne me trompe pas pour une 4e
édition de question echo et je vous
souhaite un bon mois de novembre et à
très bientôt chers auditeurs merci
Christian Valter auevoir merci j'étais
très content
les conversations du
weekend aujourd'hui conversation animé
par Guillaume de prémar avec la revue
capital social
[Musique]
