Les morts les plus stupides, Les Darwin Awards n'auront qu'à bien se tenir ! janvier 2018 ISBN 9781976916052 Étude hommes se mettant en danger. (Galdas, Cheater et Marshall, 2005; Harris, Jenkins et Gaser, 2006). https://www.darwinawards.fr The Darwin Awards: sex differences in idiotic behaviour, Ben Alexander Daniel Lendrem, student,1 Dennis William Lendrem, project manager, Institute of Cellular Medicine,2 Andy Gray, consultant orthopaedic trauma surgeon,3 and John Dudley Isaacs, December 11, 2014
Mon arrière-grand-père avait coutume de dire
« Si les cons volaient, de ce qu'il en serait obscurci. »
Formule qui fait écho à cette magnifique réplique du Pacha en 1968
« À quoi tu penses? »
« Je pense que quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner. »
Des choses stupides, des moments cocasses.
En général, là, tout le monde en rit.
Si on a un temps, soit peu de dérision.
L'adage populaire dit même que si on vaut pas une risée, on vaut pas grand-chose.
Sauf que des fois, le rire devient étonnant et parfois même désolation
parce que oui, il y a des gens qui font des choses bêtes,
mais bêtes, bêtes, jusqu'à mourir.
Des émissions de télé présentent les meilleures vidéos
pris par qui veut bien les partager.
Des génériques de films, on montre les moments cocasses, les fameux bloopers.
Et on peut voir sur Instagram, TikTok, YouTube,
plein de chaînes ou de vidéos qui montrent ces dix moments cocasses,
ces bêtises, ces conneries-là, au cube, comme on pourrait dire.
Mais savez-vous que ça fait longtemps que les gens ressentent ces moments
qui ne sont pas toujours l'éloge du génie humain?
Aujourd'hui, on va faire l'histoire de la connerie,
parfois de certaines choses stupides à travers l'histoire des fameux Darwin Awards,
les prix Darwin, si vous préférez.
Et pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin,
on vous conseille le magnifique livre de Wendy Northcutt,
juste ici, spécifiquement sur le sujet.
C'est jouissif.
Sinon, toutes les autres sources sont en description de la vidéo.
Allez, on commence et on parle conneries.
Mais conneries solides.
Tu sais, quand tu dis des colons.
Avant de parler des Darwin Awards, il faut dire qu'on n'a pas attendu leur création
pour recenser les actes de stupidité.
Ben non.
Pour preuve, en 540 avant notre ère, on raconte que Milon de Crotone,
athlète grec renommé égendre du Grand Pythagore,
oui, le gars au fameux théorème que vous avez vu à l'école,
mais Milon donc, Milon de Crotone,
aurait achevé de fendre un arbre déchiré à la main.
Comme ça.
À la main, pourquoi pas.
Oui, on peut se dire ça au fond.
Mais le problème, c'est qu'il va insérer sa main et elle va rester coincée.
Et il a été, dit-on, dévoré par les loups.
Certains disent qu'il n'est pas mort comme ça.
Mais l'histoire est quand même arrivée jusqu'à nous
et le sculpteur Puget a représenté Milon dévoré par un lion.
Un lion, des loups, bref, peu importe.
Mais il meurt dévoré.
C'est ce qu'on raconte.
Autre exemple, au premier siècle de notre ère,
Claudius Drussus, fils de l'empereur Romain-Claude,
jouait, dit-on, à lancer dans les airs une poire
qu'il attrapait ensuite avec ses dents.
Comme ça.
Mais le problème, c'est que sa poire est entrée profondément dans sa gorge.
Puis il va mourir étouffé.
Qui n'a jamais déjà lancé de la nourriture et ensuite l'attrapé?
Qui a jamais fait ça?
Moi, j'aurais essayé avec des clémentines.
Un autre exemple?
Bien sûr.
Nous sommes en 882.
Louis III, roi des Francs, poursuivait à cheval une jambe d'âme
et se serait fracassé le crâne en passant sous une porte un peu basse.
Disons qu'il avait mal évalué le coup.
Il venait tout juste d'avoir 18 ans.
Et on pourrait ainsi continuer comme ça pendant un bon moment.
Bon, allez, un petit dernier pour la route, juste pour la fun.
En 1771, le roi de Suède, Adolphe Frédéric, était réputé pour sa gourmandise.
Et dans les grands festins, il mangeait homard, caviar, aran fumé, champagne
et son dessert préféré, les semlas,
une brioche fourrée à la pâte d'amandes et à la crème.
Une fois, il va même jusqu'à en manger 14.
Sa majesté va mourir d'indigestion.
Bon appétit à tous.
À propos de la connerie, Albert Einstein disait « Deux choses sont infinies,
l'univers et la bêtise humaine ».
Mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue.
Méditons ensemble là-dessus si vous le voulez bien.
J'y viens, j'y viens.
Cette fois, nous sommes en 1993 à l'université de Stanford aux États-Unis.
Wendy Norcott, alors étudiante en biologie moléculaire,
a l'idée de compiler toutes les histoires insolites que ses amis lui racontaient.
Avec les histoires qu'on lui raconte,
Wendy fait des chaînes de lettres qu'elle relaie à son groupe d'amis
et qui, à leur tour, les relaient à d'autres amis, etc.
Bref, la viralité pure telle qu'on la connaissait à cette époque-là.
La nouvelle se propage et Wendy, pour qui c'était un passe-temps entre ses cours,
se met à recevoir de plus en plus d'histoires,
tant et si bien que les serveurs de l'université seront bientôt débordés.
Devant cet afflux de plus en plus grands messages,
Wendy décide alors de créer un site web pour héberger toutes ces histoires
et elle crée un site qu'elle baptise Darwin Award.
Mais pourquoi Darwin?
Parce que c'est le père de la théorie de l'évolution
et Charles Darwin disait qu'au sujet de l'évolution, et je le cite,
« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes ni les plus intelligentes,
mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. »
Dans un de ses livres, Wendy écrit, et ici je vous paraphrase,
« Instinctivement, les gens comprennent quand on leur dit attention, le café est chaud,
ils feront attention, mais les lauréats des Darwin Awards vont vouloir vérifier.
Ils n'auront pas de crainte d'uriner dans un contenant d'essence la cigarette au bec. »
Ou encore, « Ils feront un beach party pour fêter l'arrivée d'une tornade. »
Et oui, ils sont comme ça, les lauréats des Darwin Awards.
Le signal d'alarme interne dit non, c'est dangereux, ils ne l'entendent pas.
Ils y vont, ils foncent, même là où un jeune enfant leur dirait que c'est très dangereux.
Charmant, n'est-ce pas?
Wendy quitte donc l'université en 1998 et à partir de 1999,
elle se consacre à temps plein à son site et aux livres qu'elle publie sur le sujet.
Son premier, publié en 2000, Darwin Awards, Evolution in Action,
atteint bien vite la liste des best-sellers du New York Times
et le livre y demeure pendant six mois.
En 2002, son site Web comptait 7 millions de visiteurs.
Quand elle crée son site Web pour héberger les histoires,
Wendy décide de trier et classer le tout.
Mais pour entrer dans le palmarès, il faut répondre à cinq critères bien précis
pour être mise en nomination et peut-être même gagner un prix Darwin.
Voici les critères tirés du site même des Darwin Awards.
Dans un premier temps, la reproduction.
À la suite d'un événement qui s'est produit, la personne est morte
ou est devenue incapable de transmettre ses caractères génétiques.
Pour cela, bien sûr, il faut être en âge de se reproduire.
Donc, ça exclut les enfants et les adultes infertiles.
Par exemple, et c'est une histoire vraie,
Gary Holt, avocat, travaille au Holden Day Wilson à Toronto
et voulant démontrer hors de tout doute à ses étudiants en stage
que les vitres du Toronto Dominion Centre sont incassables,
il se lance sur la paroi vitrée et chute devant une cathétage.
Deuxième critère, l'excellence.
Le candidat ou la candidate doit avoir fait preuve d'un manque total de jugement.
La folie doit être unique et sensationnelle.
Un début des prix Darwin est de faire rire le lecteur, malgré tout.
Certaines activités folles mais communes, hélas,
comme fumer au lit ou jouer à la roulette russe sont exclues.
Trop banal, si on peut dire.
Ici, on vise des champions hors catégorie.
Prenons quelques exemples.
En 1998, se promenant en voiture à deux heures du matin,
Paul Stiller et sa femme décident d'allumer un bâton de dynamite
et le jettent par la fenêtre, peut-être pour égayer leur soirée, qui sait.
Petit problème, les vitres étaient fermées.
Il meurt à Andover Township, au New Jersey, États-Unis.
Citons aussi maintenant ce grand classique
qui consiste à tomber d'une falaise ou du haut d'un bâtiment
alors qu'on voulait prendre un selfie.
Eh oui, un égoportrait.
Mais hélas, c'est devenu tellement commun
qu'aujourd'hui, on ne peut pas vraiment dire que c'est exceptionnel.
Quoique, ils peuvent tout de même avoir une mention honorable pour les Darwin Awards.
En 2015, en balade au sommet d'un mont dans le parc Breckenbeckens, au Royaume-Uni,
un homme dans la cinquantaine veut prendre un selfie avec sa perche
et il est foudroyé. Il ne survit pas.
Troisième critère, l'auto-sélection.
Le candidat doit avoir causé sa propre mort sans l'avoir voulu.
Oui, c'est un peu macabre, mais c'est un critère.
Il doit s'agir d'un accident.
Il n'est pas mort parce qu'un autre l'a placé dans cette situation.
Encore une fois, quelques exemples.
Le premier, accompagner des amis pour sauter à parachute,
se dire qu'on allait simplement les filmer
et, au moment où ceux-ci se lancent en dehors de l'avion,
les accompagner sans même penser qu'on n'a pas de parachute.
Tout ça a eu lieu à Louisbourg, en Caroline-du-Nord, en 1987.
En 2000, en Allemagne, un gardien zoo de Paderborn
tente par tous les moyens de régler le problème de constipation d'un éléphant.
Tous les moyens sont bons.
22 doses de laxatif, un baril rempli de figues, prunes, mûres
et même un lavement à l'huile d'olive.
Mais voilà que le pachyderme se soulage enfin,
mais sur le gardien qui meurt enfoui dans une montagne de 90 kilos d'excréments.
Là, ça s'applique l'expression.
Quatrième critère, la maturité.
Le candidat doit être mature, avoir 16 ans et plus,
donc, en principe, capable de jugement
et ne pas être atteint de déficience mentale.
Parfois, on sera même à douter de l'âge mental des participants,
comme ce Galois de 29 ans qui se vantait à qui voulait l'entendre
qu'il pouvait en une seule bouchée engouffrer un gros cheeseburger entier.
Vous devinez la suite?
Mort étouffée, les secours n'ayant pu le sauver,
le légiste a constaté que M. Bray avait bu de l'alcool,
mais pas tant que ça.
On a retrouvé le morceau de nourriture de 8 cm bien bloqué au fond de la gorge.
Le tout s'est déroulé en Grande-Bretagne en 2016.
Enfin, cinquième et dernier critère, la véracité.
L'événement doit être vérifiable par des sources sûres,
journaux réputés, reportages télé, témoinculaires, fiables, etc.
Bon, ici, c'est évident, pas de fake news et encore moins de légende urbaine.
Le tout doit être vérifiable de manière rationnelle.
Encore une fois, un exemple.
Sur Facebook, sommes-nous surpris, un défi est lancé.
Un homme se jette à l'eau avec son vélo.
Déjà, ce n'est pas super comme idée,
mais pour ne pas perdre son vélo, il décide de s'attacher les pieds aux pédales.
Vous devinez ce qui va arriver, là?
Il a coulé, puis il s'est noyé.
Le tout s'est déroulé à Béguin, en France, en 2014.
Précisons ici, pour les besoins de la cause,
qu'on rajoute deux autres critères qui peuvent nous sembler évidents,
mais qui, pour celles et ceux qui ont manque de célébrité, doivent être explicités clairement.
Soit ne pas le faire exprès,
ne pas faire exprès de remporter des gars d'Arwen Awards,
et ne mettre personne en danger autour de soi.
Maintenant, côté procédure pour la mise en candidature,
et surtout l'attribution de prix, comment ça se passe?
Les gagnants reçoivent leurs prix par courrier régulier,
et maintenant, souvent par courriel.
Mais c'est souvent à titre posthume,
car s'ils ont bien rempli les critères, ils ne sont plus de ce monde.
Un comité est chargé d'évaluer les candidatures,
et les discussions vont bon train pour sélectionner les gagnants,
et les mentions attribuées.
On peut aussi citer en exemple un lauréat du prix d'Arwen pour dire quoi ne pas faire.
Parlons de Larry Walters, conducteur de camion américain,
qui a été surnommé Lawnchair Larry, et vous allez comprendre pourquoi.
En juillet 1982, alors qu'il était assis sur sa chaise de jardin,
il essaie d'attacher un ballon-sonde gonflé à l'hélium.
Larry atteint 16 000 pieds d'altitude, 4,8 km, et y survit.
Il a quand même eu, dit-on, une amende de 4000 $
pour être entré dans l'espace aérien fédéral américain.
On niaise pas avec ça, là. On l'aurait compris.
Les prix d'Arwen sont donc des récompenses sarcastiques
qui récompensent ceux qui répondent aux critères qu'on vient de mentionner plus haut.
Mais c'est qui les lauréats?
Qui sont celles et ceux qui ont mérité cet honneur?
Et surtout, est-ce qu'il y a un profil type?
En 2014, une équipe de chercheurs de l'Université de Newcastle a recensé 332 lauréats,
et de ce nombre, 282 étaient des hommes, 36 des femmes et 14 des couples hommes-femmes.
En faisant le calcul, 87 % des lauréats sont donc des hommes.
Pourquoi?
Selon les chercheurs, les jeunes hommes adultes auraient des comportements à risque
plus fréquemment que les femmes.
Ils font plus volontiers des activités dangereuses.
Du moins, c'est ce qu'ils observent.
Ces comportements se traduisent également par un plus haut taux d'admission aux urgences,
mais aussi de mortalité.
L'alcool est généralement une donnée importante lors de la prise de risque.
Ne dit-on pas que la prise d'alcool désinhibe?
Sous son emprise, les gens se sentent invincibles.
Si on couple ça avec des encouragements, ça peut mener bien loin.
Vous savez la fameuse formule « tiens ma bière » ou « hold my beer »,
c'est généralement le signal que le porteur de la dite bière
s'apprête à faire une monumentale connerie,
l'équivalent de « chiche » en France ou « t'es pas game » au Québec.
Bref, cette formule est à prendre en considération
pour éviter de devenir un gagnant des Darwin Awards.
En 1999, à Phnom Penh, au Cambodge,
trois amis testent une variante de la roulette russe.
Tour à tour, après chaque verre,
ils sautent sur une vieille mine antipersonnelle pas encore désactivée,
relique de la guerre.
Une escarille, ils meurent tous les trois.
Le site des Darwin Awards est surtout consulté dans le monde anglophone,
mais les mises en candidature sont ouvertes à tous.
Alors, si vous connaissez une histoire digne de mention,
vous pouvez toujours la soumettre en contactant le site Web des Prix Darwin.
Allez, c'est fini pour aujourd'hui.
J'espère que ça vous a plu.
Si vous voulez avoir toutes les sources qui ont été utilisées pour la présente vidéo,
allez voir en description juste ici.
Et si vous avez des nominations pour les Prix Darwin,
mettez-les en dessous ici, je suis curieux de vous lire.
Allez, je vous dis à la prochaine. Bye!