Et merci à Patate Mallette, Beauharnois, Province de Québec Casse-croûte chez Henri, St-Charles-Borromée, Province de Québec Cantine Ben la bedaine, Grandby, Province de Québec
00:00 Introduction 01:00 Patate Malette 06:15 Faire de la poutine 07:19 On déguste : Patate Malette 10:28 Chez Henri 15:25 On déguste : Chez Henri 20:40 Ben la Bedaine 26:56 On déguste : Ben la bedaine 32:21 Appel à tous !
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Sources et pour aller plus loin: Dictionnaire de l'Académie française, 4e édition, Paris, Brunet, 1762. https://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?p.1:105./var/artfla/dicos/ACAD_1762/IMAGE/ Luc Nicole-Labrie, « Le casse-croûte, ses origines et son âge d’or », Bien dans son assiette, Radio-Canada, 9 juillet 2014, et Catherine Ferland, Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France, Québec, Septentrion, 2010. Jean-Marie Lebel, « Tables d’hier et d’aujourd’hui. Deux siècles de restauration à Québec », Cap-aux-Diamants, No 44, hiver 1996, p. 21. Caroline Coulombe, Un siècle de prescriptions culinaires : continuités et changements dans la cuisine au Québec, 1860-1960. Mémoire. Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, 2002, 158 p. Priscilla Plamondon Lalancette, Histoire de la gastronomie québécoise : l’émergence d’une identité culinaire. Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi. 2020 Stéphane Champagne, « Des frites en or », La Presse, 2 juillet 2011. https://www.lapresse.ca/affaires/economie/commerce-de-detail/201107/01/01-4414246-des-frites-en-or.php Marie-Ève Shaffer, « La petite histoire de la cuisine de rue », Journal Métro, 8 mai 2013, p. 4, et Michel Lambert, Histoire de la cuisine familiale du Québec, Volume 4, la plaine du Saint-Laurent et les produites de la ferme traditionnelle, Montréal, Éditions GID, 2011. Harold Bérubé, « Vendre la banlieue aux Montréalais : discours et stratégies publicitaires, 1950-1970 », Revue d’histoire de l’Amérique française, 71, 1-2, été automne, 2017, p. 83-112. Roxane Arsenault et Caroline Dubuc, Kitsch QC, Montréal, Fides, 2021, p. 260-261, et Émilie Villeneuve et Olivier Blouin, Moutarde Chou. Histoires, recettes et secrets des meilleurs casse-croûtes du Québec, Montréal, Cardinal, 2012. Élise Madé, « L’histoire des cantines au Québec : des patateries aux casse-croûtes revisités », Mordu, Radio-Canada, 30 juillet 2021. https://ici.radio-canada.ca/mordu/2740/cantine-casse-croute-histoire-fast-food François Pérusse, « Snack-bar chez Raymond », L’album du peuple tome 5, 1996. Stéphane Champagne, « Des frites en or », La Presse, 2 juillet 2011. Michel Lambert, Histoire de la cuisine familiale du Québec, volume 4, la plaine du Saint-Laurent et les produites de la ferme traditionnelle, Montréal, Éditions GID, 2011. Émilie Villeneuve et Olivier Blouin, Moutarde Chou. Histoires, recettes et secrets des meilleurs casse-croûtes du Québec, Montréal, Cardinal, 2012 Thomas Gerbet, « L'incroyable histoire d'une enseigne chère à Leonard Cohen », Radio-Canada, 12 juillet 2015. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/729254/leonard-cohen-montreal-patrimoine-northeastern-lunch-enseigne-rue-sainte-catherine Olivier Bauer, « Le bagel, la smoked meat, les bageleries et les délis sont une part du patrimoine culinaire de Montréal », Communication présenté lors du colloque Food Heritage, Hybridity & Locality: An International Conference, Brown University. Octobre 2014. Catherine Ferland, Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France. Québec, Septentrion, 2010. Vignette. Quebec Grunge Flag de Nicolas Raymond. https://www.flickr.com/photos/80497449@N04/7384701604/
Des casse-croûtes, des cantines, des chacapatates, des snack bars, des patateries, des bineries, des friteries, bref!
Tous des noms pour qualifier les casse-croûtes au Québec.
Ces lieux qui sont mythiques.
Mais qu'est-ce qu'on y mange?
Bien sûr, la poutine, des frites, des frites-sauce, des pogos, des onion rings, des hot dogs, des pogos, des guedits et plein de choses encore.
Et question de m'accompagner dans ce périple de l'histoire des casse-croûtes au Québec,
j'ai demandé à Benoît Moffett de la chaîne Toujours Vivant de m'accompagner.
Benoît! Il est où? Benoît!
Benoît, qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui?
Bien, on va visiter trois casse-croûtes parmi les plus mythiques du Québec.
Et puis on va goûter leur poutine, bien sûr, mais aussi certaines autres mets, certaines spécialités qu'ils peuvent avoir.
Et on va se régaler et en apprendre sur l'histoire de ces lieux-là.
Ça va être super. Puis on commence tout de suite avec patates malettes à boire noix.
Le mot cantine apparaît au régime français.
Il est associé alors au camp militaire parce que c'est là qu'on mange.
On a aussi le mot casse-croûte.
Et casse-croûte, à l'époque, c'est un outil.
Il sert à casser les croûtes de pain quand elles sont trop dures.
Plus tard, au 19e siècle, les quick lunchs, les endroits où on peut manger rapidement,
vont être associés au mot casse-croûte.
Et pourquoi est-ce que c'est au 19e siècle que ça se développe?
Eh bien, le 19e siècle, c'est l'époque de la révolution industrielle.
Et là, on veut rationaliser le temps de travail.
Qui dit rationaliser le temps de travail, dit rationaliser le temps pour manger.
Il faut manger rapidement.
Et là, dans les quartiers populaires, plein de petits quick lunchs,
qu'on va appeler bientôt des casse-croûtes, se développent.
Ici, au Québec, pas très loin du marché Champlain,
on retrouve ce qu'on appelle les repas à la minute,
où il est possible de prendre, dans un baril de liqueur,
un peu de bière qu'on appelle Sydbière.
Et ça, pour un seul sou.
Au début du 20e siècle, ces établissements sont désignés sous le nom de Chink Restaurant,
« Pork and Bean » ou encore « Débit de fèves au lard »,
ancêtre des Bineries des années 1960,
dont la fameuse Binerie Mont-Royal à Montréal en 1938,
qui va être immortalisée dans le livre d'Yves Beauchemin « Le Matou » en 1981
et qui sera portée au grand écran en 1985.
D'autres institutions s'établissent durablement,
comme le Montreal Pool Room, ouvert en 1912 sur le boulevard Saint-Laurent.
Oréal, qu'on appelait aussi « La Main »,
et qui a déménagé depuis de l'autre côté de la rue.
On raconte qu'Al Capone y aurait joué quelques parties de billard.
Aujourd'hui, selon l'Association des restaurateurs du Québec,
on compte entre 2000 et 3000 casse-croûtes en tout genre dans la province.
Alexandre, on est ici, à Patate-Malette, à Beauharnois.
T'en es le propriétaire.
Quand est-ce que ça a été fondé, Patate-Malette?
La Patate a été fondée en 1956.
Ça a été construit à Saint-Étienne-de-Beauharnois,
le village voisin, par ma famille.
C'est une vraie roulotte, originalement,
qui a été descendue à Beauharnois en tracteur.
Pour les trois premières années, on a dit qu'elle était itinérante
parce qu'elle se déplaçait dans le village.
La première année, elle était en haut de la côte,
les gens de la place, à côté de la quincaillerie Pouliot,
à côté de l'église.
Ça s'est déplacé à l'entrée de Beauharnois, vers Maple Grove.
Puis, trois ou quatre années plus tard,
il y a eu un petit flou par rapport à ça dans la famille.
Elle s'est installée ici, sur la rue Saint-Laurent,
sur le bord du lac Saint-Louis,
devant une maison de la famille Tabat.
L'hiver suivant, la famille a décidé de vendre la maison.
Puis, mon grand-père et ma grand-mère, à l'époque,
avaient levé la main pour dire qu'on serait acheteurs.
Puis, la roulotte est installée là depuis ce temps-là.
Donc, explique-moi un peu comment vous faites la goudille, en question.
Parce que moi, quand on dit goudille, je vois pain hot dog avec...
Bon, on a le lobster roll qu'on connaît.
On met du homard comme ça.
J'imagine que c'est pas ça que vous faites ici.
Mais si tu as un pain avec des frites dedans?
Oui, au chou, tout garni au chou.
Mais moi, en tout cas, il faudrait investiguer,
mais je suis sûr que c'est parti d'à peu près partout au Québec
de la même raison.
Qu'est-ce qu'on fait le vendredi pour vendre de la viande?
Fait que goudille aux oeufs, il y en a bien des places.
C'est goudille aux poulets, goudille aux frites,
comme nous, aux homards.
Fait que j'ai l'impression que ça part de là.
Nos patates, c'est de la recette qui vient de Peribonka.
Ça a presque toujours été ça.
OK, donc du Saguenay.
Exact.
On a depuis toujours le même fournisseur,
J.S. Daoud Mercier.
Fait que nous autres, on a depuis 1956,
mais je peux te dire que c'est la même personne
qui nous fournit depuis 1956,
qui va négocier nos achats avec la coopérative
de Peribonka au Lac-Saint-Jean,
parce qu'on en consomme, je dirais...
J'ai déjà demandé à mon fournisseur,
pour un concours maison, combien de patates,
combien donne un été?
On parle d'à peu près 10 à 11 camions de 53 pieds.
Je trouve que c'est pas assez souligné
à quel point, dans des années plus sombres,
de moins grand développement ou de morosité,
les patates frites au coeur des villages
ont été essentielles à ce que ça continue à vivre.
C'est intéressant ce que tu dis,
d'autant plus que quand on regarde
dans l'histoire des casse-croûtes,
des patateries, des cantines au Québec,
c'est vraiment dans les années 60-70
que ça a commencé à exploser,
au moment où les gens ont commencé
à arrêter d'aller à l'église,
puis aller dans d'autres endroits.
Puis comme par hasard,
on n'est pas très loin des églises
quand on parle de casse-croûtes,
donc c'est comme si les gens avaient quitté les églises
pour arriver maintenant
dans des autres lieux de rassemblement
qui étaient les casse-croûtes.
Est-ce que ça fait semblant?
Bien, tout à fait.
Puis la première année,
je te disais que la patate était itinérante,
elle était parkée à côté de l'église.
Ça a été ça, la première année.
Puis il y a eu un concours
des meilleurs frites du Québec
il y a une couple d'années.
Puis c'est une madame
qui les coupe encore à la main en bon,
sa sainte Marie,
qui a gagné dans le parking de l'église.
Fait que je trouve que c'est pas fou.
Puis tu sais,
s'il n'y avait pas de patate frite ici,
puis là je reprends d'autres exemples,
puis il y en a plein,
chaque personne qui va t'écouter
va avoir leur exemple,
mais il n'y aurait pas
un crème mâle en face,
au bord de la rue.
Puis s'il n'y avait pas
un crème mâle en face,
bien les personnes jouiraient du parc.
Puis là, le parc,
ça fait que le café,
chez nous,
les jacasseuses s'ouvrent.
Je dis pas qu'on est...
Je cherche pas à prendre de...
De crédit.
De crédit ou de flasher avec ça,
mais tu sais,
vraiment,
je pense que les patates frites
à travers le Québec
ont été essentielles
à garder des cœurs villageois.
OK, là,
on va apprendre à faire de la poutine.
Du moins,
je pense pas que c'est bien compliqué,
mais on sait jamais.
Comment ça se passe?
C'est là que ça se passe.
Alors?
On a déjà préparé les frites?
Bien oui,
on a le fromage qui est là, ici.
On peut mettre
une belle pelletée par-dessus
pour que ça fasse bien bomber.
On écrase pas trop les frites.
Comme ça?
Oui, oui, certainement.
On peut faire même
un peu plus généreux que ça, même.
OK.
Comme ça?
Excellent.
On peut appuyer
juste directement comme ça, ici.
Shit.
Faut que t'aies un peu peur.
J'en ai mis...
On peut juste appuyer
légèrement comme ça, ici,
et on dépose
comme ça, ici, plutôt.
Moi, j'ai compris.
Appuie de même.
Excellent.
Et ensuite,
on va mettre
de la sucre.
OK, c'est ça qu'on m'expliquait.
On faisait ça à la paix hier.
Exactement, comme ça, ici.
OK.
Et le truc,
c'est qu'on va le lever
et aller un petit peu plus haut
pour que ça puisse bien rentrer
dans la sauce avec le fromage.
Je vais faire le ménage après,
je vous promets.
Vous me dites quand, là?
Un peu ici.
J'ai encore mis pas...
Mais ça a quand même
un super look.
Je pense que c'est
ma plus bête poutine de la vie.
Moi, je suis ma première,
mais bon.
Benoît, ça va bien?
Ça va bien, toi?
Benoît Moffett.
Tiens, avec moi,
tu filmes,
on va te voir souvent
dans les capsules.
Puis là, on va goûter.
On a développé un système,
toi et moi,
pour déterminer la poutine.
Oui.
Ce que t'appelles les...
Les propriétés organoleptiques.
Oui, puis là-dessus,
on a l'ontuosité,
la finesse.
Attends,
je les avais notées ici.
La texture...
Le facteur gras.
Le facteur gras, oui.
L'indice masse.
Oui.
Puis à partir de là,
on va commencer par la masse.
La masse est bonne.
Elle est bonne, hein?
Elle est solide.
Là, on fait la poutine,
mais on va faire aussi
tout ce qu'il y a autour
parce qu'on a commandé
un burger,
un hot dog
et une goudille.
Ça, c'est une goudille, hein?
C'est une goudille.
J'ai envie d'aller
te regarder tout de suite.
Vas-y, vas-y, vas-y.
Donc, c'est un pain
modifié avec...
Oh, mon Dieu!
C'est dingue!
Wow!
On va montrer.
C'est très créatif.
Ben, j'adore ça.
Ben, tu sais,
en termes de féculents,
je pense qu'on peut dire
qu'on a atteint un niveau.
Oui.
Puis c'est bon.
C'est... oui.
Comment on partage ça?
On mange chacun notre bout
puis...
Il prit la goudille,
il la rompit
en donnant à son seul disciple
car tous les autres
avaient foutu le camp.
Santé!
À toi, mon vieux.
À toi.
Moi, je suis convaincu.
Moi aussi.
La goudille, il me plaît.
Écoute, par quoi
tu veux commencer?
Je sais pas.
On commence par la poutine.
Ben, la poutine,
c'est comme la base.
La texture est parfaite.
Les fruits sont croustillants.
La finesse.
Faut pas laisser tomber
ce petit verre-là
parce qu'en haut qu'un corps,
on est dans la finesse.
Quoique...
Ben...
Je trouve qu'il y a
de la finesse dans la sauce.
C'est vrai, non?
Non, t'as raison.
Il y a comme un petit...
un petit peu.
Il y a holle d'oeil.
Hum!
Parce que comme on le sait,
il y a pas de gé
dans un hot dog.
Wow!
T'es vraiment doué.
Donc, on l'a pris.
On le dresse.
Non, je...
Je digère pendant deux jours.
C'est pas mal ça
qu'il va se passer.
OK!
Écoute, l'hot dog,
c'est dégueulasse.
J'ai jamais coupé
de hamburger comme ça.
Mais l'hot dog, c'est fio.
Tiens, je vais te donner
la meilleure portion.
OK, c'est mal.
J'ai tout pogné dans ma chemise.
Wow!
J'aurais dû le mettre
dans le camisole, mais...
Non.
J'ai tenté pas de...
Moi, je suis contre
la camisole.
Ouais?
C'est un autre débat.
Dans un casse-croûte,
dans la camisole,
c'est quand même...
C'est beau.
Mais sincèrement...
C'est une opinion.
Celle-là,
je ferais un détour
pour venir la manger.
Ouais?
Hum-hum.
Bien, bon appétit à tous.
Puis, si vous venez
à Patate-Malette,
dites que vous venez
de l'histoire du restaurant.
Ils vont être contents.
Hum-hum.
Merci, Benoît.
C'est un plaisir.
Yes!
On finit ça,
puis on...
Qu'est-ce qu'on fait?
Il devrait y avoir
un autre casse-croûte.
Qu'est-ce que t'en penses?
Là, là?
Parti!
Peu à peu,
on va retrouver
des vendeurs ambulants
qui vont parcourir les villes.
Ils vont se transformer
en roulottes à patates.
Ouais,
les fameuses roulottes à patates,
comme celle que j'ai
juste derrière moi, ici.
Ça va être extrêmement populaire.
Mais il y a certaines villes
qui vont dire
attention, là.
Tout ça,
c'est contre l'hygiène.
Notamment,
à Grambay, Québec,
Verdun, Westmount,
on va interdire tout ça.
Hors de question
d'en avoir.
On est à Montréal,
jusqu'envers les années 40,
on en retrouvait
jusqu'à 190.
190 vendeurs ambulants
qui se promenaient
un peu partout dans la ville.
Mais là,
ça pose des problèmes.
Parce qu'il y en a
qui disent
que c'est contre
les mesures d'hygiène.
On va avoir un rapport
qui va stipuler,
et là, je vous le cite,
de tels véhicules
sont exposés
à tous les dangers
de contamination
par la poussière des rues.
Et encore,
je vous cite toujours,
le cheval est attelé
par la même personne
qui prépare les aliments
dans la voiture.
Les guides tombent
souvent par terre
et sont salis
par le fumier
dans les cours
et dans les rues.
Bref, les gens
qui, des fois,
accrochent un peu de caca
avec leurs mains
sont les mêmes
qui vont vous servir
un petit peu dégueu.
D'où la raison pour laquelle,
en 1947,
on va interdire
les vendeurs ambulants
et les roulottes à patates
dans Montréal.
Heureusement,
en 2013,
ils vont être permis
à nouveau.
Ce qu'on appelle
les fameux food trucks,
les camions de cuisine de rue,
vont être permis
pour le plus grand plaisir
des Montréalais.
Hi, ça va bien?
Très bien, merci.
On est ici,
au Casse-croûte,
chez Henri,
qui est un casse-croûte
iconique qui a commencé
en 1957.
Exact.
Si je ne me trompe pas.
Exactement.
Mais ce n'était pas
le resto qu'il y a actuellement
où les gens peuvent aller.
Non, effectivement.
Tout ça a commencé
l'histoire en 1957,
comme on disait,
dans le centre-ville
de Joliette
avec la petite roulotte
à patates,
la famille Majot,
M. et Mme Majot
qui s'est installée là
pour le besoin,
en fait,
de la pataterie
qui était bien avant
de ce temps-là.
Ça fait que,
ils se sont bien implantés
dans le centre-ville.
Oui, parce que c'est intéressant
parce que, regarde,
dans le menu que vous avez
juste ici,
on peut prendre
toutes les feuilles iconiques.
Qu'est-ce qu'on va prendre
tantôt, Benoît?
Oui, on va prendre ça.
J'espère.
Mais on voit aussi là
une page où est-ce que
c'est écrit
60 ans d'histoire.
Ça commence en 1957
et ce n'est pas étonnant
quand on regarde derrière
sur la roulotte,
c'est écrit 1957 et 1960.
Parce que,
qu'est-ce qui s'est passé
en 1960?
En 1960,
ils ont déménagé,
en fait,
du centre-ville
et ils sont venus
s'installer
dans la cour
juste sur le coin là-bas
qui ont construit
un petit casse-croûte
en patates frites aussi,
un peu plus grand.
Là, on n'était plus
sur des roues.
Là, on n'était plus
sur des roues,
on était sur du dur
avec salle de bain,
etc.,
recevoir plus de tiens
et rajouter un peu plus
de produits au menu,
en fait,
pas juste
les patates frites
puis la poutine.
Quand on fait
le nombre de patates
qu'on a,
qu'on vend par semaine
ou par année,
les chiffres,
sont astronomiques.
Bien là,
c'est pour ça que...
Si on parle des chiffres,
vous voyez bien.
Oui, oui, oui.
C'est incroyable,
les patates qu'on vend.
Quand je dis patates,
une pomme de terre.
En fait,
je vais le mettre en livres
parce que c'est toujours
plus impressionnant
tout ça,
mais c'est 8000 livres
de patates par semaine,
net.
C'est-à-dire que
c'est pas...
Ça veut dire
qu'elles sont déjà pelées.
Donc, c'est...
Parce que si,
des fois,
on peut penser
qu'une poche
de 50 livres de patates
va réduire
de 25-30 %
après l'avoir épluchée,
bien c'est sûr
que le volume
sera encore plus élevé
si on s'en irait
avec des poches.
Mais là,
8000 livres
de patates brutes
par semaine.
OK,
puis le meilleur vendeur
chez Henri,
c'est quoi?
Parce que là,
je regarde le menu
puis mon Dieu,
il y a beaucoup de choses
qui me tentent,
mais s'il y a une chose
à côté de laquelle
je ne vais pas passer,
c'est quoi?
C'est bien...
Je dirais,
on a un parti pris
pour le poulet frit.
Le poulet frit?
Je ne me serais pas
attendu à ça.
Benoît,
on a reçu
les plats
qu'on avait commandés.
On a poutine classique,
poutine sauce barbecue,
salade de chou,
poulet frit,
mammouth.
C'est le fameux mammouth.
Par quoi on commence?
Attends,
t'as commencé par ça,
vas-y.
Prends ça,
moi je vais y aller
avec le poulet frit.
Le poulet frit
parce que c'est sûr
que c'est croustillant.
Il y a la sauce
qui va avec.
Donc là,
on va quand même
lancer notre...
notre grille d'évaluation
qui sont les propriétés
organoleptiques,
l'indice de gras,
la masse,
la finesse.
C'est quoi l'autre?
Pilot.
Attends la parole
à l'écran maintenant.
Voilà,
elle est là.
OK,
maintenant...
Toi tu vas avec
la peau de cuisse?
Moi je vais
avec le pilot.
Tu vois
ce que je veux dire?
Ah oui,
donc côté finesse,
très très haut.
Oui,
il est fin,
il est raffiné.
C'est bon,
moi je suis un grand fan
de l'émission
Dinner,
Drive-Ins and Dive
avec Guy Fieri,
le gars qui met
ses lunettes blanches
par en arrière.
Puis lui,
il coupe son burger.
Fait que je me donne
le droit de couper le burger
parce qu'ils font
dans Dinner,
Drive-Ins and Dive.
Donc,
c'est pas un super couteau
mais bon,
qu'est-ce tu veux?
OK,
bon appétit.
Bon appétit,
bon appétit.
On sent bien le côté
de l'influence française.
Hum!
Ah oui,
c'est carrément…
C'est la sauce brune.
Tu sais qu'il y a du monde
que je connais
qui boivent la sauce brune.
Hum!
Ah oui!
Du roquefou,
du roquefou.
Qu'est-ce que j'ai envie
de dire,
même muscade.
Ah oui,
ça c'est sûr.
Ça,
historiquement,
c'est l'un des épices
qu'on utilise le plus
au Québec.
Quand tu regardes
dans les anciennes recettes
fin 19e, début 20e,
la muscade est souvent présente.
oui.
Un jour,
je ferai quelque chose
sur la muscade.
J'ai vraiment trippé,
j'en remangerai.
Mais là,
attends,
on retourne à la poutine.
Parce que là,
ils nous ont servi
deux types de poutine.
Régulière,
barbecue.
Moi,
je t'avoue,
je suis un peu un intégriste
côté poutine.
Moi, quand tu me mets
des povos,
des oignons de riz,
des saucisses,
des petits pois.
c'est suffisant.
Déjà,
juste le nom Galvaude,
t'as l'impression
que tu vas être galvé.
Moi,
je t'invite,
tu sais quoi?
Tu vas capoter,
mais je t'invite
à essayer une bouchée
avec de la salade de chou.
C'est capoter,
c'est super bon.
La poutine avec la salade de chou,
OK.
Il faut bouger.
OK?
Non, non, non,
je la goûte comme ça avant.
Oui, oui.
En même temps,
pendant que tu te préparais,
je l'ai déjà goûté,
je ne le disais pas.
L'indice de masse est bon.
Tu as remarqué
que le fromage ici
est beaucoup plus large.
Oui.
Beaucoup plus solide.
Ça, c'est des...
Regarde,
tu as des morceaux.
Il y a deux philosophies.
Le léger.
On ne parle pas
de la grosseur du fromage,
j'ai l'impression.
Fait que comme ça,
comme ça,
ça,
tu as une bouchée qui se peut.
Hum,
ce n'est pas inintéressant.
Je ne pense pas récidiver,
mais ce n'est pas inintéressant.
On est prêt
pour la bûche?
On est prêt pour l'autre.
C'est pas la différence.
Oh, wow.
Elle est plus orangée.
Tu vois,
automatiquement,
je retourne à elle.
J'ai comme
une bouchée
Je ne sais pas,
c'est comme si t'essayais
de pulper quelque chose
qui était déjà parfait.
Moi,
si je n'ai pas le choix,
si j'ai juste celle-là,
je suis très content.
Oui,
mais c'est parce
qu'on a commencé...
Si on avait commencé
par celle-là.
Regarde,
je retourne au poulet frit.
Il y a quelque chose
dans la sauce brune.
C'est rassurant,
de réconfortant.
Oui?
De...
Hum,
et pourtant...
Internel.
Ça ne fait pas si longtemps
que ça, la poutine.
J'ai l'impression
que ça a toujours été
dans les sauces du Québec.
Pas en tout.
C'est tellement récent.
Mais tu sais,
ça fait partie de
ce qu'on pourrait qualifier
de tradition inventée.
On s'invente une tradition
en pensant
que ça fait super longtemps.
Même affaire
pour le tiramisu en Italie.
On a l'impression
que ça date
il y a des années.
Pas en tout.
Ça ne fait vraiment pas longtemps
que le tiramisu a été inventé.
Mais,
comme si on a besoin
de s'accrocher
à des plats
pour dire
qu'on a une culture culinaire
tellement forte,
tellement impliquée
dans notre identité
qu'on a besoin
d'en avoir un plat.
Et tu sais,
au Québec,
quand tu regardes
les casse-croûtes ici,
ce n'est pas même
le même genre de bouffe
que tu retrouves
un peu partout aux États-Unis,
au Canada anglais
ou autre.
Ce qui fait la spécificité,
c'est la poutine.
C'est comme si on la trouvait
et on a fait
non, non, c'est nous
qui l'avons.
Quand on voit du monde
du Canada anglais
ou des États-Unis
qui disent
non, non, nous aussi
on peut avoir de la poutine,
on est ultra chargé
en disant
non, c'est pas à vous,
c'est à nous.
C'est l'identitaire fort.
Ça vient pas d'ici.
Ultra populaire
dans le sud des États-Unis.
Presque une institution.
OK.
Donc là,
on a tout évalué.
Je continue à manger
juste parce que c'est bon.
C'est bon.
Benoit,
est-ce que tu fais un détour
pour manger la poutine d'ici?
Moi?
OK.
Ça passe.
J'ai envie d'aller ailleurs.
Tu parles tout le temps
de l'affaire importante
que je sais que tu vas mettre
au montage.
Pendant que je suis en train
de me demander
ce que c'est que
Je vais le laisser, ça,
parce que tu me dis ça.
Fait que,
j'ai encore faim.
Je vais aller ailleurs.
Longue ta joliette.
On s'en va à Granby.
Puis on s'en va
chez Ben Labedine.
Tu connais ça?
OK, c'est parti.
Après la Seconde Guerre mondiale,
l'influence
de la culture américaine
va être déterminante
au Québec.
On parle bientôt
de snack bar.
Et de plus en plus,
l'esthétique 50's et 60's
va marquer le Québec.
Notamment avec
une boisson iconique,
Coca-Cola.
Mais l'autre élément
qui est très important,
c'est la culture automobile.
Bien oui,
de plus en plus de gens
ont d'auto.
On parle même de l'époque
de tout à l'auto.
Tout doit être fait en auto.
On parle de drive-in.
On vient dans les casse-croûtes,
on se fait servir
et on repart.
Et ça, ça va être crucial.
D'autant plus
qu'on est dans la période
dite des 30 glorieuses.
Une expansion économique,
une expansion démographique.
Ici, au Québec,
on parle de révolution tranquille.
Les gens ont plus de temps,
plus d'argent.
Et donc, on va
dans des casse-croûtes,
on mange, on se fait plaisir
et tout ça en voiture.
Au Québec, on essaie
de reproduire ce modèle
de la culture populaire
américaine.
À la même époque,
dans les centres-villes,
des établissements
comme le Northeastern Lunch,
très populaire dans les années
1910 et 1940,
disparaissent peu à peu.
Tandis que d'autres,
comme Schwartz Deli
ou Wilensky Light Lunch,
s'ancrent dans la communauté
anglophone de Montréal,
devenant au fil des ans
de véritables institutions
montréalaises.
Le petit restaurant
avec le comptoir pour commander,
le Snack Bar,
devient un lieu tout désigné
pour les personnes
qui désirent prendre
un repas rapide
à prix modique.
Certains grands noms
voient le jour.
Le roi Jussep à Drummondville
en 1964,
la banquise à Montréal
en 1968
ou encore Ashton à Québec
en 1969.
Certains, comme Laurent Julep,
vont bientôt s'adapter
à la nouvelle culture automobile.
Bien qu'il y en ait eu
plusieurs dans la région de Montréal,
celui situé sur le boulevard
des Carrés,
à l'angle de la rue Paris,
est le seul
qui subsiste encore.
Ce restaurant,
qui a la forme spectaculaire
d'une boule orange
et de 12 mètres de diamètre,
a été ouvert dans les années 1940
par Hermas Jibot.
On y vend le jus d'orange
de marque Jibot Orange Julep.
En 1967,
l'exposition universelle
qui se tient à Montréal
va également offrir
un choix fantastique
au niveau de la restauration,
alors que le site
présente 74 restaurants,
en plus de 78 places groupes.
C'est l'occasion
pour les Québécois
et les touristes
de goûter une variété de plats,
en plus des meilleurs vins,
des meilleurs alcools
et des meilleurs cafés.
Cette offre exceptionnelle
va encourager
plusieurs restaurateurs
à Montréal
à ouvrir
leurs horizons culinaires.
C'est durant les années 1970
que la poutine
va rentrer dans le cœur
et surtout le ventre
des Québécois.
De plus en plus de casse-croûte
vont se transformer.
Bien oui,
les anciennes roulottes
vont construire
des vrais établissements,
un peu comme
chez Henri à Joliette.
Mais dans les années 1980,
des grandes chaînes
de restauration,
comme McDo
ou encore IW,
vont standardiser
la nourriture
que l'on prend
dans les casse-croûte,
comme les hamburgers
ou les hot dogs
et même la poutine.
Mais si vous voulez,
mon avis,
les meilleurs,
ça reste encore
les casse-croûte.
Jimmy, on est ici
à Ben Labedène,
à Grembay,
qui est quand même
un lieu très important
pour la ville.
C'est quoi l'histoire
de Ben Labedène?
Un cantine chez Ben,
dans le fond,
ça a commencé en 1950
avec mon grand-père.
Il a ouvert
une petite cantine roulante
qui se promenait
un peu en ville avec ça.
Il s'est tenu d'un parc.
Après ça,
avec la réglementation
qui a changé
au début des années 70,
il a déménagé ici
au 599 principal.
En 1974,
notre enseigne,
elle a vu le jour.
Elle a été installée
à l'extérieur.
Après ça,
ça en a déboulé
plusieurs rénovations.
Dans les années 90,
on a ouvert une crèmerie.
On a eu nos premières
places assises.
Après ça,
début 2000,
on a fait
d'autres rénovations
pour agrandir encore,
pour être capable
d'avoir des places assises
pour toute la clientèle
et avoir une superbe
belle terrasse.
Aujourd'hui,
en 2024,
où est-ce qu'on s'enligne
jusqu'à 150, 160,
une petite place assise
en période d'estival.
On dit souvent
que ce qui est plus important
dans la poutine,
c'est la patate.
D'où la patate, ici?
D'où est-ce que vous la prenez?
Nous, dans le fond,
on a une patate qu'on prend
qui est rouge.
On essaie d'avoir
la même patate
pour avoir la même stabilité
à longueur d'année.
La patate,
ça évolue avec le temps,
la température,
quand on fait la récolte.
On a eu la chance
de s'entendre
avec le fournisseur
qui est Patate Dino
ici à Grembay.
On réussit à stocker
dans le fond notre patate
pour avoir la même
à longueur d'année.
La stabilité, je pense
que c'est le secret
dans toutes les entreprises,
les casse-croûtes.
Patate Dino nous aide
à le faire
avec, justement,
l'épichage
et la livraison
qu'il y a chaque matin
à la cantine
pour avoir le stock
le plus frais possible
et que ça soit impeccable.
Cela dit,
la patate est importante,
le fromage,
c'est un mos.
Il vient d'où, le fromage?
Nous, ici,
on est avec la chaudière.
Et puis, la sauce,
après ça,
c'est vraiment
notre petit dada,
notre petit secret.
Ça fait des années
qu'on a notre sauce à nous.
Personne ne le saura jamais.
Il y a un autre élément
qui est très représentatif
de Ben Labedène,
c'est votre uniforme
blanc et rouge.
D'où ça vient, ça?
Mon grand-père,
à l'époque,
était daltonien.
Il avait de la misère
à différencier ses couleurs.
Puis, le rouge et blanc,
il le voyait.
C'est un mix de couleurs
que lui aimait beaucoup.
Donc, il a commencé
à l'appliquer
sur ses uniformes,
après ça,
dans le restaurant.
Puis, avec le temps,
c'est devenu
un peu notre marque
de commerce.
Donc, on a décidé
que c'est non négociable.
On n'enlève pas ça
de nulle part.
La dernière rénovation
qu'on a faite,
on a gardé le rouge et blanc
aligné partout à l'extérieur.
Les chemises, les chapeaux,
tout ce qui est rétro.
Ça fait partie
de nos débuts.
On trouve ça important
de le garder.
Puis, le monde aime ça.
Ça nous représente
aussi beaucoup,
je pense.
C'est quoi les plats
qu'il faut absolument
prendre chez Ben Labedène?
Si j'en avais trois,
par exemple,
on va dire même
quatre ou cinq,
qu'est-ce que je pourrais
prendre?
Ben, dans le fond,
la poutine,
c'est la numéro un.
La poutine régulière
est d'ailleurs
notre plus populaire.
On en a plusieurs sortes,
mais la régulière,
c'est la plus populaire.
On a, sinon,
deux sandwiches.
On a le Ben Bacon
qui est un cheeseburger
double viande avec bacon
qui, lui,
est un gros populaire.
Et puis, le Bougetroux
qui est une recette maison
depuis des années.
C'est dans
un pain hot dog.
C'est de la viande
achetée ces années,
des petits grains d'oignon
et des patates.
C'est délicieux.
C'est vraiment
une petite recette maison
qui est ici depuis des années.
Benoît,
on a reçu nos plats.
Poutine,
oignon de ring,
double bacon Ben,
je pense que c'est comme ça,
puis Bougetroux.
Double bacon Ben.
C'est drôle,
je m'appelle Benoît.
C'est toi, Ben Lavederne.
Ok,
on va attaquer.
On a toujours
nos propriétés organoleptiques.
Oui, bien sûr.
Indice de masse.
Indice de gras.
Gras.
Finesse.
Onctuosité.
C'est ça.
On a quatre.
Je pense que c'est ça.
Il évolue à…
Ils ont peut-être changé tout le long,
puis on ne s'en rend pas compte.
On se rend compte qu'il y a
un oignon de ring.
Un oignon de ring.
On sait que ça n'a pas
un oignon de ring,
c'est onion ring.
Des rondelles d'oignon.
J'ai pris la petite version
de la poutine.
Je crois que la grosse…
C'est bien fait parce que…
Il m'attendait à la main.
C'est quand même gras de la poutine.
C'est la définition du gras.
Elle est très bonne.
Elle est vraiment bonne.
La patate est sucrée.
Il disait que c'est la patate rouge.
On le sent.
Alors que je ne sais pas
dans ta malette,
c'est de la russet.
Ici, on est…
Les morceaux de fromage sont petits.
Fait que tu n'es pas écœuré
par une bouchée,
parce que la crotte de fromage
n'est pas aussi grosse que la frite.
J'ai écœuré,
mais ça reste super bon quand même,
même quand c'est gros.
En même temps,
si quelque chose est très gras à la base,
ça peut aider de trouver
des petites stratégies.
Sincèrement, c'est bon.
C'est impressionnant.
Moi, j'ai vu de moins.
Oui, oui.
Je suis d'accord avec toi.
Ever.
OK.
Poutine is done.
Alors, on va commencer par le…
J'ai pas fini de la boucher.
Pas grave.
On va commencer par l'ambition.
Ce que j'appelle l'ambition,
la spécificité.
J'adore les gros encore.
À chaque fois,
j'adore les gros morceaux.
On est chez Ben la bedaine.
C'est toi, Ben.
Ouais, t'as raison.
Fait que là, le bouche-trou…
Je parle de bedaine.
Tu ne l'as pas.
C'est pas assez gros,
c'est la mienne.
Tu ne l'as pas.
On a un pain hot dog
avec de la viande hachée.
Finalement, c'est une version
de la goudée
qu'on a entendue.
C'est vrai, hein?
C'est vraiment…
Mettez un pain hot dog,
mettez ce que vous voulez dedans,
ça va faire la jam.
C'est vrai?
Oui.
C'est ça, le bouche-trou,
vraiment?
Oui.
C'est bon, hein?
Je pense que je vais
me finir.
Je pense qu'on va tout manger.
Je pense aussi.
Peut-être pas le mettre
parce que sinon…
Non.
OK.
OK, là.
As-tu coupé?
Non, t'es bon là-dedans.
T'es rendu vraiment bon.
C'est vrai que c'est moi
qui les a coupés pour l'instant
à chaque fois.
C'est dégueulasse,
je suis désolé,
je mets mes doigts,
mais comme tu le sais,
je me lave les mains.
T'es là, là, tu le vois.
OK, je prends le plus gros
ce coup-là.
J'aime ma vie pour un burger.
Voilà.
J'en mets partout.
En juicy.
Très bonne.
Bravo, Ben.
Moi, je…
Ça n'a pas de sens,
c'est bon.
Hein?
Hum.
Tu sais pourquoi
on s'empitre comme ça?
Pourquoi on a mis
autant de nourriture
aussi calorique?
Parce qu'on est le départ.
On est le départ.
Et aussi,
il y a une théorie scientifique.
Ah, je ne savais pas.
Oui.
De quoi?
Ben, il y a une branche
de la biologie
qui s'appelle
la psychologie évolutionniste.
Hum.
C'est née, je crois,
dans les années 70-80.
En tout cas, à vérifier.
Puis, en fait,
cette discipline-là,
ce qu'elle fait,
c'est qu'elle essaie
de comprendre
le comportement humain
avec un regard évolutionniste.
C'est-à-dire,
quel comportement
était le mieux adapté
à l'époque
et qui est encore présent
aujourd'hui
parce que l'évolution
prend un certain rythme
et la société a changé.
Mais c'est qu'il y a
certains comportements
dans la société,
surtout des humains,
aujourd'hui,
qui ont, en fait,
une raison historique
évolutionniste.
Et dans le cas
de la poutine,
il y avait quelqu'un
qui a théorisé que
quand on était
en mode de survie,
on était des chasseurs-cueilleurs
et qu'on tombait
sur, disons,
une taille de fraises
ou de calories,
la meilleure stratégie,
c'était de s'empiffrer,
d'en manger
le plus possible
et après ça,
t'en prendre,
t'en ramener
Parce que tu sais pas
quand est-ce
que tu vas en avoir
et peut-être
qu'il y a
un autre animal
qui va venir t'évoluer.
Donc...
C'est exactement
mon feeling en ce moment.
Je sais pas quand est-ce
que je vais avoir la poutine.
Je sais pas quand non.
Est-ce qu'il y a
un nom à cette théorie-là?
Bien ça,
c'est la psychologie
évolutionniste.
La théorie de la poutine...
Mais la théorie
de la poutine serait super.
On peut l'appeler
la théorie de la poutine.
Quand tu vois la poutine,
t'es obligé de la manger
parce que tu sais pas
quand est-ce
que tu vas en manger d'autres.
Exactement!
C'est ça!
Hé Benoît,
merci pour ce voyage.
On recommence déjà.
Merci.
Ça fait plaisir.
Merci à toi.
Ça a été super.
C'était super cool.
J'ai appris plein d'affaires
puis on peut aller
voir ta chaîne.
Oui.
Toujours vivant.
Oui.
Ça vaut vraiment la peine.
Merci.
Puis...
Qu'est-ce qu'on fait
après ça?
On va aller dormir.
Merci Benoît.
Hé, merci à toi.
C'était beaucoup.
Je veux vous lire.
Selon vous,
quel est le meilleur
casse-croûte au Québec?
Écrivez-le juste en dessous ici.
En attendant,
je vous dis à la prochaine.
Je suis Laurent Turcot
de l'Histoire nous le dira
et surtout,
bonne poutine!