Le 8h30 Franceinfo de Maud Bregon
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franceinfo
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16 nov. 2024
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Les départements de droite menacent de ne plus verser le RSA à partir du 1er janvier pour protester contre les coupes budgétaires.
C'est une menace sérieuse ou c'est un coup de menton ?
J'entends cette annonce comme une alerte pour nous rappeler ce qu'on sait d'ailleurs,
que les départements, pour beaucoup, sont aujourd'hui dans une situation financière, budgétaire, qui est très compliquée.
Moi je me déplace beaucoup, j'étais dans la Haute-Marne, dans le Calvados,
à chaque fois les présidents de départements me font part des difficultés auxquelles ils sont confrontés,
avec des dépenses sociales qui augmentent.
On sait qu'on leur demande des efforts dans le budget tel qu'il est écrit aujourd'hui.
Et ce budget, il a été écrit en un temps record.
On a dit qu'il était imparfait, qu'il y avait des améliorations à faire,
notamment envers les collectivités territoriales.
Le Premier ministre est aujourd'hui aux côtés des départements de France, vous le savez,
et puis il y a le débat qui va arriver au Sénat.
Notre volonté, c'est d'arriver à trouver un point d'accord
qui permette de répartir l'effort équitablement,
mais sans mettre les uns et les autres en péril sur le plan budgétaire.
Quand Michel Barnier dit des ajustements, il évoque ça dans son interview à West France,
ça veut dire que les départements n'auront peut-être pas à faire d'effort,
que c'est d'autres collectivités qui feront des efforts ?
En tout cas, la porte est ouverte à diminuer l'effort par rapport à celui qui est demandé aujourd'hui,
parce qu'on a conscience qu'un certain nombre de départements
sont aujourd'hui dans des situations extrêmement compliquées.
Ils prennent en charge une grande part de la dépense sociale.
La démographie est telle qu'aujourd'hui, cette dépense sociale augmente,
et donc on entend cette difficulté-là.
Nous, on ne demande pas des efforts par plaisir,
et notre souhait, ce n'est pas de mettre les collectivités territoriales à terre.
Le Premier ministre a toujours dit, on ne fera ni sans eux, ni contre eux.
Donc on souhaite, avec eux, par le dialogue,
et c'est pour ça que le Premier ministre a à leur côté aujourd'hui,
trouver un modus empérandi et un point d'atterrissage
qui permettent de répartir l'effort,
peut-être différemment de tel qu'il est réparti aujourd'hui,
mais bien sûr en gardant un cadre budgétaire que celui qu'on connaît et qui est très content.
Je reviens juste sur l'explication que vous donnez au début.
Vous dites, désolé, on a été trop vite.
Ce n'est pas ça, c'est un peu ça.
Je dis qu'on a mis sur la table une équation qui fonctionne,
60 milliards d'euros d'économies, un budget, encore une fois, je le redis,
construit en un temps record,
en tenant toujours ce discours que celui de l'ouverture
a des modifications, a des améliorations.
On entend aujourd'hui les départements qui tirent pour certains la sonnette d'alarme
parce qu'ils sont dans des situations très compliquées,
et notre volonté, c'est de travailler avec eux
à voir comment est-ce qu'on peut peut-être diminuer cet effort,
peut-être le répartir différemment au sein des collectivités territoriales.
Il y aura 5 milliards d'efforts des collectivités en tout quand même.
Je ne vais pas préempter le débat qui va débuter au Sénat.
Je le redis, nous sommes prêts à des améliorations.
Est-ce que ça restera 5 milliards ? Peut-être.
Est-ce que ça pourrait diminuer en fonction des débats au Sénat ?
Oui, à une condition, c'est que face à ces modifications-là,
il va falloir trouver des réductions de dépenses supplémentaires.
Stéphane Troussel, le président du département de la Seine-Saint-Denis,
département de gauche, parce qu'il n'y a pas que ceux de droite,
et qui était sur notre antenne, explique que c'est globalement
la prise en charge de toutes les aides sociales qui est en question,
et que ça fait 20 ans que ça a été installé comme ça,
et que petit à petit, il y a 10 ans, l'État compensait 70%
les aides individuelles de solidarité.
Aujourd'hui, c'est seulement 40%, alors que le coût du RSA lui a doublé.
De fait, il y a un système qui ne fonctionne plus.
Est-ce que cette remise en question globale, vous êtes prête à l'envisager ?
Vous dites, et il disait quelque chose d'extrêmement juste,
il y a d'abord une situation d'urgence à traiter,
qui est celle du budget de l'année prochaine.
Comment est-ce qu'on trouve les économies nécessaires
en demandant encore une fois un effort qui est justement partagé
et supportable par tout le monde, y compris par les départements ?
Et puis ensuite, j'en viens à votre question,
il y a une réflexion plus structurelle à mener sur le financement
des départements et sur leur organisation,
parce qu'on voit bien que ces dépenses sociales,
elles augmentent de façon tendancielle.
Quand l'État augmente le RSA, comme c'est le cas chaque année,
c'est les départements derrière qui supportent cette augmentation.
Mais il y a d'autres exemples,
quand on voit que dans certains départements,
les départements de droite en parlent,
notamment une augmentation de la prise en charge,
du coup de la prise en charge des mineurs non accompagnés.
C'est aussi les départements qui supportent l'aide sociale à l'enfance.
Et donc, pardonnez-moi, il y a à mon avis,
à moyen et long terme, une réflexion à mener
sur la structure financière et économique des départements.
Mais d'abord, il y a une situation d'urgence
qui est celle du budget de l'année prochaine.
Et je pense que c'est ce que voulait dire Stéphane Troussel,
aussi ce matin sur votre antenne, je l'ai écouté,
en tout cas c'est comme ça que je l'ai compris.
Alors Michel Barnier, il dit aussi dans West France,
il dit voilà, si on a cette allocation sociale unique,
ça permettra aux départements de faire des économies.
On a du mal à comprendre pourquoi.
On avait là encore, vous parliez de Stéphane Troussel,
lui-même dit qu'on ne comprend pas bien
comment ça peut marcher cette histoire
et surtout ça pourrait conduire à faire des économies
sur les bénéficiaires.
Alors que Michel Barnier dit ça fera faire des économies
aux départements. Comment ça marcherait ?
On voit bien que quand on rationalise les allocations
au sens où on simplifie les procédures,
où on simplifie les process,
ça permet de faire des économies.
Et je voudrais être très clair sur une chose,
il ne s'agit pas, lorsqu'on parle d'allocation sociale unique,
de diminuer les allocations qui sont de droit
pour les uns et les autres.
Si vous versez moins d'argent,
c'est qu'il y a des gens qui touchent moins.
Mais on n'a pas dit qu'il était question
de verser moins d'argent.
On a dit qu'il était question de faire des économies,
de rationaliser en fonction de ce que les uns et les autres
ont droit à tout simplement.
Alors comment on rationalise sans faire des efforts,
sans réduire ?
On aura ce débat dans les semaines et les mois à venir.
Mais c'est quand même important
parce que Michel Barnier en reparle ce matin,
il en avait déjà parlé à plusieurs reprises.
C'est quelque chose qui avait été cité,
y compris par des socialistes à l'époque,
y compris sous le mandat de Nicolas Sarkozy
et ça revient sur la table aujourd'hui.
C'était aussi une promesse d'Emmanuel Macron accessoirement.
Et on a du mal à comprendre,
quand on entend là encore ce témoignage
du président du département qui dit
que ça va conduire à probablement baisser
en valeur globale les prestations sociales.
C'est ça l'idée ?
Non, et ce n'est pas du tout ce qu'on a dit.
Il faut aujourd'hui regarder l'addition
des différentes aides sociales
et voir comment est-ce qu'on peut,
je le redis encore une fois,
dans la façon dont elles sont versées,
rationaliser tout ça,
faire en sorte que ce soit probablement plus simple
pour les départements.
C'est un débat qu'on aura aussi
avec les présidents du département.
Vous avez un calendrier déjà ?
Je ne peux pas le préempter aujourd'hui.
On a d'abord, si je puis dire,
la première haie à franchir,
qui est celle du budget des semaines à venir.
Et donc c'est là-dessus qu'on est concentrés.
Et puis ensuite, le Premier ministre l'a dit,
il aura l'occasion de présenter sa vision
à trois ans avec un plan d'action
adossé et des propositions de réformes.
Et concrètement, qu'est-ce que vous dites
aux départements qui ne vont pas pouvoir
voter leur budget ?
Certains disent qu'ils n'y arriveront pas.
Le président d'Eure et Loire,
par exemple, Christophe Lederwey,
a déjà dit qu'il doit trouver
près de 40 millions d'euros d'économies
dans le budget qu'il avait prévu
et donc qu'il ne votera pas son budget en décembre.
Ce que je dis, moi, c'est que nous,
on souhaite, dans le budget tel qu'on est
en train de le construire,
de pouvoir faire en sorte...
Je peux redire ce que je vous ai déjà dit.
Il y a une tolérance ?
Ça n'a pas été prévu ?
Les départements et l'État sont censés
voter leur budget avant la fin de l'année ?
Il n'est pas question de laisser des départements
ne pas pouvoir boucler l'année.
Donc s'il y a des situations particulières,
j'imagine que ce sera regardé,
et je vous envoie vers ma collègue,
ministre des Collectivités Territoriales.
Moi, je suis là ce matin pour vous dire
que face à la difficulté dont on a conscience
que rencontrent les départements aujourd'hui,
on est prêt à faire des modifications
sur le budget 2025 qui est proposé
et qu'on aura ce débat avec les sénateurs,
que le Premier ministre aura cet échange
aujourd'hui avec le président du département.
Justement, Maude Bréjean,
vous voulez parler de budget, donc parlons-en.
Certains, comme le président du groupe
centriste au Sénat, proposent
d'augmenter, Hervé Marseille,
des Hauts-de-Seine proposent d'augmenter
la TVA à 22% au lieu
de 20. Hervé Marseille, il est
proche de vous. Est-ce que c'est
une bonne idée ? Vous soutenez ?
Il y aura ce débat au Sénat, ce n'est pas
la proposition du gouvernement.
Aujourd'hui, ce n'est pas
la position du gouvernement.
Nous, on souhaite que le débat puisse
se poursuivre au Sénat,
avec, je le redis, un objectif
qui est celui de trouver 60 milliards d'euros
et
en basant l'effort essentiellement
pour deux tiers sur une réduction des dépenses,
je ne suis pas certaine
qu'une augmentation de la TVA
soit
le moyen
le plus juste
et le plus équitable de
trouver des recettes fiscales.
Nous, ce qu'on a proposé,
c'est
d'avoir des contributions ciblées
et exceptionnelles
sur les Français qui le peuvent le plus,
sur les entreprises
qui le peuvent le plus. La TVA,
vous le savez bien, ça touche
tout le monde. Ce n'est pas
la philosophie qui est celle du gouvernement.
La deuxième journée de solidarité, on comprend que Michel Barnier
y est défavorable.
Il y a nécessité, en France,
de trouver des moyens de travailler
davantage. Le Premier ministre
est effectivement réservé sur cette journée
de solidarité. Pour autant,
on est ouverts au débat
et il y a notamment cette proposition
au Sénat sur, vous savez,
des sept heures travaillées pour
permettre de contribuer au budget
de la Sécurité sociale.
On verra avec les sénateurs
dans quelle mesure est-ce qu'on peut
l'adopter ou pas, ce qu'elle rapporte
exactement. On ne
ferme pas la porte au débat.
On ne ferme pas la porte au débat.
On partage cette volonté de trouver
des moyens
d'augmenter le nombre
d'heures travaillées. Est-ce que ça passe
nécessairement par une nouvelle journée
de solidarité ? On sait que la première
avait déjà été difficilement
acceptée, donc regardons ce qui
peut se faire différemment.
En l'occurrence, les centristes du Sénat,
dont parlait Adrien à l'instant, proposent, eux,
d'allonger la durée de travail sur l'année
très sensiblement. Ils vont bien au-delà
d'une deuxième journée de solidarité.
Nous, on partage la volonté, encore une fois,
d'augmenter le nombre d'heures travaillées
et de pouvoir faire en sorte
qu'on ait un travail, aujourd'hui,
d'ailleurs, qui soit davantage
rémunérateur. Il y a une réflexion
qui est une réflexion globale à mener.
Un mot, peut-être, mot de Bréjon,
puisqu'on est en état de parler d'économie,
sur l'accord sur l'assurance chômage qui a été
trouvé hier soir par les
partenaires sociaux, patronat et syndicats.
Il va y avoir des économies,
à priori, faites grâce
à cet accord. Est-ce que vous saluez ?
C'est une bonne nouvelle ? Oui, je le salue.
Vous voyez, au-delà et avant, peut-être,
de rentrer dans les détails, ça démontre
que la méthode
qui est celle du Premier ministre et du gouvernement,
de laisser la place
au dialogue social,
de prendre le temps d'échanger,
de prendre le temps de négocier,
ce n'est pas facile, ça prend du temps,
mais ça porte ses fruits.
Aujourd'hui, on a des organisations syndicales
qui, après des échanges,
n'étaient pas dans la salle, mais probablement longs,
parfois difficiles, ont fini
par trouver un accord, encore une fois,
sur l'assurance chômage, sur la question des seniors.
C'est extrêmement important aujourd'hui,
on le sait, donc évidemment, on le salue.
Et je dirais que ça nous
encourage, encore une fois, à rester
dans cette méthode
de dialogue. Le gouvernement n'a plus à reprendre la main,
par ailleurs. Pardon ? Le gouvernement
n'a pas à reprendre la main, donc.
On verra, le Premier ministre s'exprimera
cet après-midi, mais c'est évidemment
une bonne nouvelle. Mais sur l'assurance chômage,
précisément, pour rester un instant là-dessus,
c'est des règles qui se durcissent, clairement,
à partir de janvier 2025.
Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les allocataires.
Pour les frontaliers, ceux qui travaillent en Suisse,
en Belgique, en Allemagne,
qui, généralement, gagnent
plus et qui vont être indemnisés moins,
c'est la mensualisation des allocataires
qui change, et donc,
sans rentrer forcément dans les détails techniques,
mais une mensualisation
qui sera lissée sur 30 jours. Donc, en gros,
ils perdent 5 jours d'indemnisation.
C'est toute une série
de durcissements
qui sont préjudiciables
aux allocataires. C'est comme ça
qu'il faut présenter le sujet.
Cet accord a été trouvé par qui ?
Par les partenaires sociaux.
Eux-mêmes !
Entre eux !
Mais le constat, il est bien celui-là.
Il faut dire clairement les choses
aux gens qui nous écoutent. Il y a des points d'avancée,
et puis, il y a aussi des points qui prennent en compte
la réalité du marché du travail tel
qu'il est aujourd'hui. Mais moi, je crois que chacun
le comprend. Vous savez, on nous a beaucoup demandé,
Michel Barnier est Premier ministre,
de faire une nouvelle
réforme de l'assurance-chômage.
Il y en a eu, je crois, 3 ces dernières années.
Michel Barnier a dit quoi ?
Il a dit non, je ne referai pas
de façon brutale
une nouvelle réforme de l'assurance-chômage
parce que je souhaite donner la main
aux organisations syndicales et aux partenaires sociaux
de telle sorte qu'entre eux,
ils puissent trouver un accord.
C'est ce qui s'est passé.
On comprend, donc, effectivement, Maude Bréjon,
que cet accord, le gouvernement va plutôt le valider.
Je laisserai, évidemment,
la primauté au Premier ministre
de sa prise de parole. Les choses sont claires.
Vous restez avec nous, bien sûr, Maude Bréjon,
porte-parole du gouvernement.
Le fil info, avant de continuer la discussion,
9h moins le quart, Marie Maheu.
On l'évoque à l'instant,
un accord trouvé entre Patronat
et plusieurs syndicats sur l'assurance-chômage
et l'emploi des seigneurs
pour ouvrir des droits.
5 mois travaillés sur les deux dernières années suffisent
au lieu de 6. Actuellement,
l'indemnisation des travailleurs frontaliers baisse.
Le texte inaugure aussi un contrat
senior pour favoriser leur embauche.
Le maire Les Républicains de Compiègne
dans l'Oise veut autoriser les policiers
municipaux à tirer sur les auteurs
de rodéos urbains avec des balles de paintball
remplies de peintures
indélébiles et indétectables.
A l'œil nu, un dispositif qui se fera
uniquement sur réquisition du procureur de la République.
C'est une maladie qui touche
plus de 220 000 nouvelles personnes par an.
Un traitement très attendu
contre Alzheimer approuvé par l'Agence Européenne
des Médicaments. Le Lequembi
vise à réduire le déclin cognitif des patients
mais seulement ceux à un stade
précoce de la maladie.
Au Liban, 12 personnes dont 8 secouristes
tués hier dans un raid israélien.
Selon les autorités, il a touché
un centre de défense civile dans l'est
du pays. Ce matin, c'est de nouveau
la banlieue sud de Beyrouth qui est visée.
France Info
Le 8.30, France Info, Bérangère Bonte,
Adrien Beck.
Les mots de Brijon, porte-parole du gouvernement,
ont évoqué
les économies
sur l'assurance chômage
et toute une série de mesures.
Tout ça nous ramène quand même
aux discussions budgétaires
puisque Michel Barnier confirme qu'il va sans doute utiliser
le 49.3, il le dit dans
Ouest-France. J'ai envie de dire tout ça pour ça.
Pourquoi tous ces débats alors ?
Moi, je pense qu'on ne
perd jamais à respecter
la démocratie et le
parlementarisme. Je pense qu'on ne perd
jamais à débattre, à laisser
les uns et les autres
confronter leurs idées. D'ailleurs,
ça a permis aussi de trouver des compromis.
Le compromis sur...
Pardonnez-moi. Non, non, non.
Le compromis, je vais terminer, sur les
petites retraites, qui a été annoncé
lundi dernier. C'est un compromis
qui a été le fruit de plusieurs semaines
de débats. Et donc moi, je vais vous dire
si le
gouvernement...
Pardonnez-moi.
C'est un accord entre Bercy et Laurent Wauquiez.
C'est effectivement pas le fruit
des débats.
Je prends cet exemple-là.
C'est un débat qui a eu par ailleurs lieu en commission.
Mais je prends cet exemple-là.
Il y a d'autres amendements
qui seront probablement retenus, qui
n'étaient pas dans le projet initial du gouvernement.
Et donc moi, je le redis,
on ne perd jamais
à laisser le débat se tenir. Et je vais aller même plus loin.
Si on avait
mis le débat sous le tapis,
que Michel Barnier était arrivé au premier, deuxième
ou troisième jour du débat,
montant à la tribune... Non, non, non, je vais terminer.
Montant à la tribune en sortant de 49.3,
on nous aurait dit
regardez, oh là là, il ne respecte pas
le Parlement, il refuse le débat.
Et je vais vous dire, vous auriez eu...
Vous auriez probablement eu raison.
La méthode de Michel Barnier,
c'est de laisser les opinions
des uns et des autres.
Là, il y avait plus l'impression qu'il s'agissait
de laisser le débat pourrir.
Ce n'est pas de laisser le débat pourrir.
C'est ce qu'ont dit beaucoup d'oppositions de gauche du RN.
C'est de fait ce qui s'est passé, puisque le texte quasiment de départ
est parti au Sénat.
Ou disons-le, le bloc
macroniste, la majorité
est favorable au gouvernement.
Ça a été un grand moment de clarification.
Moi, je pense que les Français
ont le droit de voir
concrètement ce que votent
lors d'un débat qui est
un débat absolument crucial dans la vie parlementaire,
qui est celui du budget.
Et qu'est-ce qu'on a vu, effectivement ?
On a vu le nouveau Front Populaire qui, souvent,
avec l'Alliance du Rassemblement National,
a voté 35 milliards de taxes
supplémentaires pour les Français et les entreprises.
Il fallait chercher
des ressources supplémentaires.
C'est ce qu'on a vu ?
Pour équilibrer le budget.
Il y a différentes façons
d'équilibrer un budget.
Moi, j'ai du mal, vous voyez, à m'expliquer
qu'on ait les députés du nouveau Front Populaire
le lundi, sur les piquets de grève,
aux côtés des salariés des entreprises
en difficulté, et le mardi, dans l'hémicycle,
à voter des taxes qui mettent
ces entreprises à terre.
Ce débat, encore une fois, je le redis, a été
un moment de clarification, a permis
aux uns et aux autres de porter des positions.
Je pense que c'est toujours ça
Allons sur le fond.
Vous avez dit, Maude Bréjon, dans votre première réponse,
qu'il s'agirait sans doute de garder un certain nombre
d'amendements qui ont été
qui ont pu être avancés, qui ont même pu être
votés pour certains. Est-ce que ça veut dire que
l'idée des allègements de charges
avancées
pour les entreprises, avancées par les
macronistes, c'est quelque chose
qui est conservé
plus qu'il n'aurait pu l'être ?
Est-ce que c'est quelque chose qui va être
conservé ?
Nous souhaitons qu'il y ait un accord
avec les députés
du socle commun sur la question
des allègements de charges.
Nous entendons, et le Premier ministre
entend ce message
qui est notamment porté par le groupe
de Gabriel Attal,
des députés qui nous disent
la situation n'est pas facile, et dans la situation
telle qu'elle est, il ne faut pas alourdir le coût du travail
ou en tout cas il faut le faire
peut-être moins que ce qui était prévu dans le budget initial.
Donc de la même façon
qu'on a été ouverts
à un accord sur la question
des petites retraites, on est ouverts
à un accord sur la question des allègements de charges.
Il y a des dialogues et des échanges
et des échanges
qui se poursuivent
et je souhaite vraiment que chacun
puisse faire un pas vers l'autre
de telle sorte qu'on arrive à atterrir là-dessus.
Si vous gardez un amendement
NFP, ce sera quoi ?
Je ne vais pas présager des amendements.
Michel Barnier dit qu'il gardera des idées
de chacun des groupes.
Oui, il y aura et c'est notre souhait.
Même question pour le RN.
Est-ce qu'il faut garder un amendement du RN ?
Alors, d'abord
on a terminé le débat à l'Assemblée nationale
le débat va se poursuivre au Sénat
suite à ça
il y a de fortes chances qu'il y ait ce qu'on appelle
une commission mixte paritaire
c'est-à-dire une instance, je l'explique,
dans laquelle est réunie des députés
et des sénateurs
donc moi je n'ai pas appréhendé
les débats qui auront lieu dans les semaines à venir
mais la position de Michel Barnier
parce que je vois bien où vous m'emmenez sur est-ce qu'il faut garder des amendements
du NFP ou du RN.
C'est le gouvernement qui décide à la fin
du texte qu'il présente quand il s'agit d'un 49.3
Oui mais on le décide lorsque
les débats
sont terminés, lorsque encore une fois
on a respecté l'Assemblée nationale
Est-ce que vous pourriez ou pas garder des amendements du RN ?
C'est exclu ou ça n'est pas exclu ?
Est-ce que vous
considérez que ce serait normal ?
Je vais vous dire, on a tenu une ligne
qui est extrêmement claire
on respecte les députés
pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire
élus de la République. Nous prendrons
toutes les bonnes idées, d'où qu'elles
viennent, qui permettent
d'améliorer la situation
en maintenant le cadre budgétaire
tel qu'il est aujourd'hui. Le Premier ministre
a eu l'occasion de le dire et de le redire
nous ne sommes pas sectaires
mais le débat est encore
en cours.
Est-ce qu'il n'y a que des mauvaises idées
qui viennent du RN ?
Il y a des amendements
qui ont été adoptés à l'Assemblée nationale
qui ont été déposés
par un nombre parfois très important
de groupes, y compris le RN
il y a une forme d'hypocrisie dans ce débat
je pourrais vous faire la liste
je suis un petit peu agacée
par ce truc-là
je vois bien le discours moral
qu'il peut y avoir derrière
on pourrait faire la liste de tous les projets
de loi depuis
2-3 ans qui ont été votés
par les députés du RN
y compris même des motions de censure
des projets de loi parfois présentés par le gouvernement
moi ce que je dis
je ne regarde pas
l'étiquette partisane
adossée à tel ou tel amendement
ce que je dis c'est qu'on a un défi
extrêmement important à relever qui est celui du redressement
budgétaire. Le Premier ministre
n'est pas quelqu'un de sectaire
et donc on laisse les débats se tenir jusqu'à la fin
et on prendra
autant que possible les bonnes idées
d'où qu'elles viennent dans la mesure
où elle respecte
le cadre budgétaire
tel qu'il s'impose
dans la foulée du 49-3
il y aura sans doute une motion de censure
certains imaginent que le RN
précisément pourrait être tenté de la voter
cette fois-ci pour précipiter un calendrier
électoral. Alors ça paraît être de la
conséquence du réquisitoire
jugé comme très dur
par le RN
dans l'affaire des assistants parlementaires européens
on rappelle que le procurat requit avant-hier
une inéligibilité avec
exécution provisoire c'est-à-dire effet immédiat
d'où l'idée de censurer très vite
avant le prononcer du jugement. Est-ce que vous
le redoutez ça ?
Nous on est sous la surveillance
de 577 députés
et à travers eux de
67 millions de français
il faut arrêter de
faire croire aux français que la question
de la censure du gouvernement
ne dépendrait que du RN
parce que ça, ça revient à
déresponsabiliser complètement
les députés du NFP et notamment
les députés socialistes. Moi je vais vous dire
si les députés socialistes acceptaient
de venir, c'est mathématique
à la table des discussions et de ne pas
être dans une logique de censure
automatique et de culture de la censure
le RN dans la question
que vous posez aujourd'hui n'aurait pas
mathématiquement le poids qu'il a.
C'est tout ce que j'ai, donc
ne laissons pas croire
que la question de la censure dépend seule du RN
elle dépend des 577
députés de cet hémicycle
et notamment des députés socialistes
et j'aimerais qu'on en parle davantage.
Pour finir sur ce réquisitoire du RN
vous allez me dire on ne commande pas des décisions de justice
même des réquisitoires sauf qu'il est
remis en cause, y compris dans vos propres rangs
par un Gérald Darmanin par exemple
qui considère que ce ne serait pas normal
qu'elle ne puisse pas se présenter
au suffrage des
français Marine Le Pen.
La question peut-être c'est est-ce que cette remise
en cause de la justice en permanence par les politiques
c'est pas ça la véritable inquiétude pour la démocratie ?
Alors il n'y a pas de remise en cause
de la justice en permanence par
les politiques.
C'est Jean-Luc Mélenchon, c'est François Fillon
à l'époque de sa mise en examen qui parle d'un cabinet.
C'est comme quand on dit les journalistes vous voyez
on n'est pas obligé de tout globaliser.
Je vous donne trois exemples, c'est pas les généralités.
Je vous donne des exemples précis.
Moi, je vais vous redire
la phrase que vous attendez que je vous dise.
Évidemment je suis
ministre de la République et il ne m'appartient
pas aujourd'hui de commenter
une affaire judiciaire en cours.
Gérald Darmanin est député
il n'a pas le même rôle que moi.
Moi je n'ai pas à commenter
les propos qui sont les siens.
Il a donné
un avis
c'est le sien
et il a le droit de le faire.
Je ne critiquerai pas Gérald Darmanin.
Vous savez, je vais vous dire, Gérald Darmanin
c'est quelqu'un qui
a beaucoup combattu le Rassemblement
National effectivement par les urnes
au départemental, dans sa ville
de Tourcoing, aux législatives
dans un territoire où le Rassemblement
National a longtemps
gagné du terrain.
Je crois qu'il n'a pas de leçons
à recevoir en la matière.
