Guerre Israël - Hamas : le Qatar a confirmé la suspension de sa médiation • RFI

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Avec les États-Unis et l’Égypte, l'État du golfe Persique jouait un rôle important dans les pourparlers entre les deux parties. Comment expliquer cette décision ? Qui pour prendre le relais de Doha dans les négociations ?
Avec Oriane Verdier, journaliste au service international de RFI.
#israel #hamas #qatar
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Bonjour Bandiaki, à Ziguinchor, au Sénégal.
Oui, bonjour.
Soyez le bienvenu.
On me dit que vous êtes un tout petit peu stressé, car c'est votre première.
Ne vous inquiétez pas.
Oui, c'est ma première.
Mais oui, mais tout va très très bien se passer.
Déjà, je vous remercie de votre confiance.
Quelles sont vos questions ?
Questions sur la guerre Israël-Hamas ?
Oui, en fait, je voudrais savoir et comprendre pourquoi le Qatar a-t-il annoncé sa retraite
à la médiation entre l'Israël et le Hamas ?
Effectivement, c'est vrai que le Qatar a annoncé suspendre sa médiation.
Oriane Verdier, bonjour.
Qatar, il faut-il le rappeler, médiateur important, puisque c'est lui qui avait permis
il y a un an la libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Comment expliquer donc maintenant cette décision de suspendre sa médiation ?
Alors déjà, je voudrais bien préciser, comme vous le dites, c'est une suspension,
donc c'est temporaire.
Ce n'est pas définitif.
Dans un communiqué, le ministère qatarien des Affaires étrangères a rappelé qu'il
avait prévenu de sa volonté de suspendre ses efforts de médiation si un accord n'était
pas trouvé lors du dernier rang de négociation qui a eu lieu fin octobre.
Et donc, c'est chose faite maintenant.
Par définition, le Qatar se retrouve au milieu de ce conflit, aux ramifications géopolitiques
extrêmement complexes.
Ce n'est pas la première fois que le Qatar menace de reconsidérer sa position de médiateur.
C'est un grand allié des États-Unis.
Et c'est d'ailleurs dans le cadre d'un accord avec Washington que le pays du Golfe a accepté
d'accueillir les dirigeants politiques du Hamas en 2012.
L'idée était donc de garder une ligne de communication avec le mouvement palestinien.
Et c'est ce que le Qatar continue de faire depuis le 7 octobre.
7 octobre 2023, effectivement.
Pourtant, aujourd'hui, l'administration Biden reproche au Qatar d'héberger le Hamas.
Exactement, parce que Washington définit aujourd'hui le Hamas comme une organisation terroriste
qui a tué des citoyens américains.
On ne peut plus faire comme si de rien n'était, a affirmé Anthony Blinken, le chef de la
diplomatie américaine.
Washington estime également que cette médiation n'a pas porté ses fruits, car aucun accord
n'a abouti depuis un an.
En annonçant cette suspension de sa médiation, le Qatar rejette donc la faute de cet échec
sur les parties prenantes au conflit et refuse d'en payer l'addition.
Une addition qui pourrait d'ailleurs gonfler avec la réélection de Donald Trump à la
présidence des Etats-Unis.
En 2017 déjà, alors président des Etats-Unis, il s'était efforcé d'isoler le Qatar,
l'accusant de financer des activités terroristes.
Bandiaki, vous avez une autre question.
Oui, ma deuxième question.
Maintenant, qui peut prendre le relais du Qatar dans cette médiation ?
Qui pour remplacer le Qatar ?
C'est une bonne question à laquelle je n'ai en fait pas de réponse.
L'autre médiateur historique est l'Egypte, mais il n'est pas dans le même positionnant
puisqu'il intervient en tant que voisin d'Israël et de Gaza.
Et surtout, il n'a pas l'expertise du Qatar lorsqu'il s'agit de créer une passerelle
entre l'Occident et la région.
En réalité, il est vraiment difficile d'imaginer un remplaçant au Qatar.
On peut imaginer tout de même que le bureau politique du Hamas soit tenté de s'installer
dans un autre pays.
Oui, et le problème, c'est que c'est potentiellement un pays moins enclin à servir d'intermédiaire.
La Turquie, par exemple, sans considérer même l'Iran.
Cette question de médiateur est à l'image du reste du tableau des négociations sur
le conflit israélo-palestinien au point mort.
La dernière et unique trêve depuis le 7 octobre 2023 a eu lieu il y a bientôt un an.
Elle avait permis à l'époque la libération de centaines d'otages depuis plus rien.
Il reste aujourd'hui encore 101 personnes prisonnières à Gaza.
La mort de certains a déjà été confirmée.
La situation à Gaza ne cesse de s'aggraver.
Il y a six mois, le procureur de la Cour pénale internationale a demandé l'émission
de mandats d'arrêt internationaux pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité
à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et de son ancien ministre
de la Défense, Yoav Galant.
Ces mandats d'arrêt n'ont toujours pas été émis.
Les autorités israéliennes n'ont toujours pas autorisé l'entrée suffisante d'aide
humanitaire pour venir en aide à la population bloquée dans l'enclave.
Les opérations israéliennes continuent, particulièrement dans le nord.
Aujourd'hui, elles ont poussé des nouvelles familles sur les routes.
Alors que Human Rights Watch a récemment sorti un rapport dénonçant des déplacements
forcés, généralisés et systématiques.
