Guinée : toujours sans nouvelles de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah • RFI

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Plus de quatre mois après leur disparition, pas de nouvelles des figures de la société civile Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah. La justice guinéenne n’a pas communiqué depuis l’ouverture de l’enquête en juillet, Me Halimatou Camara dénonce des « disparitions forcées ».
#guinee #fonikemengue #mamadoubillobah
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Juste avant le journal, nous parlions des disparitions, et vous l'évoquiez, à Luba, la disparition de Fonike Menge et Biluba.
Théophile, vous êtes là dans le public, bonjour.
Bonjour, Juan.
Vous souhaitiez justement interpeller nos invités sur ce sujet.
Je voulais qu'on enlève à partir de ce matin, n'est-ce pas, le thème disparition, il y a eu kidnapping.
C'est l'armée guinéenne qui a arrêté ces gens.
Ils ont été arrêtés dans les tenues militaires, pas de pick-up reconnus, donc on arrête de nous parler de disparition.
On respecte la mémoire et l'intelligence de la Guinée pour continuer de nous parler de disparition.
Théophile, le fait que personne, à l'heure qu'il est, n'ait eu de nouvelles depuis quatre mois de ces deux militants,
membres du FNDC, de ce mouvement citoyen, qu'est-ce que ça dit de la Guinée d'aujourd'hui, selon vous ?
Personne n'a de nouvelles de ces kidnappés, sauf le gouvernement et l'armée guinéenne, la justice guinéenne.
Le Premier ministre disait, puisque vous parlez du gouvernement, le Premier ministre disait il y a deux mois sur RFI,
n'avoir, je le cite, aucune information complète et précise sur le lieu où ils peuvent se trouver.
Nous tenons plus que tout autre monde à ce que l'on puisse les retrouver en bonne santé,
parce que, a-t-il dit, leur disparition ne nous arrange pas.
M. Baldé, vous êtes le conseiller du Premier ministre, chargé du suivi des trois axes de la transition.
Que répondez-vous à Théophile et à tous ceux qui nous écoutent ce matin ?
Effectivement, le Premier ministre était largement exprimé là-dessus.
Je pense qu'au lendemain de cette disparition, il y a eu suffisamment de communications aussi,
il y a eu un communiqué par rapport...
Excusez-moi, il n'y a eu aucune communication parce qu'il n'y a pas d'information précise ?
Il y a eu une communication...
Mais pour dire quoi ?
Attendez, laissez répondre, s'il vous plaît.
Si, j'insiste là-dessus, il y a eu une communication là-dessus.
J'insiste, vous pouvez vérifier.
Pour justement dire que les investigations seront effectuées là-dessus, donc vous pouvez vérifier là-dessus.
Sur ce point, M. Baldé, je vous donne raison, effectivement.
Le 17 juillet, le procureur de la Cour d'appel de Conakry a assuré qu'une enquête était en cours.
C'était au mois de juillet.
Nous sommes à mi-novembre et entre-temps, on n'a aucune communication, justement, concernant cette enquête.
Pas plus tard qu'hier, sur l'antenne de RFI, l'ONG ACAT, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture,
disait qu'il existe une réelle crainte que l'enquête n'ait en réalité jamais commencé.
Alors ça, c'est leur avis là-dessus.
À ce stade, il n'y a pas d'avancée parce qu'on n'a aucune information précise là-dessus.
Et c'est ce que le premier ministre, chef de gouvernement, a rappelé.
Mais je sais, c'est une question qui tient énormément, énormément le premier ministre.
Vous savez, la refondation même, elle est basée sur ces principes-là.
Si on n'arrive pas à les incarner, ça va être très difficile.
Alors Aliouba se désole en vous écoutant.
Je sais que M. Baldé fait beaucoup d'efforts, mais le premier ministre...
Ce n'est pas une histoire d'efforts, M. Ba.
Alors, le fait que vous ayez vous-même rappelé que le seul communiqué qu'on a eu,
c'est un communiqué de déresponsabilisation du gouvernement.
Depuis le 9 juillet, ils n'ont pas répondu aux soucis des familles, aux soucis de nos compatriotes.
Alors lorsqu'un État qui a besoin d'un citoyen, qu'il soit en porte-à-faux avec la loi ou pas,
au lieu de lui envoyer une convocation, vous préférez le kidnapper.
Un État ne kidnappe pas ses enfants.
Alors, on va donner la parole à l'avocate qui est avec nous ce matin, Alimatou Kamara.
Je précise que vous êtes également avocate de ce collectif FNDC.
Il faut déjà rappeler que Fonike Mange est le coordinateur du FNDC
et c'est un acteur qui est engagé, c'est un militant pro-démocratie.
Bill Loba également.
Voilà, c'est tous des jeunes qui sont énormément engagés
dans le cadre du processus démocratique dans notre pays.
Et c'est vraiment regrettable.
Ce qu'il faut souligner, c'est que tout à l'heure,
M. Baldé parlait d'une déclaration du parquet général.
Cette déclaration est intervenue parce que, déjà,
deux jours après leur disparition forcée, il faut l'appeler ainsi sur le plan juridique,
nous, le Barreau, on leur a donné 48 heures pour nous expliquer
dans quelles conditions se trouvaient les deux citoyens Fonike Mange et Bill Loba.
Au bout de 48 heures, le Barreau de Guinée n'a eu aucune réponse à cette question.
Finalement, on a décidé de boycotter les audiences.
Et cela, d'ailleurs, avait comme conséquence pour les avocats dans le procès du 28 septembre
de ne pas être présent le jour où le délibéré devait être vidé.
Pourquoi ? Parce que nous estimions, à l'époque,
qu'on ne pouvait pas juger des crimes contre l'humanité.
En tout cas, l'ONU dit craindre une possible exécution extrajudiciaire.
Il y a eu de nombreuses réactions à l'international, je le disais tout à l'heure,
des États-Unis, de l'Union européenne, de la France, du Royaume-Uni,
sans parler évidemment de très nombreuses organisations de défense des droits humains
à travers le continent africain et même à l'étranger.
