Direction Marseille, à l’école élémentaire Saint-Antoine Palanque, dans les quartiers nord. C’est là que depuis 4 ans Isabelle Abello, institutrice et ancienne championne de France d’échecs, a instauré des ateliers d’échecs pour ses élèves dès le CP. Cette pratique facilite leur concentration et améliore l’apprentissage des matières fondamentales. Un reportage de Mickael Spitzberg.
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment le pion se déplace en levant la main ?
Une seule case.
Une seule case, ok, ça c'est le déplacement naturel.
Maintenant vous allez tous prendre le cavalier en main.
Donc imaginons j'ai une pièce ici.
Est-ce que je peux la manger avec le cavalier si je fais 0, k, va, il y est ?
K dit oui.
K dit oui. Ceux qui ont dit oui, levez la main.
K dit non.
Des bons élèves ça, bravo.
On commence d'abord avec les règles de déplacement des pièces
et ensuite au fur et à mesure, en fait graduellement,
on va arriver justement au principe d'échec et mat.
Là pour l'instant c'est des débutants,
donc on essaye de faire en sorte que les règles soient plus ou moins comprises.
Maintenant vous pouvez vous saluer en silence
et vous pouvez commencer.
Les blancs commencent.
Les blancs commencent au moment.
Laissez-moi la faire fuir.
Parce que si tu enlèves le truc à échec et mat,
il faut commencer par te débarrasser de ce cavalier.
Comment tu te débarrasses ? Vas-y, parfait.
Venez voir comment ça se passe en échec et mat.
Voilà, échec et mat.
Le roi ne peut ni aller là, parce qu'il y a la dame,
ni aller là, parce qu'il y a la dame,
ni rester ici, parce qu'il y a cette dame ici.
Donc là il y a échec.
La partie est terminée.
Ça c'est un échec et mat basique.
C'est comme ça qu'une partie se finit.
C'est très génial.
Pour moi c'est comme un support pour le cerveau.
Pourquoi ?
Parce que c'est intelligent.
Avant je ne connaissais pas,
mais maintenant je connais par cœur.
Et qu'est-ce que tu en penses de ce jeu ?
Il part trop bien.
C'est super.
C'est très très bien.
Et j'aime trop jouer à ce jeu.
Les enfants, on va passer au mat à côté s'il vous plaît.
Vous rangez les chiquiers.
Regardez ce que je vous ai mis au tableau.
Il y en a un qui n'est pas comme les autres.
On écrit sur l'ardoise
le nom de la case qui n'est pas pareil.
Là, tu vois, tu m'as écrit point.
Et oui, pion.
Allez, vas-y, montre.
C'est lequel qui est différent ?
Tout ce qui est jeu, en fait,
amène quelque chose de chouette à la classe.
Et puis là, les tableaux à double entrée,
les travailler avec des choses un peu abstraites.
Là, on est dans le concret, en fait,
et ça fonctionne bien.
Je suis une ancienne joueuse d'échecs
et j'ai appris moi-même à jouer aux échecs à l'école primaire.
Et donc, pour moi, c'était évident que dans ma classe,
il fallait qu'il y ait des jeux d'échecs.
Ce sera à vous de mettre les chiffres et les lettres
autour de l'échiquier.
D'accord ?
Il faut écrire petit pour que ça rentre.
D'accord ?
Alors, comment c'est ?
Moi, je m'en sers surtout, j'avoue, en mathématiques,
en géométrie, parce qu'aller tracer un échiquier,
c'est quelque chose,
et puis en raisonnement logique.
Et quand on va commencer à savoir un peu jouer,
si on veut faire échecs et maths,
il faut le prévoir un peu à l'avance,
donc anticiper, donc avoir une stratégie.
Et c'est finalement ce qu'on va apprendre plus tard
en mathématiques, ou même en commentaires de texte, etc.
Donc, anticiper pour agir.
On a ceux qui ont commencé en CP,
qui sont maintenant au CM1, CM2.
Et vraiment, ils commencent à bien jouer.
Pour début d'année, j'ai lancé le club d'échecs.
On est à Marseille, on est dans les quartiers Nord,
et les enfants, ils préfèrent venir jouer aux échecs
pendant la récréation qu'aller jouer au foot.
Les enfants, vous mettez autour de la table.
OK, on va juste voir le début,
pour qu'on regarde ça tous ensemble.
Les cinq règles de départ ?
Ouais, on va essayer de voir ça.
Alors, qui peut me les redire, déjà ?
Le pied au centre.
OK, donc je fais la même chose des deux côtés.
Va doucement.
Les cavaliers au centre.
OK.
Les fous au centre.
On sort les fous, oui.
On croit, et on sort la dame.
Et on sort la dame.
C'est d'abord une école de la vie,
parce qu'on apprend beaucoup de choses.
On apprend le respect, la concentration,
le travail, et puis surtout,
le respect vis-à-vis de l'adversaire.
Ça, c'est le plus important.
Donc, c'est des valeurs très humaines
qu'on veut d'abord promouvoir là-dessus.
Donc, sans adversaire, on ne peut pas jouer.
Donc, on a besoin de respecter l'adversaire
pour pouvoir jouer correctement et apprendre.
Ça, c'est le plus important.
Moi, j'ai commencé avec la maîtresse Sabelle aux échecs.
J'ai aimé, j'ai...
Et après, ma soeur et mon père m'ont appris.
Et j'ai aimé avec la réflexion,
parce que ça me fait réfléchir les échecs.
Moi, j'aime bien les échecs,
parce que c'est occupant, amusant,
et ça m'amène à réfléchir
pour découvrir des techniques.
C'est comme une matière, peut-être.
En plus, on fait tous les lundis maintenant.
Échecs et maths.