Les mutations de l' État et de la gouvernance depuis les annees 1980
3 déc. 2024
Seconde partie de notre sujet « Gouverner la France depuis 1946 : État, gouvernement, administration et opinion publique ». Depuis le milieu des annees 1980, l'action de l' État se retrouve considerablement delegitimee du fait de facteurs ideologiques et d'une integration plus poussee dans la construction europeenne et dans l'economie mondialisee. Avec un cadre transforme, l' État doit se plier a des exigences d'efficacite et de couts de plus en plus mises en avant dans l'opinion publique.
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Seconde partie de notre sujet sur le gouvernement de la France, nous allons analyser ici les mutations du rôle de l'État que l'on peut constater depuis le début des années 1980.
Premier point, il faut s'intéresser à la nouvelle organisation de l'État et à ses nouveaux rapports avec l'opinion publique que l'on peut constater à partir de cette période.
En 1981, l'élection de François Mitterrand, la présidence de la République, constitue un véritable tournant dans ces deux domaines.
En ce qui concerne l'opinion publique, François Mitterrand autorise par exemple la création des radios libres et de chaînes de télé privées comme Canal+, qui est créé en 1984,
et il lance une politique culturelle ambitieuse qui passe notamment par la rénovation de certaines institutions culturelles, comme le Louvre,
et par la création de fêtes populaires, comme la fête de la musique, dont la première édition a lieu en 1981.
En ce qui concerne l'organisation de l'État, François Mitterrand lance une politique de décentralisation,
c'est-à-dire qu'un certain nombre de compétences et de financements vont être transférés de l'État vers des échelons administratifs inférieurs.
Avec la Loi de fer de 1982, il crée un nouvel échelon, les régions, qui sont chargées de nouvelles compétences,
dont une qui vous concerne directement puisque ce sont les régions qui sont chargées de financer et d'administrer les lycées dans lesquels vous étudiez.
Enfin, entre 1981 et 1983, François Mitterrand tente de relancer l'intervention de l'État dans les domaines socials et économiques,
ce qui passe notamment par une vaste campagne de nationalisation de pans entiers de l'économie,
comme le secteur bancaire ou encore le secteur des grandes industries.
L'échec de la politique de relance de François Mitterrand va marquer la perte de la légitimité de l'action de l'État,
notamment dans les domaines socials et économiques.
En effet, en 1983, le tournant de la rigueur met un terme à la politique de nationalisation décidée par Mitterrand en 1981,
sous la pression de l'intégration européenne et sous la pression des marchés financiers internationaux,
puisque l'économie française s'ouvre à cette époque de plus en plus à son environnement mondial.
En 1986, la première cohabitation et l'arrivée au pouvoir d'un Premier ministre de droite, Jacques Chirac,
marquent la fin du consensus sur la place et le rôle que doit avoir l'État dans les domaines socials et économiques.
En effet, Jacques Chirac lance un vaste programme de privatisation,
sur lequel François Mitterrand ne va pas revenir lorsqu'il retrouve une majorité de gauche en 1988.
Cette politique illustre l'émergence d'une nouvelle doctrine sur le fonctionnement de l'État,
qu'on appelle le New Public Management, et qui assimile le fonctionnement de l'État à celui d'une entreprise.
L'action de l'État est ainsi de plus en plus soumise à des normes d'efficacité et de moindre coût.
Malgré ces nouvelles normes, qui sont de plus en plus importantes à partir des années 1980,
on constate cependant que le désengagement total de l'État est impossible.
Effectivement, le poids de l'État reste considérable,
et celui-ci continue à prendre en charge des domaines assez importants,
comme l'écologie ou la politique d'insertion, ou certaines questions de société, comme la parité homme-femme.
L'État poursuit cependant sa mutation sous les mandats présidentiels de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande.
Nous pouvons citer un certain nombre de réformes, comme en 2003 la loi sur le quinquennat du mandat présidentiel,
ou en 2007 avec la mise en place de la RGPP, ou encore la réforme constitutionnelle de 2008,
qui augmente les prérogatives du Parlement sur celles du Président de la République.
Le coût et le fonctionnement de l'État deviennent de véritables enjeux du débat public,
et sont portés par des médias qui exercent une pression de plus en plus forte sur le cycle politique.

