3 Vues de vidéo·8 déc. 2024 #INA #MireilleDumas #Archive Je suis mort, et alors ?
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Vie privée vie publique l'hebdo | France 3 | 27/11/2009
Philippe Bouvard n’a pas fini de vous étonner.
Mireille Dumas échange avec Philippe Bouvard, figure emblématique des médias. L'animateur se confie avec franchise et humour sur sa vie, ses succès et ses regrets.
00:00 Une vie bien remplie, mais incomplète
Philippe Bouvard a connu une carrière exceptionnelle. Pourtant, il avoue avoir sacrifié des moments simples et familiaux pour le travail. "J'ai vécu une vie passionnante, mais la vraie vie m'a échappé."
Son livre, Je suis mort, et alors ?, explore la mort avec légèreté. Bouvard y mêle introspection et humour noir. Il s’est imaginé dans sa tombe pour mieux écrire. "C'est une façon de dédramatiser la mort."
03:59 Trois passions : femmes, jeux, voitures
Bouvard évoque ses grandes passions : les femmes, le jeu et les voitures de sport. Il compare les femmes à des voitures, parlant de coup de foudre et de désaffection. "Une manière humoristique de célébrer les deux."
13:21 Un bilan teinté de regrets
Il rêvait à 18 ans de publier un chef-d’œuvre et de mourir jeune. Il rit aujourd'hui de cet "échec". "Je suis devenu un vieux con, mais heureux de la vie."
17:13 Le poids de la célébrité
Bouvard revient sur sa carrière. Il a parfois critiqué des personnalités pour se faire un nom. "Je regrette certaines attaques, mais c'était le jeu du journalisme."
20:00 Une enfance marquée par la guerre
Son enfance, cachée pendant l’Occupation, reste une blessure profonde. Il raconte avoir déménagé tous les trois mois pour échapper aux rafles. Son père biologique, absent, ne l’a jamais marqué.
25:43 Peur de l'oubli
Il plaisante sur le fait que, même dans la mort, certains attirent plus d'attention. "Les célébrités sombrent vite dans l'oubli."
25:01 Amitiés et pertes
Il évoque des amis disparus, comme Jean-Claude Brialy et Michel Serrault. Ces liens étaient profonds et marquent encore sa vie.
27:11 Une confession libératrice
Ce livre et cette interview sont pour lui une manière de se livrer. "C'est ma confession, un hommage à ma vie et à mes erreurs."
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#INA #MireilleDumas #Archive
et pourquoi vous n'en avez jamais parlé
parce que c'est à ce point doulourux
parce que j'attendais que vous
m'invitiez c'est le plus populaire des
hommes de radio et le plus secret et
pourtant Philippe Bouvard va vraiment
vous étonner avec ses Confessions
intimes qui débutent par je suis mort et
après bonsoir Philippe Bouvard heureuse
de vous accueillir sur ce plateau quoi
qu'il en soit voilà les mots hein que
vous me disiez il y a quelques temps je
suis allée au plus rentable au plus
facile je suis peut-être à passé à côté
de chose je suis amendé puisque
aujourd'hui je sais que ça sera un peu
plus long et gratuit alors vous ne vous
êtes pas amendé du tout justement si
mais je viens je viens par plaisir de de
vous voir et j'ai souvent travaillé non
pas par plaisir mais par intérêt si avec
beaucoup de plaisir quand même parce que
c'était un métier passion que j'avais
choisi très tôt alors ces regrets hein
sur votre vie et en même temps cette
sincérité c'est tout ce qu'il y a dans
dans votre livre je suis mort et alors
aux éditions flamarion oui un titre pour
le moins surprenant alors je l'explique
quand même parce que je suis mort il y a
là une affirmation qui relève pour
l'instant du roman
d'anticipation mais également c'est ce
que j'allais vous dire parce que
franchement pour un mort vous êtes bien
vivant phipe oui mais c'est à la fois un
roman d'anticipation un récit pointiiste
de de de la vie d'un d'un défun dans sa
petite boitete et puis euh c'est aussi
euh benah une petite méditation euh sur
la mort et il faut bien le dire un hymne
à la vie hein c'est ce que j'allais vous
dire plutôt à la vie et là je suis très
très étonnée parce que beaucoup de gens
auraient adoré adorerai avoir euh votre
vie euh riche et variée et vous dites je
suis mort certes mais ai-je vraiment
vécu alors oui on disait tout à l'heure
j'ai beaucoup travaillé et et et je ou
35 he vous ne connaissez pas pas du tout
je l'ai fait en 2 jours et à force de de
de travailler on s'écarte de la vie
réelle on vit moins avec sa famille on
ne fait plus les choses simples qui vous
donne du plaisir et que les autres font
sans problème la vie a l'air de se
dérouler sans vous voilà c'est cette
impression que j'ai eu aujourd'hui
finalement quelque chose vous a échappé
alors ce qui m'a ce qui m'a échappé
c'est c'est c'est la vraie vie j'ai vécu
une vie passionante a ce que vous
racontez donc oui oui franchement moi
j'ai l'impression d'une vie absolument
invraisemblable on va y revenir moi
j'étais séché quand même bah oui mais
que vous vous parliez comme ça de votre
vie bon professionnel mais surtout privé
ini jamais parlé bon j'ai attendu quand
même 80 ans avant de de de dire aux gens
que aller là j'étais pas tout à fait
celui qu'il pouvait penser et que je ne
méritais qu'à moitié leur estime voilà
je prends mes précautions moi j'étais
étonné parce que vous qui êtes plutôt
quelqu'un justement qui étiez plutôt
quelqu'un du secret là vous avez eu
envie de passer au aux final i alors je
je crois que là il y a là une une
démarche qui est assez explicable et
plutôt noble alors bon je mérite pas
souvent ce mot-là alors mais pourquoi
pourquoi vous êtes toujours en train de
vous fustiger comme ça parce que parce
que l'autoflagélation empêche la
flagélation vous êtes Mazo non bah oui
parce que je suis en face de vous
déjà vra non je vais vous dire euh je
j'ai été baptisé euh tard d'ailleurs et
j'ai tout fait très tard et je ne me
suis jamais confessé c'est-à-dire que
c'est un essai de confession de
contrition et de
mortification j'avais des choses à dire
pour me les faire pardonner c'est ça va
pas plus loin que ça donc vous avez
choisi le lecteur comme confesseur bah
écoutez vaut mieux avoir quelques
milliers de confesseurs qui payent qu'un
confesseur qui fait la quête he et moi
comme grand confesseur ah bah là
attendez vous êtes la papesse du genre
j'espère être à la hauteur alors je vous
disiais je n'ai eu qu'un sport le
travail alors que franchement dans votre
livre on découvre que vous avez au moins
trois autres sports les femmes le jeu
les voitures de sport bien évidemment
alors on commence par quoi cher Philippe
bah écoutez généralement ça commençait
par la voiture de sport qui permettait
de d'avoir une dame à son côté et puis
euh ensuite bah on allait au casino pour
jouer et puis le reste c'est ma vie
privée et je vous sais beaucoup trop
sourcilleuse sur ce chapitre là pour
penser qu'on ira plus loin oh ben je
vous êtes allé plus loin dans votre
livre ah non mais vous ne pouvez pas
venir ici tout en me demandant de ne pas
lire quelques extraits croquignolesques
de votre livre non mais je serais un peu
vexé si vous ne faisiez pas état de mes
galipettes ah c'est bien ce qui me
semblait donc c'est vous qui avez choisi
de commencer j'avais voyé plusieurs
cartes mais on parlera de tout la a pas
de photo
de compromettant juste vos écrits
Philippe vous dites que ces galipettes
qui ont constitué si longtemps votre
gymnastique
favorite la seule la seule vous semble
veine même aujourd'hui alors oui bah
parce que bon c'est pas moi qui l'ai dit
c'est je crois Bernard cha la position
est un peu ridicule et ce va et vient ne
mène nulle part parce qu' apparemment
c'est une réflexion que vous avez
aujourd'hui euh je l'avais de temps en
temps entre quand je faisais une une
boutade entre deux saillis oh arrêtez
parlez pas comme ça pour une femme c'est
terrible c'est terrible hein mais pour
un homme c'est pas Guer non plus mais
personne ne vous y oblige écoutez mais
attendez il faut prendre tout ça et et
et la vie et et et et je ne dis pas
l'amour parce que ça quand c'est l'amour
avec une majuscule on lui fait une place
à part mais il faut prendre ça pour ce
que c'est une énorme bouffonnerie hein
la sexualité ou la vie tout court la vie
en général et la sexualité n'est pas la
partie la moins bouffonne de de la vie
alors vous y allez toujours fort hein
mais ça c'est toujours du Philippe
Bouvard vous comparez les femmes aux
voitures de sport je disais voitures de
sport qui qui vraiment vous avez
englouti des sommes d'argent hein alors
puis-je vous faire remarquer que c'est
le contraire je compare des voitures de
sport au femme tout à fait vous avez
raison je dis que quand j'avis acheté
certaines voitures je me relevais la nu
je descendais dans mon garage et je
caressais leur courbe je parle des
voitures heouours mais mais
malheureusement malheureusement oui vous
parlez des voitures j'aimais j'aimais la
vitesse j'aimais aussi une voiture qui
ne bougeait pas pour pour sa
beauté c'est-à-dire pour les qualités
qui vous
font aimer les femmes je me tais alors
dans cette comparaison d'ailleurs entre
voiture femme femme voiture hein selon
vous dites finalement qu'il y a une
grande similitude dans les rapports hein
que vous avez au aux unes et aux autres
coup de foudre pour la voitureou oui
coup de foudre alors c'est au salon de
loto ou c'est dans la rue ou c'est dans
un thé dansant bon ah vous fréquentiez
les thé dansant oui à l'époque où ça
existait c'est vrai c'est là que vous
draguiez ouis oui le lundi de préférence
parce que c'était le jour de congé des
commerçantes de détail et sil y avait
des femmes charmante donc rencontre coup
de foudre et vous dites oui entrer en
possession jouissve ah alors là le
premier jour le début de la lune de miel
et je parle à la fois la femme et la
voiture hein bon ensuite bah un petit
voyage de noce he ouais oui euh avec les
toujours ah bah oui et puis et puis au
bout d'un moment une petite désaffection
une une panne alors tantôt une panne
d'oreiller tantôt une panne de moteur et
puis
ça se délite un peu et puis ah ou et
puis on finit par revendre par revendre
la voiture he pour la femme pas misogyne
non pastin Mao non pas du tout c'est
loin de vous ça Philippe je crois queon
est taxé de de
misogynie quand on parle de de l'amour
et des femmes avec une certaine liberté
qu'elles n'ont pas mais c'est une autre
façon de leur rendre hommage et de dire
que l'amour est quand même une des Bell
choses de la vie oui enfin vous va non
oui vous parlez plus de sexualité que
d'amour Philippe dans votre Liv oh ben
écoutez à mon âge oui c'est
normal c'est c'est des souvenirs que
j'évoque ça reste entre nous tout ça oui
oui bien entendu le téléspectateur
noneurs peuvent savoir pas les
téléspectateurs même si même si on vous
découvre comme quelqu'un évidemment de
timide je je suis timide et je suis
réservé parce que que je n'ai pas le
physique d'un
dragueur bon j'aurais aimé être un autre
homme avoir 1 m 80 90
baraquer j'aurais aimé faire du sport
j'aurais aimé enforcher une Harley
Davidson non c'est pour vous dire
j'aurais aimé être un autre homme et
pourtant regardez là vous avez quel âge
vous êtes vous êtes beau là écoutez je
suis pas beau d'abord je suis maigre ça
surprend mais bon ve pas dire que que
c'est le le départ d'un bel homme non
c'est un adolescent un peu boutonneux
non moi je moi je vous trouve très
romantique et plutôt plutôt d'une
certaine beauté ouou ah oui on aurait dû
se connaître
plutôt oui mais vous vous êtes laissé un
petit peu grossir Philippe le temps
passant oui bah ça c'est c'est la bonne
vie c'est les petit plat ah c'est pour
ça que vous avez profité de la vie
pleinement oui alors dites-moi vous êtes
marié de is 56 ans moi ce que je
voudrais savoir c'est votre femme donc
en lisant ce livre votre épouse en en
voyant quand même un catalogue
d'infidélité non c'est pas un catalogue
il y a pas de nom il y a pas de numéro
de téléphone et il y a pas de
prix non non pas du tout c'est
simplement si vous voulez l'aveu de
quelque chose que elle connaît depuis
longtemps qu'elle a admise et et et qui
n'a pas obéré nos nos rapports parce que
c'est une femme intelligente parce que
nous avons ensemble construit un foyer
parce que nous avons fait des enfants
qui ont fait des petits enfants et que
la cellule familiale est une chose
primordiale je pense pas que je lui ai
fait trop de peine avec ce livre
peut-être parce que je lui en avais fait
un peu
avant donc vous lui avez demandé quand
même avant de publier si vous pouliiez
le rendre publicque c'est une chose de
le savoir et c'est une chose de rendre
public je lui ai dit tu sais je prépare
un livre qui va peut-être te surprendre
d'abord je t'imagine déjà
veuve temps que tu te prépares et
ensuite parce que
j'évoque des des des frasqu mais vous
remarquerez que ce sont des frasques de
jeunesse oui beaucoup beaucoup c'est
vraioui mais vous savez je je suis pas
quelqu'un qui est fier de lui pas
quelqu'un qui est fier de son existence
je suis quelqu'un qui est simplement
content de la vie c'est très différent
ça alors lorsque vous êtes je reviens au
livre hein dans votre tombe au cimetière
dans dans ce livre ch s voilà ENF alors
je décris tout hein je décr tout tout
mais je voudrais revenir juste ça y est
je suis enterréjà voilà vous êtes
enterré vous avez un petit dictaphone et
un petit périscope pour voir ce qui se
passe à l'extérieur oui ça j'ai j'ai
demandé qu'on équipe quand même
mon mon cercueil mon cercue oui écoutez
là je parle sérieusement bon euh la mort
qui est la seule certitude de la vie euh
nous nous nous somatise comme on dit
j'ai résolu de la dédramatiser de
l'exorciser et moi-même aujourd'hui euh
ben je la vois plus de de de la même
façon alors que j'ai passé mes de mois
de vacances à à descendre non seulement
au fond de moi-même mais à m'imaginer
que j'étais déjà enterré pour écrire ce
livre puisque je décrivais la vie
quotidienne du défunt la vie quotidienne
du cimetière les arrivées il y a très
peu de sorties euh et et et je je m'y
suis vraiment euh plongé c'est le cas de
le dire cru et puis aujourd'hui bah j'ai
une
distanciation un peu amusée avec ça mais
en fait Philippe vous avez une vraie
appréhension de la mort vous y avez
beaucoup pensé ces derniers temps pour
éc j'ai beaucoup pensé bah d'abord
pendant les de mois d'écriture ça c'est
sû ensuite c'est une idée qui m'a
rattrapé bon je l'ai pas eu pendant
longtemps parce que à 20 ans à 30 ans
c'est quelque chose qui vous semble
réservver aux autres hein à 60 ans je me
suis dit
bon tu n'y échapperas pas et à 70 ans je
me suis dit il faut que tu commences à y
réfléchir et de 70 ans à 80 ans je n'ai
réfléchi qu'à ça alors c'est pas
toujours
agréable surtout que bon j'adore la vie
et aujourd'hui je je ne peux pas avoir
un des petits plaisirs qu'elle offre
sans me dire que un jour elle m'en
offrira plus alors dans ce livre hein
vous avouez à 18 ans je nourrissais deux
ambitions publier un chef-d'œuvre et
mourir jeune double échec j'ai vécu
longtemps sans devenir écrivien lorsque
je m'en suis avisée il était trop tard
j'étais devenu un vieux con honoré et à
l'aise oui je crois que c'est assez bien
mon
portrait je suis un vieux con
sans aucune trivialité parce que je suis
plus je ne suis plus toutes les modes
parce que il y a des des vodettes jeunes
mais importantes que je ne connais pas
même pas de nom que j'aime plutôt la
littérature française du du 19e siècle
que la BD que la ça ça ça ça ça vous
donne un peu de vieillissement
intellectuel mais d'un autre côté je
m'en accommode hein c'est là que je
trouve mon plaisir est-ce que vous avez
le sentiment le temps passant toujours
de de ne pas avoir fait quelque chose
d'important oui bien sûr qu'est-ce que
c'est que les personnages importants de
notre époque c'est sûrement pas les
amuseurs publics les journalistes c'est
les grands dirigeants de ce monde c'est
l'abé pierre c'est mère thesa on joue
pas dans la la même catégorie
académicien est-ce que vous rêveriez de
rentrer à l'Académie d'entrer pardon à
l'Académie non parce que d'abord ni mon
œuvre ni ma culture ne m'y prédispose
ensuite parce que je crois que je serai
je suis déjà un peu ridicule comme ça
mais imaginez ce que je Seris imaginez
ce que je seraiis avec un bicornne et
une épée au côté vous voyez ça vous fait
rire c'est vous qui me faites rire c'est
c'est pas envisageable alors la vertu
n'est pas votre fort non ben la la la
vertu d'abord c'est un mot qui qui sert
plus beaucoup hein il y a y a presque
plus de prix de vertu il y a plus de
Rosière bon il y a des gens qui se
débrouillent plus ou moins et puis il y
en a qui vivent et et et c'est la vie le
la la la grande affaire c'est pas la
vertu la vertu à qui ça sert hein à
personne c'est négatif la
vertu quand vous êtes un peu débauché au
moins vous faites passer du bon moment à
votre entourage donc l'Académie
française pour y revenir on on c'est
fini on oublie la débauche c'est fini
c'est fini alors dans ce livre hein vous
décrivez comme quelqu'un de de
franchouillard oui franchouillard
pas un se d'anglais croyez-moi il a
fallu avoir de la volonté parceil y a
beaucoup de gens qui voulai m'apprendre
et ben j'ai tenu le coup vous le
revendiquez ah et fort et en
français voilà vous exagérez un petit
peu
évidemment et alors autodidacte cancre à
l'école j'étais un cancre parce que je
ne trouvais pas des des des professeurs
qui s'occupaient bien de moi parce que
l'école de l'époque était extrêmement
rigide et pas du tout ouverte sur sur la
vie votre père d'ailleurs hein était
très inquiet pour vous puisqu'il disait
que vous finiriez sur l'échafaau oui
alors à l'époque où Robert Badinter
avait pas encore fait voter l'abolition
de la peine de mort et je n'ai entendu
que ça dans dans mon adolescence tu
finiras à l'échafou ouais mais pourquoi
qu'est-ce que vous faisiez parce que
parce que j'ai fait tous les lycées j'ai
été renvoyé de partout j'ai et puis à 20
ans je me suis rattrapé et je me
rattrape encore et et je dois d'ailleurs
une part de cette petite culture aux
grosses tête qui m'ont beaucoup apporté
alors une carrière fulgurante quand même
hein puisque vous avez commencé comme
coursier au Figaro vous êtes devenu
directeur de de France
Soir oui attendez il y a des années hein
qui qui s'écoulent entre les deux hein
en travaillant énormément et tout le
monde parlait de votre esprit féroce
alors la férocité c'est tout simple
j'étais arrivé au Figaro et le le le
toutpuissant patron l'époque Pierre
Brisson m'avait dit écoutez si vous
voulez vous faire un nom il faut vous
attaquer à des gens plus connus que vous
alors j'ai suivi son conseil et et et je
me suis mis comme ça à dos une petite
partie du tout Paris de l'époque vous
regrettez en non je regrette parce que
parce que souvent c'était immérité vous
comprenez je me suis réconcilié avec
Brigitte bardau dont j'avais fait ma
charmante tête de turque et ça demandait
50 ans 50 ans pour
et un jour un jour j'ai écrit dans mon
blocne du Figaro Magazine j'ai beaucoup
de considération pour Brigitte bardau
parce que il y a un demi-siècle qu'
qu'elle a réussi à m'éviter et ça l'a
fait
rirehumour elle m'a fait savoir que bah
elle viendrait bien nos grosses têtees
elle est venue et on est tombé dans les
bras l'un de l'autre et ça a été une
rencontre qui encore aujourd'hui me met
un peu l'alarme à l'œil ah comme quoi
vous pouvez être ému c'est de la
conjonctivite mais vous voyez bien que
c'est une façade et derrière il y a
l'homme le plus tendre le plus indulgent
qui se puisse rencontrer c'est vrai bah
vous êtes trop psychologue pour ne pas
l'avoir vu quoi qu'il en soit vous
faites un aveu considérable aussi dans
votre livre Philippe vous dites j'ai
hurlé avec les loups j'ai fait des
compliments dont je ne pensais pas un
mot j'ai traîné dans la boue des gens
pour lesquels j'avais de l'estime j'ai
protesté de mon désintéressement
d'employeurs que je souhaitais plumer
bon ça c'est la relation à l'argent mais
j'ai traîné dans la boue des gens pour
lesquels j'avais de l'estimeou attendez
c'est une confession que n'importe qui
peut faire aujourd'hui dans la société
française qui est basée sur deux piliers
la jalousie et la médisance hein je suis
pas du tout un un phénomène hein mais
vous le regrettez maintenant par que non
parce que attendez je n'ai jamais blessé
vraiment j'ai
égratigé l'ESS ciel que je connaissais
souvent quand j'avais quelqu'un en face
de moi je le passais sous silence parce
que je n'étais ni un justicier ni un
policier mais seulement un journaliste
donc vous n'avez fait preuve que d'un
peu de lâcheté par moment en voilà en
criant avec B on va transiger sur la
lâcheté hein voilà mais vous enlevez la
méchanceté d'accord c'est bon on s on
s'arrange comme ça on s'y retrouvef de
quoi on parle maintenant l'enfance vous
parlez très très peu de votre enfance
dans parce qu'elle est loin oui mais
quand même vous dites deux choses très
très importantes Philippe vous dites
très laconiquement que votre père vous a
enfin abandonné votre mère à la
naissance donc que vous avez été élevé
par un beau père que vous que j'ai
considéré comme mon père qui était un
type formidable mais est-ce que ce père
vous l'avez cherché alors non je l'ai
pas cherché je m'en fis cher je pense
moi profondément que celui qu'on
considère comme son père c'est celui qui
vous a élevé pas celui qui a passé une
minute à vous
concevoir et et donc bah j'étis élevé
normalement dans une famille normale
mais par des parents qui s'adorent mais
qui se disputaient sans
arrêt et je raconte que ça assomb une
partie de mon enfance donc jamais vous
n'avez cherché à savoir qui était votre
père ça ne vous a pas TR mais lui lui
s'était renseigné pour savoir ce que
j'étais devenu il avait appris que
j'étais devenu un collaborateur du
fillaro et comme il avait une usine de
papier au Maroc où il s'était exilé il
était venu me voir c'està-dire qu'un
jour Luissier entre dans mon bureau et
dit euh il y a votre père qui vous
demande mon mon père comme j'avais
quitté mon mon vrai père euh enfin celui
que je considérais comme mon père mon
père adoptif quelques instants plutôt je
dis mais quel quel père il dit ben je je
alors j'ai vu entrer un un petit
bonhomme pas sympathique du tout qui m'a
dit voilà je suis votre père bah je dis
vous avez mis le temps hein il y a 23
ans que je suis né on s'est jamais vu et
il voulait simplement vendre du papier
au fillaro non oui oui simplement oh
cétait un gars bien hein oh là là quelle
tristesse oui ou pas un mot rien du tout
pas un mot naturellement il a rien vendu
il est parti et je ne l'ai jamais revu
et quand vous l'avez vu Philippe estce
que vous êtes non mais vous êtes reconnu
en lui pas un Kidam un kidame non non
rien du tout et alors il y a juste une
phrase qui est rapide vous dites en
évoquant le remariage de votre mère avec
celui que vous considérez comme votre
père et qu'il y a donc un rabin qui les
unit dans une langue que vous ne
connaissez pas et que selon la tradition
les deux mariés cassent un verre he sur
le le marbre de la cheminée c'est une
façon d'évoquer votre judéité vous non
parce que bon elle m'a pas marqué
beaucoup parce que Jez jamais parlé je
suis agnostique parce que bon j'ai été
élevé en dehors de toute religion
baptisé très tard pour me marier à
l'église et parce que je suis
pratiquement jamais retourner ensuite
euh mais bon j'ai pas de raison de le le
cacher non plus est-ce que c'est pour
cela que vous vous êtes caché pendant la
guerre pendant les 4 ans enfin la guerre
avec votre mèreû bien sûrtit juif caché
bien sûr bien
sûr il fallait déménager tous les tris
ou tous les 6 mois et puis bon avec
toutes les séquelles qui font que je
n'évoque jamais que douloureusement
cette
période les grands-parents déportés les
bien saisis les vous VI quel âge vous
allez j'avais entre entre 10 et 14 ans
bon croyez-moi c'est quelque chose qui
marque un enfant ah mais oui c'est pour
ça que je vous en parle parce que et
l'adulte ne peut pas renier totalement
l'enfant complètement et pourquoi vous
n'en avez jamais parler parce que c'est
à ce point doulourux parce que
j'attendais que vous
m'invitiez Philippe non mais d'accord
mais c'est tellement c'est c'est
tellement important mais parce que il y
a des je ne disais rien sur moi rien bon
et puis un jour j'ai décidé de de de de
de de dire presque tout bon et et ben ce
jour-là on on on dit tout et on ne peut
pas occulter que pendant 4 années on a
vécu comme un drame cette occupation
alors bon aujourd'hui je relativise
j'essaie d'oublier mais pas complètement
et est-ce que c'est pour cela d'ailleurs
que que vous vous dites j'ai eu peur de
tout durant toute ma vie ou j'ai j'ai eu
peur j'ai eu peur oui ben finalement
comme j'ai vécu à une époque très
importante de la vie où qui vous façonne
le caractère alors que le pire était
toujours possible
que la police allemande était à la porte
que il y avait des gens que on on
raflait qu'on ne revoyait plus jamais il
s'est instauré en moi une espèce de de
peur de la vie mais de la méchanceté des
hommes et j'ai gardé longtemps cette
angoisse
aujourd'hui après six décennies de paix
elle s'est un peu évanouie
l'amitié c'est aussi quelque chose
d'important importante et un peu triste
quand il y a pas mal d'amis qui qui sont
morts ouis parce que vous évoquez
évidemment Jean-Claude briali Michel
serau jean-yan Thierry Le Luron mon cher
Thierry on avait pris une précaution
avec Jean-Claude briali on a une
concession dans la même travé du même
cimetière et il m'avait dit si je pars
avant toi je serai là pour t'accueillir
et vous en plaisaner encore dans le
livre donc briali mon cher voisin
puisque donc vous êtes côte à côte dans
ce cimetière hein encore eu droit à un
quart de touristes des fleurs des photos
et vous dites la jalousie serait-elle le
dernier sentiment humain que j'éprouve
non mais c'est vrai de voir tous ces
gens qui vont se recueillir sur sa tombe
et qui passent à côté de ma dalle sans
sans un regard sans un mot pourquoi vous
dites cela pourquoi sans un regard on
sombre dans l'oubli avec une rapidité
dont pas idé on n'est pas nous des des
des vedettes nous sommes des amis de
vedettes c'est un emploi à plein temps
déjà quoi que vous disiez quoi que vous
fassiez la meilleure preuve de votre
popularité vous le savez c'est lorsque
il y a quelques années hein vous avez
été évincé des grosses têtes et qu'on
vous a rappelé mais là vous avez vu à
quel point vous incarniez les grosses
têtes et vous étiez populaire oui c'est
oui oui j'ai j'ai vu simplement que
j'avais pas trop mal fait mon métier et
que ceux qui l'avaient oublié ont
d'ailleurs pris la porte depuis alors
que je suis toujours là et jusqu'où vous
irez écoutez là j'ai j'ai un contrat
pour 3 ans encore euh vous savez c'est
les 11 Trô que vous avez bien connu
quand on évoquait sa longévité prof on a
l'impression qu' dans la télé en noir et
blanc là vous avez bien connu un
peulattendez à peine et Léon disait
quand on lui disait ah Léon à votre âge
continuez comme ça il disait avec sa
voix inimitable oui mais vous savez il
faut faire très attention au moment où
l'on passe du courageux au pathétique
mais vous j'y pense souvent c'est vrai
oui bien sûr et et et on pourra pas dire
que j'abandonne lâchement mon poste je
l'aurais suffisamment occupé ça je dois
dire que non alors j'ai repris une
petite phrase dans votre livre puisquil
y a des petites citations vous dites
vivant j'ai tu es assez petit sous la
pierre je fais figure de monument il y a
donc un
progrès et ben oui c'est un mot de la
fin ça peut être le nôtre hein bien
merci beaucoup Philippe merci pour toute
alors c cet ultra confession ou et j'ai
envie de vous dire que et dans le livre
et ce soir à chaque fois vous cherchez
l'absolution finalement mais je ne peux
pas vous la donner non non non si
j'étais un peu plus mal vous pourriez me
donner la soute mais vous pouvez au
moins au moins me dire que que je suis
un peu pardonné ça je crois que je peux
j'ai le droit fonction me le me le
permettent oui oui à la fois comme femme
comme
confesseuse et comme quelqu'un que que
j'aime bien moi ça me touche beaucoup
Philippe pour ne rien manquer sur ma
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