Lafesse se met Ă nu chez Thierry Ardisson | INA Arditube

đ€Ł "J'adore faire ça !" đ€Ł
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Lunettes noires pour nuits blanches | Antenne 2 | 25/03/1989
Thierry Ardisson reçoit l'humoriste Jean Yves Lafesse.
Il parle de Coluche, de ses micro-trottoirs, de son passage raté à TF1 avec "Pirate", de son passé trotskiste, et de ses impostures téléphoniques sur Europe 1. "C'est mon boulot, je ne sais faire que ça et j'aime ça".
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#INA #Arditube #Ardisson
Et c'est ça le problÚme aujourd'hui dans ce pays.
C'est que les gens ont perdu complĂštement conscience de leur ĂȘtre au profit de leurs fonctions.
Qu'est-ce qu'elle a dit ta mĂšre quand elle a su que tu faisais appel Ă Jean-Yves Lafaise ?
Pour elle, ça devait ĂȘtre terrible.
Ouais, elle l'a pas su tout de suite parce qu'elle est née en Bretagne.
Donc elle savait pas Carbone 14.
Non, pas vraiment.
Madame, si on revient sur le visuel de Trafic des Stupéfiants, est-ce que vous avez acheté des légumes aujourd'hui ?
Des car...
On peut voir, s'il vous plaĂźt ?
Vous les avez achetés là , à droite ?
A gauche, madame ?
Oui, Ă gauche.
Oui, vous en avez acheté combien ? Le gramme est à combien aujourd'hui ?
Bon, j'en sais rien. Je crois que j'en ai acheté pour 2,90 francs.
Et vous comptez les utiliser pour vos fins domestiques, ou pour vous, pour votre entourage, ou pour...
Pour moi, pour moi.
On peut vérifier ?
VoilĂ une vraie carotte, madame.
Ces carottes-là ont été trafiquées.
Regardez.
Ces carottes-là , elles ont été trafiquées par la secte Proulx,
qui a introduit dans les champs de carottes un produit hallucinogĂšne qu'on appelle le LSD.
Vous avez entendu parler du LSD ?
Oui.
Bon, ce qui vise donc Ă intoxiquer et Ă droguer les populations collectives.
Les collectivités.
Oui.
Bon, vous, par exemple.
Vous mangez seul, ce midi ?
Oui.
Vous comptez les faire rĂąper ?
La rĂąpe !
Passez le tarin dans le sac de madame.
Ouvrez votre sac, madame.
Vous rĂąpez vos carottes quand vous les mangez ?
Non, en principe, c'est pour les faire cuire.
Vous en avez mangé quand, la derniÚre fois ?
Vous avez des vertiges ?
Santé ?
AlcaloĂŻdes, n'est-ce pas ?
HallucinogÚnes, vous sentez ça ?
Et 15 jours, est-ce que vous avez été soumise à des hallucinations ?
Vous avez fait des rĂȘves, des cauchemars, des angoisses ?
Vous ĂȘtes certaine ?
On a un petit problĂšme, madame, avec vous.
C'est qu'on vous repĂšre depuis tout Ă l'heure.
Votre comportement ressemble fort Ă celui d'un dealer.
Est-ce que vous revendez par hasard ça ?
On peut vérifier que depuis 15 jours, vous n'avez eu aucune altération de votre comportement, madame ?
Hallucinations ?
Je me demande ce que j'ai fait.
Mais qui est-ce qui vous envoie comme ça ?
Madame, c'est le ministÚre de la Santé. Nous surveillons un peu tous ces trafics.
Il y a un marchand de carottes.
Combien de grammes aujourd'hui, madame ?
J'ai dĂ» en demander, je crois, une livre de carottes.
500 grammes.
Vous allez nous faire croire que ça, c'est pour une seule et mĂȘme personne.
Alors que c'est de la drogue.
Mais non, mais je vous dis, on est deux.
Ah, vous ĂȘtes deux ?
Donc vous avez un toxique acquis, c'est votre mari ?
Ben non.
Non, madame, mais attendez, je vous montre quelque chose.
Je suis pour une personne, je suis avec une personne ùgée.
Non, mais madame, vous ne faites pas des carottes rùpées pour tout l'immeuble.
Non, c'est pour faire cuire des carottes.
Vous ĂȘtes ce qu'on appelle une fourmi, un petit dealer, vous n'ĂȘtes pas un grand dealer.
Ce qui nous intĂ©resse, vous les avez achetĂ©es oĂč ? A gauche, lĂ ?
Oui, il me semble, lĂ , Ă gauche.
Vous le connaissez bien, cet épicier, là ?
Vous le connaissez, vous aussi, madame, l'épicier à cÎté, là ?
Non.
Non ?
Non.
Parce que nous aussi, les gros dealers, madame, on compte sur la collaboration des populations civiles.
Si vous avez acheté des carottes qui sont de la drogue, il faut nous aider.
ArrĂȘtez la carotte, lĂ .
Non, madame.
Surveillant pseudo-visuel, il nous fout les preuves.
On n'en sait rien.
Mais pourquoi ?
Madame, vendre la drogue.
La drogue ?
Ces carottes ont été trafiquées.
OĂč est-ce que vous les avez achetĂ©es ?
Il va venir vers la marchande des carottes.
Il va ĂȘtre interceptĂ© dans un quart d'heure, madame.
Vous allez nous aider, vous allez collaborer avec nous.
Enfin, vous savez.
Vous les avez achetées, là .
Vous le savez.
Vous allez nous aider à le dénoncer.
Il faut le coincer, madame.
Mais si, madame.
C'est possible.
Quand t'es arrivĂ© Ă Europe 1, t'as pris la tranche de Coluche, que t'avais quand mĂȘme
un peu assassinée, je sais pas là , quand t'avais dit, Coluche, tu nous fais plus rire.
C'Ă©tait un peu dur, quand mĂȘme, non ?
Ouais, mais je l'aimais.
Ouais ?
Je l'aimais vraiment.
Tu crois que c'est Ă cause de toi qu'il s'est remis au travail, qu'il a fait tchao
Pantin et...
Non.
Et le reste du coeur ?
Non, sûrement pas, non.
Mais ce que je sentais en lui, c'était une détresse vraiment forte, et c'est pour ça
que j'ai pensé qu'il était pas simplement là , ce soir-là , à droite de réponse, pour
faire son numéro.
Mais j'ai voulu lui dire qu'il y avait des gens qui l'aimaient pour ce qu'il montrait
pas lĂ , Ă ce moment-lĂ , mais ce qu'on sentait en lui.
Et effectivement, il est allé beaucoup plus loin par la suite.
Mais j'étais pas le seul.
Certainement pas le seul, elle pensait.
Vous savez, j'en ai pas dormi pendant 9 mois, aprĂšs.
Ah bon.
Alors aprÚs, t'es allé sur Canal+, et t'as fait l'inverse du duo Le Gras Roulant.
Tu as fait la caméra visible, c'est-à -dire qu'on voyait la caméra, et à chaque fois,
t'avais une excuse pour dire aux gens pourquoi il y avait cette caméra qui était là .
Et tu t'es aperçu que les gens, finalement, ils étaient, comme tu dis, cassés depuis
l'enfance.
C'est-à -dire que dÚs qu'ils voyaient une caméra, ils étaient terrorisés.
Ils faisaient tout ce qu'on leur disait.
Ils balançaient leurs copains, ils balançaient leurs voisins.
Ouais.
Et c'est pas un peu un regard...
T'étais trotskiste, toi, non ?
Ouais, je l'ai été, ouais.
Non, mais je sais pas, c'est pas un peu un regard d'extroscare, comme ça, sur la société, non ?
Non.
Je me fie plus à une analyse idéologique.
Oui, mais cette luciditĂ©, ça vient de lĂ , quand mĂȘme.
Non.
Non, non, non.
J'ai toujours eu, si tu veux.
Bonjour, madame.
Est-ce qu'on peut venir vous poser quelques petites questions tout de suite ?
Sur quoi ?
Venez.
Je peux...
D'abord, je vous serre la main.
VoilĂ .
Comme ça, hein.
Bougez pas.
Je vous explique.
Je suis le docteur Stone.
Je reviens d'un voyage en Afrique.
Une mission Ă Mogadiscio, en Somalie.
Vous savez qu'il y a des ravages qui sont causés par la peste bulbonique.
Vous ĂȘtes au courant de ça ?
Oui.
Bon.
J'avais contracté.
Et nous allons...
Nous avons besoin...
Nous n'avons pas assez de cobayes.
Nous sommes obligés de faire des prélÚvements.
D'inoculer, donc, cette maladie Ă des gens comme vous.
Vous exagérez.
Non, non, non.
Non, mais attendez.
Il faut qu'on ait du sérum.
Il faut qu'on en fabrique pour les Africains.
Pour lĂ -bas.
Donc, ce que je viens de vous faire, là , ça se transmet de maniÚre cutanée,
par tous les ports de la peau.
Vous ĂȘtes fou ?
Mais non.
Mais pourquoi est-ce que vous faites ça ?
Parce que vous vous rendez pas compte qu'il va falloir fabriquer du sérum en grande quantité.
Donc, ce document qui va ĂȘtre transmis Ă l'OMS va prouver Ă tous nos confrĂšres europĂ©ens
de faire la mĂȘme chose dans leur pays respectif.
C'est tout.
Alors, je vais vous donner ma carte.
Et dĂšs que vous s'en tirez, donc, les...
Vous ĂȘtes complĂštement fou.
Non, mais attendez.
Non, je suis désolée.
Mais écoutez.
Mais attendez.
Ăcoutez, Ă ce moment-lĂ , moi, je vous dis que j'ai le sida,
que je prends n'importe quel médicament,
que je suis...
Ă ce moment-lĂ , vous ne me connaissez pas.
Mais attendez.
D'abord, vous n'allez pas partir sans prendre les coordonnées de mon cabinet.
Vous ĂȘtes complĂštement fou.
Non, mais attendez.
C'est une histoire de fou, vous.
Non, attendez.
Attendez.
Attendez, attendez, attendez.
Partez pas comme ça.
Mais non, mais pourquoi ?
Parce qu'on peut pas vous laisser partir comme ça.
Vous ĂȘtes malade, lĂ .
Mais vous ĂȘtes pas.
Vous ĂȘtes malade.
Mais vous ĂȘtes fou.
Ah ouais ?
Alors, partez pas comme ça, là .
Vous venez d'ĂȘtre malade.
Vous ĂȘtes malade.
Ăcoutez, moi, je vous stoppe.
J'empĂȘche tous les gens de venir lĂ .
Au moins, vous ne pourrez plus toucher les gens
et les emmerder comme vous le faites.
Vous ĂȘtes la 15e personne.
On est obligé.
On est obligé de fabriquer le sérum, de toute façon.
Et l'OMS, ça va partir en Italie et en Angleterre.
Ils vont tous faire pareil.
Je suis obligé, effectivement, de soigner les gens dont je m'occupe.
Mais vous ĂȘtes obligĂ©, madame.
Attendez, attendez.
Je vous donne les coordonnées du cabinet
si vous voulez ĂȘtre soignĂ© ou pas.
Vous voulez qu'on vous laisse partir comme ça ?
Vous allez avoir 42 fiĂšvres demain.
Ăcoutez, vous ĂȘtes sĂ»r que je vous contacterai ?
Alors lĂ , vous pouvez ĂȘtre sĂ»r que...
Bah, évidemment.
Si vous avez trouvé que ce moyen-là ,
c'est que vous ĂȘtes vraiment des cons.
Ah oui ?
Comment on va le fabriquer ?
Comment on va faire du sérum ?
Je sais pas.
Mais je sais pas.
Convainquer...
Mais demander du sérum en faisant des...
Mais comment...
En faisant quoi ?
Il faut bien qu'on donne la maladie, non ?
Il faut bien qu'on contamine.
On va vous soigner, vous inquiétez pas.
Ăa se soigne mieux maintenant.
Vous ĂȘtes complĂštement...
Vous mériterez qu'une seule chose,
c'est que je vous fiche ma main sur la figure.
De toute façon, je signale que...
Vous ĂȘtes complĂštement...
Les Italiens et les Allemands le font.
On est obligé de le faire.
Vous ĂȘtes pas en plus obligĂ© de baver sur moi, enfin ?
Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Il faut bien qu'on contamine !
Mais il faut bien qu'on contamine, madame !
Vous m'en rendez pas compte !
Mais laissez-moi !
Quand t'es parti sur TF1 pour faire pirate,
c'était plutÎt bien ce que vous faisiez.
Comment ça se fait que ça se soit arrĂȘtĂ© aussi...
Aussi brutalement ?
Je veux pas faire de délation.
Non !
Mais je crois que TF1 n'avait absolument pas réfléchi
Ă la maniĂšre dont on allait travailler.
Nous, on est arrivés avec l'intime conviction
qu'on allait pouvoir fabriquer un 52 minutes mensuel,
un peu livrĂ© Ă nous-mĂȘmes comme les Monty Python,
peut-ĂȘtre pas avec un budget Ă©norme,
mais au moins qu'on pourrait travailler.
L'imposture, pour eux, c'était quelque chose de nouveau,
le détournement aussi.
Alors lĂ , pour ĂȘtre complĂštement tranquille,
tu as fait un disque,
il reprend les meilleurs sketchs d'Europe 1.
Tu sais quand t'appelles quelqu'un,
quand t'entends le hallo,
tu sais comment est le mec, quoi.
J'ai, si tu veux, une intuition
quand j'appelle des gens dans leur hallo,
et qu'ils ont une fonction,
et j'entends leur fonction.
Le hallo d'une secrétaire de direction
n'est pas le mĂȘme que celui d'une secrĂ©taire.
Et il délivre un certain nombre d'informations
qu'il faut que j'analyse trĂšs vite.
Et c'est ça le problÚme aujourd'hui dans ce pays,
c'est que les gens ont perdu complĂštement conscience
de leur ĂȘtre au profit de leur fonction.
Alors il y en a un, c'est un voyeur,
c'est une bonne blague.
Ăa, ça fait un peu Francis Blanche, ça, quand mĂȘme.
Oui, mais ça s'appuie sur la délation.
Oui, c'est une bonne blague.
C'est-à -dire que c'est un mec qui téléphone,
Est-ce que ce soir, je peux vous mater Ă la jumelle ?
Mettez-vous Ă poil Ă 10 heures.
Je vous donne 200 balles.
Et le mec, petit Ă petit, il refuse.
En plus, il me prend pour un de ses voisins
qui est un prothésiste dentaire
et qui a l'habitude de pisser par la fenĂȘtre.
Donc, il me vire, il me jette,
surtout quand j'y propose 200 balles pour s'exhiber.
Et aprÚs, évidemment, ça, c'est trÚs Francis Blanche.
Il y a la police qui appelle en disant
il faut que vous le fassiez.
Il faut que vous le fassiez,
comme ça, on va pouvoir le coincer.
On ne dira pas ce que lui demande de faire le policier,
mais le mec le fait en tous les cas.
Le mec le fait Ă la fin.
Ce que je veux juste dire à propos de ça,
c'est que pour expliquer pourquoi je rappelle les gens
quand je me fais passer pour un service de police,
c'est que je suis toujours au service des écoutes téléphoniques.
Est-ce que tu sais que j'ai fait ça ?
Et donc, effectivement, tu leur dis
que tu as tout entendu, le mec le croit complĂštement.
J'ai fait ça 40 fois sur Europe 1.
Et les gens pensent,
les gens admettent trÚs bien qu'ils sont écoutés.
Ils sont écoutés.
Je leur demande de parler plus fort
parce qu'on ne les entend pas bien
et on a besoin de régler le volume sonore.
Et les mecs parlent,
ils te racontent leur vie.
Il y a beaucoup d'improvisations.
Par exemple, il y en a 14, 15.
Il y a beaucoup d'improvisations.
C'est-Ă -dire que quand tu appelles les gens,
tu ne sais pas ce que tu vas leur dire.
C'est impossible de le savoir
parce que je ne sais pas qui je vais avoir au bout du fil.
Ce qui est vraiment intéressant,
c'est cette possibilité de jongler avec tout
qui part simplement du halo
et qui arrive effectivement Ă des situations folles.
Ăa, j'aime ça.
C'est mon boulot.
Je ne sais faire que ça et je l'aime.
Et mettez un pouce bleu.