Parole de décideurs - OCAPIAT : Hervé Proksch, président d'OCAPIAT, est l’invité de cet épisode de "Parole de Décideurs". #ocapiat#OPCO#thotis
0:00 : Introduction et présentation de Hervé Proksch, président d'OCAPIAT 0:32 : Présentation de Hervé Proksch et de son parcours 2:10 : Qu'est ce que OCAPIAT 2:55 : C'est quoi un OPCO ? Comment ça fonctionne ? 5:53 : Les principaux métiers au sein d'OCAPIAT 6:57 : Quels sont les profils recherchés ? 8:05 : Quels sont les avantages pour les jeunes de s'orienter vers ces filières ? 8:55 : Quelles sont les filières en tension aujourd'hui ? Celles qui recrutent le plus ? 10:10 : Quels sont les défis que les jeunes peuvent résoudre en choisissant OCAPIAT ? 11:30 : Les évolutions de carrière chez OCAPIAT 12:30 : Votre avis sur les potentielles baisses des aides de l'État envers les formations en apprentissage 13:45 : Cette baise peut-elle avoir un impact sur les filières en tension ? 14:10 : Un message pour les lycéens ?
Thotis, LE nouveau média de référence dans l'orientation en France. 100% gratuit, 100% digital.
Bienvenue sur TOTYS, dans ce nouvel épisode de Paroles de Décideurs.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'échanger avec Hervé Proche, qui est le président d'Eau Capiate,
en entretien qui sera consacré aux enjeux de formation et de compétences
dans les secteurs de la coopération agricole, de l'agriculture, de la pêche,
de l'industrie agroalimentaire et des territoires.
Bonjour Hervé Proche.
Bonjour.
Merci de nous accorder cet entretien.
Merci à vous de nous permettre donc de présenter ce que c'est que Nobco,
et tout particulièrement Eau Capiate.
Hervé Proche, comme je l'ai dit, vous êtes le président d'Eau Capiate.
Est-ce que, rapidement, vous pouvez vous représenter et parler de votre parcours ?
Oui, alors effectivement, mon parcours est assez singulier, dirons-nous,
dans la mesure où, à la sortie de mes études, je suis parti faire le métier d'ambulancier.
Donc, je n'avais aucune expérience, donc j'ai commencé à me former
pour pouvoir acquérir justement ces compétences.
C'est aussi ce qui m'a donné le goût à la formation, d'une part.
Puis après, au bout de quelques années, je me suis reconverti
et je suis parti travailler dans un cadre coopératif in école,
donc le milieu de la coopération in école qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui.
Là aussi, je n'avais aucune expérience à la matière et de la même manière,
je suis parti me former pour être suffisamment compétent,
pour exercer au mieux mon métier.
Et ce qui m'a donné le goût justement à cette formation,
la chance qu'en France, nous pouvons nous former tout au long de notre carrière professionnelle,
pouvoir justement monter en compétence, voire se reconvertir si nécessaire.
Et donc, pour pouvoir justement aller au-delà et m'investir davantage,
je me suis investi dans le milieu syndical, vu que tous ces organismes-là sont paritaires,
et pour pouvoir œuvrer et faire avancer les différents sujets.
Donc, il est aussi important d'avoir une casquette syndicale
pour pouvoir, encore une fois, siéger dans les procédés d'administration et autres.
Merci en tout cas Hervé d'être avec nous aujourd'hui.
Vous êtes donc le président d'Ocapiate.
On va se focaliser dans cet entretien sur Ocapiate et ses différents domaines, ses différentes filières.
Est-ce que vous pouvez nous représenter ce qu'est Ocapiate ?
Oui, alors Ocapiate, c'est un opérateur de compétences
qui gravite autour de tout ce qui est l'agriculture, l'alimentaire, la pêche et également les territoires.
Ça représente environ 197 000 entreprises et 1,3 million de salariés.
Donc vous voyez, c'est quand même assez conséquent.
Qui plus est, c'est le deuxième opérateur de compétences,
vu que nous avons 50 branches professionnelles qui sont rattachées à l'OPCO Ocapiate.
Pour rentrer un peu plus dans le détail, comment ça fonctionne un OPCO ? C'est quoi concrètement ?
Alors, déjà à la base, il faut refaire un peu d'histoire, vu que c'est la fusion de deux OPCAs.
C'était donc des opérateurs qui étaient également collecteurs.
Et aujourd'hui, suite à la réforme de 2018, vous avez l'anciennement le Fafcia qui était l'opérateur pour la partie agriculture
et également Opcalim qui était l'opérateur pour la partie agroalimentaire coopération.
Donc ils ont fusionné en 2018 et qui ont vu la naissance d'Ocapiate pour aujourd'hui financer toute la partie évolution de compétences
à des sujets de formation, mais pas uniquement, vu qu'aujourd'hui nous avons à notre actif aussi
tout ce qui est l'alternance avec les contrats d'apprentissage et les contrats de professionnalisation,
ce qui n'était pas le cas précédemment.
Quelles sont les principales missions d'Ocapiate ?
Nous sommes très présents sur tout ce qui est l'accompagnement de nos entreprises et de nos branches professionnelles.
Et pour cela, c'est entre autres la promotion des métiers, de nos métiers.
C'est pour cela que nous participons à un certain nombre de salons, qu'ils soient professionnels ou plutôt grand public.
Mais nous avons aussi des actions de communication.
En ce moment, par exemple, vous avez une campagne qui s'appelle les Jeunes des Terres,
donc des terres pour déterminer justement où ce sont des jeunes qui parlent aux jeunes et qui font la promotion de nos métiers.
Alors encore une fois, soit de la pêche en passant par l'agriculture et par l'agroalimentaire.
Et nous avons aussi une autre campagne qui est plus tournée.
Ce sont des professionnels qui parlent au grand public, aux gens qui voudraient se renseigner sur nos métiers.
Et là, ce sont des ambassadeurs.
C'est une plateforme où nous avons des professionnels de nos métiers
qui répondent aux questions qui pourraient leur être posées sur le métier qu'ils exercent.
Nous avons cet aspect-là.
Mais nous avons également tout ce qui est le financement des actions de formation,
mais également tout ce qui est l'apprentissage, comme je vous le disais.
Et un autre point sur lequel nous nous accompagnons,
c'est que nos branches professionnelles définissent leurs besoins en matière d'accompagnement.
C'est pour ça que nous avons aussi des commissions au sein de l'OPCU
pour permettre à nos branches professionnelles de travailler sur les sujets
et ensuite mettre en œuvre notre catalogue de formation.
On y reviendra tout au long de cet entretien.
Peut-être juste, est-ce que vous pourriez nous présenter les principaux métiers
que l'on retrouve au sein de l'OCAPIAT ?
Alors là, ça va être assez compliqué.
Vous voyez, vu le nombre de branches qui sont rattachées à OCAPIAT,
c'est assez conséquent.
Mais en tout cas, nous avons des métiers qui vont aussi bien.
Donc, de tout ce qui est les bureaux, si je puis m'exprimer ici,
mais également tout ce qui est les techniques, les travailleurs en usine,
les conducteurs de lignes, les mécaniciens,
et également tout ce qui est les travaux en extérieur,
avec là aussi des salariés en viticulture, en maraîchage, en laboriculture,
mais pas uniquement.
C'est vraiment très, très varié.
Et je pense que la plupart des jeunes et des moins jeunes, d'ailleurs,
peuvent y trouver leur compte.
Quels profils sont recherchés pour les différents types de qualifications
du CAP au BTS jusqu'au diplôme d'ingénieur ?
Alors, nos filières recrutent du CAP jusqu'au niveau Bac 5.
Je peux vous citer quelques exemples.
Entre autres, concernant le CAP opérateur en industrie agroalimentaire,
également le BTSA en gestion des organisations agricoles et agroalimentaires,
le BTSA biocalin, le BTS maintenance des systèmes automatisés,
la licence industrie alimentaire à plus particulièrement gestion,
production et valorisation, la licence professionnelle en agronomie également,
et vous avez donc, au point de vue maîtrise, la maîtrise génie biologique
ou encore le titre d'ingénieur agrénome.
Vous voyez, c'est vraiment très complet et je pense qu'encore une fois,
les jeunes peuvent faire de très beaux parcours dans leur métier.
Merci Hervé.
J'espère que vous avez bien noté, pour les jeunes qui regarderont,
sur Parcoursup, vous l'avez dit, 50 branches professionnelles,
une grande diversité de métiers.
Est-ce qu'il y a d'autres avantages pour les jeunes de s'orienter
vers ces filières-là aujourd'hui ?
Alors, je pense qu'effectivement, on le voit depuis la crise de Covid d'ailleurs,
les gens aspirent à autre chose, entre autres à avoir des métiers qui ont du sens.
Je vous disais tout à l'heure, nos métiers nourrissent donc nos projets,
mais pas uniquement.
Nous sommes aussi sur des métiers, sur la transition écologique,
sur la transition numérique.
Vous voyez, c'est tous ces métiers-là qui peuvent effectivement donner du sens,
mais c'est aussi une grande possibilité d'évolution, d'évolution de carrière,
de reconversion à l'intérieur même de nos propres entreprises, de nos propres secteurs.
Merci Harvey Proch pour toutes ces réponses très intéressantes.
Quelles sont les filières en tension aujourd'hui et les filières qui recrutent le plus ?
Alors, aujourd'hui, je serais tenté de vous dire qu'on le voit dans les divers communiqués ou autres,
tous les métiers sont en tension aujourd'hui.
Donc, il n'y a pas seulement les métiers qui sont rattachés à notre compte,
mais nous avons effectivement un certain nombre de métiers qui demandent peut-être un peu plus d'attachement
pour pouvoir pallier à ces difficultés de recrutement.
Vous avez donc tout ce qui est la saisonnalité pour le monde agricole,
avec l'arboriculture, la viticulture, on en parle aujourd'hui assez fréquemment, mais pas uniquement.
Vous avez également sur l'agroalimentaire tout ce qui est conducteur de lignes,
tout ce qui est salarié de maintenance, qui d'ailleurs c'est intéressant
parce que vous avez justement la possibilité de transférabilité.
Tout à l'heure, je vous disais la possibilité justement d'avoir un parcours dans nos métiers.
Nous avons des métiers comme ça qui sont transférables et c'est aussi là quelque chose de très intéressant.
Vous l'avez déjà un petit peu mentionné tout à l'heure,
mais quels sont les principaux défis aujourd'hui que les jeunes pourront entre guillemets résoudre
en choisissant un métier ou une formation de locapiète ?
Alors effectivement, j'en ai un peu parlé tout à l'heure,
mais on le voit que ce sont des sujets émergents aujourd'hui et qui attirent les jeunes.
C'est tout ce qui est justement le fait d'avoir du sens, un métier avec du sens,
c'est-à-dire nourrir nos prochains, mais également tout ce qui est la transition écologique.
On l'entend tous les jours dans les médias, c'est des secteurs sur lesquels nous travaillons
et qui impactent effectivement.
Nous sommes là pour veiller à l'impact que nos entreprises ont sur notre environnement,
mais également tout ce qui est les transitions écologiques.
Parce qu'aujourd'hui, même dans nos métiers, on le voit, l'informatique est très présente.
Je vous donnerai quelques exemples, mais même dans le monde agricole,
nos tracteurs sont équipés de GPS.
Vous avez vraiment une présence accrue, l'informatique est bien rentrée dans nos métiers,
contrairement à ce qu'on pourrait croire.
J'ai noté tout à l'heure dans votre réponse qu'il y avait aussi la possibilité d'évolution de carrière,
d'évolution professionnelle.
Ça aussi, c'est un atout pour les jeunes qui viennent chez une formation d'occapiates ?
Oui, tout à fait.
C'est vrai que, comme je vous l'ai dit, les jeunes qui viennent dans nos métiers
peuvent avoir un projet de carrière, une évolution au sein de nos entreprises,
voire même, je vous dis, une reconversion dans le périmètre de notre secteur.
Donc, effectivement, ils peuvent établir un plan de carrière lorsqu'ils souhaitent venir chez nous.
Et pour cela, d'ailleurs, c'est là où nous intervenons,
c'est que tout au long de la vie professionnelle, nous accompagnons par des formations
pour justement pouvoir monter en compétences.
Et c'est là où l'OPCO a tout son rôle à jouer.
Hervé Proche, je voulais avoir votre avis sur la potentielle baisse des aides de l'État
envers les entreprises qui soutiennent les contrats d'apprentissage.
Est-ce que c'est quelque chose qui peut vous inquiéter ?
Et comment est-ce que vous compenserez cette baisse s'il y a ?
Alors, aujourd'hui, j'aurais du mal à vous répondre,
à la mesure où, effectivement, c'est un sujet qui est en cours de discussion,
mais qui n'est pas finalisé.
Donc, nous verrons bien à ce moment-là.
Mais, sachez que, d'ores et déjà, nous y travaillons, bien sûr.
Nous avons évoqué ce sujet au sein du Conseil d'administration.
Et il y a peu, j'ai rencontré une commission du Sénat
où, justement, nous avons abordé ce sujet,
tout en leur faisant part des risques, si tel était le cas.
Mais depuis la réforme de l'OPCO, nous travaillons sur ce sujet-là,
vu que ce n'est pas la première fois qu'il y a des baisses de budget.
Mais notre travail est bien là pour accompagner et anticiper ces effets,
et accompagner nos entreprises sur l'ensemble des territoires,
pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'impact pour nos entreprises.
S'il y avait une baisse trop importante,
est-ce que ça pourrait avoir un impact sur les métiers en tension,
dont on parlait juste avant ?
On peut effectivement supposer qu'il pourrait y avoir un impact.
Mais encore une fois, le rôle de l'OPCO serait,
pour accompagner nos entreprises,
à continuer à avancer sur les sujets de formation
et de montée en compétence de leurs salariés, malgré les sujets.
Hervé Proche, on arrive au terme de cet échange.
Est-ce qu'en dernier mot, vous auriez quelques messages clés
à donner aux lycéens et lycéennes étudiants qui nous regarderont ?
Je les invite à venir nous consulter.
Nous sommes présents sur un nombre de salons,
pour pouvoir apprécier l'ensemble des métiers qui s'offrent à eux,
et pour lesquels ils pourraient faire une très belle carrière.
En leur disant également qu'OCAPIAT est là pour les accompagner
en tout ce qui est la formation et en montée de compétence,
et sur des métiers très variés, qui ont du sens,
tout ce qui est l'agriculture, vous avez les métiers comme la viticulture,
le maraîchage, les tractoristes, l'arboriculture,
c'est vraiment très très varié, encore une fois.
Vous avez les métiers de l'agroalimentaire, comme je disais tout à l'heure,
ce sont les conducteurs de lignes, ce sont la maintenance,
mais pas uniquement, vous avez aussi une pléthore de métiers
pour l'agroalimentaire, vous avez la pêche,
puisque tout à l'heure je vous ai dit qu'OCAPIAT c'était
l'oppo de l'agriculture et de l'agroalimentaire,
mais aussi la pêche, il ne faut pas l'oublier,
où là vous avez aussi de très très beaux métiers,
et qui sont très méconnus d'ailleurs, tout ce qui est les chantiers navals,
la restauration, même là ce sont des métiers auxquels on ne penserait pas,
et qui pourtant sont très présents sur nos métiers.
Accessible à tous, avec une priorité nationale ?
Alors oui, là, comme vous dites, nous avons une priorité nationale,
depuis 2023, le conseil d'administration a souhaité aller sur des sujets
comme ça, qui sont pour nous très très importants,
car nous devons accompagner toute personne,
dans quelque situation qu'elle soit,
et c'est pour ça, c'est pour la raison pour laquelle nous avons souhaité
nous doter d'une priorité nationale.
Alors 2023 et 2024, nous avons choisi comme priorité le handicap,
qui nous a permis d'ailleurs de mettre en place un certain nombre d'actions,
et on le voit, les chiffres sont très positifs,
vu qu'aujourd'hui, l'intégration des personnes en situation de handicap
s'est nettement améliorée, et c'est la raison pour laquelle
donc 2025, nous avons souhaité poursuivre le fait d'avoir une priorité nationale,
et nous avons choisi comme thème l'électrisme et l'électronisme,
qui est pour nous aussi très très important.
Merci Hervé Proche d'avoir été avec nous aujourd'hui.
Merci à vous.
On espère que cet épisode de Parole de Décideur a répondu à toutes vos questions,
et puis on vous dira très vite sur TOTIS. Au revoir.