Vincenzo Vinzi, ESSEC Business School - DG sur Écoute. Pour ce nouvel épisode de DG sur Écoute, Vincenzo Vinzi, Directeur Général de l'ESSEC Business School et président de la CDEFM, présente les évolutions de l'école et donne sa vision sur les enjeux de l'enseignement supérieur.
0:00 : Introduction et présentation de Vincenzo Vinzi, Directeur général de l'ESSEC Business School et Président de la CDEFM 0:16 : Quelles sont vos prochaines priorités en tant que président de la CDEFM ? 3:25 : Le nouveau plan stratégique de l'ESSEC Business School 9:30 : Sur la stratégie internationale de l'école ? 12:20 : Les prochaines ambitions de l'ESSEC Business School face aux grands défis contemporains 15:15 : Est-ce tenable de garder un modèle associatif ? 17:30 : Quelle est votre position concernant la baisse des aides de financement des formations en apprentissage ? 19:10 : Y'a -t-il des pistes pour 2025 concernant les financements ? 19:45 : Comment expliquez-vous l'augmentation des frais de scolarité ? 21:15 : Le "miracle" des business school françaises dans les classements 23:25 : La place des préparationnaires dans les grandes écoles de management 25:30 : Sur quelles pistes travaillez-vous avec l'APHEC ? 27:50 : Les classements sont-ils importants ?
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Bienvenue sur TOTYS, dans ce nouvel épisode de DG sur Ecoute.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'échanger avec Vincenzo Vinzi,
qui est le président de la CDEFM et le directeur général de l'ESSEC Business School.
Bonjour Vincenzo.
Bonjour Thibault.
Merci d'être avec nous aujourd'hui.
Avec grand plaisir.
Vincenzo Vinzi, je l'ai dit, vous avez été récemment élu président de la CDEFM
après deux mandats en tant que vice-président.
Quelles sont vos prochaines priorités en tant que président de la CDEFM ?
D'abord, je suis très honoré de pouvoir représenter l'ensemble des business schools en France
qui m'ont fait l'honneur, les collègues, les directeurs généraux, les directrices générales
et les autres écoles de manière présidente de cette belle conférence.
En plus, c'est une période passionnante pour l'enseignement supérieur globalement,
de manière plus spécifique pour les business schools.
Il y a quelques priorités.
Je dirais, il me semble extrêmement important de poursuivre notre travail,
de faire comprendre, de valoriser, de défendre,
de promouvoir le modèle des grandes écoles de management de business en France et à l'international.
Il s'agit de faire comprendre, de mettre en valeur tout ce que nous faisons,
de faire en sorte d'être de plus en plus attractifs,
de faire comprendre la diversité de l'ensemble des formations offertes par ces écoles,
la qualité académique, les liens très très forts avec le monde des entreprises,
des organisations et plus généralement la société,
l'attractivité à l'international.
Ce sont des sujets extrêmement importants qui permettent de faire connaître davantage,
de valoriser, de défendre, de promouvoir ce modèle.
En lien avec ça, il y a aussi la mise en valeur de la diversité,
la diversité du profit, la diversité sous toutes ses formes,
la diversité des gens, la diversité sociale.
Ce sont des sujets sur lesquels nous investissons davantage
et c'est extrêmement important de mettre en place tous les dispositifs
qui permettent cette diversité.
Ce sont des sujets bien évidemment sur lesquels nous travaillons
en collaboration avec l'ensemble des écoles,
en collaboration avec le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche,
également pour les questions de diversité sociale,
le ministère de l'éducation nationale.
Ce sont vraiment des sujets collaboratifs qui sont extrêmement importants.
Un autre sujet, c'est celui en lien avec les entreprises et le territoire,
les entreprises de toute taille, les entreprises dans tous les territoires,
parce que bien évidemment, ça nous permet d'avoir des formations qui restent pertinentes,
ça nous permet de créer un lien très fort entre nos étudiants,
les communautés d'alumni et les organisations, les entreprises.
Par exemple, l'apprentissage est un élément extrêmement important
et l'apprentissage qui est un modèle d'ouverture sociale,
c'est un modèle de lien avec le monde professionnel extrêmement important
en tremplant vers des carrières professionnelles
et pour lequel il y a bien évidemment une dimension financière,
mais qui à mon avis est une dimension financière qui doit être détachée
du modèle économique des écoles,
c'est une dimension financière qui concerne les étudiants des entreprises
et pour une école c'est très important ce modèle
parce que c'est un des ingrédients qui permet du lien très fort
entre les écoles et les entreprises.
On reviendra sur tous ces sujets d'actualité juste après,
mais dans cette partie on va se focaliser maintenant sur l'ESSEC
et donc Vincenzo en tant que directeur général,
vous avez présenté il y a quelques semaines à la presse
votre nouveau plan stratégique Transcend.
Dans quelle mesure ce plan stratégique va-t-il modifier l'école
et je pense notamment au nouveau hub de Londres et de New York ?
Le nom de notre plan stratégique c'est Transcend
parce que l'OTAN est clairement au dépassement.
Il y a un rôle sociétal pour ces écoles
assumées de manière spécifique par l'ESSEC
encore plus important qu'auparavant.
Donc il s'agit vraiment de souffrir au monde
en dépassant toutes les frontières,
les frontières matérielles et immatérielles,
de dépasser tout préjugé, toutes idées préconçues
parce que justement il faut avoir un impact
et faire en sorte d'être, c'est ça l'intention stratégique
du plan Transcend, future fit business education.
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Dans une période où il y a une obsolescence
accrue, accélérée des compétences,
où on prépare des étudiants pour des métiers
qui soit sont en profonde évolution
soit n'existent pas encore.
Dans un moment où il y a beaucoup de choses
qui évoluent rapidement et profondément
sous beaucoup de dimensions dans la société,
il faut préparer des étudiants
qui se forment et se transforment à l'ESSEC
que ce soit des étudiants de formation initiale
ou des participants de formation continue
à être future fit,
très orientés vers le futur.
Bien évidemment, nous appuyons sur nos valeurs,
sur nos forces, sur tout ce qui fait
l'ADEME de l'ESSEC, c'est l'humanisme,
c'est l'innovation, c'est l'excellence,
c'est la responsabilité,
c'est l'ouverture, c'est extrêmement important.
Et pour atteindre cet objectif
de future fit business education,
il me semble que nous avons fixé
quatre ambitions stratégiques.
La première, c'est garantir
une formation,
une education qui soit
transformatrice, qui soit transdisciplinaire,
qui soit personnalisée,
donc casser les silos entre les disciplines,
faire en sorte que les disciplines
au sein d'une école, mais aussi
entre les écoles, ça veut dire
une business school avec une école d'ingénierie,
une école low school,
une école de design, etc.,
casser les silos entre les disciplines
pour que les disciplines interagissent entre elles,
mais aussi casser toute barrière
qui existe éventuellement entre
une école d'enseignement supérieur
et la société civile, les entreprises, les organisations
pour être vraiment dans la reconstruction.
Donc première ambition stratégique,
justement une formation
qui soit transformatrice,
qui soit transdisciplinaire et personnalisée.
Deuxième ambition stratégique,
c'est cultiver du leadership
multiculturel, des formes
de leadership qui soient inclusives,
qui permettent aux leaders
de se former et de se transformer
à l'ESSEC pour justement
avoir envie, être en capacité,
être bien équipé pour faire la différence.
Donc des leaders inspirants
qui soient inclusifs, qui soient responsables
et qui fassent la différence avec une dimension
multiculturelle extrêmement importante.
Je préfère le mot multiculturel au mot international
parce que quand on parle d'international,
c'est un descripteur d'une école.
Le nombre d'étudiants internationaux, de professeurs internationaux,
de partenaires académiques internationaux.
Quand on parle de multiculturel,
c'est une dimension beaucoup plus engageante
parce que ça implique l'écoute,
ça implique le dialogue,
ça implique la compréhension d'autres cultures,
ça implique aussi comment
j'arrive à parler
de ma culture aux autres
et d'apprendre des autres cultures.
Donc la dimension multiculturelle est extrêmement importante
et là-dedans, vous savez que l'ESSEC
a déjà des campus sur trois continents,
notamment en Asie-Pacifique.
L'année prochaine, nous fêtons
les 20 ans de l'ESSEC en Asie-Pacifique à Singapour.
Depuis 2017, on a un campus
à Rabat, au Maroc, c'est ESSEC Afrique.
Et nous venons,
justement, vous l'avez mentionné,
d'ouvrir deux hubs,
un hub à Londres
et un hub à New York City
pour ESSEC Nord-Amérique.
Et qu'est-ce que c'est un hub ?
Si l'ESSEC était un état, un hub serait une ambassade.
Ça veut dire une présence
permanente
dans ces régions
qui nous intéressent
pour amplifier
toutes les activités de l'ESSEC,
que ce soit
les liens avec les alumnes, la communauté de nos alumnes,
les liens avec nos partenaires académiques,
les liens avec le monde professionnel
pour offrir davantage d'opportunités professionnelles
à nos étudiants
et apprendre aussi de ces régions
justement pour enrichir la dimension multiculturelle
de l'ESSEC.
La troisième ambition stratégique concerne
réinventer le management.
Ça veut dire co-construire
avec l'ensemble des disciplines,
l'ensemble de l'institut académique,
avec nos partenaires académiques,
mais également avec nos partenaires non académiques,
les entreprises et les organisations,
construire des modèles disruptifs
de nature économique,
managériale, organisationnelle, sociale, comportementale
justement pour
ouvrir de manière claire,
de manière authentique,
de manière engagée à construire
un monde qui soit prospère et résilient.
Tout cela, c'est vraiment
au service de la promotion
d'un progrès.
Ça me semble extrêmement important de remettre,
de positiver à nouveau le mot progrès.
Il faut éviter que nos étudiants,
nos participants soient pris par
une forme d'angoisse
de futur ou de progrès,
mais plutôt qu'ils soient engagés à faire en sorte
que le progrès soit vraiment positif
et qu'on puisse co-construire ensemble
un monde qui soit
prospère et résilient.
Bien évidemment, la transitibilité là-dedans
est un élément extrêmement important.
Quatrième et dernière
ambition stratégique dans ce plan Transcend,
c'est d'investir pour avoir
un impact à large échelle.
Ça veut dire faire en sorte d'amplifier
les éléments
de la marque ESSEC, que ce soit en France
ou à l'international, et aussi se donner
les moyens de nos ambitions avec
un modèle économique qui doit rester
un modèle non lucratif,
donc l'ESSEC est une association
qui doit m'intéresser, mais qui doit aussi
être capable de dégager
tous les moyens
pour justement soutenir nos ambitions.
Merci Vincenzo.
Vous l'avez dit, l'ESSEC a toujours eu des liens
importants avec l'Asie
et l'Afrique aussi, notamment avec
vos campus à Singapour et à Rabat.
Quelles sont vos prochaines ambitions
et aussi vos prochains actes stratégiques sur ces deux
campus ?
Nous sommes, comme je disais, à Singapour
et à l'ESSEC Asie-Pacifique
depuis 20 ans, et
à Rabat au Maroc
pour ESSEC Afrique depuis
2017.
Nos campus à l'international sont en train de
s'affirmer de plus en plus comme des leaders
régionaux.
L'ADN de l'ESSEC fait que l'ESSEC,
dès qu'il a une implantation au sein
d'un territoire, l'ESSEC
arrive à conjuguer une empreinte globale
avec
une approche authentique d'ancrage
local. Cela veut dire
apporter ce que l'ESSEC est dans les différents
territoires, mais aussi apprendre les territoires
pour faire en sorte de mettre
en place des formations, des recherches
de lien avec les entreprises et les organisations
qui soient pertinentes pour la région
dans laquelle nous sommes.
Deux exemples concrets
en ce qui concerne
l'ESSEC
Afrique. Nous venons de lancer
un nouveau programme IPBA
International Program Business Administration
qui est un programme
post-bac en anglais
qui a l'objectif d'être
un programme intégré post-bac
trois années de bachelor suivi
par deux années de master qui
commence en ESSEC Afrique
pour les étudiants du continent
mais également pour les étudiants internationaux
donc c'est un programme 100% en anglais
sous toutes les dimensions d'intérêt
de l'Afrique, que ce soit
doing business in Africa, que ce soit
la dimension
démographique, la dimension sociale,
la dimension culturelle. Pour l'ensemble des étudiants
tant du continent africain
qu'internationaux qui souhaitent
comprendre ce continent
auquel ils souhaitent
contribuer à son développement
ça commence en Afrique
après il y a une période ici en France
et en Europe et une période
également aux Etats-Unis.
Ça c'est pour le développement
le dernier développement, le développement plus récent
pour notre campus ESSEC
Afrique. Évidemment il y a une autre
dimension qui est celle de la formation continue
parce que la formation initiale
pour la nouvelle génération est extrêmement
importante. Il faut aussi se rendre compte
de ce qui est en train de se passer
dans la société
et c'est très important de
réaffirmer un engagement fort
pour la formation des
professionnels qui ont besoin de faire
de l'up-skill, de l'up-skill
de la conversion
qui sont prises
par la vague de nouvelles technologies
par la dimension géopolitique, etc.
Donc faire en sorte d'affirmer davantage
l'engagement de la formation continue
ça c'est vrai tant pour ESSEC Afrique
que pour ESSEC Asia-Pacifique.
Quels sont les prochains défis
de l'ESSEC face à toutes les innovations
dont on parle chaque jour ?
Alors il me semble très important, c'est ça aussi
un élément extrêmement important
dans le réinventer le management
de faire en sorte, nous l'avions déjà fait
depuis 2020 avec
la stratégie qui
a atterri
à la fin de l'année
académique précédente et on le réaffirme
davantage dans la stratégie Transcend
de faire en sorte, quand on regarde tout ce qui
est en train de se passer dans la société, parce que quand on parle
d'une stratégie d'une école
de business comme l'ESSEC
il faut qu'elle soit pertinente
pour la société via la formation
la recherche mais aussi l'accompagnement d'organisations
et d'entreprises. Quand on parle de cette pertinence
ça veut dire qu'on a regardé tout ce qui est en train
de se passer
dans l'écosystème
autour de l'école
donc nous regardons toutes les questions
de crise environnementale, la transition démographique
les questions de
réindustrialisation
les questions d'innovation et de compétitivité
la dimension géopolitique
les évolutions technologiques
donc tout cela fait que nous avons
mis au cœur de notre stratégie
pour réinventer le management
et s'engager pour la co-construction
d'un monde prospère et résilient
quatre thématiques prioritaires
transversales, trois
sur lesquelles nous continuons à investir
nous avons déjà démarré à la crise année
notamment toutes les questions de transition écologique
et sociale pour associer justement
à la dimension environnementale aussi la dimension
humaine et sociale
c'est la démarche together
que nous poursuivons
avec une
nouvelle ambition encore plus forte
dans le plan
stratégique transcendre
il s'agit aussi de la partie
de Metalab qui est
notre plateforme pluridisciplinaire
qui concerne
les data, l'intelligence
artificielle en lien avec la société
en gardant toujours l'humain
c'est pour ça qu'on parle de humain, artificielle,
intelligente, l'humain, the people
la dimension humaine
au cœur de ce sujet donc en lien
avec la société mais évidemment on parle
d'intelligence artificielle, d'intelligence artificielle générative
mais il ne faut pas oublier qu'il y a
d'autres technologies qui sont en train d'arriver
donc la dimension technologique au sens large
il y a la troisième
thématique transversale
qui est celle de l'entrepreneuriat et de l'innovation
et nous venons d'ajouter
une quatrième
thématique transversale
qui est celle de la géopolitique en business
pour voir toutes les questions
géopolitiques qui ont un impact sur le business
mais aussi comment le business
peut avoir un impact sur les dimensions géopolitiques
pour faire en sorte que nous étudions
en plus de tous les savoirs
à la pointe dans les dimensions
de business, des affaires et des disciplines
annexes, on puisse être aussi
bien préparé sur ces quatre
thématiques transversales
auxquelles personne ne peut échapper
comme leader dans un monde professionnel
mais je dirais comme citoyen.
Certaines écoles ont basculé leur modèle d'une association
à un modèle de privé lucratif
vous l'avez rappelé, l'ESSEC
est un modèle associatif, loi 1901
est-ce que c'est tenable pour vous de garder
ce statut associatif ?
Moi je suis convaincu
que l'enseignement supérieur
notamment pour les business
schools
pour garder une très forte qualité
et poursuivre des investissements
qui soient en recherche
dans la partie
sur les campus, dans le capitalisme
je crois que le modèle
associatif et donc un modèle
qui soit not for profit, donc un modèle
à but non lucratif
c'est extrêmement pertinent
et même quand on regarde dans d'autres pays
notamment aux Etats-Unis, on voit bien
l'établissement d'enseignement supérieur
le plus ancien à but non lucratif c'est Harvard
donc on voit bien le succès
d'Harvard dans
plusieurs centaines d'années
donc ça me semble extrêmement important de le rappeler
en même temps, une
association à but non lucratif
ne doit pas et ne peut pas être
une association à but de perte
ce qui veut dire que c'est très important
de faire en sorte que le modèle soit performant
et qui assure un peu
sa viabilité financière à long terme
sa prospérité
sa pérennité, c'est extrêmement
important et du coup
même si désormais
les subventions sont extrêmement limitées
dans ce contexte
il me semble important que
chaque école soit capable d'assurer
son fonctionnement
à l'équilibre et ensuite être capable
de proposer des projets
qui soient attractifs et aller chercher
des financements
extérieurs pour financer le développement
sur des projets spécifiques
ça me semble un bon modèle
à poursuivre donc je reste
un défenseur
convaincu, authentiquement convaincu
sur une base factuelle
d'un modèle
qui soit à but non lucratif
pour l'enseignement supérieur
notamment business de grande qualité
parce que cela veut dire aussi
que dès qu'on a des ressources
supplémentaires, on peut les réinvestir
sur la qualité des services
aux étudiants, sur la qualité pédagogique
sur le capitalisement, etc.
aussi pour être à l'auteur
de la compétition internationale
Certains de vos confrères sont inquiets
par exemple de la baisse des financements
sur les contrats d'apprentissage qui pourraient
impacter l'alternance et les étudiants
vous, quelle est votre position en tant que
directeur général de l'ESSEC ?
L'ESSEC était une école pionnière
dans l'apprentissage parce que
l'ESSEC était la première business school en France
à démarrer l'apprentissage en 1993
et aujourd'hui nous avons plus
de 1000 apprentis
dans beaucoup de programmes, que ce soit l'ensemble
du programme master, dans le programme undergrad
dans la grande école
donc c'est un modèle qui est extrêmement
important pour nous
moi je crois qu'il faut distinguer
entre
l'apprentissage et le modèle économique
l'apprentissage par exemple à l'ESSEC
il n'est pas fait pour
un soutien du modèle économique, il est fait en soutien
des étudiants
parce que c'est aussi un levier d'ouverture sociale
il est un soutien aussi du lien
entre les étudiants et le monde
professionnel, ce sont ça les deux éléments
extrêmement importants, l'apprentissage
par rapport au modèle économique de l'ESSEC
il est neutre, donc ça c'est important de le rappeler
et du coup je crois qu'il est vrai
que l'apprentissage
représente un coût important
pour les questions de l'état
mais je crois qu'il faudrait regarder l'apprentissage
du point de vue, il faudrait être capable
de distinguer les qualités
pardon, les formations
de grande qualité par rapport à d'autres
formations dans d'autres
établissements qui font
que l'apprentissage parfois est lié
au modèle
économique et c'est là qu'il faudrait plutôt regarder
comment faire en sorte
de limiter
justement le financement de l'apprentissage
à des formations qui sont reconnues
de grande qualité.
Est-ce qu'il y a des pistes justement pour 2025
sur les évolutions du financement ou pas encore ?
Il y a des échanges
en cours, donc on verra bien
comment les
sous-dossiers qui avaient déjà
été
étudiés
sous différentes options
par la ministre de l'enseignement
supérieure précédente
Mme Maretaglio, maintenant
ou avec le ministre
de l'enseignement
et évidemment ensemble
des conférences, comment
les échanges évoluent.
Vous parlez du modèle économique,
les frais de scolarité ont beaucoup
évolué ces 20 dernières années
concernant les grandes écoles de management.
Certains disent que c'est de la faute des CCI.
Pour vous,
quelles sont les raisons de ces augmentations
de frais de scolarité ?
Les frais de scolarité ont évolué
pour des raisons diverses et variées.
Je dirais l'inflation,
il ne faut pas l'oublier,
et également tous les investissements
que ces écoles font
sur la qualité des services rendus
aux étudiants, sur la qualité pédagogique,
sur le recrutement des professeurs
et pour être
à l'auteur
de la compétition internationale.
Maintenant, il faut aussi rappeler
qu'à côté de la
croissance des frais de scolarité,
il y a eu la mise en place
de beaucoup de dispositifs qui permettent
de financer les études
pour les étudiants qui ont besoin.
Je pense aux bourses,
je pense à l'aide des
alumnis via les fondations
au sein des écoles,
je pense aux liens entre les écoles et les banques
pour avoir des prêts à taux zéro sans garantie.
Il faut
regarder la dimension
du financement
de la scolarité des étudiants dans sa globalité
et aussi
quel est le retour
qu'il y a sur cet améliorement
tant par rapport
à la professionnalisation,
à la capacité d'être pertinent par rapport
au monde professionnel, mais également
par rapport à la qualité
du parcours de formation
qui est offert à ces étudiants.
Je vous ai déjà entendu parler de miracles
en parlant des grandes écoles de management,
en comparant les finances par rapport
au classement. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Oui, j'étais attiré en France
il y a 18 ans désormais.
J'étais professeur des universités en Italie et je suis arrivé
en France il y a
bientôt 18 ans parce que j'étais attiré
par ce miracle à la française
de business school. Qu'est-ce que je veux dire par là ?
C'est qu'en dépit
de moyens notamment
financiers assez limités, si on compare
à d'autres business school
dans le monde, notamment dans le monde anglo-saxon,
ces écoles ont été
capables de s'affirmer dans le
panorama international, dont
les classements étaient très attractifs
pour les étudiants internationaux.
Je trouve que pour cela, dans l'histoire de ces écoles,
il y a beaucoup d'ingrédients, mais il y en a deux
de manière spécifique. C'est l'agilité
de gouvernance, la capacité
de prendre
des décisions de manière rapide,
pas seulement pour s'adapter
à ce qui est en train de se passer dans le monde,
mais aussi pour anticiper. L'ESSEC
était vraiment à la pointe
de cela en étant une école pionnière.
On a été sur beaucoup de sujets, on peut parler
de l'apprentissage, on peut parler de la junior
d'entreprise, on peut parler de bachelors
et d'autres choses,
ou l'ESSEC, la création des chefs d'entreprise,
donc il y a beaucoup de sujets
qui ont fait que l'ESSEC était pionnière,
ça veut dire pas seulement en s'adaptant
aux nouvelles
tendances, aux besoins du marché, mais aussi en anticipant
des besoins et donc en étant
vraiment pionnier. Tout cela
s'est fait grâce à une agilité de gouvernance
extrêmement importante, mais il y a une autre dimension,
c'est la qualité du sourcing, la qualité
des étudiants qui arrivent dans ces écoles.
Là, je pense notamment au modèle
des classes préparatoires, qui est aussi
un autre enjeu
et aussi une autre priorité que j'ai en tant
que président de la conférence
des écoles françaises de management.
Ça me semble très important
de défendre
cette filière
qui, avec d'autres,
a sa raison d'être
et aussi de l'inscrire de plus en plus
dans un continuum entre
classes préparatoires et
le programme
grande école dans ces écoles.
Justement, vous avez devancé
ma question par rapport aux classes préparatoires.
Quelle est, selon vous,
la place justement de ces
préparationnaires au sein d'une grande école comme
l'ESSEC ? La place reste
extrêmement importante, comme je vous le disais.
Aujourd'hui, il y a une panoplie
de programmes différents entre
justement, si on prend les étudiants
qui font les classes préparatoires,
ils peuvent décider, après l'université,
d'entrer plutôt dans un programme
post-bac, bachelor,
que ce soit en France ou à l'international.
Moi, je crois qu'il
ne s'agit pas de défendre
un modèle par rapport
à un autre. Il s'agit de bien faire comprendre
aux étudiants, aux familles,
l'intérêt spécifique,
les caractéristiques spécifiques de chaque
parcours. Parce que pas tous les
parcours s'adaptent à tous les étudiants.
Ça dépend de leurs aspirations,
ça dépend de leur profil, ça dépend
de leur ambit, ça dépend de leur parcours
académique. Et donc, il me semble très important
de faire en sorte que cette richesse
assez unique que nous avons en France
dans les business schools, en termes de
diversité de programmes, puisse être
une vraie opportunité pour
les étudiants et les familles, plutôt quelque chose
qui soit un peu confus,
et qui donc ne permet pas
aux familles, aux étudiants,
de choisir en toute connaissance
de cause, en sachant aussi qu'il y a aussi
une dimension internationale d'autres business
schools dans les pays voisins en
Europe, qui offrent aussi des
programmes qui sont attractifs
pour les étudiants français.
Donc c'est pour cela que je vous ai dit tout à l'heure
qu'en tant que président de la CDFM, je souhaite
porter et incarner
pleinement ce
chantier, qui est celui justement
de la valorisation de l'ensemble
des formations offertes
de grande qualité par ces business
schools en France, tant pour les Français
qui ne doivent
pas montrer
de la désaffection vis-à-vis
de ces parcours,
mais aussi pour les internationaux
qui doivent être de plus en plus
attirés vers
ces parcours de formation d'excellence,
et aussi, parce qu'il y a
une question d'excellence académique, mais il y a aussi
une question d'excellence de lien avec
les entreprises, qui est un modèle
assez unique qu'on trouve en France.
Vous avez mentionné le continuum prépa-grande école.
Sur quelle piste travaillez-vous
justement avec la PHEC, l'association des professeurs
de classe préparatoire ?
On a déjà travaillé pendant quelques mois,
et il y a un résultat récent,
c'est celui où on va fournir un certificat
aux étudiants qui sortent de classe préparatoire
et qui
arrivent à la fin, qui accomplissent avec succès
le parcours
grande école.
Au centre de nos écoles, ils vont avoir un certificat
d'arts libéraux
ou humanities,
selon le parcours
qu'ils ont choisi au mois de classe préparatoire
pour justement leur donner
un peu une reconnaissance
des compétences transversales
qu'ils ont été capables
d'acquérir pendant leur
parcours de classe préparatoire,
parce que si vous comparez aux étudiants
qui sont admis
en admissions parallèles, qui arrivent
d'autres formations
plus tard dans le parcours
grande école et qui ont
des diplômes d'autres formations,
ça nous semblait important
justement pour reconnaître ce continuum
de classe préparatoire et
parcours grande école à la fin du parcours
pour les étudiantes, les étudiants
qui arrivent à la fin du parcours
avec succès, reconnaître tout cela
avec ce certificat qui est issu de la
CDFM et
distribué spécifiquement par les écoles
au moment de la diplomation.
Est-ce qu'il y a d'autres sujets aussi demain
qui pourraient intervenir
lors du congrès de la PHEC, Alain Joyeux parlait
par exemple de réduire le nombre d'épreuves,
est-ce qu'il y avait d'autres pistes ?
Je crois que c'est très important,
quand on parle d'un parcours d'excellence,
il faut toujours associer aussi
la dimension de pertinence,
donc quand on voit que
l'aspiration de la nouvelle génération,
les aspirations de la nouvelle génération
évoluent,
quand on regarde que le monde du travail évolue,
que les programmes dans les grandes écoles
évoluent, etc., il me semble très important
dans ce contenu de rester extrêmement
vigilant, attentif, pour comprendre
quelles sont les évolutions
amenées pour faire en sorte
que ces programmes restent
de grande qualité, tant du point
de vue de l'excellence pédagogique que du point
de vue de la pertinence pour la
préparation des étudiants qui
encore une fois se forment et se transforment
tout au long de ce programme.
Merci Vincenzo. On va passer à la dernière question
de notre échange qui concerne les
classements. L'ESSEC est toujours
bien ranqué dans les classements en France
ou à l'international. C'est important
pour vous les classements ?
Les classements sont d'abord importants
pour les familles et les étudiants,
que ce soit en France ou à l'international, qui regardent
ces classements. Maintenant, je crois
que les classements ne doivent pas être une raison d'être d'une école,
la raison d'être d'une école doit être sa mission.
Et du coup, ça me semble important
que dans les classements,
bien évidemment, il faut
être bien classé, et le mieux classé
possible, c'est extrêmement important.
Et en même temps, il faut aussi que les classements soient capables
parce que dans les classements, pour arriver
au résultat final, il y a
un certain nombre de critères.
Il y a des critères qui sont
choisis, des critères qui sont définis,
parfois de manière différente d'un classement
à l'autre, des poids qui sont donnés à différents
critères et de manière différente d'un classement à l'autre.
Il me semble très important que les classements
puissent avoir une approche assez
agile à la manière
dont ils sont constitués, parce qu'il faut
que, comme pour nos programmes,
même les classements doivent rester pertinents.
Ça veut dire que si la société évolue,
si les étudiants évoluent, etc., il me semble très important
aussi que les classements arrivent à intégrer
cette évolution pour
qu'eux-mêmes restent pertinents
et arrivent à fournir les bonnes informations
aux étudiants qui
doivent regarder les classements, mais moi,
je dis toujours aux étudiants, regardez aussi
parce qu'au sein de l'excellence
académique, vous avez aussi
une diversité d'écoles par rapport à la culture
de l'école, par rapport à son ADN,
par rapport à ses valeurs,
et donc, comme dans la vie, dans les relations
humaines, c'est très important que dans la relation
avec une école, les étudiants
puissent choisir une école de
grande qualité, mais aussi l'école qui s'adapte
au mieux à ce qu'ils cherchent.
Et donc, il est en question de qualité, mais aussi
de « fit » qui ne doit pas être
sous-estimé par les étudiants et les familles.
Et donc, rester en contact, si je peux
donner un conseil aux familles et aux étudiants,
soyez en contact direct avec
les différentes écoles
qui peuvent représenter
votre choix pour bien comprendre
en plus de la qualité
qui est éventuellement
véhiculée par un positionnement au centre
d'un ranking, aussi comprendre quelle est
l'école qui s'adapte au mieux
à ce que vous cherchez, à ce que vous êtes.
Merci Vincenzo Vinzi d'avoir été avec nous aujourd'hui.
C'était un grand plaisir, merci à vous.
Merci à toutes celles et ceux qui nous ont regardés,
et on vous dit à très vite pour un prochain épisode de DG sur Ecoute.
Au revoir.