Héritiers directs ou indirects des dinosaures, les oiseaux se sont différenciés en une vingtaine de familles que les anatomistes considèrent malgré tout comme plutôt homogènes.
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Et pourtant, quelles disparités d'adaptations morphologiques entre le quéléa minuscule et l'autruche. Mais c'est surtout d'un point de vue écologique que les oiseaux se sont magnifiquement distingués les uns des autres. Avec plus de 2.500 espèces résidentes ou de passage, le continent africain est le terrain d'observation privilégié de comportements spectaculaires, plus surprenants les uns que les autres.
Titre : " Les Oiseaux d'Afrique. Les stars et les seconds rôles du monde animal"
Auteurs: Jean-Marc DAUPHIN Production : D'AFRIQUE
@ Ampersand 2024
Voilà l'oiseau le plus emblématique de la faune ailée africaine.
Il a un bec, des ailes, des plumes, et il pond des œufs.
L'autruche est donc incontestablement un oiseau.
Mais pour le reste, elle n'a pas grand-chose à voir avec les quelques 2600 espèces qu'on a recensées sur le continent africain.
Mais revenons à l'autruche.
Le plus grand et le plus vieil oiseau du monde pèse souvent plus de 100 kg.
On estime qu'il est sept fois trop lourd pour pouvoir voler.
Il lui faudrait 30 kg de muscles pour activer ses ailes.
Et quand bien même, il n'y a pas de place sur son squelette pour attacher les muscles du vol.
Il lui manque, au niveau du sternum, la carène osseuse qu'on trouve chez les autres oiseaux.
L'autruche aurait de toute façon un problème avec ses plumes.
Si elles ont cet aspect vaporeux, c'est que les filaments qui les composent, les barbes, sont tous indépendants.
Ils ne sont pas attachés ensemble, comme chez les autres oiseaux, par des barbules, car l'autruche en est dépourvue.
Conséquence, ses plumes n'ont aucune rigidité.
Elles sont incapables de servir de support à l'air.
Mais il y a une contrepartie.
Le plumage est un formidable isolant.
Ils permettent à l'autruche d'occuper des régions arides, où a priori les lions et les guépards, qui sont ses principaux prédateurs, ne sont pas trop nombreux.
Lorsqu'elle vient boire, l'autruche révèle sa nature d'oiseau.
Elle fait comme tous les autres.
Elle se sert de son bec, comme d'une écope.
L'autruche avale peu d'eau à chaque fois.
Pour étancher sa soif, elle doit multiplier les séquences.
Cela présente quand même un avantage.
L'oiseau ne reste jamais longtemps sans surveiller l'alentour.
Il y a au moins un oiseau qui ne boit pas comme les autres.
C'est une outarde.
L'outarde corie.
Elle dispute, à l'outarde barbu d'Europe, le titre de plus gros oiseau volant.
Posée sur ses tarses, elle avale d'un coup de longues goulées.
C'est une façon unique pour un oiseau de s'abreuver.
Ces outardes vivent en solitaire ou en compagnie d'un ou deux individus.
Ici, ce sont deux mâles, deux grands oiseaux de plus d'un mètre de haut.
Ils pèsent une quinzaine de kilos.
Les femelles font moitié moins, mais elles ont ce même plumage.
Un camailleux de gris, de beige, qui s'harmonise à merveille avec la roche, les herbes sèches et les bois morts.
La parfaite tenue de camouflage pour cet animal au vol rare qui passe toute sa vie au sol, car il est incapable de percher.
L'outarde n'a que trois doigts.
Il en faut quatre pour pouvoir s'agripper aux branches, comme ces passereaux,
qui multiplient les va-et-vient entre l'eau et la sécurité de leur perchoir.
C'est la saison sèche et la mare est une aubaine.
Elle attire quelques mammifères et toutes sortes d'oiseaux.
Ces touraco sont vigilants.
Ils boivent tour à tour.
Il y en a toujours un qui a la tête levée.
Les tourterelles du Cap le savent.
Le chacal les attend systématiquement au point d'eau.
Alors elles ont adopté une stratégie toute simple.
Elles viennent boire en ombre et s'éparpillent autour de la mare pour décourager le prédateur en dispersant son attention.
Comme ces gangas du Namaqua, beaucoup d'oiseaux vivent en groupe et synchronisent leurs activités.
Pour chaque individu, le nombre réduit statistiquement le risque d'être victime d'une prédation.
Une espèce a poussé cette logique à son paroxysme, le kéléa.
Ce nuage contient plus de cent mille oiseaux.
Il se déplace de façon imprévisible en quête de nourriture.
Les kéléas sont des granivores et dans les régions sèches comme ici, la ressource est aléatoire.
Quand ils la découvrent, ils s'abattent en vague pour un festin.
Pour que tous les oiseaux aient leur part de nourriture, la composition du nuage change à chaque vol.
Les oiseaux de queue passent devant pour être cette fois les premiers à se poser.
On peut s'étonner de l'incroyable synchronisation des oiseaux qui volent en rang serré.
En fait, chacun a une parfaite maîtrise de son espace immédiat et réagit en quelques millièmes de seconde au déplacement de son voisin.
Les kéléas offrent l'un des spectacles les plus fascinants du monde ailé.
Mais l'intérêt vient de la coordination de la multitude.
Individuellement, ce ne sont que des petits oiseaux aux couleurs ternes.
Celui-là, par contre, assure le spectacle à lui tout seul.
En dépit de l'apparence, c'est un très proche cousin du kéléa.
Un euplecte à longue queue.
À cause de sa belle plume de traîne qui fait penser à un voile, on l'appelle aussi la veuve noire.
L'euplecte n'a pas toujours ce plumage.
D'ordinaire, c'est un passereau tout simple, plus discret que ce tariépâtre.
Il ressemble plutôt à une sorte de moineau beige.
Mais quand vient le temps de la reproduction, le mâle opère une des mues les plus incroyables qu'on puisse imaginer.
Il devient tout noir, ses ailes se bordent d'épaulettes rouges et blanches et il lui pousse ses longues plumes de queue.
Dans cette tenue d'apparat, l'oiseau va survoler son territoire avec un objectif, séduire des femelles.
L'euplecte est un polygame.
Il peut avoir jusqu'à quatre compagnes qui s'intéressent surtout aux mâles aux plumes les plus longues.
Plus les plumes sont longues, plus le vol est difficile et fatigant.
Un oiseau capable de surmonter ce handicap est donc à coup sûr un animal vigoureux et un bon partenaire potentiel.
Chez les oiseaux, dès que la période de reproduction est finie, les mâles retournent à leur plumage d'éclipse, celui de tous les jours.
La mue est en train de se produire pour les euplectes inicolores.
Ils vont quitter leur livrée écarlate pour ressembler à leurs femelles au plumage beige.
Le beige est la couleur de base pour les animaux de la savane.
Plus ou moins ternes, plus ou moins foncées, c'est celle de la plupart des pelages.
Les plumages aussi sont le plus souvent sobres et discrets.
Mais on observe chez les oiseaux des coloris plutôt étrangers au monde des mammifères.
Des animaux tout blancs, comme ces hérons garde-bœufs.
Du rouge intense à la gorge du grand calao terrestre, où il contraste avec le noir profond de son plumage.
A l'origine, toutes les plumes sont blanches.
Les plumes noires de la pigrieche, celles du drongo ou du spreo, sont couvertes d'un pigment, la mélanine.
C'est la mélanine qui donne au jabiru les parties noires de son plumage.
Chez cette grande cigogne d'un mètre quarante, le mâle et la femelle sont presque semblables.
Mais on peut dire à deux détails qu'on a affaire ici à un mâle.
D'abord, il a l'œil noir.
Il est jaune chez sa femelle.
Et puis, il y a ces deux petits lambeaux de peau jaunes qui pendent à la naissance du bec.
Ils nous indiquent qu'il est en période de reproduction.
La mélanine qui colore la plume a aussi un rôle essentiel.
Elle la renforce.
Le pigment lui donne de la solidité.
C'est important au moment du vol.
Mis à part le marabout, le jabiru est la plus grande des huit cigognes qu'on trouve en Afrique.
Celle-ci, qui fait moins d'un mètre, est l'une des plus petites.
C'est la cigogne épiscopale.
Elle s'est posée pour chercher sa nourriture sur les bords d'un point d'eau où vit ce couple d'oies d'Egypte.
On retrouve la mélanine dans le plumage de ses oies.
Mais elle est dispersée, ce qui donne les nuances de gris.
Quant à la belle livrée rousse du jacana, c'est le résultat d'un mélange entre des pigments de mélanine et des pigments rouges.
Mais l'oiseau est moins connu pour ses couleurs que pour ses doigts immenses
qui répartissent son poids sur la végétation aquatique et lui permettent pratiquement de marcher sur l'eau.
Le jacana partage son environnement avec le ras-la-bec-jaune, qui a un peu ses aptitudes.
Celui-ci a capturé un invertébré qu'il nettoie soigneusement pour enlever ses toxines.
Chez le ras-la-bec-jaune, le rouge de l'œil, des pattes, et le jaune du bec sont vifs, quasiment purs.
Pour obtenir ces teintes dans les plumages, il faut des caroténoïdes,
des pigments qui colorent en jaune les tisserins et le loriot masqué, et en rouge la gorge du golonec.
C'est un oiseau des régions arides.
Descendu au sol pour manger quelques insectes, il découvre une aubaine,
un bois mort qui servait jusque-là d'abri à des termites.
La mélanine et les caroténoïdes sont les seuls pigments qu'on trouve dans la quasi-totalité des plumages.
Le reste n'est qu'une affaire de lumière.
De la façon dont elle est réfléchie, par la couche de carats y compose la plume.
Chez les irisor moqueurs, qui cherchent des larves dans l'écorce des arbres,
le plumage est toujours changeant.
La kératine ne réfléchit qu'une partie du spectre de la lumière,
principalement les bleus, les verts et les violets.
Et elle ne réagit pas toujours de la même façon, cela dépend de sa structure.
Quand la kératine est déposée en couche, on obtient les nuances métalliques et spectaculaires du spray au superbe.
Mais s'il y a des couches d'air entre les couches de kératine,
le plumage livre alors par diffusion des nuances de vert, de rose, de bleu, qu'on peut admirer chez les reliés.
Finalement, cette couleur est un peu virtuelle.
Elle est moins le fruit de pigments que des réflexions de la lumière.
Chez les guépiers, c'est souvent une combinaison des deux.
C'est une famille qui exploite en la matière tout le champ des possibles.
Comme chez beaucoup d'oiseaux, lorsqu'ils sont jeunes, les guépiers carmins ont le plumage plus fade.
Ce n'est qu'à l'âge adulte qu'ils ont cette longue queue et leur couleur vive.
Les guépiers ont, selon les espèces, des plumages différents.
C'est dos vert, ventre jaune et gorge rouge pour le guépier à front blanc.
C'est ventre bleu, gorge jaune et dos doré pour le guépier d'Europe qui vient passer l'hiver en Afrique.
La technique des guépiers est toujours la même.
Ils se posent sur une branche pour observer les insectes qui passent alentour.
Et quand ils ont repéré une proie, ils lancent un raid pour essayer de la capturer en vol.
Si les guépiers sont nombreux sur le site, cela indique que le terrain de chasse est favorable.
Un oiseau fait plusieurs centaines de sorties par jour.
On estime qu'environ une sur trois est fructueuse.
Les abeilles et les guêpes constituent l'essentiel des captures.
Une fois revenu sur son perchoir, ce guépier nain frappe vigoureusement l'insecte pour le débarrasser de son venin.
Cet oiseau est non seulement le plus petit de tous les guépiers, mais il est aussi le seul à nicher en solitaire.
Les autres nichent en colonie, comme ces guépiers à front blanc.
Cet oiseau monogame est bruyant et démonstratif au moment de la reproduction.
Pour nicher tous ensemble, les guépiers ont une prédilection pour le lit des rivières.
Ou plus précisément, pour le talus des berges.
Les oiseaux sont en plein travaux sur ce site qui compte une vingtaine de nids.
Dès qu'ils sont engagés dans la galerie, les guépiers, qui creusent avec le bec, s'appuient sur leurs ailes pour dégager les gravats avec leurs pattes.
Les deux membres du couple participent à l'ouvrage.
Mais comme l'orifice est étroit, ils travaillent tour à tour et se relaient en permanence.
D'où cette animation continuelle.
Les galeries sont creusées en pente douce vers le haut pour éviter tout risque d'inondation en cas de ruissellement des eaux de pluie.
Autre mesure de sécurité, la chambre qui recevra les oeufs se trouve à plus d'un mètre de l'entrée du tunnel.
Les oeufs et les oisillons seront de cette façon à l'abri des mains des babouins et des becs des cigognes.
Des cigognes qui pour l'heure s'occupent de collecter de la matière pour construire leur nid.
Mâle ou femelle, mâle et femelle, selon les espèces, les oiseaux s'impliquent plus ou moins dans la construction du nid.
Chez les vautours, les deux membres du couple participent à l'ouvrage.
Mais il est rudimentaire, c'est un vague treillis de branchages qui n'accueillera probablement qu'un oeuf unique.
Ces grands oiseaux qui font plus de deux mètres d'envergure construisent toujours leur nid tout en haut des arbres pour pouvoir s'envoler facilement.
Tout près de là, niche un oiseau partisan du moindre effort.
Il est d'une espèce qui, plutôt que de bâtir un nid, préfère utiliser celui des autres.
C'est un grand-duc de véreaux et l'oiseau qui a abandonné son énorme ouvrage est une ombrette.
L'ombrette est un petit héron à l'allure atypique, très différent des autres membres de sa famille et notamment du plus grand de tous, le héron Goliath.
L'échassier est complètement indifférent à l'arrivée sur la berge d'un énorme crocodile dont en vérité il n'a pas grand chose à craindre.
Le héron est concentré sur son objectif, attraper un poisson pour nourrir ses deux jeunes qui sont gardés par sa compagne dans le nid qu'ils ont construit un peu plus loin sur la berge.
Les petits hérons sont nés il y a moins de deux semaines.
Ils sont sortis d'un œuf gros comme celui d'une poule que leurs deux parents ont couvés tour à tour pendant un mois.
Ils ne vont pas traîner au nid. Dans trois semaines, ils seront dehors.
Le départ est proche pour ces deux hérons cendrés, mais il manque encore quelques jours.
Il n'y a qu'une condition pour partir, savoir voler.
Ces deux-là sont les rescapés d'une couvée de cinq oiseaux.
Ils ont tué les trois autres pour avoir plus de nourriture. C'est courant chez les hérons.
Chez les oiseaux, le nid est une résidence très provisoire.
Il a une fonction précise, servir à la couvée des œufs et au premier jour des jeunes.
Il n'a pas vocation à devenir un domicile.
Pour preuve, quand le mauvais temps arrive, les oiseaux ne vont pas au nid.
Ils perchent, exposés comme ces martins caronculés aux caprices des éléments.
Bien accrochés à sa branche, un héron garde-bœuf prépare un peu le désordre infligé par la pluie à son plumage.
Au sol, l'outarde à ventre noir ne change rien à ses habitudes.
Elle appelle, elle signale que c'est son territoire.
Quand le vent se lève sur la savane, les oiseaux n'ont pas trop de difficultés à tenir aux branches et à garder leur équilibre.
La queue fait office de balancier et les doigts ont une bonne prise.
Mais contrairement à une idée reçue, il n'y a pas de mécanisme qui assurerait un blocage automatique des doigts sur la branche.
Le vent fort n'a pas empêché ce rolier d'aller chasser.
Il n'empêchera pas ce jeune aigle pêcheur de décoller.
Mais l'oiseau est contraint à une formidable dépense d'énergie.
Elle pourrait finalement s'avérer supérieure aux bénéfices d'une capture.
En fait, la pluie, le vent et le froid sont à l'origine d'une forte mortalité dans la faune ailée.
Rien que pour maintenir leur température interne, les oiseaux peuvent dépenser jusqu'à 20% d'énergie.
Alors, pour améliorer ses chances de survie, le républicain social a décidé de faire exception à la règle.
Il occupe souvent, à l'année, les nids incroyables qu'il construit.
Ce passereau endémique du sud de l'Afrique vit dans des régions aux conditions extrêmes,
où l'eau et la nourriture sont rares, les journées torrides et les nuits froides.
Il faut s'économiser.
Au lieu de dépenser de l'énergie pour réguler leur température, les oiseaux vivent à l'intérieur du nid.
Ce formidable enchevêtrement de paille sèche a un pouvoir isolant hors du commun.
Ces nids, connus pour être les plus grands du monde, peuvent accueillir plusieurs centaines d'oiseaux.
Mais chaque couple a sa chambre et son entrée privative.
Entretenus en permanence par toute la colonie, ils sont utilisés plusieurs dizaines d'années,
alors que chez les tisserins gendarmes, les nids ne servent qu'une saison.
Ces oiseaux sont d'une habileté diabolique.
Pour construire son nid à partir de l'anneau qu'il a confectionné au bout d'une branche,
l'oiseau utilise jusqu'à sept nœuds différents, tous réalisés avec le bec.
La méthode est toujours la même.
Elle consiste à tisser de haut en bas, à partir de cet arceau, une sorte de poche en forme de poire.
Quand le nid sera terminé, on y accédera par le fond, laissé ouvert.
La technique de construction des tisserins diffère plus ou moins d'une espèce à l'autre.
Au lieu d'être suspendu, le nid est parfois tressé entre deux roseaux parallèles.
C'est le travail sans équivalent d'un oiseau au bec fort.
L'amblyospise a front blanc.
Ces nids à la trame fine sont réalisés avec des fibres végétales,
qui sont de nature à leur donner cet aspect douillet.
Impossible d'obtenir ce résultat avec les tiges d'acacia convoitées par les girafes.
Et pourtant, ces rameaux aux longues épines acérées
rentrent systématiquement dans la confection du nid des allectos à bec rouge.
Ce sont des nids énormes, surtout si l'on prend en compte la taille de l'oiseau.
Encore un tisserin, mais l'un des plus grands.
Il ne fait quand même qu'une vingtaine de centimètres,
alors qu'il construit des nids de plusieurs centaines de kilos.
Ce sont les mâles qui travaillent.
Ils ont le bec rouge et le plumage noir, alors que les femelles sont marron clair.
Ces nids ont une longue durée de vie.
Année après année, les oiseaux les entretiennent en y ajoutant des brindilles en permanence.
Et l'on voit l'intérêt d'utiliser des branches d'acacia.
Grâce à leurs épines, elles s'entremêlent facilement
et elles restent solidement accrochées ensemble.
Il suffira de quelques rameaux plus tendres pour assurer le confort du nid.
Ces constructions sont de véritables forteresses.
Leurs épines ont un caractère dissuasif pour les oiseaux prédateurs
et tout particulièrement pour le gymnogène.
Ce rapace très particulier explore systématiquement cet arbre mort
dans l'espoir d'y découvrir des oisillons.
Les merles métalliques qui ont caché leur niché dans les cavités du tronc
n'hésitent pas à attaquer le prédateur pour l'inciter à aller voir ailleurs.
Le buzard est doté au niveau des pattes d'une articulation originale
qui lui permet de s'accrocher à l'arbre dans toutes les positions.
Cette pintade a été la victime d'un aigle martial.
Le grand aigle africain l'a dépecé
et il n'a emporté sur sa branche que le morceau de viande qui l'intéresse.
Ce faucon shikera déplume consciencieusement sa proie.
Il se nourrit quasi exclusivement d'oiseaux.
La vérité c'est que ce sont les oiseaux qui sont les principaux prédateurs des oiseaux.
Mais les rapaces s'attaquent aussi à toutes sortes de reptiles et de mammifères.
Les petits animaux le savent bien, mieux vaut scruter les airs.
Ces mangoustes naines ont détecté la présence d'un aigle battleur.
L'oiseau est d'autant plus redoutable qu'il passe l'essentiel de son temps en l'air.
Il vole 8 à 9 heures par jour, parcourt au quotidien 2 à 300 kilomètres de savane.
Et il patrouille plutôt à basse altitude.
Mis à part les carnivores, il y a chez les oiseaux tout un éventail de régimes alimentaires.
Les pigeons verts qui sont frugivores sont alors à faire sur ce figuier.
Les toiles tendues entre les branches annoncent une évidence.
Pour les insectes, ce monde est dangereux.
Ceux qui échapperont au piège risquent bien de finir dans un bec.
Pour ce martin chasseur à tête brune, pas question de s'en prendre à cet araignée.
Peut-être par crainte du venin, mais plus probablement par peur que son plumage ne soit souillé par la toile.
Alors, une fois encore, il a attrapé un criquet.
Les martins chasseurs, qui sont strictement terrestres, sont proches en tout point des martins pêcheurs qui, eux, sont intimement liés à l'eau.
Ce martin pêcheur huppé, qui mesure moins d'une quinzaine de centimètres, est l'un des plus petits.
Son régime alimentaire est varié.
Il chasse aussi bien les petits poissons que les gros invertébrés aquatiques.
Tout cela se passe sous les yeux intéressés de sa progéniture.
Comme la plupart des oiseaux, le martin pêcheur doit manger beaucoup, proportionnellement à son poids.
Alors il garde en permanence un œil sur le marais, en attendant patiemment une opportunité.
Cette fois-ci, c'est un insecte.
La prise est petite, pas de quoi partager.
Un poisson, c'est une autre affaire.
Le jeune oiseau aimerait cette fois avoir sa part.
Sans doute un peu déçu par la tournure des événements, il se résout à attendre le prochain retour de pêche.
Mais le parent, père ou mère, car il est impossible de différencier les sexes, considère sans doute que son petit a atteint l'âge de se débrouiller tout seul.
Chez les martins pêcheurs pi, on est en période de reproduction et les couples défendent âprement leur perchoir.
L'oiseau a un vol rapide, direct, au ras de l'eau.
Il se déplace souvent d'un coin de pêche à un autre, car lui ne mange que du poisson.
Quand il frappe sa proie pour la désarticuler et l'avaler plus facilement, l'oiseau salit son plumage à cause des projections de mucus.
Alors une fois son repas terminé, il retourne systématiquement à l'eau pour se baigner.
Même souci du plumage, même comportement chez ce martin chasseur du Sénégal, qui multiplie les plongeons.
Les oiseaux sont des grands adeptes du bain.
Il les rafraîchit et c'est aussi un moyen parmi d'autres de nettoyer les plumes.
Avoir un plumage en bon état est si important que les oiseaux y consacrent une grande partie de leur temps.
Chacun a sa méthode.
Les francolins sont plutôt adeptes du bain de poussière.
Ce marabout fait ce que font tous les oiseaux.
Il replace méticuleusement ses plumes, une à une.
Chez les ibis tentales, on va jusqu'à s'occuper du plumage de l'autre.
Pour accéder aux plumes les moins accessibles, on compte sur son voisin.
Ces oiseaux utilisent leur long bec avec une étonnante dextérité.
On retrouve cette forme de mutualisme chez les collioux.
Ils vivent en petits groupes familiaux de quelques individus où les oiseaux sont toujours physiquement très proches.
Et l'on observe un rituel inhabituel.
Les oiseaux se donnent à manger mutuellement et indépendamment de tout contexte de séduction ou de nourrissage des jeunes.
Au lever du soleil, les oiseaux sont toujours les premiers à s'activer.
Le marabout quitte son perchoir.
Les vanneaux armés se dégourdissent les ailes dans un vol de chauffe.
Les ouettes ont passé la nuit en famille.
C'est l'heure du réveil pour les poussins qui quittent la chaleur du plumage maternel.
Le jabirus active pour trouver dans la mare son premier repas de la journée.
Sa technique de chasse, l'agitation.
Son objectif, débusquer des poissons.
Il pourrait sortir de la vase et passer à portée de son énorme bec.
L'oiseau à l'œil jaune, c'est une femelle.
Faute de s'activer, ce koukal se réchauffe en gonflant son plumage.
Le héron va commencer un nid.
En tout cas, c'est ce qu'il veut dire à sa partenaire.
Avant de s'impliquer dans une construction effective, il danse.
Comme pour rappeler le sens de cette agitation, l'oiseau va prendre un branchage en accessoire.
C'est un signe, le symbole de son projet, l'élément indispensable d'un rituel.
Les oiseaux ont un tout petit cerveau, mais une vraie capacité à s'exprimer par leurs attitudes, leurs chants ou leur plumage.
Même le vautour que l'on connaît surtout sur les charognes.
Ce nécrophage a le plumage terne.
Il est laid, gauche dans sa démarche, sans compter cette façon de boire qui semble toujours si mal adaptée.
Mais voilà sa nature insoupçonnée quand il vole de concert avec sa compagne.
Oubliez les charognards, ce sont de beaux oiseaux, élégants, qui manifestent par ce vol synchronisé une forme de plénitude.
Ils accueilleront bientôt dans leur nid un nouveau représentant de la faune ailée d'Afrique.