Chute d'Assad en Syrie : quelles conséquences ? #shorts #dessousdescartes
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Le Dessous des Cartes - ARTE
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5 Vues de vidéo·15 déc. 2024
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La Syrie du clan Assad est donc à terre, après une offensive partie d'Idleb, menée
par cet homme, Abu Mohamed al-Joulani, ex-membre d'Al-Qaïda, fondateur d'Ayat Tahrir al-Sham
HTC, qui régnait ces dernières années sur Idleb, avec un régime que le journaliste
Wasim Nasr décrit comme islamiste, sunnite, mais tolérant la présence d'autres minorités.
Alep, Hama, Homs, Damas… Ces villes sont tombées les unes après les
autres, avec peu de combats et d'exactions commises.
Dans ces villes, ce sont autant de prisons atroces qui se sont ouvertes, comme celle
de Cednaya, surnommée « l'abattoir humain ». C'est donc la liesse de tout un peuple
qu'il faut entendre sans omettre, bien sûr, les questions sur la suite.
Sortons d'une carte ! La Syrie, c'est d'abord un pays ouvert
sur la Méditerranée, raison pour laquelle la Russie y avait autant investi, avec notamment
sa base navale de Tartus, mais aussi la base aérienne de Meïmim, indispensable à la
stratégie de Poutine en Afrique.
La Russie, sans laquelle Bachar el-Assad n'aurait pu conserver le pouvoir à partir de 2011
et la guerre civile, rappelons qu'elle a fait au moins 500 000 morts et 13 millions
de déplacés.
Mais cette fois, Poutine, occupé en Ukraine, n'a pu sauver Assad, la Russie semble évacuer
ses bases syriennes, tandis que la famille Assad s'est réfugiée à Moscou.
Alors à présent, regardons les voisins immédiats de la Syrie, la Jordanie, l'Irak, le Liban.
Beyrouth est à seulement 85 kilomètres de Damas, un million de Syriens se sont réfugiés
au Liban ces 13 dernières années.
Autre voisin, Israël, attaqué depuis sa création par la Syrie, Netanyahou rappelle
ces dernières heures qu'on lui doit l'affaiblissement du Hezbollah libanais, le Hezbollah qui sécurisait
le régime Assad.
Israël qui, par ailleurs, occupe le plateau syrien du Golan depuis 1967.
Enfin, dernier voisin de la Syrie, essentiel, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.
Son ambition, gagner en influence dans la Syrie post-Assad, avec qui la relation était
mauvaise.
Autre but, fragiliser l'ennemi kurde.
Les Kurdes qui représentent 10% de la population syrienne et rêvent de profiter de la chute
d'Assad pour agrandir leur territoire aux portes de la Turquie et gagner en autonomie.
Au-delà des Kurdes, la population syrienne est une mosaïque.
Les Arabes sunnites représentent 50% de la population, les Alaouites, identifiés au
chiisme, 17%, c'est la communauté de la famille Assad, les Druzes 4%, sans oublier
différentes communautés chrétiennes, 9% des Syriens et les Turkmènes 1%.
Les Syriens qui rêvent donc désormais d'une Syrie qui saurait faire cohabiter toutes
ces minorités, redoutant l'Etat islamique, toujours présent, dont des positions ont
été bombardées par les forces américaines, redoutant que le grand acteur du moment HTC
ne se laisse déborder par sa composante radicale, autre risque, et non des moindres, une balkanisation
de la Syrie.
