Le pape en Corse : interview de l'évêque d'Ajaccio
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franceinfo
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1 Vues de vidéo·15 déc. 2024
Le pape en Corse : interview de l'évêque d'Ajaccio François Bustillo
A l'initiative de la venue dimanche en Corse du pape François, avec qui il entretient des liens étroits, l'évêque d'Ajaccio a connu, en l'espace de trois ans, une ascension fulgurante dans la hiérarchie vaticane. Au point d'être pressenti pour, un jour, devenir pape à son tour.
Monsieur le Cardinal, bonjour.
Bonjour.
Merci de nous accorder cet entretien.
À l'approche de l'arrivée du Pape en Corse, dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je suis serein et confiant.
On va vivre quelque chose de magnifique.
Donc je suis dans le mouvement des Corses.
Il y a beaucoup d'enthousiasme.
Il y a une effervescence dans les rues, un peu partout.
Donc je me suis confiant.
Fatigué, mais confiant.
Fatigué parce que ça a été un marathon ?
La fatigue n'est pas une maladie.
On la gère, mais surtout on a travaillé pour que ce moment soit unique
et qu'il marque l'histoire de la Corse.
Il y a une semaine, vous le savez, tout le monde vous en parle,
c'était l'ouverture de la cathédrale Notre-Dame après cinq ans de travaux.
Le Pape y était invité.
Il a fait le choix de ne pas y aller.
Vous avez l'impression quand même que ça a fait grincer quelques dents ?
Je peux comprendre qu'il y a des personnes qui n'ont pas compris.
C'est tout à fait légitime.
Après, il était présent autrement.
Le fait de lire une lettre, d'avoir une parole d'autorité
dans un moment historique comme Notre-Dame,
c'est une manière de participer à la réparation par la parole.
Certes, beaucoup de Parisiens et de Français ont dit
que c'est dommage qu'il ne soit pas là.
Mais après, je ne suis pas maître de son agenda,
de sa volonté et de sa vision.
Mais lui qui prêche la paix depuis le début de son pontificat,
il aurait même pu donner sa bénédiction à la rencontre
entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.
Ça n'aurait pas été, selon vous, un pas de plus vers la paix ?
Peut-être.
Est-ce qu'ils savaient qu'il y avait à voir ces chefs d'État ?
Est-ce qu'ils savaient peut-être qu'ils allaient se déplacer ?
On l'a su très peu de temps après aussi.
Avant, je veux dire.
Finalement, le pape a toujours agi pour la paix,
pour la paix des esprits, pour la paix des personnes.
Je pense que s'il avait été à Paris, à Notre-Dame,
il aurait favorisé et béni, comme vous dites,
la rencontre entre des chefs d'État
qui sont là pour construire un monde meilleur.
C'est leur responsabilité.
Enfin, il préfère venir à Ajaccio dans sa petite cathédrale
plutôt que célébrer le faste de Notre-Dame de Paris.
On peut le dire comme ça ?
Vous voyez, à Paris, tout s'est passé évidemment à l'intérieur.
Une cathédrale réparée, c'est magnifique.
Et c'est un exploit.
Et on a vu l'engagement du président de la République,
l'engagement des mécènes, des politiques,
tout le corps des métiers, l'église.
Tout le monde a bougé et travaillé pour cet événement.
Et le pape ne voulait pas être peut-être à l'intérieur de l'église,
mais il a toujours prêché les périphéries et une église de sortie.
Ici, en Corse, on est à la périphérie.
Voilà, Paris au centre, un événement magnifique et merveilleux.
Et après, on a la Corse, c'est la périphérie.
C'est quoi ? Ce n'est pas la périphérie de la France quand même ?
Non, mais c'est une périphérie.
Donc, c'est une église qui n'est pas très riche.
Et on a beaucoup de défis.
Mais le fait qu'ils viennent, c'est une manière de dire
je vais apporter par ma présence, par mes paroles, par mes gestes,
de l'espérance à cette réalité.
Alors, on dit qu'il y a eu peut-être un peu de crispations,
en tous les cas, au moins de la friture sur la ligne entre l'Elysée et le Vatican.
Est-ce que vous comprenez ce voyage éclair du président de la République
qui va rester peut-être deux heures sur l'île,
en ne quittant pas l'aéroport, a priori, pour rencontrer le pape ?
Il n'assistera pas à la messe du pape.
Le président de la République a son agenda et sa responsabilité.
J'aurais souhaité évidemment, comme tout le monde,
qu'il arrive à 9h et qu'il parte à 17h, comme le pape.
Donc, on vive un moment de communion ensemble, en Corse.
Après, je comprends que la situation politique n'est pas évidente, n'est pas simple.
Après, c'est un homme responsable, donc il agit en fonction des éléments
et des arguments qu'il a et que je ne connais pas.
Donc, je respecte son choix.
Le fait qu'il rencontre le pape, c'est une bonne chose,
même si ce sera court et dans le cadre de l'aéroport,
mais les deux hommes s'apprécient,
ils sont très libres pour parler entre eux,
donc ils vont pouvoir se dire des choses.
Et qu'il le fasse à Jaccio, je pense qu'il y a quelque chose de symbolique
et de pragmatique, d'important pour la vie de la Corse,
pour la vie de la Méditerranée et de la France et du monde.
Alors, on se pose toujours la question de pourquoi cette visite du pape en Corse ?
Vous avez commencé à esquisser une réponse tout à l'heure,
mais on dit aussi que votre proximité avec le pape François n'est pas pour rien.
Quel est votre avis ?
Moi, je dis comme tous les évêques au pape,
il serait magnifique, merveilleux que vous veniez visiter la Corse, mon diocèse.
Tous les évêques le font.
Et à un certain moment, il y a eu une évolution.
Et on est passé de l'invitation à une possibilité,
à une probabilité, à un projet et à une réalisation.
Donc, il y a eu des étapes différentes.
Il y a eu des contacts avec le Saint-Sieve, donc avec le Vatican,
et nous avons pu parler.
Moi, je suis resté toujours très chaste, si j'ose dire,
parce que ça pouvait se faire, ça ne pouvait pas se faire.
Et moi, je n'ai pas voulu me lancer dans un enthousiasme un peu émotionnel
qui pourrait dire, tiens, peut-être que le pape vient,
on crée une illusion et après ça ne marche pas.
Donc, il a fallu respecter les étapes justes
pour que quand j'étais sûr qu'il voulait venir,
et après vous connaissez le pape, il est très libre,
et il dit, moi j'y vais ou je n'y vais pas.
Donc, il a dit, je viens, je suis très content de venir,
et moi, ça m'a rempli les voies.
Évidemment. Comment vous expliquez cette relation que vous avez réussi à tisser avec lui ?
Qu'est-ce qui vous unit spirituellement, j'ai envie de dire aussi idéologiquement,
parce qu'on sent qu'il y a une proximité de pensée ?
C'est le pape François. Déjà, il porte un nom.
Un jésuite porte un nom d'un saint du Moyen-Âge, donc Saint-François.
Et vous êtes franciscain.
Et je suis franciscain.
Et dans la théologie et la spiritualité de Saint-François,
il y a deux mouvements qui sont heureux et opportuns pour notre société.
C'est la réparation et la vision.
Va, François, réparer mon église.
Mais il ne suffit pas de réparer.
Après, il faut qu'il y ait une vision du monde, de l'église et de la société.
Et le pape, il est dans ce mouvement.
On a échangé sur notre vision des prêtres, sur notre vision de l'église et de la société,
et on se retrouve.
Donc, finalement, qu'est-ce qu'on veut ?
On ne veut pas imposer un modèle,
mais on partage sur une vision de l'église et du monde.
Justement, en parlant de vision, le pape, c'est un chef religieux,
mais c'est aussi un chef d'État.
On se souvient de sa visite à Marseille.
C'était l'an dernier.
Nous y étions.
Il avait un message très politique,
notamment sur la question des migrants.
Quel pourrait être son message pour sa première visite en Corse ?
Il vient pour un motif bien précis.
Il vient pour la piété populaire.
Piété.
Donc, c'est un don de l'esprit.
Alors, moi, je pense qu'on vit dans un monde sans pitié.
Quand on voit certains médias et les réseaux sociaux,
on est très durs et intransigeants entre nous.
Et là, on va parler de la piété populaire,
et donc d'avoir pitié aussi des autres.
Et donc, dans un monde sans pitié,
annoncer, annoncer, prononcer,
vivre la piété et la pitié,
c'est une manière de dire que nous devons devenir plus humains,
plus fraternels, plus pacifiques entre nous.
Et le côté piété populaire de la Corse,
c'est le côté sacré dans la rue.
Je trouve que c'est merveilleux,
parce que les Corses sont très libres
pour afficher le côté sacré dans la rue.
Il y a des processions, les confréries,
les chants polyphoniques et autres.
Donc, il y a une manière sereine,
il y a une manière aussi culturelle de s'afficher
sans vouloir blesser les autres
ou sans vouloir indoctriner les autres,
sans vouloir être violent avec les autres.
Vous voulez dire que la religion est ancrée dans la culture ici ?
En Corse, il y a le côté insulaire.
Nous vivons la religion et la culture
d'une manière très sereine et très, je dirais, constructive.
Parce que vous savez, quand il y a une fête,
vous le savez bien, il y a une fête en Corse,
il y a une procession, il y a le côté cultuel,
culturel et convivial.
Je pense que c'est un cocktail intéressant
pour notre vie sociale.
Est-ce que ça pourrait être une solution
pour l'église de France qui voit ces églises désertées ?
Il y a un problème en Corse aussi
avec la pratique dominicale, vous le savez bien.
Mais est-ce qu'on pourrait imaginer
que le pape érige finalement en modèle
cette piété populaire pour l'église de France,
pour vos frères évêques ?
Dans la piété populaire, vous voyez,
ça nous sort un peu du côté trop intellectuel et conceptuel.
Alors certes, on a besoin de la théologie,
on a besoin de la spiritualité,
on a besoin de la mystique.
Mais la piété populaire nous rappelle
que nous avons un cœur et un corps.
Donc nous rappelle l'unicité de l'être.
Et finalement, il y a comme une dissociation
avec le côté intellectuel, c'était très bien,
et le côté un peu populaire, c'était un peu folklorique
et un peu semi-magique.
Et il faut récupérer,
il ne faut pas qu'il y ait de la schizophrénie spirituelle
à nous, et la Corse peut apporter
au continent, à la France,
une manière de vivre la foi qui est sereine.
Quand on fait une procession,
on marche sur les pieds, on ne touche pas la terre.
Donc il y a un mouvement d'un point A à un point B,
comme les grands pèlerinages du Moyen-Âge
à Saint-Pierre,
à Rome,
à Saint-Jacques,
ou à Jérusalem, il y avait ces mouvements.
Donc aujourd'hui,
le côté populaire
met en mouvement l'être, tout l'être.
On est tellement habitué à penser,
à réfléchir, et on est très raisonnable,
et c'est très bien,
mais n'oublions pas que nous avons un corps et un cœur.
Alors, ça reviendrait à dire
qu'on met en avant une certaine
forme de religiosité,
de façon de vivre sa religion,
qui contraste avec les pontificats de Jean-Paul II
et de Benoît XVI,
où on était beaucoup dans le dialogue
la foi et la raison.
Là, c'est quoi ? C'est le retour à la mode
de la foi du charbonnier de nos grands-mères ?
Moi, je pense que cela fait partie de l'évolution.
Il n'y a pas de divorce entre les deux,
mais il y a des manières différentes de se placer.
Quand on regarde la société occidentale,
elle est très fracturée,
très divisée.
Il y a beaucoup de difficultés, beaucoup de problèmes.
Le côté populaire nous renvoie à la simplicité
et à la liberté,
et à la dignité.
Donc, finalement, je me dis que le pontificat
de François met en valeur certains aspects.
Ils ne sont pas en opposition
par rapport au pontificat de Benoît XVI
ou de Jean-Paul II,
mais il y a une évolution heureuse
où on met en valeur, en fonction du temps que nous vivons,
des certains domaines
qui font partie du patrimoine de l'Église
et qui peuvent être riches
et bénéfiques pour la vie sociale.
Vous parliez des processions.
Il y a un fait culturel, social
et religieux en Corse, c'est celui des confréries.
Vous l'avez évoqué tout à l'heure.
Ces associations de fidèles laïques
qui portent les statuts des saints,
qui ont un rôle de solidarité dans les villes et les villages.
Vous vous appuyez là-dessus aujourd'hui
pour cette piété populaire
et pour cette évangélisation,
comme on le dit dans l'Église ?
Là, je vois aussi quelque chose que la Corse
pourrait apporter à la France.
Quand on parle des confréries,
on parle d'hommes et de femmes
qui sont engagés
dans une réalité associative,
culturelle et culturelle.
Cela fait partie de la tradition corse.
Ils chantent aux intériments,
ils chantent aux processions,
ils cultivent la dimension culturelle
de la polyphonie, mais en même temps,
c'est une réalité,
un corps intermédiaire
entre la base et l'autorité.
Je pense que notre société,
on a souvent laissé
toute la gouvernance
de la société à la politique et aux finances.
Peut-être qu'il faudrait récupérer
la dimension des réalités intermédiaires
comme la culture,
le sport, la spiritualité,
les églises et autres
pour mieux servir notre société,
l'intérêt commun
et le bien commun de tous les citoyens.
À quelques heures de la visite
du pape en Corse, quel est l'état
d'esprit des Corses ici ?
Comment vous les sentez ?
On voit que la ville d'Ajaccio est toute prête
et parée pour accueillir le souverain pontife,
mais quel est l'état d'esprit général ?
Il y a de la joie, il y a de l'attente,
il y a de l'enthousiasme.
Hier, je passais quelques pas
entre la cathédrale de l'évêché
à pied avec un journaliste de Paris.
Il y a eu énormément de voitures
qui claxonnaient « salut l'évêque ».
Ça frappe les personnes,
des personnes que je n'ai jamais vues,
sans doute ils l'ont vue, mais je ne les connais pas.
Donc il y a un enthousiasme,
il y a une forme d'attente
pour que ce moment soit historique
mais surtout qu'il marque l'esprit de Corse.
Vous connaissez l'histoire de Corse,
il y a eu beaucoup de douleurs,
beaucoup de violences, beaucoup de tensions.
Maintenant il y a un moment d'unité,
de communion, d'espérance et de joie.
Il faut que ce moment
puisse marquer l'histoire de la Corse
pour aller de l'avant
et pour qu'un jour, s'il y a des difficultés,
qu'on puisse se dire qu'on a été capable de fédérer,
qu'on a été capable de vivre un moment heureux.
Justement, dans ces préparatifs,
est-ce qu'il n'y a pas une autre leçon
que la Corse pourrait donner au continent ?
C'est celui d'une forme de laïcité apaisée,
parce qu'on vous a vu aller
main dans la main
avec le préfet,
avec le président de la collectivité,
la présidente de l'Assemblée, le maire d'Ajaccio.
Il n'y a pas de problème,
on voit quand on se promène
dans les rues d'Ajaccio ces jours-ci,
des crèches dans toutes les vitrines
des commerçants de la ville.
Je pense que la Corse
pourrait apporter un élément intéressant
au continent,
parce qu'on pourrait passer
d'une laïcité
idéologique
à une laïcité idéale,
dans laquelle on vit avec sérénité.
Je rencontre les maires,
je rencontre les élus,
je rencontre les députés, les sénateurs,
le président de la collectivité,
la présidente de l'Assemblée.
On a des liens tout à fait amicaux
et pourtant on n'est pas hermétiques,
on n'est pas enfermés en nous-mêmes.
On vise le bien de Corse.
Donc on est capable de dialoguer
d'une manière responsable
et d'une manière adulte
pour dire comment vous voyez la société,
comment vous voyez cette situation,
quelles solutions peut-on trouver.
Donc il y a un mouvement,
il y a un dialogue,
il y a une manière d'être entre les élus,
les politiques et l'Église.
Et à mon avis,
c'est un modèle de responsabilité sociale.
Et ça n'exclut pas les autres,
ça n'exclut pas les autres religions.
Je crois que dans le cadre de votre appel au don
pour la venue du pape François,
il y a même une association marocaine
qui a participé financièrement
pour accueillir le pape.
Tout à fait.
Depuis que je suis là,
on rencontre le milieu du sport,
le milieu de la culture,
les autres religions.
Donc on a des contacts.
Alors quand on vit quelque chose d'important,
cela signifie qu'il y a eu un travail qui a été fait,
de l'amitié
qui a été construite.
Donc à la fin,
on s'est dit, voilà,
nos amis musulmans ont fait un don
et ils vont être présents à la messe,
c'est un signe positif qu'on a bâti quelque chose
au nom de la fraternité dans notre diversité.
On n'est pas des clones,
on ne va pas dominer l'un sur l'autre,
mais on est capables de se respecter
dans nos différences et de vivre des moments
de communion et d'unité
d'une manière tout à fait heureuse et responsable.
On dit
que ce voyage du pape François
pourrait servir à vous mettre en avant,
monsieur le cardinal.
Est-ce qu'éventuellement,
parce que forcément les projecteurs
de toutes les télés du monde seront braqués
sur le pape pendant cette visite,
est-ce qu'éventuellement ça pourrait vous faire connaître
dans le monde entier ?
Vous voyez ma question suivante.
Écoutez, on va voir...
Voilà. Que voulez-vous ?
Le 15 décembre,
tout le monde va voir le pape
et le cardinal. Ok. D'accord.
Parce que vous êtes à côté
dans la papamobile, etc.
Après, le lundi,
on continue la vie normale.
Il y aura un moment où toutes les caméras,
tous les journalistes
seront sur la Corse. Ok, on va me voir.
Mais ma vie,
ma vie, c'est dans l'ordinaire.
Il y a des moments extraordinaires.
On les vit avec dignité.
Il y a des moments ordinaires.
Et ma vie ordinaire, c'est de visiter la Corse,
d'aller dans les paroisses,
de visiter les associations,
d'aller partout.
Moi, je pense que je vais être affiché,
mais un jour, après la vie continue.
Donc vous ne faites pas campagne
pour le prochain conclave
dont on dit que vous pourriez être
l'un des papabilés.
Un jour.
Mais je pense qu'aujourd'hui,
je le dis souvent aux médias,
je suis novice. Il y a un an que je suis là.
Je suis cardinal.
Donc on va laisser la place à d'autres
qui ont plus d'expérience.
Moi, je suis là pour apprendre, pour comprendre
et pour grandir.
