"Si ce n'était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde !"
21 déc. 2024
Et vu la situation du pays, est-ce qu'Emmanuel Macron devait sortir devant une habitante qu'il interpellait,
donc à Mayotte, qui disait « tout va mal ».
Emmanuel Macron qui s'agace un peu, qui répond « l'archipel serait dix mille fois plus dans la merde ».
Je n'ai pas tout le passage.
Après le passage du cyclone, s'il n'était pas français, il se justifie.
Donc ce soir, Emmanuel Macron, dans une interview aux médias maorais,
est dit « quand on insulte la France, le Président se fâche ».
J'avais des gens du RN face à moi qui insultaient la France.
Arnaud Benedetti.
Il avait des gens du RN, évidemment.
Je crois que Marine Le Pen a fait 42% au premier tour de l'élection présidentielle à Mayotte.
Il devrait s'interroger d'ailleurs.
60 au deuxième.
Donc il devrait s'interroger pour les raisons pour lesquelles les Maorais votent majoritairement pour Marine Le Pen,
plutôt que de stigmatiser des électeurs.
D'ailleurs, on ne sait même pas s'ils ont véritablement voté pour le RN.
C'est un peu facile quand même ça, en l'occurrence.
Après, il devait y aller à Mayotte.
Il a bien fait d'y aller.
Il manifestait la solidarité de la nation face à un des drames les plus épouvantables
que la France ait connu depuis peut-être 70 ans.
Parce qu'on est récemment sur des milliers de morts,
ce qui est absolument une catastrophe humaine considérable.
Mais après, il y a une responsabilité.
Le cyclone, c'est une chose.
Il y a quand même une responsabilité, qu'on le veuille ou non,
de l'État et des pouvoirs publics dans la situation de Mayotte
depuis de très nombreuses années.
Ça remonte d'ailleurs bien avant Emmanuel Macron,
mais Emmanuel Macron est au pouvoir depuis 7 ans.
Donc il est naturel, si vous voulez,
alors que les élus maorais ont lancé des signaux d'alerte
depuis de très nombreuses années, je pense notamment
à Madame Youssoupha, Estelle Youssoupha,
qui fait un travail absolument remarquable au Parlement
pour alerter les pouvoirs publics,
que les habitants de Mayotte
se retournent devant le Président de la République et lui posent des questions.
Ensuite, je trouve qu'en effet, il n'a pas eu la bonne attitude.
L'attitude, c'était la gravité,
c'était la compassion, c'était la solennité,
c'était éventuellement une forme de silence.
Il a voulu jouer finalement une sorte de grand débat,
le grand débat, vous savez, des gilets jaunes,
dans une situation où il fallait tout faire,
sauf un grand débat, en l'occurrence.
Donc c'était inapproprié et inadapté.
Bon, Jules Torres.
Non, mais c'est vrai qu'on parle là
d'un moment où le Président est le plus impopulaire
depuis 2017.
On parle d'un Président qui n'a jamais suscité autant de rejets.
Et il faut parler avec les sondeurs un petit peu,
les politologues.
Que disent les gens, par exemple, dans les enquêtes qualitatives ?
Vous savez, c'est des sondeurs et des politologues
qui réunissent autour d'une table des Français
qui sont étudiés selon un panel,
le panel de la commission des sondages,
et qui disent des mots.
Quels sont les mots qui ressortent d'Emmanuel Macron
ces derniers temps ?
Irresponsable.
Certains, il y a 22% des Français qui parlent de dégoût
quand ils parlent d'Emmanuel Macron.
Donc on voit très bien qu'il y a un rejet
qui n'a jamais été aussi grand.
Et donc ce type d'exercice-là,
de sortir dans la rue avec parfois
le ton condescendant qu'on connaît à Emmanuel Macron
pour une population qui est sinistrée,
qui vit un désastre depuis bientôt
une semaine,
ce n'est pas la bonne méthode
de communication, et évidemment
que les Mahorais vont
être déçus, en colère
avec cette séquence.
Ensuite, il ne faut pas tout mélanger
dans ces affaires.
Il y a quand même quelques polémiques
que je ne trouve pas au niveau
par rapport au désastre que connaît Mayotte.
C'est-à-dire que quand François Bayrou
nous dit que
ce n'est pas sur le territoire
Mayotte, on voit très bien ce qu'il veut dire.
C'est-à-dire qu'aller dans la Drôme
ou aller à Mayotte, ce n'est pas tout à fait la même chose,
notamment pour des raisons logistiques
et techniques.
On peut faire l'aller-retour dans la Drôme
en trois heures, on ne peut pas le faire pour Mayotte.
Donc on voit très bien que pour un Premier ministre
dont l'agenda est quand même assez chargé
au vu des urgences qu'il a à faire,
c'est-à-dire la loi spéciale, le budget, la formation
d'un gouvernement Mayotte et tout ce qui s'en suit,
on voit bien que ce n'est pas très compliqué.
Quand le Président de la République nous dit là
que la situation à Mayotte serait catastrophique,
encore dix mille fois plus catastrophique
si ce n'était pas la France,
pardonnez-moi,
il a plutôt raison.
Elle est quand même
très catastrophique.
Je suis désolé Jules, c'est une vraie catastrophe.
Si ça se chiffre comme on le craint
en dizaines de milliers
de morts, c'est la plus grosse catastrophe
humaine.
Écoutez ce qu'a dit Emmanuel Macron.
Écoutez.
C'est insupportable ce que vous vivez
depuis six jours.
La peur.
Le cyclone.
Je suis pour rien pour le cyclone.
Vous pouvez le reprocher, c'est pas grave.
Tout le monde se bat,
quelle que soit la couleur de peau.
Et n'opposez pas les gens.
Si vous opposez les gens, on est foutus.
Parce que vous êtes contents d'être en France.
Parce que si ce n'était pas la France,
vous seriez dix mille fois plus
dans la mer.
Je voulais réécouter la séquence.
Sur le fond, effectivement,
les maux, mais le ton.
Ce sont des gens qui ont tout perdu.
Qui n'ont pas d'eau, qui n'ont pas de nourriture.
Qui n'ont plus d'infrastructure.
Le nombre de morts.
Je ne sais pas moi.
On garde ses nerfs.
Ça fait un peu OSS 117.
Ça fait un peu Hubert Bonnisseur de la Batte.
C'est-à-dire que moi, j'arrive là de mon palais de l'Elysée
où je suis depuis maintenant sept ans.
Je suis un président qui est seul, isolé.
Tout le monde me critique.
Je suis un populaire.
Et je viens vous faire des leçons en vous disant
que sans moi, sans le magnifique représentant
de l'Etat français, les problèmes
seraient dix mille fois pires.
C'est vrai que ce n'est pas le meilleur des moyens.
J'ai alerté juste sur les petites polémiques
qu'on peut voir poindre et qui, à mon avis,
nous détournent du réel objectif.
C'est-à-dire qu'il nous faut un grand plan outre-mer aujourd'hui
pour répondre à la crise.
Un petit point en plus.
Ce qui est absolument, à mon sens,
peu supportable pour les maorais,
c'est que les maorais sont profondément attachés à la France.
Je rappelle que les maorais
sont profondément attachés à la France.
Ils ont voté deux fois en faveur de référendum
dans les années 70, en faveur
du maintien dans la République.
Ils sont profondément attachés, on le voit,
par leur vote aussi. Quand ils votent Rassemblement National,
ils votent malgré tout qu'on le veuille ou non
pour un parti qui est très français,
en tout cas dans son expression politique.
Donc là, venir finalement leur faire ce reproche
que si la France n'avait pas été là,
ça serait pire, c'est d'une certaine manière
les soupçonner d'une critique
vis-à-vis de la France. Ils font pas une critique vis-à-vis
de la France. Ils font une critique vis-à-vis des pouvoirs
publics et vis-à-vis de l'action de l'État
comme n'importe quel citoyen,
où qu'il soit sur ce territoire, peut faire une critique
vis-à-vis de la façon dont les pouvoirs publics fonctionnent.
Il faut quand même être dans l'empathie.
Parfois ça manque un peu à Emmanuel Macron.
C'est ce qui manque à Emmanuel Macron.
Exactement, l'em-pa-thie.
Jordan Bardella vient de réagir à l'instant.
Je trouve la réaction du président de la République
à Mayotte pitoyable. Emmanuel Macron est un président
arrogant qui a peu de respect
pour le peuple français.
L'archipel est abandonné depuis des décennies
face à une immigration anarchique
et face à la pauvreté. Je rappelle qu'Emmanuel Macron
s'est justifié en disant qu'il avait des gens du RN
face à lui et que c'est pour cette raison
qu'il s'était emporté.
