Mayotte : une île en plein désastre
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France Culture
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10 Vues de vidéo·22 déc. 2024
les matins de France Culture Guillaume
Herner Mayotte maotte est aujourd'hui le
nom d'un archipel dévasté avec d'un
paysage méconnaissable et mon souhait ce
matin c'était de revenir sur cette
catastrophe et ses répercussions mais
aussi de de présenter maotte avec vous
Rémy Carayol bonjour bonjour vous êtes
journaliste et vous publiez Mayotte
département colonie un ouvrage aux
éditions de La Fabrique où j'ai appris
énormément de choses peut-être quelques
mots tout d'abord sur la situation
actuelle dans l'archipel bon c'est
encore très flou euh concernant le
nombre de victimes puisque on est
toujours avec ce bilan officiel d'une
vingtaine de morts mais euh on se doute
qu'il y en a probablement beaucoup plus
on se doute aussi que peut-être on ne
saura jamais véritablement le le le
nombre exact de personnes qui sont
mortes puisque certaines ont été
enterrées et sans que les autorités n'en
soient euh informé euh et puis pour
l'instant on est encore dans une
situation qui relève de la survie on
essaie de trouver de l'eau on essaie de
trouver de la nourriture on essaie de
trouver un peu de réseau
téléphonique et on attend on attend les
secours peu de gens pour l'instant ont
vu ont vu les secours arrivé beaucoup de
gens disent que c'est la chronique d'une
catastrophe annoncée alors non pas
évidemment que ce fléo climatique était
attendu même si bien entendu des
cyclones il y en a dans la région mais
ces conséquences elles pouvaient être
prévisibles oui il suffit de se promener
à Mayotte pour voir que il y a que
toutes les collines presque des zones
urbaines
sont occupées par ce qu'on appelle des
bidonville des quartiers qui sont faits
de de petites
habitations construites en T en en
morceaux de bois qui sont évidemment
très précaires et il est évident
dans une zone où régulièrement il y a
des tempêtes et parfois des cyclones euh
que elle ne résisteraiit pas à des vents
violents c'était quelque chose qui était
connu depuis de très nombreuses années
il y a eu quelques rapports
parlementaires et notamment un récemment
publié il y a quelques mois seulement
qui indiquait que rien n'était fait pour
prévoir et anticiper euh une
éventuelle crise de ce genre et
effectivement personne aujourd'hui n'est
surpris les gens sont sur is par la la
puissance de ce cyclone parce que c'est
un événement exceptionnel tout de même
mais personne n'est surpris par les
conséquences et justement qui habite ces
bidonville Rémy
Carayol présentez-nous ce territoire
parce que donc c'est la France et même
un département français mais bon on a
l'impression que ça ne ressemble pas du
tout à ce qu'on a l'habitude de voir en
métropole ah non on en est très loin
c'est bidonville selon les chiffres de
de
Linc 65 % des personnes euh étrangère en
situation régulière ou pas d'ailleurs
habite ce genre de de d'habitat et 25 %
aussi de français natifs de Mayotte
comme on dit donc des maourés des
mauraises donc il n'y a pas que des
étrangers contrairement à ce que le ce
que l'on peut entendre ce sont des
personnes bah qui sont pauvres en fait
il faut savoir qu'à Mayotte Mayotte est
le territoire si l'on se situe sur le
plan français le plus pauvre de France
et de très loin euh qure personnes sur
10 pour donner une idée 4 personnes sur
10 à Mayotte vivent en dessous du seuil
de pauvreté local c'est-à-dire qui est
fixé à 160 € par mois c'est-à-dire qu'il
gagne moins de 2000 € par an 8 personnes
sur 10 vivent en dessous du seuil de
pauvreté nationale qui est fixé à 1000 €
par an par mois pardon tout cela ben
c'est cette population là qui vit dans
ses quartiers parce qu'elle n'a pas les
moyens de construire sur des terrains
d'acheter des terrains de construire
avec du du béton ou des briques et qui
se retrouve à vivre voilà dans des
conditions qui sont d'une très grande
précarité il y a parmi eux des gens qui
sont nés à Mayotte qui ont grandi à
Mayotte qui ont vécu toute leur vie à
Mayotte et puis il y a des gens qui sont
arrivés récemment des des îles voisines
mais alors justement question naïve
comment expliquer que des euh français
ça ne justifie pas bien entendu que des
étrangers le fassent à Mayot mais
comment justifier que des Français
habitent aujourd'hui dans des
bidonvilles des habitats précaires
qu'est-ce qu'il y a là-bas à Mayotte
Rémi Carayol qui justifie ce type de
situation
bah en fait on est dans une s on est
dans un territoire qui a pendant très
longtemps était négligé par l'état
français il faut savoir que Mayot c'est
une île qui a été colonisée en
1841 euh c'est plus vieux que Nice et la
Savoie diton oui c'est ce qu'on entend
souvent à Mayotte avant ni et la Savoie
effectivement d'un point de vue de ce
point de vue c'était français avant ni
et la Savoie sauf que les habitants de
cette île eux n'étaient pas français
c'était des indigènes donc des sujets
coloniaux au contraire des habitants de
Nice et la Savoie qui eux sont devenus
citoyens dès lors que leur territoire a
été rattaché à la France d'où le
sous-titre d'ailleurs de de votre
ouvrage département coloniste qui est un
oxyort une contradiction dans les termes
oui ça peut paraître être une
contradiction euh en réalité de mon
point de vue ça n'en est pas tant que ça
pas seulement à Mayot d'ailleurs c'est
un terme que l'on peut parfois aussi
employer en tout cas dans les autres
départements d'outrem parce que tous ces
territoires sont d'une manière ou d'une
autre non seulement liés à la France par
une histoire coloniale mais aussi ont
cultivé encore aujourd'hui ou parfois
subissent un lien de type colonial avec
la métropole alors que ce que vous dites
finalement dans ce livre c'est que
l'intégration de Mayotte à la France
elle ne s'est pas du tout faite sur une
une base d'égalité des droits mais
pourquoi la France a-t-elle voulu
franciser ou plus exactement coloniser
ce territoire à l'origine en 1841 ce qui
intéresse la France dans cette île dans
cet archipel des Comores c'est sa
position stratégique pour aller
conquérir l'île de Madagascar qui est
bien plus intéressante aux yeux des
Français c'est la principale raison
après on est dans une course aux
conquêtes territoriales avec
l'Angleterre notamment et l'Angleterre
lorgne également archipel des Comores à
cette époque-là la France l'a devancé
mais on est dans cette situationl et en
réalité une fois que cette archipel
cette île d'abord et ensuite l'ensemble
de l'archipel des Comor est colonisé la
France n'en fait pas grand-chose parce
que elle ne sait pas vraiment quoi en
faire alors des terres sont spoliés aux
indigènes pour être donné à des
planteurs mais l'administration
coloniale est très peu présente elle ne
fait pas grand-chose et cela jusqu'à euh
la le milieu des années 70 jusqu'à la
décolonisation de ce territoire et à la
séparation de Mayotte avec les autres
îles mais alors justement est-ce que euh
cette situation parce que je pense qu'un
un point géographique ne serait pas
inutile à ce stade Rémi Carayol parce
que c'est un territoire qui est
singulier du point de vue économique
vous l'avez expliqué qui est singulier
du point de vue historique mais aussi
géographique ouais tout à fait euh les
intérêts stratégique de 1841 sont
toujours valables aujourd'hui mais pour
d'autres raisons euh on est dans le cas
canal du Mozambique l'archipel des
Comores se situe à peu près à
mi-distance entre l'île de Madagascar à
l'est et le Mozambique la côte Est
Africaine à l'ouest il faut savoir que
le canal du Mozambique est une zone de
transport maritime très fréquentée
aujourd'hui encore 30 % du transport
maritime passe par cette zone et
notamment de nombreux pétroliers donc
pour la France c'est très important
d'être dans cette zone il faut savoir
que lorsque Madagascar est devenu
indépendant en 1960 la France avait
négocié avec les nouvelles autorités
malgaches de pouvoir conserver une base
militaire dans le nord de Madagascar à
l'entrée du canal de Mozambique Diego
Suarez et en 1973 les autorités
malgaches ont demandé à la base au
militaires français de partir il se
trouve que un an plus tard les maorés et
les autres Comoriens on été consultés
pour savoir s'ils allaient s'ils
voulaient l'indépendance les maorés ont
voté contre l'indépendance et ça a fait
les affaires quelque part de l'armée
notamment qui elle voulit garder une
position dans cette zone qui est
vraiment un endroit stratégique surtout
s'il y a des problèmes au niveau du
canal de sues et donc on assiste à la
fois donc à une situation stratégique du
fait donc de la place de cet archipel
comme vous venez de le rappeler mais
aussi d'une terre de précarité puisqu'il
y a un certain nombre de migrants qui
viennent principalement de de de
Madagascar et d'anjoin et qui provoquent
donc une situation là aussi extrêmement
singulière oui alors il faut savoir qu'
on est dans une zone où qui s'est faite
par les flux migratoires il y a toujours
eu des flux migratoires venus de
d'ailleurs d'abord pour peupler
l'archipel et ensuite entre les quatre
îles de de l'archipel ça n'a jamais
arrêté et y compris lorsqu'il y a eu la
séparation en 75 de Mayot avec les
autres îles ça a continuer la France n'a
imposé un visa qu'en 1995 c'est-à-dire
qu'avant les flux continuaient et de
cette situation et même lorsquun visa a
était mis en place en 95 les flux ont
continué mais de manière clandestine
cette fois donc dangereuse aussi pour
les gens qui faisaient la traversée
tranjouant et Mayotte 70 km seulement
euh et donc on s'est retrouvé avec une
situation où aujourd'hui selon l'INC la
moitié de la population est considérée
comme étant étrangère et la plupart sont
des Comoriens des autres donc ce qui est
quelque chose d'absolument singulier
pour un département français totalement
singulier mais ce qui est encore plus
singulier c'est que ces personnes qui
sont étrangères le sont-elles vraiment
en réalité dans le sens où elles parlent
la même langue elles ont la même culture
elle prie de la même façon que les
maurés ouais j'aimerais pas me lancer
dans des des parallèles qui seraient
inexa mais on a l'impression que vous
évoquez une situation qui peut rappeler
par exemple certaines frontières
artificielles en Afrique ou dans le
Moyen-Orient bah toutes les frontières
issues de la colonisation sont d'une
manière ou d'une autre plus ou moins
artificielles quelque part toutes les
frontières sont artificielles de toute
manière mais dans l'archipel des Comores
alors là je parle de de groupe
linguistique par
exemple en rurence
hogénéité en l'occurrence il y a
homogénéité euh puisque c'est la langue
comorienne avec évidemment des parlés
qui ont quelques différen selon les îles
puisqu'on est dans des milieux
insulaires et on a aussi une
homogénéité culturelle c'est-à-dire que
les ce sont les mêmes marqueurs qui
marquent la vie sociale des maorés comme
des enjoinés comme des grands Comoriens
et comme des Mohéliens bon mais alors
dans le même temps ceux qui ont fait la
départementalisation des com de Mayotte
ont un certain nombre d'arguments pour
dire que en l'occurrence c'est un
archipel qui coûte à la métropole 2
milliards d'euros un peu moins en
réalité mais plus en tout cas que que la
Nouvelle-Calédonie qu'il y a eu une
amélioration des infrastructures qu'il y
a eu une stabilisation institutionnelle
un certain nombre de choses en matière
d'éducation et de formation bref ce
territoire il nous sert du point de vue
stratégique mais il nous dessert du
point de vue économique réi Carayol bon
c'est toujours difficile de mettre dans
la balance des des des des des enjeux
qui sont finalement assez assez
différents je je sais oui c'est un
territoire en soi qui coûte de l'argent
il faut savoir par exemple que
l'économie de Mayotte dépend à 80 % des
investissements publics que 6 emplois
sur 10 qui sont créés à Mayotte sont des
emplois public donc il est évident qu'il
y a un gros investissement de la France
mais il faut savoir que
l'île part de très loin si encore une
fois on se situe du point de vue
français c'est-à-dire que jusqu'au
milieu des années 90 la France n'a pas
investi dans ce territoire et
lorsqu'elle a commencé à envisager la
départementalisation qui était une
revendication des responsables
politiques locaux elle a commencé à
investir en masse alors pas assez aux
yeux des maorés moi j'aurais tendance à
dire plutôt mal plus que pas assez mais
elle a commencé à investir à construire
des collèges à à construire des réseaux
ti téléphonique à construire des écoles
et des centres de santé seulement le
problème de ces investissements c'est
qu'ils ont contribué
à faire de Mayot quelque part une sorte
d'Ilo de prospérité dans une zone très
pauvre donc d'un côté Mayotte est le
territoire le plus pauvre de France le
plus inégalitaire aussi mais de l'autre
côté il fait figure aujourd'hui 10 lot
de prospérité dans son ensemble régional
vis-à-vis des autres îles des Comores le
PIB de Mayotte par habitant est estimé à
à peu près fois plus que celui des
autres îles des Comores mais aussi
vis-à-vis de Madagascar le PIB est 23
fois supérieur à celui de Madagascar
mais alors justement là aussi lorsqu'on
évoque le dynamisme économique relatif
c'est dire très relatif toujours mais
alors relatif mais si on le compare à
Madagascar et si on on compare cela à ce
qui existait ailleurs les partisans de
la la départementalisation ont fait
valoir un certain nombre d'actions qui
ont été faites sur le terrain et qui
s'éloignent d'une situation de de
territoire de de seconde zone de leur
point de
vue la départementalisation dans
l'esprit des responsables maorés c'est
l'égalité euh le le le et c'est une
réalité d'un point de vue juridique ce
sont normalement les mêmes textes de loi
les mêmes prestations sociales les mêmes
services publics euh sauf que dans les
fait c'est pas le cas et c'est pas
propre à Mayotte on voit régulièrement
dans les Antilles notamment que
l'égalité n'est pas encore atteinte du
point de vue des principes donnez-nous
des exemples bah par exemple prestation
sociale aujourd'hui très peu existe et
le RSA est moitié moindre que celui qui
est en vigueur en France ce qui est
étonnant puisque le niveau de vie à
Mayotte et ou la chireté de la vie plus
exactement est de 10 % supérieure à la
métropole entre 10 20 30 % tout dépend
des produits qu'on achète en fait mais
évidemment pour les produits importés ça
peut être beaucoup plus cher mais la vie
courante disons est est plus chère
pourquoi le RSA est-il parce que c'est
tout récent parce que l'État rechigne à
le faire à le faire arriver au niveau
français le RSA a été mise en place au
au début des années 2010 seulement en
fait tout un tas de prestations sociales
il n'y avait pas de retraite à Mayotte
avant aujourd'hui il y a une retraite
mais là aussi le le montant maximum
d'une retraite est de 900 €. pas plus
donc en fait tout se met en place et
c'est très lent il faut se rappeler que
les départements deoutremère les
anciennes les anciens départements ont
été départementalisés en 1946 mais ils
ont eu ils ont mis des années et des
années à
obtenir les mêmes droits en matière de
prestation sociale que ceux qui sont en
vigueur en France àagonal remémi Carayol
on se retrouve dans une vingtaine de
minutes je rappelle le titre de votre
ouvrage qui m'a beaucoup appris Mayotte
département colonies c'est aux éditions
de La Fabrique on va continuer d'évoquer
la situation dans l'archipel vous serez
rejoint par Clémentine leug docteur en
sciences politiqu qui a consacré sa
thèse au rapport de l'État à Mayotte ça
sera dans une vingtaine de minutes il
est 8h sur France
Culture 6h30 9h les matins de France
Culture Guillaume Herner Mayotte sujet
éminemment politique nous en parlons
avec Rémi Carayol vous publiez Rémi
Carayol département
Mayotte c'est aux éditions de la
fabrique et nous recevons Clémentine
leug bonjour Clémentine leug vous êtes
docteur en sciences politiques votre
thèse s'intitulait l'état magéné je dois
mal le prononcer magéné ça veut dire
bricolage en Maora imaginaire pratique
et rapport à l'État à Mayotte ça c'est
le style de la thèse mais moi ce qui
m'intéresse c'est le mot manéné et
j'aimerais que vous m'expliquiez sa
signification bonjour effectivement
alors ce terme en fait de d'État magigné
enfin cette expression c'est en fait une
expression vernaculaire c'està-dire que
c'est une expression que j'ai commencé à
entendre sur le terrain à Mayotte quand
j'ai commencé mes recherches en 2014 au
départ voilà enfin quand on commence une
un grand projet de recherche on na pas
forcément de question spécifiqu mais je
voulais m'intéresser un petit peu à
l'État au concret c'est-à-dire les
attentes aussi qui pesaient sur cet état
à Mayotte quelques années après la
départementalisation comment est-ce que
concrètement aussi l'état s'incarnait
dans la vie quotidienne des gens et puis
évidemment m'intéresser à celles et ceux
on va dire qui peupl l'état donc
c'està-dire les agents les élus les
administrations euh et quand j'ai
commencé à faire mes entretiens cette
expression d'État ma' gigné donc d'État
bricolé d'État fait de brick et de broc
enfin il y a plusieurs traductions qu'on
pourrait proposer elle ressurgissait en
fait constamment et elle ressurgissait
constamment dans la bouche en fait de
différents acteurs et elle voulait dire
différentes choses pour par exemple les
élus Maoré l'idée que l'État était
bricolé c'était une manière aussi de
dire queil y avait un cadre
règlementaire dérogatoire qui permettait
voilà un espèce d'ajustement des normes
et des règles qui pouvaient être en la
défaveur par exemple du territoire avec
on l'a
évoqué en introduction avec Rémy Carayol
avec un territoire donc pauvre qui
présente de nombreuses inégalités avec
beaucoup d'emplois publics des emplois
publics qui sont tenus par des Blancs
expatriés une classe moyenne
maoraise qui a également un petit nombre
de ses emplois Clémentine le UG il faut
nous expliquer ça parce que c'est
essentiel pour comprendre les inégalités
dans l'île alors effectivement sur la la
composition un peu sociologique de cet
état local on a une une rupture assez
nette même si elle est en train de se
transformer enfin déjà moi entre ma tèse
qui a été soutenu en 2022 et aujourd'hui
on a vu quand même des transformations
mais pour résumer on a effectivement des
administrations des services de l'État
dont les élites enfin les cadres sont
principalement fait peuplés par des des
métropolitains principalement des
métropolitains alors le terme d'expatrié
n'est pas très apprécié par que Mayot
c'est la France et donc c'est pas des
expatriés mais dans les faits en terme
de sociabilité de de style de vie on
retrouve quand même des points communs
avec effectivement cette cette cette
idée d'expatriation et après on a
effectivement une aussi une élite
maoraaise une classe moyenne maoraaise
et puis ensuite tout un ensemble de de
populations composé diversement très
pauvres et ce qu'on observe en tout cas
c'est que du côté des collectivités
locales on a quand même des
collectivités locales dont les élus donc
sont tous et toutes des maorés euh les
agences sont principalement très
largement voire exclusivement des
Maorais et de l'autre côté on a
effectivement des administrations que
vous avez décrit et alors ce qui est
très intéressant c'est que tous les deux
clémentine leug et vous Rémy caraol vous
travaillez dans une optique
post-coloniale il serait difficile
d'ailleurs de faire autrement puisqu'il
s'agit historiquement d'une ancienne
colonie j'ai reçu d'ailleurs des mails
de gentils auditeurs me disant surtout
n'invitez pas Rémi Carayol car celui-ci
est est un agent des commor qu'est-ce
que ça veut dire pourquoi le champ
intellectuel autour de de Mayotte est-il
à ce point miné ce qui est difficile à
comprendre pour des métropolitains euh
alors il faut remonter pour ça à
quelques années en arrière lorsque
euh la campagne pour la consultation des
Comoriens lorsqu'on va leur demander
s'ils veulent devenir indépendants ou
pas euh et lancer il y a euh une grosse
bataille d'idée en fait entre deux camps
le le camp des indépendantistes et le
camp
de de de ceux qui sont pour maotte
française et à l'issu de la une bataille
qui peut être violente hein qui a qui a
abouti à des rites villageoise à l'issue
du processus électoral tous le les
indépendantistes vont être chassés de
l'île de Mayotte alors soit chassé
physiquement c'est-à-dire qu'on estime
entre 1500 et 2000 personnes le nombre
de personnes qui sont
envoyées dans ver enjoint dans des
bateaux soit chassé symboliquement
c'està-dire qu'elles sont marginalisées
des villages et de la vie communautaire
et en fait à partir de ce moment-là
s'impose un discours dominant qui
n'accepte qui ne tolère aucune
contradiction aucune critique qui est de
dire Mayotte est française et Mayotte
doit devenir département et dès lors que
l'on sort un tout petit peu de ce
discours sans forcément remettre en
cause le fait que maot est française
c'est le cas d'un certain nombre d'élus
on se fait rabrouer et quelque part on
est mis à la marge en fait et ça c'est
c'est quelque chose de très puissant et
aujourd'hui encore effectivement moi par
exemple pour en finir là-dessus j'ai été
qualifié par quelqu'un lorsque je
travaillais dans un journal j'ai été
qualifié d'antiolonialiste et
antiolonialiste à Mayotte il y a 20 ans
c'était une insulte et et et vous
Clémentine leug vous êtes
anticolonialiste euh je ne sais pas je
pense pas être identifié tout à fait de
la même manière que réi par ailleurs non
mais je veux dire dans l'esprit parce
que on a bien compris que le problème
c'était à la fois un territoire avec
beaucoup d'inégalité et de l'autre des
partisans de la départementalisation qui
disent voilà la France verse 1,75
milliards d'euros par an dans ce
territoire alors moi juste pour préciser
par rapport à ma posture aussi dans dans
la recherche en tant que chercheuse moi
la grille de lecture post-coloniale bien
sûr que je la mobilise dans mes travaux
cependant je considère aussi qu'il y a
un certain nombre de rapports de force à
Mayotte de rapports de pouvoir qu'on
observe qui mérite également deobserver
à l'Ô d'autres grilles de lecture donc
il faut pas non plus voilà il y a un
sujet très politique enfin moi je fais
de la recherche donc je pense qu'il faut
aussi replacer ça et par par rapport à
ce que vous dites effectivement reméy
l'a rappelé il y a une mémoire politique
très vive à Mayotte sur ce combat
départementaliste sur cette lutte sur
cette
mobilisation politique qui a duré quand
même de nombreuses années qui
aujourd'hui agit vraiment comme une
sorte site de carcan c'est-à-dire reméy
l'a dit aujourd'hui mettre en doute par
exemple la départementalisation mettre
en doute par les rentes de la
départementalisation et donc questionner
finalement le bilan maintenant une
quinzaine d'années plus tard c'est
potentiellement prendre le risque de se
faire taxer d'être procomorien voilà de
ne pas aussi honorer le combat des aînés
donc de celles et ceux qui se sont
battus pour mayott et ça à Mayot c'est
très fort encore aujourd'hui Astrid de
vden comment observez-vous tous les deux
la façon dont l'état le Premier ministre
le président de la République et les
ministres sur place gèrent cette
crise Clémentine merci de laisser
répondre à cette question réy alors bon
je on fait pas enfin on va peut-être
éviter de faire de l'analyse on va dire
à B lepo vous avez rappelé tout à
l'heure dans votre chronique
effectivement l'attitude de du Premier
ministre François Baayou qui a été très
critiqué par rapport à d'une part son
absence à la réunion ministérielle de
crise enfin le fait qu'il nit pasé dans
son entier et d'autre part le fait qu'il
les choisi d'aller au conseil municipal
de peau je pense qu'il faut replacer ce
type d'attitude en fait dans quelque
chose d'un petit peu plus long de façon
général les outremers de face enfin
voilà les outr-emers les départements et
régions d'outrem sont des territoires à
la marge il d'ailleurs il ils en
témoignent régulièrement dans dans des
mobilisations sociales de de de grande
ampleur à Mayotte à la question du
sentiment d'abandon de l'État elle est
extrêmement forte elle tient également
aussi à la trajectoire historique
coloniale et post-coloniale qu'à
rappeler réy Carayol dans la première
partie de l'émission on voit bien ces
espèces de SUCCESS enfin de des
rattachements successifs des
atermoiments de la France qui ne sait
pas vraiment comment se comporta à les
gardes de Mayotte tout ça a créé une
inquiétude statutaire extrêmement forte
que ressentent encore aujourd'hui les
mauris les Maurais he dès lors qu'il y a
un changement une alternance politique à
la tête du gouvernement on craint les
Maurais et les mauraises craignent
de voir le statut départemental être
remis en question et et vous Rémi le le
député communiste Stéphane peu a parlé
hier de impensée coloniale et raciste en
évoquant ce qu'il appelle une faute
politique de la part de François Baayou
alors pour Baayou je sais pas ce que je
peux dire c'est omniprésent dans la
classe politique française à mon sens
cette impensée coloniale et pas que dans
la classe politique française d'ailleurs
aussi peut-être chez les intellectuel et
peut-être même au sein de toute la
population c'est notamment dans mon
livre ce que j'essaie d'expliquer mais
clé l'explique bien dans sa thèse aussi
on a des comp on le voit notamment quand
on est à Mayotte avec des comportements
de personnes qui parfois se comportent
en colon pour vous donner un exemple il
y a un livre moi qui m'a
considérablement marqué lorsque j'étais
à Mayotte c'est un livre d'Albert mémi
qui a été écrit en 1957 portrait du
colonisateur portrait du colonisé 1957
en Tunisie et bien je retrouvais le
portrait du colonisateur je le
retrouvais dans bien des personnes que
que je côtoyais à Mayotte et ça ça veut
beaucoup dire de notre impensée
coloniale à nous tous en France et qui
est particulièrement prignant
effectivement dans la classe politique
française à mon sens mais alors il y a
aussi d'autres choses il y a
effectivement d'abord comme vous l'avez
dit Rémi Carayol en première partie des
matins il y a une question
d'hétérogénéité parce que on troque en
quelque sorte une situation stratégique
importante de la France contre une aide
à un département alors l'aide est
insuffisante puisque les inégalités sont
là et puis il y a la question il faut
faut en parler il y a la question donc
de l'immigration avec environ 20000
reconduites aux frontières parce qu' il
faut aussi expliquer à nos auditeurs que
la plupart des chiffres des reconduites
aux frontières se situent en réalité à
Mayotte quand on dit 35000 reconduit aux
frontières en France il y en a en
réalité 20 25000 à Mayotte ce qui donne
une singularité absolue à ce territoire
en chaque année c'est entre 23000 et
25000 ces dernières années reconduite à
la frontière pour vous donner un ordre
d'idée ça représente euh 70 reconduites
par jour euh et ça représente pas loin
de 10 % de la population de l'île qui
est estimée à 320000 habitants donc
c'est quand même quelque chose d'énorme
et quand on est là-bas c'est omniprésent
on voit c'est ce qu'on appelle des
paniers à salade ces camions de la
gendarmerie bleu avec grillagé et on les
on voir tous les jours des gens qui sont
amenés dans ces camions et qui sont
amenés au centre de rétention et qui
sont renvoyés euh par le bateau c'est
une politique qui a été mise en œuvre il
y a eu une vingtaine d'années lorsque
Nicolas Sarkozi était ministre de
l'Intérieur et il a décidé de faire la
politique du chiffre et depuis ça n'a
jamais cessé d'augmenter la question
qu'il faut se poser c'est pour quel
résultat on voit bien finalement que
cette politique n'a pas de résultat les
flux migratoires se poursuivent et
surtout surtout on a fixé des
populations sur cette île avec un
certain nombre de lois et notamment en
établissant le visa et qui fait
qu'aujourd'hui quand on parle des
migrants ou des étrangers à Mayotte en
réalité beaucoup sont nés sur le
territoire et ils ont vécu toute leur
vie sur ce territoire oui ce qui
rappelle Clémentine le UG la spécificité
de ce territoire avec des frontières qui
existent mais des frontières qui ne sont
pas nécessairement perçu de la même
manière par les Maorais oui tout à fait
et par rapport à ce que vient de de dire
remémi sur le bilan finalement de cette
intense lutte contre l'immigration
clandestine qui n'a de cesse en fait de
s'intensifier depuis une vingtaine
d'années il y a quand même aussi quelque
chose sur lesquel il faut qu'on
s'interroge puisque la manière dont a
été justifiée cette lutte contre
l'immigration clandestine c'était de
dire enfin de brandir l'argumentm
graphique en disant si finalement la
départementalisation justement n'a pas
abouti entre guillemets au modèle on va
dire de développement qu'on aurait
espéré c'est parce qu'il y a cette
question d'immigration clandestine donc
il faut reconduire les gens à la
frontière ce qui a été massivement fait
les chiffres ont été rappelés or
aujourd'hui quand on interroge en fait
les Maurais et les mauraises avant même
le cyclone chido sur leurs conditions de
vie le sur l'accès à l'éducation sur
l'accès à la santé sur la question de la
gestion des ressources naturelles ça
s'est absolument pas amélioré ça s'est
même dégradé donc la preuve assez simple
est faite que cette lutte contre
imination clandestine ne trouve pas des
effets escomptés alors autre lien qui
peut faire office de d'ancienne au sujet
de de Mayotte c'est le lien qui est fait
entre l'immigration clandestine la
situation sur place et l'insécurité
oui dans les discours notamment des
responsables politiques mais pas que on
entend souvent que l'insécurité est lié
uniquement aux étrangers aux clandestins
comme on les appelle là-bas en réalité
d'abord un certain nombre d'enquêtes
sociologiques démontrre que ce n'est pas
le cas quand on discute avec les
magistrats il nous explique que ce n'est
pas le cas c'est-à-dire que dans les
délinquant euh on retrouve de tout et
notamment beaucoup de jeunes Français
alors il faut quand même préciser
quelque chose l'insécurité c'est tout
nouveau à justement qu'est-ce que ça
veut dire l'insécurité reméi car euh
c'est quelque chose de très concret
aujourd'hui autant il y a 10 ans ça
représentait pas grand-chose juste
essentiellement des cambriolage
aujourd'hui c'est quelque chose de très
concret c'est-à-dire que quand on sort
le soir on ne sait pas si on va pas se
faire cillacer ou si on va pas tomber
sur un barrage et se faire voler voir
agresser la délinquence a explosé ces 5
si dernières années et notamment une
délinquence juvénile avec des très
jeunes très jeune si 13 14 ans voire
plus jeune même en fait alors il y a
tout un tas de raisons qui expliqu à mon
sens la première des raisons c'est qu'on
est dans le territoire le plus
inégalitaire de France donc c'est quand
même pas négligeable ça explique un
certain nombre de violences qui sont des
violences sociales en réalité mais il y
a un autre aspect qu'il faut mettre en
avant pourquoi ces jeunes euh
sont quelque part passent du mauvais
côté de la barrière c'est parce que
l'État français dans sa politique de
lutte contre euh les personnes en
situation irrégulière a fabriqué des ce
qu'on appelle des mineurs isolés
c'est-à-dire qu'en expulsant en masse et
notamment des femmes euh des enfants se
sont retrouvés sans leur mère sans leur
tante sans la personne qui s'occupait
d'eux et se sont retrouvés livrés à
eux-mêmes et petit à petit ils se sont
organisés en bande ils ont commencé à
chaparder dans les champs puis à mendier
devant les supermarchés puis à
cambrioler et parfois même à agresser et
en fait pour le coup l'État français à
mon sens a une responsabilité majeure
dans la création de ce phénomène
aujourd'hui on estime à peut-être 5000
6000 le nombre de mineurs isolés à
Mayotte Clémentine
leug là-dessus un commentaire non parce
que je je je sais que les chercheurs qui
travaillent sur place sont agacés à la
fois par la manière dont les médias je
je m'inclus là-dedans évidemment
son omni enfin répète qu'il a donc une
question migratoire et une question
d'insécurité à Mayot c'est pour ça que
je veux vous entendre oui oui alors je
je suis pas agacé mais c'est vrai qu'il
y a un prisme très fort à Mayot enfin
déjà on ne parle may on ne parle de
Mayot dans les médias que quand il y a
des crises en témoigne les les
sollicitations extrêmement intensees
qu'on a depuis quelques jours pour les
pour les territoires d'outremè en
général c'est général mais maot en
particulier et et et donc effectivement
c'est toujours enfin c'est Mayot c'est
généralement les questions migratoires
et les questions d'insécurité ceci étant
il s'agit aussi d'en parler il faut pas
faire le lit justement de celles et ceux
qui viendrai dire qu'on qu'on refuserait
d'en parler pour pour cacher finalement
la la réalité Rémi effectivement la la
rappeler la situation sécuritaire elle
s'est incroyablement dégradé enfin pour
moi qui qui a commencé à faire des
terrains à mayillot en 2014 et qui
chaque année a continué à en faire
pendant plusieurs mois je on s'est
vraiment rendu compte en fait
d'effectivement des des conditions de
sécurité très dégradées
après ça tient effectivement à aux
raisons qui ont été rappelés à savoir
que c'est cette insécurité ces vols ces
cambriolage ses agressions elles sont
évidemment condamnables et cetera mais
elles répondent pour une partie d'entre
elles en tout cas aussi à des logiques
de survie et elles sont le produit en
fait d'une précarisation et d'une
vulnérabilisation de des populations en
fait Astrid de vilade il y a la question
de la reconstruction qui commence à
émerger dans le débat vous avez sans
doute entendu ce qu'a dit le ministre de
l'Intérieur démission
Bruno retillot on ne pourra pas
reconstruire Mayotte sans traiter avec
la plus grande détermination la question
migratoire François baayrou a déclaré
qu'il se rendrait sur place pour gérer
cette question quelle est votre réaction
sur ce ce ce tweet posté hier et
peut-être comment vous voyez-vous la la
reconstruction de Mayotte
euh oui merci alors il y a eu
effectivement un certain nombre
d'intervention que vous avez rappelé on
peut aussi mentionner he sur C8 ce
polémiste qui a finalement dit que ce
cyclone était une bonne occasion je cite
hein les termes de pouvoir justement
régler le problème migratoire à Mayotte
et la question des reconstructions en
évacuant les bidonville donc voilà c'est
un cynisme qui est assez glaçant on a un
certain nombre d'interventions qui voilà
mettent des interventions dans les
médias qui mettent un petit peu en
question cette idée de la reconstruction
euh moi je pense que ce qu'il faut se
dire c'est essayer de sortir en fait de
la logique dans lesquel on était sur les
questions de réaménagement de ces
espaces de bidonville ou d'habitat
précaire à savoir final finalement ce
que menait l'État depuis
2020 à travers notamment les opérations
de dit de réaménagement permis par dans
le cadre de la loian c'était la
destruction des bidonvillees et la
reconstruction d'habitats sociaux dans
les faits les familles enfin le revenu
médian à Mayotte étant de moins de 300 €
les familles sont tellement pauvres
qu'elles ne peuvent pas prétendre à ces
logements sociaux donc il faut trouver
une manière de reconstruire Mayotte qui
prenne en compte justement ces
populations précaires et vulnérables et
qui leur fassent une place justement là
aussi parce que lorsqu'on découvre C
situation on nous oppose que des
bidonvillees il y en a dans tous les
territoires d'outrem français c'est vrai
Clémentine leug bah moi je reviens de la
Réunion où j'ai passé 3 mois je je n'ai
pas du tout vu les mêmes paysages par
exemple que enfin ce auquel je suis
habitué à mayott alors je me prononcerai
pas sur l'ensemble des territoires
ultramarins mais il y a quand même une
spécificité et les chiffres les
objectifs de Mayot donc c'est un
territoire particulièrement poupérisé
par rapport aux autres territoires
d'outre mè ring Carayol oua il faut pas
oublier euh d'abord l'histoire dont on a
parlé dans la première partie mais aussi
la géographie Mayotte se trouve dans une
zone qui est extrêmement pauvre en fait
les Comor Madagascar ce sont des
territoires très pauvres économiquement
évidemment et ça on peut pas l'ignorer
et si à mon sens si on commence déjà à
parler de reconstruction c'est peut-être
un peu tôt peut-être parce qu'il y a
quand même encore des cor en se velit
sous les débris mais si on commence à
parler de
reconstruction à mon sens on commettrait
une erreur majeure en poursuivant dans
la même logique que celle qui est mise
en œuvre depuis des années qui est une
logique de répression qui est une
logique de décoper la mer avec une
cuillère où on essaie de résoudre les
problèmes en expulsant en réprimant en
décasant à mon avis on ne pourra pas
trouver des solutions à la situation
très particulière de Mayotte si on
continue à penser ce territoire
uniquement comme un Nilo français posé
comme ça ici au milieu de l'océan on
peut pas ignorer le fait fait que c'est
un territoire comorien qui a été arraché
qui est
aujourd'hui au sein de la République
française mais qui qu'on n pas pu
arracher à son environnement naturel et
ça on peut pas l'ignorer en fait et tant
qu'on l'ignorera parce que c'est ce qui
est fait depuis des années tant qu'on
l'ignorera on se retrouvera dans cette
situation où on essaiera de régler les
problèmes plutôt que d'anticiper les
problèmes oui mais alors ça et donc on
comprend bien ce que ce que vous dites
remémy Carayol mais ce sont un peu les
injonctions contraires parce que ou bien
on considère que c'est un département et
alors c'est comme la SC Marne et dans ce
cas-là il y a un certain nombre de
règles qui s'appliqu ou bien ça n'est
pas un département et alors Mayot est un
territoire d'injonction contraire de
contradiction permanentes et mon titre
en est une illustration votre titre
c'est plutôt votre sous-titre c'est
département colonie aux éditions de La
Fabrique on est sans cesse dans une
situation contradictoire à Mayotte et il
est évident qu'on est dans une situation
explosive en réalité le fait que la
France soit restée dans dans cet
archipel mais les disloqué à la demande
effectivement des électrices et
électeurs Maoré ça a créé une situation
moi j'appelle ça un monstre social et un
monstre institutionnel et on a on n pas
de solution aujourd'hui il n'existe pas
de solution et les seules solutions qui
sont explorer ce sont celles de la
fermeté de la répression des discours
aussi xénophobes il faut le dire qui
sont très puissants sur l'île qu'est-ce
que vous en pensez Clémentine bah
effectivement Mayotte est dans une
situation qui est qui est qui est
difficile qui un peu paradoxal on a un
tiraillement c'est-à-dire que après
voilà par rapport à ce que vient de dire
Remi c'est aussi compliqué en fait de
venir dénier on va dire le le droit
d'ancienne population colonisée à
devenir française enfin je veux dire à
partir du moment où les Maorais ont
clairement et à plusieurs reprises
témoigner leur volonté d'être attaché à
la France en en tant que ancienne
puissance colonisatrice il y a aussi un
enjeu une responsabilité à à à enfin pas
accorder d'ailleurs mais en tout cas à
faire ce chemin de la
départementalisation mais dans les fait
effectivement ça crée une situation à
l'échelle régionale mais aussi sur le
plan international qui est extrêmement
complexe avec voilà cette espèce
d'enclavement de Mayotte au sein d'un
espace avec lequel elle est de plus en
plus coupé en fait vous parlez de vous
parliez de géographie tout à l'heure de
prendre en compte en fait la situation
de Mayotte par quoi ça pourrait ou ça
aurait dû passer en fait comme type de
politique publique remémy Carayol euh
une cogestion euh à mon sens une une
cogestion entre la France et les Comores
alors c'est quelque chose que à Mayotte
on ne veut pas entendre c'est une
réalité il nempêche que moi c'est la
seule voix ça qu'on vous accuse d'être
un agent commorien tout à fait parce que
en fait pour le coup je je peux je peux
concevoir comm on veut mais quand on
voit l'évolution du territoire depuis
une vingtaine d'années où on voit que
tout se détériore effectivement il y a
une bourgeoisie qui s'est constituée
donc elle elle vit mieux mais sinon
globalement tout se détériore bon est-ce
qu'on veut continuer dans cette logique
et cette logique est liée au fait qu' on
veut ériger un mur entre Mayot et les
autres îles bon moi je prendne l'idée
que peut-être un destin commun de ces
habitants de l'archipel avec un modèle
institutionnel à inventer entre la
France et les Comores est possible merci
beaucoup Rémi Carayol Mayotte
département coloniste un livre dans
lequel j'ai beaucoup appris aux éditions
de La Fabrique merci Clémentine le UG je
rappelle que vous êtes docteur en
science politique et vous avez consacré
votre thèse à l'état magnéné autrement
dit le le mot bricolage en Maorais dans
quelques instants et bien ça sera le
journal d'an lorchoin le 845 et puis mes
camarades François Saltiel et Lucile
Comau
