Mon bébé grossit-il bien dans mon ventre ? - La Maison des maternelles #LMDM

La Maison des Maternelles
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12 Vues de vidéo·26 déc. 2024
Alors pendant la grossesse, grâce aux échographies, la croissance du vétus, elle était évidemment examinée avec une grande attention.
Objectif, dépister un éventuel RCIU, c'est-à-dire un retard de croissance intra-utérin.
C'est une pathologie qui concerne quasiment 10% des grossesses, donc c'est quand même pas mal.
Alors quelles sont les causes de ce retard ? Quelles sont les conséquences à l'accouchement pour le futur bébé et pour la maman ?
On en parle avec nos invités et notamment Nathalie qui l'a vécu. Bonjour Nathalie.
Bonjour.
Alors vous êtes la maman de Mathis qui a 8 mois et demi, mais 6 mois et demi en âge corrigé parce qu'il est né avec 2 mois d'avance.
Petit poids à la naissance. Vous allez nous raconter votre grossesse qui a été loin d'être un long fleuve tranquille.
Enfin bon, là vous arrivez toute souriante.
C'est déjà, vous qui êtes sur votre canapé avec votre gros ventre, ne commencez pas à vous dire, ah là là, ça va me faire stresser.
Pas du tout, c'est pas le but. En plus il y a le professeur Jacques-Énizard qui est là. Professeur, quand vous êtes là...
Bonjour.
Même moi qui ne suis pas enceinte et qui ne risque pas de l'être prochainement, je ne sais pas, ça me détend.
Moi ça me détend d'être ici, d'être sorti de mon bureau, de mon hôpital.
Oui, c'est ça. Ça j'imagine, vu la période que vous vivez.
On est bien là.
On est bien dans notre petite maison des maternelles. Je rappelle que vous êtes gynécologue obsétricien à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
Pouvez-vous nous définir déjà, professeur, ce que c'est un retard de croissance intra-utérin ?
C'est un bébé qui est trop petit. On parle de fœtus puisqu'on est au cours de la grossesse, qui est trop petit pour l'âge gestationnel.
On ne parle pas de poids dans l'absolu, mais à l'âge gestationnel, à la semaine de grossesse où on est, ce bébé est trop petit.
On définit un bébé petit par les 10% des bébés les plus petits pour cette semaine.
Par définition, 1 sur 10 va être petit à chaque semaine de la grossesse.
D'accord.
Il y en a 10% qui sont petits puisqu'on a mis la ligne à 10%.
Quand vous êtes à 32 semaines d'aménorrhée, la moyenne, ce qu'on appelle le 51% parce qu'on a tout divisé en 100, pour ça qu'on dit des percentiles.
Les percentiles, je fais juste une petite parenthèse. On va expliquer très bien ce que c'est tout à l'heure.
Très bien. La moyenne est à 1,9 kg, mais il va y en avoir 10% qui vont faire moins de 1,6 kg environ.
Et il va y en avoir 10% qui vont être macrosomes et qui vont faire plus de 2,3 kg.
Mais ça, c'est normal. Ça fait partie d'une répartition normale dans la population.
C'est ça. OK.
Alors, Nathalie... Oui. Après, il y a des choses qui sont moins normales.
Voilà.
Nathalie, on vous a découvert un hématome à 7 semaines de grossesse qui avait disparu à la première écho.
Jusque-là, c'est assez classique, un petit hématome.
Comment ça s'est passé à la deuxième échographie ? Qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Au début, tout se passe bien. En plus, c'est une écho qui est un peu longue puisque c'est l'échomorpho.
On vérifie que tout est au bon endroit, les petites mains, les petits pieds, etc.
Et quand arrive le moment de faire les Doppler, je vois le médecin tiquer un peu.
Au moment de taper son compte-rendu, elle m'explique que j'ai deux notches assez marquées sur les deux artères utérines.
Tout de suite, on s'inquiète des conséquences. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Elle m'explique que dans de très rares cas, ça peut générer un retard de croissance.
Mais c'est relativement courant et il ne faut pas que je m'inquiète parce que c'est assez courant chez les primipares notamment.
Évidemment, ne vous inquiétez pas égale je m'inquiète.
Professeur, c'est quoi des notches et c'est quoi les conséquences que ça peut avoir sur la grossesse ?
Le notch, c'est le terme en anglais. En français, ça s'appelle incisure protodiastélique.
Oui, on va dire notch.
Le notch, c'est une mauvaise adaptation des vaisseaux qui vont nourrir l'utérus et donc le placenta.
Puisqu'à l'intérieur, la communication va se faire par le placenta.
Et ça veut dire que les vaisseaux de l'utérus s'adaptent mal à la grossesse.
Alors effectivement, ce n'est pas parce qu'ils s'adaptent mal qu'il va y avoir un retard de croissance ou une hypertension chez la maman.
Mais ça augmente la probabilité que plus tard dans la grossesse, il y ait soit le retard de croissance, soit l'après-éclampsie, l'hypertension artérielle chez la maman.
Mais ce n'est pas un diagnostic de complication, c'est juste un facteur de risque.
C'est ça. Donc bon, c'est pour ça qu'on vous a dit de ne pas vous inquiéter parce que c'est un facteur de risque.
Mais a priori, de toute façon, à cette deuxième écho, il n'y avait rien de spécial.
En revanche, on vous fait une écho de contrôle un mois après.
Tout à fait.
Comment elle se passe cette écho ?
Dans le silence, je suis plus totale parce qu'on était un peu pendu à ses lèvres.
Et on la voit prendre 10, 15 fois les mesures justement pour éviter les problèmes de statistiques sur l'échographie.
Et en fait, là, d'un air assez grave, elle me dit bon là, par contre, il va falloir vous arrêter.
Et quand elle tire les courbes de croissance lors du compte rendu, elle m'explique qu'on est passé du 45e percentile au 13e percentile.
Il y a donc eu une inflexion de la courbe de croissance.
Et là, il est primordial pour moi que je me repose.
Donc ça tombait bien puisque le soir même, j'étais en vacances pour faire la jonction avec mon congémat.
Je n'allais plus travailler.
Donc avec mon mari, on l'a pris très au sérieux.
On s'est dit bon, à partir de maintenant, on ne fait plus rien.
Alors, on a reçu justement la fameuse question sur les percentiles de la part de Marie.
Bonjour la maison des maternelles.
Je suis Marie, maman d'un petit garçon de 3 ans et j'attends deux bébés pour le mois de juillet.
Lors de la dernière échographie des 22 semaines, un de mes bébés a été détecté à 11 percentiles.
Du coup, ils ont programmé des échographies de croissance tous les 15 jours.
J'aurais voulu savoir comment comprendre les percentiles et à quoi ça correspond.
Merci à tous.
Alors, ces percentiles.
Moi, je me vois encore pour ma première grossesse aller chercher sur Internet.
Effectivement, on a divisé la population en 100.
On a fait des petites tranches de 100.
Et comme ça, on positionne une mesure.
Ça peut être la taille, le poids, le périmètre crânien.
Quelque part sur cette courbe.
Mais on a défini des seuils qui sont en dessous du 10e, c'est petit.
Au dessus du 90e, c'est gros.
Et tout ce qu'il y a entre les deux, c'est normal.
Pour que ça vous parle plus, on ne va pas parler de poids mais de taille.
C'est mieux.
Voilà.
Pour que ça vous parle plus.
On ne fait pas tous la même taille.
On est tous le même poids mais on ne fait pas tous la même taille.
Et donc, quand on regarde, par exemple, des personnes que vous connaissez.
Marie et Agathe.
Marie est au 29e percentile.
Agathe au 94e percentile.
On est loin, Marie.
C'est moche.
Voilà.
Mais tout ça, c'est normal.
Tout ça, c'est normal.
Ce n'est pas inquiétant.
Quand on vous regarde, on n'est pas inquiet.
Non, pas trop.
Non, mais tout ce qui est petit.
Ni l'une ni l'autre.
Et d'ailleurs, on peut regarder aussi pour les hommes.
Alors, du coup, il va y avoir du Benjamin dans le coup.
Voilà.
Il n'est même plus dedans.
Voilà.
Benjamin est au 96e percentile.
Il faut dire qu'il est 1m88.
Donc, c'est quand même...
Donc, il fait partie des 4% les plus grands de la population.
C'est ça.
Et vous voyez que quand on pose...
Benjamin, retournez boire un café.
Et donc, c'est pour vous expliquer sur cette courbe
qu'être à un des extrêmes ou être entre les 2 extrêmes,
ce n'est pas forcément inquiétant.
On est tous différents.
On est tous de taille différente.
Et les fœtus, les bébés in utero,
ils sont de poids, de taille, de dimensions différentes.
Il n'y en a pas 2 pareils.
Et ça ne sert à rien de comparer si vous avez un bébé au 30e,
un bébé au 60e.
Tout ça, c'est normal.
C'est ça.
C'est normal.
Après, ça sert uniquement à détecter les extrêmes.
Et c'est au moment où un bébé est diagnostiqué dans les extrêmes
où on va contrôler, où on va mettre en place une surveillance,
où on va s'organiser pour s'assurer qu'il n'y a pas un problème.
C'est ça.
Et comment est-ce qu'on l'estime alors le poids et la taille d'un bébé ?
J'ai l'impression que vous plantez souvent.
Non ? Ou c'est moi ?
Non, non.
Non, pas vous Jacqueline.
Non, non.
Vous ne plantez jamais.
On se plante souvent, par plaisir parfois,
parce que parfois, ils sont plus normaux que ce qu'on attend.
Parfois, c'est dans le sens...
Non, il y a une formule très complexe pour le poids
qui prend en compte plusieurs mesures.
C'est une formule mathématique dont personne ne se souvient
parce qu'elle est très complexe
et qui nous donne une estimation du poids.
On est très précis.
On rajoute toujours l'estimation.
L'estimation du poids qui est à plus ou moins 15 % la plupart du temps.
De temps en temps, on est à plus de 15 %.
On est conscient de nos erreurs.
C'est le meilleur outil qu'on a et on sait qu'il n'est pas très bon.
Oui, c'est ça.
D'ailleurs, vous le dites très bien.
On pense que c'est ça, mais ça se trouve, il sera plus gros ou plus gros.
C'est pour ça qu'il n'y a que les extrêmes qui nous intéressent.
Tout ce qui est au milieu, c'est quelque part au milieu.
C'est du folklore.
C'est pour faire plaisir aux parents.
Il va faire 3,2 kg.
Voilà.
Je ne vais pas acheter du naissance.
Delphine vous demande quelles peuvent être les causes d'un retard de croissance intra-hétéro.
Il y a deux grandes catégories.
D'abord, retard de croissance intra-hétéro,
ça veut dire que le bébé n'arrive pas à grossir selon son potentiel.
Mais il y a des bébés qui sont petits parce que les parents sont petits, par exemple.
Ce n'est pas un retard de croissance, c'est un bébé qui est petit.
C'est un petit bébé.
C'est que des gros bébés, moi.
Par exemple.
La génétique peut mentir.
Mais il y a des bébés qui sont petits parce qu'ils sont programmés pour ne pas être très grands.
Donc, il ne faut pas inquiéter les parents.
Il faut les laisser tranquilles.
Ils sont en bonne santé.
Et puis, il y a des bébés qui n'arrivent pas à grossir selon leur potentiel.
Et ça, la plupart du temps, c'est le placenta.
C'est le placenta qui ne fonctionne pas bien,
qui a du mal à bien répondre aux besoins du bébé par ses apports.
Ça peut être parce qu'il y a des notches.
Ça peut être parce que le placenta est mal nourri.
Ça peut être parce que le placenta ne fonctionne pas très bien.
Ça, c'est la grande majorité des cas.
Puis après, il y a toutes les autres causes qu'on va rechercher.
Il y a certaines infections, notamment le CMV.
Il y a certaines maladies maternelles.
Il y a certains médicaments que la maman prend parce qu'elle a une maladie
qui peuvent faire que les bébés sont plus souvent petits.
La chirurgie bariatrique donne plus souvent de petits bébés.
Après, ce sont des contextes médicaux.
Mais dans la très grande majorité des cas, soit il n'y a rien,
soit c'est le placenta qui ne veut pas bien fonctionner.
Alors, Nathalie, vous allez vous retrouver dans l'histoire de Marion,
qui est enceinte de 32 semaines.
Elle est surveillée pour un retard de croissance intra-utérin chez son bébé.
Depuis cette annonce, elle alterne les visites à domicile
et les examens à l'hôpital Antoine Beclerc à Clamart.
Bérénice Gabrielle a suivi cette future maman pendant une journée de rendez-vous.
Une fois par semaine, Marion, enceinte de 7 mois et demi,
est suivie par une sage-femme à domicile pour surveiller l'évolution de son bébé
à qui on a diagnostiqué un retard de croissance in utero.
Je vous donne ça comme d'habitude.
Vous appuyez quand le bébé bouge.
Voilà, on est bien là.
Le monitoring nous donne la vitalité de l'enfant.
Et donc, si au monitoring, on trouve que la vitalité n'est pas bonne,
grâce à l'aspect du tracé,
eh bien, ça peut être un élément, c'est un élément qui nous fait dire
attention, là, la situation est en train de basculer.
Un retard de croissance in utero peut en effet être le signe avant-coureur
d'une hypertension artérielle.
Marion, ayant fait une pré-éclampsie lors de sa précédente grossesse,
c'est une patiente à haut risque.
J'avoue qu'il y a un côté extrêmement rassurant d'avoir ces rendez-vous
deux fois par semaine.
Donc, voilà, je trouve ça extrêmement sécurisant.
Hop, je prends l'attention.
10,5-6. Parfait.
Donc, je vais faire aussi votre bandelette urinaire.
Oui.
Ce qu'on cherche en particulier, là, sur la bandelette,
c'est une présence de protéines dans les urines.
Et donc, si la pression artérielle monte,
eh bien, ça va jouer aussi sur les reins qui vont un peu moins bien faire leur travail,
moins bien filtrer, notamment, les grosses protéines.
D'accord.
Eh bien, là, moi, j'ai un résultat qui est normal.
À chaque examen, on attend le verdict de manière assez...
Avec impatience.
Une petite montée de stress, mais...
Mais bon, quand il est positif, c'est vraiment...
C'est vraiment très, très, très...
Voilà, un grand soulagement chaque fois.
Pour surveiller la croissance de son bébé,
Marion a régulièrement rendez-vous à l'hôpital Antoine Béclaire à Clamart
pour des échographies de contrôle.
Le petit dos. Hop, jusque là, les petites fesses.
Ça bouge dans tous les sens.
On va faire le Doppler ombilical.
Le flux passe bien dans le cordon.
Ça, c'est top, hein ?
Ouais.
Sur les bébés qui sont en retard de croissance,
on va effectivement surveiller de manière importante
le flux sanguin dans le cordon ombilical, en premier lieu,
ce qu'on appelle le Doppler ombilical.
Ça reflète la vascularisation qui passe au niveau du placenta
pour aller perfuser le bébé, lui amener tout ce qu'il a besoin
pour grandir correctement dans le ventre de la maman.
On va faire les petites mesures, alors.
Ce poids, il va être calculé avec plusieurs mesures.
La première mesure, c'est la longueur du fémur du bébé,
qui est donc ce trait blanc que vous voyez à l'écran.
On l'associe avec le périmètre abdominal,
c'est-à-dire le tour du ventre du bébé.
Et enfin, le périmètre céphalique, c'est-à-dire le tour de la tête.
Donc, le poids, là, aujourd'hui, encore une fois,
on est un petit peu proche de la dernière.
C'est 1,636 kg.
On voit que dès le deuxième trimestre,
il était encore dans les courbes normales,
mais il commençait à être vers le bas.
Et puis, c'est vraiment sur celle-là qu'il commençait
à ralentir un petit peu la croissance.
Là, on voit qu'il est en dessous des 10 %.
Il fait partie des 10 % les plus petits,
mais il continue à bien évoluer sur sa courbe.
D'accord.
D'accord ?
On attend chaque mesure.
On voit chaque mesure se faire progressivement.
Et c'est vrai qu'à chaque fois, l'annonce du verdict du poids,
même s'il n'y a pas que ça qui compte,
effectivement, à chaque fois,
c'est toujours un petit moment d'angoisse ou de stress.
Mais bon, là, c'est une petite victoire, en fait, ce 1,636 kg.
Là, Marion, on est de tout cœur avec vous.
Mais on le disait pendant les images, Jacques et Nyssa,
en fait, on n'a pas de prise.
Les femmes n'ont pas de prise.
Non.
Il n'y a pas d'action que la mère peut faire pour faire...
À part prendre soin d'elle.
Voilà.
Il ne faut pas manger plus parce que là, on fait un diabète.
Les bébés, effectivement, ils grossissent,
mais ils ne sont pas en meilleure santé.
D'accord.
C'est vachement important de le dire.
Ça ne leur fait pas de bien.
Et puis, la mère aussi, elle grossit.
Ça ne leur fait pas de bien non plus.
Oui, c'est ça.
Moi, c'est évidemment le premier réflexe que j'aurais eu.
Ça m'aurait bien arrangé, d'ailleurs.
Qu'est-ce qu'on préconise alors pour la femme qui souffre du RCI ?
Alors, elle, il n'y a pas grand-chose qu'elle peut faire,
comme on vient de le voir.
Le repos...
En fait, on n'a pas la preuve que le repos fasse grossir les bébés
ou qu'ils soient mieux perfusés.
Alors nous, professionnels de santé,
on a tout de suite tendance à mettre les gens en repos
dès qu'il y a un souci.
Mais le repos, en tout cas, surtout pas le repos au lit,
ce n'est pas du tout le...
Oui, c'est ça.
On ne s'arrête pas de vivre.
Non, il faut même continuer.
Et puis, faire du sport.
Et voilà.
Et ça, ça fait plaisir à Karim Gossot, évidemment.
Nathalie, on vous a donné des conseils
pour essayer d'améliorer les échanges entre vous et le bébé ?
Déjà, quand mon suivi de grossesse a basculé
dans la maternité où je devais accoucher,
la première question qu'on m'a posée,
c'est s'il m'arrivait de manger des légumes
ou si je me droguais.
Plus de fabilisation.
Voilà.
Alors que je dépensais des fortunes au marché bio, etc.
Donc, j'étais ravie.
Mais effectivement, après, je suis tombée sur des soignants plus sympas
qui m'ont conseillé d'aller voir une naturopathe
et faire de l'acupuncture.
Donc évidemment, j'ai tout fait.
Oui, ça entend tout bien.
Et on m'avait donné une petite fiche avec les aliments à privilégier
en fonction du terme de la grossesse.
Alors moi, pas de bol.
En plein été, au bout de sept mois de grossesse,
c'était gibier, lentilles, riz.
J'ai essayé de m'y tenir.
En tout cas, jusqu'à la prochaine écho.
Bon, et là, c'est l'acupuncture, l'alimentation.
On n'est pas sûrs non plus.
Là, on est sur un placenta qui ne fonctionne pas bien.
Et donc, toutes les actions extérieures pour que ce placenta fonctionne mieux,
on n'a aucune preuve.
En fait, on se dit, il faut que tout le reste aille bien.
Voilà.
Et comme ça, on n'ajoute pas un problème à un autre problème.
Puisqu'on n'a pas d'action directement sur le fonctionnement du placenta,
il faut faire des choses qui nous font du bien.
Manger du gibier.
Nous, ça aurait été de la raclette avec ça.
Mais bien cuite, ne vous inquiétez pas.
On aurait tué toutes les bactéries.
On en a l'habitude.
Flora, vous demandez, est-ce qu'il y a des femmes plus à risque
de connaître ce fameux retard de croissance ?
Oui.
Il y a deux catégories de risque.
D'abord, le premier bébé.
On sait qu'il y a plus souvent un bébé petit sur le premier.
Enfin, on sait que les bébés ont tendance à être de plus en plus gros,
plus on en fait.
Donc, le premier, c'est celui où il y a le plus de risque qu'un bébé soit petit.
Et après, ça, c'est une catégorie.
Après, il y a toute la catégorie des patientes qui ont une maladie chronique
qui, elle, donne un risque de bébé avec des retards de croissance intra-éternels.
On pense tout de suite à l'hypertension artérielle,
à la pathologie cardiaque, la pathologie respiratoire,
la pathologie du foie.
On pense aussi à certains diabètes qui ont donné plus de bébés petits.
Et c'est des vrais retards de croissance.
Donc, les maladies chroniques de la maman donnent plus de retard de croissance
qui sont probablement les formes les plus sévères.
Et d'où le suivi.
Un suivi doit être adapté.
Si vous avez une maladie chronique, il faut être suivi par des professionnels
qui ont l'habitude de ces maladies chroniques et grossesses.
Puis après, pour les premiers bébés, c'est le hasard et la roulette du premier bébé.
Oui, c'est ça.
Nathalie, début août, vous avez eu un nouveau contrôle.
Est-ce que les résultats étaient bons cette fois ?
Non, toujours pas.
On est accueilli avec mon mari par une sage-femme qui me dit
que j'avais un tout petit ventre.
Ça a commencé à nous mettre bien au début de l'échographie.
Elle fait ses mesures et le verdict tombe à l'issue des mesures.
On était en dessous du troisième percentile.
Là, on est dans les extrêmes que vous évoquiez tout à l'heure.
C'est ça qu'on cherche.
On ne le souhaite pas, mais c'est ça qui fait tiquer.
Là, elle me dit qu'il va falloir que je passe en salle de naissance
pour faire un monito pour contrôler que tout va bien.
Là, forcément, la pression monte d'un cran.
L'angoisse terrible, ma pauvre.
Ils ont expliqué d'où ça venait, ce retard de croissance.
Ils savaient déjà vous expliquer pourquoi ou pas ?
Pendant un jour, non, pas du tout.
Le deuxième jour, ça a été le défilé des médecins dans ma chambre.
D'abord, ils m'ont dit que comme les notches sont toujours là,
ça doit certainement être vasculaire.
Vous allez pouvoir rentrer chez vous et il y aura un suivi adapté.
Ils reviennent dans ma chambre en me disant
qu'on a peut-être détecté une réinfection au CMV.
C'est l'omégalovirus.
Il faut absolument qu'il y ait une spécialiste qui vienne faire une écho de contrôle
pour essayer d'éliminer les causes de ce retard de croissance.
On voit cette spécialiste en fin de journée
qui écarte la piste du CMV, heureusement,
mais qui se rend compte que ce qu'on a pris pour du liquide
sur les précédentes échographies,
c'est du cordon, et donc il n'y a plus du tout de liquide.
Là, il faut absolument partir dans l'heure en maternité niveau 3
puisque la maternité dans laquelle j'étais, c'était un niveau 2.
Ils n'étaient pas à même de prendre en charge mon bébé
qui était estimé à 1,2 kg.
Au sujet de l'accouchement, on a une question vidéo de Sarah.
Bonjour la maison des maternelles, je suis la maman de Katharina
qui pesait 2,3 kg et 47,5 cm à terme.
J'ai manqué de liquide amniotique au dernier trimestre
et de ce fait, elle a eu un retard de croissance in utero.
Après 43 heures de travail,
Katharina n'arrivait pas à pousser sur mon col
donc j'ai subi une césarienne d'urgence.
Quelles sont les conséquences sur l'accouchement et sur le bébé
suite au retard de croissance in utero ?
Est-ce que ça fait des bébés plus fragiles
qui supportent moins l'accouchement ?
Il y en a certains qu'on estime tellement fragiles
qu'on se dit qu'un travail, ce n'est pas raisonnable
mais on fait une césarienne d'emblée.
Surtout ceux qui ont des anomalies de la circulation,
pas de liquide, qui sont très petits.
Certains, on sait qu'ils sont tellement fragiles
que les contractions, ce n'est pas la peine.
Les autres, il y a un risque augmenté de césariennes
au cours du travail.
Contrairement à ce que l'on peut penser,
il ne faut pas les laisser plus longtemps.
Il y a beaucoup de gens qui disent
qu'il est petit, laissez-le plus longtemps,
comme ça il grossira.
En fait, c'est l'inverse.
S'il est petit, c'est parce que le placenta ne fonctionne pas.
Il ne faut pas le laisser plus longtemps
parce qu'il n'est pas assez nourri par son placenta.
Il faut qu'il sorte un peu plus tôt.
Les femmes accouchent au cours du dernier mois,
on ne les laisse pas aller au bout de ce dernier mois.
Parfois on fait naître à 37 ou à 39 ans
en fonction de comment on estime que ce bébé va.
On peut rassurer les femmes enceintes
en disant que ce n'est pas parce qu'on a un petit retard de croissance
qu'on fait accoucher et qu'on vous déclenche.
La plupart vont bien.
Surtout quand on regarde les bébés petits à la naissance,
donc pas détectés petits in utero,
80% des bébés petits à la naissance
on ne savait pas qu'ils étaient petits in utero.
Vous venez de nous rassurer.
C'est pour ça que l'idée, c'est les extrêmes.
C'est là où on aimerait bien les détecter
parce qu'ils vont être particulièrement fragiles pendant le travail.
Vous voilà dans une maternité de niveau 3.
Vous êtes Anne Équerre.
Le chef de service vous programme une césarienne le jour même.
Ça rejoint ce que vous disiez professeur.
On se dit qu'il faut le sortir parce qu'il n'est pas assez nourri.
Vous êtes à 32 semaines de grossesse.
Comment vous arrivez à tenir le coup avec tout ça ?
Il faut être sacrément costaud quand même.
On m'a posé des monitos dès mon arrivée à Anne Équerre.
Ils ont détecté des anomalies du rythme.
C'était une urgence.
Les anesthésistes sont venus me voir et toute l'équipe de pédiatres
pour m'expliquer ce qui pourrait ou non se passer à la naissance.
Est-ce qu'il allait crier ou pas ?
Est-ce qu'on serait obligé de le réanimer ?
Enfin, il va se passer quelque chose.
Après 2 mois de flou, on se sent impuissant.
On ne sait pas quoi faire pour que les choses s'améliorent.
Enfin, il y a une solution qui se profile.
On est tellement inquiets pour son bébé.
On se dit qu'il faut tenir.
On a reçu une question pour vous.
Je vous laisse la regarder.
Je profite de l'émission pour te faire ce petit clin d'œil.
Pour te rappeler à quel point on a été admiratifs et fiers de vous
dans les différentes épreuves que vous avez pu traverser
jusqu'à la naissance de Mathis.
On embrasse, on aime énormément, tout comme vous.
Il y a de quoi être fiers.
Vous êtes débrouillés comme des chefs.
On vous embrasse très fort, prenez soin de vous.
On a hâte de vous retrouver.
C'était le petit moment chial.
C'est votre belle-sœur qui voulait vous passer un petit message.
C'est trop mignon.
On sent que c'est frais.
Même quand ça se passe bien,
c'est une période où on est tellement fragiles,
tellement vulnérables.
Comment elle s'appelle votre belle-sœur ?
Alice.
Elle a été très admirative de la façon dont vous avez géré ça.
Vous avez été sacrément costauds.
Combien il pesait à la naissance ?
1,195 kg.
C'était exactement ce qu'on avait estimé.
Vous pouvez m'engueuler en disant que vous ne vous trompez pas.
De temps en temps, on tombe dessus.
Tout en longueur, il était tout mince.
Vous deviez avoir peur de le voir.
On ne sait pas exactement.
On ne s'imagine pas que ça va être un bébé.
À ce terme-là, à quoi il va ressembler ?
Ça rassure de les voir.
Oui.
On nous dit tellement qu'il n'y aura pas ce coup de foudre
à la naissance dans les meilleures conditions.
On se dit qu'à 7 mois de grossesse,
dans ces conditions de stress,
est-ce que je vais réussir à m'attacher dès le début ?
Si, complètement.
Une question de Pauline.
Les enfants nés avec un retard de croissance
resteront-ils en dessous des courbes toute leur vie ?
La plupart du temps, ils récupèrent leur courbe rapidement
dans les premiers mois ou les premières années.
Si c'est un retard de croissance sévère,
ils ont un suivi qui est adapté par des pédiatres qui ont l'habitude.
Certains ne récupèrent pas, ils ont besoin d'être suivis.
Mais grâce au suivi que les pédiatres mettent en place pour ces populations,
de la même façon que nous, on suit de beaucoup plus près les mamans
quand elles ont une suspicion de retard de croissance intra-utérin,
les pédiatres ont des protocoles pour ces bébés petits
et, encore une fois, la plupart retrouvent leur taille attendue.
Leur 29 PM, par exemple.
Voilà, exactement, sur leur courbe.
Marie a bien compris le percentile.
Nathalie, Matisse a été hospitalisée 6 semaines.
D'abord, il y a eu les soins intensifs, forcément.
La néonate de Necker, la néonate de l'hôpital franco-britannique
de Levallois-Perret aussi.
Combien pesait-il quand vous êtes rentrée à la maison ?
Alors, il pesait 2,2 kg et il était capable de s'alimenter au sein tout seul.
Et aujourd'hui, alors, il va comment ?
Il va super bien, il ne pèse plus de 8 kg.
Déjà, ça va déstresser aussi tout le monde.
Oui, on voit le petit Bouddha sur la photo.
Il est trop mignon.
Oui, là, c'est un beau gros bébé bien portant.
Oui, très bien portant.
Là, c'est derrière vous, quand même.
Oui, j'imagine que c'est un truc dont on se remet difficilement.
Effectivement. Heureusement qu'il y a eu le long congémat derrière.
Professeur, pour une grossesse suivante, est-ce qu'on est plus à risque
de connaître le RCIU ? Est-ce que forcément, on a un suivi spécifique ?
Il y a un peu les deux. C'est-à-dire que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
le risque est essentiellement à la première grossesse.
C'est-à-dire qu'à la suivante et aux suivantes, parfois, les risques sont plus faibles.
Mais le fait d'avoir eu un retard de croissance à la première
augmente quand même les risques à la suivante.
Et donc, il y a un suivi qui est un peu particulier.
On est plus vigilant. Et parfois, pour certaines patientes,
on leur donne de l'aspirine à partir du premier trimestre
pour fluidifier le sang et que ce placenta s'installe mieux
à l'intérieur du utérus et fonctionne mieux.
Mais donc, Nathalie, quand elle sera remise vraiment de ses émotions et tout,
elle peut refaire plein de bébés.
Oui, plein de bébés. Elle aura probablement de l'aspirine.
Et elle choisira probablement une équipe qui a l'habitude
de pouvoir agir plus vite et pas faire les changements de maternité
quand maintenant, on sait que vous êtes plus à risque.
Vous savez qu'il n'y a pas de hasard. Vous voyez la rencontre, là ?
Professeur Jacques et Nyssa, Nathalie, Nathalie, professeur Jacques et Nyssa.
Donc, si vous faites un deuxième bébé, vous savez chez qui aller.
Voilà, meilleure de France. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Merci, professeur, d'être venu et d'avoir abandonné vos patientes
pour une heure pour venir nous rassurer sur ce plateau.
Merci, Nathalie. Maintenant, on sait que tout va bien.
Donc, vous n'avez plus qu'à vous remettre tranquillement.
Merci à Floriane Gillette qui a préparé ce dossier.
