Aux captifs, la libération : aimer inconditionnellement

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14 Vues de vidéo·28 déc. 2024
Bonjour à tous, bienvenue dans La Parole aux Associations.
Aujourd'hui, je suis avec Jean-Damien Leliev.
Bonjour Jean-Damien.
Bonjour Agnès.
Alors, vous êtes le président de l'association
Au Captif, La Libération,
et toutes les semaines, vous organisez des maraudes.
Mais alors, qui sont ces personnes sans-abri que vous rencontrez ?
En fait, ce sont simplement des personnes qui vivent dans les rues de Paris
ou dans les rues d'autres villes où nous faisons également des tournées.
Pour répondre à votre question plus précisément,
les personnes sans-abri que nous, les captifs, nous rencontrons
ont des profils assez divers
en âge, en pays d'origine, en religion, situation administrative.
Beaucoup sont des migrants de passage par Paris,
mais d'autres sont installés plus durablement dans la rue.
Beaucoup ont des addictions,
une dépendance à l'alcool ou des troubles psychologiques ou psychiatriques.
Puis nous rencontrons aussi de nombreuses femmes,
quelquefois avec des enfants.
Lors de vos maraudes, vous rencontrez aussi des personnes
en situation de prostitution.
Qui sont ces personnes ?
Ça dépend des lieux où nous faisons ces maraudes en réalité.
Par exemple, dans le bois de Vincennes,
ce sont essentiellement des femmes nigérianes
qui sont victimes de réseaux mafieux.
Alors que dans le bois de Boulogne
ou sur les boulevards des Maréchaux à Paris,
nous rencontrons des hommes, des personnes transsexuelles et quelques femmes.
Face à cette diversité que vous décrivez,
est-ce que vous vous spécialisez dans l'accompagnement de certains publics ?
Non, parce que lors de nos maraudes,
nous rencontrons toutes les personnes vivant dans la rue.
Nous ne changeons pas de trottoir pour éviter une personne
qui nous semblerait inaccessible.
Et de même, nous les accompagnons toutes dans nos permanences,
quel que soit leur profil ou leur choix de vivre dans la rue ou dans la prostitution.
Au Captif Rélibération, nous appelons ça l'inconditionnalité.
Ça veut dire que nous ne choisissons pas qui nous rencontrons ou qui vient nous voir.
En fait, c'est ça la fraternité, c'est comme dans une famille.
On choisit pas ses frères et soeurs.
Et d'ailleurs, je crois que c'est cette part d'inconnue que nous apprécions dans ces rencontres.
Mais alors dans ces maraudes ou lors de vos permanences,
vous pouvez être confronté à des incompréhensions,
à des situations tendues, voire à de la violence ?
C'est vrai que parfois, cette inconditionnalité peut nous sembler impossible à vivre.
Puis même, elle peut être dangereuse pour l'équipe des captifs
ou pour les autres personnes accueillies dans une permanence.
Dans ce cas, nous pourrons allonger jusqu'à prendre une mesure d'exclusion d'une personne.
Nous lui expliquons que son comportement, par exemple son alcoolisation,
n'est pas possible dans l'antenne.
Alors nous avons lui demandé de ne plus venir, par exemple pendant deux ou trois semaines.
Mais cela permet aussi de mettre des mots sur sa situation personnelle.
Et alors, comment réagit la personne face à cette décision d'exclusion ?
Ça dépend.
En fait, nous essayons toujours de maintenir une relation avec cette personne.
Souvent, nous continuons d'ailleurs à la rencontrer lors de nos maraudes.
Et puis nous savons que nous avons le temps avec nous.
Par expérience, nous savons que de nombreuses situations
qui peuvent nous sembler bloquées à un moment donné, vont peut-être se dénouer.
Et ça sera grâce à la volonté, à la patience de la personne et de ses accompagnateurs.
Alors finalement, vous essayez toujours de maintenir une relation de façon inconditionnelle ?
Oui, parce que nous nous sommes portés par une expérience chrétienne
qui nous dit qu'aucune situation n'est vraiment jamais perdue.
Et même si à nos yeux, dans certains cas, on se dit qu'il n'y a plus rien à faire,
nous voulons toujours être présents pour témoigner notre affection.
En fait, nous vivons cette relation comme une relation qui nous dépasse.
Merci Jean-Damien pour ce partage.
Je rappelle qu'on peut avoir plus d'informations sur le site internet captif.fr.
Je vous souhaite une très belle journée et à bientôt.
Merci, bonne journée.
