Maxime Pawlak : l’accord du MERCOSUR adopté

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3 Vues de vidéo·29 déc. 2024
C'est fait.
L'accord commercial entre l'Union Européenne et le Mercosur est signé, après 25 ans de
négociations.
Cet accord promet de libéraliser les échanges entre l'Europe et quatre pays d'Amérique
du Sud, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay.
Ce traité soulève des inquiétudes majeures et semble, une fois n'est pas coutume, mettre
toute la classe politique française d'accord.
Il est vrai qu'il y a de quoi être inquiet, à plusieurs titres, notamment sur l'impact
environnemental de cet accord ou sur ses conséquences pour notre agriculture.
Pourtant, sur le papier, ce traité a de quoi séduire.
Il promet de supprimer les droits de douane sur 90% des biens échangés, ouvrant de nouveaux
marchés pour l'industrie européenne, notamment l'automobile, la chimie ou encore les vins
et spiritueux.
Pourtant, pour beaucoup d'agriculteurs, les conséquences pourraient être catastrophiques.
L'Europe prévoit par exemple d'accueillir 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine
supplémentaire à des tarifs douaniers réduits, soit 7% de la production annuelle française
sur un marché déjà tendu.
Cela pourrait aggraver une concurrence déjà jugée déloyale par les agriculteurs français
soumis à des normes bien plus strictes que leurs homologues sud-américains.
Et c'est ici que le bas blesse.
L'accord intervient alors que le Brésil et d'autres pays du Mercosur sont pointés
du doigt pour leur rôle dans la déforestation massive, notamment en Amazonie.
Cette déforestation, souvent liée à l'élevage, est une bombe à retardement pour le climat.
Selon des estimations, ce traité pourrait accroître de 5% le rythme de déforestation
dans les six premières années suivant sa mise en œuvre, soit près de 700 000 hectares
détruits.
Cette expansion agricole ne se limite pas à la forêt.
Elle entraîne aussi une utilisation massive de pesticides et antibiotiques, bien souvent
interdits en Europe.
Le résultat, c'est une viande moins chère, mais à quel prix pour l'environnement
et la santé des consommateurs européens ?
Certes, les clauses environnementales ont été signées et intégrées dans l'accord,
mais leur mise en œuvre reste floue.
Sans contrôle strict, les normes européennes risquent de rester lettres mortes.
Par exemple, un audit récent de la Commission européenne a révélé que le Brésil n'était
pas en mesure de garantir l'absence d'hormones interdites dans la viande exportée.
Face à ces défis, la France semble isolée en Europe, alors que des pays comme l'Allemagne
ou l'Espagne ont poussé pour ratifier rapidement ce traité, attiré par ses promesses économiques.
Ce débat va au-delà des intérêts économiques ou des disputes politiques.
Il questionne notre modèle de commerce international.
Sommes-nous prêts à sacrifier l'environnement sur l'autel du libre-échange ?
