CES CRISES MONDIALES QUI NOUS ATTENDENT EN 2025 : TRUMP, POUTINE, NETANYAHOU…

Le Média
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bonjour à tous bienvenue pour cette
nouvelle édition de votre émission le
monde n'a pas de centre la chronique
internationale de Bertrand Badi
politiste et professeur éérit à Science
Po que nous réserve l'année 2025 sur la
scène internationale cette année qui
débutera tambourg batant avec le retour
de Donald Trump à la Maison Blanche le
20 janvier prochain apporte une floppée
d'interrogation sur le paysage
géopolitique mondial qui reste marqué
par des défis colossaux entre les
prémisses d'une guerre commerciale que
Trump déclare déjà dans la rhtorique la
guerre en Ukraine qui continue
d'inquiéter l'Europe le Moyen-Orient et
Gaza en particulier où un génocide est
de plus en plus pointé du doigt mais
aussi les tensions croissantes entre
l'occident nostalgique d'une hégémonie
révolue et un Sud global désireux de
changer la donne quel bouleversement
géopolitique nous attendent à l'aube de
cette nouvelle année on essaie tout de
suite d'y voir plus clair avec Bertrand
Badi
[Musique]
bonjour Bertrand bonjour Alors je le
disais dans dans mon introduction Donald
Trump qui sera investi le le 20 janvier
prochain et avec lui c'est aussi le
retour de la fameuse guerre commerciale
pour faire cesser ce qu'il appelle
l'invasion migratoire et aussi le
déplacement des des drogues aux
États-Unis il menace d'imposer de fortes
taxes douanières sur toutes les
impimport ortation de plusieurs pays don
le Mexique la Chine évidemment le Canada
qu'il menace même de transformer en
51e État des États-Unis c'est un retour
Tony Truant de de Donald Trump qui ne
surprend finalement pas quand on connaît
le personnage alors le les paroles ne
surprennent pas la rhtorique ne
surprennent pas c'est un homme de
rhéthorique euh il faut voir que Trump
est quelqu'un qui a pour principale
compétence de savoir dire aux uns et aux
autres ce qu'ils attendent et ce qu'ils
aiment entendre donc effectivement la le
gouvernement par la parole on pourrait
inventer un mot ça vaudrait le coup même
de parler de
rétyrocratie ou de parlocratie je ne
sais quoi ça c'est quelque chose que
l'on connaît bien et qui remonte même au
premier mandat maintenant est-ce que ça
fait une politique étrangère et je crois
que le paradoxe c'est que Trump n'a pas
de politique étrangère dans sa serviette
ce qui veut dire deux choses ça veut
dire d'une part que la conversion de la
parole aux actes est quelque chose qui
est encore obscure et d'autre part que
ce qui va marquer le mandat le second
mandat de Trump ça sera l'incertitude il
suffit de se rappeler rappelle-toi au
premier mandat cette rencontre sur
surprise qui a été
d'ailleurs une double rencontre surprise
avec Kim jungun il faut nord-coréen
voilà il faut se souvenir aussi de toute
une série de menaces en chaînes et tout
ceci débouchant sur
finalement une très faible réorientation
des
états-unisin on sortait à l'époque de la
présidence d'Obama dont on pouvait
considérer qu'elle était tout le
contraire on n'a pas assister entre 2016
2017 exactement et
2021 à une nouvelle ère dans la
politique étrangère des États-Unis je ne
sais pas et je ne pense pas même que ce
nouveau mandat va donner lieu à une
nouvelle politique étrangère il y aura
des coups de menton il y aura des coups
de gueule il y aura des effets de
démonstration des effets ostentatoires
il y aura probablement des maladresses
parce que quand on se fit à son menton
et bien on commet des maladresses des
gaffes des erreurs comme il en avait
fait par exemple lors de son premier
mandat quand il avait déchirer le traité
jpoc c'est-à-dire celui du 14 juillet
2015 sur le nucléaire iranien ça a eu
des conséquences négatives incalculables
mais ça ne s'inscrivait pas pour autant
dans une potique étrangère cohérente là
la cohérence de la politique étrangère
on l'attend toujours et si on se fit à
ce qui a été dit pendant sa campagne
électorale on est très peu renseigné
puisqu'il nous annoncé qu'il allait
mettre fin à la guerre russo-ukrainienne
en 24 he ça plus personne n'y croit et
il avait annoncé par ailleurs que s'il
avait été Président il n'y aurait jamais
eu de conflit au ProcheOrient ce qui est
ahurissant on reparlera du prochorient
et de l'Ukraine je j'aimerais quand même
qu'on pousse la la réflexion parce
qu'au-delà des menaces Donald Trump
c'est quelqu'un qui porte une politique
assez protectionniste euh face à cette
super puissance américaine qui menace à
tour de bras de tordre le bras à à tout
le monde si je me permets la la la
répétition est-ce qu'il y a vraiment
possibilité pour l'Europe par exemple de
de faire le poids euh Christine Lagarde
qui dirige la la Banque centrale
européenne euh qui conseille aux
Européens d'éviter euh toute mesure de
retorion commerciale vis-à-vis des
États-Unis si Donald Trump sur surtaxait
les produits importés par les Européens
elle plaide en faveur de de de
négociation d'apaiser de calmer le jeu
pour les Européens et même d'acheter
plus de produits euh euh américain c'est
ce qui nous attend en 2025 est-ce que
l'Europe va finalement être à genou face
au au puissant au puissant Oncle Sam
alors tu as raison de dire que le
protectionnisme est est une des colonnes
de cette
préfabrication d'une politique étrangère
c'est vrai on peut ajouter le
souverainisme on peut ajouter
l'identitarisme qui va jusqu'à une forme
de suprémisme tout ça est vrai tout ça
aura nécessairement une traduction je ne
ni pas ça ce que je dis c'est que je
vois mal dans quelle politique étrangère
globale ça peut s'insérer parce que
avoir des gestes prote i Is ou des
gestes identitaires est une chose que ça
débouche sur une politique étrangère
cohérente c'est-à-dire une gestion de la
mondialisation c'est autre chose mais
effectivement vu ce qu'il est vu ce
qu'il a dit vu ce qu'il a promis il va
falloir s'attendre à des gestes
spectaculaires en matière
protectionniste d'abord en matière
migratoire ensuite en matière
protectionniste
effectivement on pense à la Chine mais
je ne pense pas que que la Chine sera sa
principale cible parce que l'économie
américaine dépend beaucoup de l'économie
chinoise c'est-à-dire que s'il y a une
véritable bataille tarifaire entre
Washington et Pékin le renchérissement
des biens fort nombreux qui viennent de
Chine vers les États-Unis risque de
créer une crise dans la consommation de
la du public américain donc il y aura
des choses je pense que l'homme sera
relativement prudent ou on lui
conseillera d'être prudent avec l'Europe
c'est un peu différent c'estàd que la
grande difficulté pour l'Europe c'est
que les États-Unis risquent moins en
surtaxant les produits européens qu'en
surtaxant les produits chinois ça paraît
paradoxal parce que après tout les
Européens sont des alliés mais c'est
ainsi que l'on voit que la capacité euh
de perturbation de l'économie mondiale
par une tension forte entre la Chine et
les États-Unis est bien supérieur à la
capacité de perturbation de l'économie
mondiale et de l'économie américaine par
une surtaxation des produits européens
c'est la raison pour laquelle il va
falloir être très vigilant d'autre part
on sait que l'Europe n'est pas unanime
sur les principaux sujets qui
l'intéressent que là il y a des
différences entre l'Allemagne entre la
France entre les pays d'Europe centrale
ou Europe orientale donc il risque y
avoir là quelques nuages dans le ciel
européen ce sera pas la première fois
mais effectivement c'est quelque chose
qu'il va falloir vérifier de très près
alors l'un des des nuages concernera
évidemment l'Ukraine le retour de Trump
tu le disais déjà euh c'est le sort de
l'Ukraine qui peut se jouer ou ne pas se
jouer en tout cas il avait promis euh de
régler le conflit en en 24 he euh on a
compris que tu n'y croyais pas beaucoup
euh le 21 janvier la guerre en Ukraine
ne sera pas terminée selon toi non euh
évidemment non c'est c'est un slogan
électoral arrêter la guerre en 24h c'est
un slogan électoral c'est-à-dire même
Dieu le Père ne le pourrait pas hein euh
mais euh en fait il y a derrière cette
question quelque chose de beaucoup plus
dur beaucoup plus lourd qu'on ne veut
pas
voir il y a une part d'impuissance des
puissances c'est-à-dire il est terminé
ce temps où un coup de téléphone
entre le président des États-Unis et le
locataire du kremelin régler les
problèmes ça c'est terminé Vladimir
Poutine a accepté du moins parler d'une
rencontre potentielle avec Donald Trump
il est ouvert à la discussion oui enfin
entre rencontre potentielle et régler le
problème il y a une marge et c'est
là-dessus que je voudrais insister
c'est-à-dire regardons l'histoire
récente et l'histoire plus lointaine
comparonsles autrefois c'est-à-dire
avant la seconde guerre mondial
lorsqu'il y avait un conflit il se
terminait par des négociations et ces
négociations produisait un traité de
paix qui aboutissait notamment mais pas
seulement à une rectification des
frontières et à une redistribution
territoriale depuis 1945 ça n'existe
plus on ne connaît pas pourtant il y a
eu depuis 1945 500 guerres dans le monde
500 guerres et pratiquement aucune
d'entre elles n'a pu prendre fin sous
l'effet d'une négociation aboutissant à
traité en bonne et du forme et je dirais
que depuis
1945 on n'assiste plus à ces accords qui
étaient chroniques autrefois de
rectification des frontières et de
redistribution des territoires quand il
y a des conquêtes depuis 1945 cellesci
ne sont jamais officialisé par des
traités lorsque la Turquie a occupé
chiprenord personne n'a reconnu cette
occupation territoriale cette annexion
ou la création de cette république
turque de chipreenord quand l'OTAN a
créé le Kosovo le Kosovo n'a jamais été
admis au Nations Unies et on pourrait
ainsi continuer c'est fini ce temps-là
nous sommes entrés dans une autre
séquence de l'histoire où je dirais la
transaction territoriale n'a plus
l'effet pacificateur qu'elle pouvait
avoir autrefois alors ça veut dire quoi
ça veut dire deux choses ça veut dire
que la paix suppose aujourd'hui des
négociations globales c'est-à-dire
au-delà du contentieux territorial
russseo ukrainien il y a un problème
global de la sécurité en Europe sur
lequel il faudra effectivement un jour
provoquer une grande conférence un peu à
l'image de ce quiétait la conférence
d'sinki et puis ça veut dire une
deuxième chose je dirais à plus court
terme à plus court terme ce qui est
possible ce que je souhaite parce que ça
fera des économies de vie humaine c'est
un gel et le terme commence à être
employé là il est intéressant parce
qu'il est de l'ordre du possible
c'est-à-dire geler le front tel qu'il
existe aujourd'hui sans que ce gel
implique reconnaissance d'une session de
territoire avec l'idée d'ailleurs
zelensk l'a lui-même explicité qu'il y
aura temps ensuite pour une négociation
peut-être sous-entendait-il justement
cette négociation globale qui permettra
de régler le contentieux mais croire que
l'on va pouvoir se mettre à table qui a
un face- àface entre Zelenski et Poutine
aboutissent crayon à la main une
rectification des frontières entre la
Russie et l'Ukraine et que ceci mettra
un terme à la guerre c'est des rêves je
dirais de nostalgique des temps anciens
ça c'est pas possible en tout cas on
assiste un petit peu à une situation
paradoxal c'est que on a à la fois le
ton qui qui monte sur l'aspect militaire
on a entendu parler de ce cette nouvelle
génération de missiles russes qui est
inquiétant euh la l'Ukraine qui va
frapper un haut gradé un haut gradé
russe au cœur de Moscou et en même temps
sans que le ton au niveau de de l'État
enfin l'exécutif ukrainien a changé et
que on n'est plus prêt à aller à la
guerre à tout prix à continuer la guerre
à tout prix euh on sait aussi que dans
le futur cabinet de Donald Trump il y a
des personnalités qui sont assez
critiques vis-à-vis de l'Ukraine Tulsi
gabar pour ne pas le citer et aussi que
les trumpistes ont bloqué pendant
longtemps une aide américaine de 60
milliards à l'Ukraine est-ce qu'à minima
la logique du America
First poussera Trump à revoir
l'engagement des États-Unis auprès de
l'Ukraine et a laissé les les les
Européens se débrouiller quoi en quelque
s il y a plusieurs éléments dans tout
cela hein le premier élément c'est que
il faut être complet dans le bilan de
cette fin d'année 202 4 et si
effectivement l'Ukraine donne des signes
évidents sinon despisements en tous les
cas de grandes fatigue et
d'incapacité de procéder à cette
contreoffensive dont on parlait temps il
y a encore quelques mois il faut
admettre qu'il en est de même côté russe
c'est-àdire on a un peu tendance à
passer sous silence les puuisements
Russes faut quand même pas oublier que
depuis le début de cette guerre 24
février 2022 2 on compte 700000 morts ou
blessés ou disparus dans les rangs
russes ce qui est absolument énorme une
économie qui
d'économie normale banale s'est
transformé en économie de guerre au prix
de sacrifice énorme pour la population
une régression dans le pouvoir d'achat
des Russes une
situation tragique sur le plan financier
le rouble est en train de s'écrouler euh
on voit bien aussi qu'il y a une fatigue
militaire en Russie des désertions euh
euh des fuites des exils vers la Géorgie
vers euh la Mongolie même et et et
quantité et pourtant j'ai j'ai
l'impression que c'est ce n'est pas
aussi pire qu'on s'attendait parce que
la la cette chute et ce cet effondrement
russe était prédit par certains
officiels occidentaux bien avant euh
2020 bien avant 2024 alors l'erreur des
observateurs occidentaux c'était de
penser que les sanctions occidentales
allait créer un effet je dirais coup de
Massu c'est-à-dire que la Russie
s'écroulerait la Russie a eu l'habilité
enfin Poutine et ses hommes ont eu
l'habilité de contourner ses sanctions
occidentales ce qui a limité les dégâts
mais n'a pas supprimé leseffet et il
faut voir effec effectivement que
Poutine est face à un dilemme qui est un
dilemme tragique qui
est soit on continue et on risque
l'épuisement et au-delà des réserves
nord-coréennes il y en a plus beaucoup
hein faut bien voir
ou alors si on transige on risque
l'humiliation c'est-à-dire de montrer
que la puissance russe n'est pas ce que
l'on pensait ce que l'on pouvait espérer
côté Moscou donc
effectivement le jeu russe consiste à
casser ce dilemme c'est-à-dire une
sortie honorable le gel c'est une sortie
honorable parce que c'est dire bah voyez
on contrôle c'est zoblast qui réclamit
leur rattachement à la Russie bon tout
ça est un peu arrangé mais ça sera
facile ainsi à exposer au public et pour
autant qui pourra dire ah bah oui mais
c'est pas parce qu'il y a gel ou
armistice que nous cédons ces
territoires nous considérons qu'ils sont
partis intégrantee de l'Ukraine comme il
n'a cessé de le dire et ses
prédécesseurs le disaient à propos de la
Crimée annexée en en 2014 donc ça c'est
un premier élément maintenant il y a
effectivement et c'est là que je reviens
à mon idée de politique étrangère une
politique étrangère c'est une politique
publique qui veut affirmer une cohérence
quelle sera la cohérence d'une politique
trumpienne qui consistera à encourager
ce
gel c'est difficile à dire alors il y a
un premier élément de cohérence je pense
que c'est ça qui sera mis en avant c'est
de dire voyez les États-Unis sont
capables de définir un ordre et de
l'imposer aux partenaires qui se font
face et qui se font la guerre c'est nous
qui avons arrêté la guerre et comme cet
homme dans ses délires euh veut à tout
prix avoir le prix Nobel de la paix il
se présentera ainsi comme grand
serviteur de la paix mais ça ça ne fait
pas une politique
étrangère tu as mentionné le fameux
slogan qui structure le trumpis qui est
make America great again America First
les deux ces deux slogans alors
effectivement le problème c'est comment
on peut composer ces deux slogans po
étrangère l'idée me semble-t-il c'est
une idée qui n'est pas seulement
trumpienne qui vient de loin qui était
déjà chez Obama c'est de dire un grand
leader c'est celui qui arrange les
choses je dirais de loin c'est ce que
Obama lui-même après appelit leadership
from behind c'est-à-dire on ne se
mouille pas pas question d'envoyer les
boys mais on est assez fort pour imposer
la paix le mot d'ailleurs est de Trump
lui-même et pour le faire de l'extérieur
bon
maintenant ce n'est que une moitié de
politique étrangère de dire ça c'est
bien comme expression d'une réalisation
ponctuelle mais comment la faire durer
c'estàdire à partir du moment où les
États-Unis prennent l'initiative de ce
gel de cet arbistice en quelque sorte
comment va-t-il le faire respecter et là
les choses sont quand même beaucoup plus
compliquées c'est-à-dire
euh le le problème c'est que quand on
nobtient un résultat on est vraiment
gagnant que si on arrive à assurer
persistance à ce résultat donc ça
impliquera une double
mobilisation des États-Unis militaires à
travers un effet dissuasif et Politico
diplomatique pour convaincre les
protagonistes de ne pas reprendre le
combat bon et là se pose immédiatement
la question de la survie de l'OTAN
c'est-à-dire dans cette vision des
choses est-ce que l'on peut en même
temps déclarer que l'OTAN ça sert plus à
rien et effectivement il faut dissoudre
l'UTAN si on se présente comme garant de
d'une paix
restaurée est-ce que on peut peut
crédibiliser cette garantie si on a plus
cet instrument militaire je dirais en
même temps dissuasif et éventuellement
interventionniste que constitue l'autant
donc on voit que tout ça est très
brouillé j'ajoute un un tout dernier
point c'est-à-dire on parlait tout à
l'heure d'une guerre commerciale avec
l'Europe est-ce qu'on peut mener une
guerre commerciale à l'Europe et
demander à l'Europe de tenir un rôle
plus important voire essentiel premier
dans la garantie de ce gel et de la
pérennité de ce gel tout ça c'est des
questions lesquell il n'y a pas de
réponse pour l'instant puis comme
toujours n'oublions jamais les humains
n'oublions jamais les peuples et peuple
ukrainien ça existe hein c'est des êtres
humains comme les autres qui sont lassés
aussi par cette gu
qui ont aussi leurs attentes qui ont
aussi leurs attentes et moi je suis
surpris de voir comment les
commentateurs que ce soit sur l'Ukraine
ou sur la Syrie c'est la même chose
oublie les peuples oublie les les
humains ce qu'ils ressentent ce qu'ils
attendent ce qu'ils désirent ce qu'ils
craignent et là c'est encore un autre
chapitre mais alors là on ne sait rien
alors parmi les ARS de crise à suivre en
2025 il y a bien sûr le Proche Orient le
proch chez le Moyen-Orient et Gaza en
particulier 1 an et 3 mois après
l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 qui
avait coûté la vie à 1200 personnes le
bilan des opérations militaires
israéliennes à Gaza est plus que macabre
officiellement 45000 morts et plus de
105000 blessés mais peut-être beaucoup
plus encore euh 100000 à 200000
personnes en considérant les disparu un
carnage en tout cas au moins un
nettoyage ethnique ou un génocide de
toute évidence qui commence à être
dénoncé de toutes parts l'ONU Amnesy euh
Human Rights Watch Médecins sans
frontières et pourtant les bombardements
israéliens restent
imperturbabl Bertrand une nouvelle fois
rien n'arrêtera netaniaahou en 2025 mais
je pense qu'il a un
logiciel que nul ne peut arrêter
pourquoi parce que le logiciel de
natanahou on en a déjà parlé derrière ce
micro le logiciel de de natanahou c'est
que seule la force peut résoudre les
problèmes
or l'histoire post 1945 je parle pas de
ce qui s'est passé avant montre qu'un
peuple qui veut s'émanciper se libérer
pour acquérir ses
droits ne peut jamais être vaincu par
l'effet de puissance ça n'a pas existé
depuis 1945 autrefois oui les Indiens
d'Amérique en sont un tragique exemple
mais depuis 1945 5 contenu de ce qu'est
le système international de ce qu'il est
devenu il n'y a pas d'exemple et ceci
est tout aussi valable pour les
canques et encore bien d'autres peuples
encore à servi ce n'est plus possible
alors l'équation elle est elle est
effrayante
l'équation israélienne elle est
effrayante parce que elle consiste à
dire pour ma sécurité j'utilise la force
si la force ne suffit pas j'utiliserai
un peu plus la force et si ça ne suffit
pas encore ben j'en utiliserai davantage
c'est-à-dire on est dans une spirale de
la violence et de la coer dont on sait
par avance que ça ne peut pas aboutir à
une solution donc il y a de quoi être
inquiet que se passe-t-il lors
que un acteur euh fait violence et qu'il
est intimement persuadé qu'il n'y a pas
d'autre choix pour lui que d'aller dans
la surenchère de violence c'est
exactement
cela avec cette circonstance aggravante
je dirais hallucinante aujourd'hui c'est
que personne ne réagit personne ne
réagit et que pire encore le leader je
mets bien des guillemet du monde libre
les États-Unis la nation la plus
puissante du monde qui ne bouge pas d'un
yota son soutien vis-à-vis de d'Israël
et ça ça ne risque pas de changer avec
Donald Trump qui continue à armer
Israël les fameuse démocratie
occidentale je dis fameuse parce qu'elle
se réclame de leur étiquette
démocratique et d'état de droit tous les
jours font preuve d'une indifférence qui
est contraire à leur nature justement de
démocratie et d'état de droit que les
gouvernements arabes sont pratiquement
dans la même posture et que la Russie
également on na pas vu la Russie lever
un petit doigt depuis octobre
2023 pour protéger Gaza laass Jordanie
Jérusalem Est et les victimes du Liban
et même maintenant les victimes les
quelques victimes syriennes qui
commencent à apparaître sous euh les
quelques 500 attaque que Israël a lancé
contre la nouvelle-srie encore moins la
Chine les contrepouvoirs mondiaux sont
voilà impuissants voilà alors il reste
quand même la pression populaire il ne
reste que ça alors que ça a un petit
goût méprisant mais je je voudrais pas
que ce soit compris comme ça quand je
dis il ne reste que ça ça veut dire
qu'il faut aller euh chercher dans
l'énergie sociale des
peuples quelque chose qui permettrait de
compenser l'indifférence cynique des
états alors le problème c'est que les
peuples ont probablement plus de ressort
de solidarité on voit d'ailleurs que
dans l'opinion la cause
palestinienne monte très vite le
problème c'est qu'ils n'ont pas les
mêmes ressources et donc comme ils n'ont
pas la même ressource la pression de
l'opinion publque
international sera probablement de plus
en plus forte mais va mettre beaucoup de
temps à atteindre les résultats que l'on
peut escomter et donc on voit les jours
tragiques
qui se se s'annonce devant nous parce
parce qu'on ne peut pas non plus euh
totalement réduire en ayant l'impact de
l'horreur je sais que c'est c'est c'est
un terme forcément enfin l'émotion c'est
c'est un terme qui ne revient pas
toujours dans le langage diplomatique
mais l'horreur finira-t-elle par tout
surplanter puisque là on a affaire on le
dit souvent au premier génocide relayé
quasiment en temps réel par les réseaux
sociaux tout le monde est choqué par les
images de de corps d'enfants ou de
charniers au milieu des flammes des
bombardements israéliens est-ce que au
final l'émotion que génère cette ce
massacre au vu et auessus de tous finira
par par tout stopper alors il y a quand
même plusieurs choses qui peuvent
peut-être tempérer cette vision
lugubre que nous présentons à à nos amis
premier élément euh on hésite de moins
en moins à employer le terme de génocide
euh rappelle-toi automne 2023 encore
choqué par ce qui passait le 7 octobre
nul n'osait encore prononcer ce terme à
propos des populations Gazaoui au fil de
l'année
2024 cet usage s'est banalisé d'abord
parce que la Cour internationale de
justice à parlé de risque génocidair
parce que la rapporteur des nations-
Unies madame albanz en a parlé
explicitement et les Nations Unies c'est
pas n'importe quoi pardon hein parce que
les ONG les unes après les autres en
parl et il y a là une première fenêtre
c'est-à-dire je constate que
paradoxalement ce droit international
oublié cette juridicisation des
relations internationales à laquelle on
ne croyait plus fait en quelque sorte
son retour c'est-à-dire qu'on n jamais
autant parleré de droit international on
n jamais autant parlé du rôle de la Cour
internationale de Justice même si elle
est lente dans son fonctionnement et de
la Cour pénale internationale notamment
depuis qu'elle a délivré ses mandat
d'arrêt contre voilà et donc de plus en
plus on a du mal à cacher ce que sont
les ressorts du droit alors ne nous
faisons pas d'illusion nous savons que
les princes de ce monde et surtout
ces leaders de grande puissance qu'il
s'agisse des États-Unis de la Russie
même de la Chine ou qu'il s'agisse
d'Israël se moque du droit international
hein on pourrait donner des des dizaines
et des dizaines d'exemples ce droit
international é méprisé mais ce que je
constate c'est qu'il est de plus en plus
présent dans le langage parce que il est
de plus en plus difficile de nier que
des éléments ultra sensibles du droit
international comme l'idée de crime de
guerre de crime contre l'humanité de
crime de génocide sont de plus en plus
évident donc il y a ce retour du droit
la question que je pose c'est combien de
temps les états de droit c'est-à-dire
des États qui ne vivent que sur la
réputation d'être les grands serviteurs
du droit pourront ainsi se moquer du
droit international il y a peut-être là
une petite fenêtre et puis il y a une
deuxième fenêtre hé làas à plus long
terme mais euh pour laquelle je plaide
depuis mon mon livre sur l'art de la
paix c'est de dire mais tout ceci finit
par être incroyablement coûteux y
compris on n'en parle pas beaucoup pour
l'économie israélienne qui souffre
énormément de tous ces initiatives
abracadabantises qui ont été prises
contre Gaza contre la c-jordanie contre
Jérusalem est contre le Liban contre la
Syrie contre le Yémen maintenant je veux
dire on ne voit pas je parlais tout à
l'heure de l'épuisement de l'économie
russe on ne voit pas aussi l'épuisement
de l'économie israélienne alors elle est
tenue à bout de bras par les États-Unis
mais est-ce que ça suffira éternellement
c'est aussi une question qu'il convient
de se poser tout cela ramène à cette
thèse pour laquelle je me bat depuis
longtemps autrefois la guerre ça
rapporté c'est tragique cynique
insupportable de dire ça mais ça
marchait ça marchait les états réglaient
leurs problèmes par la guerre et ça
fonctionnait aujourd'hui
la guerre est de plus en plus
destructrice et coûteuse et elle ne
rapporte rien quel confort ces attaques
génocidaires contre le peuple
palestinien ont pu apporter à Israël
depuis octobre 2023 rien au
contraire le l'État d'Israël risque de
glisser vers le statut d'État paria ce
qui risque de lui coûter cher l'opinion
publique internationale se détourne de
plus en plus l'économie est en train de
s'écrouler la société souffre notamment
au travers de la question des otages qui
sont toujours pas de retour chez eux
donc il faut aussi voir que cette
spirale apparemment sans lendemain dont
je parlais tout à
l'heure se développe à mesure qu'elle se
développe et ben elle ne porte pas de RA
résultat elle ne porte pas de fruit
est-ce que cette cette émergence de du
combat des Palestiniens ou du moins du
soutien au Palestiniens euh au sein de
des opinions internationales des
opinions publiques surtout euh n'est pas
aussi le réfle d'une certaine victoire à
suivre aussi pour l'année 2025 de ce
qu'on appelle le sud global je je pose
la question parce que ce combat des
Palestiniens a remis un petit peu la
lumière aussi sur d'autres d'autres
d'utres combat d'autres guerres d'autres
conflits dans le monde on pense au au au
Congo à la RDC à la guerre à l'Est de la
RDC on pense au Soudan on pense à Haïti
aux violences qui qui qui s s'y déroul
notamment est-ce que ce n'est pas
l'heure pour les conflits moins
médiatisés des conflits qui étaient
portés par ce qu'on appelle le sud
global d'avoir aussi leur leur un peu de
lumière un peu de considération de la
part de du monde ah mais tout à fait le
sud global est en train sinon de gagner
mais en tous les cas de gagner des
positions de l'importance un statut dans
le jeu
international dans un double paradoxe le
premier paradoxe c'est que les vieilles
puissances ne veulent pas en entendre
parler et réagissent au quart de tour en
disant bah ça existe pas donc passez
votre chemin et parlons d'autres choses
VO et euh l'autre paradoxe c'est que
effectivement ce Sud global est marqué
par une
hétérogénéité que nul ne peut contester
enfin il a rien de commun entre la
République du Tchad
et et l'Inde la Chine
ou je ne sais quel autre l'Indonésie ou
même l'Afrique du Sud par exemple euh
donc ça c'est un double paradoxe hein
premièrement non vous n'existez pas et
deuxièmement même si vous ex vous êtes
fait de brique et de broc donc ça ne
compte pas mais on oublie l'essentiel et
c'est cet essentiel qui est en train de
se jouer aujourd'hui cet essentiel c'est
un sentiment communément partagé je
dirais de Pékin à
conakri de
jjamena jusqu'à darta que on est
marginalisé on est méprisé alors que
l'on est majoritaire dans la population
et que globalement on tient les ficelles
d'une économie dont les plus vieilles
puissances dépendent de plus en plus
donc lors que l'on assiste à des cancers
comme ce ce conflit
israélo-palestinien que voit-on et bien
un sentiment
d'empathie un sentiment de comm unee
appartenance un sentiment effectivement
d'avoir à éprouver chez soi des conflits
dont les racines se trouvent dans le
dysfonctionnement du système
international et donc on est de plus en
plus dé facto au centre du jeu
international c'est d'ailleurs l'Afrique
du Sud qui a porté la
l'affaire israëlo-palestinien auprès de
la CJ absolument et c'est aussi les
peuples qui en sont les relais
c'est-à-dire même si vous avez dans ce
Sud global des États qui se sont liés
les mains par exemple avec des accords
dit
d'Abraham les peuples eux s'identifie de
plus en plus à cette conflictualité
nouvelle parce
que ces peuples ne peuvent pas rester
indifférents aux souffrances que que tu
décrivais tout à l'heure le phénomène
d'empathie sociale c'est devenu un des
ressorts les plus actifs et les plus
déterminants du jeu international
aujourd'hui parce que aujourd'hui
contrairement à hier et c'est pour ça
que je dis que depuis 1945 tout a changé
tout le monde voit tout le monde il n'y
a plus de souffrance secrète et donc
tout le monde a tendance à s'identifier
à la souffrance de l'autre et cela créer
des paramètres nouveaux du jeu
international face auxquel les vieilles
alliances n'ont plus beaucoup
d'efficacité et bien merci beaucoup
Bertrand pour cette ce décryptage et cet
exercice de prospective en quelque sorte
de l'année en terme de crise
internationale de l'année 2025 à venir
merci à vous d'avoir regardé le monde
n'a pas de centre que vous pouvez
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