Oman, les traditions musulmanes

Ici et ailleurs voyages
71 abonnés
151 Vues de vidéo·30 déc. 2024
Un petit matin sur le Moyen-Orient.
Un petit matin sur Oman.
Bienvenue à Maskat, la capitale de cet émirat du sud de la péninsule arabique
qui borde la mer auquel il a donné son nom.
Bienvenue dans la famille Altira,
où chaque matin, le fils aîné, Nibras, 9 ans, est réveillé.
Réveillé par sa nounou.
Enfin, lorsqu'elle réussit du premier coup.
Pour sa sœur, c'est encore plus difficile.
Et pendant qu'elle continue à partager les bras de Morphée,
pendant que l'employé de maison est déjà affairé à remettre de l'ordre,
Nibras prend sa douche dans la salle de bain qui communique avec sa chambre.
Une salle de bain par chambre, c'est synonyme de famille bourgeoise.
Et le reste de la maison est bien à cette image.
Sur plusieurs étages, avec des meubles et des effets de décoration.
Il est vrai que les parents ont tous deux un confortable salaire de fonctionnaire.
Seyf, le père, est cadre au ministère de l'Éducation nationale.
Sa femme, Oumaya, travaille à la chambre de commerce et de l'industrie.
La maison est bien entendu située dans l'un des quartiers chics de Maskat.
Rien à faire pour réveiller Mater.
Nibras pourrait se brosser les dents au pied de son lit qu'elle ne bougerait pas d'un iota.
Alors il a renoncé et préfère se préparer seul pour la prière.
Le rituel commence par les ablutions.
Les mains, le visage, les oreilles, les pieds.
Puis Nibras revêt sa kouma, coiffe traditionnelle.
Sort son petit tapis de prière qu'il installe dans sa chambre sur le tapis en forme de ballon de basket.
Mais ce matin, Seyf l'interrompt dans ses préparatifs.
De temps en temps, son père lui fait la surprise de l'emmener à la mosquée pour la prière du matin.
Maskat se réveille.
La ville et son port comptent 600 000 habitants.
Elle s'étend au pied du Djebel Hajar.
L'urbanisme est conforme aux traditions de l'architecture arabe.
Pas de hauts immeubles ni de toits inclinés.
Des rues propres et des constructions aux couleurs sable ou blanche.
Véritable oasis dans le désert,
la capitale omanaise est bâtie au milieu d'une plaine fertile entourée de rochers escarpés.
Plus petite capitale au monde, c'est aussi la plus chaude,
avec ses 45 degrés Celsius de mai à août,
qui ne descendent que rarement en hiver en dessous de 25 degrés.
La découverte de pétrole et son exploitation
a permis au sultan d'offrir au pays une douceur de vivre
et un luxe bien loin de l'âpreté dans laquelle vivaient ses ancêtres.
La ville offre un spectacle imposant,
avec les murailles crênelées de l'ancien fort portugais
et le palais bleu et or du sultan,
considéré par les Omanais comme un symbole de la renaissance du pays.
La nouvelle grande mosquée d'Ali est à l'image de cette richesse.
Elle abrite le deuxième plus grand lustre au monde d'or et de cristal.
Le sultan Qaboos bin Saïd vit dans un palais à l'architecture contemporaine,
mais soucieuse des valeurs du passé.
A cette heure, la mosquée est encore vide.
Nibras et son père procèdent à de nouvelles ablutions rituelles.
Puis ils pénètrent dans la salle de prière,
où Seyf guide les phrases de son fils.
A l'extérieur, le soleil commence déjà à réchauffer l'atmosphère.
Les premiers pêcheurs rentrent au port et croisent les tanqueurs qui apparaillent.
Nibras est de retour à la maison.
Le petit descend dans la cuisine pour donner à manger à ses animaux domestiques.
Mais auparavant, il se débarrasse de sa tenue pour ne pas la salir.
Nibras adore les animaux et chez lui, il a deux tortues et cinq petits poissons
qu'il affectionne particulièrement.
Les parents sont attentifs à ce que les enfants apprennent un peu l'autonomie,
car à la maison, ils sont très encadrés.
Deux nounous d'origine philippine sont là pour s'occuper d'eux nuit et jour.
Rien d'anormal ici, d'ailleurs, elles connaissent les enfants quasiment depuis leur naissance.
L'enfant est roi au sultanat d'Oman.
Ils sont très gâtés et sont des symboles de richesse,
car plus une famille a d'enfants, plus elle est riche.
Et généralement, plus il y a d'enfants, plus il y a de femmes de ménage.
Et puis l'emploi du temps de Soumaya, la mère, ne lui permet pas de s'occuper des enfants le matin.
C'est leur père qui vient les chercher pour leur faire prendre leur petit déjeuner.
Le repas est plutôt à l'anglo-saxonne.
D'ailleurs, Seyf emploie souvent l'anglais pour s'adresser à ses enfants.
Voilà que Mahater daigne enfin se lever et descendre.
La petite fille embrasse le dos de la main de son père en signe de respect.
Seyf a étudié à l'étranger, inscrit ses enfants dans une école
où les langues, et notamment l'anglais, sont enseignées depuis les plus petites classes.
Mais l'anglais est aussi la langue naturelle des enfants pour discuter avec les nounous.
Pendant que Seyf prend du temps avec ses enfants, leur mère doit déjà partir.
Si les femmes sont certes en retrait à Oman, elles ne sont pas pour autant à l'écart.
Elles ont le droit de travailler.
Certaines siègent au gouvernement.
Et Oman est le seul pays du Golfe où les femmes ont même le droit de vote.
La polygamie existe encore, mais elle est de moins en moins pratiquée.
D'abord pour des raisons financières.
Peu d'hommes ont les moyens d'entretenir plusieurs femmes.
Mais aussi parce que les femmes acceptent de moins en moins des co-épouses.
Son repas terminé, Nibras remonte regarder la télévision.
Seyf dit au revoir aux plus jeunes des frères, qui a bien du mal à laisser partir son père.
Les nounous terminent de préparer les enfants.
L'heure du départ à l'école approche, et Nibras passe à nouveau sa tunique blanche.
Cette tenue, la disdaha, est l'uniforme de tous les écoliers du sultanat.
Mais c'est aussi celui de tous les Omanais.
Par décret du sultan, tous les hommes du pays doivent porter ce vêtement.
Du haut fonctionnaire jusqu'au plus modeste chauffeur de taxi.
Et si d'apparence ces tuniques sont simples, le raffinement de certaines peut les conduire à valoir des fortunes.
Chacune d'entre elles revêt souvent une signification qui va bien au-delà du tissu.
C'est le cas de celle que porte Nibras aujourd'hui.
Son grand-père la lui a fait faire sur mesure, et lui a offert il y a quelques jours.
Ils sont allés ensemble la choisir dans les souks.
A Oman, les garçons portent la disdaha dès 5 ans.
Et les filles doivent porter l'abaya dès 12 ou 13 ans.
Mais garde dessous, des vêtements à la dernière mode.
L'évolution de la société omanaise ces 50 dernières années a été fulgurante.
En une génération, les habitants du pays sont passés du statut de bédouins
à celui de propriétaires de belles maisons et de voitures puissantes.
Le sultan a fait de la propreté un symbole de son pays.
A Oman, tout est propre, partout.
Chacun doit faire attention à cette image, de sa tenue à sa maison.
Avoir une voiture sale est passible d'une amende.
Nibras attend le bus qui l'emmènera à l'école, à l'intérieur de l'enceinte de la maison.
Toutes les maisons sont entourées d'un mur suffisamment haut pour cacher les terrasses
et empêcher d'apercevoir les femmes qui se promènent sans voile chez elles.
Voilà enfin le véhicule qui s'approche.
Nibras commence à s'impatienter.
Dans les transports en commun, la mixité est tolérée.
Mais les garçons doivent s'installer d'un côté et les filles de l'autre.
Le trajet en bus dure à peine une minute.
Le chauffeur n'a même pas le temps de passer la troisième qu'ils sont déjà arrivés.
En fait, l'école est à moins de 100 mètres.
Les véhicules et leur air conditionné sont les seuls refuges dans la fournaise qui s'installent très tôt.
Et puis dans le pays, l'essence ne coûte rien.
Alors pourquoi s'en priver ?
Cette école est l'école du sultan.
C'est la plus chic du pays.
Une école mixte.
Où, comme dans tous les pays du monde, les enfants jouent au foot.
Sauf qu'ici, ils ont quelques problèmes techniques inhabituels dont ils s'accommodent finalement très bien.
Une école privée très chère, près de 6000 euros par an,
où il est garanti presque à 100% que l'enfant pourra faire de hautes études supérieures.
Mais en attendant cette issue prometteuse, la sonnerie ne conduit pas directement les enfants dans leur classe.
Rassemblement chaque matin avant les cours, dans la grande salle d'apparat.
On chante l'hymne national pendant que l'on hisse le drapeau.
La cérémonie se poursuit avec une sourate, un verset du Coran, pour bien commencer la journée.
Parmi les enseignants, l'école compte de nombreux professeurs occidentaux
qui ont dû se faire à ces habitudes disparues depuis longtemps dans nos écoles.
Mais c'est là une toute autre histoire, bien loin de la nôtre.
Alors il est temps de se dire au revoir, et à bientôt, pour un autre petit matin.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
