L'Heure des Pros du 01/01/2025
2 Vues de vidéo·1 janv. 2025
Bonjour à tous et ravis de vous retrouver pour un nouveau numéro de l'heure des pros.
Je me permets de vous souhaiter une très, très, très belle année.
Je sais que vous êtes nombreux à nous regarder, de plus en plus nombreux.
CNews est la première chaîne d'info de France depuis l'année dernière et ça se poursuit.
On nous souhaite également le meilleur pour cette année qui s'ouvre une pensée pour nos auditeurs d'Europe 1,
puisque nous sommes sur Europe 1 de 9h à 9h30.
Très belle année qui se pour un Europe 1, c'est 70 ans.
Merci, vous suivez autour de cette table.
Aujourd'hui, Emmanuel Macron à la recherche du temps perdu.
Hier soir, le chef de l'État a annoncé qu'il demandera aux Français de trancher certains sujets déterminants dans le courant de l'année,
lesquels il ne l'a pas précisé.
Comment non plus ?
Chaque chose entre son temps, pourrait-on dire, engluée dans une crise politique.
Depuis cette dissolution ratée, il l'a concédé hier, de laquelle il souhaite s'extraire.
Emmanuel Macron tente de redevenir, disons-le, le maître des horloges,
alors que depuis quelques mois, il subissait les événements et le temps qui passe.
Certains élus le poussent au départ, le président de la République le répond.
En ouvrant cette voie, celle du référendum, il cherche à régénérer sa légitimité en s'appuyant sur le peuple.
Encore faudra-t-il pour ce faire, après consultation, au pluriel, disons-le, l'écouter et lui répondre.
Car rien ne serait pire que de réitérer l'expérience malheureuse de 2005,
première manifestation de cette fracture entre les élites et le peuple,
qui n'a cessé de s'élargir depuis, nous a conduit, n'en doutons pas, à la situation actuelle.
Il est 9h01, le rappel des principales actualités avec vous, Mickaël Dorian.
Bonjour Florian et bonjour à tous.
Un adolescent de 15 ans est mort cette nuit renversé à Strasbourg.
Un enfant de 2 ans a également été blessé à Lyon par un tir de mortier.
La première nuit de 2025 a été marquée par plusieurs incidents également à Nice, Nantes ou Valenciennes.
Le dispositif de sécurité hier soir était pourtant colossal.
90 000 policiers et gendarmes en France, dont 10 000 à Paris.
Si chaque année amène son lot de nouveautés, 2025 ne fait pas exception.
Plusieurs changements sur le plan économique entrent donc en vigueur à partir d'aujourd'hui.
Baisse des taux des livrets d'épargne, revalorisation des pensions retraites
ou encore augmentation du prix des cigarettes.
Et puis l'année 2025 marque le 70e anniversaire de la naissance d'Europe 1.
70 ans d'actualités, d'émotions, mais aussi de rires.
C'est le 1er janvier 1955 à 6h30 que la première émission est diffusée.
La première chanson entendue sur l'antenne d'Europe n°1 est signée Gilbert Bécaud.
Depuis, la station n'a cessé d'émettre.
Merci beaucoup Mickaël.
On vous retrouve d'ici une petite trentaine de minutes pour un nouveau point sur l'actualité.
Belle année et bon anniversaire pour Europe 1.
Les auditeurs d'Europe 1 qui sont en notre compagnie jusqu'à 9h30.
Et nous sommes exceptionnellement sur CNews ensemble jusqu'à 11h.
Je salue mes invités en plateau.
Certains d'entre vous étaient d'ores et déjà présents hier soir pour commenter
l'allocution du président de la République et les différentes allocutions qui ont eu lieu.
C'est le débat de Marine Le Pen qu'on a beaucoup commenté également.
Rachel Khan, bonjour à vous.
Très belle année.
Vous êtes aux côtés de Sarah Salman, avocate.
Georges Fenech, également présent dès hier soir.
Très belle année à vous.
C'est le gentil Georges aussi ce matin.
Il y avait le méchant Georges Fenech.
C'est bon, le méchant Georges Fenech a été rangé au placard.
Il est resté en 2024.
Non, on en est passé en 2025.
C'est bon, c'est bon.
Eric Nolo, journaliste et écrivain.
Axel Ronde, porte-parole du syndicat CFTC Police.
On reviendra sur ce qui s'est passé dans le courant de la nuit.
Et Thomas Bonnet pour commenter l'actualité politique.
Journaliste politique au sein de la rédaction.
Eric Nolo, vous êtes également en notre compagnie.
Très belle année.
Meilleur vœu à tous.
On nous souhaite le meilleur.
D'ici quelques minutes, nous aurons très certainement les chiffres
concernant l'audience d'hier soir pour l'allocution du président de la République.
Alors à chaque fois, on la commente puisque les chiffres tombent aux alentours de 10 millions.
C'était 10 millions l'an dernier, aux alentours de 9 millions,
tout simplement parce qu'il y a les chaînes hertziennes.
Puis ensuite, il y a les chaînes de la TNT, donc 9 millions.
Et ensuite, il faudrait ajouter les chaînes d'info.
L'Elysée a les yeux rivés sur les audiences parce que c'est l'indicateur pour eux.
Nous, on le commente forcément, mais ils surveillent ça de très près.
Tout simplement pour savoir s'il y a une attente vis-à-vis de cette allocution.
Allocution inédite sur la forme.
Mais moi, ce qui m'intéressait, on va beaucoup aussi tenter de faire
ce qui a peu été fait, je trouve, depuis hier soir.
C'est tenter d'analyser ce qui n'a pas été dit durant cette allocation.
On a beaucoup commenté ce qui a été dit par le président de la République.
Il y a énormément de sujets également qui n'ont pas été abordés.
Et on y viendra dans le courant de cette émission.
Mais avant cela, on va peut être écouter le chef de l'État sur le référendum,
parce que c'est la grande annonce.
Selon moi, je ne sais pas ce que vous en pensez autour de la table d'hier soir.
C'est pour cela qu'en 2025, nous continuerons de décider.
Et je vous demanderai aussi de trancher certains de ces sujets déterminants.
Car chacun d'entre vous aura un rôle à jouer.
Chacun d'entre vous sera nécessaire pour réussir ce projet
que je viens rapidement de brosser devant vous.
Oui, comme pour les grands chantiers qui ont fait notre histoire
et encore l'année qui vient de s'écouler,
chacun d'entre vous est nécessaire pour bâtir une nation
et une République plus belle encore.
Ce qui est étrange, néanmoins, Thomas,
c'est que l'Élysée, dans la foulée, a communiqué pour expliquer
que ça ne serait pas forcément un ou des référendums.
On ne comprend pas trop.
On commençait à s'emballer, à se dire
peut être le peuple va pouvoir se prononcer sur des sujets déterminants.
Il faudrait d'ailleurs nous dire ce que ça veut dire.
Sujets déterminants, on va sans doute en parler.
Et puis là, on nous dit peut être convention citoyenne.
La déception que ce serait d'avoir une convention citoyenne.
On a eu une sur la fin de vie, une sur le climat.
Pas dire que ça a été suivi d'effets
dans l'aspect concret de la politique d'Emmanuel Macron.
La réalité, c'est que le référendum permettrait de trancher
des sujets dont certains font déjà consensus aujourd'hui.
Mais on connaît le champ d'application du référendum.
Il est très restreint.
Donc, finalement, on ne pourrait pas trancher.
Je pense à la question de l'immigration,
parce que quand on parle de référendum,
on parle beaucoup de la question de l'immigration.
En l'état aujourd'hui de notre Constitution,
on ne peut pas poser de questions sur l'immigration.
On va voir justement cet article 11 qui prévoit trois domaines.
Vous avez exposé ces domaines hier soir, Georges Fenech.
L'organisation des pouvoirs publics,
les réformes relatives à la politique économique et sociale
et aux services publics et la ratification d'un traité,
non contraire à la Constitution,
mais susceptible d'influencer le fonctionnement des institutions.
Voilà, c'est la Constitution de la cinquième qu'on va décrypter.
Mais pour l'heure, il faudrait changer cette Constitution
pour pouvoir organiser, il est vrai, un référendum sur l'immigration.
On en parle beaucoup depuis plusieurs années.
Qu'en pensez-vous autour de la table de cette voie ouverte hier soir
par le président de la République, Eric Nolot ?
Cette intervention m'a laissé une drôle d'impression.
Moi, j'ai l'impression que son mandat n'a jamais commencé,
en fait, à Emmanuel Macron.
Je ne parle même pas du second, je parle du premier.
Il est tout le temps dans une sorte de futur en disant
alors là, j'ai trouvé pour vraiment fonder mon action,
vraiment quelque chose d'important.
Et puis, c'est les mêmes recettes.
En effet, une convention citoyenne qui n'a rien donné.
Et on se dirige quand même vers ce qu'Emmanuel Macron
a cessé de faire en un mandat et demi, c'est-à-dire parler, quoi.
Parler, parler. Alors, il parle avec les gens, il n'en reste rien.
Il fait semblant d'écouter, il est sorti comme ça,
il a essayé de sortir comme ça de la crise des gilets jaunes,
de la crise avec les agriculteurs et il n'en sort rien.
Et quand même, on attendait au minimum une annonce tranchante.
Alors, non seulement l'ambiance a été extrêmement vague,
extrêmement floue, mais en plus, elle a été plus ou moins torpillée.
Il n'a quasiment abordé aucun sujet.
Non, rien.
Après, c'était vraisemblablement un choix.
On est dans une crise démocratique quand même profonde,
même si ce sont des vœux,
ce n'est peut-être pas l'occasion de faire des déclarations fracassantes,
mais qu'on en retienne quelque chose.
On en est réduit, on va le faire dans quelques instants,
à évoquer ce qu'il n'a pas dit plutôt que ce qu'il a dit.
Il me semble que c'est révélateur en soi.
Vous vous attendiez des choses et ça m'étonne.
Moi, je n'attendais rien et je n'ai pas été déçue.
Vous voyez, c'est toute la différence entre vous et moi.
La naïveté.
Non, globalement, il n'a rien dit sur le référendum.
Ça ne se fera pas.
Et la particularité d'Emmanuel Macron, c'est que quand les Français votent,
ils n'écoutent pas le résultat.
J'ai envie de vous dire, c'est assez pessimiste.
Puisque ce matin, sur ce qu'il n'a pas dit, il y a beaucoup de choses.
On s'est reconjugé dans les archives et j'évoquais dans mon édito
ce qui a frappé et ce qui marque peut-être ce début de siècle pour nous.
C'est ce qui s'est passé en 2005.
C'est-à-dire qu'on évoque depuis plusieurs années cette fracture
qui ne fait que s'élargir d'année en année.
La première manifestation de cette fracture en ce qu'on appelle,
je n'aime pas beaucoup cette expression, l'élite et le peuple, c'est 2005.
C'est regarder dans un premier temps ce vote des Français
et ensuite la réponse de Jacques Chirac.
Le temps est venu de déployer notre projet pour l'avenir.
Le projet d'une société ouverte sur l'Europe.
Une société de justice, de croissance, d'emploi.
Une société de l'intelligence, de la créativité,
de l'innovation.
En 2005, vous aurez l'avenir de cette Europe entre vos mains.
J'ai en effet décidé que la Constitution européenne
vous sera soumise par référendum avant l'été.
Ainsi, vous, peuple souverain,
serez appelé à choisir vous-même votre destin.
Ça, c'était la proposition par Jacques Chirac
d'organiser un référendum sur la Constitution européenne
et écouter le peuple a voté, le peuple a dit non
et écouter la réponse du président de la République en 2005.
La France s'est démocratiquement exprimée.
Vous avez majoritairement rejeté la Constitution européenne.
C'est votre décision souveraine et j'en prends acte.
Pour autant, nos intérêts et nos ambitions
sont profondément liés à l'Europe.
La France, pays fondateur de l'Union,
reste naturellement dans l'Union.
Et je tiens à vous dire, à dire à nos partenaires européens
et à tous les peuples de l'Europe
que la France continuera à y tenir toute sa place
dans le respect de ses engagements.
Je trouve que c'est assez révélateur.
J'entends ce qui a été dit,
mais comprenez qu'on ne pourra pas respecter
ce vote populaire qui s'est exprimé dans les urnes.
C'est comme ça qu'il faut le comprendre.
D'où peut-être cette prudence du président de la République
de ne pas évoquer, hier soir,
cette question précise du référendum ?
Il y a plusieurs choses.
Cet exercice des voeux devient de plus en plus difficile
à mesure qu'on est dans un contexte,
une période de surmédiatisation avec les réseaux sociaux, etc.
Vous parlez des chiffres d'audience, certes,
mais il y a le nombre de vues sur les réseaux sociaux, etc.
Donc, la comptabilité, aujourd'hui, n'est pas très précise
compte tenu de notre contexte réseau social.
Ensuite, je vais essayer, en ce premier jour de l'année,
de regarder plutôt ce qui m'a plu,
parce qu'en réalité, il est très facile
de dénigrer une prise de parole.
Aussi, dans notre contexte,
avec cette forme d'individualisme poussée au maximum,
on aimerait que le discours du président de la République
soit un discours sur mesure pour chaque citoyen,
ce qui est impossible.
Moi, ce qui m'a plu, c'est redonner la parole aux Français
et peut-être, en creux, de dire en sous-texte
que, finalement, le Parlement, avec cette bordélisation
notamment de l'extrême-gauche, n'arrive pas à faire son travail
et que les Français sont ces citoyens-là
qui aiment la politique, qui aiment le débat public,
ont envie d'être écoutés.
C'est vrai qu'il y a une incompréhension,
et on peut les comprendre, de la part des Français,
qui voient qu'il n'y a pas de majorité.
Certes, on en parle depuis 2022 à l'Assemblée nationale,
mais sur un certain nombre de sujets, et ils sont nombreux,
il y a une majorité, non pas politique, mais populaire.
Selon tous les sondages, vous évoquiez tout à l'heure
l'immigration, la sécurité, le pouvoir d'achat,
la réforme des retraites.
On peut quasiment prendre tous les sondages
des cinq, six dernières années,
la laïcité sur les institutions ou autres.
Sept, huit Français sur dix votent toujours pour la même chose.
On a organisé je ne sais combien de sondages
qu'on a publiés et diffusés,
à la fois sur Europe 1 et sur CNews.
Il faut manier le référendum avec une main tremblante.
Vous avez raison de le rappeler.
La voie de la sagesse.
Parce que le Français a tendance à répondre
à celui qui pose la question et pas forcément à la question.
Voilà, et ça devient un plébiscite.
Général De Gaulle en avait tiré les conséquences,
puisqu'il avait démissionné après son référendum raté de 1969.
On ne légifère pas par référendum.
Ça doit rester l'exception.
Et là, comme il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale,
on sent bien, dans l'intention du président de la République,
une manière de contourner la représentation nationale
pour s'adresser directement au peuple,
si tant est qu'on ait bien compris ce qu'il a voulu dire,
puisqu'il n'a pas employé le terme de référendum.
Donc, il faut être prudent et dire aussi
que c'est un moyen illimité de légiférer,
parce qu'on ne peut pas faire de référendum
sur un sujet de société, par exemple,
ou sur la question de l'immigration.
J'ai regardé à nouveau tous les référendums,
il y en a une dizaine, depuis 1958.
C'est essentiellement des réformes institutionnelles
qui ont été adoptées.
Ça a été le septennat qui a été rendu au quinquennat,
ça a été l'élection présidentielle
au suffrage universel direct,
ça a été les accords de Nouméa, etc.
Il n'y a eu, comme ça, que des référendums institutionnels.
Donc, ce n'est pas dans notre tradition.
On n'est pas en Suisse, la France, voyez-vous.
Donc, j'attends sur tout ce que vous aviez dit tout à l'heure,
dire qu'est-ce qu'il n'a pas dit.
Et quel sera l'intitulé de la question posée ?
Parce que la réponse à un référendum
dépend beaucoup de la façon dont une question est posée.
Donc, si on n'a même pas le sujet,
c'est compliqué d'anticiper la question à venir.
Moi, je prendrais ce qu'a dit Georges à rebours.
Georges, bon, non sans raison,
il faut envisager un référendum d'une main tremblante.
Ce qui devrait faire trembler le président,
c'est de durer trois ans comme ça sans qu'il ne se passe rien.
Moi, je pense qu'il faut un électrochoc,
il faut un référendum ou quelque chose de fort.
Ça ne peut pas durer trois ans comme ça,
sans majorité, avec un président...
Hier, le roi n'était pas nu, mais il était très court vêtu.
Il est vraiment au bout du bout du bout.
C'est vraiment les dernières cartes de son jeu.
Moi, je ne vois pas la situation s'éterniser comme ça.
Il faut qu'il se passe quelque chose,
et quelque chose de signifiant,
pas seulement symbolique, de signifiant.
Moi, je crois que le référendum est la seule solution.
À moins qu'il veuille démissionner,
mais ce n'est pas le genre de l'avenir.
Vous avez parlé dans votre édito
d'Emmanuel Macron à la recherche du temps perdu.
Moi, je dirais qu'Emmanuel Macron est toujours à contre-temps.
C'est-à-dire que sa dissolution, elle intervient au pire moment,
au soir d'une déroute électorale.
Et là, il va peut-être faire un référendum
au moment où il est au plus bas dans les enquêtes d'opinion,
où il est le plus affaibli politiquement.
Parce que dans un monde idéal, comme le général de Gaulle,
il associe son sort au résultat du référendum
et on en tire les conséquences.
Là, on sait d'avance que s'il lit son sort
au résultat du référendum,
le résultat va être évidemment écrasant contre lui.
Donc, il ne peut pas...
D'où cette petite subtilité, à un moment donné,
qu'on a commentée hier.
Il dit sur des sujets, pas sur un sujet,
sur des sujets pour tenter, justement,
d'avoir soit l'organisation d'un référendum,
soit l'organisation de plusieurs référendums.
Il y a tellement d'idées qui ont circulé dans la Macronée.
On va peut-être y revenir.
À un moment donné, c'était il y a un an, un an et demi.
On évoquait cette idée-là.
Olivier Véran était alors porte-parole du gouvernement.
Il y avait l'idée du référendum, du pré-référendum
et du pré-référendum.
Il y a aussi...
Il s'y perd un tout petit peu.
Je le conseille, Éric Nolot.
En plus d'un mot sur le lien entre Emmanuel Macron
et les Français, je me suis replongé
dans différentes allocutions ou déclarations
du chef de l'État à travers les crises,
notamment en décembre 2018.
On est au moment des Gilets jaunes.
Il fait une allocution à la télévision.
Et déjà à l'époque, il dit qu'il veut voir
les courants d'opinion mieux entendus dans leur diversité,
une loi électorale plus juste,
la prise en compte du vote blanc et que soit admis
à participer au débat des citoyens n'appartenant pas à des partis.
On n'a rien vu de tout ça.
Les cahiers de doléances, de la même manière,
n'ont jamais été lus ou exposés par le président de la République.
Donc, il y a ce qu'il souhaite.
Il y a les voeux aux Français.
Il y a la réalité.
Les Français ne voient pas d'évolution
dans la manière de gouverner du chef de l'État.
C'est vrai que quand je disais
Emmanuel Macron à la recherche du temps perdu,
c'est presque Emmanuel Macron qui cherche à gagner du temps,
en promettant l'organisation d'un référendum,
en ne précisant pas si c'est un référendum,
un pré-référendum, un pré-référendum.
C'est toujours ça, de jouer la montre
quand il faut nommer un gouvernement,
quand il faut le plus de temps possible
pour nommer un gouvernement.
Jouer la montre, c'est ce qu'il fait.
On écoute Olivier Véran
et on poursuit la discussion sur cette question.
Vous pouvez faire plusieurs référendums
espacés dans le temps,
ou vous pouvez décider de poser plusieurs questions aux Français
regroupées sur une seule journée.
Ce que dit la Constitution,
c'est que vous ne pouvez pas faire un seul scrutin
avec plusieurs questions différentes.
Bon, je pense qu'on peut peut-être s'inquiéter
un tout petit peu sur l'organisation.
On espère qu'il y a une idée
qui est d'ores et déjà quasiment préétablie à l'Élysée.
Oui, vous en doutez, j'ai l'impression,
Thomas Bonnet, lorsque je vous regarde.
Non, mais on verra ensuite sur les sujets.
Le fait d'écouter les citoyens,
ça ne relève pas simplement de la question du chef de l'État.
Ça relève aussi de toute la responsabilité
des leaders politiques.
On a quand même le sentiment aujourd'hui
par rapport aux enjeux nationaux et internationaux
qui sont les nôtres,
qu'il y a énormément de citoyens
qui prennent plus la responsabilité au fond
que certains leaders politiques
qui nous mènent quasiment droit dans le mur.
On est tout à fait d'accord.
C'est pour cela que lorsque l'on écoute les citoyens,
et j'évoquais ces différents sujets,
l'immigration, la sécurité, le pouvoir d'achat, les retraites,
on pourrait mais égréner,
on pourrait presque faire une liste à la prévère
sur l'ensemble de ces sujets.
Les citoyens sont d'accord,
il y a une majorité dans ce pays,
contrairement à ce que l'on dit depuis 2022.
On va peut-être regarder l'ensemble
des réactions politiques assez rapidement,
puisqu'on les a d'ores et déjà commentées
depuis hier soir, puisqu'Emmanuel Macron
annonce vouloir recourir au référendum,
qu'il commence par un référendum sur les retraites.
Là encore, tout dépend de la question qui est posée.
Si on pose la question aux Français,
souhaitez-vous rééquilibrer le système des retraites ?
Souhaitez-vous permettre à la population
dans trois générations
d'avoir toujours un système qui soit efficace ?
On peut comprendre que la question soit oui,
que la réponse ne plaise pas forcément
à l'ensemble de la population.
On a vu également cette réaction de Manuel Bompard,
ce qui est également à noter de la part des députés
et plus largement de l'ensemble des membres
de la France insoumise.
C'est le fait qu'ils ont réitéré de nouveau
leur souhait de devoir partir.
Emmanuel Macron, cela a été fait
de manière plus subtile du côté de Marine Le Pen.
Ce sont des gens qui ne font jamais d'erreur,
vous voyez, la France insoumise.
Ce sont des gens qui sont au-dessus,
ils ne font jamais d'erreur.
Ce qui est terrible, et on aura l'occasion de commenter,
c'est ce tweet de Jean-Luc Mélenchon.
Je ne sais pas, on le commentera un peu plus longuement
tout à l'heure, tant que la parenthèse ne sera pas fermée,
le courant d'air sur la Pénile, il faut finir le travail.
Je ne sais pas ce qu'il souhaite lancer comme idée
au sein de la population sur « il faut finir le travail ».
On le sait, oui, c'est une idée fixe.
On peut y arriver.
C'est un peu l'appel à l'insurrection.
On l'a déjà commenté, c'était suite aux élections
législatives de 2022, où là encore,
il l'appelait à une marche.
On a retrouvé le tweet le 5 et 6 octobre 1789.
Il faisait le parallèle avec ce qui s'était passé en 89.
Les femmes marchent sur Versailles contre la Vichère.
Elles ramènent le roi, la reine, le dauphin de force à Paris
sous contrôle populaire.
Faites mieux le 16 octobre.
Ramenez Emmanuel Macron, ramenez la tête d'Emmanuel Macron.
L'imaginaire révolutionnaire.
Alors malheureusement, moins celui de 1789 que 1793.
Toujours moins.
Puis toutes les révolutions sud-américaines.
C'est des membres de la France insoumise qui passent
pour avoir un portrait de Lénine dans leur salon.
Moi, je trouve ça intéressant d'avoir le portrait
de l'inventeur du goulag dans son salon.
Je trouve ça intéressant, moi, du point de vue
de l'imaginaire politique.
Donc, il n'y a aucune surprise.
Il s'adresse à son électorat, qui est tenté par l'insurrection.
Ce sont des gens qui sont en marge de la République.
Ils ne sont plus dans les clous de la République.
Comment vous expliquez ?
On parlait avec Eric Nolot du kitsch de Kundera.
Là, on y est totalement.
C'est-à-dire, cette imagerie révolutionnaire,
cette gloire à la guillotine.
On voit aujourd'hui que sur Twitter,
c'est une tête coupée par jour.
C'est leur manière de fonctionner.
C'est comme ça qu'ils font du buzz.
Et malheureusement, c'est comme ça qu'ils ont des voix.
On verra si ça perdure dans le temps.
Je ne suis pas sûr, très sincèrement,
que leurs électeurs les suivent.
Jean-Luc Mélenchon avait fait part de son admiration
pour un gilet jaune qui s'appelait Drouet
parce qu'il s'appelait Drouet.
Et qui était un des révolutionnaires.
Donc, vous voyez, ça montre bien...
Il a arrêté Louis XVI à Varennes.
Absolument.
Pour lui, c'était vraiment...
Mais ça plaît à leurs électeurs.
Il y en a pas mal, certains, à La France insoumise,
qui sont élus dès le premier tour.
Vous prenez Mme Rousseau.
Suite à la dissolution, il y a eu énormément de personnalités.
Même après la dissolution, il y en a chez La France insoumise
qui sont extrêmement bien élus.
Et d'ailleurs, ils doivent toujours en faire plus
pour satisfaire une partie de leur base militante
qui en demande toujours plus dans la gradation de la violence.
On verra si ça perdure dans le temps.
Je rappelle quand même qu'aux dernières élections législatives,
on a préféré... Enfin, pas moi,
mais le Bloc central a préféré s'allier avec La France insoumise.
Pas vous ?
Pas moi, personnellement.
Plutôt que d'avoir la possibilité
de voir le Rassemblement national arriver en tête.
Ce serait intéressant, parce que le retour aux urnes,
ça peut aussi passer par une nouvelle dissolution cette année.
Est-ce qu'à nouveau, on aurait une coalition des contraires ?
Est-ce qu'à nouveau, Gabriel Attal nous dira
qu'il faut plutôt glisser un bulletin à LFI
que Rassemblement national dans l'UE ?
C'est vrai qu'il faudrait un jour s'attarder
et décrypter l'ensemble des alliances, des désistements.
Vous rappeliez, je crois, hier, le désistement
d'un membre de La France insoumise
pour faire élire Elisabeth Borne contre un député du Rassemblement.
Enfin, ça paraît invraisemblable,
compte tenu ensuite des propos qui sont tenus
et de la haine viscérale qui s'exprime dans l'hémicycle.
Raison pour laquelle le président de la République
aurait pu annoncer un référendum sur la proportionnelle, par exemple.
Parce qu'on sortirait d'une partie des magouilles, pas toutes,
mais en tout cas de ce genre d'émagouilles.
Surtout que c'est évoqué depuis de nombreuses années.
Moi, ce qui m'intéressait, et je pense
ce qui vous intéresse également,
vous qui nous écoutez sur Europe 1 ou qui nous regardez sur CNews,
c'est ce que le président de la République n'a pas dit.
C'est vrai qu'hier soir, on a beaucoup commenté
son début de mea culpa concernant cette dissolution ratée.
En tout cas, il est allé un peu plus loin
que ce sur quoi il avait pu,
sur ses paroles qu'il avait pu prononcer suite à cette dissolution.
Jamais il n'avait été aussi loin.
Allez, disons-le comme ça.
Puis ensuite, on a beaucoup commenté cette idée de référendum,
ce qu'on vient de faire depuis une petite vingtaine de minutes.
Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il n'a pas dit.
C'est tous ces sujets qu'il n'a pas abordés hier soir.
Est-ce que ça vous a choqué ou non, autour de cette table,
ces sujets qu'il n'a pas abordés ?
Oui, Georges Fenech ?
Oui, ça tranchait par rapport aux autres vœux traditionnels
d'un ancien président.
Le fait qu'il ait mis en valeur nos réussites,
les choses olympiques, Notre-Dame, très bien,
mais pas un mot sur la grande précarité,
sur les 10 millions de pauvres de notre pays.
Généralement, les vœux, c'est râper la souffrance
d'un certain nombre de nos compatriotes
et dire notre solidarité.
Il a employé le mot solidarité,
mais il n'a pas parlé de ces quelques 10,
certains disent 15 millions,
de gens qui n'arrivent même plus à vivre de leur travail.
Et ça, je trouve que ça tranchait
par rapport aux autres vœux précédents.
Mais pour moi, ce qui a manqué aussi,
c'est aucun mot sur nos trois otages,
les deux otages franco-israéliens et l'otage franco-algérien,
qui sont actuellement dans des geôles ou dans des tunnels.
Et ça, je pense que c'était le moment aussi, peut-être,
de dire un mot en termes de solidarité
vis-à-vis de ces compatriotes.
D'autant plus qu'il l'avait fait, je crois, l'année dernière.
Il l'avait fait l'année dernière, c'est ça.
Hier, j'étais chez Europe 1
et c'était la question que Mickaël Dorian me posait.
Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron aura un mot
pour Boalem Sansal et les deux otages
qui sont détenus par le Hamas ?
J'ai dit, il ne se permettra pas de ne pas en parler.
Pour moi, c'était évident qu'il allait le faire.
Et je trouve que c'est particulièrement irrespectueux
de ne pas parler des deux otages français
détenus par le Hamas depuis le 7 octobre 2023
et de Boalem Sansal, qui est français également.
Donc ça, c'est...
Pour la communauté juive, ça fait déjà un beau moment
qu'Emmanuel Macron ne la soutient plus.
Donc on n'a presque plus d'attente.
Pour Boalem Sansal, la France se couche devant l'Algérie
et ça, on l'observe de plus en plus.
D'autant plus compte tenu des propos récents...
Peut-être dissocier les deux...
Bien sûr.
Oui, oui, c'est-à-dire que les otages,
comme vous l'avez dit, l'an dernier,
il aurait été tout à fait naturel d'en parler à nouveau.
Bien sûr, parce que là, ça montre qu'on les oublie.
Absolument, ça montre qu'on sombre dans une forme d'oubli.
Donc ça, c'est absolument inadmissible.
En ce qui concerne Boalem Sansal,
Emmanuel Macron ne s'est jamais prononcé à ce stade
sur le cas de cet écrivain.
C'était effectivement l'occasion de le faire.
Je me fais l'avocat du diable d'Emmanuel Macron,
en l'occurrence.
Peut-être que la diplomatie agit parfois à l'abri des caméras...
La diplomatie a agi à l'abri pendant 15 jours,
on a vu les résultats.
Je suis de votre avis, mais peut-être que c'est ce qui anime
aujourd'hui la prudence d'Emmanuel Macron.
On a vu le résultat.
Entre-temps, il y a eu un discours officiel du président...
Ah oui, je suis d'accord.
... qui a acheté la France, quand même.
Et nous n'avons pas réagi.
En disant que M. Boalem Sansal était l'envoyé de la France,
l'imposteur envoyé.
C'est quand même, quelque part, une insulte pour notre pays.
Ça méritait...
C'est vrai que c'était il y a deux jours,
il n'y a eu aucune réaction des autorités
vis-à-vis de ces déclarations à l'égard de notre pays.
La France ne connaît que la position couchée face à l'Algérie.
Alors même que le président de la République, hier soir,
disait qu'il faut apprendre à dire non,
à s'opposer, justement, et à engager un rapport de force
avec certains pays.
Après, il y a des notions qui ont été évoquées
par le président de la République, hier soir.
La notion d'unité, la notion de fraternité.
Sauf que la notion de fraternité, elle ne se décrète pas.
La notion de fraternité, notamment par rapport à la montée
de la haine orchestrée par clientélisme
de la part d'une partie de l'échiquier politique.
La question de la haine du juif, la question de l'antisémitisme,
la question de la citoyenneté.
La citoyenneté, ça ne se décrète pas.
On ne naît pas citoyen, on le devient.
Ce qui se passe au sein de nos universités,
à Science Post, ce qui se passe au sein de l'Inalco, etc.,
qui est finalement une offense à notre histoire,
une offense à notre héritage, une offense à la laïcité, etc.,
moi, j'aurais bien aimé absolument que le président de la République
creuse un petit peu plus ce qu'il y a dans la notion de fraternité,
d'unité et de citoyenneté.
On va, dans un instant, laisser nos auditeurs d'Europe 1
qui ont rendez-vous avec le Club de Noël.
Vous entendez le carillon, le célèbre carillon d'Europe 1 qui résonne.
Le Club de Noël présenté par Jo Jung qu'on salue.
Et je vous donne rendez-vous, cher auditeur d'Europe 1,
enfin, c'est plutôt je donne rendez-vous à Pascal Praud
pour son retour sur les antennes de CNews
après quelques jours de repos,
qui sera là demain pour vous accueillir à partir de 9h.
Quant à nous, nous poursuivons la discussion
autour de ce plateau sur CNews.
On marque une très courte coupure pub et on revient dans un instant.
