0462 - Révélations Vie et Prophéties dEdith Royer la Mystique du Sacré Coeur

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Edith Royer. Edith Chalambel va l'aînée de 14 juin 1841
et elle est morte le 3 avril 1924 en France. Sa famille était aristocratique, très pieuse
et avait de fortes valeurs chrétiennes. Elle était l'aînée de six enfants. Sa vie fut
un constant mélange de vie familiale ordinaire et de voies mystiques extraordinaires. Dès
ses premières années, elle avait entretenu des rapports familiers et intimes avec l'enfant
Jésus et sa Sainte Mère. Vers l'âge de six ans, obéissant à une inspiration divine,
Edith se consacra à Dieu par le vœu de chasteté. Ce vœu fut souvent renouvelé par la suite.
Edith se livrait aussi, secrètement, à de nombreuses pénitences corporelles. Le milieu
familial, exceptionnellement pieux, favorisait la vie spirituelle d'Edith et de ses frères
et soeurs. Par ailleurs, l'érudition de son père étant immense, l'éducation intellectuelle
d'Edith fut particulièrement soignée. Elle se destinait à la vie religieuse, mais
fut contrainte, tant par sa famille que par les autorités religieuses d'épouser Charles
Royer le 22 juillet 1860. Elle annula donc ses vœux. Ils eurent quatre filles. Leur
mariage fut heureux, mais pendant les premières années de sa vie conjugale, toutes les grâces
qu'Edith avait eues ont cessé. En 1863, un nouveau directeur de conscience
la sermona durement sur l'annulation de ses vœux, ce qui la plongea dans une grande
tristesse. Le 21 juillet 1870, pendant la messe, Notre
Seigneur lui apparut et lui fit comprendre que de grands malheurs allaient frapper la
France. En 1919, elle écrira à l'abbé Labbé, en 1870, quelques semaines avant nos
désastres, dans une action de grâce, dans l'église de Saint-Rémy, le 22 juillet,
« J'ai, par des voix intérieures et surtout des vues symboliques très frappantes, connu
les malheurs qui menaçaient la France, la série des défaites, des investissements,
des sièges, la captivité de l'Empereur. Je soumis à mon confesseur ces vues extraordinaires
qui se sont continuées pendant six ou huit mois par l'annonce de la guerre civile, de
la mort de l'archevêque de Paris, de l'incendie partiel de Paris ».
Elle fut portée à prier le Sacré-Cœur, ce qui lui était inhabituel, par cette invocation
« Cœur de Jésus », très miséricordieux, très compatissant, très clément, qui avait
C'est la guerre de 1870, le lendemain, ses nouvelles visions dramatiques, concernent
l'église. Les événements ne tardèrent pas à éclairer
ses visions, d'une part, les défaites françaises, l'invasion de l'Alsace et de la Lorraine,
la capitulation et la déchéance de l'Empire, et d'autre part, le 20 septembre 1870, entrée
des pieds montées à Rome et suppression des états pontificaux.
Les manifestations divines se succèdent dès lors dans la vie d'Edith. Au moment
des préliminaires de paix en 1871, Edith vit un incendie mal éteint qu'on s'efforçait
de rallumer avec un soufflet. Puis le Seigneur lui montra un malade atteint d'un ulcère
aux côtés, et dit « L'opération est nécessaire. Je ne la ferai pas mais il me
faut la laisser faire en détournant les yeux comme une mère qui ne pourrait voir
souffrir son enfant. Ensuite je viendrai pour cicatriser la blessure, en laissant couler
de mon cœur comme un baume merveilleux. » Elle portait une dévotion spéciale pour
le Sacré-Cœur, entre le cœur de Marie et le cœur de Jésus régnait une union si
étroite que les deux cœurs n'en formaient qu'un seul.
Notre Seigneur lui montra en vision une longue chaîne formée d'anneaux et lui révéla
son désir d'unir les âmes fidèles dans une association consacrée à son cœur,
et destinée à prier et à faire pénitence pour le salut de l'Église. Jésus montra
souvent son divin cœur à sa privilégiée. Souvent ce cœur apparaissait, percé de traits,
et Notre Seigneur se plaignait des pécheurs coupables de lui avoir fait ces blessures,
et demandait des âmes fidèles pour ôter ces traits par leur prière et leur pénitence,
apaiser la justice divine et permettre à la miséricorde de se répandre sur le monde.
C'était une source, fermée par une pierre, et Jésus lui disait d'ôter la pierre afin que
tous puissent s'y désaltérer. Son cœur, comme cette source, attendait qu'on leva
l'obstacle qui l'empêchait de se répandre. En 1894, elle fonda avec difficulté la confrérie
de « prière et pénitence » de Montmartre, approuvée par le Saint-Siège. Cette confrérie
sera érigée plus tard en archiconfrérie mondiale ayant pour siège la basilique du
Sacré-Cœur de Montmartre. Jésus lui fit suivre une vie de mortification pour accomplir sa mission.
Pendant trois ans, 1872, 1873 et 1874, le Seigneur accrut leur union mystique.
Cependant, rien ne se remarquait dans sa vie familiale et quotidienne.
Elle était fidèle à ses devoirs et s'oubliait constamment. Son dernier enfant, Rose, est né en
mai 1974, et malgré le jeûne très sévère que lui imposait le Seigneur, cette petite fille était
forte et en pleine santé. En 1872, Notre Seigneur dévoila l'esprit et le règlement de l'association
de prière et de pénitence. C'est à cette époque que commencent à se multiplier les pèlerinages
à pareille moniale. Mais, tout en approuvant ces pèlerinages et le vœu national concernant
l'érection d'une basilique dédiée à son Sacré-Cœur, le Divin Seigneur fit comprendre qu'il
ne pouvait se contenter de ces témoignages extérieurs. Ce qui lui manquait, c'était des
cœurs acceptants de s'unir aux siens, en esprit de victime, afin de satisfaire la justice divine
et d'ouvrir la voie à la miséricorde. Les desseins du Sacré-Cœur concernent
toute l'Église, les nations hérétiques et les infidèles eux-mêmes. C'est pour tous les hommes
du monde entier que le Sacré-Cœur demande la pénitence.
Le 26 août 1887, Mme Royer écrit à Mgr Lecault, évêque de Dijon, « Notre Seigneur ne m'a pas
seulement montré ses desseins de justice et de miséricorde pour la France, il m'a découvert
aussi des dangers, des persécutions pour l'Église, et m'a montré qu'il voulait, par cette association
de pénitence, déjouer les machinations des impies, préparer une sorte de triomphe pour l'Église,
le souverain pontife, et une grande extension de la foi chez les peuples infidèles,
hérétiques et schismatiques ». Les desseins du Sacré-Cœur, dans cet appel, sont pour le monde
entier. C'est qu'il veut, par cette croisade de pénitence, non seulement sauver la France,
la ramener dans la voie de la justice chrétienne, mais faire triompher l'Église,
et tendre la foi aux peuples infidèles, hérétiques, schismatiques.
Le 10 juin 1872, apparaît le Monial, dans la chapelle de la Visitation,
là où le cœur de Jésus s'était dévoilé à Sainte Marguerite-Marie comme une fournaise d'amour,
et dit « Royer reçut une grâce » un signe de totale purification. Puis Marguerite-Marie
lui apparut et l'assura qu'elle était investie de la mission de faire connaître et glorifier
le Sacré-Cœur. En 1689, Jésus-Christ était apparu à Sainte Marguerite-Marie en ses termes,
« Fais savoir au Fils-Aîné de mon Sacré-Cœur, Roi Louis XIV, que, comme sa naissance temporelle
a été obtenue par la dévotion au mérite de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa
naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon cœur adorable. Mon cœur veut régner dans
son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de
tous ses ennemis et de tous ceux de la Sainte Église. Mon Père veut se servir du Roi pour
l'exécution de son dessein, qui est la construction d'un édifice public où serait placé le tableau de
mon cœur pour y recevoir les hommages de toute la France. » Notre Seigneur promettait donc à la
France, sa « Fille Aînée », comme il l'appelait, sa toute-puissante protection moyenne en trois
choses, mettre son Sacré-Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France. Lui élever
une Église nationale. Que dans cette Église la France lui soit solennellement consacrée
par son Souverain. Louis XIV ne fit rien de cela. En moins de quatre ans il perdit ses trois
successeurs dont son fils. Cent ans après ce message, jour pour jour, le Tiers-État se proclame
« Assemblée Constituante » et emporte dans le sang et la terreur la monarchie française.
Quant à l'Ordre des Jésuites qui avait été spécialement choisi pour répandre la dévotion
envers le Sacré-Cœur et transmettre à Louis XIV ses grands desseins, il fut supprimé au Portugal
en 1759, en France en 1764, et en Espagne en 1767. De plus, il fut dissous par le Pape Clément XIV
lui-même en 1773. Une vision de la nouvelle image du Sacré-Cœur
qui devait être exposée fut montrée à Édith. Le Seigneur était debout avec son
cœur éclatant, embrasé au milieu de sa poitrine. Ses bras étaient étendus, pour
nous montrer son amour, son ardent désir de nous embrasser, de nous réunir tous dans
son cœur, mais aussi pour nous faire voir qu'il continue à souffrir comme victime
pour nos péchés, pour que nous nous immolions avec lui, l'aidions à expier, à sauver,
par nos prières et notre pénitence. Le Seigneur demanda qu'on le représenta ainsi
nous montrant son cœur embrasé et nous tendant les bras.
Le 5 novembre 1876, notre Seigneur revint pour l'assurer que la pénitence n'éloignerait
pas les âmes de l'association, qu'elle serait au contraire, son caractère distinctif.
Et Jésus dit aussi que ceux qui n'ont pas la liberté, la possibilité de faire des
pénitences positives comme le jeûne ou autres pénitences analogues, peuvent toujours aimer
la pénitence, en reconnaître la nécessité, l'efficacité, et suppléer à ce qu'elles
ne peuvent faire, par quelques renoncements au luxe et à la mollesse, quelques retranchements
des choses superflues, comme, par exemple, la privation de quelques friandises au repas,
le renoncement à quelques paroles ou regards de curiosité, à
quelques vanités dans l'habillement ou l'ameublement.
Le Seigneur ajouta, qu'il avait, même dans le monde, beaucoup d'âmes généreuses
qui ne s'effraieraient pas, qui répondraient à son appel.
Pour les gens du monde, il est une pénitence bien difficile et bien méritoire aussi,
c'est l'acceptation plus ou moins généreuse des peines, des travaux, plus grands pour
eux que pour les habitants du ploître, et si souvent perdus, faute de patience et d'esprit
de foi.
Puis, comme Édith se plaignait de ces trop fréquents moments d'union à Dieu qui la
gênaient dans ses occupations familiales, Sainte-Marguerite-Marie lui conseilla, ne
t'inquiète pas de cet état où Dieu te met.
Ne cherche pas à en sortir.
Au contraire demande-lui d'agir avec toi quand le devoir te le commande.
Tâche de rester en notre présence, en union avec nous, et demande-nous de t'aider.
Ne cherche pas à retrouver ton intelligence à toi, mais demande au Divin Cœur de te
donner la sienne.
Édith raconte, « La première fois que je le vis, en juillet 1873, je n'avais presque
pas osé le regarder, mais il m'apparut le 25 et le 26 mai 1875, de la même manière,
plus éclatant encore.
Je fus attiré à le regarder, comme malgré moi, et je vis qu'il pleurait, que des larmes
tombaient de ses yeux en me parlant de Paris, comme peut-être lorsqu'il pleura sur Jérusalem.
Au front, les marques de la couronne d'épines étaient imprimées en rouge, mais le sang
ne coulait pas.
Il tenait ses regards fixés sur le monde avec une ineffable expression de tristesse,
d'amour, de désir.
Les expressions me manquent, je ne puis y penser sans que mon cœur se fonde.
Si on pouvait le voir, comme on accorait à lui !
Édith avait le désir de s'immoler pour se faire aimer de notre Seigneur et réparer
ses propres fautes.
Jésus lui dit qu'elle devait se crucifier, afin que son cœur divin nous pardonna et
lava nos iniquités dans le flot de son amour.
Il l'assura qu'il serait crucifié avec elle et qu'il lui était agréable de trouver
une âme qui accepta de prendre sa croix.
Elle avait de nombreuses visions, au mois de juin 1914, il me fut montré et dit intérieurement
que la France allait être labourée, qu'il y aurait du sang, beaucoup de sang dans les
sillons.
Je compris que c'était l'annonce de la guerre.
Comme dans toutes les familles de France, la guerre fit sentir ses effets dans la famille
Royer, un petit-fils prisonnier, un autre blessé à Verdun et un troisième tué en
1918.
Dès le début de la guerre, Édith, avec la permission de son confesseur, souffrit pour
souffrir tout ce que Dieu voudrait pour la Sainte Église et pour la France.
Tout de suite, elle devint malade d'une maladie étrange à laquelle les médecins ne comprenaient
rien.
J'obtins de mon confesseur la permission d'offrir ma vie pour la Sainte Église, la
France, les œuvres auxquelles mon indignité avait nuit et je devins malade de cette maladie
étrange qui me dura quatre ans et dont j'ai encore quelques restes.
Je croyais à la victoire finale fermement.
Il me fut dit que Verdun ne serait pas pris, que lorsque l'expiation serait suffisante,
le Sacré-Cœur sauverait la France.
À un an de là environ, j'entendis qu'une année commencée dans les larmes finirait
dans la joie, mais je redoutais l'effusion de sang qui amènerait la terminaison, ne
sachant pas pourtant qu'un de mes chers enfants serait une des victimes.
En 1883, à quarante-deux ans, Édith Royer devient veuve.
À partir de juillet 1918, Édith Royer partagera son temps entre le cloître de Saint-Rémy
et sa famille.
À la fin du printemps 1919, elle reçut la visite de l'un de ses petits-fils, en permission.
Un incident étrange se produisit.
Passé dans la pièce voisine, le jeune officier était abordé par une de ses cousines, une
fille de Louise, terrifiée et tremblante d'émotion.
« Nous venons » dit-elle, « maman et moi, de faire parler grand-mère à son insu.
Elle a laissé échapper, sur ce qui nous attend, des révélations effrayantes.
Il y aura à nouveau la guerre avec l'Allemagne.
Un roi fera défection en pleine bataille.
Nos armées seront coupées et encerclées comme à sedans.
Les Allemands pénétreront la France bien plus avant qu'ils ne viennent de le faire.
Dans ce qu'elle nous a dit il y a des choses que nous ne comprenons pas.
Ainsi on croirait, à l'entendre, que cette nouvelle guerre sera faite aux non-combattants,
car elle nous a parlé de civils tués et couchés par fil le long des routes.
Le 25 mars 1920, Édith Royer prit l'habit des Bernardines de Saint-Rémy et commença
son novitia selon des volontés du Seigneur.
Sa fille, Claire était déjà religieuse.
Des problèmes de santé l'obligent à retourner dans sa famille où elle meurt le 3 avril
1924, à l'âge de 82 ans.
Madame Royer laisse peu d'écrits sur ses révélations et sa mission de faire connaître
la dévotion au Sacré-Cœur car le Seigneur lui avait imposé un silence total sur sa
personne, qui devait rester ensevelie sous un sueur.
En janvier 1879, Monseigneur Rivet conclut à l'origine surnaturelle des révélations
de Édith et à l'urgence de regrouper les âmes en vue de la réparation.
Après son décès, la discrétion n'étant plus nécessaire, l'abbé Verdi révéla
son rôle dans la constitution de la Confrérie Prière et Pénitence, et du Sacré-Cœur
de Montmartre.
Le Sacré-Cœur de Montmartre est visité par plus de 11,5 millions de visiteurs chaque
année.
Montmartre signifie « monde et martyr », car la tradition y fixe le lieu du martyr de
Saint-Denis Ier évêque de Paris au IIIe siècle.
Prophétie.
Le 24 mai 1914, Mme Royer déclara à l'abbé X.
« Dites-leur, aux hommes réunis apparaît le monial, l'importance de la prière et
de la pénitence dans les conjonctures actuelles.
J'ai vu, dans mon oraison, le ciel de notre pays plein de combats, le sol du nord de la
France labourée de profonds sillons.
Ils étaient remplis de sang.
Nos campagnes me sont apparues ravagées, nos églises détruites, nos cathédrales
même ne seront pas respectées.
La paix qui suivra cette guerre sera une fausse paix, pleine de difficultés diplomatiques,
économiques, sociales et financières.
Le monde crôlera dans l'impureté et le complet oubli de Dieu et courra ainsi à son
châtiment.
Les Français iront jusqu'aux confins du désespoir.
Ils ne reprendront courage que contre eux-mêmes.
Une à une toutes les solutions pour mettre fin à leurs maux s'évanouiront.
Quand tout recours humain aura disparu, et que tout semblera perdu, le Sacré-Cœur
interviendra.
Alors surgira l'élu du Dieu et la France ne pourra nier qu'elle devra au Sacré-Cœur
seul son salut.
Lettre du 25 août 1887 à Monseigneur Lecault
Notre Seigneur ne m'a pas montré seulement ses desseins de justice et de miséricorde
pour la France, il m'a découvert aussi des dangers, des persécutions pour l'Église
et m'a montré qu'il voulait par cette association de pénitence déjouer les machinations
rimpies, préparer une sorte de triomphe pour l'Église, le souverain pontife, et une grande
extension de la foi chez les peuples infidèles, hérétiques, schismatiques.
J'ai vu cela de même que les malheurs de la France, par des symboles.
Lettre du 30 novembre 1917, adressée aux chanoines Crépins
En même temps que la délivrance de la France, j'ai vu en 1870, d'abord des années de persécution
pour la religion, la Sainte Église, un autel dépouillé de tous ses ornements, mais en-dessous
il était de pierre sur laquelle les glaives s'émoussaient inutilement.
Beaucoup à court pour le protéger, orner et fleurir ce trône.
Puis un temple où l'on avait introduit une machine infernale pour le faire sauter,
mais il m'était dit que Dieu garderait ce temple.
Puis la frappante image, une très haute estrade s'élargissant en descendant, toute composée
de degrés.
Je voyais le Saint-Père vêtu de blanc au sommet, puis, de chaque côté des degrés,
les prêtres en robe noire au milieu, entourés de rayons, l'agneau immolé qui me figurait
le Saint-Sacrifice.
Les religieux, puis les prêtres, furent presque tous enlevés, une sorte d'inondation couvrit
les degrés.
Je tremblais pour le divin agneau.
Puis tout se répara, les prêtres, les religieux reprirent leur place et une lumière éblouissante
entoura l'agneau et resplendit tellement jusqu'en bas que la foule indifférente s'arrêta.
J'attends ce triomphe.
Le chanoine d'Espinay rapporte.
Le souverain pontife sera malheureux, toute l'Église sera désolée à cause de lui,
pour lui, pour sa délivrance, il faudra recourir au Sacré-Cœur.
Dans une vision, le pape disparut un jour au milieu de la désolation de l'Église.
Madame Royer, effrayée, le vit réapparaître quelque temps après.
Cette rude épreuve sera suivie du triomphe de l'Église dans le monde.
Une toile de tente abritant des méchants qui travaillent dans l'ombre, préparant des armes.
On amasse du bois pour allumer l'incendie.
Une route lumineuse traverse une forêt épaisse, dominée par la croix.
C'est facile de la suivre pour atteindre le but,
mais la multitude préfère suivre des sentiers qui l'égarent.
Vision des degrés de pierre, à chaque extrémité de degré, des personnes sont debout,
revêtues de vêtements différents, parmi lesquels des vêtements sacerdotaux.
En haut, au sommet, un vieillard vêtu de blanc.
Au milieu des degrés, l'agneau couché sur une croix, immolé, environné de rayons.
Notre Seigneur adresse quelques reproches à ces personnes qui ne devraient faire qu'un
avec l'agneau, voir le même esprit, les mêmes vertus.
Puis l'agneau disparaît et à sa place est une corbeille remplie de tiges de fleurs coupées,
brisées, une inondation couvre tous ces degrés.
Les degrés seront à nouveau regarnis.
Un personnage tient une couronne dans sa main pour la mettre sur sa tête.
Beaucoup la clament, mais il n'est pas sympathique.
Ce n'est pas celui que Dieu veut donner à la France.
Un prince vient de l'étranger pour délivrer la France.
Madame Royer voit une lumière éclatante, les multitudes y accourent.
Dieu dit qu'il amènera les nations à cette lumière.
La prairie reparaît, cette fois elle est fraîche, verte, avec des brebis qui y pèsent
tranquillement.
Sur son cahier des origines de l'association.
Prière et pénitence.
Le divin Maître m'a montré, la prédilection et l'intercession de la Sainte Vierge pour
Paris et ses désirs miséricordieux pour cette ville.
J'osais lever les yeux sur son visage, et je vis qu'il pleurait, comme autrefois sur
Jérusalem.
Il me semblait qu'il disait pour Paris encore, s'il pouvait comprendre ce moment
qui lui est donné.
Accepter cette planche de salut.
Paris comprendra je l'espère, il ne sera pas sourd à son appel, au désir du cœur
de Jésus.
L'association réparatrice sera organisée, approuvée dans toute l'étendue que désire
le divin cœur, on la soumettra à l'approbation du Saint-Père et on la répandra partout.
Le 6 août 1887, Édith Royer écrivait à Monseigneur Lecaux.
« Si le Sacré-Cœur appelle d'abord la France à la pénitence, c'est comme il a
appelé Madeleine, parce que la France a beaucoup à expier, et doit en retour beaucoup aimer.
Chose que je n'avais point remarquée, c'est le 22 juillet, jour de la Sainte Madeleine,
que j'ai eu les premières lumières pour l'association et les malheurs de la France.
À Montmartre, en 1877, j'ai cru, et je l'ai dit au Révérend-Père et, j'ai cru,
dis-je, voir le Sacré-Cœur se préparant là, un trône éclatant de lumière, de gloire,
d'où son amour, sa miséricorde, en rayon de feu, embrasait le monde entier.
En 1915, Édith Royer déclare, le Sacré-Cœur nous sauvera.
Mais quand ? Avec qui ? Après quoi ? C'est un secret.
Les mauvais se détruiront eux-mêmes. La France sera comme désemparée.
Alors il arrivera celui qui doit tout restaurer.
Il faudra bien accepter celui que la Providence enverra.
Notre Seigneur lui dit. Même avec un petit nombre,
j'entraînerai les faibles et les indécis et je remporterai la victoire.
Car voici l'heure où je régnerai malgré Satan.
Le monde entier verra que je ne suis pas seulement l'époux mystique des âmes pures et ferventes,
leur consolateur, leur confident, mais je suis aussi le Dieu,
roi de l'Église et du monde et que la victoire ne tient pas à la force des armes,
ni au nombre, mais à ma volonté. Le monde crôlera dans l'impiété,
l'impureté et le complet oubli de Dieu et courra ainsi à son châtiment.
