Auteur de « Ne pleurez pas, la mort n'est pas triste » (Mame) et de « Je changerai tes larmes en joie » (Mame), Elisabeth Mathieu-Riedel, psychologue et médecin de formation, a travaillé en médecine générale et dans l'industrie pharmaceutique, puis en soins palliatifs. Elle s'est ensuite spécialisée dans l'accompagnement des personnes en deuil. Dans « Un Coeur qui écoute », elle raconte avec émotion sa conversion et comment elle a découvert enfin un Dieu de miséricorde que ses parents ne lui avaient pas fait connaître. Elle raconte aussi sa longue quête d'un mari qu'elle a rencontré à la quarantaine avant de le voir emporté par un cancer vingt ans plus tard. Elle offre ici un témoignage vivant, joyeux et nourri par une vie de foi au sein de la Communauté de l'Emmanuel.
Hello everyone and welcome to the show D'un Coeur qui écoute, your show on spirituality.
Today we are happy to welcome you to discover the life of Elisabeth Mathieu-Riddell.
Hello Elisabeth.
Hello Cyril.
Thank you for being here on our show.
So, I have two books in my hands.
The freshest is Je changerai tes larmes en joie, surmonter les deuils de nos vies,
aux éditions MAM, qui consonne assez avec l'actualité, puisque là on arrive avec la Toussaint et puis la journée des fins.
Et puis auparavant vous aviez écrit Ne pleurez pas, la mort n'est pas triste,
accompagnement des malades, un médecin témoigne, toujours chez MAM,
et qui là hélas raisonne bien avec, on va dire, les débats ou les décisions qui vont être prises en lien avec la fin de vie en France.
Merci donc d'être présente.
On va parler de votre parcours de vie qui n'est pas un long chemin tranquille et paisible.
Mais quand là on vous voit avec ce regard et ce sourire, on se dit qu'il y a eu une rencontre à un moment qui a changé votre vie.
Oui, tout à fait.
Alors pour commencer, comme tout le monde, je vous invite à nous lire un extrait de texte de votre choix.
Voilà, j'ai donc choisi un extrait de la préface de Monseigneur Soubrié,
qui a préfacé mon dernier livre Je changerai tes larmes en joie.
Alors voilà ce qu'il dit.
Ce sont des fils qui s'enchevêtrent dans la même tapisserie humaine.
Des fils qui ne font pas perdre le fil.
Pourtant, on peut avoir parfois une impression d'accumulation, de répétition, d'enchevêtrement.
C'est l'envers de la tapisserie.
Il ne nous est pas caché des situations apparemment semblables et en même temps très différentes.
Des abîmes de souffrance et des chants de joie.
Des doutes et des actes de foi.
Autant d'entrelassements qui n'ont rien d'une juxtaposition ou d'un alliage formel.
L'endroit de la tapisserie ne se découvre que si le regard devient le regard du cœur.
L'enchevêtrement n'est pas devant nous, il est aussi en nous.
Les témoignages nous émeuvent, nous déconcertent parfois, mais ils nous interrogent.
Qu'est-ce que tu vis ? Quel est ton tourment ? Quelle est ton espérance ?
Pourquoi avez-vous choisi ce passage ?
J'ai choisi ce passage parce qu'en fait il résume la vie de chacun.
Ceux qui souffrent, ceux qui sont dans la joie, ceux qui pleurent.
Et surtout l'enchevêtrement des émotions humaines.
Le psychisme humain est quelque chose d'assez étonnant.
On ne peut pas mettre une étiquette sur un état d'âme.
Il faut connaître tous les fils et finalement même nous-mêmes,
on n'arrive pas quelquefois à défaire les nœuds.
Alors il y a une prière qui s'appelle Marie qui défait les nœuds.
Mais dans notre prière, dans l'accompagnement aussi d'accompagnateurs spirituels
ou dans une communauté ou d'amis qui sont bienveillants,
on peut essayer de trouver le fil.
Et j'aime beaucoup ce passage parce qu'en fait il résume, je peux dire,
tout ce que chacun vit dans sa vie.
Et puis les deux livres que j'ai écrits en fait.
Et puis c'est très bien écrit par Monseigneur Soubrié
qui m'a vraiment honorée par cette préface.
Donc aujourd'hui vous êtes médecin, psychologue, comment vous définissez votre métier ?
Aujourd'hui je suis à la retraite mais j'ai demandé au Seigneur d'être utile.
Donc je continue à faire des témoignages, des conférences.
Je suis médecin de formation, psychologue aussi
et spécialisée en accompagnement du deuil et en soins palliatifs.
Mais comme tout à chacun, on rencontre des gens qui pleurent,
des gens qui ont des vies compliquées et je veux vraiment témoigner.
Témoigner de l'espérance.
Moi-même j'ai vécu des deuils, le veuvage, l'absence d'enfant,
un célibat assez long, des blessures familiales
et je veux absolument pouvoir témoigner auprès de ces gens-là.
Alors on va rembobiner tout ça.
On va commencer par le commencement.
Un jour vous êtes née dans une famille.
Est-ce que c'est une famille chrétienne par exemple ?
Je suis née dans une famille catholique, pratiquante.
On ne m'a pas donné l'image d'un Dieu bienveillant, miséricordieux.
C'était plutôt un Dieu légaliste qui comptait les péchés.
Qui juge, qui tranche, qui nous regarde, qui compte les péchés.
Donc moi très vite j'étais assez rebelle.
Je n'ai pas voulu continuer dans cette voie-là.
A l'époque c'était un peu la libération de la femme.
J'avais 17 ans en 68.
Il y a des choses qui me choquaient.
J'avais envie de vivre.
Mes parents ont perdu deux bébés à la naissance.
Je comprends tout à fait que ma mère était dans la détresse.
Mais elle a perdu l'espérance.
Et le Dieu consolateur, elle ne le connaissait plus ?
Elle ne connaissait pas le Dieu consolateur.
Mais mes parents étaient des gens honnêtes, charitables,
engagés à la paroisse.
Mais je n'ai pas senti l'écoute en ce qui me concerne.
Parce que moi j'avais envie de vivre.
Au niveau de l'affectivité et de l'éducation sexuelle,
c'était assez compliqué.
On n'en parlait pas trop ?
On en parlait, mais il fallait vraiment être dans une ligne droite.
Et moi j'avais besoin aussi d'affection, d'affectivité.
C'était pas simple.
Et donc j'ai rejeté tout ce carcan.
Et puis après, ma mère a perdu la foi.
Donc je me suis dit, finalement,
ils m'ont élevée assez durement dans la religion catholique.
Et puis eux aussi perdent la foi.
Ils ne pratiquent plus.
Alors qu'est-ce que c'est que cette religion ?
Alors je me suis fait ma propre religion.
Je me dis, avant tout, aimer les malades.
Et puis les malades me le rendaient bien.
Je peux dire que j'ai eu la chance d'être accrochée à la médecine.
Et puis j'avais beaucoup d'amis qui me trouvaient quand même assez gais.
Alors que j'avais un fond vraiment de désespérance.
Parce que je n'arrivais pas à trouver l'homme de ma vie.
J'étais critiquée par les uns et les autres dans ma famille.
Sauf un oncle et une tante.
Alors là, ceux-là, je les nomme.
Ils s'appellent François et Françoise.
Et là, eux, ils ne m'ont jamais critiquée.
Ils ne m'ont jamais dit, attention, tu files un mauvais coton.
Tu ne te marieras jamais avec ton caractère.
Ils étaient très positifs.
– C'était une période aussi où vous faisiez un peu des excès
dans plein de sens différents.
– Tout à fait, oui, oui.
Parce que je me disais, autant profiter de la vie.
Je manquais d'affection, comme beaucoup de jeunes filles.
– Vous avez changé un peu de partenaire.
– Voilà, tout à fait.
– Cœur d'artichaut un peu.
– Oui, mais d'un autre côté, j'ai été protégée
parce que je n'ai jamais vécu avec quelqu'un.
J'ai eu des aventures, mais je n'ai jamais,
et j'ai toujours dit, je vivrai avec quelqu'un
quand ce sera mon mari.
Donc je n'ai jamais, parce que pour moi,
l'amour était sacré quand même.
Je me dis, en attendant de trouver le bon,
je reçois l'affectivité et la tendresse.
– Vous aviez soif ?
– Soif complètement, oui.
– À la maison, c'était plus sec.
– Oui, et puis en plus de ça, avec les études de médecine
qui étaient assez difficiles, à l'âge de 21 ans,
j'ai voulu, à l'époque c'était la majorité à cet âge-là,
j'ai fait tout de suite des gardes de nuit.
Mon père m'a dit, maintenant tu te débrouilles.
Donc j'ai travaillé jour et nuit dès l'âge de 21 ans.
Heureusement, en troisième année de médecine,
je pouvais être infirmière et avoir des équivalences,
mais j'ai eu une vie très, très difficile.
– Et la drogue, l'alcool, tout ça ?
– Jamais. Alors ça, j'étais protégée de la drogue,
parce que je voulais garder mes cellules nerveuses,
je ne voulais pas avoir le cerveau troué.
Mais par contre, j'ai cherché la tendresse,
ce qui n'était pas vraiment l'idéal pour trouver un mari.
– D'ailleurs le mari, il n'avait pas l'air de se pointer beaucoup.
– Voilà, exactement.
– Et donc vous avez coiffé…
– J'ai coiffé avec la Catrinette.
– La Catrinette, à 25 ans.
Et puis après, je me suis dit, bon, il y a quelque chose qui ne va pas, là.
Il faut quand même que je change de mode de vie.
Et donc, j'ai fait des sessions de guérison personnelle,
je me suis posé des questions, et puis finalement…
– Les sessions de guérison personnelle, c'était où ?
– Ah, alors ce n'était pas Chrétien, mais c'était sur…
– Parce que vous êtes allée chercher un petit peu dans l'ésotérisme ?
– Dans l'ésotérisme, en Inde, et puis je voyais quand même des gens sereins,
chez les bouddhistes, mais ils n'avaient pas quand même…
Non, mais quelque part, je croyais à la communion des saints.
J'ai été élevée quand même dans l'église catholique,
mon petit frère et ma petite sœur qui sont morts,
je savais que c'était des anges qui nous protégeaient,
et puis on est d'une famille quand même élargie chrétienne.
Mais je me disais, le bon Dieu ne va pas s'occuper de moi
parce que j'ai fait des bêtises,
donc je mène ma vie.
– Vous aviez à nouveau le regard tordu parce qu'on vous avait appris
quand vous étiez enfant sur le père Fouettard.
– Tout à fait, le père Fouettard.
Mais je savais qu'il y avait des gens qui priaient dans notre famille.
J'ai un oncle prêtre, puis un oncle diacre.
Donc, quelque part, je savais que j'avais une protection des anges,
mais il ne fallait pas me parler de l'église,
d'abord mes parents avaient quitté.
– Dans le livre, vous racontez que vous foncez pas mal
dans tout ce qui est un petit peu ésotérisme, tout ce qui est les astres.
– Alors, j'ai cherché quand même un sens à ma vie,
et j'ai rencontré une astrologue
qui était une femme d'écoute et de bienveillance.
Alors, tous les gens qui écoutaient et qui étaient bienveillants,
ils me séduisaient.
Et donc, elle m'a aidée grâce à…
en faisant un thème astrologique
qui était assez humain,
et qui m'a dit surtout ne lâche pas la médecine,
tu as Jupiter, enfin bon.
Donc, elle m'a confortée dans mon caractère,
elle m'a confortée dans ma vocation.
C'est elle qui, je pense que le Seigneur s'est servi d'elle.
Bon, parce qu'elle était bienveillante,
c'était pas du tout quelqu'un qui était malhonnête.
Et après, je me suis rendue compte que,
ben oui, mais il fallait que je me ressource quelque part.
Et donc, j'ai fait un petit peu le tour du monde en sac à dos,
et puis finalement, je suis revenue à la France
et à la religion catholique,
parce que c'est quand même Dieu et les moines
qui ont organisé les hôpitaux,
c'était les chanoines, les infirmières c'était des religieuses,
la charité, c'est quand même, vient quand même des chrétiens,
il ne faut pas le nier,
l'histoire des hôpitaux de Paris, tout ça.
Et finalement, quelque part, je me disais,
mais j'aime ma religion,
mais je ne me sentais pas aimée de Dieu.
Alors, il y a quand même François et Françoise qui sont toujours là.
François et Françoise sont toujours là,
ils prient pour moi depuis des années,
mon oncle, l'autre oncle prêtre prie aussi et dit des messes.
Ah, et puis un jour,
j'étais vraiment dans la grande détresse à 33 ans,
parce que je ne voyais plus où j'en étais,
j'accumulais diplôme sur diplôme,
mais ça ne nourrissait pas ma vie de femme,
les années passaient,
et un jour, j'ai eu besoin de changer de voiture.
Et François et Françoise allaient à Parel Monial, aux sessions du renouveau,
ils étaient logés à Chalon-sur-Saône, chez une autre tante,
et ils m'ont dit, viens si tu veux,
viens voir ce qu'on en vit,
je dis pourquoi pas, voir les charismatiques,
pour moi c'était une population,
comme j'allais voir les vaudous, les tibétains,
enfin voilà, je me dis bon, les charismatiques,
depuis le temps qu'on en parle,
et puis là, j'ai eu la douche.
Dès que je suis arrivée à Parel Monial,
je m'attendais à voir des cathos un peu,
comment dire, un peu stricts dans leurs habits,
un peu coincés,
et là, j'ai vu une fraternité,
j'ai vu une joie de vivre,
et puis le Seigneur m'attendait,
parce que mon oncle François,
qui était assez connu dans la communauté,
bonjour François, bonjour François,
et moi j'étais derrière, et François disait,
je te présente ma nièce, je te présente ma nièce,
et puis il y en a une qui m'a dit,
il y a une religieuse, Marie-Claire,
une soeur consacrée de la communauté,
qui me dit, c'est vous Elisabeth,
ça fait un an que je prie pour vous,
alors là, ça m'a touchée.
Puis après, il y a eu les uns, les autres,
très souriants, très accueillants,
et puis le fameux, la fameuse homélie
de Monseigneur Guédon.
Voilà.
En y repensant, ça vous émeut ?
Oui.
Parce que c'est quoi, cette fraternité,
cette famille qui était là sans que vous le connaissiez ?
Et puis Dieu m'a visitée à ce moment-là.
Ça s'est passé comment ?
J'ai écouté l'homélie de Monseigneur Guédon,
un coeur pour la misère,
et puis alors là, j'ai pleuré,
et puis j'ai eu envie de me confesser.
Voilà.
Et quand j'ai été me confesser,
j'avais choisi, évidemment,
le prêtre,
en fonction de mes critères humains.
Je vais le voir,
et je lui raconte,
j'ai dit, écoutez, ça fait 14 ans
que je ne me suis pas confessée,
donc je ne me rappelle même plus
des prières, l'acte de contrition.
Alors il m'a dit, vous inquiétez pas,
je vois que vous avez la contrition parfaite.
Il avait des larmes aux yeux.
Alors là, je me suis dit, bon, ça,
du coup, j'ai eu l'amour de l'Église,
des prêtres,
et après, j'ai dit, bon, allez, maintenant,
je change de vie totalement.
Donc j'ai brûlé tous mes masques africains,
tous mes bouquins.
Oui, vous racontez dans le livre qu'en rentrant chez vous,
après par le monial, vous aviez reçu une icône,
et vous ne saviez pas où l'accrocher,
tellement il y avait de...
des décorations sur les murs.
On démarre autre chose.
Dites-nous, est-ce que finalement vous avez fini par trouver un mari?
Oui.
Mais le Seigneur m'a quand même,
il a attendu.
Il a attendu parce que j'ai eu une conversion à 33 ans.
J'ai cheminé dans la communauté de l'Emmanuel.
Donc encore j'y suis, bien sûr.
Mais j'ai reçu mon mari
simplement à l'âge de 44 ans,
donc 12 ans après.
So, 12 years later, I had to be ready to receive him.
Because the Lord knows us.
It's God's time, but it's also your time.
Because we think we're ready, but we're not.
That's it. I said to myself, that's it, I'm going to change my life.
The husband is going to come down from heaven.
Well, not at all.
For those who are listening to us, to hear that your prayer was exalted,
but not by a magician like that in a minute,
but when it was time.
Exactly.
It's good to hear too.
And during all this time, between the time I came back from the ceremonial
and the time I met my husband,
who had been introduced to me by people from the Emanuel Community,
well, I realized that I had to give of myself,
that I give a lot of service,
that I'm listening.
Maybe be more decentralized.
That's it, exactly.
That I'm listening to your prayer,
that I do a lot of babysitting for all the children of the Emanuel Community.
Because every time it ripped my guts out.
But well, I said, that's how it is.
And then, sessions.
I did retreats.
I had a lot of things to dust off.
Sessions.
It took time.
For it to happen.
It took time and I met a man.
So we could say that, well, that's it.
Everything has been done.
And you were finally settled next to your husband.
And roll or what?
Well, no.
No.
There is still a little surprise.
Yes.
The disease.
So, of my husband, you mean?
Yes.
So, I was happy with Alain for 21 years anyway.
And then, well, after that, he was older than me.
And then he declared cancer.
And he died in 2016.
So, tell me, at that moment, did you react like some of us react?
That is to say, my God, I waited a very long time.
I trusted you.
You ended up offering me a gift.
And there you take it away from me?
No, I didn't say that.
Because, how to say, he was still 18 years older than me.
And when I married him, I knew I was going to be a widow.
Well, before.
That was the logic.
And when I married Alain, who was very charismatic and completely in faith,
he told me, listen, when you are a widow, I will send you a husband from heaven.
He even said, when I break my pipe.
And so, he was an extremely original person.
Abandoned completely in the hands of the Lord.
We both evangelized a lot, a lot, a lot.
And when he fell ill, of course, well, he was 84 years old, I was 66.
And so, I knew it was a path.
So, what was very hard was much more all the medical problems.
The transition from surgery, digestive, to reanimation, palliative care, all that was very hard.
And being a doctor doesn't change anything.
No, no.
In fact, we know what happens better afterwards.
Exactly.
And so, it was very hard because he suffered a lot.
And so, he held on to life.
He didn't let go.
You're going to tell me it's not easy.
He held on to life.
So, there was no time when he let go.
And so, it was very complicated to accompany his spouse,
which we know is fatal, which is a very hard disease.
But he wanted to hang on to life.
So, I didn't know much anymore.
It was awful in the end.
But he died.
We said the rosary with someone, two people from the parish.
And his funeral was especially magnificent
because there was the whole community there.
We had chosen songs.
But I lived a very hard wedding.
I mean, the end of a very hard life.
But I didn't say to the Lord, You took it back from me.
Because we lived a happy 21 years.
And then, I knew that...
No, no, I don't blame the Lord anymore.
No, no.
I blamed him for being single and marrying me very late.
But I was happy for 21 years.
And I knew that the Lord was going to give me something else.
I knew.
So...
What did he give you?
He gave me another husband.
I'm sorry.
I say that in a very short way.
Yes.
But there was a very, very hard year of drinking.
And then, I had the chance to meet people who had gone through that.
And in particular, there is one who wrote in my book.
Jean-Louis.
Who told me, you know...
Well, you have to wait a year.
And then you'll see.
If your desire is to remarry, the Lord will send you.
And...
I wrote...
Well, I subscribed, let's say, to different interviews.
And above all, I subscribed to a website.
On the Internet.
At 66 years old.
It's crazy.
I wouldn't find anyone.
And then, finally, Jean-Pierre came to me.
A gift.
And you continue to walk together.
Well, we continue to live together.
We have been married for five years.
And...
In your temperament, you are rather someone who takes things in hand, who goes, who...
You had to learn to seduce a little more, to take the reins.
Oh yes.
Alain educated me for that.
He had me a little bit...
Well, he calmed me down a bit, let's say.
But...
Is it still a battle today?
Sorry?
Is it still a battle today to let God take the reins a little more in your life?
Less.
I think less.
But still...
Yes.
I may have to spend more of my activity inside.
But I still have a lot of chances to be by Emmanuel's side.
There is a time of worship.
And we need this time of worship to be active.
There is a time of praise.
Praise.
To go out, to sing.
To sing.
To move.
Praise.
Obligatory.
But it's a need.
That is to say, what is extraordinary is that the Lord gives us green lights and red lights.
That is to say, when it's time to go testify, we go.
When it's time to be silent and to welcome His Word in silence.
And in your ordinary life, do you manage to see the signs that the Lord sends you better?
All the time.
Well, me now, it's all the time.
The Lord.
That is to say, when I don't sleep very well, I have the rosary.
There is RCF at 7.15.
There is the commented Word.
There is Kateo.
All the time.
But I hang on to the Lord all the time.
All the time.
Unfortunately, the missions are passing very quickly.
Could you tell us a word about palliative care, the end of life?
If there was a message, what would you say?
It takes life to get to the end.
And keep the hope that God accompanies us.
The healers, like the dying, and the families.
So it's a privileged moment to prepare face to face with the Lord.
You really have to live it in community, in communion.
And in alliance with all those who are there.
And above all, do not despair.
And as much as the one who is living it, as the one who comes to accompany it.
And who seems to be preparing a little himself to live it one day.
Absolutely.
And then, as Pope Francis just said,
beware, euthanasia is a false dignity.
We are coming to the end of this program.
Could you tell me a number between 1 and 10, please?
Seven.
What advice would you give to someone who would like to meet God?
First, that he go to a church.
That he go to the reception of the church.
And that he go to gatherings, of course.
To a retreat, for example.
That's very important.
And then talk to those who know him, who are Catholic practitioners.
And who have attractive faces, like François and Françoise.
I told you, but what do they fuel?
And then, why do they welcome me as I am?
That's it.
Absolutely.
One more time.
Three.
When was the last time you recognized the action of Christ in your life?
This morning.
This morning, I took the train to come see you.
And I sat down next to someone who had an appointment at the IPC.
And we talked about the website he wanted to do on bioethics.
He took my coordinates and that's it.
It was the Lord who put us in touch.
The Institute of Comparative Philosophy.
That's it, absolutely.
One last time.
Five.
What is the worst false idea we have about God according to you?
The God who punishes, who punishes.
And above all, a God who is not merciful.
And you can tell us today that this is really not the case.
Not at all.
This God is tenderness and mercy.
Slow to anger and full of love.
Full of love.
Thank you very much, Elisabeth.
Thank you.
I recall the titles of your books.
The most recent is
Je changerai tes larmes en joie.
Surmonter les deuils de nos vies.
It's not a recipe book.
It's rather testimonies of your life.
Yes.
And I present other people who have witnessed other sorrows.
So these are chapters that are read independently of each other.
They are not chronological.
And these are chapters that illustrate a theme of mourning.
So all the witnesses are absolutely authentic.
And the precedent is Ne pleurez pas.
La mort n'est pas triste.
Accompagnement des malades.
Un médecin témoigne.
So a book that is, alas, very relevant.
And you give conferences elsewhere in France on this subject.
Thank you very much for coming to see us.
Share with us this sun that rises.
Thank you very much.
Thank you all for your loyalty.
Do not hesitate to share this program
thanks to our website www.kto.tv.com
A little hello to those who listen to us on podcast and also on the radio.
And I'll see you next week.