La ville du futur : colloque organisé dans le cadre de l’initiative « Avenir Commun Durable » Conférence du 30 novembre : Protection thermique de l’habitat et matériaux vernaculaires en Afrique
Intervenant : Thomas Granier, fondateur et directeur général de l’association La Voûte Nubienne
L’initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes la Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
Le Collège de France est une institution de recherche fondamentale dans tous les domaines de la connaissance et un lieu de diffusion du « savoir en train de se faire » ouvert à tous. Les cours, séminaires, colloques sont enregistrés puis mis à disposition du public sur le site internet du Collège de France.
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bonjour bonjour à tous merci de cette
invitation de cette tribune désolé de ne
pas pouvoir être physiquement à Paris
aujourd'hui
euh effectivement ma présentation va
nous ramener en Afrique
et plus particulièrement dans la partie
sahélienne de l'Afrique et je ne vais
parler ici que de ma de mon expérience
personnelle et de ce que nous avons pu
depuis bientôt 25 ans
développé en terme
d'adaptation des questions de
construction d'architecture de logement
et plus largement de ce que nous avons
pu
développer au en Afrique
saahélienne le contexte
sahélien est extrêmement
lourd question de démographie c'est la
partie du monde avec la démographie la
plus importante les questions
d'évolution
d'urbanisation du village à la ville
moyenne principalement
parce que cette partie du monde dans
cette partie du monde les villes
moyennes continuent à grandir très vite
les villages deviennent des villes
moyennes et il y a peut-être un meilleur
équilibre peut-être qu'ailleurs
entre les mégapoles et les villes
moyennes
euh venant du monde de la construction
j'ai retrouvé
euh il y a donc près d'un quart de
siècle une technique constructive qui a
plus de 3500 ans et qui permet de
construire la totalité d'une maison
toiture comprise entièrement en terre
matériaux matériau
local qui s'inscrit bien dans les dans
les pratiques et des architectures
vernaculaires du Sahel c'est la la voûe
nubienne proposée il y a déjà donc plus
de 3500 ans en Basse Égypte pour déjà
répondre à l'époque à des problèmes de
manque de ressources de bois euh pour et
charpente
euh j'ai avec des amis en Afrique
retrouvé simplifier et
standardiser cette technique qui offre
une réponse au défi modern al c'est
intéressant ça fait un pont
entre entre l'Antiquité et et les les
réalité antique et les besoins
moderne besoin qui touche aujourd'hui le
Sahel c'est 150 millions de gens
euh et et 150 millions de gens qui ont
qui n'ont pas
accès à à une architecture adaptée loin
de là l'immense majorité des des des des
populations des familles vivent dans les
maisons soit fait de briques de terre et
toiture tôle soit brique de ciment et
toiture tôle soit brique de ciment et
Dall béton évidemment on comprend vite
que dans ces pays au regard de leurs
économies euh
de leurs ressources et bien tous ces
produits qui sont très largement
d'importation euh sont d'un impact
extrêmement lourd sur les économies les
conforts l'adaptation au changement
climatique et même l'emploi plus
largement sans parler des des des
contreperformances
carbon et cetera
euh cette cette architecture
elle est portée euh par des des maçons
et des apprentis qui sont issus du monde
rural et on crée là un lien entre les
villes et les campagnes quand des
artisans et leurs équipes issues des
villages apportent une solution
euh aux villes moyennes et au quartiers
périphériques des des des grandes villes
c'est c'est intéressant euh là de voir
la la restructuration ou la
structuration d'un lien fort lien
économique et lien culturel euh entre
des acteurs issus du monde rural et les
besoins euh des des villes
euh la vraie question pour nous
euh
c'est ce n'est pas finalement de de de
d'avoir une proposition une bonne idée
mais c'est de prouver que cette bonne
idée est effectivement une bonne idée en
permettant de la diffuser à grande
échelle
euh moi je suis arrivé dans ce programme
en tant que constructeur j'ai dû passer
10 % de mon temps sur des questions
techniques ou architecturales et
aujourd'hui notre proposition technique
est est bâché
euh valide valable démontré alors que
j'ai passé 90 % de mon temps enfin nous
avons passé avec les équipes 90 % de
notre temps à à réfléchir il y mettre en
place une diffusion grande échelle et là
on est encore très très largement au
milieu du gay il faudra encore peut-être
une une génération pour arriver à des
résultats réellement probants et avec
des impacts MACR réellement
importants nous avons choisi de comme
comme mode de diffusion le
marché le marché et les trois
composantes et ces trois composants ente
une offre donc une
filière une filière constitué autonome
endogène et et
croissante une filière
et les acteurs de la formation
professionnelle qui
l'accompagn deuxè axe c'est évidemment
la la
demande après l'offre la demande et avec
des typologies de clients ou de re
d'ouvrage extrêmement différent on
napproche pas les besoins ou la capacité
d'implication d'un d'un d'un paysan euh
qui va qui va participer largement la
construction de sa maison à un quelqu'un
de la middle class qui en ville va
attendre quelque chose cl clé en main ou
un bâtiment euh communautaire santé
éducation agriculture administration et
cetera donc il faut accompagner
sensibiliser et accompagner les
différentes clientèles
euh afin de construire un lien fort
entre la filière et ses clients puis le
trè 3è axe très important c'est
l'environnement d'affaires avec une
multitude de parties prenantes
euh aussi bien acteurs politique que
partenairire de développement que acteur
de la société civile que acteur des
médias et ça tout autant au niveau local
qu'au niveau régional national et
international
euh on a mis en place un programme de
diffusion qui s'appuie sur des
méthodologies que l'on a dans une
approche de construction
action et dans dans une dynamique
itérative petit à petit fait évoluer et
et renforcer méthodologie d'émergence
d'un marché et aujourd'hui nous sommes
déployés sur C pays le Burkina le Mali
le Sénégal le Bénin le Ghana et d'une
certaine façon aussi en Mauritanie et
nous sommes arrivés à dépasser un
chiffre un peu symbolique qui est
l'ouverture de 1000 chantiers par an
euh ça c'est tout à
fait unique je pense sur un secteur de
l'écoconstruction en
Afrique
malheureusement les les difficultés
politiques de relation entre les États
aujourd'hui entre la France et les pays
africains de la banque sahélienne
l'Europe et C ces mêmes pays
euh font que c'est peut-être beaucoup
plus compliqué encore aujourd'hui qu'il
y a quelques mois ou quelques années
pour travailler là-bas euh mais toute
contrainte nous est grass nous cela nous
force à à être toujours plus ingénieux à
nous appuyer toujours plus sur les
forces vive local
euh
euh et nos partenaires et nos nos
collègues et le et et cela force à ce
que nos approches méthodologiques
s'inscrivent toujours plus avant dans
les réalités socio-économiques et
culturelles des pays sur lequels
collectivement on agit
euh
voilà évidemment que cette approche tout
tout ce programme cette proposition
technique
euh
elle est en même temps réduite entre
guillemets à à cette à cette bande
sélienne même si nous savons que
aujourd'hui on pourrait déployer notre
programme dans d'autres régions de de de
l'Afrique toutes les régions le climat
un peu sec à part la partie subtropicale
et puis dans d'autres pays du monde dans
d'autres sur d'autres
continents mais c'est vraiment
euh en même temps quelque chose
d'important parce que on voit à quel
point
et tout est lié aujourd'hui les grandes
questions de migration euh de de de de
friction politique de terrorisme euh les
questions de évidemment
de autour du
climat atténuation mais aussi adaptation
les questions de développement de ces
pays tout tout ça finalement fait corp
dans une vision globale et donc d'une
certaine façon l'exemple du og de Laout
nubienne il est
intéressant parce que il a dépassé un
simple stade de pilote et qu'il est déjà
dans une phase de de changement
d'échelle et et en même temps peut-être
que par son approche méthodologique
il il apporte quelque chose d'un peu
exemplaire je vais donner l'exemple de
quelque chose sur lequel on travaille
aujourd'hui qui me semble assez
intéressant et assez passionnant et qui
réinscrit notre programme dans sa
globalité euh c'est l'idée de de
développer euh des outils autour de la
finance carbone euh et outil qui qui
devrai
euh permettre de en même temps euh de
renforcer euh la diffusion du marché de
du du concept vout nuubienne en Afrique
sélienne en même temps d'apporter de
réels euh de de de de de de réels
impacts en terme de d'atténuation mais
aussi de
développement
local et et d'adaptation des populations
tout en
impliquant les acteurs du Nord le
monde les entreprises et peut-être plus
globalement les citoyens l'idée c'est
que
les les
Africains ont comme nous besoin afin qu'
que le marché de la voute nubienne afin
qu'il qu' grandisse il y a besoin
d'incitation exactement comme on l'a
aujourd'hui sur les questions de
construction des prês à 0 % des des des
ristourn sur les sur les devis de
travaux de chauffage ou d'isolation
euh et cetera ces mécanismes
d'incitation sont extrêmement importants
et nous on a commencé à à le développer
mais évidemment quand dans un question
de passage à l'échelle ce pose la
question du financement de
l'élargissement des possibilités de
financement de ces incitations à
l'écoconstruction on parle de 300 € par
famille et par maison hein et c'est
c'est en même temps quelque chose
d'extrêmement vertueux parce que ça
permet non seulement la prise de
décision du des familles mais aussi la
garantie de salaire des des des des
ouvriers des des artisans la croissance
de leur business model des impacts
économies locaux euh de l'adaptation
donc et cetera et donc l'idée c'est une
incitation permet une maison la maison
elle-même a un bénéfice carbone auquel
sont associés les
cobénéfices développement et adaptation
et ceci est transformé dans un produit
un peu novateur en terme un produit de
compensation euh novateur la
compensation est largement décriée mais
c'est pas tellement la compensation qui
devrait être décriée mais c'est l'usage
qu'on en fait euh et et là on a un
produit qui je me répète intègre
atténuation adaptation et développement
et le financement de cette compensation
carbone est réinjecté dans des
mécanismes d'incitation voilà c'est
assez nouveau si on arrive à mettre ça
en place de manière un peu solide ça
serait la première fois euh en tout cas
en Afrique saélienne que les citoyens
eux-mêmes et les états euh participe à
un mécanisme de de de de un mécanisme de
financement
carbone endogène
euh on a de grands espoirs dans cette
dans dans l'émergence de ces outils qui
permettrai euh une accélération
importante de de de de la croissance de
notre programme
euh voilà ce que je peux vous dire pour
l'instant et je reste à disposition pour
des
questions
[Applaudissements]
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