Etranges Escales : Tokyo

Axolot
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20 Vues de vidéo·11 janv. 2024
Le livre des Etranges Escales sera disponible le 7 octobre, vous pouvez le précommander ici : https://www.amazon.fr/Etranges-escales-grandes-villes-jamais/dp/2100783319
Cet épisode est le quatrième d'une saison financée par la campagne Ulule Etranges Escales. Merci infiniment à tous les contributeurs, c'est grâce à vous que ce projet peut exister !
Soutenir la chaîne gratuitement : https://utip.io/axolot
À la fin du 16e siècle, Tokugawa Ieyasu s’apprête à devenir le nouveau shogun du Japon.
Pour établir ses quartiers généraux, il choisit un petit village de pêcheur nommé Edo,
l’estuaire en japonais.
En 1868 l'empereur Meiji s'y installe et en rebaptise Edo en Tokyo, la capitale de l'Est.
Aujourd'hui avec plus de 40 millions d'habitants,
l'ancien village de pêcheurs est devenu la mégapole la plus peuplée de la planète.
Électrique, tentaculaire, démesurée, Tokyo est une ville-monde où
toutes les énergies coexistent. Des tours futuristes aux temples traditionnels, de la
frénésie des salles d'arcade à la sérénité des cerisiers,
c'est ici, à toute heure du jour et de la nuit, que bat le cœur palpitant du Japon.
Alors si vous êtes prêts à découvrir les curiosités de Tokyo
suivez le guide.
Tokyo est l'incarnation même de la mégapole: une agglomération vertigineuse
dont le rayonnement dépasse largement les frontières de son pays.
Mais quand on la voit si puissante, si imposante et si dynamique, on a du mal à
croire qu'en moins d'un siècle Tokyo a été détruite à deux reprises.
En 1923 d'abord, quand le terrible séisme de Kanto ravagea la capitale et ses environs.
Vingt ans plus tard pendant la Seconde Guerre mondiale
ce sont les bombardements qui détruisirent la ville.
À chaque fois Tokyo se redressa plus forte et plus moderne.
Mais le spectre du cataclysme reste profondément ancré dans sa culture,
notamment à travers la figure des Kaijū, ces monstres géants qui incarnent
la puissance destructrice de la nature. Et parmi eux aucun n'est plus emblématique
que Godzilla. Créé en 1954 par le studio Tōhō
Godzilla est le monstre le plus populaire du cinéma japonais
Et bien qu'il ait détruit Tokyo plusieurs fois dans ses films, la ville
lui a adressé une statue de trois mètres dans le quartier d'Hibiya.
Inaugurée en mars 2018 cette statue de Godzilla se trouve à
côté du siège de la Tōhō et, au passage, la place qu'elle surplombe a même été
renommée "Place Godzilla".
La sculpture représente le monstre dans sa version de 2016
mais elle renferme le script et le storyboard du film original.
Derrière la statue, sur une plaque on peut lire la phrase suivante:
"L'Homme doit vivre avec Godzilla"
Un constat fataliste qui rappelle la résilience de Tokyo face aux catastrophes.
Dans le quartier très animé de Shinjuku, à
quelques kilomètres de là, on peut carrément voir le monstre
grandeur nature, enfin sa tête plus exactement.
Haute de 12 mètres, celle-ci jaillit au dessus du Tōhō building qui abrite un
multiplexe et un hôtel. Ici Godzilla est représenté dans sa version classique de
1954 et plusieurs fois par jour, on peut l'entendre pousser son célèbre cri de portail rouillé.
Au Japon la culture populaire est quasiment une religion et à l'instar de
Godzilla, de nombreux personnages d'anime et de manga sont devenus de
véritables icônes nationales. C'est par exemple le cas de Gundam.
A l'origine Gundam est une série d'animation lancé en 1979 qui met en
scène des robots géants mais avec le temps la franchise s'est déclinée sur
tous les supports possibles et Gundam est devenu un phénomène de société
majeur. À tel point que sur l'île artificielle d'Odaiba, dans la baie de
Tokyo, on a tout simplement installé un Gundam
à taille réelle.
C'est quand on se retrouve face à un mecha de 20 mètres de haut qu'on sait avec
certitude qu'on est à Tokyo. Érigé en 2017 à la place d'un modèle plus petit
Ce Gundam est si réaliste qu'on s'attend à le voir bouger à tout moment
et c'est d'ailleurs ce qu'il fait. À différentes heures de la journée
la statue se transforme et quand vient la nuit, elle offre même un spectacle son
et lumière.
Ce robot géant est sans doute la vision la plus surprenante de l'île d'Odaiba
mais il faut quand même préciser qu'à quelques centaines de mètres, face à la
baie de Tokyo, on peut admirer la statue de la Liberté.
Prêtée par la France en 1998 puis installée définitivement en 2000, cette superbe
réplique mesure 12 mètres soit un septième de son homologue New-Yorkaise.
Pendant un instant j'ai vaguement espérer qu'elle quitterait son socle
pour affronter un Gundam, mais même au Japon le spectacle a ses limites.
Pour clore ce chapitre sur la culture
populaire et ses icônes, nous nous rendons à présent dans le
quartier de Shiodome et plus précisément devant l'imposant
gratte-ciel de la Nippon Television. Quand on arrive devant cette tour
ultra- moderne on est tout de suite frappé par ce qui se trouve à sa base: une immense
horloge en cuivre à l'aspect steampunk totalement anachronique
et si elle semble sortir tout droit d'un film de Miyazaki
c'est précisément parce qu'elle a été designé par le maître lui-même.
Surnommé "L'horloge Ghibli" en référence aux studios d'animation du célèbre
réalisateur, cette incroyable pièce a été dévoilée en
2006 après six ans de développement. Une durée à la hauteur de sa démesure
10 mètres de haut, 18 mètres de large pour un total de 28 tonnes. Mais le plus
impressionnant, c'est que quatre fois par jour
l'horloge prend vie. Tout ce petit monde s'active alors comme une gigantesque
pendule à coucou, et à l'image des films de Miyazaki
l'horloge fourmille de détails. Dans les différentes pièces qu'abrite le
mécanisme, on peut par exemple voir d'étranges personnages tels que des
forgerons à tête d'ampoule ou des ouvriers à tête de cloche. L'esthétique
victorienne de l'ensemble renvoie directement au Château ambulant, l'un des
chefs-d'oeuvre du réalisateur. Et d'ailleurs les pattes griffues qui
soutiennent la structure sont les mêmes que celles du Château du film.
Ce genre de collisions esthétique est assez représentatif de Tokyo. Du fait de
son histoire, la ville est en mutation perpétuelle et
elle offre un creuset à toutes les expériences architecturales.
Prenez par exemple la Nakagin Capsule Tower, ce bâtiment de science-fiction
est composé de 140 capsules et chacune d'entre elles constituent un
micro-appartement d'environ 10 mètres carrés. Conçue dans les années 70 comme
l'avenir de l'urbanisme, la tour n’eut pas le succès escompté et aujourd'hui la
plupart des capsules ont été abandonnées. Sur l'avenue Omotesando, qu'on
surnomme les Champs-Élysées de Tokyo, on peut voir certains des édifices les
plus spectaculaires de la ville. C'est là que se trouvent les grandes enseignes de
luxe et pour attirer les visiteurs elles ont laissé carte blanche aux plus
grands architectes contemporains. Cependant l'un des bâtiments les plus
intéressants du quartier se trouve un peu en retrait de l'avenue, dans une
ruelle et son style est unique. La boutique Sunnyhills s'est enveloppée d'un
maillage en bois qui lui donne l'aspect d'un panier géant. Cette structure
étonnante a été conçu par l'architecte Kengo Kuma et elle a nécessité plus de
5000 mètres de lattes de bois. Celles-ci ont été assemblées sans clous
selon une technique traditionnelle appelée "Jigoku-gumi" ou "Enchevêtrement Infernal".
L'objectif de Kuma était de créer une sorte de forêt apaisante dans
cette partie très animée de la ville, quant à Sunnyhills
ils souhaitaient simplement que leur façade reflète le soin avec lequel ils
préparent leur spécialité: les gâteaux à l'ananas.
Au passage si Tokyo possède ses propres Champs-Elysées, elle a aussi sa propre
Tour Eiffel. Avec sa belle robe rouge et blanche la tour de Tokyo n'a rien à
envier à sa cousine parisienne et elle se paie même le luxe d'être un peu plus
grande. Construite dans les années 50 la tour
symbolisait le redressement du Japon après la guerre et il fallait donc qu'elle
dépasse son modèle occidental. Haute de 333 mètres contre 324 pour la tour Eiffel elle
est longtemps restée la plus haute structure du Japon avant de se faire
éclipser en 2012 par la Tokyo Sky Tree avec ses 634 mètres soit presque le
double. Cette immense tour de métal est actuellement la deuxième plus grande
construction du monde, juste derrière la Burj Khalifa de Dubaï.
En cherchant les bâtiments les plus curieux de Tokyo j'ai découvert un
architecte très singulier: Von Jour Caux. Né en 1934 il s'écarta de l' architecture
classique dans les années 70 pour aller vers des formes plus artistique ce qui
lui valu d'être surnommé le "Gaudí japonais". À Tokyo, Von Jour Caux a
laissé plusieurs bâtiments insolites mais le plus surprenant de tous se trouve
près de l'Université de Waseda. Surnommé "Waseda El Dorado"
cet immeuble d'habitation se dresse au milieu du quartier comme une pure
anomalie esthétique. Pour commencer, sa façade est couverte d'ornements étranges et
bigarrés comme ce buste tatoué, ces reliefs aux couleurs d'amanites ou
encore ces visages qui émergent du mur. Fusion improbable entre Art nouveau et
Art brut, l'ensemble évoque une sorte de pièce
montée surréaliste. Mais la décoration est peut-être encore plus étonnante à
l'intérieur. Dès l'entrée du bâtiment, après avoir enjambé un démon grimaçant
on se retrouve dans un corridor dont le sol est couvert de mosaïque. Au plafond
des protubérances en forme de stalactites donnent un peu l'impression
d'avancer dans une caverne. En suivant ce couloir tout en courbes, on arrive dans
une sorte de vestibule où la bizarrerie des lieux atteint son paroxysme. Là, entourée
par des lustres multicolores et des vitraux, une main géante descend du
plafond. Pointant vers le sol cette main en bois
est un symbole bouddhiste, mais sa présence est si incongrue qu'on se
croirait dans un rêve. Pendant qu'on tournait cette séquence il s'est passé
quelque chose d'inattendu. On était sur le point de partir quand
tout à coup un homme d'un certain âge est venu à notre rencontre.
C'était Von Jour Caux lui-même.
Pendant quelques minutes, au sein même de sa création, nous avons
eu le privilège d'échanger avec cette légende de l'architecture japonaise.
Un moment magique qui fut le point culminant de notre visite.
L' architecture c'est passionnant mais je ne vais pas vous mentir en allant à
Tokyo, l'une des choses qui m'attirait le plus c'était les salles d'arcade.
Parce que quand on aime bien les jeux vidéo, Tokyo est clairement une
destination incontournable et plus particulièrement le quartier d'Akihabara.
Véritable Mecque de l'électronique, Akihabara fait rêver les geeks du monde
entier. À travers cette jungle de néons, on peut trouver des centaines de
boutiques spécialisées dans le rétro-gaming, les goodies et tous les gadgets
imaginables. C'est aussi dans ce quartier qu'est réunit la majorité des salles de
jeux ou game centers. Hautes de plusieurs étages ces cathédrales du divertissement
sont remplies de bornes d'arcade qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Mais bizarrement le game center le plus surprenant de Tokyo ne se trouve pas à
Akihabara. Il est à 20 km de là et il a pour nom "Anata No Warehouse" littéralement
"Votre entrepôt". Quand on arrive devant sa façade rouillé on pourrait croire que
l'immeuble est abandonnée de longue date, mais rassurez-vous, c'est fait exprès car
la Warehouse a été spécialement designé pour ressembler à l'ancienne
citadelle de Kowloon à Hong Kong et rien n'a été laissé au hasard.
Dès qu'on franchit les portes on se retrouve dans une ruelle sordide
éclairée de néons rouges dont l'atmosphère n'est pas sans rappeler les
bas-fonds dystopiques d'un Blade Runner. Mais c'est quand on arrive au premier étage
que le décor se déploie dans toute sa splendeur. Vieilles enseignes rouillées,
linge étendu entre les balcons, affiches arrachées,
chaque détail nous plonge dans l'ancien bidonville de Hong Kong qui fut détruit
au début des années 90. On en oublierait presque que derrière cette façade
délabrée se cache un game center ultra-moderne. Sur pas moins de cinq étages
on peut y jouer avec des centaines de machines, allant des bornes d'arcade dernier cri
aux grands classiques du genre.
Sans oublier les incontournables UFO Catchers, ou machine à pinces, dans
lesquelles j'ai vraiment mis beaucoup trop d'argent.
En bref qu'on soit joueur ou non, l'Anata No Warehouse offre une
expérience unique à Tokyo. En dehors des salles de jeux, les cafés à thèmes sont
aussi une des grandes spécialités de la ville. Ces lieux ressemblent davantage à
des parcs d'attractions qu'à des bars. Et du café Hello Kitty à celui qui vous
plonge dans un hôpital pénitentiaire, il y en a pour tous les goûts. Parmi eux
le Monster Kawaii Café est sans doute le plus extravagant. Situé dans le quartier
de Harajuku, cet endroit incroyable a été designé par Sebastian Masuda, le pape
de la culture kawaii. Parmi les visions les plus psychédéliques qu'on y trouve
citons notamment les têtes d'animaux géantes en train de boire des biberons ou
encore le gâteau carrousel qui sert de scène aux hôtesses du lieu. Si vous
êtes sur le point de vomir un arc-en-ciel, le Vampire Café propose une
ambiance un peu moins coloré. Dans cet établissement gothique à souhait, on a
plutôt l'impression d'être dans la salle à manger de Dracula. Cercueils, crânes,
chandeliers, de la décoration lugubre à l'attitude des serveurs, tous les détails
sont pensés pour favoriser l'immersion. Jusqu'à la forme des plats. Dans un genre
différent, les cafés à animaux sont également très
populaires à Tokyo vous connaissez déjà sans doute les célèbres bars à chats
mais dans la capitale japonaise on peut aussi trouver des bars à lapins,
à hérissons et même à chouettes. C'est dans un de ces derniers que nous nous sommes rendus.
Situé dans une petite rue d'Akihabara, l'Akiba Fukurou est un
café à chouette qui n'a de café que le nom.
on ne vient pas pour y consommer quelque chose, mais pour passer une heure en
compagnie de ces créatures fascinantes. Dès qu'on entre dans la petite salle, le
personnel nous invite à chuchoter et à éviter les mouvements brusques. Autour de
nous, posés sur leur perchoir, une quinzaine de chouettes et de hiboux
nous observent en silence. Il y en a de toutes les tailles et tous portent un
nom en fonction de leur personnalité. Par exemple ce majestueux Grand Duc dont
les yeux sont en train d'aspirer votre âme s'appelle Monsieur le Président. Pour
ma part, j'ai eu la chance de pouvoir interagir avec Arsène Lupin, une
magnifique Chouette des pagodes. La présence et la beauté hypnotique de ces
oiseaux inspirent un profond respect et quand on partage ces quelques instants
avec eux dans cette ambiance apaisante, on a plus l'impression d'être dans un
sanctuaire que dans un café.
En parlant de sanctuaires, je vous emmène à présent dans le temple de la
technologie japonaise. Ouvert en 2001 le Miraikan est le Musée national des
sciences émergentes et de l'innovation. Dans ce bâtiment impressionnant qui se
déploie sur sept niveaux, on explore les dernières avancées en
matière de sciences et de technologie. Miraikan signifie littéralement
"Musée du futur" et c'est précisément ce thème qui est abordée au troisième
niveau. C'est là qu'on trouve la star du musée,
le célèbre robot Asimo, ce petit humanoïde a été créée par Honda en l'an
2000 pour imiter la marche humaine. Depuis il a connu de nombreuses
améliorations et ses démonstrations techniques ont toujours un grand succès.
Dans le domaine de la robotique le Miraikan expose aussi des androïdes
dernier cri qui questionnent la notion d'humanité et ils sont beaucoup moins
mignon qu'Asimo. Ce robot à visage humain s'appelle Alter et s'il semble
possédé par un démon cybernétique, c'est parce qu'il s'efforce de réagir à
la réalité qui l'entoure.
Rempli de capteurs Alter a été conçu pour générer ses propres mouvements en
fonction de ce qu'il perçoit et ce côté imprévisible le rend
particulièrement dérangeant.
Juste à côté on nous invite d'ailleurs à vivre une
expérience qui nous plonge en pleine vallée dérangeante,
ce concept selon lequel plus un robot ressemble à un humain, plus ses
imperfections le rendent effrayant. D'abord une première personne s'assoit
face à un androïde hyperréaliste.
Pendant ce temps une autre personne prend le contrôle de l'androïde et parle à travers lui.
Patrick : "Alors je vais essayer de rire les amis pour que vous connaissiez la peur."
[ rire dérangeant ]
"Excellente vanne"
Si l'expérience est très amusante pour la personne qui se trouve dans la cabine,
elle est beaucoup plus troublante pour celle qui discute avec le robot.
"Vraiment très inquiétant. Non mais là en plus t'as les muscles du
visage qui bougent, c'est hyper réaliste mais pas assez pour que ça fasse
vraiment illusion, donc il y a vraiment un truc. Et tu peux bouger la tête?
Oh là là c'est vraiment vraiment très dérangeant."
"Bonjour tous les spectateurs des Étranges Escales, ce soir je serai peut-être chez vous..."
"derrière votre porte..."
"et je rirais comme ceci ... [ rire dérangeant ]"
"...vous m'entendrez."
"Par contre je ne peux pas trop bouger donc il n'y aura pas vraiment de risques pour vous"
Au fil des étages le Miraikan propose de nombreuses installations
fascinantes comme ce modèle mécanique de l'Internet où les données sont remplacés
par des boules noires et blanches. Au cinquième niveau, on trouve même une
réplique de la Station spatiale internationale.
Mais l'attraction phare du musée c'est sans conteste le Géo-Cosmos.
Cet immense globe terrestre présente une simulation de notre planète en très
haute définition, suspendu sur plusieurs niveaux
il affiche une multitude d'informations en temps réel, telles que les mouvements
atmosphériques, l'activité sismique ou encore le trafic aérien
avec ses 6 mètres de diamètre et ses 10
millions de pixels, le Géo-Cosmos donne l'impression
d'observer une version miniature de notre monde.
Impossible de conclure ce voyage sans passer par Shibuya. Véritable centre
névralgique de la ville, le quartier de Shibuya incarne la fièvre tokyoïte à lui
tout seul. Son carrefour est réputé pour être le plus fréquenté de la planète et
à l'instar de Times Square, il est souvent utilisé pour symboliser
la frénésie du monde moderne. Quand les feux passent au vert on
assiste à un étourdissant ballet urbain qui peut réunir plusieurs
milliers de personnes.
C'est juste à côté de ce carrefour que se trouve la statue de Hachikō, le chien
le plus légendaire du Japon. Hachikō était un Akita qui accompagnait son
maître chaque matin à la gare de Shibuya et qui revenait l'attendre chaque soir tout seul.
Un soir de 1925, le maître de Hachikō ne revint pas. Il venait de
succomber à un accident vasculaire sur son lieu de travail.
Mais Hachikō continua à se rendre à la gare de Shibuya
chaque jour à l'heure où son maître était censé revenir.
Il attendit pendant près de dix ans.
En avril 1934 pour honorer la loyauté de ce chien envers son maître
on érigea une statue à son effigie devant la gare de Shibuya.
Depuis cette statue est devenu un point de rendez-vous incontournable
et tous les ans au mois d'avril on y donne une cérémonie en l'hommage de Hachikō.
Tous les japonais connaissent cette histoire et la plupart des touristes
également. Ce qui est moins connu en revanche c'est qu'à quelques kilomètres
de là, dans un endroit beaucoup plus calme on peut voir une statue de Hachikō
très différente.
Le maître de Hachikō s'appelait Hidesaburō Ueno
et il était professeur à l'Université de Tokyo.
En mars 2015, pour les 80 ans de la mort de Hachikō
une nouvelle statue à son effigie fut érigée dans l'enceinte de l'Université
Mais cette fois ci, il n'était plus tout seul.
Sculpté par l'artiste Tsutomu Ueda ce mémorial
représentent les retrouvailles imaginaires entre l'Akita et son maître.
On y voit Hachikō fou de joie comme si ce fameux soir de 1925, le professeur Ueno
a été finalement rentré à la gare de Shibuya.
Tokyo est une ville multiple, trop riche, trop immense pour être résumée en
quelques minutes ou en quelques quartiers.
Certes par de nombreux aspects elle est l'archétype de la cité futuriste et bouillonnante
mais à tout moment au détour d'une
ruelle on peut avoir l'impression d'être revenu dans le village qu'elle était,
il y a 400 ans.
À travers cette exploration, j'espère avoir capturé un fragment de cet esprit
insaisissable. Qu'il s'incarne dans un robot géant, un architecte rêveur ou
encore l'amour d'un chien pour son maître.
Sayonara et à bientôt pour une nouvelle escale.
[ Bruitage de mecha ]
Gundam Gundam !
