« Je me suis retrouvée plus souvent à avoir envie de mourir que de vivre. » @rosekeren est chanteuse, auteure, compositrice et interprète. C’est en 2006 qu’elle s’est révélée sur la scène musicale avec son titre emblématique « La Liste ». Ce succès fulgurant l’a propulsée sous les feux des projecteurs, mais derrière la façade glamour se cachait en réalité un combat intérieur. Sans que personne ne le soupçonne, Rose était en proie à une dépression autodestructrice, exacerbée par un cocktail toxique d’alcool et de cocaïne.
Même si aujourd’hui, Rose va mieux. Elle ne considère rien comme acquis. Pour elle, la résilience n’est pas seulement une force passée, mais un état d’esprit qu’elle cultive au quotidien. Retour sur son périple tumultueux vers la guérison.
Dans son expérience et son envie de partager pour aider est née un podcast et un livre, tous deux appelés “Contre-addictions”.
je pense que pour sortir d'une addiction
pour sortir d'une souffrance pour sortir
d'une dépression l'acceptation pour moi
c'est la façon de se libérer je
m'appelle Rose je suis chanteuse auteur
compositeur interprète j'ai connu le
succès en 2006 avec une chanson qui
s'appelait la liste et qui faisait jeter
tout par les fenêtres t'aimer de tout
mon être et j'étais bonne cassa à cette
époque- làà c'est-à-dire à tout balancer
par les fenêtres et boire beaucoup de
vot cas ça a commencé comme ça et puis
finalement quelques années après il a
fallu trouver une autre façon de vivre
parce que celle-là ne convenait plus je
me suis retrouvé à avoir plus souvent
envie de mourir quand même que de vivre
d'ailleurs et l'addiction à la cocaïne à
l'alcool a pris le pas sur tout le reste
dans ma vie comme toutes les addictions
d'ailleurs mais c'est surtout la sortie
de ce tunnel qui était importante à ce
moment là et c'était le chemin qui
commençait pour moi de rétablissement
mais à ce moment-là j'étais pas au
courant que cé un chemin j'étais
persuadée que j'avais arrêté de boire et
de prendre de la cocaïne et que c'était
terminé et que je n'y reviendrai plus
jamais comme on peut dire d'une maladie
c'est derrière toi maintenant c'est
jamais derrière nous et il faut jamais
oublier que c'est jamais derrière nous
la sobriété n'est pas une quête c'est
vraiment quelque chose qu'on vit au jour
le jour c'est pour ça que j'aime
beaucoup le mot du rétablissement c'est
quelque chose qu'on apprend dans les
groupes de dépendants anonymes le
rétablissement c'est un chemin qui n'a
pas d'autre but que ce chemin lui-même
il y a quelque chose de très résilient
là-dedans qui est de d'accepter chaque
jour exactement ce qui est on va se
concentrer sur ce qu'on va faire chaque
jour chaque pas qui va nous amener un
peu plus vers le chemin du
rétablissement et donc moi je me rends
compte que vu que le chemin est la seule
chose à faire aujourd'hui j'ai envie que
il soit le plus lumineux possible ce
chemin et pour ça j'ai décidé de mettre
dans ma vie des choses qui allaient
m'apporter de la joie je pense que pour
pouvoir supporter la souffrance il faut
savoir trouver la joie en soi à chaque
fois qu'on essaie de trouver la joie à
l'extérieur ça se transforme en
addiction parce que ce n'est pas de la
joie que l'on va chercher à l'extérieur
ça s'appelle du plaisir des plaisirs
assez éphémèr assez succins et pour ne
plus jamais avoir soit il faut devenir
sa propre source et sur ce chemin de
rétablissement je me suis rendu compte
que d'accepter qui j'étais avec mes
parts d'ombrees finalement c'était la
seule façon que j'avais de guérir donc
on est toujours en train d'essayer de se
battre contre des choses qu'on veut
changer notamment l'addiction on a envie
de se dire je ne suis pas addicte je
vais pouvoir sortir je vais PIR arrêter
de boire je arrêter de prendre la
cocaïne mais en fait c'est pas comme ça
que ça se passe il faut justement
abandonner lâcher prise sur des choses
qui sont plus fortes que nous le fait
d'être notre propre juge fait de nous
les nos propres coupables en fait et ça
de devient extrêmement culpabilisant
sans cesse de se juger et finalement
c'est comme ça qu'on retourne à à aller
consommer de l'alcool ou de la drogue
parce que on n'est pas la personne qu'on
voudrait être si je ressens de la colère
peut-être que c'est normal et que j'ai
le droit de la ressentir mais en
attendant faut pas s'y accrocher et se
dire je suis en colère et se
répéter qu'on est en colère et croire
qu'on va être en colère toute notre vie
quoi c'est vraiment un moment de colère
c'est un moment de de de détresse un
moment de souffrance et c'est ce genre
de choses c'est important de les
travailler aussi avec des thérapeutes
moi je trouve que l'hypnose m'a
énormément énormément aidé j'ai
découvert plusieurs sortes plusieurs
types de d'hypnothérapeutes notamment
des des thérapeutes qui étaient les les
disciples de François Roustan et c'est
vraiment quelque chose qui est de lâcher
prise totale au lieu de se dire je suis
ce truc je suis cette souffrance je suis
ce trauma je suis une addicte non en
fait je suis aussi rose je suis aussi
kéren je suis aussi cette personne qui a
des moments de joie des moments je suis
comme tout le monde en fait c'est ni
bien ni mal voilà c'est vraiment ce truc
là d'accepter que ce qui se passe est en
train de se passer mais que c'est ni
bien ni mal et je pense que en arrêtant
de culpabiliser déjà on fait un énorme
pas et je trouve qu'en fait le chemin du
rétablissement donne un sens à nos vies
et c'est ça la résilience pour moi c'est
trouver un sens quoi qu'il arrive
c'est-à-dire que moi la souffrance que
j'ai connu soit je la vis comme une
souffrance et que ce que j'ai fait toute
ma vie j'ai pris des drogues de l'alcool
j'avais une souffrance en moi qui
faisait aucun sens et donc je ne croyais
en rien et je me disais je souffre pour
rien et donc autant en finir c'est le
fameux foutu pour foutu je bois je me
drogue de toute façon on va tous crever
mais à partir du moment où où j'ai
commencé à faire du sens avec la
souffrance et bien ça devient un message
ça devient une expérience à transmettre
et à ce moment-là la transmission
devient le sens de de nos vies je pense